Les Aigles4-10-03 saison 11

UN STEED DE TROP
(TWO'S A CROWD)

Steed is single minded – Emma sees double

Tournage : 12 au 28 mai 1965

Diffusion : ITV, 18 décembre 1965 – FR3, 9 juillet 1991 enVOST

Scénario : Philip Levene

Réalisation : Roy Baker

Warren Mitchell (Brodny), Julian Glover (Vogel), Maria Machado (Alicia Elena), Wolfe Morris (Pudeshkin), Alec Mango (Shvedloff), John Bluthal (Ivenko), Eric Lander (Major Carson).

Résumé

L'arrivée de l'agent Psev sur le sol britannique au moment de la tenue d'une importante conférence met en alerte les services de Sa Majesté. Aucune photographie de cet agent n'est disponible et les Avengers ne connaissent que l'identité des quatre attachés qui ne le quittent pas. Pendant ce temps Brodny, l'ambassadeur, assiste à un défilé de mode et y repère Webster, un sosie de Steed. Celui-ci est présenté aux quatre attachés qui décident de le substituer à Steed pour avoir accès à la conférence. Lors d'une réception à l'ambassade, Mrs Peel remarque la supercherie et est faite prisonnière. Steed est censé être abattu et sa doublure assister à la conférence, mais lors de la remise des documents, Webster exige de voir Psev qui s'avère ne pas exister autrement que sous l'identité des quatre attachés, une lettre par nom. Webster s'éclipse en compagnie de Mrs Peel et révèle, non sans problème, que Steed et Webster ne sont qu'une seule et même personne et que le plan était de démasquer Psev. Les Avengers se débarrassent du quatuor en lui renvoyant le bombardier miniature qui leur était destiné.

Épilogue

Les Avengers quittent les lieux à cheval. Mrs Peel, toute de noir vêtue, prétend à Steed ne pas être ce qu'elle est ! ("I'm afraid you're making a mistake. My name isn't Peel. So sorry."). On peut voir de nouveau le fameux pont qui a tant servi à la série.


CRITIQUES

4-10-01


Denis Chauvet 14 Avril 2004

Je dois admettre que j'ai vraiment cru qu'il y avait un double lors de la découverte de cet épisode et je l'ai passé plusieurs fois avant de comprendre finalement l'intrigue très confuse. C'est rassurant de lire que certaines critiques font référence au double de Steed et croient finalement à la présence de Webster, bien que Steed explique le stratagème à Mrs Peel à la fin de l'épisode. Ainsi, Dave Rogers, auteur de nombreux livres sur la série, pense réellement qu'il y a deux personnages ! Il est vrai qu'il y a de nombreuses bizarreries dans le scénario qui laissent pantois. Lorsque Brodny téléphone à Steed, le répondeur est censé être branché : que se serait-il passé si Brodny avait posé une question ? Lorsque la télévision est allumée, les quatre agents sont présents et pourtant Elena est censée parler au téléphone avec Psev ! De plus, l'utilisation d'une maquette d'avion est acceptable dans la première scène, mais tourne au ridicule lors du dénouement. Pour terminer ce registre, une question fondamentale : Mrs Peel était-elle prête réellement à abattre Steed dans le doute (et dans le dos !) ?

Néanmoins, Patrick Macnee réalise une grande performance dans cet épisode et a dû y prendre un certain plaisir. Gordon Webster, vulgaire et rustre, est tout à fait l'opposé de John Steed et il est très intéressant de remarquer comment Webster essaie d'imiter Steed sans trop y parvenir au début. Admirez comment Webster tient le parapluie et porte le melon ! Tout cela est à mettre au crédit de Patrick Macnee qui laisse apparaître des talents de comédien que beaucoup ont négligé, pensant qu'il ne pouvait être que John Steed. Ainsi, la meilleure scène de l'épisode est celle du défilé de mode ; Steed/Webster et la chemise à l'épreuve du rouge à lèvres et l'utilisation de la longue-vue : "the man who keeps his eye on the target".

