Saison 4Saison 6

Supernatural

Saison 5

1. Sympathie envers le Diable (Sympathy for the Devil)

2. Premier Pas vers l'enfer (Good God, Y'All!)

3. Seuls sur la route (Free To Be You and Me)

4. Apocalypse 2014 (The End)

5. Idoles assassines (Fallen Idol)

6. L’Antéchrist (I Believe the Children Are Our Future)

7. Jeu d'argent, jeu de temps (The Curious Case of Dean Winchester)

8. Téléportation (Changing Channels)

9. Les Incroyables Aventures de Sam et Dean (The Real Ghostbusters)

10. Les Faucheuses (Abandon All Hope…)

11. Vol au-dessus d’un nid de démons (Sam, Interrupted)

12. L'Apprenti sorcier (Swap Meat)

13. Le Retour d’Anna (The Song Remains the Same)

14. Passions dévorantes (My Bloody Valentine)

15. Les Morts-Vivants (Dead Men Don't Wear Plaid)

16. Axis Mundi (Dark Side of the Moon)

17. Prophéties funestes (99 Problems)

18. Plan B (Point of No Return)

19. Le Panthéon (Hammer of the God)

20. Meilleurs Ennemis (The Devil You Know)

21. La Onzième Heure (Two Minutes To Midnight)

22. La paix viendra (Swan Song)

  


1. SYMPATHIE ENVERS LE DIABLE
(SYMPATHY FOR THE DEVIL)



Résumé :

Sam et Dean doivent faire face à la libération de Lucifer et aux débuts de l’apocalypse. Ils partent en quête de l’Epée de l’Archange Michel, capable de terrasser Lucifer, mais ils sont en butte aux deux camps en présence. Ils apprennent également que Bobby est désormais paralysé des jambes et que Castiel a été tué. Zachariah aprend à Dean que celui-ci est destiné à devenir le vaisseau de Michel.

Critique :

La narration reprend pile où elle s'était interrompue lors de Lucifer Rising, nous propulsant ainsi d'emblée dans l'action. Dès son début, l'épisode se voit ainsi marqué par un train d'Enfer (cela tombe bien, le chef de gare est de retour). Il a la bonne idée d'utiliser ce rythme à bon escient remplissant parfaitement son cahier des charges de pilote de saison. Le nouveau décor se voit ainsi dressé avec efficacité, même si l'on risque parfois la surchauffe (la question des pouvoirs démoniaques de Sam se voyant ainsi très vite expédiée). Supernatural mobilise à cette fin l'un de ses atouts traditionnels toujours effectif des années plus tard : les retours marquants de personnages supposés secondaires. Chacun apporte sa pierre de touche à l'édifice, Zach, Bobby, Cas... Et une Meg s'offrant une nouvelle Incarnation irrémissiblement sardonique en la personne de Rachel Miner (Peut-être que Charlie Runkle l'a échappé belle, finalement). Même si la machine s'emballe ici aussi ponctuellement (comment Diable le vieux Bobby a-t-il pu se laisser posséder ? Cela mériterait une explication), le feu d'artifice fonctionne en incorporant également de nouveaux venus prometteurs.

Évidemment Mark Pellegrino, en provenance de l'Île, suscite déjà une immense espérance et, effectivement, son Lucifer va revêtir comme la forme d'un Jacob vu depuis le côté obscur. Becky suscite d'emblée un vrai de coup de cœur et l'on ne peut que saluer l'audace d’une série ne craignant pas d'envoyer du méta récit au beau milieu d'une mise en place de saison déjà pleine à craquer. L'opération fonctionne du Feu de Dieu, Supernatural ne connaît décidément que peu de rivaux sur ce type de récit ! Le drama entre Sam et Dean pimente encore les débats et évoque déjà comme un plaisant écho de la confrontation entre les deux frères célestes, Michael et Lucifer. La plupart des pilotes de saison souffrent d'une intrigue du jour réduite à la portion congrue, mais Sympathy for the Devil contourne le problème en pariant tout sur l'effet de sidération qu'apporte l'annonce de l’Apocalypse, la vraie, celle des Révélations. Tout concoure à cette fin, de l'avènement de Lucifer à l'implication personnelle des Winchesters en passant par l'évocation d'une intervention divine dramatisant encore les enjeux. La saison 5 frappe décidément un grand coup lors de son lancement, lors d'un épisode également très réussi visuellement, y compris avec un motel une nouvelle fois spectaculaire.

Anecdotes :

  • Également connue pour le rôle de la sulfureuse Dani California dans Californication (2007), Rachel Miner incarne ici pour la première fois Meg Marsters, succédant à Nicki Aycox. Elle va incarner l'adoratrice de Lucifer jusqu'en saison 8, quand une sclérose en plaques la conduira à s'éloigner des plateaux.

  • Durant l'approche de son Vaisseau de chair, Lucifer est incarné par Bellamy Young alors connue pour le rôle de la très affirmée chirurgienne Grace Miller, dans Scrubs (le Dr. Cox au féminin). Elle a depuis accompli une belle carrière télévisuelle et interprète actuellement Mellie Grant dans la série Scandal.

  • Mark Pellegrino va demeurer le principal interprète de Lucifer tout au long de Supernatural. Il est un visage connu de la télévision américaine tenant des rôles réguliers dans Dexter, Lost, The Tomorrow People, Being Human, Quantico… Il est également le sinistre Joe de Mulholland Drive. Avant d'obtenir le rôle du Déchu, il fut sérieusement envisagé pour celui de Castiel.

  • Le Vaisseau de Lucifer se prénomme Nick. « Old Nick » désigne Satan dans nombre de contes et légendes du terroir anglais. Il s'agit également de l'un des personnages d'un roman de la Comtesse de Ségur, Un bon petit diable (1865).

  • Becky sait que le nom de Sam est Winchester, or dans The Monster at the End of This Book (4.18) Chuck avait déclaré n'avoir indiqué que les prénoms dans ses romans.

  • L'épisode comporte plusieurs références à des classiques de la Science-fiction : Star Trek, Star Wars ou Galaxy Quest.

  • Le Cartoon de la Warner vu dans l'avion est Devil's Feud Cake (1963). Les voix de Sam le Pirate, Bugs Bunny et du Diable sont réalisée par le même acteur, Mel Blanc, grand artiste de voix.

  • La musique accompagnant la traditionnelle séquence récapitulative The Road So far est le tube Thunderstruck d'AC/D (1990). La chanson est régulièrement reprise à l'écran, elle figure ainsi dans la bande son d'Iron Man 2 (2010). Elle est aussi l'hymne fétiche de nombreux clubs de football, comme la Juventus de Turin ou l'Atletico de Madrid.

  • Le titre original de l'épisode est une référence à l'un des grands succès des Rolling Stones (1968). La vidéo de la chanson a été filmée par Jean-Luc Godard alors bloqué en Angleterre par les événements de Mai 68.

  • Le pseudonyme de Becky sur Internet est Samlicker81. Elle anime le site Morethanbrothers ce qui fait d'elle une figure du Wincest, le ship éminemment particulier évoqué fréquemment dans les fan-fictions des amateurs (amatrices) de Supernatural.

  • And Governor O'Malley urged calm, déclare le speaker de la radio. Les évènements prenant place au Maryland et le Démocrate Martin O'Malley en fut le Gouverneur de 2007 à 2015. Il fut Il fit adopter le mariage gay et l’abolition de la peine de mort dans son Etat. O’Malley fut un candidat malheureux à la Primaire démocrate de 2015, remportée par Hillary Clinton.

  • L’entrepôt de John Winchester est celui vu dans Bad Day at Black Rock (3.03) et contenant la patte de lapin animant cet épisode.

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2. PREMIER PAS VERS L'ENFER
(GOOD GOD, Y'ALL!)

Résumé :

Ressuscité, Castiel part à la recherche de Dieu. Sam et Dean viennent en aide à Ellen et à Rufus, un Chasseur vétéran ami de Bobby. Ils sont confrontés à un village apparemment peuplé de Démons, mais en fait victime de la guerre, qui y sème la zizanie. Les frères Winchester vainquent le premier des Quatre Cavaliers, mais se séparent après avoir perdu confiance l’un dans l’autre.

Critique :

Good God, Y'All ! achève d’immerger les Winchester dans le drame, livrés à eux-mêmes avec le retrait d’un Bobby diminué et d’un Cas en pleine Quête mystique, alors qu’en fait Dieu est en vacances à la Bourboule (vanne rigoureusement incompréhensible pour ceux n’ayant pas joué au jeu de rôles Magna Veritas, auquel Supernatural ne cesse de toujours plus ressembler). L’intervention de Marcus apparaît comme un rappel éloquent du travail mené par ces Chasseurs tenant la ligne, tandis que les Brothers se la jouent grave avec les Archanges, tout ça. De l’éloge des obscurs. On touche également du doigt la réalité de l’Apocalypse en cours, ce qui ajoute encore de l’intensité à l’univers de la série. L’épisode marque bien entendu les retrouvailles avec les toujours aussi épatantes Ellen et Jo, autant dire que l’on atteint des sommets. On s’amuse toujours autant en découvrant les Bros ne pas la ramener devant Ellen (bien moins que devant Bobby, finalement) et le récit évite des hors sujets relationnels autour de Dean/Jo. En effet, prime est ici donnée à une action totalement électrique, avec une caméra sur l'épaule ultra dynamique et une petite ville déserte parfaitement anxiogène, genre Zombie Movie. On est littéralement pris à la gorge.

L’apparition de l’excellent Titus Welliver (succédant à Pellegrino, finement joué pour les amateurs de Lost) révèle immédiatement le pot aux roses, ne serait-ce que parce que le public aurait évidemment été déçu s’il n’avait pas joué le méchant manipulateur. Mais le récit a l’intelligence de ne guère jouer le suspense là-dessus et de plutôt donner libre cours au talent de l’acteur dans son portrait d’une Guerre irrésistiblement  madrée et cynique, à la subtile stratégie. En fait deux atouts majeurs de la saison se confirment : la relecture originale et country du Livre des Révélations mais aussi un ton étonnamment décapant envers plusieurs figures bibliques majeures. Un épisode mené à un rythme soutenu par une bande son une nouvelle fois géniale (Spirit in the Sky, choix énorme !) et des dialogues percutants estampillés Sera Gamble, avec en prime des vannes référencées comme on l'aime. Par contre la séparation des deux frères tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, les évènements du jour ne la justifiant pas totalement, après tout Sam à bien tenu le choc !

Anecdotes :

  • La Guerre déclare Last week, this was Mayberry, pour décrire River Pass. Mayberry est la localité servant de décor à la série très populaire The Andy Griffith Show (1960-1968).  Dans la culture populaire américaine, elle est devenue synonyme de paisible petite ville, où la criminalité est quasiment absente. 

  • I'm too old for this shit déclare Rufus, soit la phrase culte de Murtaugh dans les films L’Arme fatale.

  • So, pit stop at Mount Doom ? interroge Dean en brandissant l’anneau de Guerre, une référence au Seigneur des Anneaux.

  • This is not X Files, pal déclare Dean quand un villageois lui demande s’ils ont affaire à des Aliens. Une référence tombant à point nommé avec le retour de Steven Williams dans le rôle de Rufus.

  • Les boites aux lettres aperçues dans la petite ville de River Pass sont canadiennes, alors que l’action est censée se dérouler aux USA.

  • Le titre original est une citation de la chanson War, d’Edwin Starr (1970), un clin d’œil à l’antagoniste du jour. 

  • La chanson entendue durant la séquence récapitulative est Long, Long Way from Home, de  Foreigner (1978).

  • Quand Sam et Dean pénètrent dans la ville, on entend Spirit in the Sky, de Norman Greenbaum. Cet immense succès du Rock psychédélique (1969) a fait l’objet de très nombreuses reprises et est devenu l’une des icônes du crépuscule des années 60. Il fure dans la bande son de nombreuses productions, dont Suicide Squad et la bande annonce des Gardiens de la Galaxie.

  • Dean est impressionné par la voiture de la Guerre. Il s’agit d’une Ford Mustang Fastback rouge de 1965, soit un clin d’œil à la Bible. En effet, selon le Livre des Révélations, la Guerre chevauchera un cheval rouge. 

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3. SEULS SUR LA ROUTE
(FREE TO BE YOU AND ME)

Résumé :

Dean et Castiel recherchent l’Archange Raphaël, car celui-ci sait peut-être où se trouve Dieu. Cette piste se révèle infructueuse. De son côté, Sam est confronté à des Chasseurs le rendant responsable de l’Apocalypse. Après les avoir vaincus, il reçoit la visite de Lucifer, qui lui apprend qu’il a été choisi pour être son Vaisseau.

Critique :

Free To Be You and Me opte pour le pari toujours risqué d’une scission de son intrigue, Après un magistral montage parallèle entre les deux frères (le tout sur le somptueux Simple Man des Lynyrd Skynyrd ), nous suivons en effet leurs trajectoires disjointes et la manière dont ils s’en sortent finalement plutôt bien l’un sans l’autre (au moins pour le moment) est un vrai crève-cœur mais cela présente le mérite de surprendre le fan. On apprécie toujors quand des auteurs parviennent à nous prendre à contrepied. On avouera que c’est longtemps le segment Dean qui donne le tempo. Le premier emploi massif de Cas comme personnage comique, via son côté décalé parmi les Humains, s’avère une totale réussite. Les différentes scènes sont franchement hilarantes, avec un Misha Collins toujours parfait dans les nombreux registres de son si riche alter ego. La révélation de Raphaël constitue un impressionnant point d’orgue, d’autant que pointe déjà la détestation entre lui et Cas. Le segment Sam brille moins, car plus conventionnel, notamment avec un début de romance vraiment cliché.

Mais l’irruption de Lucifer en personne, même si pas tout à fait imprévisible, bouleverse totalement la donne, nous offrant une confrontation d‘une intensité surpassant celle avec Raphaël. Pellegrino est de nouveau incroyable mais Padalecki parvient à lui donner la réplique d’une manière convaincante, ce qui constitue déjà un bel exploit. Le Malin est un manipulateur de première classe, on aime ça. Les Archanges constituent décidément un atout maître pour Supernatural, d’autant que le parallèle établi entre les fratries angéliques et celles de leurs vaisseaux de chair coùpose une grande idée des scénaristes, achevant de boucler le décor de la saison et d’apporter toute une cohérence au premier segment de la série. Le programme acquiert tardivement une forme davantage feuilletonnesque, à l’image de Buffy, Angel ou, dans une moindre mesure, les X-Files, avec une réussite au moins équivalente. Les dialogues savoureusement référencés répondent toujours à l’appel, (des Tortues Ninja à à Kolchak), de même qu’une bande son toujours aussi délectable :

Anecdotes :

  • Eat it, Twilight s’exclame Dean quand il trucide le Vampire. La sortie du deuxième film de la saga devait avoir lieu quelques semaines après la diffusion de l’épisode.

  • You were wasted by a teenage mutant ninja angel ? interroge Dean, quand cas lui apprend qu’il a été tué par Raphaël. Raphaël est en effet l’une des Tortues Ninjas, groupe reprenant les noms d’artistes de la renaissance : Michelangelo (Michel-Ange), Leonardo (Léonard de Vinci), Raphael (Raffaello Sanzio) et Donatello (Donato di Niccolò di Betto Bardi dit « Donatello »).

  • En début d’épisode, lors du montage montrant Sam et Dean chacun de leur côté, on entend Simple Man, de Lynyrd Skynyrd (1973). L’un des plus grands succès de ce groupe, la chason a été utilisées dans de multiples publilcités etentedue dans diverses séries (Les Soprano, My Name is Earl).

  • Quand les Chasseurs apparaissent au bar, on entend Devil Sway, de Swank Quand les Chasseurs partent, on entend Blues Won't Let Me Be, de  Left Hand Frank and His Blues Band

  • Go get her, tiger déclare Dean pour encourager Castiel à aller avec la bien nommée Chastity. Il s’agit d’une réplique culte du Comics Spiderman, prononcée par Mary Jane.

  • Le titre original reprend celui d’une émission de télévision des années 70, où des enfants évoquaient leur relation avec leurs frères et sœurs.

  • En début d’épisode, Dean utilise Bill Buckner comme nom d’emprunt. Il s’agit d’une vedette de baseball des années 70 et 80, demeuré fameux pour une catastrophique erreur de jeu commise en 1986, coûtant un match capital à son équipe, les Mets (New York). Son nom est depuis devenu synonyme de perdant dans la culture populaire américaine.

  • En tant qu’Agent du FBI, Dean utilise le pseudonyme d’Alonzo Mosely, lui-même agent fédéral dans le film Midnight Run. Il désigne Castiel comme étant Eddie Moscone, un autre personnage de ce film.

  • Le policier surnomme Dean « Kolchak » , une référence à la série Dossiers brûlants. En version française, Kolchak devient Buffy.

  • Lindsey est interprétée par Emma Bell, qui a également été Amy en saison 1 de The Walking Dead et Emma Brown lors du remake de Dallas.

  • Chastity est interprétée par Katya Virshilas, qui jouait déjà la Luxure dans l’épisode The Magnificent Seven (3.01).

  • Une scène de sexe entre Lindsey et Sam n’a finalement pas été intégrée à l’épisode. 

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4. APOCALYPSE 2014
(THE END)

Résumé :

Dean est transporté cinq années dans le futur par Zachariah. Celui-ci lui révèle les conséquences de son refus de devenir le vaisseau de l’Archange Michel : Lucifer a triomphé après que Sam ait accepté de devenir son Vaisseau et l’Humanité ait été décimée par le virus Croatoan. Revenu au présent, Dean accepte de faire de nouveau équipe avec Sam, afin de conjurer cette menace.

Critique :

The End est un épisode purement mythologique, ne développant quasiment aucun scénario propre. La balade de Dean dans un futur aussi proche que dystopique se cantonne longtemps à une revue des troupes, ne rentrant que tardivement dans le vif du sujet, à l’inverse de son équivalent quasi identique de Sanctuary. Mais, quand on y parvient, l’on ne s’y ennuie pas du tout, tant ces retrouvailles sont passionnantes, illustrant éloquemment l’impressionnante réalité des personnages, ainsi que la qualité des interprètes. Toutes ces scènes sont passionnantes pour le fan, qu’elles se situent dans le drame ou dans l’humour.

Le Dean du futur évite toute caricature outrancière etnous vaut un beau double numéro de Jensen Ackles.  Son Dean enténébré n’est pas sans évoquer la Buffy alternative et assombrie de The Wish, un épisode finalement assez similaire à celui-ci. Le meilleur demeure toutefois Castiel, hilarant dans la scène du téléphone ou amèrement désenchanté en pseudo Gourou ayant perdu au moins autant la Grace et la Foi que ses « super pouvoirs ». Misha Collins ne cesse de redessiner son personnage, avec toujours le même fascinant talent. Décidément, ce que Castiel/Collins aura apporté à la série tient du prodige. L’épisode ne trouve sa réelle justification qu’avec la magistrale confrontation opposant Dean et Lucifer. Paladecki est très bon, mais malheureusement moins que Pellegrino. Reste un impeccable dialogue et un étonnant costume blanc, à l’effet terrible, assez proche à celui de Luthor Président dans Smallville.

La conclusion allie subtilement la relation fraternelle, le cœur vivant de Supernatutal, et la mécanique des voyages temporels, puisque le voyage même de Dean change la donne. La fratrie se réunifie, ce qui change tout. Surprenant que Lucifer ne l’ait pas vu, mais il est effectivement vraisemblable que son ego étouffe son génie. Un plan étrangement subtil de la part de Zach, sans doute soufflé par l’Archange en personne. On peut aussi se demander pourquoi Michel délègue un sous-fifre et ne daigne pas se déplacer pour un élément aussi crucial du Grand Jeu. S’il se manifestait dans tout le flamboiement de sa gloire et toute l’étendue de sa puissance, Dean ferait sans doute moins le malin. Reste que le moment où celui-ci rejette finalement la proposition est formidable, c’est tellement lui. Casting amusant mais anodin, car trop superficiel, de Lexa Doig, figure populaire auprès des fans de série SF et fantastiques.

Anecdotes :

  • Lors de sa diffusion, l’épisode  suscite un polémique chez les fans de la série, certains estimant que qu’il s’agissait réellement du futur, d’autres d’un univers virtuel créé par Zach pour manipuler Dean. Ben Edlund et Eric Kripke ont indiqué qu’il s’agissait d’un futur potentiel, davantage assimilable à un univers parallèle qu’à un voyage dans le temps traditionnel.

  • Le titre original reprend celui d’un tube des The Doors (1967), qui décrit un monde ayant sombré dans la folie, avec des références à l’Apocalypse. La chanson a également été reprise dans le film Apocalypse Now.

  • So, what, you're just gonna walk back in and we're gonna be the Dynamic Duo again ? demande Dean. Le Duo Dynamique est le surnom usuel de Batman et Robin

  • Le décor post apocalyptique de 2014 réutilise l’un des plateaux du film Watchmen (2009). Jeffrey Dean Morgan (John Winchester) y interprétait le Comédien.

  • Le cinéma a à l’affiche un film intitulé Route 666, ce qui reprend me titre d’un épisode de la première saison.

  • Onward, Christian Soldiers, cite Zach. Il s’agit d’un hymne chrétien du XIXe siècle, très souvent entonné par l’Armée du Salut.

  • The last thing they need to see is a version of The Parent Trap déclare le Dean alternatif. Ils s’agit du titre d’un film de 1961 (La fiancée de papa en VF), qui raconte l’histoire de deux jumelles séparées par le divorce de leurs parents.

  • Le Dean alternatif ne porte plus son amulette.

  • La voiture avec laquelle Sam arrive en fin d’épisode est une Lincoln Continental de 1975.

  • La scène finale est tournée au même endroit où John et ses fils se séparèrent lors de Salvation (1.21).

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5. IDOLES ASSASSINES
(FALLEN IDOL)

Résumé :

Sam et Dean enquêtent sur une série de mystérieux meurtres semblant être commis par de grandes figures de la culture populaire (James Dean, Lincoln…). Ils découvrent toutefois que la coupable est une déesse païenne en provenance d’Europe orientale et en quête de nouveaux adorateurs. Ils l’affrontent alors qu’elle a revêtu l’apparence de Paris Hilton.

Critique :

Après les tumultes marquant la période écoulée, Fallen Idols introduit une respiration bienvenue. Il empêche la surcharge d’un public que l’accumulation de révélations bibliques finirait par blaser, en en revenant aux sources de la saison 1, une démarche parfaitement justifiée par la volonté des deux frères de se retrouver « comme au bon vieux temps ». On renoue donc avec un plaisir entier avec le Dean Don Juan et fou de voitures classieuses (celle du jour peut rivaliser avec l’Impala, c’est tout dire, je crois) et Sammy arrimé à son portable. L’intrigue mystère fidèlement construite de ce point de vue de même que la conclusion sur l’Impala repartant vers de nouvelles aventures au son d’un vieux rock qui poutre massif (Jeff Beck !). Tout comme au bon vieux temps, donc, l’effet joue à plein, d’autant que Cas et même Bobby ont le bon goût de demeurer absents, là aussi comme aux débuts de la série.

 Dans un ensemble empreint d’un humour noir réjouissant et carnassier, le scénario prolonge ce mouvement en renouant avec l’un des meilleurs fils rouges de Supernatural : les dieux païens, propices à l’exotisme, à l’imagination la plus variée, aux égos démesurés et hilarants, mais tous si invariablement obnubilés par les sacrifices humains bien gores (bon, il faut bien crouter). L’intrigue entremêle parfaitement ce thème avec un autre tout aussi inépuisable : le musée de cire. Là aussi on retrouve l’humour dézingué, mais, tout de même, cet endroit mythique suscite toujours un vrai frisson.

