Meurtres à épisodes5-23-01Le village de la mort

LA DYNAMO VIVANTE
(THE POSITIVE NEGATIVE MAN)

Steed makes the sparks fly – Emma gets switched on

Tournage : Terminé le 31 août 1967

Diffusion : ITV, 4 novembre 1967 – 2e chaîne ORTF, 29 septembre 1968

Scénario : Tony Williamson

Réalisation : Robert Day

Ray McAnally (Creswell), Michael Latimer (Haworth), Caroline Blakiston (Cynthia Wentworth-Howe), Peter Blythe (Mankin), Sandor Elés (Maurice Jubert), Joanne Dainton (Miss Clarke), Bill Wallis (Charles Grey), Ann Hamilton (Receptionnist).


Résumé

La découverte d'un homme incrusté dans un mur mène les Avengers sur la trace d'un savant dont le projet avait été rejeté par le gouvernement. Ses connaissances en électricité lui ont permis de mettre au point un plan à faire dresser les cheveux sur la tête !

Épilogue

Steed se retrouve magnétisé à sa Bentley. Mrs Peel lui vient en aide et est "attirée" par Steed à son tour ! : "Don't fight it, Mrs. Peel, we're inseparable". [Ne résistez pas, Mrs Peel, nous sommes inséparables.]


CRITIQUES

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Denis Chauvet

Avis : Bien que plébiscité sur tous les sites anglo-saxons, ce surhomme maquillé aux bottines blanches ne m’a jamais impressionné ! Cet épisode vaut surtout pour la complicité entre les deux héros et la secrétaire excentrique. La scène du début et sa réplique finale : "Don’t forget to return the key" est la meilleure de l’aventure. Le reste est assez ennuyeux : les meurtres successifs font le charme de cette cinquième saison mais c’est l’impression de déjà vu qui gêne, le thème des surhommes ayant déjà été exploité en mieux dans Les cybernautes et même Interférences. Ray McAnally sera un méchant beaucoup plus convaincant dans Mais qui est Steed ? la saison suivante. Un épisode sauvé par l’humour des Avengers et les tenues affriolantes de Mrs Peel.

Avec le recul (nouvel avis, février 2012): J’ai apprécié cet épisode bien plus que lors de l’élaboration des fiches. Disons que de deux, je passe à trois melons. Malgré que le thème principal soit assez moyen (le type maquillé aux bottines est aussi moins noble qu’un cybernaute), il y a de nombreuses scènes intéressantes : avec la secrétaire, les séquences d’action et les réparties Steed/Mrs Peel et le tag. C’est assez plaisant dans l’ensemble mais l’épisode ne rentre pas dans mon top five de la saison.

Steed3003 15 janvier 2007

Nous nous étions quittés très fâchés avec le scénariste Tony Williamson. Son Jeu s’arrête au 13 de la 4e saison s’était avéré d’une rare nullité. Il a écrit ici sa seule histoire pour la 5e saison.

Tony Williamson aborde un registre nouveau pour lui : la science-fiction. On le sent d’ailleurs plutôt timoré pour raconter une histoire fantastique. Il se réfugie dans le moule habituel de la série (meurtres successifs, kidnapping de Mrs Peel …) que quelques éléments de science-fiction ne perturbent pas assez. On notera juste une scène d’action tirant parti du côté SF : Steed perdant le contrôle de sa Bentley. Cherchant à tout prix à être crédible scientifiquement, Tony Williamson en oublierait presque de nous divertir. L’intrigue avance plutôt lentement et s’avère pauvre en surprises. Tony Williamson a pris un chemin bien balisé et tous ceux qui connaissent un tant soit peu la série auront l’impression d’un patchwork de divers épisodes (Les cybernautes, L’homme transparent et Interférences). Malgré tout, cet épisode se suit sans déplaisir grâce à un humour bien présent, via notamment le personnage de la secrétaire Cynthia Wentworth (cf vidéo). Par ailleurs, la complicité de nos deux héros a rarement été aussi bien mise en avant dans la saison.

À l’image du Retour des cybernautes, Robert Day fait ici un excellent travail donnant à cet épisode des vraies allures de film fantastique. Punchy, originale et efficace, sa mise en scène réussit plutôt bien à masquer les carences scénaristiques. On regrettera juste son insistance à filmer les ridicules bottines en caoutchouc de la Dynamo Vivante du titre, des plans qui, au lieu de nous faire ressentir une inquiétude légitime, nous font légèrement sourire. Surtout quand cette Dynamo ne cesse de nous rappeler, avec son maquillage grotesque, le Hulk de la série éponyme. Par ailleurs, le combat final est relativement décevant et les effets spéciaux beaucoup trop modestes pour ce type d’épisodes. Interférences ou Le Retour des cybernautes de cette même saison s’étaient montrés autrement plus impressionnants. L’interprétation est brillante, le duo Macnee/Rigg en tête. Ils ont l’air de s’amuser comme jamais en jouant cette histoire abracadabrantesque.