Malgré le talent de Patrick Macnee, Un Steed de trop n'est pas une réussite, comparé au reste de la saison. Le personnage de Brodny, interprété par Warren Mitchell, a été l'objet de nombreuses controverses et, bien qu'horripilant par une trop grosse présence à l'écran, il est plus supportable ici que lors de sa deuxième apparition dans l'épisode catastrophe L'homme transparent. Dans ce dernier, on a affaire à du grand guignol ! Il est censé être un adversaire comique dans Two's a crowd, mais l'exagération et la lourdeur du personnage produisent un effet contraire. Brodny et Benson (Les cybernautes et Le retour des cybernautes) sont les seuls personnages, à ma connaissance, à faire une réapparition, dans deux saisons différentes de surcroît. Julian Glover (Vogel) n'est pas non plus un second rôle convaincant. Quant à la ravissante Maria Machado (Elena), sa première apparition au téléphone, les jambes croisées et décroisées, fait un peu penser à Sharon Stone dans la célèbre scène de Basic Instinct !

Il est regrettable que Mrs Peel ait un temps de présence relativement limité. En fait, Brodny monopolise l'épisode ! Nous avons néanmoins droit à Mrs Peel en vendeuse de maquettes d'avion (après la lingerie féminine dans Mort en magasin), des lunettes rondes posées sur le nez et livrant à domicile "Prestiti". J'adore l'expression de son visage et son regard à la réception de l'ambassade lorsqu'elle plante Steed pour aller téléphoner. À noter également la prise de mains efficace utilisée sur Carson (pari de 5£ gagné par Steed). Peu d'échanges notables entre les Avengers, à part Steed répondant à Mrs Peel, qui prétend avoir vu son double : "Come on, Mrs Peel. If I had a twin, I'm sure Mother would have mentioned it" et au sujet de l'épingle de cravate "Christmas or birthday ? or a special occasion ?". Une scène intéressante entre les Avengers lorsque Steed/Webster entre par la fenêtre pour tester sa crédibilité auprès de Mrs Peel, mais l'épisode manque dans l'ensemble d'humour, élément essentiel à la série qui peut transformer un épisode moyen en un bon. Il y a également un échange qui peut s'apparenter à une devil mind, mais je vous laisse chercher et juger ! !

Quelques scènes en extérieur à la fin de l'épisode autour de l'ambassade et lors de l'assassinat d'Ivenko où l'on remarque le fameux pont sans oublier les vues du Parlement et de la Tamise lors de la scène d'ouverture. La musique est en grande partie le thème repris des Cybernautes, mais il y a un air plaisant méconnu lors de la fuite de Steed/Webster et de Mrs Peel dans les jardins de l'ambassade.

La version Dvd Canal+ kiosque a de gros problèmes de son au générique du début et pendant la scène d'ouverture. Tout rentre dans l'ordre après l'apparition du titre.

EN BREF : Cet épisode, qui mélange espionnage et comédie, pèche par ses nombreuses invraisemblances, son intrigue complexe et le jeu d'un second rôle beaucoup trop présent auquel une deuxième chance sera malheureusement donnée !


Steed3003
6 mars 2005

Après l'excellent Les cybernautes, Philip Levene écrit un nouveau joyau pour la série.

