Saison 3Saison 5

NCIS : Enquêtes spéciales

Saison 4

 

1. Coup monté (Shalom)

2. Le Fugitif (Escaped)

3. Recherche mari désespérément (Singled Out)

4. L'Appât (Faking It)

5. Âmes sœurs (Dead and Unburied)

6. Le Mystère d'Halloween (Witch Hunt)

7. Duo d'enfer (Sandblast)

8. Héros d'un jour (Once a Hero)

9. L'Esprit de famille (Twisted Sister)

10. Le Monstre (Smoked)

11. Otto (Driven)

12. Suspicion (Suspicion)

13. La Loi du talion (Sharif Returns)

14. La Grenouille (Blowback)

15. Amis et amants (Friends and Lovers)

16. Mort à l'arrivée (Dead Man Walking)

17. Des cadavres dans le placard (Skeletons)

18. Au nom du fils (Iceman)

19. Pour la paix (Grace Period)

20. Roman meurtrier (Cover Story)

21. Jeu de dupes (Brothers in Arms)

22. Dans l'obscurité (In the Dark)

23. Cheval de Troie (Trojan Horse)

24. Révélations (Angel of Death)

  


1. COUP MONTÉ
(SHALOM)



Scénario : Donald P. Bellisario et John C. Kelley d’après une histoire de John C. Kelley

Réalisation : William Webb

Résumé :

Alors qu’elle conduit sportivement dans Washington, Ziva est attirée par des motards sur les lieux d’un attentat dont elle devient bientôt la principale suspecte.

Critique :

Une histoire efficace à défaut d’être particulièrement imaginative. Il est vrai qu’elle devait surtout permettre un retour de Mark Harmon dont le personnage de Gibbs était censé avoir pris sa retraite à la fin de la saison précédente. Que le scénario porte le nom de Donald P. Bellisario pourtant mis sur la touche par CBS montre que le producteur déchu préparait la saison suivante sans Mark Harmon. Du coup, il flotte comme un parfum d’artificialité.

S’il n’est pas complètement convaincant, cet épisode se suit pourtant sans déplaisir. D’abord, le thème de l’agent innocent piégé dans une obscure machination est toujours efficace. Ensuite, parce que côté action, le scénario et la réalisation assurent. C’est également plaisant de voir DiNozzo dans un rôle de chef et Michael Weatherly est excellent, montrant un DiNozzo capable mais cherchant encore ses marques. Enfin, parce que ça fait plaisir de voir Mark Harmon qui se montre bon acteur avec son Gibbs en simili-Robinson Crusoé !

Alors que l’épisode date de 2006, il est intéressant de noter que l’arrière-plan politique, qui densifie l’histoire en allant au-delà de la simple vengeance, n’a pas beaucoup évolué jusqu’à nos jours.

Anecdotes :

  • Première apparition de l’agent Michelle Lee, récurrente cette saison.

  • Liza Lapira/Michelle Lee : actrice américaine, peu de films à son actif (Cloverfield, 2008 : Crazy, stupid, love, 2011), elle tourne principalement pour la télévision : Sex and the City (2003), Les Soprano (2004), Dexter (2008), Drop Dead Diva (2012).

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2. LE FUGITIF
(ESCAPED)

Scénario : Steven D. Binder d’après une histoire de Christopher Silber et Steven D. Binder

Réalisation : Dennis Smith

Résumé :

Un prisonnier échappé menace Fornell. Il lui assure avoir été condamné à tort par lui et Gibbs. Ce dernier, venu vider sa maison, est contraint de reprendre du service.

Critique :

Avec cet épisode la saison 4 est véritablement lancée. Plus Gibbs martèle qu’il ne « reste pas », moins on le croit. L’enjeu était de le faire participer à une enquête et une accusation de s’être trompé, ça aide à reprendre du collier quand on est aussi consciencieux que Leroy Jethro Gibbs. A ce sujet, la tirade finale de Sheppard (Lauren Holly, davantage crédible que la saison dernière. L’actrice a pris ses marques) est très juste. On peut dire que Steven D. Binder – une bonne plume de la série, tout comme Christopher Silber, futur showrunner de NCIS : Nouvelle-Orléans et qui honorera la série-mère de ses scénarii – a bien travaillé car l’enquête-prétexte est bien plus crédible et intéressante que le simili-coup de main à Ziva de l’épisode précédent.

Il est intéressant de voir comment DiNozzo organise « son » équipe - plus pour longtemps et il le sait car le scénario lui colle deux lapsus où il appelle Gibbs « patron » - avec la pratique des « feux de camp » et l’astuce qu’il a piqué à son ancien chef. Michael Weatherly s’amuse visiblement et c’est communicatif. Le côté gauche et emprunté de l’agent Lee est aussi un bel effet comique d’autant que sa compétence (surtout juridique) n’en fait pas un simple clown de service. Liza Lapira est très bien et on goûtera avec délectation cette scène surréaliste dans le labo d’Abby où l’on résout une énigme en dansant !

Anecdotes :

  • Nouvel arrêt de l’ascenseur mais, cette fois, Gibbs est seul dedans. Vraisemblablement un cas unique.

  • Hal Holbroock/ Mickey Stokes : acteur américain, il commence sa carrière sur les planches à Broadway dans les années 1950. Son premier rôle au cinéma intervient avec Le Groupe (1966). Depuis, il a joué dans Magnum Force (1973), Les hommes du Président (1976), Capricorn One (1978), Wall Street (1987), La Firme (1993), Into the wild (2007), De l’eau pour les éléphants (2011). Il a aussi joué pour la télévision : Nord et Sud (1985, 1986), A la Maison-Blanche (2001), Sons of Anarchy (2010), Bones (2017).

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3. RECHERCHE MARI DÉSESPÉRÉMENT
(SINGLED OUT)

Scénario : David J. North

Réalisation : Terrence O’Hara

Résumé :

Dans une voiture volée, le NCIS trouve des traces de sang appartenant au lieutenant Anne Sullivan. L’enquête mène à une rencontre entre célibataires.

Critique :

Le solde de la saison 3 payé, les bases de la saison 4 posées, celle-ci peut véritablement commencer avec cette enquête classique mais bien équilibrée entre la part criminelle (traces de sang, empreintes), l’énigme du jour (pourquoi le lieutenant Sullivan gardait-elle des profils chez elle ?) et l’humour toujours présent (notamment lorsque Ziva s’infiltre dans la soirée à « rencontres rapides »  - merci aux traducteurs français ! – avec un look improbable ; on s’amuse vraiment durant cette séquence).

Les choses changent, entend-t-on. S’il est assez amusant d’entendre tous les personnages s’interroger sur la nouvelle moustache de Gibbs ou sur les manières plus « humaines » de celui-ci (!), on notera deux éléments de tension qui participent à la crédibilité de la série qui n’est pas simplement une comédie policière. Le premier, c’est l’ambigüité du statut de DiNozzo et Michael Weatherly montre bien que son personnage est en position désagréable, entre son respect intact pour Gibbs devant lequel il s’efface sans difficulté et justement le fait qu’il ait été chef et conserve quelques réflexes d’où malaise. Lequel pourrait être levé selon la réponse donnée à une proposition de promotion. Le second, en partie perceptible lors de l’épisode précédent, et qui refait ici surface, c’est un non-dit entre Gibbs et Ducky. On sent parfaitement qu’il n’y a plus la même proximité qu’autrefois voire un agacement inusité de la part du médecin trop poli pour oser dire ce qui semble poser problème.

Anecdotes :

  • Changement de photo pour Mark Harmon dans le générique.

  • Retour des zivaïsmes avec « geindre comme un sinus » (pour « minus ») et des qualificatifs ironiques de DiNozzo envers McGee surnommé « McGuignol ».

  • Misha Collins/ Justin Ferris : acteur américain né Dimitri Tippens Kruhnic, il prend des cours de théâtre sur un coup de tête. Il tourne surtout pour la télévision : Legacy (1998), Charmed (1999), 24 heures chrono (2002), Urgences (2005, 2006), Ringer  (2012), Timeless (2017) mais il est désormais surtout connu pour son rôle de Castiel dans Supernatural (depuis 2008)

  • Seamus Dever/Graham Thomas : acteur américain, il a joué le lieutenant Kevin Ryan dans Castle (2009-2016). 

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4. L'APPÂT
(FAKING IT)

Scénario : Shane Brennan

Réalisation : Thomas J. Wright

Résumé :

Un Russe, arrêté après un banal contrôle routier, amène le NCIS à se replonger dans une affaire vieille de quinze ans dans laquelle Mike Franks est impliqué.

Critique :

Pour son premier scénario, Shane Brennan ne s’est pas foulé. Cette histoire de dossier disparu, d’éléments et de personnes sortis du passé, le rôle trouble des instances du renseignement, la preuve miracle bien dissimulée ; rien de tout cela n’est nouveau ni original et le traitement ne l’est pas non plus.

En revanche, Shane Brennan a compris que le fond de sauce de la série, ce sont ses personnages et, si les adversaires frisent la caricature (en fait non, ils y tombent carrément), son portrait de Mike Franks est réussi. Muse Watson rafle les meilleures scènes, la gouaille de l’acteur trouve à s’épancher et il règne sur l’épisode un parfum de rébellion contre le protocole et la bureaucratie.

Si l’enquête n’est guère soignée, l’humour est présent avec la mission peu ragoûtante confiée à Ziva et McGee mais il manque un petit zivaïsme et un petit surnom à McGee pour vraiment rire. Le petit numéro de Ducky sur la balle manquante (cette idée-là, au moins, il fallait la trouver) est amusant mais ponctue une séquence lassante même coupée en trois par le montage. Thomas J. Wright est chevronné mais sa réalisation est ultra-classique. Au moins évite-t-il de nous endormir.

Anecdotes :

  • C’est le 4ème bateau sur lequel travaille Gibbs dans sa cave.

  • Lorsque DiNozzo appelle soudainement le directeur « Jenny », il s’en tire par une pirouette. C’est en fait la seconde occurrence du fil rouge de la saison.

  • Ravil Isyanov/Nikolaï Puchenko : acteur russe, il fait son service dans l’armée de l’air soviétique avant d’étudier au théâtre de Moscou. Il s’installe à Londres en 1990 puis à Los Angeles en 1998. Au cinéma, il a notamment joué dans GoldenEye (1995), Le Saint (1997), Le masque de l’araignée (2001), K-19 : le piège des profondeurs (2002), Mr et Mrs Smith (2005), Les insurgés (2008), Transformers 3 (2011). Il tourne également pour la télévision : Les aventures du jeune Indiana Jones (1993), Buffy contre les vampires (2000), Alias (2001-2003), Prison Break (2007), Fringe (2009), The Last Ship (2014), NCIS : Los Angeles (3 épisodes, 2014-2016).

  • Geoff Pierson/Roy Carver : acteur américain, il a joué « Mr Smith » dans plusieurs épisodes de Castle. 

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5. ÂMES SŒURS
(DEAD AND UNBURIED)

Scénario : Nell Scovell

Réalisation : Colin Bucksey

Résumé :

Le corps d’un Marine déserteur refait surface dans une maison vide.

Critique :

Le cadavre dans la maison vide ; le titre eut été amusant pour cet épisode classique à plusieurs titres. Déjà, il marque le « retour de l’ancien Gibbs » (Mark Harmon n’a plus sa moustache). Ensuite, cette histoire de caporal cavaleur et menteur ne serait qu’une enquête banale sans la patte « NCIS ». L’irruption de deux femmes qui se prétendent toutes deux « fiancées » au défunt apporte une touche de vaudeville qui donne une coloration légère à l’épisode. A ce petit jeu, Rachel Boston est excellente ! Siri apparaît comme une cruche d’une naïveté abyssale mais sa bagarre avec sa rivale n’a rien de chiqué ! Aujourd’hui, cette scène serait sans doute filmée différemment car McGee et DiNozzo y apparaissent nettement concupiscents et carrément voyeuristes ! Du machisme à l’état pur ! Le vaudeville est encore davantage la couleur du jour puisque pas moins de deux autres liaisons nous sont présentées dont une concerne un membre de l’équipe !

Bien distillées, les analyses d’Abby et les recherches de Ducky  (qui est déterminant dans la résolution de l’enquête) soutiennent l’enquête en lui apportant les lumières de la science. La densification de l’aspect scientifique contrebalance la légèreté du vaudeville et empêche l’épisode de tomber complètement dans la comédie. Cet équilibre est la vraie marque de « NCIS ».

Anecdotes :

  • Dans le dîner réunissant les acteurs le 9 avril 2007 (Bonus des DVD), Mark Harmon avoue que sa moustache était fausse.

  • Zivaïsmes : Ziva écrit « Comment rouler une pelle ? » au lieu de « Comment cacher une pelle ? » (en anglais, c’est plus évident). Elle ajoute « fausser comité » au lieu de « fausser compagnie ».

  • Mention de « La Grenouille », non pertinente à ce stade pour citer Sheppard mais c’est la troisième occurrence du fil rouge.

  • Rebecca Wisocky/Jody Carvell : actrice américaine, elle tourne principalement pour la télévision : Sex and the City (2000), New York section criminelle (2002, 2005), New York police judiciaire (2003), New York unité spéciale (2003, 2006), Medium (2007), 90210 Beverly Hills, nouvelle génération (4 épisodes, 2010-2011), Mentalist (9 épisodes, 2010-2013), Devious Maids (2013-2016), Once upon a time (2014), The X-Files (2016).