Au début de l’épisode, en regardant l’impact d’un corps sur un mur, Mrs Peel en déduit directement que la personne devait peser 10 tonnes ou avoir été projetée à 160 km/h. Sa rapidité intellectuelle est aussi surprenante qu’irréaliste ! Par ailleurs, selon Steed le français de Mrs Peel est impeccable. On se souvient que le sien ne l’était pas moins dans Avec vue imprenable quand il se faisait passer pour un fin gourmet tout droit sorti de notre hexagone. Enfin, on découvre avec surprise, et ce pour la première fois, l’intérieur du chapeau melon de Steed. Il contient un pass rouge lui donnant accès à tous les dossiers du ministère.

Les décors manquent singulièrement d’originalité, à l’image du scénario. On remarquera seulement l’extérieur rutilant et tellement anglais du Dr Creswell.

Beaucoup de mini-jupes affriolantes pour Mrs Peel. Une seule fausse note, une robe à fleurs terriblement démodée qui nous fait penser aux futures tenues de Purdey dans les New Avengers.

Laurie Johnson a écrit une des meilleures bande-son de la saison et réussit, comme le réalisateur, à insuffler beaucoup de rythme.

EN BREF : Une intrigue SF faiblarde, compensée par un humour savoureux et une réalisation brillante.

 

Estuaire44 15 Septembre 2013

Une pénible impression de déjà-vu impacte lourdement La Dynamo vivante, tant son thème et son modus operandi évoquent les déjà peu concluants Interférences et Cybernautes. En guise d'intrigue, on y suit avec le même ennui pesant la litanie des meurtres et destructions causés par un similaire destructeur invincible supposé frapper les esprits. La victoire survenant à la suite d'une affaire de bottes rappelle Le vengeur volant. Rien de nouveau sous le soleil, tandis que l'antagoniste du jour s'offre jusqu'au luxe de paraître inepte. En effet, rien d'empêche de l'occire à bout portant, car il demeure biologique, contrairement à la ferraille des robots et androïdes, aussi basiques soit-ils. Rien ne manque à la convergence, puisque Williamson suscite aussi un bruit et une gestuelle caractéristiques, tout comme ses devanciers. A l'issue d'une saison déjà marquée par tant de suites et remakes, cet aspect vient confirmer un sentiment d'épuisement créatif et de fin de cycle. La série avait effectivement à se régénérer en saison 6, quelques soient les imperfections et maladresses que cela puisse susciter à cette occasion.

Et pourtant cela reste un plaisir pour le spectateur que d'observer comment l'épisode se débat malgré tout pour survivre, contrairement à un Interférences promptement enseveli. Dans un récit demeurant globalement très sérieux (trop compte tenu de la minceur de son sujet), l'humour parvient malgré tout à se frayer un chemin. Le flirt d'une secrétaire  pré Brazil  par un Steed fort entreprenant divertit, de même que l'aspect délirant du « supplice » promis à Mrs Peel. Une nouvelle fois cette saison, on observe  un rapprochement avec la série Batman tant le décor et les péripéties s'assimilent aux fameux cliffhangers de cette épatante série, en délire perpétuel. C'est tout juste si l'on n’entend pas le commentateur claironner « Un abominable péril menace Mrs Peel ! Est-ce la fin du Duo dynamique ? La suite Same Bat-time, same Bat-channel ! ».

L'épisode bénéficie également d'une excellente distribution, Michael Latimer  incarnant à la perfection la mégalomanie du super-vilain et Ray McAnally la brutalité de son concepteur. La mise en scène se montre également très animée, avec la curiosité supplémentaire d'effets spéciaux réussis, un exercice de style finalement pas si fréquent chez les Avengers. Une fois de plus la musique de Laurie Johnson fait merveille. Robert Day  tire également le meilleur parti des décors, notamment en plein air, avec le retour réussi du Grove. On se situe loin de la morne forêt, filmée au ras des pâquerettes, d'Interférences.  La similitude entre le Projet 90 et les thèses développées  par Nikola Tesla pourra également séduire les amateurs de sciences dites spéculatives.