Si, dans les précédents épisodes, la quatrième saison avait du mal à se détacher de son passé de série d'espionnage sérieuse, à quelques rares exceptions près, cet épisode charnière instaure le nouveau ton léger et sexy qui fera le succès des Avengers à travers le monde. Le scénario est de très haut niveau. Un des plus surprenants de la saison, avec L'heure perdue et L'héritage diabolique. Si le théâtre de l'épisode, une classique histoire Est-Ouest, ne prête guère au pertissement, son déroulement surprend par son inventivité et son intelligence. En utilisant le thème des doubles (un classique des histoires d'espionnage) à contre-pied, Philip Levene prend le spectateur dans son propre piège, nous entraînant dans une intrigue aux multiples rebondissements, ne manquant ni de rythme ni de panache. Ainsi, il nous laisse croire durant tout l'épisode, multipliant les preuves, qu'il y a bien un double de Steed. Il va même jusqu'à nous faire croire à la mort du vrai Steed ! Et le spectateur finit par s'apercevoir, alors que le titre même de l'épisode nous l'affirmait, qu'il n'y en a qu'un ! Jamais le spectateur ne sera aussi bien manipulé par la suite. Attention toutefois aux invraisemblances. Par exemple, comment fait Steed pour répondre au téléphone à Brodny, alors qu'il a quitté la scène du défilé une poignée de secondes plus tôt ? Si parfois les ficelles de la série sont trop apparentes, c'est loin d'être le cas ici. Mais, hormis ce twist éblouissant, le scénario regorge de qualités : un sens de l'humour génial, tant dans les dialogues que dans les situations, un rythme sans faille, des personnages solides. Brodny est inoubliable, un des rares personnages de la série à utiliser le ressort comique, directement issu de la comedia dell'arte, du Polichinelle ! Puis, comme toujours chez Philip Levene, il y a sans cesse quelque bonne trouvaille : utiliser des miniatures comme armes d'assaut (on a ici le droit à un mini sous-marin, un mini bombardier…), entraîner Mrs Peel dans le complot (ce qui persuade définitivement le spectateur qu'il existe bien un double de Steed)… En bref, un scénario irréprochable, au ton léger et comique, et pourtant doté d'un suspense oppressant. La série a trouvé sa formule gagnante !

Roy Ward Baker fait ici, comme à son accoutumée, du bon travail. Sa mise en scène apparaît moins rigide que celles des précédents épisodes (Les aigles, Meurtre par téléphone, Les fossoyeurs…) et nettement plus inspirée. On notera une certaine recherche dans les plans, des cadres soignés et de jolis travellings. Malheureusement, il y a, une fois de plus, beaucoup trop de zooms, qui au lieu d'appuyer l'action, l'affaiblissent. Macnee, sur qui finalement reposait toute la crédibilité de l'épisode, se montre remarquable dans sa triple composition (Steed, Steed en Gordon Webster, Steed en Gordon Webster qui fait croire qu'il est Steed !). Diana Rigg, un peu moins présente dans cet épisode, est moins convaincante. Linda Thorson face au même dilemme dans Mais qui est Steed ? sera beaucoup plus émouvante. Néanmoins, en vendeuse coincée l'actrice se montre pleine de drôlerie. Warren Mitchell, qui interprète Brodny, est épatant, avec un sens de la comédie aiguisée (il faut dire qu'il est servi par d'excellents dialogues). Son jeu très expressif contraste avec le jeu plutôt sobre des autres seconds rôles. On le retrouvera avec plaisir et, fait unique dans la série, avec le même personnage, dans L'homme transparent. On notera au passage un montage particulièrement efficace, suivant la ligne directrice de l'épisode : faire croire au spectateur qu'il y a deux Steed.

Steed est indubitablement mis en avant dans cet épisode, avec notamment quelques scènes mémorables, comme celle du défilé de mode. On sent que le duo est toujours en gestation : si, dans les deuxième et troisième saisons, Steed manipulait souvent Mrs Gale pour les besoins de l'enquête, qu'il manipule Mrs Peel est une grande surprise. Surtout que celle-ci s'était montrée jusqu'ici beaucoup plus perspicace que lui dans leurs enquêtes. Il n'optera plus pour cette méthode par la suite.

Comme malheureusement trop souvent dans les 4 premières saisons, les décors sont dans l'ensemble plutôt pauvres et vides. Les sympathiques extérieurs rattrapent le coup.

La garde-robe de Steed est, elle aussi, pas encore bien définie : son pull roulé n'est pourtant pas désagréable. Mrs Peel, quant à elle, est toujours aussi classe dans ses perses tenues. Une seule fausse note : le manteau qu'elle porte lorsqu'elle va livrer le modèle d'avion miniature lui donne un air de Cruella Devil !

Très belle composition de Laurie Johnson, qui rythme parfaitement l'épisode. On notera l'excellente musique à suspense, qui n'est pas sans rappeler celle de Psychose, qui accompagne l'assassinat d'Ivenko.