  • Rachel Boston/Siri Albert : actrice américaine, surtout active à la télévision : Mes plus belles années (2002-2005), Sept à la maison (2006), The Ex-List (2008-2009), US Marshal : protection de témoins (2011-2012), Witches of the East End (2013-2014).

  • Elisa Donovan/Rebecca Kamp : actrice américaine, surtout vue à la télévision : Le Rebelle (1995), Sabrina, l’apprentie sorcière (2000-2003), Le sauveur de Noël (2009).

  • Deek Webster/commandant Stengel : acteur américain, il tourne surtout pour la télévision : Star trek : la nouvelle génération (1993), Night Man (1997-1998), Supernatural  (2005), Mental (2009), Revolution (2012). 

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6. LE MYSTÈRE D'HALLOWEEN
(WITCH HUNT)

Scénario : Steven Kriozere

Réalisation : James Whitmore Jr

Résumé :

Un homme déguisé en squelette est retrouvé mort au domicile d’un Marine dont la fille a été enlevée.

Critique :

Bel épisode qui brouille admirablement les pistes sur le thème éculé de l’enfant kidnappée (d’autant que c’était le premier épisode de la saison 2) avec beaucoup d’humour, des fausses pistes et une ambiance d’Halloween plutôt réussie. Le coupable peut se vanter d’avoir fait tourner en bourrique le NCIS, le spectateur s’est laissé piéger lui aussi !

Tour à tour, les différents membres de l’équipe sont mis en valeur parfois à leur détriment. Ainsi, Ziva est-elle ridiculisée par une femme qu’elle était censée surveiller ; ce qui est mis en parallèle avec sa difficulté à appréhender la douleur d’autrui. Les émotions ne sont clairement pas le rayon de l’ex-espionne israélienne. Tony et McGee assurent une part d’humour et l’on découvre que le premier déteste Halloween (et pourquoi). Ducky n’a pas de dissection à faire mais sa conversation avec Ziva est un beau moment de complicité et presque de tendresse d’un grand-père envers sa petite-fille.

Anecdotes :

  • Dans cet épisode Tim McGee acquiert le surnom de « Roi des Elfes » et on découvre qu'il parle couramment le Klingon (référence à Star Trek). Abby fête Halloween déguisée en Marilyn Monroe (très réussi). Lors d’un dîner organisé le 9 avril 2007 pendant lequel les membres de l’équipe répondaient à des questions des fans, Sean Murray a affirmé aimer le côté geek de son personnage.

  • Selon Ducky, Halloween vient d’Écosse. Il n’a pas tort. Son nom est une contraction écossaise de Allhallow-even[] qui signifie the eve of All Saints' Day en anglais contemporain et peut se traduire comme « la veillée de la Toussaint ».

  • Pour DiNozzo, un zombie « rapide » est une hérésie ! D’abord très lent dans La nuit des morts-vivants de Romero, le zombie a tendance à aller de plus en vite.

  • Confusion en forme de gag : un invité d’une fête dit aux agents qu’ils ont mal orthographié « CSI » ; c’est-à-dire Les Experts.

  • Ziva ne connaît pas l’expression « Bruits de couloir » qu’elle prend pour une personne !

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7. DUO D'ENFER
(SANDBLAST)

Scénario : Robert Palm

Réalisation : Dennis Smith

Résumé :

Un colonel des Marines est tué par une bombe sur un terrain de golf interarmées. Le NCIS doit faire équipe avec son homologue de l’armée de terre.

Critique :

Un épisode très intéressant avec une histoire classique mais bien charpentée et des intrigues secondaires qui apportent quelque chose. Nouveau venu – nouveau showrunner, nouvelles plumes – Robert Palm a parfaitement saisi ce qu’est NCIS.

Si l’enquête a un fond sérieux – le terrorisme, la question de l’ennemi intérieur – ce n’est pas le plus important car ce qui intéresse réellement le scénariste, c’est la construction du duo Gibbs/Mann. Une enquête conjointe n’est jamais une partie de plaisir et une scène traite de la question avec humour. On y voit tout de même que Gibbs a du mal à avoir le dernier mot. Mark Harmon et Susanna Thompson mènent de front avec brio sérieux du policier et badinage. Lorsque le colonel – c’est ainsi que l’on désigne un lieutenant-colonel – Mann vient chez Gibbs, si le fond de la conversation porte sur l’enquête, la forme est plus tendancieuse et les regards absolument sexuels ! L’arme du terroriste étant une bombe, cela nous vaut des scènes plus tendues mais toujours tempérées par un peu de légèreté sans que celle-ci casse l’ambiance. C’est très équilibrée comme construction.

En parallèle, DiNozzo est mis en valeur dans cet épisode dans deux aspects différents mais complémentaires de sa personnalité. Il se montre ainsi attentif, bienveillant mais sérieux avec le fils de la victime et ce sont de belles scènes. On note une approche plus distanciée du terrorisme ; ce qui marque une nette différence avec le traitement de Bellisario. Il est aussi taquin et charmeur avec une charmante étudiante en médecine. Si cette demoiselle n’est pas la première à qui notre « Italien » de service (belle déclaration d’amour à la mère-patrie des DiNozzo !) décoche son sourire « carygrantesque », certains éléments sont inusités. Ainsi, la belle n’est pas nommée mais la proximité entre eux est déjà soulignée. Scottie Thompson, radieuse, joue à merveille la jeune femme qui se plaît en la compagnie d’un homme charmant. En outre, il lui fait réviser sa médecine donc ils sortent ensemble depuis quelques temps mais, visiblement, ne sont pas encore amants. Le spectateur prend donc en chemin une histoire déjà commencée et qui appelle une suite.

Anecdotes :

  • CID : Le United States Army Criminal Investigation Command ou Criminal Investigaton Division est un service qui enquête sur les violations des lois militaires au sein de l’armée américaine.

  • « 2ème tango » entre McGee et le sumac vénéneux qui donne des scènes comiques et un peu graveleuses

  • Nouvelle mention de « La Grenouille ». Sans incidence sur l’épisode, cette 4ème mention souligne l’implication personnelle du directeur Sheppard

  • Lorsque Gibbs parle aux sans-abris, celui-ci fait tout un discours sur le prénom « Jethro ». Dans le dîner du 9 avril 2007, Mark Harmon raconte être intervenu pour que celui-ci soit conservé.

  • Susanna Thompson/Lieutenant-colonel Hollis Mann : actrice américaine, vue au cinéma dans L’ombre d’un soupçon (1999) mais surtout à la télévision : Les dessous de Palm Beach (1991), Star Trek : la nouvelle génération (1992-1993), Star Trek : Voyager (1999-2000), Arrow (2012-2016). Prévue pour cet épisode, l’actrice hérita finalement d’une intrigue pour son personnage, lui permettant de revenir.

  • Scottie Thompson/Jeanne Benoît : actrice et danseuse américaine née Susan Scott Thompson. Elle a dansé avec le Richmond Ballet et obtenu un diplôme de danse. A Harvard, elle se passionne pour la comédie. Peu de rôle au cinéma mais déjà une belle carrière à la télévision : New York police judiciaire (2006), Trauma (2009-2010), The Blacklist (2014), Zoo (2015).

  • Ces deux actrices vont être récurrentes cette saison et au-delà.

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8. HÉROS D'UN JOUR
(ONCE A HERO)

 

Scénario : Shane Brennan

Réalisation : Thomas J. Wright

Résumé :

Un ancien Marine décoré fait une chute mortelle au milieu d’un gala officiel.

Critique :

Pour son second scénario, Shane Brennan fait beaucoup mieux que le premier. Son intrigue est solide et on note sa causticité dans les répliques concernant les politiques et les fournisseurs de la Défense. Si la victime est un héros de guerre, et que la solidarité des Marines est soulignée, le scénariste ose aborder la question des soldats revenus de la guerre mais profondément marqués par celle-ci. Si JAG ou NCIS première version ont pu aborder la question (notamment concernant le Viêtnam), la critique envers l’abandon des traumatisés est sévère.

Shane Brennan a aussi l’habileté de nous soumettre des fausses pistes très crédibles et il est appréciable que Gibbs ne défende pas mordicus le Marine défunt comme « forcément » innocent parce que héros de guerre et Marine ; ce qui, là encore, marque une évolution profonde de la série. Le fond « militaire » subsiste mais les personnages commencent à prendre le dessus. Symptomatique est le traitement de DiNozzo. Le joyeux cavaleur des saisons précédentes a pris de la maîtrise (l’exercice des responsabilités ?) et la relation avec sa petite amie est à nouveau largement montrée. Il ne s’agit absolument plus des passades précédentes mais d’une véritable relation romantique. La relance de l’intrigue est également très bien amenée.

L’humour est visiblement une valeur sûre de la plume de Brennan. Il y a le passage incroyable, limite invraisemblable mais tellement chouette à regarder, d’Abby et sa quête du super microscope et comment elle parvient à ses fins. C’est délirant mais c’est comme ça qu’on l’aime ! Et la saison est résolument placée sous le signe du vaudeville avec la liaison de Palmer et de l’agent Lee, laquelle se montre sous un nouveau jour. On rit pas mal mais la réalisation parfaitement maîtrisée maintient l’épisode sous le règne policier.

Anecdotes :

  • Le sergent Wright est titulaire de la Croix de bronze et de la Purple Heart. La Bronze Star Medal, quatrième plus haute distinction pour bravoure, héroïsme et mérite, est attribuée à toute personne qui, participant dans ou avec l’armée des États-Unis après le 7 décembre 1941 (date de l'attaque de Pearl Harbor, marquant l’entrée en guerre des États-Unis), s’est distinguée par des actions héroïques. Pour recevoir la Bronze Star, un militaire doit être exposé au feu ennemi et être dans une situation dangereuse durant l'exécution de son action. La Purple Heart est une médaille militaire américaine, décernée au nom du président des États-Unis, accordée aux soldats blessés ou tués au service de l'armée après le 5 avril 1917. (Source : Wikipédia)

  • Zivaïsme : pour parler de la petite mine de son collègue, elle utilise « crevure » pour « crever »

  • Pour Abby, la mort est un divertissement !

  • Francesco Quinn/Luis Romero : acteur américain (1963-2011), fils d’Anthony Quinn, il s’était fait un prénom au cinéma : Platoon (1986), Hell Ride (2008) mais tournait davantage pour la télévision : Miami Vice (1987), Les aventures du jeune Indiana Jones (1992), JAG (1997), Alias (2002), Esprits criminels (2005). Il succombe à une crise cardiaque.

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9.  L'ESPRIT DE FAMILLE
(TWISTED SISTER)

Scénario : Steven D. Binder

Réalisation : Terrence O’Hara

Résumé :

Sarah, la sœur de McGee, débarque chez son frère en pleine nuit avec du sang sur elle.

Critique :

Les meilleurs épisodes de série sont ceux qui mettent en jeux nos héros. Celui-ci est de ceux-là et le choix de McGee est des plus pertinents. La gentillesse et le respect inné des procédures dont toute la première partie de l’épisode constitue une rupture avec ce que l’on sait de lui ; ce qui densifie sa personnalité, la complexifie et le rend encore plus sympathique. En outre, Sean Murray est très juste tout du long montrant un McGee déchiré entre son amour fraternel, son devoir de policier, les faits et les convictions. La seconde partie le met un peu en retrait pour donner plus de place à l’enquête proprement dite. La culpabilité de Sarah est assez bien mise en avant pour donner de la crédibilité. Ainsi Ziva énonce que la jeune fille a le mobile et l’opportunité pour commettre le crime. Les scènes de Sean Murray avec Mark Harmon sont également de très bonnes factures car on voit l’agent en chef se mettre en quatre pour réussir à la fois à sermonner vertement son subordonné désobéissant et à le maintenir au-dessus de la ligne de flottaison. D’une manière décalée très « NCIS », ce sont des poissons rouges morts empoisonnés à la nicotine qui vont jouer un rôle déterminant dans la résolution du crime !

Donald P. Bellisario ne supervise plus la série mais il a encore une enfant à placer ! Le producteur, très famille (ce qui n’a rien de surprenant de la part de ce conservateur bon teint) a placé un fils à la production (David) et avait fait jouer un autre la saison dernière (Michael). Voici donc sa fille Troian qui se débrouille honnêtement. Son partenariat avec Sean Murray fonctionne très bien. La scène où ils reconstituent la soirée de Sarah façon Sherlock Holmes est drôle tout en faisant avancer l’enquête. Plutôt à l’aise dans l’émotion, elle est cependant parfois un peu empruntée mais prometteuse.

L’épisode comporte également un segment mineur mais intrigant. Jeanne s’étonne qu’elle et Tony n’aient pas encore couché ensemble au bout d’un mois (en « violation de la convention de Genève » selon elle !) et, très curieusement, il s’en sort avec une pirouette. Plus curieux encore, il va quémander un conseil auprès de Sheppard ! Il se passe quelque chose dans la vie de DiNozzo.

Anecdotes :

  • Seconde et dernière apparition de la sœur de McGee, jouée par la belle-sœur par alliance de Sean Murray

  • McGee a un mug avec la photo de sa grand-mère dessus !