 Chasseurs ou pas, on retrouve par moments une intensité digne de son équivalent de l’After Hours de The Twilight Zone, d’autant que les statues sont remarquables de qualité. Suprême raffinement, on trouve également un subtil rapprochement entre les Idoles d’hier et d’aujourd’hui, d’où la constatation d’un éternel humain infantile et guère reluisant. Avec l’antagoniste du jour, on se situe tout à fait dans le sillon de la déesse Média du roman American Gods, la source majeure sur la question. Là où les Dieux antiques s’affirment à travers la résilience, Leshii embrasse pleinement la modernité, par définition changeante et mouvante, en embrassant divers visages déconnectés de la divinité traditionnelle, convergeant davantage vers le Pop Culture et les idoles contemporaines. A travers ce kaléidoscope de visages elle devient à même de mieux embrasser cet éternel besoin d’adoration de l’Humanité, qui s’exprime désormais via de nouveaux vecteurs, du moins en Amérique.

Si Leshii renouvelle agréablement la posture des totems païens, cet épisode hilarant et virtuose (et bien gore, loués soient les Dieux) parachève son succès avec un étonnant défilé de guests, dont on retiendra Paul McGillion (pour les fans de Stargate) ou bien entendu Paris Hilton herself, probablement l’invité le plus improbable de Supernatural, mais qui se révèle épatante, voire assez ébouriffante, dans ce savoureux auto pastiche. Le top demeure néanmoins l’apparition énorme de Bruce Harwood. Découvrir Byers, admirateur pénétré de JFK et des Père Fondateurs se faire ironiquement égorger par Lincoln demeure l’un des meilleurs clins d’œil aux X-Files que la série nous ait offert. En cette cinquième saison la saison connaît réellement un stupéfiant état de grâce, d’autant que les Bros sont de retour. Ils ne sont certes pas comme Ombre, le héros d’American Gods parti à la rencontre des Dieux de l’Amérique, leur vérité est ailleurs, davantage tranchante.

Anecdotes :

  • Au bar, quand Dean appelle Sam, on entend Sixteen, de Lucero. Durant la séquence Soon, on entend Superstition (1973), du groupe de Hard-Rock Beck, Bogert & Appice. Jeff Beck y interprète sa version de cette chanson initialement créée par Stevie Wonder pour la Motown. Elle est reprise dans divers films, dont The Thing et I, Robot.

  • Sam et Dean se présentent comme étant les Agents Bonham et Copeland. John Bonham et Stewart Copeland sont respectivement les batteurs de Led Zep et de The Police. 

  • L’épisode comporte plusieurs références à James Dean et à sa fameuse voiture Little Bastard, à bord duquel ce passionné de vitesse trouva la mort le 30 septembre 1955. Le fait que Little Bastard soit une voiture maudite, occasionnant d’autres graves accidents de 1956 à 1960, est devenue une légende urbaine appartenant à la culture populaire américaine. La légende se bas aussi sur le fait que Little Bastard ait mystérieusement disparu depuis 1960 (et non en 1970 comme l’affirme Dean). En 2005, pour les 50 ans de la mort de James Dean, une prime d’un million de dollars fut offerte à qui pourrait la retrouver, en vain.

  • La traduction de l’espagnol par Sam est exacte, hormis qu’il traduit « moustache » par « barbe ».

  • Quand Leshii déclare : You people used to have old-time religion. Now you have Us Weekly, Dean réplique : I don't know, I'm more of a Penthouse Forum man myself. Penthouse Forum (depuis 1970), publié par les mêmes éditeurs que Penthouse, est un magazine fameux pour son courrier des lecteurs. Ceux-ci y narrent leurs expériences sexuelles les plus marquantes, en commençant toujours par la phrase rituelle : I never thought this would happen to me.

  • See, I'm not a Paris Hilton BFF. I've never even seen House of Wax déclare Dean. Jared Paladecki et Paris Hilton ont tenu l’affiche de ce film de 2005, qui renouvelait l’épouvante traditionnelle des musées de cire.

  • Leshii est un esprit capricieux et cruel de la Nature dans le folklore russe préchrétien. Comme à d’autres reprises, l’église l’a intégré comme l’un des Anges déchus ayant accompagné Lucifer en Enfer, après qu’ils aient été terrassés par l’Archange Michael.  Devenu démon, il se manifeste là où il tombé du Ciel. Leshii et les autres esprits apparentés sont effectivement des changeurs de formes rompus à tromper les humains, mais il s’agit moins de dieux que de cousines des fées de l’Europe occidentale. 

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6. L’ANTÉCHRIST
(I BELIEVE THE CHILDREN ARE OUR FUTURE)

Résumé :

Des meurtres surnaturels sont commis par des farces et attrapes devenus mortels. Sam et Dean découvrent qu’ils sont l’œuvre d’un petit enfant, fils d’un Démon et d’une Humaine. Castiel les prévient qu’il s’agit de l’Antéchrist et que ses immenses pouvoirs seront certainement utilisés par Lucifer.

Critique :

I Believe the Children Are Our Future débute de brillante manière, avec l’amusante running joke des croyances enfantines devenues avérées et causes de morts ou mutilations horribles. On se dit alors qu’après Fallen Idols, on est reparti pour un stand alone de qualité, contre un Monstre de la Semaine bien joyeux. On pense même brièvement au Trickster, d’ailleurs justement cité. Hélas un premier atterrissage s’opère quand une connexion assez maladroite s’opère avec la mythologie de la saison, notamment avec une vision peu stimulante de l’Antéchrist et un Castiel étonnamment dépourvu de finesse (y compris dans l’exécution de son raid). Quand on a un couteau, on ne cause pas. C’est curieux chez les Anges, ce besoin de faire des phrases.  La partie musicale résulte moins marquante qu’à l’accoutumée.

Avec la toute-puissance du gamin on se situe brièvement dans une situation proche du It’s a a good life de Twilight Zone (notamment avec Cas transformé en statuette) mais avec un gosse sympa, ce qui enlève tout piment à la situation.  Avec le recul, la situation préfigure sur plusieurs points le Néphilim de la saison 12, il sera intéressant de vérifier si cela se confirme ensuite. Par ailleurs, le soufflet se dégonfle vite avec un long final tout en dialogues prévisibles et dégoulinants de bons sentiments. On ajoutera à cela un enfant acteur totalement inexpressif et un scénario bottant massivement en touche pour son final, avec l’Antéchrist prenant simplement le large. La ficelle est un peu grosse. Il semble étonnant qu'il faille si peu de temps aux Bros pour localiser la mère, alors que les démons n'y sont pas parvenus depuis des années. On retiendra cependant la prestation très convaincante de l’interprète de celle-ci, sur deux registres bien différents. 

Anecdotes :

  • Le titre original est une citation de la chanson The Greatest Love of All (1986), de Whitney Houston.

  • Le film d’horreur que regarde la baby-sitter est Cujo (1982), l’adaptation d’un roman de Stephen King. Le film fut produit par Robert Singer.

  • Sam et Dean se présentent comme les Agents Page et Plant, soit le guitariste et le chanteur de Led Zep.

  • Le propriétaire du magasin de farces et attrapes représente Siegfried & Roy, un duo de magiciens dont le spectacle fut l’un des plus populaires de Las Vegas durant les années 90. On y trouvait notamment des tigres et des lions, tous blancs. 

  • Kids come in. They don't buy much, but they're more than happy to break stuff. These days, all they care about are their iPhones and those kissing-vampire movies déclare ce propriétaire, un nouvelle référence à Twilight.

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7. JEU D'ARGENT, JEU DE TEMPS
(THE CURIOUS CASE OF DEAN WINCHESTER)

Résumé :

Quand BNobby vieillit brusquement, Sam et Dean sont confrontés à un Sorcier jouant au poker avec des années de vie en guise de mises. Dean perd une partie destinée à racheter la perte de Bobby et devient plus âgé d’une cinquantaine d’années. Sam va alors tenter à son tour de battre l’astucieux sorcier.

Critique :

La parenthèse dans la (re)lecture du Livre des Révélations se poursuit avec The Curious Case of Dean Winchester, après Fallen Idols. Mais la saison insuffle une diversité, car là où le précédent opus en revenait aux premiers temps de Supernatural, on renoue ici avec la période actuelle, avec la présence d’un Bobby handicapé et un récit davantage décalé, tout en se maintenant dans un entre-deux avec un épisode classique. Les antagonistes du jour séduisent eux-aussi par leur singularité, le couple apparaissant davantage complexe et moins manichéen que les adversaires habituels des Frères Winchester. Ils se voient de plus incarnés par des acteurs de grand talent. Les amateurs de Sanctuary pourront d’ailleurs reconnaître Abby en Pascale Hutton, et ceux de Californication le réalisateur du film porno Vaginatown en Hal Ozsan. Chadd Everett excellent également dans le rôle du vieux Dean Winhester, avec clairement tout un travail effectué sur le jeu de Jensen Ackles.

L’intrigue se montre astucieuse et en définitive bien plus ludique qu’un Casino Royale, tout en renouant avec le thème récurrent de la littérature Weird West assimilant les joueurs de cartes professionnels à des sorciers manipulant la destinée. C’est également le cas dans le formidable jeu de rôle que forme Deadlands, idéal pour découvrir ce type d’univers davantage populaire aux USA qu’en Europe. Sera Gamble et Jenny Klein ont bien entendu l’habilité d’aller au-delà du simple mistigri des années perdues et retrouvées, pour souligner la force des liens existant entre les Bros et leur authentique père d’adoption que représente Bobby. Elles ne peuvent cependant éviter tout à fait une certaine impression de déjà-vu autour du thème du sacrifice, chacun des membres de la famille Winchester finissant tôt ou tard par se sacrifier pour un autre. Le scénario du jour ne constitue en définitive qu’une nouvelle version de ce thème récurrent de la série.

Anecdotes :

  • Quand Dean interroge le barman à propos du poker, on entend I Want All My Money Back, de Lonnie Brooks. Quand Dean rencontre Patrick, on entend Early Blues, de Bear Cat Philips.

  • Le titre original est un clin d’œil à la célèbre nouvelle The Curious Case of Benjamin Button, de F. Scott Fitzgerald (1922). Celle-ci raconte l’histoire d’un homme né vieillard et rajeunissant ensuite au lieu de vieillir. La version cinéma, avec Brad Pitt dans le rôle-titre, est sorti aux USA le 25 décembre 2008, soit moins d’un an avant la diffusion de l’épisode.

  • En début d’épisode une femme est aperçue en train de lire un exemplaire de Weekly World News, tabloïd célèbre pour ses unes sensationnalistes et paranoïaques, présentant comme réels des faits relevant du Fantastique ou de la Science-fiction. La revue a cependant cessé de paraître deux ans avant la diffusion de l’opus (1979-2017). Passée dans la culture populaire, américaine, elle a été référencée à plusieurs reprises dans Supernatural. Inversement la revue s’est amusée à présenter comme avérés des épisodes de Supernatural ou des X-Files.

  • La maladie que Patrick communique à Sam par magie est la gonorrhée, infection des organes génito-urinaires plus connue sous le nom de blennorragie et mortelle dans les cas les plus graves.

  • Dean déclare à Bobby que le tuer est sur sa Bucket List. Expression américaine passée dans le français oral, une Bucket List est une liste de choses à accomplir avant sa mort. Elle trouve dans son origine dans le film The Bucket List (2007), encore récent lors de la diffusion de l’épisode en 2009. Deux malades devant bientôt mourir, interprétés par Jack Nicholson et Morgan Freeman, écrivent une telle liste et entreprennent de la réaliser.

  • Jared Padalecki est un passionné de poker et a remporté un tournoi canadien opposant des célébrités en 2006.

  • On apprend ici que Dean a 30 ans. Jared Padalecki et Jensan Ackles ont tous deux un an de plus que leur personnage.

  • Let's go, Ironside, déclare Dean à Bobby quand ils quittent le motel. Il s’agit d’une référence à la série Ironside (L'Homme de fer, 1967-1975), dont le héros Robert T. Ironside (Robert T. Dacier) est en fauteuil roulant.

  • Jenny Klein est ici créditée pour la première fois comme co-auteure d’un scénario de la série. Elle a en effet débuté sur Supernatural comme assistante d’écriture, chargée de la documentation sur les diverses créatures folkloriques évoquées au fil des épisodes. Tout en conservant cette casquette, elle va ponctuellement écrire quelques intrigues, jusqu’en saison 9 où elle viendra une scénariste à part entière de Supernatural. A la fin de la saison 11 elle quitte toutefois le programme, pour mener ses propres projets. Le personnage de Jenny Klein (7.05 et 8.22) est nommé ainsi en son honneur.

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8. TÉLÉPORTATION
(CHANGING CHANNELS)

Résumé :

Le Trickter joue un nouveau tour aux frères Winchester en les projetant dans TVland, l’univers des jeux et séries télévisés. Sam et Dean doivent jouer le jeu pour passer d’un programme à l’autre, en espérant parvenir à trouver la sortie. Ils prennent le Trickster à son propre piège et découvrent alors sa véritable identité.

Critique :

L'éblouissant Changing Channels reste d'abord l'occasion d'une déferlante d'hilarants pastiches d'émissions et de de séries télévisées, revus et corrigés à la moulinette Supernatural. Tous s’avèrent aussi cinglants qu’imaginatifs, on se régale comme jamais. On retient particulièrement la sitcom et son générique d'anthologie, ou Grey's Anatomy (le guilty pleasure de Dean), mais tous seraient à citer. Certes, en soi le scénario n’est pas totalement novateur, des idées très similaires peuvent se retrouver dans des films comme Pleasantville (1998) ou, davantage encore, Telemaniacs (1992). Mais l’épisode a le mérite de cibler ses satires avec une parfaite efficacité. Le fait que Jensen et jared ne parodient pas directement les personnages des autres programmes, et jouent plutôt les Bros les caricaturant apporte tout un niveau d’humour supplémentaire.

Du délire de premier choix (seul The French Mistake se situera à cette altitude), mais pas seulement car derrière l'humour, une vérité glaçante se fait jour : tout ceci constitue une machinerie mentale destinée à forcer les Bros à jouer leurs rôles vis à vis des Archanges antagonistes, à force de les écœurer d'en interpréter d'autres. Un cauchemar sans fin, où l'alliage de drôlerie de d'angoisse produit un effet extraordinaire, décidément la télévision sert bien à accaparer les temps de cerveau disponibles. Hilarant, tordu et mortel, on n'est évidemment pas surpris de retrouver notre Trickster aux manettes avec son humour toujours aussi corrosif, doublé d’une troublante sagesse.

 Des retrouvailles électriques (Richard Speight toujours génial) pimentées par une nouvelle mésaventure de Cas. Là on rigole doucement, parce que le Castiel qui cranait en début de saison (Le Seigneur m'a fait revenir et m'a amélioré, je pars le retrouver) n'arrête pas de déguster méchamment d'épisodes en épisodes, cela en devient une running joke. Tout de même, on se dit vaguement que c'est étrange que le Trickster, aussi, puissant soit-il, dispose aussi facilement d'un Angel of the Lord. Bizarre.

Et effectivement Changing Channels achève de nous tuer avec une effarante seconde partie où explose la révélation : le Trickster, l'Embrouilleur, le Magicien n'est autre que l'Archange Gabriel ! Celui de la Visitation ! (accessoirement réellement Saint Patron des transmissions, de l'Internet et de la télévision, comme quoi tout se tient). Une magistrale conclusion en forme de coup de poing, que l'on s'en veut de ne pas avoir anticipé. Un bel exemple d’opus totalement décalé mais en définitive pleinement rattaché à la Mythologie de sa série. Le seul regret demeure l'absence des X-Files et de Buffy, parmi les parodies, mais Supernatural se rattrapera par la suite.

Anecdotes :

  • Les paroles de Together, la chanson du générique de la sitcom Supernatural, sont :

Town to town, two-lane roads

 Family biz, two hunting Bros -

 Living the lie, just to get by.

 As long as we're movin' forward

 There's nothing we can't do

 Together we'll face the day

 You and I won't run away

 When demons come out to play

 Together we'll face the day!

  • Le ton très ampoulé de Dr. Sexy, M.D. évoque celui de la série médicale Grey’s Anatomy. Il en va de même du surnom Dr. Sexy, qui ramène au Dr. « McDreamy » Shepherd, interprété par Patrick Dempsey, ou de l’hôpital Seattle Mercy Hospital, alors que celui de Grey’s Anatomy se nomme le Seattle Grace Hospital. Grey’s Anatomy (ABC) était alors une série rivale de Supernatural (CW) sur la case horaire du jeudi soir.

  • Dans l’épisode The Monster at the End of This Book (4.18), Dr. Sexy, M.D. était évoqué comme l’une des raisons de l’arrêt de la publication des livres Supernatural, car le public préféra cette série de romans à l’eau de rose.

  • Plusieurs des personnages rencontrés ont également des équivalents dans Grey’s Anatomy. Interprété par Jeffrey Dean Morgan, Denny Duquette (qui apparaissant à l’interne Izzie) est ici figuré par Johnny Drake.

  • Grey’s Anatomy partage avec Supernatural un grand intérêt porté à sa bande-son. A peu près tous les épisodes y sont nommés par des titres de chansons. Toutefois les styles musicaux des deux programmes diffèrent très fortement (on va le dire comme ça). Kripke fit appel à Alexandra Patsavas, programmatrice musicale sur les deux séries, afin de créer un fond sonore emblématique de cette tonalité Indie Pop sucrée et tellement délectable propre à Grey’s Anatomy.  On entend notamment Not A Through Street, d’Anya Marina, Something Real de Renee Stahl et I Love to See You Happy, de Robbi Spencer.

  • Alexandra Patsavas, et sa société Chop Shop Music Supervision, ont supervisé la musique de plus de soixante séries télévisées et films, dont Tru Calling, Gossip Girls ou la saga Twilight. "Alex" demeure à ce jour la Surintendante à la Musique de Supernatural, après l’avoir intégré dès son commencement, en 2005. Lorsque Kripke lui communiqua le script du pilote, il l’accompagna de ce commentaire fleuri : And you can take your anemic alternative Pop and shove it up your ass. Dean plays bass thumping, pile driving Zeppelin, and he plays it loud.

  • La question posée à Sam dans le jeu japonais est « Quel est le nom du démon que vous avez préféré à votre propre frère ? ». Celle posée à Dean est « Votre mère et votre père seraient-ils encore vivants si votre frère n’était pas né ? ».

  • La publicité pour Herpexia s’inspire fortement d’une réelle promouvant Valtrex, médicament effectivement destiné à lutter contre l’herpès génital. 

  • Dean est très remonté contre les Procedurals. Les Experts (CBS) était alors une autre série concurrente de Supernatural sur la case du jeudi soir.

  • Le pastiche d’Horatio Caine a été partiellement improvisé par Jensen et Jared. Il est accompagné du véritable indicatif des Experts Miami, qui reprend le Won't Get Fooled Again des The Who (1971).

  • L’épisode a donné lieu a suscité la création d’un mème Internet, où des fans de la série imaginèrent de nombreuses fictions voyant Sam et Dean explorer d’autres séries télévisées.

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9.  LES INCROYABLES AVENTURES DE SAM ET DEAN
(THE REAL GHOSTBUSTERS)

Résumé :

A la demande de Becky, Sam et Dean participent à une convention de fans de la série de romans Supernatural, dont Chuck est l’invité d’honneur. De nombreuses surprises les y attendent, mais ils sont contrariés d’apprendre que Chuck a l’intention d’en écrire de nouveaux. L’hôtel où se déroule la convention s’avère également hanté.

Critique :

At 3:45 in the Magnolia Room, we have the panel, 'Frightened little boy: the secret life of Dean'. And at 4:30, there's 'The homoerotic subtext of Supernatural'.

The Real Ghostbusters souffre d’un mauvais positionnement au sein de la saison, pusique survenant immédiatement après Changing Channels, soit un autre épisode décalé et majoritairement humoristique. D’où un effet de doublon d’autant plus dommageable que nous sommes censés suivre le récit de la marche à l’Apocalypse et non pas une revue des Branquignols. Certes on peut concevoir que Kripke ait estimé difficile d’insérer un récit humoristique après un opus aussi tragique et crépusculaire que Abandon All Hope, mais la narration souffre par ailleurs de quelques défauts intrinsèques. Ainsi, avec le recul, on s’aperçoit que le type de convention représentée ne correspond pas assez à ce que sont devenues celles de Supernatural, avec leurs moments musicaux et le relationnel entre les acteurs et le public. L’effet d’immersion ne fonctionne pas tout à fait et l’on joue de manière moins ludique être la fiction et le réel qu’on ne le fera lors de The French Mistake ou de Fan Fiction.

Mais, malgré ses limites, The Real Ghostbusters demeure un exercice de style très amusant, évidemment destiné avant tout aux fans de la première heure. Les nombreux clins d’œil et références insérés au fil de l’intrigue raviront le public Geek, souvent friand de ce type de jeu de pistes. Par ailleurs, pour classique qu’elle soit, l’intrigue secondaire, sinistre à souhait, autour des esprits résulte très efficace et rendement menée. Mais, surtout, le grand atout de l’opus consiste à ne pas se limiter à un exercice de style et à un défilé réussi de gags Les différents seconds rôles se voient ainsi dotés ‘une véritable dimension humaine, laissant percevoir l’humanité au-delà de la caricature du fan. Cela vaut pour de Chuck et Becky, mais aussi pour les épatants Demian et Barnes. Les dialogues entre ceux-ci et les Bros autour du rapport entre les héros et leur public se montrent aussi justes qu’émouvants et dépassent d’ailleurs le seul cadre de la série, pour atteindre une certaine universalité. Les comédiens sont excellents et fonctionnent en parfaite complicité avec des J2 toujours aussi à l’aise dans l’expression des diverses facettes des protagonistes.

Anecdotes :

  • On entend Topsy Turv, de The Bughouse Five, quand Sam et Dean découvrent la convention.  Quand ils font pression sur Chuck pour que celui-ci ne reprenne pas ses publications, on entend Trouble Baby, également des The Bughouse Five.

  • Le titre original reprend celui d’un dessin-animé (1986-1991), lui-même inspiré du célèbre film SOS Fantômes (1984).

  • La véritable première convention de fans de Supernatural, la WinchesterCon, s’est tenue dès octobre 2006, à Nashville. Elles se sont multipliées depuis, avec une forte implication des comédiens et auteurs de la série.

  • L’épisode fut diffusé la veille d’une grande convention se déroulant à Chicago, Salute to Supernatural, à laquelle participa toue l’équipe de la série.

  • Les différents organisateurs de la convention fictive sont joués par des comédiens ayant déjà tenu de petits rôles au cours de la série.

  • La convention fictive se déroule en fait au Stanley Park Pavillon (1911). Celui-ci accueille de nombreux mariages au sein d’un grand parc de roses, dans la périphérie de Vancouver.

  • Oooo, the LARPing's started, s’exclame Becky. LARP est le diminutif habituel pour Live action role-playing game, ou Jeu de rôle grandeur nature en français. Les joueurs, souvent en costumes, incarnent physiquement des personnages d’univers fictifs ou historiques, leurs interactions et actions sont libres , mais encadrées par des règles contrôlées par des arbitres.

  • Sous leur identité de faux Agents fédéraux, les fans reprennent l’habitude de Sam et Dean d’utiliser des pseudonymes de célèbres musiciens ou chanteurs : Agents Lennon et McCartney (Beatles) et Agents Jagger et Richards (Rolling Stones).

  • Demian et Barnes, les fans avec lesquels Sam et Dean s’associent, sont nommés d’après les animateurs d’un important site américain dédié aux séries, Television Without Pity.

  • Demian et Barnes ont valu à l’épisode d’être sélectionné aux Glaad Media Awards de 2010 (prix récompensant la représentation positive de la communauté LGBT). L’épisode Pawnee Zoo, de Parks and Recreation, lui fut néanmoins préféré.

