COMBUSTIBLE 23

(PROPELLANT 23)

Tournage : Juillet 1962

Diffusion : ITV, 6 Octobre 1962– 13ième Rue, 8 Janvier 1998

Scénario : Jon Manchip White

Réalisation : Jonathan Alwyn Justine Lord (Jeanette), Catherine Woodville (Laurie), Geoffrey Palmer (Paul Manning), Ralph Nossek (Roland), Barry Wilsher (Pierre), John Crocker (Lieut. “Curly” Leclerc”), Trader Faulkner (Jacques Tissot), John Dearth (Siebel), Frederick Shiller (Jules Meyer), Nicholas Courtney (Captain Legros), Michael Beint (Co-pilot), John Gill (Baker), Graham Ashley (Gendarme), Deanne Shendey (Shop assistant).

Résumé

A bord d'un avion en direction de Marseille, un homme devient complètement fou en lisant un message! Ce message qui lui a été donné par l'hôtesse de l'air écrit qu'un rendez vous est retardé. C'est alors que, pris de panique, il demande à parler au commandant en affirmant que quelqu'un veut le tuer une fois arrivé à Marseille... Steed et Cathy l’attendent à l’aéroport car il transporte un échantillon d’un nouveau carburant développé par la Chine.


CRITIQUES


Estuaire44 15 août 2007

Carburant 23 apparaît comme un épisode de facture honnête, mais assez anodin car se limitant à une simple aventure d’espionnage très classique, sans guère d’éléments suscitant réellement l’intérêt autres que son couple vedette.

L’intrigue consiste en une simple chasse au trésor entre deux équipes concurrentes, soit un schéma hyper classique. Aucun rebondissement inattendu ne fait surface durant cet épisode, qui se laisse regarder sans déplaisir mais sans enthousiasme non plus. Tout au plus l’histoire a-t-elle l’habilité de créer deux pistes parallèles, mais cela tourne court assez vite.

La réalisation est, à l’image de l’histoire qu’elle met en scène, sans génie excessif. Elle se contente de mettre en place avec une terne efficacité les diverses étapes conduisant à une scène finale prévisible. Par manque de moyens, le spectateur n’a pas un seul instant l’impression de se retrouver au sein d’un vaste aéroport international mais plutôt d’une petite gare de province, avec la buvette traditionnelle. Ce manque d’inventivité pèse lourdement sur un épisode ne décollant jamais vraiment.

Alors qu’on espérait beaucoup de la dimension française de l’épisode, on doit vite déchanter. En effet celle-ci se limite aux noms des personnages et à quelques éléments de décor, alors même que nous sommes privés des accents délicieusement caricaturaux et des attitudes gauloises qui feront tout le prix de Tueurs à Gage ! Seule la scène du boulanger présentera un authentique cachet mais elle intervient beaucoup trop tardivement, tout en se voyant écourtée par la peu convaincante pétarade finale.

Cette faiblesse de ton de l’épisode se retrouve également dans ses personnages secondaires manquant de piment. Les adversaires sont convenus à l’excès, comme si souvent dans cette saison. Si Manning apparaît plus fin que le brutal Siegel, aucun d’eux ne parvient à nous intéresser ou à susciter une opposition crédible à nos héros. Le divers gendarmes et douaniers sont certes présentés d’une manière finalement assez sympathique, mais avec un humour bon enfant assez mièvre, d’autant que les acteurs ne semblent pas vraiment enthousiasmants. Les personnages féminins se révèlent encore plus faibles, réduits à de simples rouages de l’intrigue et sans aucune réelle personnalité. La jolie Jeannette montre un candeur assez désespérante tandis que si l’on suit Catherine Woodville, c’est plus pour découvrir la future Madame Macnee que pour son personnage réduit à un chapelet de poncifs gentillets. Seul se détache Nicholas Courtney, faisant preuve d‘une autorité tranquille très convaincante, on regrette d‘autant plus qu’il disparaisse après une séquence d’ouverture réussie.

Heureusement l’épisode échappe à l’ennui grâce à couple vedette tranchant nettement avec la fadeur de son environnement.

Ainsi durant toute l’histoire Steed apparaît comme une vraie boule d’énergie ! Devant faire face à une multitude de défis, c’est un vrai régal que de le voir se débattre sans jamais renoncer face à des ennuis inextricables et à des déceptions à répétitions. Macnee parvient à insuffler à son personnage suffisamment de flamme pour permettre à l’épisode de fonctionner malgré tout. Si le parapluie semble s’être définitivement imposé, la question n’est visiblement pas encore tranchée entre le feutre et le chapeau melon !

