On a volé la cuisse de Jupiter (1980)Je vais craquer (1980)

Comédies françaises Années 80

Les Sous-Doués (1980) par Sébastien Raymond


LES SOUS-DOUÉS (1980)

Résumé :

Des lycéens particulièrement médiocres, cossards et perturbateurs vont devoir passer le bac malgré tout. Les blagues de potache les plus folles et les tricheries les plus ingénieuses auront-elles le dernier mot dans la course au diplôme ?

Critique :

Mazette, quel coup de vieux je prends dans la figure ! En revoyant ce film, je mesure combien j'ai vieilli, comme la France a changé, combien ce film sent un peu d’une certaine manière la naphtaline ! Alors, certes, je ne crie pas au loup, ne lance pas l'hallali contre cet aspect du film, d’autant plus que parfois j’en apprécie la saveur passée, mais disons que je le souligne parce que je ne m'y attendais pas, tout bêtement, c’est une grosse surprise. J'aurais dû m’y attendre : je n'ai jamais tenu Claude Zidi en grande estime.

Pourtant, je me souviens.

Je me souviens que ce film fut un grand succès, que l'on a ri devant les facéties complètement irréelles de ces zouaves. J'étais enfant et regardais cette farce avec plaisir.

Aujourd'hui je suis tout de même un peu moins client. Je souris avec nostalgie, mais le manque de liant me gêne aux entournures. Ça couine. Comme souvent chez Zidi quand il dirige une troupe, son film apparaît très vite comme une accumulation de sketchs plus ou moins liés à une vague trame scénaristique. Le plus ennuyeux pour le grand dadais que je suis devenu c'est que les gags ne sont pas loin d’être un tantinet trop lourds.

Difficile d'aller trouver là-dedans de quoi me satisfaire aujourd’hui. Il y a bien une scène où Michel Galabru en fait des caisses mais avec une jolie maestria et un phrasé qui n'appartiennent qu'à lui. C'est cette séquence où il apparaît pour la première fois dans le film : il fait passer par des changements de tons assez drôles et superbement maîtrisés un discours efficace pour présenter son personnage réactionnaire et en fait, dépassé par les événements surtout s’ils ont les cheveux longs et passent leur temps à jouer au flipper.

Daniel Auteuil quant à lui entame sa carrière sur les chapeaux de roues dans un rôle qui va lui coller à la peau. Lui aussi charge la mule, m'enfin le personnage étant extraverti, grandiloquent, c'est somme toute assez logique et compréhensible. Et puis, il est sympathique, hâbleur. On peut s’attacher.

Reste une flopée d'acteurs que j'apprécie davantage sur d'autres productions (je pense ici à Hubert Deschamps, Maria Pacôme ou Raymond Bussières) et qui ici ne sont pas loin de passer inaperçus. Oh, la Pacôme a tout de même quelques belles séquences, où son air coincé fait des merveilles. Elle aussi, par bien des aspects m’est totalement sympathique.

Mais enfin, tout cela ne suffit pas à mon bonheur, bref, je suis passé à côté de ce film. Point d'effet d'édulcorante nostalgie ou d’autre plaisir régressif conciliant pour sauver ce visionnage. Est-ce bien une question d’humeur? Pas sûr.

Anecdotes :

  • L’idée du film est venue à Claude Zidi grâce à ses deux filles qui devaient passer le bac : "Elles avaient invité à la maison deux copines bachelières. Elles m'ont raconté toutes les astuces dont elles avaient usé pour truander, en écrivant, par exemple, des antisèches du programme d'Histoire sur leurs cuisses. J'ai trouvé cela amusant et j'ai eu envie d'en faire une comédie. Comme, à cette période, je visitais des boîtes à bac pour mes filles, j'ai décidé que ce film se déroulerait dans un établissement de ce genre".

  • Alors qu’on croirait les idées de tricherie venues de l’esprit potache et ludique des scénaristes, Claude Zidi assure qu’ils ont été largement inspirés par des faits réels, notamment pour le coup du tam-tam: "Avec les scénaristes Michel Fabre et Didier Kaminka, nous nous sommes inspirés de vrais trucs utilisés par les tricheurs. En Corse, un chanteur était venu pousser la chansonnette avec sa guitare juste sous les fenêtres de la salle d'examen. Ses textes en corse n'ont pas éveillé la suspicion des surveillants qui venaient du continent. En fait, il donnait aux bacheliers toutes les réponses, mais en musique... Quelle idée géniale ! Cette histoire, nous l'avons adaptée aux personnages africains qui, dans le film, s'envoient les solutions aux questions avec un tam-tam!"

  • Le film aurait dû s’appeler La boîte à bac. Une affiche dessinée par Siné avait même été faite, mais Claude Zidi préféra Les sous-doués à la suite d’une discussion avec le producteur Claude Berri.

  • On notera une erreur de la machine à apprendre : elle situe la création de l’ONU en 1942 au lieu de 1945. Elle aussi mérite des baffes.

  • Le tout dernier gag du film que subit Michel Galabru, à savoir l’explosion du gâteau dont il souffle une bougie, avait déjà été utilisé par Claude Zidi dans un précédent film L’animal avec Jean-Paul Belmondo et Raquel Welch.

  • D’ailleurs, le personnage joué par Daniel Auteuil s’appelle Bébel, en hommage à Belmondo.

  • Le film connut un très grand succès : 3.9 millions d’entrées en France.

  • Ce succès invita comme de coutume à une suite, Les sous-doués en vacances, sorti en 1982, ce qui obligera à préciser le titre du premier, Les sous-doués passent le bac, pour mieux faire la différence entre les deux.

  • Outre le succès en salle, le film connaît également une très belle carrière avec ses multi-diffusions télévisées. Selon Médiamétrie, l’organisme examinant les audiences télé, le film aura été vu par plus de 13 millions de téléspectateurs entre 1989 et 2014, se plaçant à la 13e place des films les plus vus en France.

  • Daniel Auteuil, acteur désormais bankable et reconnu tant par le public que la critique, ne renie pas ce film même s’il semble se justifier par ces mots :"Je me disais que c'était du boulot. Je l'assume. Quand je lisais un scénario, je comptais le nombre de fois où mon personnage parlait et, s'il parlait beaucoup, j'acceptais. Quelle que soit la qualité de l'histoire".

  • La chanson titre On a un grand poil dans la main a été chantée par Daniel Auteuil lui-même. Les paroles sont de Philippe Adler, un critique musical qu’on verra jouer le rôle d’un producteur aux côtés de Guy Marchand dans Les sous-doués en vacances. La musique est composée par Bob Brault, un des comparses du groupe Martin Circus.

Séquences cultes :

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