  • I work at Hooters, in Toledo déclare l’actrice jouant Leticia. Hooter est une grande chaine de fastfood, connue pour les tenues très suggestives de ses serveuses.

  • Crowley est ici évoqué pour la première fois, comme étant le démon à qui Bela Talbot a réellement remis le Colt.

  • Depuis 2016, Rob Benedict (Chuck) et Richard Speight Jr. (le Trickster) animent la très amusante web série Kings of Con, décrivant le monde particulier des Conventions à partir de leur expériences sur celles de Supernatural. De nombreux acteurs de la série y réalisent des caméos, dont le duo vedette. Con Man, autre web série sur le sujet, est également développée par Alan Tudyk et Nathan Fillion (deux grands anciens de Firefly) depuis 2015. 

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10. LES FAUCHEUSES
(ABANDON ALL HOPE…)

Résumé :

Sam et Dean récupèrent le Colt de la part de Crowley, maître des Démons des Carrefours. Celui-ci s’oppose à Lucifer, car l’Apocalypse menace son négoce. Espérant pouvoir abattre Lucifer, le clan Winchester passe à l’attaque, mais l’affrontement vire à la catastrophe. Jo et Ellen meurent, tandis que le Diable se révèle immunisé contre le pouvoir du Colt. Lucifer parvient également à libérer le Quatrième Cavalier, soit la Mort en personne.

Critique :

Abandon All Hope demeure sans aucun doute l’un des sommets d’une série dont il constitue mon épisode préféré. L’épisode est littéralement plein à ras bords de scènes intenses, à en donner le tournis. Le retour du Colt produit tout son effet d’autant qu’il est introduit au cours d’une scène absolument jouissive marquant l’entrée en lice de l’immense Mark Sheppard, un nouveau casting majeur pour Supernatural, rehaussant encore l’univers de la série, tout comme Misha Collins jadis. Crowley se montre instantanément irrésistible de ruse, de cynisme et de drôlerie (mais aussi de violence implacable), un vrai récital pour l’acteur, qui apportera également immensément à la saison suivante. La réunion de l’ensemble du « clan Winchester» élargi apporte un solennité particulière à l’action, même si l’humour demeure comme toujours présent (joli râteau pour Dean). La photo famille renforce ce sentiment, elle reste d'ailleurs l’une des images clefs du show, à mon sens. Evidemment elle annonce déjà le drame à venir, on devine tout de suite qu’il y aura un avant et un après.

L’épopée héroïque et désespérée en résultant puise ses sources dans divers mythes, dans la meilleure tradition de Supernatural mêlant mythologie et décorum de l’Amérique rurale profonde. Tout ce long quasi plan séquence se caractérise par une vibrante mise en scène de Philip Sgriccia, perpétuellement inspiré ainsi que par une interprétation toujours bouleversante. Les faits d’armes se succèdent de même que les confrontations incandescentes, jamais Supernatural n’aura été aussi épique. On retiendra l’intervention de Meg, toujours aussi délurée (décidément tout le monde est là aujourd’hui, Castiel/Meg c’est toujours fun) ou le face à face entre Castiel et Lucifer, avec une rencontre entre deux grands acteurs tenant toutes ses promesses. Mais ce sont bien les adieux déchirants de Jo et Ellen, partant en vraies héroïnes, qui passent au premier plan. L’émotion se ressent toujours aussi fortement, même après de multiples visionnages. Il y a aussi beaucoup de choses qui passent entre Jo et Dean, du regret entre deux vies s’étant croisées mais jamais rencontrées. Tout ceci pourrait devenir mélo, mais c’est tout le contraire qui survient.

L’échec du Colt, certes pas tout à fait imprévisible, s’avère magistral, rarement une série se sera montrée aussi cruelle envers ses protagonistes ! L’avènement de Death conclue idéalement ce drame passionnant, un personnage envers lequel la réputée rustique Supernatural se montrera d’une grande subtilité. Un épisode de haut vol.

Anecdotes :

  • Lors de la scène chez Crowley, on entend Everybody Plays the Fool, de The Main Ingredient. Chez Bobby, on entend Oye Como Va, de Santana.

  • Le réalisateur Jim Michaels a indiqué que l’explosion fut bien plus importante que prévue et endommagea une bonne partie du plateau, avec un coût de 20 000 dollars pour la production

  • So. The Hardy Boys finally found me. Took you long enough déclare Crowley. Les frères hardy sont les héros d’une série de romans à énigmes destinés à la jeunesse et écrits par Franklin W. Dixon. Par la suite il désignera souvent les Winchesters par « The Boys ».

  • Après avoir été annoncé lors de l’épisode précédent apparaît ici pour la première fois. Interprété par le savoureux Mark Sheppard, il va devenir très populaire auprès des fans pour son humour à froid et sa ruse. D’antagoniste, le futur Roi de l’Enfer va progressivement devenir un allié des Frères Winchester, auxquels l’associent l’opposition à Lucifer et une certaine forme d’affection.

  • Crowley est aussi le nom d’un démon dans De bons présages, roman de Neil Gaiman et Terry Pratchett, racontant également la marche à l’Apocalypse judéo-chrétienne (1990). Aleister Crowley fut également un important occultiste de l’ère victorienne, dont la personnalité influença de nombreux groupes de Rock, dont Led Zeppelin.

  • Fils de W. Morgan Sheppard, grande figure de la Royal Shakespeare Company, Mark Shepard est apparu dans un très grand nombre de séries. Il y interprète souvent de mémorables méchants, dont l’Incendiaire des X-Files, Walker dans Medium, Badger dans Firefly, Ivan Erwich dans 24h Chrono, etc. Sheppard est également un musicien professionnel, assurant les percussions dans plusieurs groupes, mais aussi lors des conventions de Supernatural.

  • Carthage, dans le Missouri, était déjà le lieu où se déroulait l ‘épisode Metamorphosis (4.04).

  • Okay, Huggy Bear. Just don't lose him déclare Dean quand Sam lui annonce avoir découvert où est Crowley. Il s’agit d’un clin d’œil à l’informateur de Starsky et Hutch, Huggy les bons tuyaux en version française (1978-1979).

  • L’appareil photo de Bobby est un Asahi Pentax Spotmatic, commercialisé entre 1964 et 1976. Cet appareil a été très apprécié des Beatles, qui prirent plusieurs photos de leurs tournées avec lui .

  • Jo meurt très exactement de la même manière que son père, selon ce qu’avait décrit le démon possédant Sam dans Born Under a Bad Sign (2.14).

  • Pour la première fois Castiel est surnommé Clarence par Meg (Lucifer's gonna take over Heaven. We're going to Heaven, Clarence), d’après l’Ange débutant du film de Capra It's a Wonderful Life (1946). Cela se réitérera à plusieurs reprises par la suite.

  • And Dean. Kick it in the ass... Don't miss déclare Ellen à Dean en forme d’adieu. Kick it in the ass était la phrase fétiche de Kim Manners. L’actrice Samatha Ferris a indiqué que ces mots n’étaient pas inscrits au script, mais qu’un caméraman lui demanda à la dernière minute de les insérer. Cela suscita une grande émotion dans toute l’équipe de tournage.

  • Lucifer révèle qu’il est l’une des seules cinq entités dans toute la Création à ne pouvoir être tuée par le Colt. Cette liste a depuis fait l’objet d’un débat chez les fans. Une thèse traditionnelle est qu’il s’agit de Dieu et des quatre Archanges, mais une autre estime que les Archanges forment un tout et qu’il faut y ajouter Dieu, la Mort elle-même, les Ténèbres (Amara en saison 11) et une cinquième mystérieuse entité encore à découvrir, peut-être l’entité cosmique régnant sur le Néant (saison 13).

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11.  VOL AU-DESSUS D’UN NID DE DÉMONS
(SAM, INTERRUPTED)

Résumé :

Sam et Dean sont appelés à la rescousse par un ancien Chasseur quand une série de morts mystérieuses survient dans une institution psychiatrique. Afin de mener l’enquête, ils s’y font interner, épreuve qui va déstabiliser les deux frères. Ils parviennent néanmoins à vaincre la Wraith se nourrissant de cerveaux humains après avoir maquillé ses meurtres en suicides.

Critique :

Il était malaisé de succéder au chef d’œuvre représenté par Abandon All Hope. Judicieusement la série opte pour marquer une pause dans sa Mythologie avec Sam Interrupted, un stand alone solide et de qualité. Evidemment ce récit donne une impression de déjà-vu puisque l’on retrouve un huis clos et des ressorts narratifs très proches de l’épisode carcéral Folsom Prison Blues (2-19). Si l’originalité n’est donc pas tout à fait au rendez-vous, le choix d’un asile psychiatrique correspond beaucoup mieux au Fantastique et à la série qu’une prison lambda, avec cette impression de résider à la frontière ténue et mouvante existant entre les réalités. De manière plus prosaïque, on y retrouve les hurlements que poussent les victimes sans que personne ne s’en inquiète. Ceci joue avec éclat, dès la remarquable introduction, anxiogène comme rarement et n’étant pas sans évoquer l’ami Tooms aux amateurs des X-Files.

Le grand atout de l’épisode réside dans sa facultés à parfaitement les exploiter les diverses potentialités de l’endroit : humour des Bros se faisant interner en racontant leur véritable histoire (après un hiatus de près de deux mois au tour des Fêtes, il s’agit aussi d’un astucieux moyens de rafraichir la mémoire du public) ou de Dean en roue libre, dinguerie des membres du club, moments gores bien costauds, avis pertinents du psy sur la relation fraternelle, mais aussi, bien entendu, les frères pris à leur piège et sombrant eux aussi dans l’Antre de la Folie. Cet aspect est remarquablement amené, un épisode à part dans cette série comptant nombre d’épisodes horrifiques ou hilarants, mais rarement des authentiquement dépressifs (bon, on reste loin du Normal Again de Buffy). Le coup à la Sixième Sens m’a vraiment possédé. Comme tout épisode réussi de ce genre, on trouve un Monstre de la Semaine bien gratiné, avec une dame vraiment perverse et pleine d’esprit comme on aime. Terrifiante, aussi. Un régal, avec une excellente Lara Gilchrist. Joli casting également avec Jon Gries, le Broots du Caméléon, tout à fait convaincant en Chasseur usé sous le harnais.

Anecdotes :

  • Le titre original est inspiré du best-seller Girl, Interrupted (1993), où l’auteure Susanna Kaysen relatait son expérience de patiente dans un institut psychiatrique, durant les années 60. Le livre a été adapté en film en 1999, avec Winona Ryder dans le rôle principal (Une vie volée, en VF). Misha Collins y effectue une brève apparition.

  • Alex et Eddie, les pseudonymes du jour de Sam et Dean, sont en fait les prénoms du guitariste et du batteur de Van Halen, également deux frères.

  • L’infirmière Foreman est surnommée Nurse Ratched par Dean, un clin d'oeil à Vol au-dessus d'un nid de coucous (1975). L'épisode comporte plusieurs références à ce film, ainsi qu'à Orange mécanique.

  • Lara Gilchrist (Foreman) jouait déjà Holly Parker dans l'épisode Scarecrow (1.11).

  • La scène du "Pudding" était initialement destinée à Sam, mais Dean le remplaça à la dernière minute, car convenant mieux à son caractère. Jensen a indiqué lors d'une convention que s'exclamer "Pudding !" était devenu un rituel sur le tournage, dès lors que survenait un évènement inattendu.

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12. L'APPRENTI SORCIER
(SWAP MEAT)

Résumé :

Gary, jeune nerd à la vie difficile, utilise un sortilège afin d’échanger son esprit avec celui de Sam. Grâce à son physique désormais bien plus séduisant, il connait de nombreux succès tout en s’’ssayant à la Chasse avec Dean. Sam doit faire face à une existence autrement plus ennuyeuse. D’abord amusante, l’affaire vire au tragique quand il s’avère que Gary et ses amis sont manipulés par un Démon.

Critique :

Importante déconvenue que Swap Meat. Aligner un second épisode déconnecté de la trame centrale était déjà périlleux, mais, surtout, le thème de l’échange de corps compte parmi les plus rebattus qui soient. Les Avengers y avaient déjà eu droit, mais aussi Buffy, Mulder, SG-1 etc. Un marronnier dans toute sa splendeur c’autant plus grave qu’il développe une médiocre résonnance de ce qui constitue le fil rouge de la saison, les Bros en tant que Vaisseaux de cher des Archanges. De plus l’épisode n’en tire pas grand-chose, hormis des situations à l’humour facile et vitre très prévisibles. Pour remplir, on ajoute un démon histoire de faire bon poids, mais le procédé apparaît plus mécanique qu’autre chose. Le démon aussi n’accomplit que de l’ultra classique, y compris son exorcisme. L’absence de Castiel s’avère particulièrement pratique, lui qui aurait immédiatement perçu l’embrouille, quelle chance !

De plus l’acteur jouant le jeune prodige irrite rapidement par ses poses exagérées, idem pour ses copains. Le Trio n’a pas l’humour de celui de Sunnydale, il est simplement ennuyeux et stupide, sans aucun dialogue pétillant Son seul atout consistait à permettre une fin horrifique, mais au contraire on a un fin pesamment morale, à chacun son dû, il faut vivre pleinement sa vie, il y aura toujours un lendemain, etc. .  Peut-être eut-il été plus judicieux d’organiser cet échange entre les deux frères, en l’état on a un coup pour rien. Jared tire son épingle du jeu, joue efficacement son double rôle, après une autre belle performance dans Sam Interrupted. L’un des rares épisodes de Supernatural demeurant difficile à visionner jusqu’à son terme.

Anecdotes :

  • Quand Dean écoute les messages téléphoniques, c’est la voix de Sam que l’on entend, alors-même qu’il est dans le corps de Gary.

  • Quand Sam examine les affaires de Gary, on remarque un exemplaire de Busty Asian Beauties, le magazine préféré de Dean. Il s’agit de même exemplaire que celui que Dean avait dans la station-service lors de Lazarus Rising (4-01).

  • La chanson appréciée par Gary dans l’Impala et nettement moins par Sam est Rock and Roll Never Forgets de Bob Seger & the Silver Bullet Band. La chanson entendue au bar lors de la scène entre Gary et Crystal est I Got More Bills Than I Got Pay, de Sonny Ellis. Quand Dean et gary passent commande on entend Got My Wings, Hazy Malaze.

  • Welcome back, Kotter déclare Dean quand Sam lui demande de baisser le son. Il s’agit du titre d’une sitcom dont le héros Gabe Kotter est professeur dans un lycée où l’on retrouve toutes les tensions sociales et raciales des années 70. John Travolta y fit ses débuts (ABC, 1975-1979).

  • And the Freaky Friday crap? demande Sam. Freaky Friday (Un Vendredi dingue) est un roman humoristique très populaire aux USA, racontant comme une ado rebelle se réveille un jour dans le corps de sa mère. Il a été adapté trois fois au cinéma (1976, 1995 et 2003). 

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13. LE RETOUR D’ANNA
(THE SONG REMAINS THE SAME)

Résumé :

Anna s’efforce de tuer Sam pour empêcher qu’il ne devienne le Vaisseau de Lucifer, mais Castiel le protège. Anna se rend alors en 1978, afin de s’en prendre à John et Mary. Castiel, et les deux frères essaient de la contrer, mais elle parvient à tuer Sam. L’Archange Michel se manifeste alors et détruit Anna avant de ressusciter Sam. Dean refuse malgré tout de devenir son Vaisseau.

Critique :

The song remains the same marque le retour aux affaires, après une incartade de deux épisodes. On renoue plaisamment avec le côté Retour vers le futur, un procédé toujours aussi efficace, même si l’on se rapproche ici davantage de Terminator ! Cette histoire de tueur (tueuse) invincible revenant dans le passé pour empêcher une naissance, lorgne tout de même pas mal sur les Connor mère et fils. On retrouve avec joie les toujours excellemment interprétés Mary et John (Mat Cohen s’avère absolument remarquable en Michael). L’Archange du Premier Rayon se révèle enfin, lors d’une scène effectivement particulièrement marquante. Le panorama des différents joueurs en présence se complète, de même que l’historique tourmenté de la famille Winchester. Tout ceci fonctionne selon une mécanique bien huilée, mais l’ensemble pâtit néanmoins du triste sort échu à Anna.

 Les retrouvailles se voient gâchées par cette trahison voyant cette adorable Ange si humaine basculer sans explication dans le côté obscur, travestie en tueuse de bas étage. Le procédé n’apparaît guère glorieux, même si les meilleures scènes de l’épisode sont effectivement à verser au profit d’Anna, toujours portée par un évanescente et irrésistible Julie McNiven : l’amusante séquence onirique, la confrontation si tendue avec Castiel ou l’impressionnant combat avec Mary. Tout cela est balayé par la mort d’Anna, sans doute l’une des plus épouvantables de la série, ce qui n’est pas peu dire. On comprend que l’on grossit le trait pour noircir Michel (qui n’agit déjà guère différemment d’Azazel), afin d’achever de justifier le combat solitaire des Winchester contre l’ordre divin. On ressort fugacement Anna du placard uniquement dans un but grossièrement fonctionnel, c’est bien décevant. On regrette aussi de ne pas en savoir davantage sur son passé avec Castiel. Et puis après Ellen et Jo encore récemment on trouve que décidément Supernatural s'acharne sur ses personnages féminins.

Anecdotes :

  • Quand Anna se matérialise dans le passé, on aperçoit une affiche promotionnelle pour le film Grease. Celui-ci est effectivement sorti le 16 juin 1978.

  • Quand Anna arrive en 1978, on entend The Creeper, de Molly Hatchet. Durant le rêve de Dean, on entend Cherry Pie, de Warrant. Cette chanson de 1990 est devenue un classique du Rock, mais est également contestée pour son contenu parfois perçu comme sexiste.

  • Le titre original reprend celui d’un tube de Led Zeppelin, issu du mythique album Houses of the Holly (1973). Jensen Ackles a également participé à l’épisode du même titre de Dawson's Creek.

  • L’épisode comporte plusieurs références aux films Retour vers le Futur et Terminator.

  • Le titre de l’épisode était initialement Back to the Future II, mais il fut abandonné pour des raisons de droits.

  • Avec le pilote de la série, cet épisode est le seul où les frères Winchester et leurs parents apparaissent tous la quatre dans une même scène. 

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14. PASSIONS DÉVORANTES
(MY BLOODY VALENTINE)

Résumé :

Quand des amoureux s’entredévorent, Sam et Dean suspectent d’abord un Chérubin. Mais ils comprennent ensuite qu’ils affrontent l’un des Quatre Cavaliers, la Famine. L’adversaire s’avère particulièrement puissant et Sam va devoir recourir à ses pouvoirs démoniques pour le vaincre. Dean et Bobby doivent ensuite l’enfermer jusqu’à ce qu’il se soit purgé.

Critique :

My Bloody Valentine, ou la passe de trois permettant de s’offrir une soirée thématique avec le DoubleMeat Palace de Buffy et le Hungry des X-Files, le tout devant deux litres de soda pour faire passer les chips qui ne passent pas sur les cacahuètes, qui ne passent pas sur les biscuits, qui ne passent pas sur les tapas, etc. parce que, non, la bouffe, ce n’est pas macabre, certainement pas. Malgré cette bienheureuse fusion avec votre canapé, l’opus du jour souffre de quelques faiblesses. Ainsi toute la première partie avec le Chérubin allie certes avec succès le Gore et l’humour absurde, tandis que les vannes gays autour de Dean résultent toujours aussi drôles. Mais il s’agit d’un vaste prologue finissant par scinder le récit en deux, au détriment de l’action principale. Indice caractéristique, pour regagner le temps perdu le récit a recours à l’une de ces accélérations artificielles auxquelles recourent les scénaristes dans cette situation, avec un Castiel tirant d'un coup toute la résolution de l’énigme autour de Famine. Au-delà de ce virage expéditif on regrette que l’intrigue en revienne une énième au sang de démon de Sam, sujet déjà exploré maintes et maintes fois par le passé et qui ne peut désormais que résulter répétitif, dans ses enjeux comme dans ses procédés.

On a envie (faim) de nouveauté d’autant que le portrait de Famine se suffit à lui-même pour susciter une véritable sidération chez le spectateur. En effet l’opus joue et gagne toute sa réussite sur le développement de cette entité particulièrement sinistre et morbide à côté mêle la Guerre fait figure d’aimable plaisantin. L’Entropie demeurera toujours plus terrifiante que la Chaos, par son inéluctabilité autodestructrice. Porté par la formidable composition de James Otis et par une intrigue astucieusement ordonnancée afin de mettre en valeur son néant avide, Famine va demeurer le plus marrant des Cavaliers, jusqu’à l’arrivée de la Mort. Le jusqu’au-boutisme du personnage justifie la vision de l’épisode, il en va de même des scènes de dérèglement profond et horrifique, aussi bien chez les Humains que chez Castiel, d’abord amusant ensuite devenu profanateur. Si l’épisode met du temps à trouver son sujet, sa noirceur l’habite d’une force encore redoublée par la conclusion d’un Dean désespéré et confronté à son propre néant, comme Buffy a pu l’être jadis après son propre retour post-mortem. Rarement le panorama de sa série aura été aussi sombre, tandis que Lucifer continue à tisser sa toile dans les coulisses. La mise en scène se montre particulièrement soignée, avec une tonalité en rouge idéalement choisie.

Anecdotes :

  • Le titre orignal reprend celui d'un classique du Slasher Movie (Meurtres à la St-Valentin, 1981). Jensen Ackles participa à son remake 3D en 2009, le film connut un grand succès public.

  • Go ahead. Unleash the kraken. See you tomorrow morning déclare Sam. La célèbre adresse de Zeus à Poseïdon dans le film Clash of the Titans (1981) est passée dans la culture populaire américaine.

  • Sam et Dean se présentent comme étant les Agents Marley et Cliff, un clin d'œil aux stars du Reggae Bob Marley et Jimmy Cliff.

  • La mallette de Dan contenant des âmes humaines est un clin d’œil au film Pulp Fiction. Une valise au mystérieux contenu lumineux a stimulé l’imagination des fans.  La thèse la plus populaire est que l'âme du gangster Marsellus Wallace s'y trouvait.

  • La voiture de Famine est une Cadillac Escalade noire. Selon le Livre des Révélations, Famine chevauche en effet un cheval noir.

  • Le restaurant de la franchise fictive Biggerson’s est le même que celui où Sam et Dean gagnaient un chèque lors de l’épisode Bad Day at Black Rock (3.03). Les Biggerson’s apparaissent de temps à autres tout au long de la série. 

  • L’épisode se plaçant dans une optique judéo-chrétienne, Cupidon n’est pas ici un Dieu païen, fils de Vénus, mais un Chérubin. Castiel les désigne comme des Anges de troisième classe (Technically it's a cherub, third-class). Effectivement, dans la hiérarchie céleste traditionnelle issue de la théologie chrétienne, les Chérubins constituent le huitième des Neuf Chœurs angéliques. Ils partagent le troisième degré avec les Séraphins et les Trônes. En tant qu’Ange à part entière, Castiel figure au premier degré, aux côtés des Principautés et les Archanges.

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15. LES MORTS-VIVANTS
(DEAD MEN DON'T WEAR PLAID)

Résumé :

Dans la petite ville où réside Boby les morts reviennent à la vie, et retrouvent paisiblement à la vie. Cela survient également à la propre épouse de Bobby, ayant oublié les circonstances de sa mort. Les frères Winchester arrivent sur les lieux et découvrent que les morts vivants deviennent agressifs, devenant de classiques zombies. Ils préviennent Bobby, mais celui-ci refuse d’en finir avec son épouse.  Ils vont recevoir l’aide du Shérif Jody Mills, face à ce complot mené par Death aux ordres de Lucifer.