  • On découvre que, non seulement il écrit sur une vieille machine à écrire (ce dont DiNozzo s’était déjà gaussé) mais qu’il a même publié un livre qui fait quelques vagues dans l’équipe !

  • C’est le 100ème corps de DiNozzo qui veut prendre une photo !

  • Troian Bellisario/Sarah McGee : actrice américaine, fille de Donald P. Bellisario. Elle tourne principalement pour la télévision : Code Quantum (1990), JAG (1998), Pretty Little Liars (2010-2017).

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10. LE MONSTRE
(SMOKED)

Scénario : John C. Kelley et Robert Palm

Réalisation : Dennis Smith

Résumé :

Un cadavre momifié tombe du conduit d’une vieille chaudière d’une base militaire. Le NCIS fait équipe avec le FBI.

Critique :

Mis à part le plaisir de retrouver Joe Spano et son numéro de claquettes avec Mark Harmon, c’est un épisode plutôt banal où l’on bouge beaucoup pour combler une intrigue plutôt faiblarde. Parler de tueur en série dans NCIS est quasiment incongru. L’atmosphère sinistre qui en résulte est contraire à l’esprit de la série. Les scénaristes ont voulu plagier Esprits criminels mais ça ne pouvait pas coller.

De fait, ce qui fait l’intérêt de cet épisode, ce sont les à-côtés de l’intrigue comme McGee qui est en butte à l’ironie de ses collègues à cause de son livre (de fait, cet épisode prend directement la suite du précédent avec même un rappel de son intrigue, ce qui est inhabituel) ou la « course » que fait DiNozzo pour le directeur Sheppard. Le fil rouge autour de la Grenouille prend un peu plus d’importance mais Gibbs est toujours exclu de cette enquête. On comprend que Tony se sente quelque peu en porte-à-faux ! On apprécie aussi la franche discussion entre Gibbs et Ducky qui solde un contentieux que l’on sentait bien. Très sobres, les comédiens donnent beaucoup d’émotion à cette séquence pudique.

Anecdotes :

  • Dicton de Gibbs : « Le premier pas vers le divorce, c’est le mariage » ! 

  • Zivaïsme : Ziva se propose de « lâcher du zeste » (pour « du lest »)

  • Nouveau lapsus de DiNozzo qui appelle Shepard par son prénom.

  • Rappel de la règle 22 : Ne jamais déranger Gibbs en salle d’interrogatoire

  • Mandy June Turpin/Karen Bright : actrice et productrice américaine, vue dans les séries La vie avant tout (2001-2002), 24 heures chrono (2004), Bones (2005), Docteur House (2006), The Closer (2009), Castle (2011), Mentalist (2015), Jane the virgin (2018).

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11.  OTTO
(DRIVEN)

Scénario : Richard C. Arthur, Nell Scovell et John C. Kelley d’après une histoire de Richard C. Arthur

Réalisation : Dennis Smith

Résumé :

Un lieutenant des Marines spécialiste en intelligence artificielle meurt au cours d’un test.

Critique :

NCIS faisait dans l’anticipation au moment de la sortie de cet épisode ! Les véhicules autonomes, les « voitures intelligentes », en étaient au balbutiement mais, pour le coup, le futurisme s’insère plutôt bien dans l’enquête policière. Cette dimension scientifique met en valeur le travail de McGee et d’Abby. Cette dernière, à son corps défendant, trouvera la preuve que la mort du lieutenant n’était pas un accident ni même un suicide. On appréciera la coopération entre les geeks de pointe et un humble mécanicien dans la manière de retrouver un véhicule qui roule tout seul. Plus tôt, il aura donné une scène avec beaucoup de tension et d’émotion. Le trio de scénaristes a pas mal su intégrer les différentes temporalités. Dennis Smith réussit à animer cet épisode avec les scènes mettant en valeur « Otto ». C’est plutôt dynamique. L’épisode met en avant un dernier scientifique : Jimmy Palmer ! En effet, Ducky absent sur la scène de crime, c’est à lui qu’il revient de procéder aux premières constatations. Le « Gremlin de l’autopsie » monte en compétence. C’est un régal de voir Brian Dietzen en action, tantôt humble et compétent, tantôt extraverti et à l’humour…particulier.

Si le scénario était novateur en matière d’IA, il est plutôt rétrograde sur le harcèlement sexuel. L’attitude des protagonistes à la réunion d’information montrent qu’ils ne s’y intéressent guère voire n’y comprennent rien, ce qui est faire injure à leur intelligence. Voyons le verre à moitié plein avec les prémisses de la répression d’attitudes hélas trop banales.

L’intrigue secondaire sur la mission de DiNozzo n’avance guère mais nous vaut une authentique scène comique !

Anecdotes :

  • Le film mentionné par Abby à McGee durant le démontage de la voiture est Le Corniaud.

  • Jeanne, la petite amie interne en médecine de DiNozzo, conteste la rapidité de diagnostic du docteur House. Référence à la série du même nom.

  • Lawrence Pressman/Russel Pike : acteur américain, vu au cinéma dans Shaft, les nuits rouges de Harlem (1971), Le maître du jeu (1997), American Dreamz (2006) et à la télévision dans Cannon (1971), X-Files (2000), Cold Case (2007).

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12. SUSPICION
(SUSPICION)

Scénario : Shane Brennan

Réalisation : Colin Bucksey

Résumé :

Un officier des services de Renseignement de la Navy a été assassiné dans le motel d’une petite ville. La collaboration entre le NCIS et les autorités locales n’est pas évidente.

Critique :

Cet épisode permet de mesurer le chemin parcouru par la série depuis ses débuts concernant le chapitre des petites villes rurales, le cœur de l’Amérique, et les rapports entre elles et la Ville. S’il démarre comme ses devanciers, Shane Brennan, tout en conservant le dédain de DiNozzo pour « les ploucs », fait notablement évoluer la vision concernant les locaux. En effet, si un des policiers est d’une bêtise crasse, son frère a assez de jugeote pour comprendre et la légiste locale, à qui Lindsay Bartilson apporte une fraîcheur bienvenue, sait se montrer suffisamment professionnelle pour s’attirer la sympathie de McGee mais aussi pour convaincre Gibbs. Elle apporte un élément déterminant et reçoit en retour un « Beau travail » qui vaut de l’or ! La Ville reconnaît sa dette envers la Campagne. C’est un point important à mettre au crédit de Shane Brennan.

L’épisode se centre sur le mécanisme qui se met en place lorsque, dans une petite ville où tout le monde se connaît, arrive un étranger, Irakien de surcroît ! En 2006, la guerre en Irak battait son plein et « la cinquième colonne » est un fantasme récurrent et puissant qui combine peur, colère, méfiance et provoque fatalement la violence. En décomposant ce mécanisme, la série le dénonce et prouve qu’elle a su évoluer depuis son militarisme énamouré des débuts. Pas sûr que Donald P. Bellisario aurait approuvé mais sa patte s’efface, la série s’émancipe et gagne en intérêt et en profondeur.

DiNozzo est au centre de l’intrigue secondaire. Si ses amours avec Jeanne continuent, un nouvel élément surgit dans le final de l’épisode et apporte le contrepoint dramatique dont cette romance manquait. En outre, Ziva est très perturbée par la santé de son collègue. Cote de Pablo a amélioré le côté émotif de son personnage. Que Gibbs rembarre sèchement sa subordonnée participe certes du rappel de son autorité mais nous prive également d’une explication plus approfondie de l’inquiétude de Ziva. Cela participe du « Tiva », ce rapprochement soutenu par les fans mais jamais ouvertement par la production ; ce qui lui donne une ambigüité sympathique à la mode John Steed/Emma Peel.

Anecdotes :

  • Zivaïsme orthographique : « THIRAILLER » au lieu de « tirailler ».

  • Brian Howe/shérif Barrett : acteur américain, vu au cinéma dans Arrête-moi si tu peux (2002), Evan tout-puissant (2007), Annabelle (2014) et à la télévision dans Les Anges du bonheur (2000-2001), Will et Grace (2002), Les Experts : Miami (2005), FBI : Portés Disparus (2006), Bones (2008), The Mentalist (2010), Castle (2012), Nikita (2012-2013), Esprits criminels (2015), Westworld (2016)

  • Lindsey Bartilson/Ruby : actrice américaine, vue dans la sitcom Parents à tout prix (2001-2005), That 70’Show (2005-2006), Bones  (2007), The Online Gamer  (2010-2013)

  • Absence de Lauren Holly.

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13. LA LOI DU TALION
(SHARIF RETURNS)

Scénario : Steven D. Binder

Réalisation : Terrence O’Hara

Résumé :

Un SOS envoyé en piratant les feux de signalisation conduit le NCIS sur la piste d’un terroriste disposant d’une grande quantité de gaz mortel

Critique :

Si le lancement est original, l’intrigue de l’épisode l’est beaucoup moins puisqu’il ne s’agit que d’une classique course-poursuite, même si le scénariste essaie de noyer le poisson avec cette histoire d’argent qui fait penser à La naine blanche de Chapeau melon comme prétexte. Heureusement, deux éléments sauvent le tout.

Le premier consiste dans le lien personnel entre le terroriste, Mamoun Sharif, et Gibbs. Très clairement Sharif prend la place d’Ari Aswari dans le rôle de Némésis du héros ; un rôle indispensable dans une série. Métaphorique, la poursuite se concrétise avec les traditionnels coups de fil du méchant au gentil (mais les dialogues sont bons et les acteurs restituent la tension entre leurs personnages) avant de devenir littérale dans l’avant-dernière séquence très bien réalisée par Terrence O’Hara. Le second élément, ce sont les retrouvailles entre Gibbs et le colonel Mann. Logique puisque le NCIS et le CID traquent la même cible mais Susanna Thompson et Mark Harmon rehaussent la température avec leur jeu montrant la nette attirance des personnages. Le lien personnel entre Gibbs et Mann est le parfait miroir inversé de celui Gibbs/Sharif ; ce qui fait de Gibbs le centre du jeu et de Mark Harmon l’acteur principal de l’épisode. Rôle dont il se tire avec brio. Le Gibbs ordinaire est maîtrisé, celui plus sensible l’est tout autant. Pas étonnant quand on sait que Mark Harmon a dû faire preuve de charme face à Cybill Shepherd !

Anecdotes :

  • Retour d’Enzo Cilenti vu dans l’épisode 7

  • Ziva ne connaît pas l’expression « Courir sur le haricot » d’où scène très amusante

  • D’Abby au colonel Mann à propos de Gibbs : « Ne jamais trop questionner Dieu » ! Conseil judicieux !

  • Enzo Cilenti/Mamoun Sharif : acteur britannique, il est peu apparu au cinéma : Wonderland (1999), Rhum Express (2012), Les gardiens de la galaxie (2015), HHhH (2017) et a fait l’essentiel de sa carrière à la télévision : Scotland Yard, crimes sur la Tamise (1998), Rescue Me (2002), Rome (2005), Lie to me (2011), Docteur House (2012), Game of Thrones (2015-2016).

  • Victor Webster/Dane : acteur canadien, vu dans les séries Sunset Beach (1998-1999), Mutant X (2001-2004), Related (2005-2006), Esprits criminels (2009), Continuum (2012-2015).

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14. LA GRENOUILLE
(BLOWBACK)

Scénario : Christopher Silber, David J. North et Shane Brennan, d’après une histoire de Christopher Silber

Réalisation : Thomas J. Wright

Résumé :

Le NCIS est sur la piste d’un trafiquant d’armes appelé « La Grenouille » avec lequel le directeur Shepard a un compte personnel à régler

Critique :

L’ennemi se montre ! Après une demi-douzaine d’allusion dans les épisodes précédents, le dossier sur « La Grenouille » devient officiel. Ce n’est pas pour autant qu’il en devient plus simple. En effet, le directeur Shepard ne veut pas simplement le faire tomber mais lui régler son compte. Lauren Holly vole la vedette aux autres acteurs et densifie enfin son personnage avec ce durcissement bienvenu et qui a été bien amené. Du reste, tout n’est pas dit, ce qui laisse de la marge de manœuvre aux scénaristes.

Si le fond est très intéressant, la forme n’est pas entièrement maîtrisée. En effet, alors que le démarrage ultra-rapide laissait entrevoir un épisode très rythmé, c’est au contraire plan-plan durant une bonne moitié ! C’est la perspective du rendez-vous avec la Grenouille qui réveille le réalisateur bien aidé par le directeur de la photographie pour ces belles scènes nocturnes sur un tarmac. Une séquence qui permet à Donald McCallum de briller. L’acteur écossais ne dépareille pas dans cette scène stupéfiante d’une discussion élégante et raffinée avec Armand Assante et le monologue de ce dernier sur le Cognac ! Incarner le croquemitaine n’est pas aisé puisque l’on risque d’en faire trop ou pas assez par rapport aux informations distillées. Armand Assante est parfait. Le business que pratique la Grenouille est clairement identifié comme criminel (et avec David Dayan Fisher, il en a même la tête !) mais lui-même semble au-dessus de considérations bassement matérialistes. Mieux vaut parler d’opéra que de système de guidage de missiles !

Quand au final, surprenant, il appelle une suite.

Anecdotes :

  • Quand il parle de rendre hommage à « Humphrey » et « Ingrid », DiNozzo fait référence à Casablanca.