EN BREF : Un épisode très réussi, doté d'une intrigue diaboliquement intelligente. À voir et à revoir (pour mieux comprendre !).


Estuaire44
27 avril 2013

Two’s a Crowd présente une nouvelle version de l’inépuisable thème des doubles, si présent chez les Avengers comme dans nombre des Spies Shows de l’époque. Ici Philip Levene joue manifestement la carte de l’humour, davantage que celle du thriller ou du trouble existentiel. Les nombreuses maquettes d’avion observées au cours de l’action apportent un insolite à la fois plaisant et bienvenu, particulièrement dans le ton d’une série trouvant davantage sa spécificité dans l’étrange que dans les thèmes plus classiques de la Science-fiction. Cet aspect ludique permet en outre de demeurer indulgent face aux diverses failles et simplifications du scenario. Le personnage pittoresque et digne de la meilleure commedia dell’arte qu’est Brodny achève d’ancrer dans la comédie cet exercice de style des plus divertissants.

Une légende urbaine voudrait que le scénario de Levene soit particulièrement complexe, or il apparaît parfaitement clair et bien explicité. On doit aussi ajouter que le fameux suspense autour de la nature réelle du faux faux Steed n’a jamais fait le moindre doute nous concernant. Il faut dire que l’auteur de ces lignes est un esprit pervers et paranoïaque, conscient que l’on se situe toujours au cœur du complot dans le complot, dans le complot. Toujours. Levene prolonge cependant par trop la ficelle concernant la crédulité de Mrs Peel, ce qui réduit celle-ci au rang de simple instrument de la machination ourdie par son florentin associé. Emma n’apparaît décidément pas à son avantage dans cet opus. Apparemment dotée du Permis de tuer, on la découvre sur le point d’exécuter froidement et dans le dos celui qu’elle croit être un assassin. Qui que ce soit cet homme, il y a tout de même des cas dans la vie où tuer n'est pas jouer. Diana Rigg, demeure toujours aussi élégante… Et par trop maquillée.

Plus gênant encore que cette relative mise sur la touche de la talentueuse amatrice, exprimant clairement une hiérarchie au sein du fin duo, on regrette la nature même de l’adversaire du jour. Quand il survient, le twist de la nature réelle de Psev est désormais devenu largement prévisible. Pour parvenir au delà du simple argument d’une divertissante comédie, cette structure de quatuor aurait du se justifier par un gain réel de l’efficacité de « Psev », or il n’en est rien. La quatuor ne se montre ni particulièrement brillant, ni ne fait montre d’initiative. On remarque que les suggestions proviennent souvent du propre Brodny. On ne perçoit pas assez l’enjeu de l’affaire, soit la dangerosité supposée du groupe.  De plus la dispersion de l’opposition en quatre individus, fatalement brièvement développés, résulte  moins efficiente que la  centrage du récit sur un fastueux et unique Diabolical Mastermind.

Il n’en demeure pas moins que Two’s a Crowd remplit parfaitement son cahier des charges, amuser par une variation originale sur un thème assez rabattu de l’espionnite alors en vogue sur les écrans. Il ne le doit que partiellement à une mis en scène solide mais relativement dépourvue de fantaisie de Roy Ward Baker. Celle-ci s’orne cependant de superbes décors et extérieurs, notamment ceux des environs du fameux pont de Tyke's Water Lake, figurant les jardins de l’Ambassade. Le principal ressort de cet épisode d’acteurs repose bien sur les irrésistibles répliques de Levene, portées par une distribution de haut niveau et très en  verve. Outre la spectaculaire Maria Machado, Julian Glover se détache au sein du groupe, le futur kristatos marquant une forte présence pour sa première apparition d’une série dont il va à juste titre devenir un hôte régulier.