Critique :

Dead Men Don't Wear Plaid constitue l'un des hélas trop rares épisodes centrés sur Bobby. Le portrait du personnage, de son historique et de son environnement (le bout du monde, au fond du Kansas, à gauche) s'avère un vrai régal. En outre, on adore le personnage très attachant du shérif Jody Mills, elle forme un duo asymétrique parfaitement pétillant avec Bob, on tient un admirable sujet pour une série dérivée, avec Rufus en prime. Tout un petit univers en marge de la grande aventure. L'évocation de son drame marital s'avère également émouvant, avec encore une fois une grande interprétation de Jim Beaver. Mais Dead Men Don't Wear Plaid demeure également un épisode de Zombies, une bonne idée alors qu'il s'agissait d'un des rares grands thèmes fantastiques quasiment absents de Supernatural.

L'intrigue varie intelligemment ses effets, entre une première partie originale et à l'humour décalé, plaisante mais non exempte de moments forts (Bobby empoignant son revolver face aux Winchester, ambiance), et une seconde, retrouvant l'atmosphère stressante des grands classiques du genre, similaire à Walking Dead and co. L'assaut des Zombies se révèle un grand moment épique (et Gore, of course), impeccablement filmé et monté, avec un haletant suspense et des dialogues au couteau. L'infirmité de Bobby rajoute encore à l'intensité, on songe brièvement à Tara King dans Trop d'Indices. La connexion à la trame principale est également finement jouée. Excellent titre référence (Les cadavres ne portent pas de costard en VF).

Anecdotes :

  • Quand Digger parle de Benny à Sam et Dean, on entend You're One of a Kind, de Moot Davis. Quand Sam et Dean discutent de nooby et Karen, on entend Lovin' the Sin I'm In de Terry Campbell

  • Le titre original reprend celui du film de Carl Reiner (Les cadavres ne portent pas de costard, 1982), où un montage loufoque incluant des stars du passé permet de rendre hommage au Film noir.

  • Les Frères Winchester ont affaire au Shérif Mills, soit le nom du personnage de Jim Beaver dans la wed série Harper’s Island (2009).

  • Sam et Dean se font passer pour les Agents Dorfman et Neidermeyer soient les héros du film American College (John Landis, 1982).

  • Awesome. Another Horseman. Must be Thursday déclare Dean, soit un clin d’œil au jour de diffusion de la série.

  • John Showalter effectue ici sa première mise en scène pour Supernatural. En fin de saison 12, il aura réalisé 18 épisodes de la série. Il travaille également ponctuellement pour les séries DC Comics diffusées sur CW.

  • La sympathique et courageuse Shérif Jody Mills effectue ici sa première apparition. Interprétée par Kim Rhodes, elle va au fil des saisons devenir une alliée semi-récurrente des frères Winchester et prendre sous son aile plusieurs jeunes Chasseuses en situation difficile. En 2017, ce dernier aspect devient l’objet d’un deuxième projet de série dérivée de Supernatural, avec Jody comme protagoniste : Wayward Sisters.

  • Karen Singer est jouée par Carrie Fleming et non plus Elizabeth Marleau. Celle-ci attendait un enfant lors du tournage et la production estima qu’il était trop bizarre, même selon les critères de Supernatural, de montrer une Zombie enceinte à l’écran. 

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16. AXIS MUNDI
(DARK SIDE OF THE MOON)

Résumé :

Sam et Dean sont tués par deux Chasseurs hostiles et se retrouvent au Paradis. Conseillés à distance par Castiel, ils décident de profiter des circonstances pour trouver Joshua, gardien du Jardin d’Eden. n effet et Ange très ancien et proche de Dieu sait peut-être où celui-ci se trouve. Après un périple à travers le Paradis où ils se confrontent à Zach, les deux frères parviennent au Jardin, mais Joshua ignore les desseins de l’Absent. Toutefois, il accepte de les renvoyer sur Terre.

Critique :

Dark Side of the Moon frappe d’entrée très fort, avec une introduction assez renversante (mortelle, en fait), même si l’on sait que s’il y a une série où personne ne meurt jamais vraiment, c’est bien Supernatural ! Si la série était l’un de ces vieux jeux de rôles (à l'époque du papier et de la convivialité), comme Magna Veritas/in Nomine Satanis auquel elle ressemble tant, Dark Side of the Moon serait certainement le supplément Paradis de son univers. Pas forcément indispensable, mais agréable à découvrir. Depuis le temps que l‘on attendait de découvrir ce plan d’existence. On apprécie l’audace de ce choix. Le voyage prend la forme d’un film à sketchs et, comme si souvent ce genre, s’avère inégal. La mise en scène se révèle fluide et inventive, de même que l’intrigue évite tout temps mort. On passe avec plaisir d’un univers de poche personnel à un autre, tout en attendant fébrilement le suivant, tout comme dans Autremonde, le multiforme chef d’œuvre de Tad Williams (lisez-le ! Raphaël et Michel vous l’ordonnent ! Ils ne plaisantent pas !). Zach tient une bonne forme et tout ceci est ludique au possible, avec comme point d’orgue les chaleureuses retrouvailles avec le Chad et la belle Pamela (merci de lui avoir rendus ses yeux, les Anges sont trop bons). Ces retours de personnages secondaires appréciés demeurent bien l’un des plaisirs réguliers du show.

Cependant on regrette qu’une part non négligeable de l’intrigue soit consacrée aux éternels traumas familiaux, certes consubstantiels à la série. L’on aurait préféré que cette visite du paradis soit totalement innovante, au lieu d’en revenir à de l’habituel. On reste également sceptique devant cette vision si matérialiste et individualiste de l’Eden, dépourvue de toute illumination divine. Et pour cause, le Créateur s’étant volatilisé. Aussi agréables et personnalisés soient-ils, ces petits univers ressemblent bel et bien à des cellules. L’empêchement de rejoindre des personnes aimées semble davantage cruel qu’autre chose. Que l’on imagine Jo et Ellen à jamais séparées l’une de l’autre et l’Empyrée s’assombrit considérablement. On devine bien vite qu’une ironie subtile parcourt l’ensemble du récit, démentant une nouvelle fois les à-priori concernant Supernatural. Cet épisode assez à part s’achève également en queue de poisson et ne nous apprend pas grand-chose, puisque l’absence divine était déjà subodorée, sinon connue. Cela nous vaut tout de même la scène choc de la colère et de désarroi de Cas. En arrière-plan : et si Anna avait raison ?

Anecdotes :

  • On remarque que le bucolique paysage au bout du labyrinthe divin est en fait le Bloedel Conservatory de Vancouver. De manière amusante celui-ci a déjà servi de décor reconstituant l’Eden, avec un serial killer reproduisant les cadavres d’Adam et Eve (MillenniuM) ou bien encore avec le Jardin du Gardien (Stargate SG-1).

  • Walt et Roy se réconcilieront avec Sam et Dean lors de l’épisode Who We Are (12.22), quand ces derniers en appelleront à l’union sacrée des Chasseurs de démons américains face à l’envahisseur britannique.

  • Walt et Roy sont également les prénoms des deux frères Disney.

  • Quand Dean est abattu, on entend Knockin' on Heaven's Door, de Bob Dylan. Quand Sam et Dean rencontrent Ash, on entend What a Way to Go, de Jesse Turnbow.

  • Le titre original de l'épisode reprend celui de l'album très expérimental et cultissime des Pink Floyd, sorti en 1973. Le titre de travail de l'épisode était Your Whole Life Flashes Before Your Eyes.

  • Quand Castiel déclare Don’t go into the light, Dean le surnomme Mary-Ann. Dans le film Poltergeist (1982), Mary-Ann était la peite fille passant à travers l'écran de télévision pour entrer dans une autre dimension. La medium s'efforçant de la faire revenir lui dit la même phrase.

  • Andrew Dabb et Daniel Loflin, les auteurs de l'épisode, sont aussi ceux du troisième Comics Supernatural. Intitulé Beginning's End, celui-ci narre comment Sam a été amené à quitter sa famille pour entrer à l’Université Stanford (dans la Silicon valley), avant le début de la série. Cela correspond ici au dernier souvenir revécu par Sam et le Comics sera publié quelques mois après la diffusion de l’épisode.

  • Il s’agit du quatrième des six épisodes où Colin Ford incarne le jeune Sam.

  • Pamela Barnes indiqué avoir été tuée d’un coup de feu, alors qu’elle a en fait été poignardée lors des évènements de Death Takes a Holiday (4.15).

  • L’Axe du Monde (Axis Mundi) évoqué par Castiel se retrouve dans diverses Mythologies et traditions comme centre de la Création et lieu de rencontre entre la Terre et le Ciel. Il s’agit souvent d’un arbre (ceux du Jardin d’Eden ou l’Yggdrasil des Nordiques, entre autres), mais cela peut également être un emplacement géographique (le Mont Olympe, le Mont Fuji, les Black Hills…) ou une construction (la Kaaba, l’Umbilicus Urbis Romae, la Basilique Saint-Pierre, le Temple de Jérusalem…), etc. Le grand jeu de rôles Donjons et Dragons a imaginé la Cité de Sigil comme centre de son Multivers. Ses portails ouvrent sur les différents univers de jeu, y compris les Plans divins ou démoniaques.

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17. PROPHÉTIES FUNESTES
(99 PROBLEMS)

Résumé :

Cernés par des Démons, Sam et Dean sont sauvés par un groupe de militants ultra religieux dirigé par le Pasteur Gédéon. Ceux-ci sont soumis à l’influence de Leah, fille de Gédéon, qui entend la parole des Anges. Mais les Winchester découvrent que Leah a été tuée et remplacée par la Prostituée de Babylone, arrivée sur Terre à la faveur de l’Apocalypse. Celle-ci a entrepris de dévoyer la communauté en l’incitant progressivement à commettre des péchés mortels et à s’entretuer. Le Démon est vaincu, mais ces évènements incitent Dean à se ranger du côté du des Anges.

Critique :

99 Problems est un épisode cachant bien son jeu. A priori il apparaît moins tonitruant que d'autres, le Monstre de la semaine est pittoresque mais on a déjà vu pire etc. Mais on se rend progressivement compte que, si elle part un peu dans tous les sens, jusqu'à paraître émiettée, l'intrigue n'en demeure pas moins ambitieuse. D'un point de vue anecdotique, mais fort plaisant, on note l'apparition de Michael Shanks, soit Daniel Jackson en personne. Un guesting de choix, que les auteurs prennent un malin plaisir à optimiser en multipliant les clins d'oeil à Stargate SG-1. Rob est bien entendu un expert en langues anciennes occultes (ah, ah, ah), les Bros arrivent dans le village sur un modus operandi assez proche de SG-1 mais le summum demeure la vanne énochienne pas drôle de Cas, une excellente référence à la mythique vanne jaffa de Teal'c. Du bon boulot. Tout le côté tragi-comique de la dérive alcoolisée de Castiel suite au trauma précédent est également bien vu, la variété du registre de ce personnage demeure stupéfiante. Bon, la méchante n'est pas transcendante, de même que son interprète, mais le twist de la fausse prophétesse est efficacement amené.

Et puis être allé dénicher la Grande Prostituée de Babylone dans les Saintes Ecritures reste une belle performance, je pense que Supernatural en a l'exclusivité, même si elle est évoquée dans MillenniuM. L'épisode marque surtout par la poursuite réussie de cette satire au vitriol de la société américaine qu'a entrepris cette saison. Après les manipulations guerrières, l'avidité (alimentaire ou autre), le matérialisme du Paradis, on fustige ici l'aspect réactionnaire et volontiers hypocrite des mœurs, ainsi que le repli religieux. La virulence du pamphlet est étonnante pour une série grand public mais demeure hélas d'actualité quand on considère les joyeux drilles du Tea Party où le délitement du planning familial sous la présidence actuelle. Supernatural développe tout un discours sous-jacent, que malheureusement nombre de commentateurs français n'ont pas perçu. Il est aussi dramatiquement très intense de voir Dean s'effondrer, peu de séries sont allées aussi loin dans ce domaine avec leurs héros.

Anecdotes :

  • Quand Sam et Dean sont au bar, on entend Too Hot to Stop, de Marc Ferrari et Steve Plunkett.

  • Le titre original reprend celui du tube du rappeur Jay-Z (2004).

  • 99 Problems est également le 99e épisode de la série.

  • At what point does this become too far for you? Stoning? Poisoned Kool-Aid? interroge Sam. Il fait référence à un suicide collectif survenu en 1978 à Jonestown (Guyana), quand le gourou de la secte du Temple du Peuple but du soda Kool-Aid mortellement empoisonné au cyanure, tout comme plus de 900 disciples. Des doutes perdurent quant au déroulement volontaire des prétendus suicides.

  • Michael Shanks (Rob) est évidemment l’interprète du Dr. Daniel Jackson dans la série Stargate SG-1 (1997-2007) et dans ses diverses séries dérivées. Cet acteur canadien originaire de la Colombie britannique est venu en voisin, Supernatural étant tournée à Vancouver et ses environs. La même année, en 2010, il participe également à Smallville, autre série tournée dans cette ville, dans laquelle il joue Hawkman. Shanks est l’époux de Lexa Doig, autre figure des séries SF et fantastiques, vue dans l’épisode Apocalypse 2014 cette saison (5.04). 

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18. PLAN B
(POINT OF NO RETURN)

Résumé :

Castiel et Sam capturent Dean avant qu’il n’accepte de devenir le Vaisseau de l’Archange et l’enferment dans la cave de Bobby. Mais les Anges ont en fait trouvé une alternative en faisant appel à Adam, leur demi-frère. Castiel convainc Dean de revenir sur sa décision, et ils entreprennent de faire changer d’avis Adam. Durant la confrontation, Dean parvient à tuer Zach, mais l’Archange Michel parvient à s’emparer du corps d’Adam. 

Critique :

Point of No Return demeure avant tout un épisode fonctionnel, destiné à mettre en place l'acte final. Du terrassement, donc, même si plutôt réussi. Même si on n'a jamais cru à l'effondrement de Dean (au parfait minutage au sein de la saison, ceci-dit) la caricature très Supernatural de la pratique américaine dite de « intervention » se montre amusante, avec les uns et les autres en faisant des tonnes. Il faut bien avouer que voir Cas tabasser massivement Dean est assez jouissif, et puis l'on sait bien que l'Ange n'y va pas à fond les manettes. C'est beau, une amitié aussi virile. La révélation de la vraie nature de l'antichambre du Paradis apporte une vraie frustration, on entrevoyait un univers de poche entre les plans d'existence et l'on se retrouve avec un hangar aménagé, on tombe de haut.

 Le retour d'Adam, personnage à l'intérêt aussi limité que purement fonctionnel, constitue une certaine déception, d'autant que son interprète semble toujours aussi falot. Il s'agit de l'un des rares personnages de Supernatural auquel je n'ai jamais accroché, même s'il a le mérite de débloquer la situation et de représenter un maître coup de la part de Michel, ou plutôt de Zach. Pour son chant du cygne ce dernier s'impose comme vraie vedette de l'opus, entre une intro délirante et une amusante démonstration d'auto satisfaction satisfaite, matinée de cynisme crapuleux. Même s'il n'est pas tout à fait aussi énorme que Crowley, Zach apparaît savoureusement comme son pendant angélique, toujours interprété avec brio. Une canaille toujours jouissive, que l'on regrettera. Le premier mérite de Point of no return demeure dans on ouverture efficace de l'ultime segment de la saison, soit l'inexorable marche vers l’Armageddon.

 

Anecdotes :

  • On entend The Man Upstairs, de Kay Starr, au jukebox, quand Zachariah est au bar. Quand Zach quitte les lieux, on entend When the Saints Go Marching In de Kurt Fuller

  • Where I'm going, we don't need roads indique Dean dans sa lettre d’adieux, il s’agit d’un clin d’oeil au fameux dialogue concluant Retour vers le Futur : Roads ? Where we're going we don't need roads.

  • Le texte visible de la lettre est le suivant :

Sam et Bobby,

Avec ce qui survient, je serais surpris que cette lettre vous parvienne. Mais si cela arrive, à propos de mon action je veux que tous les deux vous sachiez qu’il ne s’agit pas d’un abandon. John nous a éduqués mieux que cela. C’est une question de temps. Nous n’en avons plus.

J’ai laissé l’Impala à Cicero. Où je vais, nous n’avons pas besoin de routes. Je sais que vous veillerez sur elle en souvenir de moi. Bobby, tu as plus accompli pour l’équipe que tout ce que nous n’aurions jamais pu demander à quiconque. Cela fait de toi un Winchester à mes yeux.

Sam. Tu m’avais dit que tu priais chaque jour. Je ne suis pas sûr que cela soit toujours le cas. Cela ne l’est probablement pas, mais, au cas où, tente une dernière chance pour moi. Et, Sammy, perdre un seul Winchester dans ce combat est suffisant. Quand cela sera fait (fin du texte).

  • Quand Cas lui révèle que la chambre angélique est en fait un entrepôt, Dean déclare qu'il la voyait plutôt sur Jupiter. Il s'agit d'une référence au dernier segment de 2001, Odyssée de l'Espace, où le protagoniste se réveillait effectivement dans une chambre quelque peu similaire.

  • Il s’agit du centième épisode de la série ; toute l’équipe de Supernatural se réunit pour une grande fête à Vancouver, le 30 janvier 2010, juste avant d’en débuter le tournage. Le récent trophée de la meilleure série SF/Fantastique obtenu aux People's Choice Awards 2010 fut également célébré à cette occasion (la série l’emportera également en 2017, après l’ébouriffante saison 11). Plusieurs évènements s’y déroulèrent, comme une mémorable intervention des Impalas, groupe de rock formé de différents membres de l’équipe, avec Jensen Ackles comme chanteur, ou encore un hommage rendu à Kim Manners. 

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19. LE PANTHÉON
(HAMMER OF THE GOD)

Résumé :

Sam et Dean arrivent dans un hôtel où de nombreux dieux païens issus de différents panthéons se sont réunis. Ceux-ci veulent s’allier face à la menace des Archanges et de l’Apocalypse. Les deux frères sont capturés mais il s’avère que Loki n’est autre que le Trickster, à savoir l’Archange Gabriel. Celui-ci intervient en leur faveur quand Lucifer intervient et entreprend d’exterminer les dieux païens. Il est tué dans l’affrontement contre son frère, mais Sam et Dean parviennent à s’échapper. Gabriel leur a laissé un message leur révélant que réunir les quatre Anneaux des Cavaliers rouvrira la Cage où Dieu enferma jadis Lucifer.

Critique :

Hammer of the Gods (par Thor !) représente l'aboutissement ultime du thème toujours aussi divertissant des dieux païens, l'un de mes préférés dans Supernatural. Cette fois, foin de divinités forestières connues des seuls initiés, on tape dans le grand format avec toute une assemblée de dieux prépondérants de leurs panthéons respectifs (pour une fois le titre VF est judicieux). D'où un effet vertigineux, d'autant que nos divins amis sont toujours des psychopathes homicides et des cannibales mégalomanes se goinfrant de sacrifices humains, un authentique régal. Toute cette ménagerie suscite une délectable première partie, d'autant que l'aspect mythologique a été soigné, jusqu'aux badges désignant les dieux écrit selon une calligraphie propre à leur culture, comme dans Astérix. Jamais l'influence du fabuleux Neil Gaiman n'aura été aussi prégnante (American Gods, mais aussi De Bons Présages), on songe aussi bien évidemment aux Goa'ulds mais aussi à la Troisième Force de Magna Veritas/In Nomine Satanis, que d'excellentes références. Par ailleurs la série tisse toujours un aussi ambitieux subtext, l'opposition entre les Archanges et les panthéons exotiques recouvrant un cinglant règlement de comptes entre Occident et autres contrées du veste monde, c'est particulièrement sensible dans les déclarations enflammées de l'incandescente Kali.

Et effectivement Lucifer se pose un peu là comme politique de la canonnière ! Son arrivée et son passage en mode berserk nous vaut quelques scènes Gore à un niveau rarement atteint jusqu'ici, ce qui demeure toujours rafraîchissant. On regrettera le maquillage exagéré du toujours parfait Pellegrino, la série aurait dû faire confiance à son beau talent pour exprimer le délabrement physique du Vaisseau. C'est bien la mort de Gabriel qui marque cependant les esprits, après une ultime éblouissante représentation, D'où un léger vertige en réalisant que celui qui gît devant nous dans la toujours spectaculaire posture des ailes mortuaire n'est autre que l'Archange de la Visitation, le Messager de Dieu. Décidément Supernatural ne recule devant aucune audace ! On regrettera bien entendu la disparition de celui qui restera pour nous le Trickster, mais elle connecte l'opus à la trame patrilocale, ce qui paraît indispensable au moment où la saison s'engouffre vers son final. De plus la mort de Gabriel est un préalable nécessaire à cette conclusion car jamais il ne serait demeuré inerte face à la tuerie annoncée, son sacrifice le montre bien. L'Embrouilleur (Loki !) nous régale d'un dernier cadeau avec sa vidéo hallucinée, même si la survenue de cette arme miraculeuse surgissant à point nommé paraît un tantinet artificielle. Un épisode grandiose, où les Héros auront subi comme jamais les évènements. Ils ne sont d'ailleurs clairement là que comme témoins, mais qu'importe, par Toutatis. 

Anecdotes :

  • Quand Sam et Dean arrivent à l’hôtel, on entend Women's Wear, de Daniel May Quand ils fouillent le buffet, on entend You Know You Know (I Love You) de The Bachelors. Durant le film Casa Erotica 13, on entend My Fantasy, de Steve Jeffries.

  • Le titre orignal fait référence aux paroles du tube Immigrant Song, de Led Zeppelin (1970), en référence à Thor (The Hammer of the Gods / will drive our ships to new lands). Une biographie de Led Zep publiée en 1985 s'intitule également Hammer of the Gods.

  • Dix Dieux païens issus de divers panthéons sont rencontrés plus ou moins longuement durant l’épisode : Mercure, Ganesh, Odin, Kali, Baron Samedi, Baldur (dieu nordique de la lumière, la beauté, la jeunesse et l'amour), et Zao Shen (dieu chinois protecteur du foyer), plus deux autres non identifiés. Isis est également tuée hors écran par Lucifer.

  • Motel Hell ! s’exclame Dean quand il découvre que la soupe n’est pas à la tomate. Le film Motel Hell (Nuits de cauchemar, 1980) est une comédie horrifique racontant comment un frère et une sœur tiennent un motel mais aussi une ferme vendant une viande fumée fort réputée, en fait celle des touristes de passage.

  • Parmi les points forts de l’humanité, Gabriel cite Spearmint Rhino. Il s'agit d'une chaine de clubs de striptease de haut standing. Fondée en 1989, l'entreprise compte 16 établissements, aux USA, en Grande-Bretagne et en Australie.

  • Pestilence conduit une AMC Hornet wagon verte, et non blanche comme l’est sa monture dans le Livre des Révélations. Ce cavalier a fait l’objet d’interprétations particulièrement variées et le vert indique que la série a retenu le thème de l’épidémie, soit celui le plus fréquent dans la tradition anglo-saxonne (les autres interprétations vont de la conquête militaire jusqu’à l’Esprit-Saint se répandant à travers le monde). .

  • Sa plaque minéralogique le confirme également, SIKN TRD signifiant Sicked and Tired, malade et fatigué.

  • Le roman De bons présages de Terry Pratchett et Neil Gaiman (1990) développe sa propre vision de l’Apocalypse judéo-chrétienne. Il imagine notamment que Pestilence a dû prendre sa retraite à l’arrivée de la pénicilline et qu’il est désormais remplacé par la Pollution. 

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20. MEILLEURS ENNEMIS
(THE DEVIL YOU KNOW)

Résumé :

Avec l’aide de Crowley, Sam et Dean partent en quête de l’anneau des deux derniers anneaux leur manquant, ceux de Pestilence et de Death. Ils trouvent l’emplacement de Pestilence après une confrontation mortelle avec Brady un ami de jeunesse de Sam qui se révèle être un démon en relation avec les Cavaliers. Crowley apparaît alors à Bobby, en lui proposant de révéler où se trouve Death en échange de son âme.