Surtout la complicité, sinon l'attractivité, existant entre Steed et Mrs Peel illumine l'épisode. Tout au long du récit, Patrick Macnee et Diana Rigg se régalent et servent d'excellentes répliques, que Williamson sème à profusion, avec comme point d'orgue l'irrésistible tag conclusif. Se distingue ici l'aboutissement de la tendance de la seconde partie de saison explicitant la relation existant entre Steed et Mrs Peel, à croire que les Anglo-saxons ont raison de distinguer deux périodes à part entière. D'autant que nous sommes en octobre 1967 et qu'entre temps est survenu le fameux Summer of Love, à San Francisco comme à Londres. Les radios entonnent A Whiter Shade of Pale ou Strawberry Fields Forever, le vent tourne au psychédélisme mais aussi à l'exaltation de l'amour. Nos Avengers résultent parfaitement en résonance avec cette époque, soulignant que c'est bien leur relation qui constitue désormais le cœur et le moteur de la série, davantage que des intrigues usées de menaces contre l'Empire. Un beau moment, qu'un ironique recul (la séparation approche à grands pas) ne parvient pas à éclipser.

EN BREF :Dans cette saison déjà si riche en reprises, l'intrigue ressemble trop à une resucée des Cybernautes ou d'Interférences. Néanmoins l'épisode sait capitaliser sur le charme des Avengers, comme le souligne un tag particulièrement lumineux. On s'amusera aussi des convergences avec les théories de Nikola Tesla


VIDÉO

Une secrétaire bien particulière !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

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Tournage

o Steed rend visite à Mankin dans son laboratoire. C'est The Building Research Station de Bricket Wood. La filature qui s'ensuit a bien été tournée à Bricket Wood.

o Le British Rail Centre, The Grove à Watford, a de nouveau été utilisé. C'est le laboratoire de recherches désaffecté, Risley Dale. De nombreuses scènes, dont la finale, y ont été tournées.

o Le fameux pont à Tyke's Water Lake à Elstree, que la série a rendu mondialement célèbre, fait une brève apparition lorsque Steed interrompt la pêche de Cynthia Wentworth-Howe.

o Steed rend visite à Creswell et la Lotus de Mrs Peel fait son apparition. La scène fut tournée à Hillcrest, Arkley, aujourd'hui démoli.


Continuité

o D’après le site Mrs Peel, we’re needed, ce n’est ni Diana Rigg, ni Cyd Child qui conduit la Lotus puis se dirige à pied vers l’entreprise Wavel Electronics. Ce serait Diane Enright mais il n’est pas possible d’avoir un plan très net même s’il est évident que c’est ni l’actrice, ni la doublure des cascades (à gauche). Diane Enright conduit aussi la Lotus lorsque Mrs Peel arrive à Risley Dale (à droite).

o Lorsque Steed regarde par la fenêtre de Risley Dale, l’extérieur est à l’évidence un ‘fake’, procédé souvent utilisé (à gauche). Idem pour l’extérieur de la maison de Creswell (à droite).

o En sortant de chez Mankin, Rocky Taylor conduit la Bentley, poursuivie par la camionnette bleue (à gauche). Les plans avec Patrick Macnee sont tournés en studio, comme d’habitude dans ce genre de situations. C’est également Rocky Taylor qui se bat dans le final (à droite).


Détails

o On retrouvera la Rover P6-2000 bleu clair immatriculée JLL376D dans Homicide et vieilles dentelles – (source : Voitures de rêve et séries cultes/éditions Yris).

o Le ministère a quatre niveaux pour son personnel : confidential, secret, most secret, top hush.

o Le panneau de l'entreprise de Jubert : Wavel, electronics limited.

o Sur le passe de Steed, on peut lire ce qui suit : ‘PRIORITY PASS. John Steed 379905. London has been permitted access to all ministry files class A3-C7

o À l'entrée de Risley Dale : "Risely Dale, electronic research laboratory, keep out".

o La secrétaire top hush a des indéniables atouts qui ont passé la censure américaine très stricte sur certaines tenues portées par Diana Rigg.

o Mrs Peel ne parle pas forcément toutes les langues qu’elle prétend. Dans The Correct Way to Kill, elle dit en russe : ‘dasvidania’ et dans cet épisode, ‘au revoir’ en français. Du vocabulaire que tout le monde sait sans avoir appris les langues concernées.

o Le fourgon de Creswell est un Minor Morris type van, un modèle alors très populaire. Le constructeur Morris­ développa toute une série d'utilitaires dérivés de sa voiture vedette, la Minor. Celle-ci fut produite, sous diverses variantes, de 1948 à 1971, à près d'un million et demi d'exemplaires. La modicité de son prix et ses qualités robustes en ont fait l'un des symboles de la Grande-Bretagne d'après-guerre et du développement de sa classe moyenne. Elle fut dessinée par Sir Alec Issigonis, également père de la Mini. La version van fut produite à partir de 1953 et était bien connue des téléspectateurs lors de la diffusion de l'épisode, car elle équipait alors la poste britannique. Elle était également populaire chez les marchands de glace ambulants !