Mais la véritable vedette du spectacle demeure l’inénarrable Warren Mitchell, dont le si pittoresque Brodny établit une filiation directe avec le déjà irrésistible Keller de la période Cathy Gale (The Charmers). La faconde de l’acteur se montre prodigieuse dans l’expression de ce soviétique veule et servile, fasciné par une Grande-Bretagne qu’il singe jusqu’au ridicule. Les Avengers auront souvent la main lourde avec les personnages russes, mais l’humour et l’entrain font tout pardonner.  Le personnage ne verse d’ailleurs pas dans le ridicule complet, demeurant le seul à manifester quelque défiance envers l’imposteur. Mitchell aura su trouver son propre style, son Marco di Cesari, partenaire de plusieurs aventures romaines du Saint, ressemblera d’ailleurs beaucoup à Brodny, l’accent italien et la sympathie en plus.

Patrick Macnee apporte également une contribution essentielle au succès de l’épisode, parfaitement crédible et entrainant dans ses deux incarnations. Le plaisir du comédien à varier son jeu devient vite communicatif. On le sent particulièrement ravi par ce personnage canaille et cynique rompant tant avec Steed, bien plus proche du Basile de Who’s who ??? que du sombre tueur de Man with two shadows. Il en ira tout à fait pareillement pour Roger Moore dans l’excellent Greensleeves  d’Amicalement vôtre. Le courant passe parfaitement bien entre ces deux comédiens, dont l’alchimie n’est pas sans évoquer lu duo archétypal de l’Auguste et du Clown blanc. L’opus doit d’ailleurs ses scènes les plus réussies à l’association des deux compères : la succulente discussion autour de la Crème de violette, les confrontations au sein de la conspiration ou encore l’impromptu de Brodny chez Steed.

EN BREF: L’épisode développe une variation originale et fort divertissante d’un thème classique de l’espionnage, notamment grâce à l’hilarant Brodny. Il souffre néanmoins d’un manque de présence des adversaires et d’une relative mise au second plan de Mrs Peel.


VIDÉO


Le défilé de mode de Steed !


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

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Tournage

o Webster-Steed arrive au centre de conférence. Le bâtiment est l'hôtel de ville de Watford .

o Le pont que l'on aperçoit lorsque Ivenko est assassiné et dans l'épilogue est celui de Tyke's Water Lake, Elstree. Il est sûrement le décor en extérieur le plus souvent filmé dans la série, toutes saisons confondues, car il apparaît dans pas moins de 11 épisodes, ainsi que dans le générique de la saison 6 !

o Les extérieurs de l'ambassade furent tournés à l'école Edge Grove à Aldenham.


Continuité

o Le dossier "Psev" est orthographié "Pzev" ; il refait une brève apparition dans l'épisode Petit gibier pour gros chasseur.

o PSEV signifie Pudeshkin, Shvedloff, Elena, Vogel : quatre agents en un !

o Ivenko appelle Steed de l’ambassade. Sur le cadran, le numéro est : Leadenhall 7141. Le même que le pub de Meurtre par téléphone !

o Entre l'ambassade et le parc, Steed a changé d'arme, passant d'un Smith & Wesson à un Enfield. Pour une fois qu'il utilise une arme de poing !

o Dans le tag final lors des plans éloignés, ce n'est pas Diana Rigg qui est sur le cheval.


Détails

o On entend deux présentateurs différents dans la scène télévisée. La première voix appartient sans aucun doute à William Job (Alan Carter dans La mangeuse d'hommes du Surrey).

o "Arriving 12 o'clock. Psev." peut-on lire sur la petite bombe factice qui atterrit dans l'apéritif de Brodny.

o "P. Garnier" est la marque de la crème de violettes.

o "The dandy collection" est le nom du défilé de mode.

o Dans la scène d’ouverture et lors du final, on distingue facilement – surtout avec le Blu-ray – les fils qui soutiennent les maquettes des avions miniatures.

o Vogel déclare A hostage in the hand is worth two in the tomb, ce qui est un clin d’œil au populaire proverbe anglais A bird in the hand is worth two in the bush, l’équivalent de notre Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. L’expression puise sa source dans la fauconnerie médiévale.