Critique :

La première partie de The Devil You Know comment dire... Le démon homme d'affaires façon Mad Men est plutôt intéressant et bien interprété, il annonce d'ailleurs le futur patron des Léviathans. Mais cette séquence d'interrogatoire, on l'a déjà vue et revue au cours de la série, parfois en mieux. Et puis en revenir à cela alors qu'on attouche à l'Apocalypse se situe pour le moins dans le remplissage et le hors sujet. D'une manière générale, même si son interprète vétéran est génial, je trouve que Pestilence reste le moins traité des Cavaliers (ceci dit le meilleur arrive très vite) : brièvement entraperçu dans le précédent épisode, seulement évoqué ici alors que le Virus Croatoan, son arme de prédilection, a déjà été employé sous tous les angles possibles. Bref, on s'ennuie assez quand surgit Crowley, qui dès lors dévore à peu près tout l'épisode, pour notre plus grand plaisir (hormis quelques scènes humoristiques entre les Bros).

On oublie tout le reste et on savoure jusqu'à son terme le stand-up pas possible de Mark Sheppard, écrit avec feu. Il fait partie de ces comédiens hors normes pour lesquels toute notion de direction d'acteurs est rigoureusement bannir. L'épisode a l'intelligence de simplement filmer un génie massivement en roue libre. Supernatural devient le Sheppardthon, mais, si Jensen et Jared paraissent assez largués, il faut bien le dire, fort heureusement l'acteur ne se retrouve pas tout à fait seul en piste, ce qui s'avère toujours frustrant. En effet Jim Beaver, toujours aussi épatant, s'avère un partenaire à la hauteur. L'épisode marque le début d'un mano à mano irrésistible entre le Vieil Ours et le futur Roi de l'Enfer, qui ne trouvera son épilogue qu'en saison 6. Un duel peut être arge de la grande aventure, mais néanmoins du très grand Supernatural là aussi. 

Anecdotes :

  • Le titre original est inspiré d’un dicton anglo-saxon, Better the devil you know than the one you don't.

  • That's the same time those statues started crying déclare Dean. Une telle manifestation avait eu lieu durant l'épisode I Know What You Did Last Summer (4.09).

  • Go get 'em, Tiger dclare Crowley. Il s’agit d’une phrase culte du Comics Spiderman

  • Dans la scène d’ouverture on peut voir un poster publicitaire pour Herpexia, le médicament produit par Niveus Pharmaceuticals et utilisé contre l’herpès génital. Sam avait été contraint d’en faire la réclame lors de Changing Channels (5.08).

  • L’habit de chair habité par Crowley tout au long de la série est en fait un agent littéraire newyorkais ayant connu un succès modéré. 

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21. LA ONZIÈME HEURE
(TWO MINUTES TO MIDNIGHT)

Résumé :

Avec l’aide de Castiel, invulnérable aux pouvoirs de Pestilence, Sam et Dean triomphent du Démon et s’emparent de son anneau. Bobby ayant conclu le marché avec Crowley, Dean parvient à approcher de Dean, l’ultime cavalier. Mais celui-ci accepte de donner volontairement son anneau, n’appréciant pas la férule de Lucifer. Sam, qui s‘est occupé du virus, décide d’accepter de devenir le Vaisseau de Lucifer, pour attirer celui-ci dans le piège tendu via les anneaux.

Critique :

Two minutes to Midnight apparaît un peu trop fragmenté pour son bien. Une première partie voit l’affrontement assez vite expédié entre les Winchesters et Pestilence, tenant plus du baroud d’honneur qu’autre chose. Passons, Pestilence était avant tout là pour céder son anneau, c’est chose faite. Le récit se fragmente ensuite en deux grandes parties distinctes. La lutte contre le complot Croatoan se montre efficace, elle ressemble d’ailleurs par certains côtés a complot d’une fraction du groupe MillenniuM durant la deuxième saison de cette série. Mais à force de s’aventurer dans le domaine du complotisme industriel on finit par quitter le domaine de Supernatural, le Fantastique horrifique, ce qui s’avère frustrant. La magie s’effiloche et puis il faut bien dire qu’il ne s’agit clairement que d’un front secondaire, l’attention demeure avant tout accaparée par le duel fraternel à venir.

Le cœur de l’épisode réside dans la découverte de Death et l’odyssée improbable de Dean et Crowley. Là, comme duo antinomique on est copieusement servi, d’autant que cela fonctionne du feu de Dieu. C’est aussi le cas pour les misères de Bobby et les vannes du Démon des carrefours toujours aussi en verve drolatique, on n’en est pas fier, mais on rit de bon cœur. Patience, le Bob aura sa revanche un jour prochain. On se demande délicieusement ce que trame au juste Crowley, réponse la saison prochaine ! C’est bien avec l’étonnant portrait de Death que l’épisode achève de basculer dans la réussite. Classieux et Anglais au possible, mais amoureux de la junk food, subtil et pénétrant mais orgueilleux au dernier degré, évidemment mortel mais non inféodé au Mal, Death s’avère d’une passionnante complexité. On retrouve en lui des traits de Tessa, mais la Mort en personne est... Tout autre chose encore.

Son interprète se montre simplement prodigieux, on ne dira jamais assez à quel point son casting constitue un atout maître pour Superntural ; Le plan musical accompagnant sa révélation compte parmi les plus esthétiquement aboutis de la série (superbe voiture blanche, forcément blanche) et son entretien surréaliste avec Dean s’ornemente de dialogues très relevés et volontiers décapant (la mort de Dieu ? Supernatural refuse décidément de borner son audace). Un très grand moment. En définitive cet avant dernier épisode remplit fort correctement sa fonction principale, servir de prologue au grand final, avec une tension dramatique encore exacerbée par le plan désespéré de Sam. Rendez-vous à Détroit.

Anecdotes :

  • Quand on découvre Death marchant dans Chicago, on entend O Death, de Jen Titus. Il s'agit d'un Blues traditionnel, remontant aux années 1920.

  • Le titre original reprend celui d’un tube d’Iron Maiden (1984). Celui-ci fait référence à l’Horloge de l’Apocalypse, qui mesure la progression du péril nucléaire

  • Hey, hi. I'm looking for my nana. Her name is Eunice Kennedy déclare Dean. Eunice Kennedy Shriver, sœur de JFK, a créé en 1968 les jeux olympiques spéciaux, dédiés aux personnes atteintes de déficiences mentales.

  • This time next Thursday, we'll all be living in Zombieland déclare Crowley. Le jeudi est le jour de diffusion de la série aux USA, il s’agit donc d’un clin d’œil au final de saison, Swan Song. Zombieland (Bienvenue à Zombieland, 2009) est une comédie horrifique décrivant la survie d’un petit groupe de personnages pittoresques au sein d’un monde infesté par des hordes de Zombies.

  • Death mange à la Pizzeria Rinascita, ce qui signifie renaissance en italien.

  • La voiture de Death est une Cadillac Coupé Devill de 1959. Elle est de couleur pâle, tout comme la monture biblique du Quatrième Cavalier.

  • Bobby utilise ici pour la première fois le juron « Balls ! », qui va devenir un rituel de la série.

  • La clinique où les frères Winchester cherchent Pestilence se nomme Serenity Valley, soit le nom de la grande bataille servant de prologue à la série Firefly (2002). Mark Sheppard y participa à deux épisodes et Tom Edlund, y travailla comme producteur, tout comme il est le producteur exécutif du présent épisode.  

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22. LA PAIX VIENDRA
(SWAN SONG)

Résumé :

Lucifer a compris le plan des Winchester et s‘avère trop fort pour Sam. il dsparaît après ‘être emparé du corps de ce dernier. Toutefois, grâce à une prophétie de Chuck, Dean apprend où doit se dérouler l’ultime et apocalyptique confrontation ektre Michel et Lucifer. Castiel et Bobby se sacrifient pour éloigner Michel, et Sam parvient à reprend le contrôle un bref instant. Cela permet à Dean d’actionner les anneaux.  Les deux Archanges et leurs Vaisseaux, Sam et Adam, sont emprisonnés dans la Cage.  Dieu ressuscite Castiel qui en fait autant pour Bobby et soigne les blessures de Dean. Cas retourne au Ciel pour pallier l’absence de Michel. Dean rejoint Lisa, mais Sam les observe inexplicablement depuis la rue.

Critique :

L’introduction sur l’Impala suscite une poignante émotion tant le choix du texte et des images s’avère finement effectué (un peu pensé à Christine, j’avoue) et surtout tant il s’agit d’un hommage mérité à cette autre vedette à part entière du show. De plus le fidèle Vaisseau des Winchester les ayant trimballés aux quatre coins de l’Amérique paranormale obtiendra sa suprême récompense en devenant le point d’appui grâce auquel Sam va pouvoir reprendre le contrôle pour quelques cruciales secondes et un adieu déchirant. C’est magnifique. Pour en arriver là on en aura passé sur un récit mené avec un remarquable élan et aux nombreux faits d’armes, dont la formidable scène ou Sam s’en remet en apparence à Lucifer. Merci à Pellegrino, hallucinant de bout en bout de la saison, même si les maquillages devenaient franchement lourds (de retour pour la saison 7, le Diable ne disparaît jamais vraiment !). Le récit et la mise en scène ont l’idée géniale de demeure conforme à une simplicité conforme à l’esprit Supernatural et mettent finalement bien plus en valeur les étincelants dialogues et les postures qu’un final de carnaval.

 La bataille d’Amageddon s’avère un authentique morceau de bravoure, avec la team Winchester tombant au champ d’honneur (d’où de nouvelles résurrections, on comprend que Death et Tessa en aient eu ras la casquette). La confrontation ultime répond à toutes les attentes, avec comme seul regret le toujours faible niveau d’Abel, alors que Michel a déjà été négligé au profit de Lucifer. Mais existe-t-il un personnage aussi fécond pour un auteur que le Diable en personne ? On éprouve un certain regret pour Michel qui n’aura finalement accompli que ce que pourquoi le créateur l’avait conçu, c’est assez cruel. La noirceur de la Cage s’avère plus terrifiante que tout autre effet envisageable, une excellente idée. Swan Song, à l’image du Requiem aurait constitué une conclusion parfaite, quoique dramatique ; L’apparition de Sam (enfin, Zombie Sam) laisse néanmoins la porte ouverte à la saison 6, un choix validé par l’intérêt de celle-ci.

Anecdotes :

  • Durant la traditionnelle séquence récapitulative de la saison, on entend une nouvelle fois Carry On Wayward Son, de Kansas

  • Quand Dean arrive au cimetière il écoute Rock of Ages de Def Leppard.

  • Sur la cassette écoutée par Dean, on peut lire Kick it in the ass !, soit la phrase rituelle de Kim Manners.

  • Le titre original (le chant du cygne, en français) est également celui du label indépendant créé en 1974 par Led Zeppelin, l’un des groupes emblématiques de Supernatural (Swan Song records). 

  • Le mot d’introduction de Chuck indique que la cent-millionième General Motors construite sur la chaîne de montage l’a été le 24 avril 1967. Il s’agit de la date anniversaire d’Eric Kipke, né le 24 avril 1974.

  • Chuck indique également que le premier propriétaire de l’Impala se nommait Sal Moriarty. Il sagit d’une référence à Sal Paradise et Dean Moriarty, les deux héros du roman culte On the Road (Sur la Route, 1957) de Jack Kerouac, livre fondateur de la mouvance Beatnik (ou Beat Generation) et de la mystique de la Route. Kripke a indiqué qu'il s'agissait d'une influence majeure de la série et que les prénoms des frères Winchester étaient inspirés de Sal et Dean. 

  • Most people think I burn hot. It's actually quite the opposite déclare Lucifer. Il s’agit d’une description reprenant celle de la Divine Comédie de Dante, peignant Lucifer pris dans un lac de glace, au tréfonds du dernier cercle de l’Enfer.

  • L’épisode comporte plusieurs références à Star Wars (Bobby surnommé Yoda par Dean, Sam surnommé Skywalker par Lucifer…). Au début de Supernatural Kipke avait décrit la série comme un Star Wars sur route à travers l’Amérique, avec Dean en Han Solo et Sam en Luke Skywalker.

  • Okay, can we please drop the Telenovela? I know you have the rings, Sam déclare Lucifer. Les Telenovelas sont des soaps sud-américains, notamment connus pour leur durée interminable, leurs sentiments exacerbés et leurs rebondissements invraissemblables.

  • La confrontation entre Michael et Lucifer se déroule à Skull Cimetery, près de la ville natale de Sam et Den, Lawrence dans le Kansas. Ce cimetière existe réellement et des légendes urbaines en font le siège de messe noires e d’apparitions démoniaques le soir d’Halloween.

  • Avec un résultat de 9,7, l’épisode demeure encore aujourd’hui l’épisode le mieux noté de la série sur IMDB, à égalité avec Changing Channels (mais celui-ci compte moins de votants).

  • Swan Song fut le dernier épisode d’Eric Kripke en tant que showrunner de la série, achevant son projet initial portant sur cinq saisons. Remplacé par Sera Gamble, il va néanmoins participer à l’écriture des saisons 6 et 7, avant de devenir le showrunner de Révolution. Il collabore encore aujourd’hui à Supernatural, en tant que consultant.

  • Sam et Dean sont (heureusement) loin d’en avoir fini avec Lucifer, leur meilleur ennemi. Ils l’affrontent toujours durant l’actuelle saison 13.

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Saison 2Saison 4

NCIS : Nouvelle Orléans

Saison 3



1. CONTRE-COUPS 
(AFTERSHOCKS)



Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Appelée sur une scène de crime, Kate Beckett y découvre Richard Castle, absent depuis des mois !

Critique :

Un démarrage sur les chapeaux de route ! Déjà, l’épisode s’ouvre par une séquence ultradynamique avec un splendide jeu de miroirs (un travail impeccable de Rob Bowman) qui se termine par Castle et Beckett se mettant respectivement en joue !

La victime, une dénommée Chloé, avait une adresse dans la main. En s’y rendant, le trio Beckett/Esposito/Ryan y découvrent Richard Castle, une arme à la main ! Beckett passe les menottes à son ex-partenaire ; le réalisateur zoome d’abord sur les mains de l’écrivain puis sur le visage de Nathan Fillion. C’est un plaisir de voir le visage si mobile, si ouvert de l’acteur. L’interrogatoire que mène Beckett est très serré. Stana Katic montre avec talent à la fois le professionnalisme de son personnage (questions sur l’affaire) et l’irritation de cette dernière (parce que Castle ne lui a donné de nouvelles depuis qu’il est revenu des Hamptons). On appréciera les vacheries réciproques des duettistes. Innocenté, Castle est sèchement renvoyé chez lui. Nathan Fillion rend parfaitement compte du désarroi de l’écrivain qui ne comprend pas la froideur de ses amis.

Avec sa maestria habituelle, Andrew W. Marlowe fait progresser son intrigue et parvient à replacer Castle sur la route des policiers en une parfaite symétrie de la première scène de crime ! C’est drôle et brillant. Le plus beau c’est la parfaite explication logique qui a amené le tandem au même endroit, la troisième scène de crime, en partant de deux points de départ différents. Comprenant qu’elle ne se débarrasserait jamais de Castle, Beckett l’admet « pour cette enquête » à ses côtés et il parie qu’il trouvera la solution. L’enjeu : sa présence au poste. Il est évident que Castle restera mais ce jeu fait partie de l’ADN du personnage et c’est une série qui joue avec les codes et avec son public. Comment rendre cette évidence plausible ? C’est le réel enjeu. Le spectateur s’amuse de retrouver les passages obligés de sa série : le café apporté le matin (ne manquez pas le visage de Stana Katic ; l’actrice rend parfaitement visible le plaisir qu’éprouve son personnage de retrouver son binôme), les théories farfelues et surtout l’idée qui relance l’enquête. Ici, il prouve le lien entre les victimes. Le scénariste parvient à nous surprendre en plaçant ledit lien dans un cabaret burlesque ! On note une marotte des réalisateurs dans les interrogatoires. Alors que la caméra est statique dans l’interrogatoire dans un cas, elle est très mobile dans un autre ; ce qui signifie qu’un élément important va nous être communiqué. Une réflexion de Beckett fait bingo dans son esprit puis ça fait tilt entre eux. Quelle série aime tant ses fans pour leur présenter tous les passages obligés tout en jouant avec ?

L’arrestation nous ramène à la scène de départ et l’explicite avec une redoutable efficacité. Beckett considère que Castle a gagné. Le duo est reformé. La saison peut commencer !

Anecdotes :

  • Le premier épisode de cette saison a été suivi par près de 12 millions de téléspectateurs sur ABC, aux États-Unis. Face à cette audience, la chaîne a commandé 2 épisodes supplémentaires pour la saison.

  • Stana Katic et Tamala Jones continuent à se laisser pousser les cheveux.

  • Michael Rady/Evan Murphy : acteur américain, surtout présent à la télévision : Greek (2008-2009), Melrose Place : Nouvelle génération (2009-2010), Mentalist (2011-2012), Jane the Virgin (depuis 2014).

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2. COMME CHIEN ET CHAT 
(SUSPICIOUS MINDS)

Scénario : Moira Kirland

Réalisation : John Terleski

Résumé :

L’enquête sur la mort d’une voyante amène Castle et Beckett sur la piste d’un autre meurtre.

Critique :

Castle et la voyante ! Une évidence pour cet amateur de fantastique ! Dommage que l’intrigue avec ses multiples personnages soit un peu confuse. On peut heureusement compter sur notre duo, très Mulder et Scully sur ce coup-là, pour nous distraire. Castle est bien entendu Mulder et Beckett Scully ; d’ailleurs elle reçoit très officiellement ce surnom.

Difficile d’isoler l’intrigue principale de ses sous-intrigues. La victime, Vivienne Marchand, avait déjà collaboré avec la police mais Ryan démonte la réputation de la voyante, mise en cause par un producteur de télé-réalité à qui elle propose de confier la vérité sur un « vrai » meurtre pour qu’il efface des images qui lui nuisent. La victime prétendue aurait fait une crise cardiaque mais pourrait avoir été empoisonné. Cet homme, Emilio, avait une liaison avec la femme d’un de ses employés, une gourde blonde. C’est compliqué de bien suivre et la résolution de l’énigme est un peu tirée par les cheveux. Le plus intéressant, c’est la différence entre un Castle ouvert au mystère et une Beckett matérialiste. La scène où les policiers démontrent comment la voyante aurait pu tout découvrir sur le meurtre d’Emilio est sans doute une des meilleures. Mais c’est Castle qui a la plus belle réplique décochée à son amie : « Si vous ne croyez pas à la possibilité que la magie existe, vous ne la trouverez jamais ».

Là-dessus, la fille de la voyante, Penny, elle aussi médium – Rachel Boston est le meilleur second rôle de l’épisode émouvante dans son deuil, un peu exaltée par ses visions ; d’abord hésitante à dire la première à Beckett puis gagnant en assurance – nous gratifie d’un pronostic sur l’avenir de Beckett.

Comme souvent, la famille de l’écrivain fournit l’intrigue secondaire ; aujourd’hui c’est Martha qui s’y colle. Cette partie de l’épisode est la plus solide et la plus forte, notamment dans l’émotion. Martha – merveilleuse Susan Sullivan éblouissante, la « Castle girl » de l’épisode – s’est vu demandé en mariage par son amant Chet. Elle veut réfléchir mais, en fait, elle pense que leur histoire est finie. Plus de flamme et c’est un moment touchant. Mais voilà que Chet meurt avant qu’elle n’ait rompu ! La scène entre Susan Sullivan, effondrée, et Nathan Fillion, magnifique en fils soutenant sa mère, est très émouvante. Cette sous-intrigue sauve le 3ème melon.

Anecdotes :

  • Absence Ruben Santiago-Hudson

  • Beckett a cessé de croire au Père Noël à l’âge de 3 ans.

  • Castle nous révèle que, si son nom de plume est « Richard Edgar Castle » (en hommage à Edgar Allan Poe), son véritable nom est Richard Alexandre Rodgers.

  • Rachel Boston/Penny Marchand : actrice américaine, vue dans les séries Mes plus belles années (2002-2005), NCIS (2006), The Ex List (2008-2009), US Marshall : protection de témoins  (2011-2012), Witches of the East End (2013-2014).

  • Mercedes Masöhn/Marina Casillas : actrice suédoise, vue dans les séries Entourage (2008), NCIS (2009), Three Rivers (2009-2010), 666 Park Avenue (2012-2013), Californication (2014), NCIS : Los Angeles (2014, 5 épisodes), Fear the walking dead (depuis 2015).

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3. LE JUSTE CHOIX 
(MAN ON FIRE)

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

Le meurtre d’un garant de caution envoie Castle et Beckett à la fois dans le passé de cette dernière et sur la piste d’un trésor

Critique :

A travers une enquête très classique, Castle s’offre un beau moment dans l’approfondissement du personnage de Kate Beckett tout en rendant hommage quelque part au Faucon maltais. Le mort est trouvé dans son bureau et c’est de là que va découler toute l’enquête. Sur son corps, Lanie trouve un papier rempli de traits. Castle pense d’emblée à un (Da Vinci) code quand Beckett le compare à un vulgaire bout de papier. Faute du scénariste puisque rien n’est inutile dans une série policière et que, d’autre part, Beckett ne pourrait jamais considérer un élément quel qu’il soit comme anodin. Dans le bureau, les enquêteurs trouveront un micro qui relie l’épouse de la victime à la scène de crime. Sur le corps, Lanie, à nouveau, découvre une croix faite de baume et d’huile qui amène un prêtre en salle d’interrogatoire ! Enfin, une empreint fait tomber dans l’escarcelle un ancien criminel visiblement complètement décati !! Mais le plus beau, c’est qu’en coursant un suspect, Beckett tombe sur Mike Royce, son ancien instructeur. Jason Beghe est impeccable dans ce rôle de mentor, à la fois distancié par l’âge et l’humour tout en montrant une affection certaine pour son ancienne élève. Stana Katic est tout aussi remarquable car l’actrice rend elle aussi palpable cette affection. Les deux acteurs réussissent à créer et à rendre tangible et partant crédible cette connexion entre leurs personnages.

Evidemment que le papier découvert était important et même qu’il est une carte menant au butin d’un vol de bijoux d’un montant pour lequel on pourrait aisément tuer ! Rien n’étant ce qu’il paraissait être, la seconde partie de l’épisode déconstruit les figures qu’il nous avait précédemment présentées ! C’est très bien écrit et la chasse au trésor amène à une scène d’un cliché absolu qui devient un morceau de bravoure : tout le monde s’y retrouve et se menace réciproquement avec des armes de tous les calibres !!! Castle sauve la mise et résout l’énigme.

L’épisode comporte une intrigue mineure, celle d’Alexis qui veut un scooter. C’est mignonnet surtout avec le charme de Molly C. Quinn mais on n’y croit qu’à moitié et, surtout, c’est clairement ajouté pour donner du temps de jeu à la « famille Castle ». Pas grave, Nathan Fillion et consorts auront réussi à nous amuser quand même !

Anecdotes :

  • « Les filles rêvent d’un deux roues quand on réalise qu’on n’aura jamais de poney » affirme Beckett

  • « J’ai toujours rêvé de faire ça ! » s’exclame hilare Castle en poursuivant un suspect !

  • Castle a écrit « Le tueur n’avait pas le son » ; il a trouvé mieux comme titre !

  • Jason Beghe/Mike Royce : acteur américain vu au cinéma dans The X-Files : le film (1998) mais plus souvent à la télévision : X-Files (1994), Les Experts (2002), Veronica Mars (2006), Californication (2009/2011-2013), Chicago Fire (2012-2015), Chicago Police Department (depuis 2013).