o Par son but d'obtenir une énergie illimitée et de conductité sans fil de l'électricité, le Projet 90 s'inspire clairement des théories du physicien serbe Nikola Tesla (1856-1943). Tesla fut l'auteur de découvertes concrètes (premiers alternateurs, réseaux de courant alternatif positif/négatif, nature de l'électromagnétisme, etc.), et d'innovations conduisant aux futurs radars et robots télécommandés. Mais sa légende demeure associée à ses théories non concrétisées d'une énergie cinétique gratuite et inépuisable, manipulable à volonté. Parmi ces visions figure effectivement la description d'une arme à énergie dirigée, destinée à équiper l'infanterie, mais davantage sous forme d'un rayon que par contact. Le mystère entourant ses projets a rendu Tesla très présent dans la culture populaire. Il est notamment l'un des personnages principaux de la série Sanctuary, participe aux Enquêtes de Murdoch, est l'un des héros de Walter dans Fringe, mais aussi l'un des créateur des Entrepôts de Warehouse 13, aux côtés de son rival Edison.


Acteurs – Actrices

o Ray McAnally (1926-1989) acteur irlandais. Il a failli devenir prêtre avant de se tourner vers le théâtre où il fit des débuts triomphants en 1962. Il ne fut véritablement reconnu qu'à la fin de sa vie pour des rôles au cinéma dans Mission, A Perfect Spy, mini-série d'après le roman de John Le Carré, My Left Foot et Nous ne sommes pas des anges qui lui ont valu trois récompenses. À la télévision, il participa à L'homme à la valise, Paul Temple et surtout à Mais qui est Steed ? de la saison 6.

o Michael Latimer a participé à deux autres épisodes de la série : Le club de l'enfer, saison 4, et Les anges de la mort, TNA. Également vu dans Le Saint, Les professionnels et Regan.

o Caroline Blakiston (1933) est présente dans des séries britanniques depuis quatre décennies, du Saint en 1966 à L'inspecteur Barnaby en 2005 en passant par Le Baron, Les champions , Département S, Paul Temple, Regan, Les mémoires de Sherlock Holmes. Elle a joué dans deux autres épisodes de la série : Dance With Death, saison 1, et surtout Les fossoyeurs, saison 4.

o Sandor Elès (1936-2002) est né en Hongrie et a participé à de nombreuses séries britanniques cultes, à commencer, comme beaucoup, par Destination danger. Suivront Le Baron, Le Saint, Département S, L'aventurier, Jason King et Les professionnels. Vu au cinéma dans La lettre du Kremlin et dans un épisode de la saison 3, Concerto.

À noter que…

o A noter la réplique osée de Mrs Peel lorsque Creswell évoque Haworth : ‘His power is unlimited.’ Mrs Peel : ‘Balls’.

o Le scénariste de l’épisode n’est pas Philip Levene comme indiqué sur la jaquette du DVD kiosque mais bien Tony Williamson.

o Introduction de Patrick Macnee : « Style, créativité, humour, flair… Chaque épisode de Chapeau melon en avait. Des ingrédients qui nous ont permis d’être en tête des audiences aux USA. Cet épisode est vraiment explosif. Regardez bien la scène où Emma et Steed sont aimantés à la voiture. Une scène culte ! » (source : DVD 7 de la collection Optimum, Granada Plus Points)

o Commentaire de Roger Marshall : « Un des problèmes de Chapeau melon était de trouver des lieux de tournage aussi bizarres que les personnages. Cette fois, nous avions trouvé à Norfolk un aéroport désert, dans la naphtaline depuis la guerre. Les bâtiments étaient restés tels que la Royal Air Force les avait laissés. La tour de contrôle était pleine d'oiseaux. Le réalisateur était ravi. Le comptable s’y opposa. Trop cher, trop de nuits blanches. Faites la même chose dans le Herfordshire. » (source : DVD 7 de la collection Optimum, Granada Plus Points)

o Sur le DVD kiosque, les photos des épisodes Meurtres à épisodes et La dynamo vivante ont les titres inversés.

o Le film est de mauvaise qualité au début de l’épisode – tâches, griffures.

o Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.

Télé Magazine

Télé 7 Jours

Fiche de La dynamo vivante des sites étrangers

En anglais
http://theavengers.tv/forever/peel2-22.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/emmacol/522.html
http://deadline.theavengers.tv/PeelS2-22-PosNegMan.htm
En flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/peel49.htm
En italien
http://www.intrigo.net/Avengers/22col.htm
En espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/peel_positive.htm