Comtesse Dracula (1971)Le cirque des vampires (1972)

Saga Hammer

Lust for a vampire (1971)


LUST FOR A VAMPIRE

Résumé :

Dans un collège de jeunes filles, Mircalla Karnstein s’en prend aux professeurs et à des élèves.

Critique :

Un film d’une stupidité rare, complètement nul du début à la fin, aberrant de A à Z, mal joué, mal filmé et le spectateur malmené !

Qu’est-ce qui a pris la Hammer de mettre en chantier une imbécilité pareille ? Avec ce film, James Carreras a joué avec le feu car, quand il fait le tour des distributeurs, il n’a qu’une affiche dans les mains et rien d’autre ! Lust for a vampire s’est monté sur la seule réputation de la Hammer, financé avant même qu’un scénario soit écrit ! Quand il sortit, il devint une source d’embarras pour le studio.

Second volet de la « trilogie Karnstein », il est moins la suite du précédent, The Vampire lovers, qu’un mauvais plagiat. La première mention des Karnstein tombe comme un cheveu dans la soupe. Quand l’écrivain Richard Lestrange débarque dans l’école privée pour jeunes filles en tenues légères, en plein cours de « gymnastique », on se demande si on n’est pas plutôt dans un porno ! Ce que la suite semble confirmer d’ailleurs avec ce massage érotique de Mircalla par Susan suivie d’une baignade lesbienne.

Si encore Lust for a vampire avait confirmé son orientation érotique comme son titre semblait l’indiquer, il serait allé plus loin que son prédécesseur mais non ! Du gore du précédent volet, il ne demeure rien du tout non plus. D’autant que le rythme extrêmement lent de la réalisation érode beaucoup du peu du feu qu’il pourrait y avoir. La faute à des acteurs d’un charisme mou. Palme pour Yutte Stensgaard dont la plantureuse poitrine ne peut faire oublier la vacuité du jeu. Incapable de montrer de l’émotion (elle varie à peine son jeu ; un sourire dédaigneux est son stade ultime), elle est incapable de rivaliser avec Ingrid Pitt qui aurait apporté tellement plus si elle avait repris le rôle.

Le film commet en outre, tant qu’il y est, un contresens phénoménal sur Carmilla – dont le nom est à peine prononcé, Mircalla paraissant être la « vraie » identité de la créature. En effet, on nous la montre s’amourachant d’un homme ! C’est tout simplement contradictoire avec le personnage ! Qu’elle séduise pour se débarrasser d’un gêneur, admettons mais, là, le scénario va trop loin. Le générique peut bien dire qu’il s’inspire du personnage de Sheridan Le Fanu, c’est une pure et simple trahison. Parler de « scénario » est aussi insulter ceux qui font profession de scénariste parce que le film ne raconte rien du tout en fait.

Le « script » est un rassemblement d’inanités comme on en voit peu dans un même film. Le château est présenté au sommet d’une colline dans les premières images mais on ne verra jamais personne grimper car on y accède facilement. Pourquoi Richard donne-t-il rendez-vous à Mircalla au château le soir alors qu’il pourrait plus facilement la voir dans le parc de l’école ? Au passage, un professeur homme dans une école de jeunes filles, et qui est attirée par l’une d’entre elles, si ce n’est pas un prétexte de film porno, qu’est-ce que c’est ? Un cliché, peut-être ? Les villageois, qui sont superstitieux, deviennent brusquement violents (à dix minutes de la fin) et veulent brûler le château ? C’est quand même plus que facile ! Et entendre que le feu ne peut rien contre les Karnstein laisse pantois !

Habituel scénariste et producteur, Jimmy Sangster passe derrière la caméra, remplaçant Terence Fisher à la dernière minute, mais ne parvient pas à animer son récit. C’est mou, ça n’avance à rien et il abuse des gros plans sur les yeux des différents protagonistes. On peut se demander ce que Fisher aurait pu faire tout de même avec un matériau si indigent. Pas pire, c’est certain. Dans ce naufrage surnage quelque peu Suzanna Leigh qui arrivera miraculeusement à instiller quelques instants d’émotions et, un peu aussi, Ralph Bates. Celui qui aurait dû incarner la succession d’un Peter Cushing (qu’il remplace d’ailleurs sur ce tournage), et qui ne manque pas de qualités d’acteurs par ailleurs, parvient à composer un personnage un peu ambigu, un peu malsain (que le professeur Barton emmène ses élèves au château pour leur raconter l’histoire des Karnstein est quelque peu préoccupant quand même) et qui se hissera brièvement à un niveau tragique lors d’une scène qui aurait dû être extrêmement intense si Yutte Stensgaard avait eu du talent. 

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Anecdotes :

  • Scénario :  Tudor Gates

  • Réalisation :  Jimmy Sansgter

  • Le titre de départ était To love a vampire avant que le distributeur EMI n’impose Lust for a vampire.

  • Ralph Bates a été choisi dans les délais les plus brefs : Peter Cushing devait à l’origine jouer le rôle principal, mais il lui a été demandé de se retirer peu de temps avant le tournage pour pouvoir continuer à s'occuper de sa femme malade. Bates affirmerait plus tard que c’était le film dans lequel il jouait le moins bien.

  • La comtesse Carmilla Karnstein est née en 1688 et est devenue vampire en 1710.

  • Barbara Jefford/comtesse Herritzen : actrice anglaise, vue au cinéma dans Ulysse (1967), Le songe d’une nuit d’été (1968), Les dix derniers jours d’Hitler (1973), La neuvième porte (1999) et, à la télévision, dans Les Contes de Canterbury (1969), Inspecteur Barnaby (2000, 2009)

  • Suzanna Leigh/ Janet Playfair : actrice anglaise (1945-2017), vue dans Les filles du plaisir (1965), Le peuple des abîmes (1968) et, à la télévision, dans Le Saint (1964), Amicalement vôtre (1971).

  • Michael Johnson/Richard Lestrange : acteur britannique (1939-2001), surtout vu à la télévision : The Human Jungle (1963-1964), The Spie (1966), Z Cars (1967), Paul Temple (1970), Les rivaux de Sherlock Holmes (1971), Crown Court (1973-1979).

  • Yutte Stensgaard/Mircalla : actrice danoise, on l’a voit dans la comédie SF Zeta One (1969), dans Lâchez les monstres (1970), Amicalement vôtre (TV, 1971), Burke and Hare (1972). Sa carrière au cinéma s’arrête pratiquement avec ce film. Mariée trois fois, dont une avec Tony Curtis, elle travaille aujourd’hui pour la presse chrétienne évangéliste américaine.

  • Biographie de Ralph Bates dans Docteur Jekyll et Sister Hyde.

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