Il se voit seconder à merveille par une Catherine Gale sachant parfaitement allier finesse et charme féminins avec une vraie force de caractère. Alors qu’elle dépasse déjà largement son partenaire en connaissances, elle montre d’impressionnants capacités de combat qui s’affirmeront dans la suite de la saison. Son implication humanitaire (contrastant avec le cynisme à peine voilé de son partenaire) constituera également une caractéristique importante de son personnage. Derrière ses attitudes colériques, Cathy fera souvent preuve d’une vraie bonté envers autrui, davantage encore que les autres collaboratrices de Steed.

La relation entre les deux héros fait mouche une fois encore. Ainsi les scènes d’attente dans la voiture paraissent clairement les meilleures de l’épisode. Le contraste entre l’enthousiasme débordant de Steed contraste irrésistiblement avec la froideur très marquée de Cathy. Fort contrariée d’être dérangée dans ses projets, elle ne met pas les gants pour bien le faire sentir à son collègue, qui n’en a cure par ailleurs ! Les réparties crépitent agréablement mais le sommet est atteint quand Steed, qui n’a pas encore perdu tout espoir en ce début de saison, suggère lourdement à sa partenaire qu’il reste 10 minutes à attendre… Le regard glacial de Cathy le réduit instantanément au silence, ce qui demeure une performance rare ! Après cette scène hilarante, les confrontations se poursuivent durant l’épisode (excellent passage du magasin de lingerie), lui conférant son véritable intérêt. C’est un authentique plaisir de voir cet explosif duo, superbement introduit par Warlock, continuer à s’affirmer. Ces deux là se quittent tout de même sur un sourire…

EN BREF : Un épisode carburant plus au gasoil qu’au kérosène, mais évitant de s’écraser en vol grâce à un couple moteur produisant bien des étincelles !


VIDÉO


Steed et Cathy à la boutique de lingerie!


INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES


Tournage


Continuité

o Alors que Meyer est censé être mort, on le voit distinctement fermer et rouvrir la bouche (12’53’’).

o Quand Siebel pénètre par effraction dans le bureau des Douanes on se rend compte que les fausses fenêtres n’ont pas de vitres, son chapeau passe d’ailleurs à travers ! (23’02’’) :

o La calvitie de Curly est due à un postiche particulièrement évident. La ligne de césure apparaît très clairement :

 


Détails

o En 1962 un paquet de cigarettes coûtait un franc 85 ! Même en tenant compte de l’inflation, cela laissera songeur les consommateurs d’aujourd’hui…

o Steed doit présenter son passeport à la Douane, en effet, si l’Union douanière de la CEE est signée le 14 janvier 1962, le Royaume-Uni ne l’intègrera que le premier janvier 1973.

o Les attributions et le fonctionnement prêtés à la Douane, comme à Gendarmerie des Transports Aériens, paraissent hautement fantaisistes. Par exemple Steed ne signe pas le procès-verbal de son interrogatoire, ce qui suffirait à annuler toute la procédure !

o Grâce à cet interrogatoire nous apprenons que Steed habite à Londres, au 5, Westminster Mews. Laurie discute gaiement avec Curly à la fin de l’épisode alors que son amie Jeannette vient juste d’être assassinée au rendez-vous où elle l’avait envoyée…

o Steed et Carthy utilisent quelques mots de Français avec un excellent accent.

o Aéroports : En conversant avec Siegel, Steed nous apprend que Londres a modernisé son aéroport avant New York. Effectivement Heathrow a connu une forte expansion avec l’inauguration du Terminal Océanique, destiné aux longs courriers, le 13 novembre 1961. New York devra attendre 1962 pour l’ouverture de son terminal international. Le début des années 60 connaît une explosion des aéroports, correspondant à un… envol de l’aviation civile, du à l’arrivée d’avions plus performants (en France, la célèbre Caravelle de 1961) et à un développement de la demande, lié à celui des affaires et du tourisme. L’aéroport international d’Orly sera inauguré par le Général de Gaulle le 24 février 1961. Symbole de modernité, il sera en 1963 le monument français le plus visité, loin devant la Tour Eiffel ! L’aéroport de Marseille Provence, où se déroule l’épisode, sera lui-même totalement reconstruit en 1961. Heathrow (premier aéroport européen, troisième mondial), autrefois si performant, se voit aujourd’hui victime de son succès, connaissant de terribles problèmes d’engorgement…