  • Sophina Brown/Gayle Carver :  actrice américaine vue dans les séries New York Unité spéciale (2001), Shark (2006-2008), Numb3rs (2008-2010), NCIS : Los Angeles (2011), Ravenswood (2013-2014), Scream (2015).

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson.

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4. LA GRANDE ÉVASION 
(ESCAPE PLAN)

Scénario : David Grae

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Un homme est retrouvé mort tué par une balle en plomb vieille de 200 ans !

Critique :

Très joli titre français qui, sans vendre la mèche, en allume toutefois une partie. Une des forces de cet épisode c’est son travail visuel. D’entrée de jeu, Rob Bowman nous captive par cette scène dans une lumière bleu-noir mêlant silence autour du cadavre et bruits de chevaux au galop. Un déphasage qui illustre que le temps sera une des données du problème.

La victime, un certain Daniel Goldstein créait des produits financiers complexes. Un de ces produits a justement fait perdre beaucoup d’argent à plein de monde. Suivez l’agent est un poncif du récif policier sauf que nous sommes chez Castle et que ce n’est qu’un aspect de la réponse. Car Lanie apporte plus de questions qu’elle ne donne de réponse : la victime a été tuée par une balle remontant au XVIIIème siècle tirée par une arme de la même époque ! Il n’en faut pas plus à Castle pour imaginer un tueur spatio-temporel venu par un portail dimensionnel ! L’énergie que met Nathan Fillion dans son personnage le préserve du ridicule pour le faire passer dans l’autre dimension des huluberlus sympathiques, un excentrique ! Devinez le modèle de la voiture de Daniel et vous imaginerez les sommets de jubilation de l’écrivain !

Castle et Beckett vont remonter jusqu’à un club de farfelus, éminemment délirants mais bons enfants. Le décor est chargé mais il crée une véritable identité visuelle au club, un décalage entre l’extérieur du XXIème siècle et l’intérieur qui se revendique du Londres victorien (costumes notamment) mais comme si le futur imaginé à l’époque (référence à Jules Verne) s’était justement arrêté là. Rob Bowman, bien aidé par les décorateurs, opère une présentation en deux/trois images, de vrais tableaux d’originaux saisis sur le vif. Mais si le club est original, c’est aussi lui qui donnera la clé de l’énigme. Grâce aussi à une séance de tir devant mesurer la précision des armes du siècle des Lumières ; d’abord sérieuse, cette séance vire au déjanté et on remercie Nathan Fillion à genoux tellement c’est fou !!

L’intrigue mineure du jour, ce sont les premiers émois d’Alexis. C’est très touchant grâce à l’implication de Molly C. Quinn, absolument géniale quand elle entreprend de se demander à voix haute comment on sait qu’on est amoureux. C’est à la fois drôle et touchant et Nathan Fillion n’est pas en reste. Sur cette scène, il est lui aussi attendrissant et nous fait bien sourire. Il a carrément su nous faire rire par la jalousie de Castle, vexé que ce soit à Martha et non à lui, le « papa cool » qu’Alexis se soit confiée la première ! Quant à la première rencontre du père et du petit ami, il n’y a que dans cette série qu’elle pouvait avoir lieu de cette façon !!

Anecdotes :

  • Humour noir toujours pour ouvrir l’épisode lorsque Martha dit à son fils : « Rien de tel qu’un petit meurtre pour te remonter le moral » !

  • Le premier mot de bébé Alexis a été « Dénouement » mais c’est parce que Castle « lui a appris très tôt à structurer sa pensée » !!

  • Première apparition du nouveau compagnon de Kate Beckett.

  • Andrew Leeds/ Adam Murphy : acteur américain vu dans les séries Nip/Tuck (2003-2004), Bones (Pelant, 2012), NCIS : Los Angeles (2013-2014).

  • Victor Webster/Josh Davidson : acteur canadien, vu dans les séries Sunset Beach (1998-1999), Mutant X (2001-2004), Related (2005-2006), Esprits criminels (2009), Continuum (2012-2015).

  • Hommage à Stephen J. Cannell. 

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5. LES VRAIS HÉROS NE SE REPOSENT JAMAIS 
(COURSE CORRECTION)

Scénario : Terence Paul Winter

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Lors d’un enterrement un cercueil se renverse libérant deux corps !

Critique :

Au tour des séries hospitalières de passer à la moulinette de Castle ! Humour et ironie à tous les étages mais aussi beaucoup de sentiments voire du sentimentalisme si l’on est peu charitable. La victime, Valérie Monroe, était médecin dans un hôpital et elle a été tuée avec une « précision chirurgicale » selon la formule agréée. Le mode opératoire, et plus largement l’injection de formules médicales, permettent à Tamala Jones de sortir de son registre habituel pour développer une réelle expertise. La mise en scène de John Terlesky permet de donner un aspect fluide à une scène d’explication qui aurait été bavarde et pesante s’il l’avait tourné platement.

L’écriture de la série est bien rodée mais absolument pas mécanique. Ainsi, le premier suspect, Greg McClinctock, est-il bien entendu innocent du crime puisqu’il est le premier justement. Sauf que c’est bien plus subtil ! L’explication finale est stupéfiante par la maîtrise d’écriture et le jeu avec le spectateur qui a toutes les cartes en main mais tombe dans le panneau qu’on lui présente ! Comment faire autrement quand le scénario mêle un baron de la drogue qui employait la victime comme médecin personnel ? Comment passer sous silence le fait qu’elle était une informatrice du ministère de la justice ? Et que vient faire dans tout cela une recherche du docteur Monroe concernant la ville de Katona, État de New York, prototype selon le capitaine Montgomery « de la ville où il ne se passe jamais rien » ? La réponse à la question est fournie par le capitaine Montgomery lui-même ! Ruben Santiago-Hudson a peu de temps de présence mais il l’emploie bien, chaleureux, proche de ses troupes.

Et puis il y a de l’amour dans cet épisode. L’amour d’Alexis pour Ashley (absent bien qu’on parle beaucoup de lui) et le couple qui a « sa » chanson (de Taylor Swift). Celui de Castle pour Gina ; une crise entre eux dû à la jalousie de ce dernier déjà constatée quand on parle de sa fille mais qu’ils parviennent à surmonter grâce à un travail sur soi de cet égotiste de première qu’est Richard Castle. Nathan Fillion est impeccable et l’on sent les efforts que son personnage a fait par amour pour les autres. C’est aussi avec délice que l’on assiste à la lecture entre Castle et Beckett d’une correspondance amoureuse où ils espèrent trouver une piste. Non seulement c’est amusant mais c’est loin d’être purement anecdotique. Quant au mobile du meurtre, il est quelque part lié à l’amour, décidément un grand meurtrier !

Anecdotes :

  • Michael Cassidy/Greg McClinctock : acteur américain vu dans les séries Newport Beach (2004-2005), Smallville (2007-2008), Scandal (2012), Men at Work (2012-2014), The Magicians (2016).

  • L’épisode comprend de multiples références à des séries hospitalières, comme un « docteur Rhonda Shimes » ! Selon Castle, les médecins sont connus pour « leur fornication galopante » et le triolisme serait « courant » !

  • Retour de Monet Mazur (Gina).

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6. AUX AGUETS 
(ONE GOOD MAN)

Scénario : David Amann

Réalisation : Bill Roe

Résumé :

Le meurtre d’une femme blonde indique à la police de New York qu’un tueur en série, le Triple Tueur, est de retour en ville.

Critique :

Un épisode remarquable à l’intrigue complexe mais maîtrisé, aux dialogues froids et à la mise en scène lente et grave ; profondément noir, cet épisode, éclairci par l’intrigue secondaire qui aura son importance sur l’intrigue principale, ce qui est rare, réussit une figure imposée des séries policières : introduire la Némésis du (des) héros.

L’entrée dans l’épisode est déjà un signe de maîtrise narrative, visuelle et sonore. Quand tout va bien, la jeune femme blonde est éclairée par les lumières de la ville et on entend clairement Phil Collins. Puis, progressivement, le silence se fait. Très vite, Lanie relie ce crime à ceux du Triple Tueur. Ruben Santiago-Hudson enfile les habits du commandant Montgomery et, avec autorité, nous donne un topo sur ce meurtrier. Survient une seconde victime et seulement le générique ! Avec efficacité, mais en ayant tout de même pris le temps d’une scène d’émotion, le scénario introduit le héros noir de l’épisode, Marcus Gates incarné avec un talent fou par Lee Tergesen. L’acteur donne un détachement ironique à son personnage (il faut voir le sang-froid qu’il conserve alors qu’une armada de flics surarmés le mettent en joue). Les interrogatoires de Gates par Beckett seule sont des bijoux. Le ton est toujours calme mais la tension est palpable surtout que la froideur de Gates le rend de plus en plus affreux mais, comme il a réponse à tout, c’est une anguille qui se tient devant nous. Le second interrogatoire semble rejouer la même scène mais on notera alors que le réalisateur zoome sur les visages. Quelque chose de nouveau va sortir de tout cela.

Pour coincer Gates, les enquêteurs ont fouillé le passé du roi de Sing Sing et découvert son co-détenu, Jerry Tyson. Autant Gates est glacial, autant Tyson paraît émotif, mal à l’aise. Il faut que la police lui arrache les bribes d’information qui vont lui être utile. Mais, nous sommes dans Castle et c’est chez notre écrivain préféré qu’un détail fait tilt permettant de sauver une femme ! On s’achemine vers le happy end traditionnel mais on aurait dû mieux écouter Castle, insatisfait du dénouement. Parce ce que, cette fois, l’imagination débordante de ce dernier lui fait entrevoir trop tard la vérité. Le final sera éminemment fort et noir, et pourtant, il conservera jusqu’au bout une brindille d’humour.

Ce petit éclat d’humour, pareil à la noisette dans le chocolat noir, provient de la résolution de l’intrigue secondaire du jour : l’admirateur secret d’Alexis. Ce qui est amusant et bien écrit, c’est le caractère évolutif de cette histoire et la manière dont les protagonistes, Alexis mais surtout Castle, la vivent. Cette intrigue et la principale interagissent et se renforcent ou plutôt s’équilibrent ; la noirceur de l’intrigue principale est en partie compensée par la relative légèreté de l’intrigue secondaire. Ensuite, quand Alexis, très insouciante sur ce coup-là, décide de se rendre au rendez-vous fixé, Martha défend à son fils de la surveiller…se réservant ce rôle ! Bonne composition de Susan Sullivan qui rend très convainquant et savoureux le changement de pied de son personnage et donne à voir, mine de rien, l’amour profond que cette famille se porte. C’est le coup de fil qu’elle passera à son fils pour le rassurer qui va jouer un rôle déterminant dans le final de l’épisode.

Anecdotes :

  • Brian Klugman/Paul McCardle : acteur américain, surtout connu pour avoir joué dans Bones (2013).

  • Michael Mosley/Jerry Tyson : acteur américain, vu au cinéma dans La Proposition (2009) mais plus souvent à la télévision : Scrubs (2009-2010), The Closer (2010), Pan Am (2011-2012).

  • Lee Tergesen/Marcus Gates : acteur américain, peu de films notables mais une longue carrière télévisuelle : New York Police Judiciaire (1990), Homicide (1993-1994), Code Lisa (1994-1998), Oz (1997-2003), Desperate Housewives (2006), Dr House (2009), American Wiwes (2010-2011), Longmire (2013-2014), The Strain (2016).

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7. GUERRE DE GANGS 
(OUTLAWS)

Scénario : Elisabeth Davis

Réalisation : Felix Alcala

Résumé :

La mort d’un comédien minable conduit Castle et Beckett dans une histoire de faux-semblants.

Critique :

Un épisode pas déplaisant certes mais extrêmement banal et pour tout dire peu inspiré. L’intrigue est confuse, passant d’une chose à une autre sans s’en fixer sur une seule tout en étant très linéaire. La révélation de l’identité du coupable tombe comme un cheveu sur la soupe.

On avait pourtant commencé par une entrée contrastée comme la série sait si bien les faire. D’un côté, un policier en uniforme disparaît brusquement happé depuis l’intérieur d’un appartement d’où venait des cris. D’un autre côté, Alexis et Martha font des vocalises à 5 heures du matin !

C’est ce policier qui est mort sauf que c’était un comédien ! Un strip-teaser pour être précis. Et l’appartement abrite une colonie de jeunes femmes totalement effondrées quand Castle et Beckett y arrivent : enterrement de vie de jeune fille ! Mais passé cette ouverture hilarante, on va rire beaucoup moins et, dans Castle, c’est quand même plutôt gênant.

Tout le reste de l’épisode va dérouler la pelote que le patron de la boîte qui employait la victime a donné à Ryan et Esposito. Le club de strip-tease (passage assez drôle grâce à nos duettistes) amène à une « cougar » qui était la maîtresse de la victime mais avait rompu parce qu’il lui avait demandé 25 000 $. Argent qui amène à…etc. Tout cela pour nous amener à une histoire d’escroquerie très classique mais que la scénariste (pourtant talentueuse) n’a plus tellement le temps de développer et doit même bâcler la scène où le coupable est confondu. Et le spectateur avec lui.

L’intrigue secondaire est amusante (Alexis veut auditionner pour un rôle dans Grease à son lycée et Martha la coache) mais parfaitement anecdotique et complètement périphérique à notre intrigue. Seule la frimousse mutine de Molly C. Quinn et l’allant que met Susan Sullivan nous font passer un bon moment et, en fait, nous évite l’ennui.

Anecdotes :

  • La victime lisait des bouquins de Donald Trump parlant de finances.

  • Castle trouve que la victime ne valait pas 300$/heure : Lanie, elle, achète tout de suite !

  • Selon le patron qui reçoit Ryan et Esposito, les filles sont « dingues des petits maigrichons genre Twilight ». Ce qui date l’épisode !

  • Sagesse de Martha Rodgers : « Les auditions, c’est comme les hommes. Une de perdue… »

  • Mary Page Keller/Rebecca Dalton : actrice américaine, elle tourne surtout pour la télévision: Providence (1999), JAG (3 épisodes, 2002-2003), New York Police Blue (4 épisodes, 2004), Commander in Chief (4 épisodes, 2005), 24 heures chrono (2 épisodes, 2009), Castle (2010), NCIS : Los Angeles (2011), Supernatural (2011), Pretty Little Liars (4 épisodes, 2012), Chasing Life  (2014-2015).

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8. DOUCE MÉLODIE 
(MUSIC TO MY EARS)

Scénario : Matt Pyken

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

La mort d’un employé municipal emmène Castle et Beckett vers une toute autre affaire.

Critique :

Solide épisode : une première affaire qui ouvre sur une seconde et relance complètement l’intrigue tout en faisant monter la pression. L’humour est bien dosé ; très présent au départ, il se fait plus rare ensuite à la mesure de l’élévation des enjeux. Un parfait tempo empêche tout ennui. Tout juste peut-on regretter que tous les acteurs ne soient pas au top niveau.

C’est à Central Park que nos duettistes préférés se retrouvent autour du cadavre d’un certain « Lenny les bonnes ampoules », un électricien chargé de changer les ampoules dans le métro de New York. D’emblée, le scénariste nous dit que ce n’est pas une affaire simple : la victime a été tuée de trois balles au terme d’une chasse à l’homme. Pourquoi le tuer ? Ryan et Esposito pensent avoir trouvé du matériel d’espionnage chez lui à moins que ce ne soit son peu scrupuleux supérieur ? Matt Pyken nous présente ces pistes avec une parfaite crédibilité mais elles sont fausses ! L’explication de la présence du matériel est absolument hilarante !

Et c’est là que le scénariste nous inflige un rebondissement dramatique : la victime a été tuée pour avoir assisté à un enlèvement d’enfant ! La tension est installée d’emblée puisque les enquêteurs ignorent l’identité de l’enfant et doivent la découvrir. En outre, Nathan Fillion nous permet d’apprécier la partie dramatique de Castle ; un père qui comprend quelle épreuve traverse le père du gamin. Père joué par John Pyper-Ferguson qui est très juste. L’acteur est très impliqué et on croit à sa peine beaucoup plus qu’à celle de la mère, tellement plus fade et dans un rôle extrêmement convenu. Un père qui passe aussi un temps pour le coupable et clame son innocence alors que le temps presse. A ce stade de l’épisode, il pourrait très bien être un kidnappeur. Ça oui mais tueur, cela était plus difficile et les enquêteurs en sont conscients. Leurs interprètes aussi et on est à fond avec eux. Le final, dynamisé par Nathan Fillion dont le personnage a deux éclairs de génie qui décide du succès et Stana Katic, très convaincante dans l’action. Ruben Santiago-Hudson est très bien aussi dans un registre plus dur que d’habitude.

L’intrigue secondaire est amusante quoique résolument mineure : Alexis garde le rat domestique de son petit ami Ashley (Ken Baumann, peu expressif), une bestiole nommée Théodore, et qui disparaît. Elle le cherche en vain et craint la réaction du jeune garçon. Pas vraiment de quoi fouetter un chat. L’intrigue ne passionne pas Molly C. Quinn outre mesure même si l’actrice a déjà suffisamment de talent pour nous garder avec elle.

Anecdotes :

  • Quand Castle parle de Ben par rapport au rat, il fait référence au film d’horreur Ben de Phil Karlson sorti en 1972.

  • Pour Beckett, l’animal de compagnie le plus courant à New York, c’est le cafard ! L’animal le plus étrange qu’elle ait eu ? Castle bien sûr !

  • Castle fait référence à « Flamme d’argent », une nouvelle de Sherlock Holmes où c’est l’absence d’une chose (en l’occurrence un aboiement) qui en révèle une autre.

  • Carmen Argenziano/Marco Rivera : acteur américain actif sur les deux écrans. Au cinéma, on a pu le voir dans Le Parrain II (1974), Le retour de l’inspecteur Harry (1983), Broken Arrow (1996), Anges et Démons (2009). A la télévision dans Columbo (1973), L’Agence tous risques (1983), La loi de Los Angeles (1986-1990), Urgences (1995), Stargate SG-1 (1998-2005), Docteur House (2007), Hawaï Five-0 (2014).

  • John Pyper-Ferguson/Dean Donegal : acteur canadien d’origine australienne, on a pu le voir dans X-Men l’affrontement final (2006) mais plus souvent à la télévision : Brisco County (1993-1994), MilleniuM (1997-1998), Les Experts (2000, 2010), Brothers & Sisters (2006-2007), Terminator : Les chroniques de Sarah Connors (2009), Grimm (2012), Once upon a time (2013), The Last Ship (depuis 2014), Marvel : les agents du SHIELDS (2017).

  • Eve Carradine/Mirielle Lefcourt : Ever Dawn Carradine est la nièce de David Carradine. On a pu la voir essentiellement à la télévision : Les Dessous de Veronica (1998), Les Experts (2004), Supernatural (2009).

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9.  À TOUTE VITESSE 
(OVERDRIVE) 

Scénario : Shalisha Harris

Réalisation : Bethany Rooney

Résumé :

La mort très étrange d’une astrophysicienne amène Castle et Beckett aux frontières du réel.

Critique :

Savoureux hommage à une glorieuse ainée tout autant que passage au tamis de la question extraterrestre, cet épisode est un régal ultra-référencé (Castle est une série « geek » à l’image de son héros) qui insère avec bonheur une enquête policière dans un cadre baignant dans l’étrange. L’on est toutefois plus proche de Jean Ray avec un « fantastique expliqué ».

La victime était une astrophysicienne retrouvée victime d’une « décompression explosive » ; ce qui se produit lorsqu’un corps est situé hors de l’atmosphère ! Tamala Jones rend bien la perplexité de Lanie et la suite de l’autopsie ne va pas lui rendre le sourire ; il y a bien plus de questions que de réponses. Mais si la légiste est perdue, Castle, lui, est tout sourire ! La victime a été enlevée par des aliens ! Lorsque le générique est lancé après 10 minutes d’épisode, cette hypothèse n’a pas pu être démentie par Beckett !

Il est intéressant de revoir nos duellistes dans leurs rôles de sceptique et de convaincu d’autant qu’à la différence de la magie, l’hypothèse d’une vie (et d’une intelligence) extra-terrestre est toujours valable scientifiquement même sans aller jusqu’aux élucubrations de la littérature et du cinéma fantastique. Jusqu’au bout, Beckett refusera d’admettre que les aliens existent même si, un instant, la logique policière semble vaciller. Le scénario donne évidemment un peu de temps à la thèse ufologique et s’offre Lance Henrikssen en invité de luxe ! Certains pourront regretter le temps relativement bref de sa présence mais c’est en fait cohérent avec la série : Castle est une série policière et non une série fantastique. Disons que c’est un témoignage de sympathie et une révérence faite à un acteur reconnu dans ce domaine tout autant qu’un hommage à la célèbre série où la vérité est ailleurs. En tout cas, en peu de minutes, l’acteur est très juste. Très posé, Benny Stryker n’a rien d’un gourou illuminé et il a même des informations pour les enquêteurs. Impossible de ne pas sourire quand il affirme avec un sérieux académique que le Gouvernement est derrière tout cela ! Et ce n’est pas la suite qui va le démentir !! Des « agents fédéraux » enlèvent les affaires de la malheureuse et interrogent dans des conditions ultraclichées nos héros !!!

Cet « enlèvement » est le climax de l’hommage. Par la suite, la vérité va se faire jour sous un angle réaliste de plus en plus affirmé. Castle a une idée pour le moins cocasse pour joindre ces mystérieux agents et le fait que ça marche souligne le côté fictionnel de la série. C’est encore l’écrivain qui va comprendre que quelque chose ne va pas du côté de la victime. Bien vu de la part de la scénariste que de ne pas faire de l’écrivain un obstiné. S’il croit en la magie et aux « petits hommes gris » (merci Mulder !), il n’en fait pas l’alpha et l’oméga. Si la prosaïque réalité doit l’emporter, alors tant pis ! Mais on sait qu’il ne renoncera pas à ses convictions. C’est finalement la coopération entre la police et un agent fédéral secret mais bien réel qui permettra à la vérité de se faire jour.

Anecdotes :

  • L’épisode ne compte pas d’accroche. La séquence « Il y a deux catégories de personnes qui réfléchissent à des façons de tuer » est supprimée.

  • « Les parents d’Ashley vous aimeront. Il vous suffit de ne pas être vous-même », assène avec gourmandise Beckett à Castle qui doit dîner avec les parents du petit ami d’Alexis !

  • Le titre original de cet épisode est un jeu de mot avec le titre original du film Rencontres du troisième type à savoir Close Encounters of the Third Kind.

  • Cet épisode multiplie les références à la série X-Files : Aux frontières du réel. Le titre français l’avait déjà annoncé !

  • Un des acteurs invités, Lance Henriksen, a interprété le personnage principal de la série MillenniuM, créée par Chris Carter à l'instar de X-Files.

  • Castle, après avoir parlé chinois, explique qu'il parle chinois parce qu'il adorait une série télévisée. Une autre référence à la série Firefly dans laquelle Nathan Fillion jouait dans un monde où l'anglais et le chinois mandarin sont parlés couramment par tout le monde.

  • Lance Henriksen/Benny Stryker : acteur américain, vu au cinéma dans Rencontre du troisième type (1977), Terminator (1984), Aliens, le retour (1986), Aliens 3 (1992), Mort ou vif (1995), Scream 3 (2000), Appaloosa (2008). Il a également joué pour la télévision où il est surtout connu pour MilléniuM (1996-1999). On l’a vu aussi dans NCIS (2007) et The Blacklist (2015).

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10. MAUVAISE ALLIANCE 
(FOLLOW THE MONEY)

Scénario : Scott Williams

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

La mort d’un ancien docker fauché, un ancien bar et la Prohibition sont les ingrédients du nouveau cocktail pour Castle et Beckett.

