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Comédies françaises Années 80

Les Sous-doués en vacances (1982) par Sébastien Raymond


LES SOUS-DOUÉS EN VACANCES (1982)

Résumé :

Alors que Bébel se fait larguer par sa copine à l’aéroport, Claudine se fait avoir par sa soeur jumelle qui part aux Seychelles avec son propre copain. Les vacances commencent mal pour nos éconduits. Ils se rencontrent lors d’un concours de “love machine” organisé par Paul Memphis, un chanteur crooner et célèbre séducteur. Ce dernier entend conquérir la belle Claudine, aux yeux et à la barbe de Bébel. La lutte commence à St Tropez où tout ce petit monde a décidé de passer le reste des vacances.

Critique :

Hé oui, c'est le temps des vacances. Et le nain de la famille, du haut de ses 9 ans a décidé de revoir Les sous-doués. Et m'a donc fait comprendre que voir la suite aurait quelque logique et qu'il fallait au plus tôt mettre la main dessus. Comme cela faisait longtemps que je ne l'avais vu, j'ai accepté la mission.

J'ai toujours eu une certaine affection pour le premier. Je sais que beaucoup en éprouvent également pour ce second volet, mais cela n'a jamais été mon cas. Cela ne l'est toujours pas.

Oh, j'ai aimé revoir tous ces acteurs. Les trombinoscopes sont mon petit kif perso. Et en effet, il y a là quelques acteurs pas mauvais qu'il est au moins agréable de revoir, même dans un navet.

Ce n'est pas un film que je reverrai avec un grand plaisir tous les ans, mais je peux comprendre que d'aucuns aient noué des liens avec cette pochade estivale : la plage, le soleil, les cigales, les nichons et culs aérés, les gags éculés qui s'accumulent et on a là un petit spectacle qui ne fait pas mal à la tête et fait rire les enfants. Ce n'est pas très bien fichu, ni très bien écrit, les incohérences marchant sur les pieds des lourdeurs les plus pachydermiques, mais au final, ce petit navet peut avoir le goût du rosé. Voilà, c'est comme du rosé, avec deux rondelles de sauciflard. Ce n’est pas très bon, mais ça va bien avec la chaleur et la période transat et tongs, tête vide, farniente. Ce n'est pas méchant, c'est du plaisir bas prix, discount.

Le scénario essaie de se développer sur un fil rouge, conducteur, une histoire d'amour, mais fondamentalement il peine à cacher sa structure agglomérante. Il n'est en fait qu'une série de sketchs, de gags plus ou moins drôles, très simplistes et surtout sans aucune originalité, un peu vulgaire même. Peut-on avoir un film plus fin avec Didier Kaminka et Michel Fabre aux stylos ?

Non, pour ma pomme, c'est comme souvent le défilé de petits et grands acteurs qui m'a le plus réjoui. Quand il n'y a que ça à se mettre sous la rétine, on est loin de l'orgasme. Mais comme il m'arrive d'aimer presque maladivement des petites bouses cinématographiques sous ce prétexte, je n'aurais pas de problème à comprendre que certains se complaisent à voir et revoir ce film. Je ne sais pas bien sur quel autre critère ils pourraient s'appuyer.

Le casting ? Pour ma part je retiens avant tout Daniel Auteuil et Guy Marchand. Pas sûr pour l'un comme pour l'autre qu'ils aient pris énormément de plaisir à jouer dans ce film, leurs rôles étant pour le moins médiocres. M'enfin, sans se prendre au sérieux, ils assurent le minimum syndical.

Encore une fois, je trouve décevante Grace de Capitani et ne comprends pas l'engouement qu'elle a réellement suscité pendant quelques années dans le cinéma français. Il y a bien Hubert Deschamps, mais son rôle est assez décevant, pas drôle sur la longueur, une trop grosse caricature.

La musique ? Gros mystère ! Elle est franchement mauvaise et ô surprise, signée par le grand Vladimir Cosma. Pauvre de lui. Il n'en demeure pas moins que le film donne à Guy Marchand l'occasion d'entrer dans l'histoire de la géniale chanson merdique avec Destinée.

L'esthétique années 80 made in France ? C'est vrai que le film est grandiloquent sur ce point. La comédie de plage par excellence ? Possible. Quoiqu'il en soit, le numéro deux des sous-doués reste en deçà de son prédécesseur. La suite estivale ne réussit pas à garder la fraîcheur et la jeunesse du premier, à mon sens uniquement, je sais. Ce n’est pas un mauvais film, pas insupportable, loin de là. Allez, on va dire moyen moins.

Anecdotes :

  • Le premier film, Les sous-doués, a été réintitulé Les sous-doués passent le bac à cause de cette suite, pour bien marquer la distinction entre les deux.

  • Le premier film s’achevait sur des retrouvailles entre les élèves, dix années après l’obtention de leur bac. Ici, ils sont censés juste avoir obtenu leur diplôme. Par conséquent, difficile de parler de suite. On peut donc définir ce deuxième film comme un “midquel”, une histoire s’insérant dans le récit originel du premier film. A l’image des deux fausses suites dans la trilogie de la “Septième compagnie”.

  • On notera toutefois la présence d’acteurs de la distribution du premier film, mais dans des rôles totalement différents : Hubert Deschamps était professeur dans le premier film, il est ici chirurgien ; Dominique Hulin était prof de sport baraqué, il est devenu ici garde du corps, toujours baraqué, de Gérard Lenorman ; Hélène Dublin, fille de Claude Zidi était une élève, Sarah, elle devient hôtesse de l’air sous le nom d’actrice Hélène Zidi cette fois.

  • Ne m’estimez pas la portée de Destinée chantée par Guy Marchand. La chanson écrite par Philippe Adler et composée par Vladimir Cosma eut un succès retentissant, planétaire. A la plus grande surprise et incompréhension de Guy Marchand. De plus, elle fut utilisée également dans Le père noël est une ordure la même année (1982). Elle parodie la chanson d’Hervé Vilard Nous, grand succès de 1978. Guy Marchand voulait se moquer de la tendance synthétique de la musique d’alors. Il n’a jamais intégré cette chanson dans ses propres compilations par exemple, car il se considérait comme un véritable jazzman et ne tenait pas Destinée en assez haute estime.

  • La scène pendant laquelle Charlotte de Turckeim et Grace de Capitani dansent ensemble, en attendant l’arrivée de Guy Marchand fait musicalement référence à Je suis timide mais je me soigne, film déjà orchestré par Vladimir Cosma. Cet emprunt n’est pas le seul : la musique du requin avait déjà été composée et utilisée par Vladimir Cosma dans La course à l’échalote (1975).

  • Avec un bon oeil et un peu de chance, vous noterez la présence parmi les figurantes de Sandrine Bonnaire.

Séquences cultes :

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