o Le titre original représente également une allusion à une sentence britannique : Two's company, three's a crowd. Il indique que deux personnes souhaitent le départ d’un tiers afin de demeurer seuls à seules, dans une intention généralement romantique. Cette accélération humoristique se retrouve dans divers titres d’œuvres de la pop culture (un épisode d’Ally McBeal, une comédie romantique de 1950, etc.). La version la plus fameuse en reste sans doute celle d’Andy Warhol, dans son œuvre graphique révélée en 1964, peu de temps avant la diffusion de l’épisode : But I always say, one's company, two's a crowd, and three's a party.

o Un troisième proverbe est cité, toujours par Vogel,  dans cet épisode décidément thématique : Two heads are better then one. Il peut correspondre à notre L’union fait la force (très en vogue sur Coruscant). Sa première expression écrite remonte à 1546, il s’agit d’une transposition de l’Ecclésiaste (4:9).

o Psev se montre fort amateur de Crème de violette. Il s’agit d’un terme générique représentant divers mélanges de liqueur  de cette fleur et d’une base de Cognac ou d’Armagnac. La rareté de cette boisson, évoquée au cours de l’épisode, n’est pas usurpée. Ses marques les plus réputées seraient effectivement difficiles à se procurer, même en France (Liqueur Benoit Serres, Parfait Amour ou Crème Yvette). Produite depuis le début du XIXème siècle, la Crème de violette reste prisée par les gourmets Anglo-saxons, en Grande                                 -Bretagne ou aux Etats-Unis. Il apparait assez logique qu’elle soit appréciée par Psev, car elle est un ingrédient traditionnel du cocktail Aviation, très côté chez les aficionados (1916, New York). S’y ajoutent du Marasquin, du Gin et du jus de citron, au shaker.

o Brodny est scandalisé par l’œillet vulgaire arboré par le faux faux Steed. Il s’exclame alors : Pourquoi pas du céleri ?. Le conseil ne sera pas perdu pour tout le monde, car le Cinquième Docteur en portera toujours un rameau à la boutonnière (Doctor Who). Un insolite élément de costume devenu culte chez ses admirateurs. Le Docteur explique que le céleri devient pourpre en présence de gaz auxquels il est allergique et que l’avaler lui permet de s’en prémunir. Enfin, il le suppose et  " De toutes manières, c’est bon pour les dents ".

o Durant le cocktail, Brodny affirme à ses hôtes que les Cotswolds sont magnifiques en été. Il s’agit d’une chaine de montagnes situées dans le sud ouest de l’Angleterre. La Tamise y prend notamment sa source. Ses superbes panoramas naturels, épargnés par l’industrialisation du pays, apportent à la région une activité touristique très développée.

o L’Ambassadeur s’exclame à deux reprises Great Scott !. Cette expression très répandue indique une intense surprise. Elle présente la particularité d’avoir des origines fort disputées : désignation d’un imposant général sudiste, déformation par Albert, prince consort allemand de Victoria, de Greet God, ou ironie de Mark Twain envers Walter Scott, entre autres ! Great Scott est entré dans la légende de la pop culture comme étant l’exclamation favorite de "Doc" Emmett Brown, « Nom de Zeus ! » en version française (Retour vers le Futur).

o Un possible clin d’œil à 007 est effectué durant le défilé de mode. Celui-ci débute par la présentation d’un smoking actuellement très en vogue, imperméable au Champagne mais aussi aux Martinis les plus secs !

o Les Torpedos ne sont évidemment pas des cigares jamaïcains, comme décrits dans l’épisode, mais bien cubains. Leurs modèles dits de série 2, prisés par Psev, sont effectivement particulièrement côtés, notamment le Montecristo.

o Dans la boutique de Mrs Peel, plusieurs modèles réduits représentent des avions particulièrement célèbres :

- le Boeing 707, l’avion emblématique de la Pan Am et de l’explosion du transport aérien durant les Sixties, très apprécié par le célèbre Simon Templar durant ses multiples voyages à travers le monde,

- le DC-3 Dakota, transport de troupes s’étant illustré durant le Débarquement,

- l’Avro Lancaster, bombardier lourd crucial pour la RAF durant le conflit, supérieur aux modèles américains équivalents,

- le Vickers VC-10, rival anglais du Boeing 707 durant les années 60, puis assurant le ravitaillement en carburant en vol des avions de la RAF.