  • Erreur géographique : en 2007, on parlait de la « République démocratique du Congo » et non du « Zaïre »

  • Festival de zivaïsmes : « copie flibustée », « chercher une aiguille dans une meute de chiens » et la mission « sous oreiller »

  • Armand Assante/La Grenouille : acteur et producteur américain, vu au cinéma dans Les mains dans les poches (1974), La taverne de l’enfer (1978), Prophecy-Le monstre (1979), Contre-enquête (1990), 1492 : Christophe Colomb (1992), Judge Dredd (1995), Les légendes de Brooklyn (2000), American Gansgter (2007). Il tourne aussi pour la télévision : Kojak (1977), Napoléon et Joséphine (1987), Jack L’Eventreur (1988), Urgences (2006), Human Target (2010), New York, unité spéciale (2015). Il sera récurent cette saison.

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15. AMIS ET AMANTS
(FRIENDS AND LOVERS)

Scénario : John C. Kelley

Réalisation : Dennis Smith

Résumé :

Croyant enquêter sur une mort par overdose, le NCIS tombe sur un tueur en série.

Critique :

Un épisode très déséquilibré où les à-côtés de l’enquête principale sont plus intéressants que l’enquête elle-même. La collaboration NCIS/police est bien présentée et se déroule de manière courtoise ; ce qui est une nette différence avec des enquêtes conjointes précédentes. Mais le fond est trop confus. La victime, un quartier-maître, avait un foie d’alcoolique et un poison à base d’oléandrine dans le sang. Poison qui fait le lien avec une autre affaire mais de manière un peu trop sollicitée pour ne pas paraître facilité d’écriture. Les complexifications médico-légales du tueur seraient encore une fois tout à fait à leur place dans Esprits criminels ; ils font tâche ici. Globalement d’ailleurs, l’épisode manque sérieusement d’humour. On retrouve aussi un Gibbs beaucoup trop hostile à la légalité qui le brime : la scène dans le bureau de Shepard (qui, elle-même ne sert à rien) est complètement inutile et presque humiliante pour l’agent Lee. Liza Lapira fait par contre parfaitement ressortir la terreur qu’inspire Gibbs à son personnage et ce quasi-rabaissement du personnage, sous prétexte qu’il s’agit d’une avocate, est grossier et déplacé. Le final est expédié trop vite pour être crédible.

Bien plus intéressant est donc la vie amoureuse de Tony confronté à la jalousie car l’ex de Jeanne continue à la contacter. Mais sans jalousie, pas d’amour. De très belles scènes romantiques et aussi une explication franche et un peu sèche marque l’approfondissement de cette histoire d’amour.

Anecdotes :

 

  • Zivaïsmes : « Simple comme bonsoir » et « Tomber sur les cheveux » (pour « tomber sur le poil »).

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16. MORT À L'ARRIVÉE
(DEAD MAN WALKING)

Scénario : Nell Scovell

Réalisation : Colin Bucksey

Résumé :

Un lieutenant des Marines spécialisé dans l’inspection de sites nucléaire vient au NCIS signaler son propre meurtre.

Critique :

Un épisode fort intéressant et original. L’intérêt n’est pas tant dans l’enquête que dans les rapports humains et la construction crédible d’un attachement sentimental pour Ziva.

C’est en effet l’Israélienne qui est au centre de l’histoire depuis que Gibbs l’a affecté au lieutenant Sanders. Quelqu’un a empoisonné ce dernier au thallium, un produit nucléaire mortel et qui réunit beaucoup de qualités propres à séduire un tueur. Sachant qu’il appartient à une équipe d’inspecteurs chargés de visiter des sites nucléaires partout dans le monde, il y a plus qu’un parfum de Guerre froide y compris dans le mode d’admission du poison.

La science est sollicitée mais dans un rôle d’appoint et la part qui lui est consacrée est capitale pour l’enquête sans peser sur la dimension humaine. Il y a même de l’humour quand Ducky et Palmer examinent Sanders allongé sur la table d’autopsie mais bien vivant ! Humour aussi quand DiNozzo trouve le moyen de procurer un peu d’intimité à Ziva et Sanders. Une part limitée mais déterminante pour ne pas appesantir l’épisode et lui restituer toute sa force humaine.

Le fond de l’histoire c’est comment la froide tueuse du Mossad s’éprend du lieutenant Sanders. Nell Scovell a parfaitement écrit les étapes de cette « contamination », si l’on ose dire, et Colin Bucksey a su maîtriser le tempo. Pas de coup de foudre mais une progressive découverte de l’un par l’autre. Cote de Pablo a progressé depuis presque deux ans  et elle rend touchante, vivante cet amour tout comme elle sait rendre la perte de repère de Ziva décontenancée devant ce sentiment qu’elle a de tout temps fuit. Il est intéressant que ce soit DiNozzo, lui aussi en pleine période de remise en question sur le plan affectif, qui reçoive cette confession.

Anecdotes :

  • Zivaïsme ou lapsus involontaire quand Ziva dit « Vous allez couchez avec moi » à Sanders alors qu’elle veut lui dire « Venez avec moi vous coucher »

  • Matthew Marsden/Roy Sanders : acteur britannique vu au cinéma dans La chute du faucon noir (2001), Anaconda : à la poursuite de l’orchidée de sang (2004), Transformers (2007, 2009). Il tourne aussi pour la télévision : Coronation Street (1997-1998), Les Experts : Miami (2004), Nikita  (2011), Castle (2015).

  • Marc Vann/Mark Sadowski : acteur américain, il tourne principalement pour la télévision : Les Experts (67 épisodes, 2000-2015), Angel (2003-2004), FBI : Portés Disparus (2007), Torchwood  (2011).

  • Kate Norby/Diane Russio : actrice américaine, vue dans les séries Shark  (2007), Mad Men (2007), Nip/Tuck  (2010), Mentalist  (2011), Stalker  (2014).

  • Absence de Lauren Holly.

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17. DES CADAVRES DANS LE PLACARD
(SKELETONS)

Scénario : Jesse Stern

Réalisation : James Whitmore Jr

Résumé :

Une explosion dans un caveau révèle des restes de plusieurs corps. Le NCIS soupçonne qu’il s’agit de l’œuvre d’un tueur en série.

Critique :

Un épisode très médiocre qui avance par à-coups et qui se perd dans des scènes secondaires qui servent à peupler le temps imparti que l’intrigue, très pauvre, ne parvient pas à combler.

Le démarrage est très original, assez amusant même dans son côté gentiment gore. Par contre, l’inhabituelle longueur dans la salle d’autopsie suivie d’une très longue scène dans laquelle Ducky et Palmer exposent leurs découvertes alertent le spectateur. Quand la dimension scientifique devient trop importante, c’est mauvais signe. D’autant que le pilier habituel de l’humour reste bien fade et qu’il n’y a aucun zivaïsme à se mettre sous la dent. Corin Nemec, dans un rôle très ambigu, se montre plutôt bon mais, comme il n’y pas grand monde dans cet épisode et qu’un temps précieux est gaspillé, il ne peut pas éviter d’apparaître trop vite comme le principal suspect.

L’arrivée de Susanna Thompson évite cependant l’endormissement du spectateur. Son tandem avec Mark Harmon cause quelques étincelles qui font sourire. Tout comme la « thérapie » d’Abby à la mode Gibbs tout à fait dans l’esprit de la série ! Dommage que l’on doive se farcir une nouvelle fois une scène inutile dans le bureau de Shepard qui passerait pourtant pour une scène importante au vu de celle qui suit ! Mais à quoi pensait donc Jesse Stern quand il a livré son script ? James Whitmore Jr est un réalisateur chevronné mais animer une histoire pareille, c’est compliqué. Ce sont encore les scènes au caveau qui sont les plus dynamiques et, paradoxalement, les plus amusantes.

Anecdotes :

  • Ziva ne sait pas ce qu’est le nougat.

  • Écho de l’épisode précédent ; on apprend que le lieutenant Sanders est mort.

  • Si Gibbs et Mann ne se sont pas vu un moment, c’est parce que Susanna Thompson tournait un film.

  • Corin Nemec/Len Grady : acteur, producteur et scénariste américain, de son vrai nom Joseph Charles Nemec IV, il a joué au cinéma dans Tucker (1988), Lake Placid vs Anaconda (2015) mais il tourne plus souvent pour la télévision : Parker Lewis ne perd jamais (1990-1993, rôle titre), Les contes de la crypte (1994), Beverly Hills (1997), Stargate SG-1 (2002-2004), Ghost Whisperer (2008), Supernatural (2010).

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18. AU NOM DU FILS
(ICEMAN)

Scénario : Shane Brennan

Réalisation : Thomas J. Wright

Résumé :

Un homme se réveille alors que Ducky allait procéder à son autopsie ! L’enquête du NCIS lui fait croiser la route de Mike Franks.

Critique :

Bel épisode qui, sous ses dehors de policier classique, sait parfaitement incruster des scènes d’émotion importantes pour l’intérêt du récit et au-delà car Shane Brennan se livre à un exercice réussi d’approfondissement et d’enrichissement du métarécit de NCIS : il donne davantage de profondeur et de réalité aux personnages. Ça commence dès la première scène. Banale en apparence, elle nous montre le rituel de Ducky arrivant à son travail. Réalisée avec minutie, sans précipitation ni longueur excessive, elle nous fait entrer dans le quotidien rassurant de Donald Mallard. La surprise du mort-vivant n’en est que plus grande ! Ce sont ensuite les scènes à l’hôpital avec Franks puis la crise dans le couple Tony/Jeanne. En dehors de leur intérêt immédiat, elles en disent plus long sur nos personnages et les rendent plus présents. Incontestablement, elles nous les rendent attachants. NCIS continue à se détacher du procedural type pour devenir autre chose qui lui soit propre. Mêlant policier, humour et des personnages drôles et attachants, la série a trouvé son ADN.

L’enquête elle-même ne manque pas d’intérêt entre un patron peu compétent d’une compagnie aérienne suspecte d’entrée, un banquier suave qui a des liens avec le Moyen-Orient et notamment le Liban – « Suivez l’argent » est un des poncifs du genre policier ! Les ingrédients du policier classique sont là mais ne servent qu’à l’habillage. La présence d’un Mike Franks donne d’emblée une dimension canaille à l’affaire. Quant au final, il est très réussi et bien surprenant.

Anecdotes :

  • Très britannique, l’Écossais Ducky boit son thé avec du lait.

  • Zivaïsme : « battre chaud » au lieu de « battre froid ».

  • Absence de Lauren Holly.

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19. POUR LA PAIX
(GRACE PERIOD)

Scénario : John C. Kelley

Réalisation : James Whitmore Jr

Résumé :

Un attentat à la bombe tue deux agents du NCIS.

Critique :

Le drame du survivant. C’est le véritable thème de cet épisode qui n’apporte aucune réponse simpliste, ce dont on lui sait gré. A travers le personnage de Paula Cassidy, le spectateur vit les épreuves qu’elle traverse. Mis au premier plan, promue chef d’équipe depuis la saison dernière (elle apparaissait en 3-3), Paula Cassidy est magnifiquement interprétée par Jessica Steen qui lui donne une pleine crédibilité dans ses fonctions, dans sa douleur, dans toutes les émotions qu’elle dégage ; de la colère à la lucidité froide. Ziva et DiNozzo servent de miroir à ces deux facettes ; la première assume le rôle ingrat de déversoir quant le second la place sur un registre plus doux et qu’elle lui donne un conseil rendu plus émouvant encore par le contexte.

Le scénario est vraiment habile. Il ménage un véritable suspense à travers une enquête policière sérieuse, oppose Ducky et Abby à travers des résultats contradictoires alors que c’est impossible, se montre parfait dans son dosage entre drame et un soupçon d’humour. Ce dernier est notamment attribué à Hollis Mann qui, à deux reprises, déstabilise Gibbs ! La première séquence, mutine, fait immédiatement suite à l’attentat quand la seconde allège la tension. Si les décors sont très minimes, on appréciera l’astuce façon Ann Radcliff pour prouver le piège et le réalisateur est très inspiré entre temps forts (l’explosion, le final) et temps faibles. Un sommet de la saison.

Anecdotes :

  • McGee parle du « chat de Schrödinger ». Cette expérience, imaginée (et jamais réalisée) par le physicien et philosophe autrichien Erwin Schrödinger (1887-1961) à travers une correspondance avec Albert Einstein en 1935, signifie que l’observateur modifie ce qu’il observe. Sans personne pour les observer, certains évènements n’existeraient pas. Un chat est enfermé dans une boîte hermétique et opaque. Un appareil délivre au hasard une décharge électrique capable de le tuer. Si l’appareil est mis en marche une seconde puis arrêté, le chat a-t-il reçu la décharge mortelle ? Ainsi que le synthétise McGee, en physique quantique, il est acceptable de dire que le chat est à la fois mort et vivant. Le Chat de Schrödinger a été aussi beaucoup cité dans d’autres séries comme dans Person of Interest ou The Bing Bang Theory.

  • Dernière apparition de Jessica Steen.

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20. ROMAN MEURTRIER
(COVER STORY)

Scénario : David J. North

Réalisation : Dennis Smith

Résumé :

La disparition d’un quartier-maître donne une impression de déjà-vu à McGee. Et pour cause : il l’a écrite !

