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Saga Coluche au Cinéma

Le Fou de guerre (1985)


LE FOU DE GUERRE

classe 4

Résumé :

Un jeune psychiatre italien est mobilisé et envoyé dans un hôpital militaire dans le désert libyen. Il y fait la connaissance d’un officier pour le moins étrange. Peu à peu, il se rend compte que son comportement est de plus en plus dangereux...

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Critique :

J’aurais dû aimer ce film : Age, Scarpelli, Risi et Coluche, un quatuor gagnant, assurément ! Tellement de promesses au générique ! Or, de comédie italienne, je n’ai pas eu la saveur. Ou bien dans son sens le plus large et pas toujours brillant.

Le fou de guerre est une farce très cruelle, construite comme son titre l’indique sur la folie meurtrière d’un handicapé de la vie. Coluche interprète un officier de l'armée italienne au cours de la seconde guerre mondiale dont l’immaturité affective constitue en plein conflit un péril aussi dangereux que l'ennemi.

Coluche livre d’ailleurs une prestation impressionnante, dérangeante, plongeant son personnage dans un abyme de cruauté et dans la seconde suivante devenant un enfant apeuré, un être fragile. 

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L’aspect historique semble avoir été à peu près respecté sur le plan formel. Le réalisme, la crudité de l’époque pourrait être un argument en faveur d’une satire féroce de la société médiévale, quand l'Église et le pouvoir commençaient à lier des relations hautement cyniques. Cependant, le résultat manque de nerf, de verve. Il n’y a guère de risque pris là-dedans. Point d'égratignure contre les institutions ou les puissants. En fait, on s’ennuie.

Encore heureux que l’historien qui sommeille en moi s'intéresse naturellement à la peinture que nous propose Risi de la période. Encore heureux que la distribution soit alléchante. Sinon que nous resterait-il de ce film? Pour être honnête : rien! 

Il y a quelques éléments ajoutés qui me gênent également, des scènes autour du personnage joué par Beppe Grillo qui me semblent hautement dispensables, notamment l’auscultation de la jeune femme.

Bref, le scénario ne me paraît pas véritablement abouti, en partie à cause de ces déséquilibres. Peut-être que je suis injuste et qu’ils ont cherché surtout à créer un personnage ambigu, susciter une espèce de fascination pour lui, voire de présenter une poésie morbide de la folie. Mais si c’est bien cette ambition qui a présidé à l’écriture, je reste frustré. La folie est un thème majeur de la filmographie de Dino Risi et je crois qu’en dehors des “Monstres” où elle éclatait de mille feux et rires, il a été bien plus efficace avec “Ames perdues”. Ici, c’est un coup d’épée dans le sable du désert.

Anecdotes :

  • Le scénario du film est tiré d’un roman écrit par un véritable médecin psychiatre, Mario Tobino, qui travailla dans un asile pour déficient mentaux. D’ailleurs, Dino Risi ayant fait des études de psychiatrie dans sa jeunesse, a été plus à même de comprendre son sujet et ses personnages.

  • Coluche n’est pas le premier choix de Risi. Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni et Alberto Sordi avaient été pressentis avant lui.

  • L’histoire du film est censée se dérouler en Libye pendant la deuxième guerre mondiale, mais a été en réalité tournée en Tunisie dans la région de Sfax pendant l’été 1984.

  • On remarque que les deux interprètes principaux, Coluche et Beppe Grillo, ont tous les deux été plus ou moins impliqués dans la vie politique de leurs pays respectifs.

  • Alors que le film a été tourné en italien, Coluche n’avait pas trop de mal, étant d’origine italienne (Michel Colucci) avec un léger accent français, pendant que Bernard Blier, l’autre français de la distribution, s’en tirait plutôt avec un fort accent gaulois. Ce dernier a joué à de nombreuses reprises en Italie.

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