All About Steve (2011)Gravity (2013)

Saga Sandra Bullock

Les flingueuses (2013)


LES FLINGUEUSES 
(THE HEAT)

classe 4

Résumé :

Pour espérer décrocher une promotion, l’agent spécial du FBI Sarah Ashburn est envoyée à Boston enquêter sur un mystérieux trafiquant de drogue nommé Larkin. Sur place, elle va devoir faire équipe avec l’impétueuse Shannon Mullins.

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Critique :

Un film ambivalent. S’il n’a pas une once d’originalité (un duo de policiers mal assortis, ça ne vous rappelle personne ?), s’il tombe souvent dans le grossier et le ridicule, il se suit pourtant avec un certain plaisir. L’enquête policière est honnêtement menée et c’est la partie la plus solide et la plus convaincante du film. Pour ce qui est de la partie « comédie », c’est plus partagé.

Classiquement, le film commence par présenter séparément les héroïnes. D’un côté, la brillante mais arrogante Sarah Ashburn. De l’autre, la volcanique Shannon Mullins. L’une porte le tailleur réglementaire avec la raideur tout aussi réglementaire. L’autre est simplement vêtue. La rencontre va se faire tout aussi classiquement de manière explosive ; Mullins n’appréciant pas – et le faisant savoir dans un langage fleuri – qu’Ashburn interroge le revendeur de drogue qu’elle avait coffré. On a là une première – en fait seconde avec l’interpellation du dénommé Rojas – illustration d’une grave faiblesse du film : des scènes censées être drôles mais trop longues et plombées par l’exubérance de Mélissa McCarthy qui se les approprie en en faisant beaucoup trop. Mullins est directe, grossière et expansive : elle a trouvé son interprète idéale mais c’est vite agaçant. Evidemment, le supérieur d’Ashburn préconise la coopération. On se dit vite que les scènes de comédie vont être les moments pénibles du film.

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L’interrogatoire de la dénommée Tatiana – mal fringuée et d’une vulgarité – ne sert pratiquement qu’à présenter deux méthodes différentes d’interrogatoire : posée pour l’une, directe pour l’autre. Un mégot va les orienter vers un dénommé Hank. Lequel sort dans un club. Pour permettre de coller un mouchard dans son téléphone, elles entrent dans le club. Evidemment, le look d’Ashburn ne colle pas. Elle a donc droit à un « relooking » sauvage. Le résultat est atroce et heureusement que Sandra Bullock est une belle femme. Au terme d’une opération compliquée, longue et un peu ridicule, elles arrivent à leurs fins. Heureusement, sinon on avait perdu 15 minutes.

C’est le moment de compliquer la chose en faisant intervenir la DEA ! L’agence anti-drogue surveillait Hank pour remonter jusqu’à Larkin et l’enquête des deux femmes gêne. Les agents présentés sont caricaturaux : un albinos misogyne et d’une grossièreté égale à celle de Mullins et son équipier fadasse échappé d’une promo de mannequin. Le scénario arrive quand même à placer un élément important : Mullins a vu son frère Jason sur une des vidéos de la DEA. C’est l’occasion pour Mélissa McCarthy de se calmer un peu et de jouer, pas trop mal en plus, sur une corde un peu plus sensible. Le gag, c’est que c’est un ancien toxico que sa sœur a mis en tôle ! D’où une ambiance peu conviviale quand elles arrivent le lendemain chez les Mullins. On ne s’attardera pas sur ce rassemblement de bulbes racornis et on se demande à quoi carburait la scénariste quand elle a commis son texte. Et parfois, il faut couper pour que le passage soit plus efficace.

En effet, après ces dix minutes de hurlements et de grossièretés, on a un indice : un entrepôt où, après les péripéties réglementaires, elles arrêtent un dénommé Julian. La méthode Mullins l’apparenterait à Martin Riggs mais avec quelques crans de talents en moins. L’actrice en fait vraiment trop. Après la complication administrative habituelle, et une scène de beuverie qui, non seulement est beaucoup trop longue, mais sombre dans le ridicule minute après minutes. Sandra Bullock est excellente dans la comédie mais, là, elle est larguée ! Sans surprise, Melissa McCarthy s’éclate et vampirise la scène.