Critique :

Bel hommage au passé sulfureux de l’Amérique mais aussi à une certaine ambiance quand « atmosphère » voulait dire quelque chose de l’esprit d’un lieu.

Tout commence quand le corps d’un certain Donnie est sorti de l’East River. Les enquêteurs trouvent très vite que c’est un ancien docker et Castle fantasme déjà sur l’implication de la Mafia ! Il y a bien un ancien type louche mais il a juste vendu un bar, le Old Haunt à Donnie qui y avait des souvenirs. Castle fait un éloge vibrant du lieu et c’est un régal d’entendre vibrer ces mots d’autant que Nathan Fillion est vraiment excellent dans l’incarnation de son personnage. Sur cet épisode, il vole la vedette à Stana Katic qui se rattrape pour partie dans l’interrogatoire du barman. C’est ultra-sexy et plein d’humour. On a encore l’occasion de rire avec le troisième suspect de l’épisode, complètement « chargé » mais blanc comme neige. C’est sans doute le point faible de cet épisode ; le coupable n’est pas si dur à trouver quand on a éliminé presque tout le monde très vite. A défaut d’un whodunit à la Duchesse de la mort, il reste le whydunit.

Le Old Haunt est au cœur de l’intrigue et le décor a été particulièrement soigné. Il y a un bel effort de reconstitution avec ce souci de lier le beau à l’utile, à savoir donner l’illusion qu’il s’agit d’un lieu lié à la Prohibition. Le tunnel qu’empruntent nos duettistes est un classique de la littérature policière de l’époque (lire Sax Rohmer ou Dashiell Hammett) mais il s’insère avec aisance dans l’histoire et joue un rôle déterminant dans l’explication et la résolution de l’intrigue. Le scénariste s’offre en plus le luxe de se payer la jeunesse branchée par cette confrontation entre un Castle amoureux et respectueux du passé et une tête à claque patron de start-up ; le genre à se gargariser d’avoir inventé la roue et de l’avoir fait breveter. La charge caustique est à déguster sans modération.

Dans une histoire où le passé se rappelle et se confronte au présent, l’intrigue secondaire avec la copine d’Alexis venue du Kansas est certes très mineure mais elle résonne plutôt bien avec l’ensemble.

Anecdotes :

  • Castle a écrit « Pour une poignée de balles » au Old Haunt.

  • L’écrivain multiplie les références au cinéma dont Les Dents de la mer et Alien.

  • Beckett fait référence aux « alligators » dans les égouts. Légende urbaine, elle s’appuie sur un fait véridique : un crocodile est sorti des égouts de New York le 10 février 1935. Dès 1936, la municipalité lança une campagne d’éradication. Il est de toute façon impossible à un reptile de vivre dans un environnement aussi froid.

  • La Prohibition : le terme renvoie à la campagne contre la production, la vente et la consommation d’alcool. Elle fut institutionnalisée par le 18ème amendement en 1919 mais suscita une puissante contrebande. Roosevelt la supprima en 1933 (21ème amendement).

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11. PARI GAGNANT 
(LET IT RIDE)

Scénario : David Grae

Réalisation : Jeff Blekner

Résumé :

Alors que l’équipe enquête sur la mort d’une marieuse, elle accueille l’actrice qui doit incarner Nikki Heat au cinéma et veut s’inspirer de Beckett !

Critique :

Attention ! Idée brillante ! Un scénario signé David Grae est en général gage de qualité mais ici, il fait preuve d’une belle inventivité et d’un grand humour car c’est la série qui se moque d’elle-même ! La mise en abîme est hilarante et nos duettistes interprètent une symphonie en trois temps impeccable. Comme l’intrigue policière n’est nullement sacrifiée à cet exercice de style, le spectateur est à la noce !

A la noce parce que la victime, Stacy Collins, veillait à ce que des couples se rencontrent. « Un petit meurtre te fera du bien » avait dit Alexis à son père affligé par le choix de l’actrice Natalie Rhodes pour interpréter Nikki Heat. C’est vrai que les premières images dont on nous gratifie n’ont rien de gratifiant pour elle et l’énoncé de sa filmographie – qu’Alexis n’a « pas vu » mais qu’elle connaît bien – a de quoi faire fuir en effet !! Or, voilà que ladite Natalie Rhodes débarque sur la scène de crime !!! Beckett avait donné son accord pour qu’elle la suive et prenne des notes (elle a l’habitude !). C’est le premier mouvement de la symphonie : Beckett confiante, collaborant de bonne grâce avec une Natalie à l’écoute, concentrée et un Castle proprement snobé et dont toutes les tentatives pour se rendre intéressant virent au pathétique. Il a des répliques d’une platitude confondante prononcées avec le sérieux qui ne va pas. Même Chuck Norris s’en sortirait mieux ! Nathan Fillion est juste génial ; une mimique suffit pour nous faire comprendre la solitude d’un auteur à qui sa muse et sa création échappent. Que Natalie n’ait pas lu Vague de chaleur, roman justement porté à l’écran, est juste le dernier clou du cercueil de Richard Castle !

Le second mouvement correspond à l’approfondissement de l’enquête. La victime versait beaucoup d’argent à un détective miteux qui se renseignant sur les clients de celle-ci. A ce moment, Natalie avoue à Castle qu’elle trouve le personnage de Nikki « complexe » et qu’elle espère parvenir à lui ressembler un peu. Cela n’a l’air de rien mais ces quelques mots rassénèrent le romancier qui amorce sa « réévaluation » de l’actrice. Laquelle, pour s’immerger dans le personnage, va jusqu’à copier la gestuelle de Beckett et à lui ressembler physiquement ! C’est bluffant ! Du coup, Beckett commence à paniquer. Il faut dire que Laura Prépon en brune ressemble effectivement beaucoup à Stana Katic ! On est aussi obligé de rire devant la mine rêveuse de Nathan Fillion !!! Le réalisateur s’amuse avec des gros plans sur les visages montrant la palette des sentiments des acteurs. Ce mouvement se termine lorsque, pour « rentrer dans le personnage », Natalie « chauffe » Castle puisque celui-ci s’est inspiré de lui-même pour créer le personnage de Jameson Rook, journaliste qui suit Nikki Heat de près (de très près même).

Enfin, le troisième mouvement voit Natalie demander à Beckett si Castle est gay : ce dernier a refusé de coucher avec elle ! Du côté de l’enquête, les policiers se sont concentrés sur la jolie secrétaire du miteux et celle-ci avoue piéger des hommes à la demande de Stacy. Le final baigne dans le mélodramatique mais c’est justement l’effet recherché et c’est vraiment drôle. Natalie Rhodes en est quasiment arrivé à faire plus Beckett que Beckett et celle-ci est soulagée que cela soit fini. Tout au long de l’épisode, Stana Katic et Nathan Fillion auront été à leur meilleur niveau mais Laura Prépon se sera révélée excellente. Qu’elle commence avec un look de bimbo ne fait que renforcer la mue de l’actrice qui joue une actrice devenant meilleure à mesure qu’elle comprend le personnage. C’est une jolie réflexion sur l’image et le monde du spectacle, plus originale d’autant que Castle s’est justement inspiré de Beckett pour créer Nikki et voilà Natalie copiant Beckett pour comprendre Nikki. Pour une fois, Frankenstein a réussi son œuvre !

En petite musique de fond, l’intrigue mineure du jour prend Kevin Ryan en personnage principal. Il va demander sa petite amie Jenny en mariage. Castle lui donne quelques conseils farfelus qui lancent l’épisode ! Et il se trouve que Natalie est un fantasme du policier ! Seamus Dever est épatant dans cet homme simple, qui s’efforce d’être un bon policier et un amoureux sincère malgré la présence d’une bombe sexuelle à ses côtés. L’épisode se termine sous les applaudissements. Rien de plus normal.

Anecdotes :

  • Nikki Heat est le nom original de l’héroïne créée par Castle. En VF, elle est appelée « Nikki Hard » mais, dans les traductions françaises des romans, c’est bien son nom original qui est utilisé.

  • Après le record d'audience de près de 10 millions de téléspectateurs sur la chaîne ABC, celle-ci a commandé une quatrième saison pour la série.

  • Lorsque Ryan montre sa bague à Castle, celui-ci fait un simulacre de demande à Beckett. C’est la seconde fois qu’il lui présente une bague de fiançailles.

  • Laura Prépon/Natalie Rhodes : actrice américaine, essentiellement présente à la télévision : That 70’Show (1998-2006), How I met your mother (2009-2010), Docteur House (2010), Orange is the new black (depuis 2013).

  • Absence de Tamala Jones et de Ruben Santiago-Hudson.

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12. HUIS CLOS EXPLOSIF 
(HELL ON THE HIGH WATER)

Scénario :Terri Edda Miller

Réalisation : Millicent Shelton

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent sur la mort d’un magicien mais il y a un lapin dans le chapeau !

Critique :

Consacrer un épisode de Castle à la magie relève tellement de l’évidence qu’on se demande comment les scénaristes n’y ont pas pensé plus tôt. Il est aussi agréable que la magie constitue un élément de constitution du « Caskett » par les souvenirs qu’elle évoque à nos duellistes.

Faux semblant. C’est ce qui qualifie le mieux la magie. Tout est différent de ce qu’il paraît être et le scénario parvient à rendre tangible sans gratuité cette évidence. La mort paraît être un suicide mais la lettre laissée par la victime révèle autre chose. Ladite victime paraît soudain vivante mais c’est un frère jumeau (d’où la théorie farfelue du jour de Castle). Un vieil artisan construit un automate mais les enquêteurs ont découvert des traces d’explosif. Pour finir, deux morts sortent de leurs tombes ! Pour résoudre le meurtre et confondre le coupable, la police va devoir avoir recours…à la magie ! C’est brillant, bien joué et ce coup final couronne aussi un épisode où l’humour n’aura pas manqué.

Faux semblant donc. Deux intrigues secondaires utilisent ce procédé. D’abord, Lanie et Esposito qui sont en couple mais le cache aux autres. L’épisode est généreux avec Tamala Jones qui dispose de bien plus de temps de présence et l’utilise à bon escient réussissant en une scène à être à la fois glamour et factuelle. Ensuite, Castle et Gina dont l’histoire prend fin. Ainsi que l’avoue le romancier à sa mère (brève mais utilise présence de Susan Sullivan parfaite en mère attentive et présente), il vivait quelque chose de banal et rêvait de magie. C’est aussi la morale de cette histoire : la magie détourne le réel, elle ne s’y substitue pas.

Anecdotes :

  • « Alakazam » invoque Beckett : c’est une formule contraire au traditionnel « Abracadabra » dont l’origine est moyen-orientale mais l’étymologie contestée. C’est une invocation performative (la prononcer provoque quelque chose) et c’est la formule utilisée pour animer le Golem.

  • Brett Cullen/Christian Dahl : acteur américain, vu au cinéma dans Wyatt Earp (1994), La vie devant ses yeux (2007) mais plus souvent à la télévision : Les oiseaux se cachent pour mourir (1983), Falcon Crest (1986-1988), L’Equipée du Pony Express (1989-1990), Ally McBeal (1997), FBI : Portés Disparus (2002), Desperate Housewifes (2004-2005), A la Maison-Blanche (2005-2006), Lost (2005-2008), Ugly Betty (2006-2007), Person of Interest (2011-2013), Under the Dome (2014-2015).

  • Jeff Hephner/Edmund et Zalman Drake : acteur américain né Jeffrey Lane Hephner. On l’a vu dans les séries Newport Beach (2005), Docteur House (2008), Chicago Fire (2013), Chicago Med (2016).

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson.

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13. LE RETOUR DU PIRATE 
(RETURN OF THE KING)

 

Scénario : Will Beall

Réalisation : Tom Wright

Résumé :

Un ancien policier contacte Kate Beckett pour lui parler du meurtre de sa mère mais il est abattu devant elle.

Critique :

Il y a deux catégories d’épisodes excellents dans Castle : ceux qui poussent l’humour au plus loin en pastichant les films et séries de genre et ceux qui sont des œuvres au noir. Cet épisode est de la seconde catégorie et de la meilleure eau.

Exceptionnellement, il ne débute pas par la découverte d’un corps ; ce qui est déjà une indication que ce n’est pas un épisode ordinaire. John Raglan est mourant et veut tout raconter à Beckett (venue en compagnie de Castle) mais il est tué. Il a tout de même eu le temps d’apporter un élément nouveau qui, dans un premier temps, complexifie l’histoire. A rebours de l’épisode type, aucune des personnes interrogées n’est innocente à un degré ou à un autre mais toute sont des pièces d’un sinistre puzzle qui prend sens dans une époque pas si lointaine où New York vivait sous la coupe de la Mafia. Presque tous les interrogatoires sont des confrontations ; celle avec Vulcan Simmons est la plus violente psychologiquement. Jonathan Adam est prodigieux dans l’incarnation d’un véritable serpent, malveillant, à la fausse élégance, mais fin renard et sachant pousser à bout Kate Beckett. Sans faute de Stana Katic qui fait ressentir toutes les émotions par lesquelles passent son personnage. Il faut la voir complètement livide par exemple. On est avec elle du début à la fin sans la lâcher et on apprécie que Richard Castle vienne la soutenir. Le romancier, à qui sa mère a demandé d’être honnête sur la raison qui le fait aller au poste de police tous les jours, ne se dérobe pas. Il apportera une aide importante et il sera déterminant dans le final éprouvant.

Le grand mérite de cet épisode est de replacer un fait – le meurtre de Johanna Beckett – dans un contexte plus large ; lui donnant une profondeur et une consistance et partant un intérêt. Intérêt renouvelé puisque l’épisode ne résout pas le crime originel tout en faisant avancer l’histoire générale. Les nouveaux personnages impliqués sont importants chacun à leur manière, ce qui construit une narration riche et passionnante à suivre et qui rend crédible la présence du « dragon » ; le puissant commanditaire in fine. Avec une réalisation alerte qui joue à fond la carte du mouvement, tout en réussissant à placer de courts mais précieux moments plus intimes, c’est un des sommets de la saison.

Anecdotes :

  • Jonathan Adam/Vulcan Simmons : acteur américain, très peu de films à son actif mais plusieurs séries : Bones, Nikita, NCIS : Los Angeles.

  • Max Martini/Hal Lockwood : acteur américain présent sur les deux écrans. Au cinéma, on a pu le voir dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998), Colombiana (2011), Captain Phillips (2013), Cinquante nuances de Grey (2015), Cinquante nuances plus sombres (2017). A la télévision : Le Caméléon (1997), Les Experts (2002), Les Experts : Miami (2003), The Unit (2006-2009), Mentalist (2012).

  • Absence de Molly C. Quinn et de Tamala Jones.

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14. PANDORA'S BOX, PART 2 
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : Émile Levisetti

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent sur la mort d’un ancien gagnant de la loterie.

Critique :

Un épisode sympathique mais un peu banal. Le thème de « l’argent ne fait pas le bonheur » est par trop cliché pour être un moteur d’intrigue satisfaisant.

De fait, si l’histoire se suit sans déplaisir et avec un certain nombre de rebondissements intéressants voire amusants, elle n’a pas d’éléments de fantaisie qui font le sel de cette série. Elle reprend un certain nombre de clichés (enfant toxico, passé qui ne passe pas) ou de figures rituelles (dealer jouisseur, gagnant qui culpabilise, majordome guindé). Il y a cependant un bon rebondissement pour relancer l’intrigue dans la dernière partie de l’épisode, ce qui donne un coupable convainquant et qu’on avait trop facilement laissé passer. On appréciera aussi l’astuce de Castle pour résoudre l’énigme. Le fil rouge de ce que ferait les personnages principaux avec le gros lot est plaisant mais sans plus. Sauf le final qui est réellement touchant parce qu’il concerne nos héros.

L’intrigue secondaire du jour concerne Martha désemparée par l’héritage fabuleux que lui a laissé Chet. Il est agréable que ce soit Beckett qui lui souffle le moyen d’en user sans mal agir et sans remords.

Anecdotes :

  • Pour Castle, le coupable c’est le majordome ! Un classique du roman policier dont Chapeau melon avait su faire son miel (Les espions font le service).

  • « La richesse ne fait qu’accentuer tous les aspects de notre personnalité » philosophe Castle…qui avoue que c’est son côté enfantin qui en a profité.

  • Castle s’est acheté un cratère de la Lune ! Depuis le traité sur l’espace de 1967, la Lune est considérée comme un espace international (comme les mers). En revanche, l’appropriation dans des buts commerciaux et économiques reste juridiquement floue.

  • Ned Bellamy/Logan Meech : acteur américain, vu dans Les enquêtes de Remington Steele (1986), Arabesque (1993), Les Experts : Miami (2004), The Unit (2006-2007), Terminator : les chroniques de Sarah Connors (2008-2009), Treme (2011-2013), Resurrection (2014).il a aussi joué au cinéma : Ed Wood (1994), Dans la peau de John Malkovitch (1999), Saw (2004), Twilight chapitre I-Fascination (2008), Django Unchained (2012).

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15. TERMINUS 
(END OF THE LINE)

Scénario : Moira Kirland

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

La mort de l’épouse d’un vieil ami de Richard Castle provoque une crise avec Kate Beckett.

Critique :

Moira Kirland a brillamment mis en forme cette idée géniale que de mettre à l’épreuve la solidité du « Caskett » sur un autre terrain que celui des sentiments ; en plaçant cette opposition sur le terrain qui les réunit : le crime.

La victime était l’épouse de Damian Weslake, ami de Castle. Les explications que donne celui-ci à sa défense acharnée sont très convaincantes ; en plus, Nathan Fillion donne beaucoup de chaleur à celles-ci. L’acteur est impeccable, tant dans son obstruction initiale que dans son repentir et sa soif de justice. « Écoute ton cœur » lui dit Martha, toujours de bon conseil. Le scénario est véritablement habile puisqu’il charge Damian mais indirectement. L’élément le plus lourd étant la « coïncidence » entre ce crime et la mort du père de Damian, 20 ans auparavant. Or, que dit-on des coïncidences dans les séries policières ?

La série joue sur ses habitudes, comme le « bon » suspect initial mais innocent. Le fait qu’il soit relativement vite expédié signifie que le scénario va appuyer ailleurs et, de fait, il multiplie les suspects. Ils sont relativement bien dessinés même si un peu schématiques. Par contre, Jason Wiles n’est pas tout à fait le bon choix pour Damian. Emprunté, peu à l’aise et sans beaucoup d’expression, il ne crée que partiellement une connexion avec Nathan Fillion. Mais il y a beaucoup de rebondissements, tous crédibles et la rivalité entre Castle et Beckett rajoute un allant et pas mal de suspense. L’enquête à double hélice accouche d’une double résolution absolument stupéfiante et d’un final doux-amer.

Anecdotes :

  • « Chez les riches, les meurtres sont toujours bizarres » affirme Esposito

  • L’épisode se passe aux alentours de la Saint Valentin.

  • Alicia Coppola/Amber Patinelli : actrice américaine diplômée d’anthropologie et ancien mannequin n’a aucun lien de parenté avec Francis Ford Coppola. Vue au cinéma dans Benjamin Gates et le trésor des Templiers (2008) mais plus souvent à la télévision, notamment Another World (1991-1993), Trinity (1998-1999), Cold Feet (1999-2000), JAG (2003), Preuves à l’appui (2003-2005), NCIS (2004-2005, 3 épisodes), Mon oncle Charlie (2005-2013), NCIS : Los Angeles (2010, 2015), Esprits criminels (2014), Shameless (2016).

  • Tom Irwing/Simon Campbell : acteur américain, vu dans les séries Angela, 15 ans (1998-1999), Les Experts (2002), Related (2005-2006), Saving Grace (2007-2010), Grey’s Anatomy (2010-2011), Devious Maids (2013-2016).

  • Jason Wiles/Damian Westlake : acteur américain, surtout actif à la télévision : New York 911 (1999-2005), American Wives (2007), Esprits criminels (2010), Scream (2015).

  • Absence de Tamala Jones.

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16. ENVERS ET CONTRE TOUT 
(THE LAST STAND)

Scénario : David Amann

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Croyant enquêter sur la mort d’un simple chauffeur de taxi, Castle et Beckett se retrouvent à chercher une arme de destruction massive !

Critique :

L’excellent épisode par nature : partir d’un fait banal et amener doucement à quelque chose de beaucoup plus gros, mettre de l’humour au départ puis le réduire progressivement tout en faisant monter la pression, doubler l’enquête habituelle du soupçon de la manipulation, et vous obtenez 40 minutes  (quasiment) sans faute qui vous scotchent à votre fauteuil.

D’entrée de jeu, Rob Bowman – sûrement le meilleur réalisateur de la série et un très bon réalisateur tout court – installe une tension, un rythme rapide marqué par une musique forte, qui scande les secondes et que l’on retrouvera plus tard. Tout commence donc par la mort d’Amir, un chauffeur de taxi dans un entrepôt abandonné. Ainsi que le souligne Lanie, tout pourrait faire paraître à un vol qui aurait mal tourné mais pourquoi avoir brisé les doigts du défunt ? David Amann, une des meilleures plumes du staff, nous invite ainsi à ne pas prendre ce que nous allons voir comme allant de soi, plus que d’habitude. La présence d’un diplomate syrien semble convenue mais c’est efficace pour troubler l’onde et cela nous vaut l’habituelle mais toujours réjouissante théorie de Castle ! Lequel devant un garde-meuble nous régalera une dernière fois d’une référence cinématographique amusante.

Une dernière fois parce que voilà que des traces de radioactivité sont détectées. Avant que l’enquête n’atteigne un climax de tension, le scénario s’est accordé une pause pour que Beckett évoque ses états d’âme, dise son amertume devant la tournure de sa vie amoureuse et trace le portrait du compagnon idéal. Intéressant que, sur ce passage, Nathan Fillion n’ait aucune ligne de texte. L’arrivée de Mark Fallon, de la Sécurité Intérieure, n’apaise pas vraiment les esprits ; d’autant qu’Adrian Pasdar est diablement convainquant en homme d’autorité. L’enquête suit un rythme trépidant car il y a urgence et ce moteur, pour être classique, n’en reste pas moins efficace. Tout comme le procédé un brin éculé d’éjecter les héros de l’enquête, histoire de dramatiser encore un peu les enjeux. Alors, certes, du coup, il n’y a plus de surprise désormais mais cela n’enlève rien à la qualité de l’ensemble car David Amann a su doser les révélations, amener chaque élément à temps et s’il ne surprend pas, c’est qu’il avait gardé une terrible carte dans son jeu qu’il abat à la dernière minute nous laissant tétanisé !

Anecdotes :

  • Cet épisode et le suivant forment un double épisode.

  • Alon Moni Aboutboul/Fariq Yusef : acteur israélien, vu au cinéma dans Rambo 3 (1988), Munich (2005), The Dark Knight Rises (2012), La chute de Londres (2016). Il travaille aussi pour la télévision : NCIS (2010), Fringe (2011), NCIS : Los Angeles (2013), The Blacklist (2014), The Leftovers (2015).

  • Lochlyn Munro/Kevin McCann : acteur canadien, vu dans Highlander (1994), JAG (1999), Monk (2004), Hawaï Five-0 (2012), Rizzoli & Isles (2015). Au cinéma, dans Dracula 2001 (2000), Freddy contre Jason (2003), Assaut sur Wall Street (2013), A la poursuite de demain (2015).

  • Adrian Pasdar/agent Mark Fallon : acteur américain, vu au cinéma dans Top Gun (1986), Aux frontières de l’aube (1987), L’impasse (1993) mais surtout à la télévision : Profit (1996-1997), Les Chemins de l’étrange (2000-2002), Amy (2003-2005), Heroes (2006-2010), The Lying Game (2011), Agents of SHIELD (2014), Colony (2016).