Critique :

Misery pour NCIS : un fan d’un romancier confond le réel et la fiction. Du coup, pour les enquêteurs, difficile de débrouiller les faits et de les interpréter correctement. On comprend le désarroi et l’embarras de McGee face à cette disparition. Il n’est pas réconforté par la découverte du corps d’un autre homme, lui aussi personnage du roman ! Là où le problème paraît insoluble c’est que ce roman est inachevé et, du coup, non publié ! « Le tueur est dans votre tête ! Entre dans la sienne », assène Gibbs à son subordonné. Mise en abyme intéressante, c’est en recréant le processus créatif de McGee que lui et DiNozzo mettront la main sur un indice capital qui va leur permettre in fine de démasquer le criminel et de protéger une innocente victime dans un final filmé de manière très dynamique et avec un éclairage caravagesque.

Si McGee est mis en valeur par le biais de son « autre boulot »  et que Sean Murray s’empare de ce temps d’exposition pour densifier son personnage et montrer combien celui-ci a changé depuis sa première enquête à Norfolk quatre ans plus tôt, l’épisode convainc moins sur le côté « écrivain » de McGee justement. La manière dont McGee écrit est plus moquée que mise en valeur. Même son « aveu » devant ses collègues est un peu ridicule puisque tout le monde avait compris dès la parution du premier bouquin. Seule la fausse piste, un peu prévisible certes, est rigolote. En tout cas, c’est la dernière fois que la carrière d’écrivain de McGee est mentionnée dans la série.

Anecdotes :

  • Zivaïsmes : « voir un fantasme » (au lieu de « fantôme ») et « passer une pommade » (pour « passer un savon »)

  • Chez l’éditrice, la photo à côté de celle de McGee est celle de Donald P. Bellisario.

  • Absence Lauren Holly.

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21. JEU DE DUPES
(BROTHERS IN ARMS)

Scénario : Steven D. Binder

Réalisation : Martha Mitchell

Résumé :

L’informateur que devait rencontrer la directrice du NCIS se fait descendre devant elle.

Critique :

Shepard vs La Grenouille, nouvel acte ! Sauf que c’est du flan. L’épisode mouline dans la semoule et, sans le talent des comédiens, on s’ennuierait ferme car le scénario ne fait que ressasser des éléments que le spectateur connaît déjà. La seule chose intéressante c’est la confirmation de l’obsession maladive de Shepard envers le trafiquant d’armes français. Cela nous vaut la seule scène vraiment captivante ; la confrontation entre Shepard et Ducky alors que celui-ci tentait de tracer le portrait psychologique de La Grenouille. Au passage, on s’amusera du cliché : La Grenouille est un Français ; il est donc raffiné !

Ce qui sauve l’épisode de l’ennui, outre l’intensité que met Lauren Holly dans son jeu pour rendre compte avec crédibilité de l’obsession de son personnage (ce qui rattrape pour partie les nombreuses scènes inutiles dans divers autres épisodes), ce sont d’une part le dîner entre Tony, Jeanne et la mère de celle-ci. Que cette scène amusante soit diffusée en deux fois montre par contre qu’il fallait meubler le scénario un peu faiblard de Steven D. Binder. Martha Mitchell, qui intervient rarement sur NCIS mais a beaucoup officié sur FBI : Portés Disparus réalise une prestation très honorable. Ainsi, tout comme la scène Shepard/Ducky, celle du dîner nous fait ressentir le chaud/froid qui en émane ; ces moments où l’on passe du déroulé normal à un moment gênant. C’est fin et bien amené. C’est d’autre part l’adjonction, certes téléphonée, de Fornell dans cette histoire. L’expression amusé de l’agent fédéral montre une distance entre lui et sa mission : en fait, il n’y croit pas mais il est professionnel. La connexion entre Mark Harmon et Joe Spano fait le reste. A défaut d’être emballant, au moins, cet épisode n’est-il pas ennuyeux.

Anecdotes :

  • Pour une fois, ce n’est pas Gibbs qui arrête l’ascenseur alias « salle de conférence ».

  • David Dayan Fisher/Trent Kort : acteur britannique, surtout vu à la télévision : The Bill (1998-2000), Flynn Carson- le mystère de la lance sacrée (2004), Numb3rs (2006), Medium (2010), Rush Hours (2016). Il sera récurrent dans la série apparaissant au total 14 fois.

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22. DANS L'OBSCURITÉ
(IN THE DARK)

Scénario : Steven D. Binder

Réalisation : Thomas J. Wright

Résumé :

Un photographe aveugle prend le cadavre d’un quartier-maître en photo.

Critique :

Un épisode au démarrage plutôt original mais comme le fait remarquer DiNozzo, le compositeur Beethoven était sourd alors un photographe aveugle ! Non seulement le démarrage est à la fois amusant et original mais Steven D. Binder saura placer les scènes avec Jackson Scott, incarné avec talent et nuance par John Billingsey, à bon escient pour relancer l’enquête sans jamais en faire trop mais toujours utilement.

La réussite de l’épisode tient au mariage d’un élément classique du récit policier – un détournement de fond – avec l’élément humain qu’est l’engagement amoureux. Le scénariste ne s’attarde pas trop sur le détournement qu’il cantonne largement à la partie « scientifique » de son travail pour nous présenter à trois reprises la question de l’engagement. C’est Tony qui se surprend lui-même (et nous avec) à proposer à Jeanne d’emménager ensembles. Michael Weatherly joue avec subtilité ce passage délicat et rend visible et palpable la surprise de DiNozzo à s’entendre parler et à en réaliser les implications. C’est Gibbs qui est confronté à la volonté d’Hollis de trouver « quelque chose de permanent ». Les séquences entre eux sont davantage que les autres placés sous l’angle de la comédie. Le visage de Mark Harmon reflète tout un embarras de vaudeville. C’est Bryn, l’assistante de Scott, qui raconte comment elle est tombée amoureuse dans une séquence touchante où Katie Lowes nous donne le même sourire qu’à son personnage tant elle a su donner corps à ce sentiment.

L’humour est une donnée sûre tout au long de l’épisode mais Jimmy Palmer, incarné comme toujours avec bonheur par Brian Dietzen qui lui donne à la fois une gaucherie comique, une compétence professionnelle et une grande empathie, réussit à en être le parfait représentant. De petites saynètes parsemées tout du long justifiées par un motif à la fois d’une grande futilité (mais que l’équipe de Clair de Lune aurait pu le prendre pour base d’une de ses enquêtes ; il en faut peu parfois) et d’une certaine utilité puisque, au final, elles lui permettront d’être le révélateur qui résoudra l’enquête !

Anecdotes :

  • On découvre que Palmer est diabétique.

  • John Billingsley/Jackson Scott : acteur américain, très peu de films au compteur mais une grande activité à la télévision: Bienvenu en Alaska  (1990), X-Files (1993, 1999), Le Caméléon (1996), Angel  (1999), Six Feet Under  (2001), Cold Case  (2005), 24 heures chrono (2007), Esprits criminels  (2009), Suits, avocats sur mesure  (2011), Twin Peaks  (2017)

  • Katie Lowes/Bryn Landers : actrice américaine, essentiellement active à la télévision: Damages  (2005), Castle (2009), The Closer (2011), Scandal (2012-2018)

  • Absence de Lauren Holly.

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23. CHEVAL DE TROIE
(TROJAN HORSE)

ncis 3 23

Scénario : Donald P. Bellisario et Shane Brennan

Réalisation : Terrence O’Hara

Résumé :

Un homme est retrouvé mort dans un taxi à l’entrée du NCIS.

Critique :

La collaboration inédite de l’ancien et de l’actuel showrunner ne débouche pas sur le feu d’artifice auquel on n’aurait pu s’attendre. C’est une intrigue simplissime voire simpliste qui comporte des côtés amusants mais rien de grandiose. En revanche, l’intrigue secondaire autour de Shepard est plus intéressante.

Mis à part l’incongruité de voir Gibbs en « faisant fonction » de directeur et le fait que les agents n’aillent pas loin pour enquêter (mais c’était déjà le cas dans la saison 2 lorsque DiNozzo fut victime de la peste), il ne se passe pas grand-chose. Tout manque de consistance et il est ahurissant de voir Tony et Ziva passer une grande partie de leur temps au téléphone et nous le montrer ! La relance de l’intrigue et le coup de théâtre sont bien amenés mais pas tout à fait surprenant. On a évité l’ennui, c’est déjà ça.

Le contraste est patent avec la partie consacrée à Shepard. Elle est brève mais dense et se déroule soit de nuit à Paris (très beaux extérieurs de la Concorde et la tour Eiffel illuminée, c’est toujours un plaisir) et le gris d’un hôpital moscovite où l’on apprend de sacrées révélations. Lauren Holly est très bien dans cet épisode ; amusée et un peu inquiète aussi quand Shepard téléphone à Gibbs, tendue et dure quand Shepard interroge le colonel général Borov. Rarement, l’actrice n’aura eu l’occasion de varier autant son jeu et d’avoir quelque chose de consistant à jouer. Le regard froid mais envieux qu’elle jette à l’homme qui peut lui dire des choses qui l’intéresse (mais elle aura surtout ce qu’elle n’était pas venue chercher) est un bel exemple de ce que les théologiens appellent « la concupiscence » ; l’avidité de possession.

Anecdotes :

  • Au début, le camion de livraison situé devant la cabine du poste de contrôle de sécurité porte un logo à l'arrière indiquant : « ACHETER AMÉRICAIN ». Lorsque le gardien de sécurité ouvre la porte, on peut voir clairement le produit : « Icelandic Spring » ; une eau qui est mis en bouteille en Islande.

  • Zivaïsmes : « ça n’épelle rien » (pour rappeler) et « ça vaudra le cul » (pour « vaudra le coup » et celui-ci donne lieu à un échange suivi).

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24. RÉVÉLATIONS
(ANGEL OF DEATH)

ncis 3 24

Scénario : Donald P. Bellisario

Réalisation : Dennis Smith

Résumé :

Un dealer de drogue prend Jeanne et Tony en otages pendant que Gibbs essaye de comprendre ce que mijote la CIA.

Critique :

Un épisode fort peu intéressant et qui n’a de sens qu’au sein d’un arc narratif commencé avec le précédent et qui se poursuivra la saison suivante comme l’indique le final pour le coup surprenant. Le fil rouge autour de « La Grenouille » est désormais inséré dans un autre qui concerne le père de Jenny Shepard. Sauf que ces éléments ne font pas un scénario et que la moitié des personnages n’ont strictement rien à faire ! Gibbs fait bosser McGee et Shepard Abby et le spectateur attend que ça se passe.

Heureusement, il y a l’intrigue du jour qui occupe une large place mais qui, grâce à son histoire simple mais efficace et un sens très sûr de la réalisation de Dennis Smith, s’avère prenante et intéressante à suivre. Scottie Thompson maîtrise son personnage à qui elle donne douceur et force, se montre crédible en médecin et très courageuse. Le regard de l’actrice est un concentré de volonté. Dans cette partie hospitalière, elle vole la vedette à Michael Weatherly, que le scénario maintient en retrait (ce qui est normal) mais qui compense avec un charme intact, quelques bons mots et de très bons réflexes.

La « saison des secrets », qui s’avère être la meilleure jusqu’ici, se termine plutôt en queue de poisson.

Anecdotes :

  • Dans les bonus, le directeur de la photographie, William Webb explique le « style » de la série et raconte que Mark Harmon prévient les invités qui ne viennent qu’un jour ou deux pour le tournage que « ça va être un peu étrange ».

  • Lorsque McGee explique comment il a suivi la commande de la CIA pour les tests polygraphiques, il a mentionné que cela s’était passé à Porto Rico, mais la carte montre la République dominicaine surlignée en rouge.

  • Erreur : Lorsque Devon Watson est présenté à l'hôpital pour la première fois, il porte une attelle de traction sur la jambe. Mais lorsque le Dr Benoit regarde sa radiographie, elle montre des fractures du tibia. Les attelles de traction ne sont utilisées que sur les fractures du fémur fermées, sans autre blessure à la jambe, aux hanches, au bassin, à la cheville et au pied.

  • Première saison sans « règles de Gibbs » hormis le rappel de la règle 22.

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Saison 2Saison 4

NCIS : Nouvelle Orléans

Saison 3



1. CONTRE-COUPS 
(AFTERSHOCKS)



Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Appelée sur une scène de crime, Kate Beckett y découvre Richard Castle, absent depuis des mois !

Critique :

Un démarrage sur les chapeaux de route ! Déjà, l’épisode s’ouvre par une séquence ultradynamique avec un splendide jeu de miroirs (un travail impeccable de Rob Bowman) qui se termine par Castle et Beckett se mettant respectivement en joue !

La victime, une dénommée Chloé, avait une adresse dans la main. En s’y rendant, le trio Beckett/Esposito/Ryan y découvrent Richard Castle, une arme à la main ! Beckett passe les menottes à son ex-partenaire ; le réalisateur zoome d’abord sur les mains de l’écrivain puis sur le visage de Nathan Fillion. C’est un plaisir de voir le visage si mobile, si ouvert de l’acteur. L’interrogatoire que mène Beckett est très serré. Stana Katic montre avec talent à la fois le professionnalisme de son personnage (questions sur l’affaire) et l’irritation de cette dernière (parce que Castle ne lui a donné de nouvelles depuis qu’il est revenu des Hamptons). On appréciera les vacheries réciproques des duettistes. Innocenté, Castle est sèchement renvoyé chez lui. Nathan Fillion rend parfaitement compte du désarroi de l’écrivain qui ne comprend pas la froideur de ses amis.