Le lendemain, la voiture d’Ashburn explose ! La DEA accuse les deux enquêtrices d’avoir compromis leur enquête en se faisant griller par Larkin qui les connaît désormais. C’est une scène répétitive. Seule la présence de Hale, le supérieur d’Ashburn, change les choses mais, évidemment, il donne tort à son agent. Mullins a un scoop : elle pense qu’il y a une taupe chez les Fédéraux. En voilà une idée qu’elle est originale ! Prenons un pari : vu que le FBI se limite à Hale, Ashburn et l’agent Lévy qui est « l’assistant » d’Ashburn (bon numéro de Marlon Wayans), c’est sans doute à la DEA qu’il se cache. Le scénario, très subtil, permet de le repérer très vite. 

Après une opération ratée, mais où le frère de Mullins est gravement blessé (on a un moment dramatique solide), Ashburn est rappelée à New York. Curieusement, par un effet d’ellipse qu’on ne s’explique pas très bien, elle n’est pas partie (on l’a pourtant vu faire ses cartons et rendre le dossier à Lévy), et, avec Mullins, elles poursuivent l’enquête à la manière du Panzer en campagne. Un nouvel interrogatoire de Rojas – qui se termine par une chute ridicule – les mets sur la piste d’un entrepôt où Larkin va aller faire des affaires. Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?

On se doute que les choses vont mal tourner malgré l’arsenal des deux femmes. Arsenal que Mullins planque dans un frigo ! A la première apparition dudit arsenal, le spectateur le plus endormi va deviner quelle arme sera utilisée le moment venu. De façon très courue, on a donc la scène d’interrogatoire (même si le couteau dans la jambe de Sandra, ça, c’est un détail original dont on se serait passé), puis l’arrivée de la cavalerie, le traître est démasqué, il s’enfuit, elles le retrouvent et le neutralisent. Au moins, c’est filmé de manière dynamique. Pour cela, on ne s’ennuie pas. Le final est sympathique et fait sourire. 

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Anecdotes :

  • Sortie US : 28 juin 2013 Sortie France : 21 août 2013

  • Le film a coûté 43 millions $ et en a rapporté 209.

  • Réalisateur : Paul Feig. Réalisateur américain, on lui doit Enfants non accompagnés (2006), Mes meilleures amies (2011), Spy (2015), SOS Fantômes (2016)

  • Scénariste : Katie Dippold. Scénariste américaine, elle a beaucoup écrit pour la télévision (Parks and Recreation). Les flingueuses est son premier scénario pour le cinéma. Elle a aussi écrit celui SOS Fantômes.

  • Pour paraître crédible dans son rôle de flic, Melissa McCarthy confie avoir été entraînée par un policier de Boston, et être allée dans un stand de tir : "Il ne s’agissait pas tant d’apprendre à tirer que de savoir comment manier une arme. Je voulais m’assurer d’avoir l’air d’une policière sûre d’elle, qui a l’habitude de porter un pistolet au quotidien depuis plus de quinze ans". Elle ajoute, à propos de Sandra Bullock, sa partenaire dans le film : "Sandra avait déjà pas mal d’expérience dans ce domaine, elle a donc tout de suite repris le coup de main". Pour les deux actrices, tenir correctement une arme, est aussi un respect des normes de sécurité : "Pendant le tournage, personne ne touchait à une arme avant d’être sûr que le barillet soit vide - nous comptions les balles pour être absolument certains", explique Sandra Bullock.

