Le Gagnant (1979)Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause ! (1970)

Comédies françaises Années 70

La Gueule de l'autre (1979) par Sébastien Raymond


LA GUEULE DE L'AUTRE (1979)

classe 4

Résumé :

Un homme politique est devenu la cible d’un tueur. Pour échapper à la mort, il fait mettre à sa place en pleine lumière pendant la campagne électorale son cousin, un acteur raté.

unechance 7

Critique :

Pendant très longtemps, je n'ai pas aimé ce film. Je trouvais cette histoire de sosies et de redistribution des rôles entre le comédien ringard et l'homme politique hautain un arrière-goût de théâtre boulevardier poussif. Surtout la route libre que semble prendre avec jubilation l'ami Serrault me fatiguait. Finalement, j'étais triste. J'aimais Tchernia, j'aimais Poiret, Serrault, mais pas le film.

Et je l'ai revu il y a quelques jours. Alors attention, je ne saute pas sur la table, ni n'agite le drapeau de l'enthousiasme délirant, mais j'ai pris un peu de plaisir. 

ladoublure 3

Déjà, Serrault ne m’a plus du tout éreinté. Au contraire, j’ai saisi enfin combien sa clownerie était juteuse. Avec ce rôle à double emploi, il s’en donne à coeur joie. A part quelques scories ici et là, son jeu m'a paru bon. Peut-être qu’il en fait parfois un peu trop quand il joue le côté pataud et lourd de Brossard, le raté ? Quand il joue l’autre face, le cynique Perrin, il est génial, à la fois inquiétant et pathétique, méchant et noir.

Celui qui m'apparaît de plus en plus lumineux au fil des ans, c’est bien sûr Jean Poiret. Il subit ici, et ce n’est pas dans ce registre qu’il est le meilleur, mais il subit bien. Le duo qu’il forme avec Serrault est une institution. Je connais pratiquement leurs sketchs par coeur. Vous les trouverez facilement sur le net ou sur dvd, il y en a un qui circule, je vous le recommande. Ici, leur duo est finalement moins utilisé que la dichotomie entre les deux gueules (Brossard/Perrin). Ce qui m’ennuie un peu.

En effet, l'histoire est toujours aussi tarte, oh si, faut le dire. Ces continuels échanges d'identités apparaissent un peu grossièrement écrits. Et pourquoi au juste ? Je ne vois toujours pas ce qu'apporte au final le film, très fade : tout au plus un passe-temps sans poésie, à l'humour peu relevé, fait de grimaces plus que de situations ou de bons mots, ce qui ne me touche que rarement. Deux ou trois scènes auront su retenir mon attention. C’est trop peu, mais je m’en délecte volontiers aujourd’hui.

Là où j'ai pu prendre beaucoup de plaisir, c'est dans la revoyure dans de nombreux petits rôles (secondaires, tertiaires, quaternaires, jurassiques jusqu'aux simples apparitions) de comédiens plus ou moins oubliés. Un festival de gueules du cinéma français des années 70/80. A croire que j'avais besoin de ça. Un drôle de plaisir nostalgique.

Anecdotes :

  • L’intrigue construite sur un sosie qui prend la place d’un homme politique n’est pas neuve et sera reproduite encore. On pense à bien entendu Le dictateur de Charlie Chaplin ou Président d’un jour de Ivan Reitman.

Séquences cultes :

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