Avec sa maestria habituelle, Andrew W. Marlowe fait progresser son intrigue et parvient à replacer Castle sur la route des policiers en une parfaite symétrie de la première scène de crime ! C’est drôle et brillant. Le plus beau c’est la parfaite explication logique qui a amené le tandem au même endroit, la troisième scène de crime, en partant de deux points de départ différents. Comprenant qu’elle ne se débarrasserait jamais de Castle, Beckett l’admet « pour cette enquête » à ses côtés et il parie qu’il trouvera la solution. L’enjeu : sa présence au poste. Il est évident que Castle restera mais ce jeu fait partie de l’ADN du personnage et c’est une série qui joue avec les codes et avec son public. Comment rendre cette évidence plausible ? C’est le réel enjeu. Le spectateur s’amuse de retrouver les passages obligés de sa série : le café apporté le matin (ne manquez pas le visage de Stana Katic ; l’actrice rend parfaitement visible le plaisir qu’éprouve son personnage de retrouver son binôme), les théories farfelues et surtout l’idée qui relance l’enquête. Ici, il prouve le lien entre les victimes. Le scénariste parvient à nous surprendre en plaçant ledit lien dans un cabaret burlesque ! On note une marotte des réalisateurs dans les interrogatoires. Alors que la caméra est statique dans l’interrogatoire dans un cas, elle est très mobile dans un autre ; ce qui signifie qu’un élément important va nous être communiqué. Une réflexion de Beckett fait bingo dans son esprit puis ça fait tilt entre eux. Quelle série aime tant ses fans pour leur présenter tous les passages obligés tout en jouant avec ?

L’arrestation nous ramène à la scène de départ et l’explicite avec une redoutable efficacité. Beckett considère que Castle a gagné. Le duo est reformé. La saison peut commencer !

Anecdotes :

  • Le premier épisode de cette saison a été suivi par près de 12 millions de téléspectateurs sur ABC, aux États-Unis. Face à cette audience, la chaîne a commandé 2 épisodes supplémentaires pour la saison.

  • Stana Katic et Tamala Jones continuent à se laisser pousser les cheveux.

  • Michael Rady/Evan Murphy : acteur américain, surtout présent à la télévision : Greek (2008-2009), Melrose Place : Nouvelle génération (2009-2010), Mentalist (2011-2012), Jane the Virgin (depuis 2014).

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2. COMME CHIEN ET CHAT 
(SUSPICIOUS MINDS)

Scénario : Moira Kirland

Réalisation : John Terleski

Résumé :

L’enquête sur la mort d’une voyante amène Castle et Beckett sur la piste d’un autre meurtre.

Critique :

Castle et la voyante ! Une évidence pour cet amateur de fantastique ! Dommage que l’intrigue avec ses multiples personnages soit un peu confuse. On peut heureusement compter sur notre duo, très Mulder et Scully sur ce coup-là, pour nous distraire. Castle est bien entendu Mulder et Beckett Scully ; d’ailleurs elle reçoit très officiellement ce surnom.

Difficile d’isoler l’intrigue principale de ses sous-intrigues. La victime, Vivienne Marchand, avait déjà collaboré avec la police mais Ryan démonte la réputation de la voyante, mise en cause par un producteur de télé-réalité à qui elle propose de confier la vérité sur un « vrai » meurtre pour qu’il efface des images qui lui nuisent. La victime prétendue aurait fait une crise cardiaque mais pourrait avoir été empoisonné. Cet homme, Emilio, avait une liaison avec la femme d’un de ses employés, une gourde blonde. C’est compliqué de bien suivre et la résolution de l’énigme est un peu tirée par les cheveux. Le plus intéressant, c’est la différence entre un Castle ouvert au mystère et une Beckett matérialiste. La scène où les policiers démontrent comment la voyante aurait pu tout découvrir sur le meurtre d’Emilio est sans doute une des meilleures. Mais c’est Castle qui a la plus belle réplique décochée à son amie : « Si vous ne croyez pas à la possibilité que la magie existe, vous ne la trouverez jamais ».

Là-dessus, la fille de la voyante, Penny, elle aussi médium – Rachel Boston est le meilleur second rôle de l’épisode émouvante dans son deuil, un peu exaltée par ses visions ; d’abord hésitante à dire la première à Beckett puis gagnant en assurance – nous gratifie d’un pronostic sur l’avenir de Beckett.

Comme souvent, la famille de l’écrivain fournit l’intrigue secondaire ; aujourd’hui c’est Martha qui s’y colle. Cette partie de l’épisode est la plus solide et la plus forte, notamment dans l’émotion. Martha – merveilleuse Susan Sullivan éblouissante, la « Castle girl » de l’épisode – s’est vu demandé en mariage par son amant Chet. Elle veut réfléchir mais, en fait, elle pense que leur histoire est finie. Plus de flamme et c’est un moment touchant. Mais voilà que Chet meurt avant qu’elle n’ait rompu ! La scène entre Susan Sullivan, effondrée, et Nathan Fillion, magnifique en fils soutenant sa mère, est très émouvante. Cette sous-intrigue sauve le 3ème melon.

Anecdotes :

  • Absence Ruben Santiago-Hudson

  • Beckett a cessé de croire au Père Noël à l’âge de 3 ans.

  • Castle nous révèle que, si son nom de plume est « Richard Edgar Castle » (en hommage à Edgar Allan Poe), son véritable nom est Richard Alexandre Rodgers.

  • Rachel Boston/Penny Marchand : actrice américaine, vue dans les séries Mes plus belles années (2002-2005), NCIS (2006), The Ex List (2008-2009), US Marshall : protection de témoins  (2011-2012), Witches of the East End (2013-2014).

  • Mercedes Masöhn/Marina Casillas : actrice suédoise, vue dans les séries Entourage (2008), NCIS (2009), Three Rivers (2009-2010), 666 Park Avenue (2012-2013), Californication (2014), NCIS : Los Angeles (2014, 5 épisodes), Fear the walking dead (depuis 2015).

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3. LE JUSTE CHOIX 
(MAN ON FIRE)

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

Le meurtre d’un garant de caution envoie Castle et Beckett à la fois dans le passé de cette dernière et sur la piste d’un trésor

Critique :

A travers une enquête très classique, Castle s’offre un beau moment dans l’approfondissement du personnage de Kate Beckett tout en rendant hommage quelque part au Faucon maltais. Le mort est trouvé dans son bureau et c’est de là que va découler toute l’enquête. Sur son corps, Lanie trouve un papier rempli de traits. Castle pense d’emblée à un (Da Vinci) code quand Beckett le compare à un vulgaire bout de papier. Faute du scénariste puisque rien n’est inutile dans une série policière et que, d’autre part, Beckett ne pourrait jamais considérer un élément quel qu’il soit comme anodin. Dans le bureau, les enquêteurs trouveront un micro qui relie l’épouse de la victime à la scène de crime. Sur le corps, Lanie, à nouveau, découvre une croix faite de baume et d’huile qui amène un prêtre en salle d’interrogatoire ! Enfin, une empreint fait tomber dans l’escarcelle un ancien criminel visiblement complètement décati !! Mais le plus beau, c’est qu’en coursant un suspect, Beckett tombe sur Mike Royce, son ancien instructeur. Jason Beghe est impeccable dans ce rôle de mentor, à la fois distancié par l’âge et l’humour tout en montrant une affection certaine pour son ancienne élève. Stana Katic est tout aussi remarquable car l’actrice rend elle aussi palpable cette affection. Les deux acteurs réussissent à créer et à rendre tangible et partant crédible cette connexion entre leurs personnages.

Evidemment que le papier découvert était important et même qu’il est une carte menant au butin d’un vol de bijoux d’un montant pour lequel on pourrait aisément tuer ! Rien n’étant ce qu’il paraissait être, la seconde partie de l’épisode déconstruit les figures qu’il nous avait précédemment présentées ! C’est très bien écrit et la chasse au trésor amène à une scène d’un cliché absolu qui devient un morceau de bravoure : tout le monde s’y retrouve et se menace réciproquement avec des armes de tous les calibres !!! Castle sauve la mise et résout l’énigme.

L’épisode comporte une intrigue mineure, celle d’Alexis qui veut un scooter. C’est mignonnet surtout avec le charme de Molly C. Quinn mais on n’y croit qu’à moitié et, surtout, c’est clairement ajouté pour donner du temps de jeu à la « famille Castle ». Pas grave, Nathan Fillion et consorts auront réussi à nous amuser quand même !

Anecdotes :

  • « Les filles rêvent d’un deux roues quand on réalise qu’on n’aura jamais de poney » affirme Beckett

  • « J’ai toujours rêvé de faire ça ! » s’exclame hilare Castle en poursuivant un suspect !

  • Castle a écrit « Le tueur n’avait pas le son » ; il a trouvé mieux comme titre !

  • Jason Beghe/Mike Royce : acteur américain vu au cinéma dans The X-Files : le film (1998) mais plus souvent à la télévision : X-Files (1994), Les Experts (2002), Veronica Mars (2006), Californication (2009/2011-2013), Chicago Fire (2012-2015), Chicago Police Department (depuis 2013).

  • Sophina Brown/Gayle Carver :  actrice américaine vue dans les séries New York Unité spéciale (2001), Shark (2006-2008), Numb3rs (2008-2010), NCIS : Los Angeles (2011), Ravenswood (2013-2014), Scream (2015).

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson.

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4. LA GRANDE ÉVASION 
(ESCAPE PLAN)

Scénario : David Grae

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Un homme est retrouvé mort tué par une balle en plomb vieille de 200 ans !

Critique :

Très joli titre français qui, sans vendre la mèche, en allume toutefois une partie. Une des forces de cet épisode c’est son travail visuel. D’entrée de jeu, Rob Bowman nous captive par cette scène dans une lumière bleu-noir mêlant silence autour du cadavre et bruits de chevaux au galop. Un déphasage qui illustre que le temps sera une des données du problème.

La victime, un certain Daniel Goldstein créait des produits financiers complexes. Un de ces produits a justement fait perdre beaucoup d’argent à plein de monde. Suivez l’agent est un poncif du récif policier sauf que nous sommes chez Castle et que ce n’est qu’un aspect de la réponse. Car Lanie apporte plus de questions qu’elle ne donne de réponse : la victime a été tuée par une balle remontant au XVIIIème siècle tirée par une arme de la même époque ! Il n’en faut pas plus à Castle pour imaginer un tueur spatio-temporel venu par un portail dimensionnel ! L’énergie que met Nathan Fillion dans son personnage le préserve du ridicule pour le faire passer dans l’autre dimension des huluberlus sympathiques, un excentrique ! Devinez le modèle de la voiture de Daniel et vous imaginerez les sommets de jubilation de l’écrivain !

Castle et Beckett vont remonter jusqu’à un club de farfelus, éminemment délirants mais bons enfants. Le décor est chargé mais il crée une véritable identité visuelle au club, un décalage entre l’extérieur du XXIème siècle et l’intérieur qui se revendique du Londres victorien (costumes notamment) mais comme si le futur imaginé à l’époque (référence à Jules Verne) s’était justement arrêté là. Rob Bowman, bien aidé par les décorateurs, opère une présentation en deux/trois images, de vrais tableaux d’originaux saisis sur le vif. Mais si le club est original, c’est aussi lui qui donnera la clé de l’énigme. Grâce aussi à une séance de tir devant mesurer la précision des armes du siècle des Lumières ; d’abord sérieuse, cette séance vire au déjanté et on remercie Nathan Fillion à genoux tellement c’est fou !!

L’intrigue mineure du jour, ce sont les premiers émois d’Alexis. C’est très touchant grâce à l’implication de Molly C. Quinn, absolument géniale quand elle entreprend de se demander à voix haute comment on sait qu’on est amoureux. C’est à la fois drôle et touchant et Nathan Fillion n’est pas en reste. Sur cette scène, il est lui aussi attendrissant et nous fait bien sourire. Il a carrément su nous faire rire par la jalousie de Castle, vexé que ce soit à Martha et non à lui, le « papa cool » qu’Alexis se soit confiée la première ! Quant à la première rencontre du père et du petit ami, il n’y a que dans cette série qu’elle pouvait avoir lieu de cette façon !!

Anecdotes :

  • Humour noir toujours pour ouvrir l’épisode lorsque Martha dit à son fils : « Rien de tel qu’un petit meurtre pour te remonter le moral » !

  • Le premier mot de bébé Alexis a été « Dénouement » mais c’est parce que Castle « lui a appris très tôt à structurer sa pensée » !!

  • Première apparition du nouveau compagnon de Kate Beckett.

  • Andrew Leeds/ Adam Murphy : acteur américain vu dans les séries Nip/Tuck (2003-2004), Bones (Pelant, 2012), NCIS : Los Angeles (2013-2014).

  • Victor Webster/Josh Davidson : acteur canadien, vu dans les séries Sunset Beach (1998-1999), Mutant X (2001-2004), Related (2005-2006), Esprits criminels (2009), Continuum (2012-2015).

  • Hommage à Stephen J. Cannell. 

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5. LES VRAIS HÉROS NE SE REPOSENT JAMAIS 
(COURSE CORRECTION)

Scénario : Terence Paul Winter

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Lors d’un enterrement un cercueil se renverse libérant deux corps !