Acteurs – Actrices

o Julian Glover (1935) a souvent joué des rôles de vilains dans des séries des années 60 et 70. Il tournera dans trois autres épisodes de la série : Le mort vivant – saison 1967 et deux épisodes Tara King : Double personnalité et Mademoiselle Pandora. Il est très souvent apparu dans des séries britanniques : Le Saint, Les champions, Paul Temple, Regan, Thriller, Bergerac, Taggart et Cadfael entre autres. Au cinéma, on a pu le voir dans Star Wars, l'empire contre attaque, Indiana Jones et la dernière croisade et un James Bond, Rien que pour vos yeux.

o John Bluthal (1929), né en Pologne, a émigré en Australie en 1938 et en Angleterre en 1956. Il a tourné dans des séries (Le Saint, L'homme à la valise, Bergerac, L'inspecteur Morse) et dans des films comme Casino Royale et Le retour de la panthère rose.

o Warren Mitchell (1926) tiendra de nouveau le rôle de Brodny dans L'homme transparent de la saison cinq. Il a également participé à deux épisodes de la troisième saison : La toison d'or et Les charmeurs (dans un rôle particulièrement proche de Brodny). Petit-fils d'émigrants juifs russes, il a servi dans la RAF pendant la seconde guerre mondiale puis a étudié à la RADA (Royal Academy of Dramatic Art). Il est connu en Grande-Bretagne pour le rôle d'Alf Garnett dans la série Till death us do part (1965-75) pour laquelle il fut élu acteur de l'année en 1966. Il a tourné à la TV dans des productions diverses dont Destination Danger (six épisodes) et Le Saint (trois épisodes, même comportement que Brodny !). Naturalisé australien, il déclarait dans une interview en 1997 au sujet des Avengers : "Diana Rigg used to giggle behind my back, the bitch !... But it was wonderful to work with Patrick Macnee and Honor Blackman". [Diana Rigg avait l'habitude de ricaner derrière mon dos, la garce !… Mais c'était merveilleux de travailler avec Patrick Macnee et Honor Blackman]

o Maria Machado, née le 16 octobre 1937 à Karlsruhe, est une actrice et metteur en scène franco-allemande. Elle s’installe à Paris en 1965. En 1969, Roland Dubillard lui écrit un rôle dans Le Jardin aux betteraves ; ils deviennent partenaires sur scène et pour la vie. Un site complet leur est dédié. http://www.roland-dubillard.fr/maria-machado

À noter que…

o Diffusé pour la première fois en France en VOST sur FR3 dans l'émission Continentales sous le titre Un de trop.

o Cet épisode est second dans le top 5 des meilleurs épisodes de la saison 4 du livre The Avengers Dossier.

o Dans les bonus photographiques, Maria Machado pose dans une robe sexy qui n’apparaît pas dans l’épisode (cinq clichés couleur). D’ailleurs, la version Blu-ray fait bien ressortir les atouts non négligeables de Maria Machado (‘duckey’), surtout dans sa robe blanche. On découvre aussi un plan incroyable de tournage : lors de la scène finale, lorsque Steed tire sur la maquette dans le parc, il y a une vingtaine de personnes aux alentours. 

o Comparaison éditions DVD Studio Canal / Optimum (par Denis Chauvet):

Pas de gros dommage, ni de coupure, pour la version Canal mais des taches et griffures ça et là : scène post-générique ou lorsque Steed lève les bras, menacé par Mrs Peel.

Il y a aussi un passage ‘fourmillant’ (à cause de l’abondance de ‘noirs’) lorsque Mrs Peel, prisonnière, est transportée près de la cheminée.

Fiche de Un Steed de trop des sites étrangers

En anglais
http://theavengers.tv/forever/peel1-12.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/emmabw/412.html
http://deadline.theavengers.tv/PeelS1-12-TwosACrowd.htm
En flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/peel13.htm
En italien
http://www.avengers.it/12bn.htm
En espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/peel_crowd.htm

 

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