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17. RAPIDE, SILENCIEUX, MORTEL 
(SWIFT, SILENT, DEADLY)

Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Bill Roe

Résumé :

Les enquêteurs n’ont que quelques heures pour découvrir la bombe.

Critique :

La surprise ne joue plus ici puisque le spectateur sait quels sont les tenants et les aboutissants mais le scénario d’Andrew W. Marlowe sait parfaitement user du contre-la-montre, gérer la tension et garder un peu de temps pour ses personnages. La réalisation est sans faute. L’orchestration est cependant moins présente et moins signifiante que pour le premier volet.

Tout le départ de l’épisode (jusqu’au générique) se joue sur trois fronts qui se renforcent mutuellement générant un effet d’angoisse croissant : Castle et Beckett se congelant à petit feu, Martha et Alexis rentrées inopinément et se demandant où est Richard, les enquêteurs à cran ayant autre chose à faire que les chercher. Évidemment que notre couple préféré s’en sortira mais, par un coup de vice dont on aurait pourtant pu s’attendre de la part de Marlowe, le « Caskett » subit un coup d’arrêt.

Castle va véritablement être le moteur de tout l’épisode. Ce sont ses intuitions, ses suggestions qui vont réellement permettre à l’enquête de progresser. Du grand Nathan Fillion. Pourtant, Mark Fallon ne passe pas au second plan grâce à l’énergie que met Adrian Pasdar dans son personnage. Il ne le rend vraiment pas sympathique mais c’est parfaitement voulu et pleinement réalisé. Juste une anecdote glissée par Ryan éclairera sur les motivations de l’agent Fallon. Après la séquence Dana Delany en saison 2, c’est une autre séquence de haut vol que s’offre la série avec Adrian Pasdar. C’est moins chaleureux mais, du moins, c’est complètement différent et pas moins intéressant. Coup de génie du scénariste que la « méthode Castle » qui sauve New York ! C’est à peine croyable mais c’est tellement bon !!

Anecdotes :

  • Générique différent : il est bleu glacier et l’orchestration n’est pas la même.

  • « On est programmé par la peur » énonce Beckett

  • Approximativement au 3/4 de l’épisode, Esposito cite deux noms, Evan Bauer et Jack Cochran ; en prenant le nom du premier et le prénom du second, il est possible d'obtenir Jack Bauer, le personnage principal de 24 heures chrono. Cochran est sans doute une référence à Robert Cochran, co-créateur de la série (avec Joel Surnow). Quant à Evan peut être une référence à Evan Katz, scénariste/executive producer durant toute la série 24 heures chrono, et co-créateur avec Manny Coto du spin-off 24 : Legacy.

  • Absence de Tamala Jones.

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18. UN PASSÉ ENCOMBRANT 
(SLAY THE DRAGON)

Scénario : Elisabeth Davis

Réalisation : David M. Barrett

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent dans le monde impitoyable du soap-opera.

Critique :

Une fois encore, Castle se paye un genre et c’est le soap qui trinque. L’épisode est amusant, surjoué évidemment mais il aurait pu être meilleur cependant. Les différents éléments donnent plus l’impression d’être juxtaposés que réellement mêlés. On passe donc de l’un à l’autre sans vrai lien. L’écriture d’un soap a peut-être déteint sur Elisabeth Davis. En tout cas, on rit pas mal.

La mort de la victime est déjà une satire en soi : c’est un auteur ! L’effet miroir joue et on savoure d’autant que Castle et Beckett la prolonge d’une certaine façon. Néanmoins, ensuite, c’est un déroulement beaucoup plus classique qui survient même si les interrogatoires des comédiens sont très cocasses. Très drôles certes mais on a quand même connu plus désopilant. Elisabeth Davis s’amuse à doter tous les suspects d’alibis et on sourit devant la perplexité croissante des enquêteurs. Le problème c’est que quand Castle trouve la solution, l’impression laissé c’est qu’elle sort de nulle part. On aura une dernière occasion de sourire avec la scène écrite par le romancier pour le soap.

Heureusement, les divas vont sauver le médiocre pour le tirer vers le mieux. Susan Sullivan se déchaîne dans cet épisode qui a dû lui rappeler des souvenirs ! Martha est littéralement dans son élément puisqu’elle a joué dans ce soap…trente ans avant ! Elle veut se la jouer « agent infiltré » et c’est vraiment très drôle. Surtout dans deux moments ne paraissant pas du tout être ce qu’ils sont. Là, on est plié et la complicité entre Susan Sullivan et Nathan Fillion est exquise. Et puis il y a Jane Seymour, en invité de luxe. L’actrice surjoue une grande partie du temps (elle incarne la mère de la victime et il ne faut pas rater le moment où elle est amenée au poste) mais, quand son personnage est fermement interrogé par les enquêteurs, elle se pose et nous montre, à nous et à Castle et Beckett, ce que c’est que le talent. On n’ira pas jusqu’à brûler un cierge mais, dans le contexte de cet épisode, Jane Seymour était l’actrice qu’il fallait et elle ne se rate pas, nous faisant bien rire alors que son personnage n’a rien de reluisant !

Anecdotes :

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson

  • Castle affirme qu’une machine à dérégler le climat a été imaginée dans un soap. Lequel est imaginaire mais la machine a été imaginé, elle, dans le film Chapeau melon et bottes de cuir !

  • Scène rarissime : Castle appelle Beckett « Katherine » mais c’était pour se moquer.

  • Tina Majorino/Reese Harlan : actrice américaine, de son nom complet Harmony Olivia Tina Majorino, elle travaille essentiellement pour la télévision : Veronica Mars (2004-2007), Big Love (2006-2010), Bones (3 épisodes, 2010-2011), Legends (2014).

  • Jane Seymour/Gloria Chambers : née Joyce Frankenberg, cette actrice britannique a été naturalisée américaine en 2005. Elle débute avec Ah ! Dieu ! que la guerre est jolie ! (1969) de Richard Attenborough, qui deviendra son beau-père entre 1971 et 1973 mais c’est son rôle de James Bond Girl dans Vivre et laisser mourir (Solitaire) en 1973 qui la fait connaître. Elle jouera ensuite notamment dans La Révolution française (1989) ou Serial noceurs (2005) mais c’est la télévision qui lui donne ses principaux rôles, en particulier Docteur Quinn, femme médecin (1993-1998). Elle a aussi joué dans les séries Smallville (2004-2005), Miss Marple (2007), Franklin et Bash (2012-2014), Jane the Virgin (2015). Élevée officier dans l’Ordre de l’Empire britannique en 2000. 

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19. ANTIDOTE 
(QUID PRO QUO)

Scénario : Terence Paul Winter

Réalisation : Jeff Blockner

Résumé :

Un juré s’effondre en plein procès : il a été empoisonné !

Critique :

Un honnête épisode même s’il n’a rien de particulièrement original. Son erreur est de ne pas se moquer du genre judiciaire et de l’aborder de façon trop sérieuse. Il est cependant assez bien écrit pour se suivre plaisamment.

L’épisode se base sur l’aphorisme bien connu : « A qui profite le crime ? ». En l’occurrence à l’accusé. Le scénario est assez habile pour ne pas l’écarter de la liste des suspects mais un autre aphorisme veut que le doute lui profite aussi. L’accusé innocent, c’est un cliché des séries et films judiciaires et, sur ce plan, Castle n’innove absolument pas mais, surtout, ne propose pas une fantaisie qui donnerait un second degré à l’épisode. A la place, c’est une enquête sérieuse mais banale qui nous est proposée. Par contre, on appréciera que le personnage de Montgomery soit mis en avant. Voilà un policier consciencieux mis sous pression par le procureur en personne ; difficile de bien faire son métier quand l’affaire concerne un procès médiatisé. C’est grâce à sa ténacité, et au soutien sans faille qu’il apporte à Beckett, que l’affaire sera résolue. Ruben Santiago-Hudson campe solidement son rôle.

Il y a une intrigue secondaire dans cet épisode autour d’un secret d’Alexis et d’une méthode peu scrupuleuse de son père pour savoir ce que fait sa fille. Amusant même si c’est une redite destinée à nous faire comprendre la foncière honnêteté de la jeune fille. Heureusement, la bonne composition de Molly C. Quinn permet à Alexis d’échapper au cliché de la bonne fille un peu bêta. On aura aussi apprécié comment elle remet son père en place mais, ça aussi c’est une redite. Dommage.

Anecdotes :

  • Le titre original de cet épisode est un jeu de mot avec la série Law and Order connue en France sous le nom New York, police judiciaire.

  • Bruce Davison/Louis Arnacki : acteur américain, vu au cinéma dans Fureur apache (1972), Six degrés de séparation (1993), X-Men (2000, 2002), Le maître du jeu (2003). Il a tourné aussi pour la télévision : Les contes de la crypte (1995), Triangle (2005), Les aventures de Flynn Carson : le secret de la coupe maudite (2008).

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20. UN MENTOR TRÈS SPÉCIAL 
(NOLA CONFIDENTIAL)

Scénario : Scott Williams

Réalisation : Steve Boyum

Résumé :

Le corps d’un journaliste est retrouvé dans le four d’une pizzéria.

Critique :

Voilà un épisode de Castle comme on les aime, plein d’humour mais un humour au service d’une solide enquête policière.

Avant le générique (donc en moins de dix minutes), le spectateur a eu deux grands éclats de rire ! Rien que les noms des quatre pizzaiolos en guerre sont des bijoux de drôlerie sans oublier les coups pendables qu’ils se sont faits entre eux ! Même Lanie pour une fois sacrifie à l’humour noir !! La théorie fumeuse de Castle est aussi brève qu’hilarante. L’identité de la victime, Gordon Burns, journaliste déchu, lance véritablement l’histoire. Une histoire simple puisqu’elle part de la « guerre des pizzas » pour aboutir à un trafic de drogue. Simple mais en aucun cas linéaire. Chacun des suspects pourrait être lié au crime et au trafic mais leurs interrogatoires distillent également de petites pastilles d’humour. Faire rire en instruisant le spectateur ; c’est bien joué.

L’enquête rebondit avec la découverte de Monica Wyatt, une ex de la victime. Liz Vassey apporte la gravité et la tendresse appropriée faisant un joli contraste avec les hommes jusqu’alors présenté qui avaient tous un côté ridicule ou pathétique. Poursuivre l’enquête va permettre de traquer la « Baleine Blanche » de Burns en lien avec un épisode traumatisant de son passé. Voilà l’élément tragique qui densifie le fond de l’épisode. Très appréciable aussi la révérence, très dans l’ADN de la série, au « film noir » et que ce soit « Boggie » qui apporte un élément déterminant est un bel hommage. Le fin mot de l’histoire, il revient à Castle, grand amateur du genre.

L’intrigue secondaire du jour, liée à Alexis, est différente des habituelles par sa gravité. L’adolescente vit très mal un coup qu’on lui a fait et ne comprend pas bien pourquoi elle réagit comme elle le fait. Molly C. Quinn est ici particulièrement convaincante et la connexion avec Nathan Fillion toujours aussi limpide. Les deux acteurs réalisent un sans-faute dans cette partition et il est bien vu de ne pas dresser de « l’âge ingrat » un portrait caricatural mais bien nuancé.

Anecdotes :

  • Castle a écrit « Ciel de cendres ».

  • En 2003, Ryan était dans la brigade des stups.

  • La « Baleine blanche » fait évidemment référence à Moby Dick, métaphore de l’obsession destructrice, d’après le roman éponyme d’Herman Melville. Il y a plusieurs références dans l’épisode.

  • Gary Basaraba/Ralph Carbone : acteur canadien, vu au cinéma dans La dernière tentation du Christ (1988), Striptease (1996), Suburbicon (2017) et à la télévision dans Brooklyn South (1997-1998), Boomtown (2002-2003), Person of Interest (2013-2014), NCIS : Nouvelle-Orléans (2016).

  • Peter Onorati/Sal Malavolta : acteur américain, surtout actif à la télévision : Walker, Texas Ranger (2000), Mes plus belles années (2002-2004), Ghost Whisperer (2007), Desperate Housewifes (2009).

  • Liz Vassey/Monica Wyatt : actrice américaine, elle tourne principalement pour la télévision : La Force du destin (1990-1992), Code Quantum (1991, 1993), Star Trek : la nouvelle génération (1992), Urgences (1994), Dharma et Greg (2000), Tru Calling (2005), Les Experts (2005-2010), La diva du divan (2011-2012).

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21. REPRÉSAILLES 
(KREWE)

Scénario : Matt Pyken

Réalisation : Paul Holahan

Résumé :

Un champion de natation est retrouvé mort noyé. Parallèlement, Castle s’agace de voir un autre auteur s’intéresser à Beckett.

Critique :

Episode un peu ambivalent. Son intrigue principale ne casse pas trois pattes à un canard mais elle est tout de même suffisamment bien écrite pour rester intéressante. Par contre, une fois n’est pas coutume, l’intrigue secondaire concerne Richard Castle lui-même ! Ces deux segments tendent à se renforcer mutuellement, ce qui est une réussite, et sauve l’épisode.

Lequel commençait mal avec cette histoire d’un nageur venu d’un milieu modeste, désargenté et qui devient un potentiel champion. La question usuelle du « D’où vient l’argent ? » n’est néanmoins pas mal exploitée puisqu’elle permet de développer l’environnement de la victime, fournissant ainsi la crédibilité du mobile du meurtre lorsque les enquêteurs l’auront trouvé. Le dopage dans le sport est aussi devenu un cliché de la série policière. C’est dommage d’y avoir sacrifié.

Tout cela va déboucher sur la résolution du crime grâce à…Michael Connelly ! Le célèbre auteur de polars participe à la traditionnelle soirée poker chez Castle (avec Dennis Lehanne) et c’est lui qui pose la question qui va renverser la table et relancer l’intrigue. Cette séance prend place dans l’intrigue secondaire autour d’Alex Conrad, auteur de polar débutant qui a pour mentor Richard Castle. Sauf que Castle Richard prend ombrage de l’intérêt de Conrad pour Beckett. La jalousie du romancier est aussi comique que sincère et Nathan Fillion joue toute la gamme : colère froide, méchanceté de gamin, homme sensé obligé de reconnaître sa mesquinerie. Le plus beau, c’est l’aveu qu’il fait à Beckett qui lui adresse la plus belle des réponses.

Anecdotes :

  • Justin Bruenig/Rob Tredwyck : acteur américain, surtout vu à la télévision : La force du destin (2003-2011), Les Experts : Miami (2008), Knight Rider (2008-2009), Ringer (2011-2012), Grey’s Anatomy (2013-2014), Les Experts : Cyber (2015).

  • Erik Palladino/coach Rome : acteur américain, vu à la télévision dans Murphy Brown (1996-1997), Urgences (1999-2001), Les Experts (2006), Championnes à tout prix (2009-2010), NCIS : Los Angeles (2012-2013), Suits (2015).

  • Brendan Hines/Alex Conrad : acteur et chanteur américain, vu dans les séries Lie to me (2009-2011) et Scorpion (2015).

  • Josie Loren/Bridget McManus : née Josie Lopez, cette actrice américaine d’origine cubaine tourne surtout part la télévision : Veronica Mars (2006), Championnes à tout prix (2009-2012), Mentalist (2014-2015).

  • Quatrième réunion poker entre Castle et ses pairs.

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22. AIE FOI EN LA PAROLE 
(KNOCKOUT)

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Mike Royce, le mentor de Beckett, est assassiné. Pour retrouver le meurtrier, elle n’hésite pas à aller jusqu’à Los Angeles.

Critique :

Un épisode plutôt dur sur le thème bien connu de la vengeance et de la justice. Classique mais bien fait et Nathan Fillion assure la part d’humour.

Classique aussi que le policier « trop » impliqué refuse de lâcher. Beckett doit aller à Los Angeles car le tueur présumé – un certain Ganz -  n’a fait qu’un saut à New York. La série s’offre cependant son originalité grâce à Richard Castle. L’arrivée « discrète » de nos duettistes dans la Cité des Anges puis la brève mais hilarante séquence à l’hôtel sont des moments de légèreté bienvenus. Classique aussi cette enquête en jouant au chat et à la souris avec la police locale mais, là encore, la « Castle touch », c’est le tournage de Vague de chaleur décalé, très drôle et très utile aussi ! Par contre, le coup de la balle qui fond, c’est beaucoup plus original ! On ne manquera pas non plus l’entrée en scène ultra-sexy de Beckett essayant de piéger Ganz.

L’épisode vaut surtout son pesant de cacahuètes pour sa place dans le « Caskett ». Les deux héros ne sont pas dans les positions habituelles ; ils sont dans une autre ville (superbes extérieurs ; l’hôtel de Ganz a un petit côté Les Experts : Miami) et sans tout ce qui fait leur quotidien. Lorsqu’ils parlent ensembles, le soir, à l’hôtel, ils le font à cœur ouvert et on sent que les deux personnages sont sur la corde raide. Tant Nathan Fillion que Stana Katic laissent entrapercevoir la tension qui habitent Castle et Beckett. Le temps paraît suspendu, hésitant. 

Anecdotes :

  • Dominic Purcell/Russell Ganz : acteur anglo-australien, on a pu le voir au cinéma dans Mission : Impossible 2 (2000), Blade Trinity (2004) mais surtout à la télévision : John Doe (2003), Prison Break (2005-2009), The Flash (2014).

  • D.B. Sweeney/Kyle Seeger : Daniel Bernard Sweeney, acteur américain, vu dans Les coulisses du pouvoir (1986), Sons (1989), Visiteurs extraterrestres (1993), Chiraq (2015). A la télévision, Docteur House (2006), The Event (2010).

  • Jason George/Charles Kelvin : acteur américain, surtout vu à la télévision : Roswell (2000), Stargate SG-1 (2005-2006), Les Mystères d’Eatswick (2009-2010), Grey’s Anatomy (depuis 2010), Mistresses (2013-2016).

  • Absence de Susan Sullivan et Molly C. Quinn. 

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23. CHANTIER À HAUT RISQUE 
(DOWN THE RABBIT HOLE)

Scénario : Terri Edda Miller

Réalisation : John Bleckner

Résumé :

La mort d’une candidate amène Castle et Beckett dans le monde glamour des concours de beauté

Critique :

Joli épisode qui se moque des concours de beauté en reprenant tous les codes mais avec le regard moqueur de la série.

C’est un peu meurtre chez Miss Détective dont on retrouve un certain nombre de marqueurs comme le photographe à la réputation sulfureuse, l’organisatrice du concours qui ne jure que par lui, le présentateur star, le conseiller efféminé. Les portraits de tous ceux qui gravitent autour du concours n’a rien de reluisant ! Classique et un peu facile. On pense aussi à cet épisode de Castle, « L’enfer de la mode » (2-3) où les projecteurs diffusaient une lumière crue sur le monde du mannequinat. Néanmoins, l’épisode est plus que cela. A partir du moment où une candidate – une blonde un peu bête et méchante – donne aux enquêteurs le violon qui servait à la victime pour son numéro, elle leur remet également – selon elle – « le mobile du meurtre » ; à savoir des photos de nus. Photos que l’on pourra voir, ce qui n’est pas si fréquent tout de même ! Qui dit photo de nu pour une future Miss dit chantage dit aussi photographe. C’est en examinant soigneusement la photo – mais « que » la photo – que Castle trouve le détail qui relance l’intrigue et l’éloigne du copier-coller et c’est grâce à Beckett que l’écrivain aura la révélation.

L’épisode comprend deux intrigues secondaires. La moins importante tient dans le choix du cadeau à sa femme par Montgomery pour fêter 30 ans de mariage. C’est Castle qui lui suggère ledit cadeau. Mais, plus fort, il y a l’histoire entre Alexis et Ashley. Les deux adolescents s’apprêtent à quitter le lycée et Alexis craint que l’éloignement ne tue leur amour mais aussi elle refuse qu’il fasse un choix en fonction d’elle et non de ce qu’il veut lui pour son avenir. Entre les deux, papa Castle devra jouer les médiateurs ! C’est tendre et touchant grâce en partie à la connexion Nathan Fillion-Molly C. Quinn.

Anecdotes :

  • Michael McKean/Victor Baron : acteur américain, il joue sur les deux écrans. Au cinéma, on l’a vu dans 1941 (1979), Spinal Tab (1984), Jack (1996), Jugé coupable (1999). A la télévision, il fut récurrent pour X-Files (Morris Fletcher, 3 épisodes, 1998-2002), The Lone Gunmen (2001), Better Call Saul (2015).

  • Sasha Roiz/Bobby Stark : acteur israélo-canadien, vu au cinéma dans Pompéi (2014) et à la télévision dans Missing : disparu sans laisser de traces (2004), NCIS (2007), Lie to me (2009), Docteur House (2011), Grimm (2011-2017).

  • Teri Polo/Kayla Baron : Teresa Elisabeth Polo, actrice et mannequin américaine, vue au cinéma dans La maison aux esprits (1993), Mon beau-père et moi (2000) et vue à la télévision dans Bienvenu en Alaska (1994-1995), Le Damné (1998-1999), The Practice (2003), Les Experts : Miami (2008), The Fosters (depuis 2013).

  • Bellamy Young/Candace Ford : cette actrice américaine, née Amy Maria Young, est principalement connue pour son rôle – magnifique – de Mellie Grant dans Scandal (depuis 2012). Elle incarne aussi la compagne d’Hotchner dans Esprits criminels (7 épisodes 2011-2013). Elle a aussi joué dans Scrubs (2004-2009).

  • Judith Scott/ Evelyn Montgomery : actrice américaine vue dans les séries Robocop (1994), Inspecteur Barnaby (1998), X-Files (2000), FBI : Portés Disparus (2003), Dexter (2007), Docteur House (2008), Les Experts : Miami (2011).

  • Absence de Tamala Jones remplacée par Arye Gross.

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24. LA CHUTE 
(POETIC JUSTICE)

castle 3 24

Résumé :

Hal Lockwood, l’assassin de la mère de Beckett, s’évade de prison. En se lançant à ses trousses, Kate Beckett provoque une série de drames.

Critique :

Épisode très noir, très dur et très amer ; jamais l’arc « Johanna Beckett » n’avait tant ressemblé à la terre brûlée. Le spectateur profite tout juste quelques minutes de légèreté avant d’entrer dans la violence. Elle prend tous les visages, physique (usage de grenade assourdissante, fusillades) et psychologique (peur de Jim Beckett de perdre sa fille ; la rencontre de Scott Paulin et de Nathan Fillion est très émouvante). Stana Katic est éblouissante, volant la vedette à son partenaire (ce qui causera des frictions) : elle donne à voir un flic qui s’obnubile, un supérieur qui confond autorité et autoritarisme mais surtout une femme qui n’écoute plus rien, ni personne. Ce n’est plus une enquête ; c’est une croisade. Sur l’autel de sa vengeance, Kate Beckett sacrifie Richard Castle. Leur tête-à-tête, d’abord très touchant, devient tendu et, à bout – magnifique composition des comédiens incandescents – ils se lancent à la figure quelques vérités blessantes. Cet épisode met aussi en valeur le capitaine Montgomery et Ruben Santiago-Hudson donne toute sa force à ce personnage secondaire mais si attachant. Tour à tour, il est dur, tendre, complice. Un numéro très fort.

Il y aura un autre sacrifice. L’enquête s’est poursuivie et la ténacité de Ryan et Esposito a malheureusement payé. Une visite de Lockwood nous l’avait déjà appris. C’est un moment glaçant. Max Martini est très convainquant : cet homme fait froid dans le dos et quand il sourit, c’est pire encore ! Ce qui rend ce final si fort, c’est que le scénario ne sacrifie aucunement l’émotion à l’action. Il est impossible de garder les yeux secs jusqu’au bout et surtout pas après la dernière réplique de Nathan Fillion. L’aveu de Castle.

Anecdotes :

  • Retour de Max Martini (Hal Lockwood), Scott Paulin (Jim Beckett) et Judith Scott (Evelyn Montgomery).

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