Critique :

Au tour des séries hospitalières de passer à la moulinette de Castle ! Humour et ironie à tous les étages mais aussi beaucoup de sentiments voire du sentimentalisme si l’on est peu charitable. La victime, Valérie Monroe, était médecin dans un hôpital et elle a été tuée avec une « précision chirurgicale » selon la formule agréée. Le mode opératoire, et plus largement l’injection de formules médicales, permettent à Tamala Jones de sortir de son registre habituel pour développer une réelle expertise. La mise en scène de John Terlesky permet de donner un aspect fluide à une scène d’explication qui aurait été bavarde et pesante s’il l’avait tourné platement.

L’écriture de la série est bien rodée mais absolument pas mécanique. Ainsi, le premier suspect, Greg McClinctock, est-il bien entendu innocent du crime puisqu’il est le premier justement. Sauf que c’est bien plus subtil ! L’explication finale est stupéfiante par la maîtrise d’écriture et le jeu avec le spectateur qui a toutes les cartes en main mais tombe dans le panneau qu’on lui présente ! Comment faire autrement quand le scénario mêle un baron de la drogue qui employait la victime comme médecin personnel ? Comment passer sous silence le fait qu’elle était une informatrice du ministère de la justice ? Et que vient faire dans tout cela une recherche du docteur Monroe concernant la ville de Katona, État de New York, prototype selon le capitaine Montgomery « de la ville où il ne se passe jamais rien » ? La réponse à la question est fournie par le capitaine Montgomery lui-même ! Ruben Santiago-Hudson a peu de temps de présence mais il l’emploie bien, chaleureux, proche de ses troupes.

Et puis il y a de l’amour dans cet épisode. L’amour d’Alexis pour Ashley (absent bien qu’on parle beaucoup de lui) et le couple qui a « sa » chanson (de Taylor Swift). Celui de Castle pour Gina ; une crise entre eux dû à la jalousie de ce dernier déjà constatée quand on parle de sa fille mais qu’ils parviennent à surmonter grâce à un travail sur soi de cet égotiste de première qu’est Richard Castle. Nathan Fillion est impeccable et l’on sent les efforts que son personnage a fait par amour pour les autres. C’est aussi avec délice que l’on assiste à la lecture entre Castle et Beckett d’une correspondance amoureuse où ils espèrent trouver une piste. Non seulement c’est amusant mais c’est loin d’être purement anecdotique. Quant au mobile du meurtre, il est quelque part lié à l’amour, décidément un grand meurtrier !

Anecdotes :

  • Michael Cassidy/Greg McClinctock : acteur américain vu dans les séries Newport Beach (2004-2005), Smallville (2007-2008), Scandal (2012), Men at Work (2012-2014), The Magicians (2016).

  • L’épisode comprend de multiples références à des séries hospitalières, comme un « docteur Rhonda Shimes » ! Selon Castle, les médecins sont connus pour « leur fornication galopante » et le triolisme serait « courant » !

  • Retour de Monet Mazur (Gina).

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6. AUX AGUETS 
(ONE GOOD MAN)

Scénario : David Amann

Réalisation : Bill Roe

Résumé :

Le meurtre d’une femme blonde indique à la police de New York qu’un tueur en série, le Triple Tueur, est de retour en ville.

Critique :

Un épisode remarquable à l’intrigue complexe mais maîtrisé, aux dialogues froids et à la mise en scène lente et grave ; profondément noir, cet épisode, éclairci par l’intrigue secondaire qui aura son importance sur l’intrigue principale, ce qui est rare, réussit une figure imposée des séries policières : introduire la Némésis du (des) héros.

L’entrée dans l’épisode est déjà un signe de maîtrise narrative, visuelle et sonore. Quand tout va bien, la jeune femme blonde est éclairée par les lumières de la ville et on entend clairement Phil Collins. Puis, progressivement, le silence se fait. Très vite, Lanie relie ce crime à ceux du Triple Tueur. Ruben Santiago-Hudson enfile les habits du commandant Montgomery et, avec autorité, nous donne un topo sur ce meurtrier. Survient une seconde victime et seulement le générique ! Avec efficacité, mais en ayant tout de même pris le temps d’une scène d’émotion, le scénario introduit le héros noir de l’épisode, Marcus Gates incarné avec un talent fou par Lee Tergesen. L’acteur donne un détachement ironique à son personnage (il faut voir le sang-froid qu’il conserve alors qu’une armada de flics surarmés le mettent en joue). Les interrogatoires de Gates par Beckett seule sont des bijoux. Le ton est toujours calme mais la tension est palpable surtout que la froideur de Gates le rend de plus en plus affreux mais, comme il a réponse à tout, c’est une anguille qui se tient devant nous. Le second interrogatoire semble rejouer la même scène mais on notera alors que le réalisateur zoome sur les visages. Quelque chose de nouveau va sortir de tout cela.

Pour coincer Gates, les enquêteurs ont fouillé le passé du roi de Sing Sing et découvert son co-détenu, Jerry Tyson. Autant Gates est glacial, autant Tyson paraît émotif, mal à l’aise. Il faut que la police lui arrache les bribes d’information qui vont lui être utile. Mais, nous sommes dans Castle et c’est chez notre écrivain préféré qu’un détail fait tilt permettant de sauver une femme ! On s’achemine vers le happy end traditionnel mais on aurait dû mieux écouter Castle, insatisfait du dénouement. Parce ce que, cette fois, l’imagination débordante de ce dernier lui fait entrevoir trop tard la vérité. Le final sera éminemment fort et noir, et pourtant, il conservera jusqu’au bout une brindille d’humour.

Ce petit éclat d’humour, pareil à la noisette dans le chocolat noir, provient de la résolution de l’intrigue secondaire du jour : l’admirateur secret d’Alexis. Ce qui est amusant et bien écrit, c’est le caractère évolutif de cette histoire et la manière dont les protagonistes, Alexis mais surtout Castle, la vivent. Cette intrigue et la principale interagissent et se renforcent ou plutôt s’équilibrent ; la noirceur de l’intrigue principale est en partie compensée par la relative légèreté de l’intrigue secondaire. Ensuite, quand Alexis, très insouciante sur ce coup-là, décide de se rendre au rendez-vous fixé, Martha défend à son fils de la surveiller…se réservant ce rôle ! Bonne composition de Susan Sullivan qui rend très convainquant et savoureux le changement de pied de son personnage et donne à voir, mine de rien, l’amour profond que cette famille se porte. C’est le coup de fil qu’elle passera à son fils pour le rassurer qui va jouer un rôle déterminant dans le final de l’épisode.

Anecdotes :

  • Brian Klugman/Paul McCardle : acteur américain, surtout connu pour avoir joué dans Bones (2013).

  • Michael Mosley/Jerry Tyson : acteur américain, vu au cinéma dans La Proposition (2009) mais plus souvent à la télévision : Scrubs (2009-2010), The Closer (2010), Pan Am (2011-2012).

  • Lee Tergesen/Marcus Gates : acteur américain, peu de films notables mais une longue carrière télévisuelle : New York Police Judiciaire (1990), Homicide (1993-1994), Code Lisa (1994-1998), Oz (1997-2003), Desperate Housewives (2006), Dr House (2009), American Wiwes (2010-2011), Longmire (2013-2014), The Strain (2016).

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7. GUERRE DE GANGS 
(OUTLAWS)

Scénario : Elisabeth Davis

Réalisation : Felix Alcala

Résumé :

La mort d’un comédien minable conduit Castle et Beckett dans une histoire de faux-semblants.

Critique :

Un épisode pas déplaisant certes mais extrêmement banal et pour tout dire peu inspiré. L’intrigue est confuse, passant d’une chose à une autre sans s’en fixer sur une seule tout en étant très linéaire. La révélation de l’identité du coupable tombe comme un cheveu sur la soupe.

On avait pourtant commencé par une entrée contrastée comme la série sait si bien les faire. D’un côté, un policier en uniforme disparaît brusquement happé depuis l’intérieur d’un appartement d’où venait des cris. D’un autre côté, Alexis et Martha font des vocalises à 5 heures du matin !

C’est ce policier qui est mort sauf que c’était un comédien ! Un strip-teaser pour être précis. Et l’appartement abrite une colonie de jeunes femmes totalement effondrées quand Castle et Beckett y arrivent : enterrement de vie de jeune fille ! Mais passé cette ouverture hilarante, on va rire beaucoup moins et, dans Castle, c’est quand même plutôt gênant.

Tout le reste de l’épisode va dérouler la pelote que le patron de la boîte qui employait la victime a donné à Ryan et Esposito. Le club de strip-tease (passage assez drôle grâce à nos duettistes) amène à une « cougar » qui était la maîtresse de la victime mais avait rompu parce qu’il lui avait demandé 25 000 $. Argent qui amène à…etc. Tout cela pour nous amener à une histoire d’escroquerie très classique mais que la scénariste (pourtant talentueuse) n’a plus tellement le temps de développer et doit même bâcler la scène où le coupable est confondu. Et le spectateur avec lui.

L’intrigue secondaire est amusante (Alexis veut auditionner pour un rôle dans Grease à son lycée et Martha la coache) mais parfaitement anecdotique et complètement périphérique à notre intrigue. Seule la frimousse mutine de Molly C. Quinn et l’allant que met Susan Sullivan nous font passer un bon moment et, en fait, nous évite l’ennui.

Anecdotes :

  • La victime lisait des bouquins de Donald Trump parlant de finances.

  • Castle trouve que la victime ne valait pas 300$/heure : Lanie, elle, achète tout de suite !

  • Selon le patron qui reçoit Ryan et Esposito, les filles sont « dingues des petits maigrichons genre Twilight ». Ce qui date l’épisode !

  • Sagesse de Martha Rodgers : « Les auditions, c’est comme les hommes. Une de perdue… »

  • Mary Page Keller/Rebecca Dalton : actrice américaine, elle tourne surtout pour la télévision: Providence (1999), JAG (3 épisodes, 2002-2003), New York Police Blue (4 épisodes, 2004), Commander in Chief (4 épisodes, 2005), 24 heures chrono (2 épisodes, 2009), Castle (2010), NCIS : Los Angeles (2011), Supernatural (2011), Pretty Little Liars (4 épisodes, 2012), Chasing Life  (2014-2015).

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8. DOUCE MÉLODIE 
(MUSIC TO MY EARS)

Scénario : Matt Pyken

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

La mort d’un employé municipal emmène Castle et Beckett vers une toute autre affaire.

Critique :

Solide épisode : une première affaire qui ouvre sur une seconde et relance complètement l’intrigue tout en faisant monter la pression. L’humour est bien dosé ; très présent au départ, il se fait plus rare ensuite à la mesure de l’élévation des enjeux. Un parfait tempo empêche tout ennui. Tout juste peut-on regretter que tous les acteurs ne soient pas au top niveau.

C’est à Central Park que nos duettistes préférés se retrouvent autour du cadavre d’un certain « Lenny les bonnes ampoules », un électricien chargé de changer les ampoules dans le métro de New York. D’emblée, le scénariste nous dit que ce n’est pas une affaire simple : la victime a été tuée de trois balles au terme d’une chasse à l’homme. Pourquoi le tuer ? Ryan et Esposito pensent avoir trouvé du matériel d’espionnage chez lui à moins que ce ne soit son peu scrupuleux supérieur ? Matt Pyken nous présente ces pistes avec une parfaite crédibilité mais elles sont fausses ! L’explication de la présence du matériel est absolument hilarante !

Et c’est là que le scénariste nous inflige un rebondissement dramatique : la victime a été tuée pour avoir assisté à un enlèvement d’enfant ! La tension est installée d’emblée puisque les enquêteurs ignorent l’identité de l’enfant et doivent la découvrir. En outre, Nathan Fillion nous permet d’apprécier la partie dramatique de Castle ; un père qui comprend quelle épreuve traverse le père du gamin. Père joué par John Pyper-Ferguson qui est très juste. L’acteur est très impliqué et on croit à sa peine beaucoup plus qu’à celle de la mère, tellement plus fade et dans un rôle extrêmement convenu. Un père qui passe aussi un temps pour le coupable et clame son innocence alors que le temps presse. A ce stade de l’épisode, il pourrait très bien être un kidnappeur. Ça oui mais tueur, cela était plus difficile et les enquêteurs en sont conscients. Leurs interprètes aussi et on est à fond avec eux. Le final, dynamisé par Nathan Fillion dont le personnage a deux éclairs de génie qui décide du succès et Stana Katic, très convaincante dans l’action. Ruben Santiago-Hudson est très bien aussi dans un registre plus dur que d’habitude.

L’intrigue secondaire est amusante quoique résolument mineure : Alexis garde le rat domestique de son petit ami Ashley (Ken Baumann, peu expressif), une bestiole nommée Théodore, et qui disparaît. Elle le cherche en vain et craint la réaction du jeune garçon. Pas vraiment de quoi fouetter un chat. L’intrigue ne passionne pas Molly C. Quinn outre mesure même si l’actrice a déjà suffisamment de talent pour nous garder avec elle.

Anecdotes :

  • Quand Castle parle de Ben par rapport au rat, il fait référence au film d’horreur Ben de Phil Karlson sorti en 1972.

  • Pour Beckett, l’animal de compagnie le plus courant à New York, c’est le cafard ! L’animal le plus étrange qu’elle ait eu ? Castle bien sûr !