Acteurs - Actrices

o Justine Lord (1938) est apparue régulièrement dans les séries anglaises des années 60 (The Troubleshouters, Gideon’s way, L’homme à la valise, Le prisonnier…). Elle se retire au début des années 70, après avoir épousé un instituteur. Bien qu’elle ait beaucoup tourné pour Le Saint (sept épisodes), son rôle le plus connu demeure celui de Sonia, que poursuit le N°6, dans La mort en marche, le fameux épisode narratif se déroulant hors du Village. Elle y porte pas moins de neuf costumes différents, tous blancs!

o Catherine Woodville (1938) a également participé au tout premier épisode des Avengers, Neige brûlante, où elle interprétait la fiancée assassinée du Dr Keel. Elle a également participé à ce nombreuses séries durant les années 60 et 70 (Z Cars, Destination Danger, Star Trek, Wonder Woman…). Après s’être retirée à la fin des années 70, elle a créé un vaste haras avec succès. Mais elle demeure surtout connue pour avoir été la seconde épouse de Patrick Macnee, de 1965 à 1969. Dans ses mémoires, Macnee raconte son coup de foudre pour cette jeune femme lui rappelant Vivien Leigh, qu’il avait connu avant-guerre (il dira plus loin la même chose de Linda Thorson…). Il lui achète d’ailleurs son premier cheval avec les cachets de la série. Il explique l’échec de leur relation, conclue par un divorce, par la différence d’âge (dix-sept ans) et son accaparement par les Avengers. « Kate » fut également une candidate malheureuse à la succession d’Honor Blackman.

o Geoffrey Pälmer (1927) joue dans trois autres épisodes : Dance with death (saison 1), L’homme aux deux ombres (saison 3) et Dans sept jours le déluge (saison 4). Après des débuts au théâtre, il réalise une superbe carrière à la télévision (Police Surgeon, Gideon’s way, Le Baron…). Il est également apparu au cinéma où il fut notamment l’Amiral Roebuck s’opposant en termes peu galants à M, dans Demain ne meurt jamais (1997). Encore actif aujourd’hui, ses rôles lui ont valu d’être élevé à la dignité d’Officier de l’Ordre de l’Empire Britannique en 2004.

o Nicolas Courtney (1929) a également joué dans l’épisode Mission très improbable (saison 5). Formé à la Webber Douglas Academy of Arts (disparue aujourd’hui), comme Patrick Macnee et Gareth Hunt,il est principalement connu pour son rôle du Brigadier Lethbridge-Stewart (1965-1989) dans de multiples épisodes du Dr Who. Il est aujourd’hui le Président honoraire de la principale organisation de fans de cette série, la Doctor Who Appreciation Society, et participe activement à diverses conventions de Science-Fiction.

o John Crocker (1925) a également participé aux épisodes Les sorciers (saison 3), et Le Vengeur volant (saison 5). Il a également été aperçu dans de nombreuses séries de l’époque (Le Baron, Adam Admant lives !, Le Saint…).

A noter que…  Durant cette saison 2 un autre épisode se déroulera dans le sud de la France, Tueurs à gage, mettant cette fois en scène Vénus Smith. L’aspect français y apparaîtra beaucoup plus mis en valeur.

o Steed a l’air très stimulé par le magasin de lingerie, il en sera de même dans Mort en magasin (saison 4)…

o Le holster bien placé (comme les petits pistolets spéciaux) de Cathy Gale, peu efficaces et assez... gênants, seront vite remplacés pour des tenues de cuir bien plus pratiques pour les scènes de combat spectaculaires qui allaient devenir uns des identifications fortes de la série.

o Jon Mancip White (1924), écrivain américain d’origine galloise, est ethnologue de formation, comme Cathy Gale. Il lui a d’ailleurs été proposé le poste de conservateur des antiquités égyptiennes et assyriennes du British Museum ! Il choisit finalement l’écriture et après avoir écrit des scenarii pour le cinéma et la télévision durant les années 50 et 60, il compose une œuvre éclectique : fictions, poésies et essais érudits sur les civilisations antiques et précolombiennes. Il est aujourd’hui encore une figure réputée de l’Université du Tennessee.

o Jonathan Alwyn (1940) a dirigé sept épisodes : Missive de Mort, Combustible 23, Festin de Pierre, Inter-Crime, L’école des traîtres (saison 2), Le marchand de secret, Le retour du traître (Saison 3). Sa carrière de réalisateur (Armchair Theatre, The rivals of Sherlock Holmes…) et de producteur (Maigret, The rivals of Sherlock Holmes…) s’est prolongée jusque dans les années 90.

Fiche de Combustible 23 des sites étrangers :

En anglais

http://theavengers.tv/forever/gale1-2.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/season2/202.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS1-02-Propellant23.htm

En flamand

http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale03.htm