  • Durant le tournage, le réalisateur Paul Feig a laissé une certaine place à l’improvisation, comme en témoigne Melissa McCarthy : "La manière de travailler que nous avons adoptée sur ce film, consiste à improviser très souvent, mais par petites touches. Les règles sont les suivantes : ne jamais se détourner du script pour faire prendre à l’histoire une direction différente, et ne jamais aller dans l’excès". C'est à partir de ce principe d'improvisation que la simple ligne de dialogue "Quelqu’un a-t-il vu les couilles du commissaire ?", présente dans le scénario, a été transformée par l'actrice en un véritable monologue !

  • Spoken Reasons, qui incarne dans le film Rojas, s'est prêté au jeu des cascades malgré son inexpérience. En effet, lors de la scène dans laquelle les deux femmes le suspendent par les pieds au-dessus d'un balcon, l'acteur était réellement pendu dans le vide depuis le troisième étage d'un bâtiment, retenu par un simple câble, évitant ainsi le recours à des images de synthèse ou à un fond vert.

  • Le type à qui Mullins fait avec une scène dans le bar est dans la vie réelle le mari de Melissa McCarthy, Ben Falcone.

  • L'annuaire d'Ashburn est l'annuaire 1982 de Sandra Bullock de l'école secondaire Washington-Lee à Arlington, en Virginie. Le département d'art a numériquement manipulé son image pour inclure des lunettes et des prothèses.

  • C’est la troisième fois que Sandra Bullock incarne un agent du FBI.

  • Le quinzième film le plus lucratif de 2013.

  • C’est la dernière fois que la 20th Century Fox utilise le logo "A News Corporation Company"

  • Craig (Dan Bakkedahl), que d'autres personnages pensent à plusieurs reprises être un méchant parce qu'il est un albinos, est une parodie du lieu commun «albinos vilains» devenu de plus en plus répandue dans les films depuis les années 1980 : L'arme fatale (1987), Retour à Cold Mountain (2003), Hellboy II - Les légions d'or maudites (2008), Da Vinci Code (2006).

  • Paul Feig fait une apparition en directeur de l’hôpital.

  • Melissa McCarthy/Shannon Mullins : actrice américaine, elle tourne tant au cinéma qu’à la télévision. Elle a notamment joué dans les séries Gilmore Girls (2000-2006), Samatha Qui ? (2007-2008) et Mike et Molly (2010-2016). Au cinéma, elle a tourné dans Charlie et ses drôles de dames (2000), Mes meilleures amies (2011), 40 ans, mode d’emploi (2012), Very bad trip 3 (2013), Spy  (2015), SOS Fantômes  (2016)

  • Demian Bichir/Hale : acteur mexicain d’origine libanaise, il mène une carrière internationale : Che (2008), Savages  (2012), Machete Kills  (2013), Les Huit salopards (2015).

  • Taran Killian/Adam : acteur américain, il a peu tourné pour le cinéma (12 years a slave, 2013 ; Ninja Turtles, 2014) mais plus souvent à la télévision : Roswell (2001), Boston Public (2004), How i met your mother (6 épisodes, 2006-2014), Scrubs (2009).

  • Michael McDonald/Julian : acteur américain, vu au cinéma dans Austin Powers (1997), Austin Powers : l’espion qui m’a tiré (1999), Goldmember (2002), Spy (2015). On le voit plus souvent à la télévision : La vie de famille (1993), Seinfeld (1995-1996), 7 à la maison (2005-2006), Scrubs (2001-2009), Cougar Town (2011), Web therapy (2010-2013).

  • Marlon Wayans/Lévy : acteur américain, vu dans Scary Movie (2000), Requiem for a dream  (2000), Scary Movie 2 (2001), Ladykillers (2004), GI Joe (2009).

  • Michael Rapaport/Jason : acteur américain, vu dans Nom de code : Nina (1993), Maudite Aphrodite (1995), Peur bleue (1999), Les chemins de la dignité (2000), Hitch, expert en séduction (2005), Sully (2016). Il a joué aussi pour la télévision : Le Prince de Bel-Air (1993), Urgences (1998), Friends (1999), Boston Public (2005), Earl (2008), Justified (2014).

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