  • Castle fait référence à « Flamme d’argent », une nouvelle de Sherlock Holmes où c’est l’absence d’une chose (en l’occurrence un aboiement) qui en révèle une autre.

  • Carmen Argenziano/Marco Rivera : acteur américain actif sur les deux écrans. Au cinéma, on a pu le voir dans Le Parrain II (1974), Le retour de l’inspecteur Harry (1983), Broken Arrow (1996), Anges et Démons (2009). A la télévision dans Columbo (1973), L’Agence tous risques (1983), La loi de Los Angeles (1986-1990), Urgences (1995), Stargate SG-1 (1998-2005), Docteur House (2007), Hawaï Five-0 (2014).

  • John Pyper-Ferguson/Dean Donegal : acteur canadien d’origine australienne, on a pu le voir dans X-Men l’affrontement final (2006) mais plus souvent à la télévision : Brisco County (1993-1994), MilleniuM (1997-1998), Les Experts (2000, 2010), Brothers & Sisters (2006-2007), Terminator : Les chroniques de Sarah Connors (2009), Grimm (2012), Once upon a time (2013), The Last Ship (depuis 2014), Marvel : les agents du SHIELDS (2017).

  • Eve Carradine/Mirielle Lefcourt : Ever Dawn Carradine est la nièce de David Carradine. On a pu la voir essentiellement à la télévision : Les Dessous de Veronica (1998), Les Experts (2004), Supernatural (2009).

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9.  À TOUTE VITESSE 
(OVERDRIVE) 

Scénario : Shalisha Harris

Réalisation : Bethany Rooney

Résumé :

La mort très étrange d’une astrophysicienne amène Castle et Beckett aux frontières du réel.

Critique :

Savoureux hommage à une glorieuse ainée tout autant que passage au tamis de la question extraterrestre, cet épisode est un régal ultra-référencé (Castle est une série « geek » à l’image de son héros) qui insère avec bonheur une enquête policière dans un cadre baignant dans l’étrange. L’on est toutefois plus proche de Jean Ray avec un « fantastique expliqué ».

La victime était une astrophysicienne retrouvée victime d’une « décompression explosive » ; ce qui se produit lorsqu’un corps est situé hors de l’atmosphère ! Tamala Jones rend bien la perplexité de Lanie et la suite de l’autopsie ne va pas lui rendre le sourire ; il y a bien plus de questions que de réponses. Mais si la légiste est perdue, Castle, lui, est tout sourire ! La victime a été enlevée par des aliens ! Lorsque le générique est lancé après 10 minutes d’épisode, cette hypothèse n’a pas pu être démentie par Beckett !

Il est intéressant de revoir nos duellistes dans leurs rôles de sceptique et de convaincu d’autant qu’à la différence de la magie, l’hypothèse d’une vie (et d’une intelligence) extra-terrestre est toujours valable scientifiquement même sans aller jusqu’aux élucubrations de la littérature et du cinéma fantastique. Jusqu’au bout, Beckett refusera d’admettre que les aliens existent même si, un instant, la logique policière semble vaciller. Le scénario donne évidemment un peu de temps à la thèse ufologique et s’offre Lance Henrikssen en invité de luxe ! Certains pourront regretter le temps relativement bref de sa présence mais c’est en fait cohérent avec la série : Castle est une série policière et non une série fantastique. Disons que c’est un témoignage de sympathie et une révérence faite à un acteur reconnu dans ce domaine tout autant qu’un hommage à la célèbre série où la vérité est ailleurs. En tout cas, en peu de minutes, l’acteur est très juste. Très posé, Benny Stryker n’a rien d’un gourou illuminé et il a même des informations pour les enquêteurs. Impossible de ne pas sourire quand il affirme avec un sérieux académique que le Gouvernement est derrière tout cela ! Et ce n’est pas la suite qui va le démentir !! Des « agents fédéraux » enlèvent les affaires de la malheureuse et interrogent dans des conditions ultraclichées nos héros !!!

Cet « enlèvement » est le climax de l’hommage. Par la suite, la vérité va se faire jour sous un angle réaliste de plus en plus affirmé. Castle a une idée pour le moins cocasse pour joindre ces mystérieux agents et le fait que ça marche souligne le côté fictionnel de la série. C’est encore l’écrivain qui va comprendre que quelque chose ne va pas du côté de la victime. Bien vu de la part de la scénariste que de ne pas faire de l’écrivain un obstiné. S’il croit en la magie et aux « petits hommes gris » (merci Mulder !), il n’en fait pas l’alpha et l’oméga. Si la prosaïque réalité doit l’emporter, alors tant pis ! Mais on sait qu’il ne renoncera pas à ses convictions. C’est finalement la coopération entre la police et un agent fédéral secret mais bien réel qui permettra à la vérité de se faire jour.

Anecdotes :

  • L’épisode ne compte pas d’accroche. La séquence « Il y a deux catégories de personnes qui réfléchissent à des façons de tuer » est supprimée.

  • « Les parents d’Ashley vous aimeront. Il vous suffit de ne pas être vous-même », assène avec gourmandise Beckett à Castle qui doit dîner avec les parents du petit ami d’Alexis !

  • Le titre original de cet épisode est un jeu de mot avec le titre original du film Rencontres du troisième type à savoir Close Encounters of the Third Kind.

  • Cet épisode multiplie les références à la série X-Files : Aux frontières du réel. Le titre français l’avait déjà annoncé !

  • Un des acteurs invités, Lance Henriksen, a interprété le personnage principal de la série MillenniuM, créée par Chris Carter à l'instar de X-Files.

  • Castle, après avoir parlé chinois, explique qu'il parle chinois parce qu'il adorait une série télévisée. Une autre référence à la série Firefly dans laquelle Nathan Fillion jouait dans un monde où l'anglais et le chinois mandarin sont parlés couramment par tout le monde.

  • Lance Henriksen/Benny Stryker : acteur américain, vu au cinéma dans Rencontre du troisième type (1977), Terminator (1984), Aliens, le retour (1986), Aliens 3 (1992), Mort ou vif (1995), Scream 3 (2000), Appaloosa (2008). Il a également joué pour la télévision où il est surtout connu pour MilléniuM (1996-1999). On l’a vu aussi dans NCIS (2007) et The Blacklist (2015).

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10. MAUVAISE ALLIANCE 
(FOLLOW THE MONEY)

Scénario : Scott Williams

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

La mort d’un ancien docker fauché, un ancien bar et la Prohibition sont les ingrédients du nouveau cocktail pour Castle et Beckett.

Critique :

Bel hommage au passé sulfureux de l’Amérique mais aussi à une certaine ambiance quand « atmosphère » voulait dire quelque chose de l’esprit d’un lieu.

Tout commence quand le corps d’un certain Donnie est sorti de l’East River. Les enquêteurs trouvent très vite que c’est un ancien docker et Castle fantasme déjà sur l’implication de la Mafia ! Il y a bien un ancien type louche mais il a juste vendu un bar, le Old Haunt à Donnie qui y avait des souvenirs. Castle fait un éloge vibrant du lieu et c’est un régal d’entendre vibrer ces mots d’autant que Nathan Fillion est vraiment excellent dans l’incarnation de son personnage. Sur cet épisode, il vole la vedette à Stana Katic qui se rattrape pour partie dans l’interrogatoire du barman. C’est ultra-sexy et plein d’humour. On a encore l’occasion de rire avec le troisième suspect de l’épisode, complètement « chargé » mais blanc comme neige. C’est sans doute le point faible de cet épisode ; le coupable n’est pas si dur à trouver quand on a éliminé presque tout le monde très vite. A défaut d’un whodunit à la Duchesse de la mort, il reste le whydunit.

Le Old Haunt est au cœur de l’intrigue et le décor a été particulièrement soigné. Il y a un bel effort de reconstitution avec ce souci de lier le beau à l’utile, à savoir donner l’illusion qu’il s’agit d’un lieu lié à la Prohibition. Le tunnel qu’empruntent nos duettistes est un classique de la littérature policière de l’époque (lire Sax Rohmer ou Dashiell Hammett) mais il s’insère avec aisance dans l’histoire et joue un rôle déterminant dans l’explication et la résolution de l’intrigue. Le scénariste s’offre en plus le luxe de se payer la jeunesse branchée par cette confrontation entre un Castle amoureux et respectueux du passé et une tête à claque patron de start-up ; le genre à se gargariser d’avoir inventé la roue et de l’avoir fait breveter. La charge caustique est à déguster sans modération.

Dans une histoire où le passé se rappelle et se confronte au présent, l’intrigue secondaire avec la copine d’Alexis venue du Kansas est certes très mineure mais elle résonne plutôt bien avec l’ensemble.

Anecdotes :

  • Castle a écrit « Pour une poignée de balles » au Old Haunt.

  • L’écrivain multiplie les références au cinéma dont Les Dents de la mer et Alien.

  • Beckett fait référence aux « alligators » dans les égouts. Légende urbaine, elle s’appuie sur un fait véridique : un crocodile est sorti des égouts de New York le 10 février 1935. Dès 1936, la municipalité lança une campagne d’éradication. Il est de toute façon impossible à un reptile de vivre dans un environnement aussi froid.

  • La Prohibition : le terme renvoie à la campagne contre la production, la vente et la consommation d’alcool. Elle fut institutionnalisée par le 18ème amendement en 1919 mais suscita une puissante contrebande. Roosevelt la supprima en 1933 (21ème amendement).

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11. PARI GAGNANT 
(LET IT RIDE)

Scénario : David Grae

Réalisation : Jeff Blekner

Résumé :

Alors que l’équipe enquête sur la mort d’une marieuse, elle accueille l’actrice qui doit incarner Nikki Heat au cinéma et veut s’inspirer de Beckett !

Critique :

Attention ! Idée brillante ! Un scénario signé David Grae est en général gage de qualité mais ici, il fait preuve d’une belle inventivité et d’un grand humour car c’est la série qui se moque d’elle-même ! La mise en abîme est hilarante et nos duettistes interprètent une symphonie en trois temps impeccable. Comme l’intrigue policière n’est nullement sacrifiée à cet exercice de style, le spectateur est à la noce !

A la noce parce que la victime, Stacy Collins, veillait à ce que des couples se rencontrent. « Un petit meurtre te fera du bien » avait dit Alexis à son père affligé par le choix de l’actrice Natalie Rhodes pour interpréter Nikki Heat. C’est vrai que les premières images dont on nous gratifie n’ont rien de gratifiant pour elle et l’énoncé de sa filmographie – qu’Alexis n’a « pas vu » mais qu’elle connaît bien – a de quoi faire fuir en effet !! Or, voilà que ladite Natalie Rhodes débarque sur la scène de crime !!! Beckett avait donné son accord pour qu’elle la suive et prenne des notes (elle a l’habitude !). C’est le premier mouvement de la symphonie : Beckett confiante, collaborant de bonne grâce avec une Natalie à l’écoute, concentrée et un Castle proprement snobé et dont toutes les tentatives pour se rendre intéressant virent au pathétique. Il a des répliques d’une platitude confondante prononcées avec le sérieux qui ne va pas. Même Chuck Norris s’en sortirait mieux ! Nathan Fillion est juste génial ; une mimique suffit pour nous faire comprendre la solitude d’un auteur à qui sa muse et sa création échappent. Que Natalie n’ait pas lu Vague de chaleur, roman justement porté à l’écran, est juste le dernier clou du cercueil de Richard Castle !

Le second mouvement correspond à l’approfondissement de l’enquête. La victime versait beaucoup d’argent à un détective miteux qui se renseignant sur les clients de celle-ci. A ce moment, Natalie avoue à Castle qu’elle trouve le personnage de Nikki « complexe » et qu’elle espère parvenir à lui ressembler un peu. Cela n’a l’air de rien mais ces quelques mots rassénèrent le romancier qui amorce sa « réévaluation » de l’actrice. Laquelle, pour s’immerger dans le personnage, va jusqu’à copier la gestuelle de Beckett et à lui ressembler physiquement ! C’est bluffant ! Du coup, Beckett commence à paniquer. Il faut dire que Laura Prépon en brune ressemble effectivement beaucoup à Stana Katic ! On est aussi obligé de rire devant la mine rêveuse de Nathan Fillion !!! Le réalisateur s’amuse avec des gros plans sur les visages montrant la palette des sentiments des acteurs. Ce mouvement se termine lorsque, pour « rentrer dans le personnage », Natalie « chauffe » Castle puisque celui-ci s’est inspiré de lui-même pour créer le personnage de Jameson Rook, journaliste qui suit Nikki Heat de près (de très près même).

Enfin, le troisième mouvement voit Natalie demander à Beckett si Castle est gay : ce dernier a refusé de coucher avec elle ! Du côté de l’enquête, les policiers se sont concentrés sur la jolie secrétaire du miteux et celle-ci avoue piéger des hommes à la demande de Stacy. Le final baigne dans le mélodramatique mais c’est justement l’effet recherché et c’est vraiment drôle. Natalie Rhodes en est quasiment arrivé à faire plus Beckett que Beckett et celle-ci est soulagée que cela soit fini. Tout au long de l’épisode, Stana Katic et Nathan Fillion auront été à leur meilleur niveau mais Laura Prépon se sera révélée excellente. Qu’elle commence avec un look de bimbo ne fait que renforcer la mue de l’actrice qui joue une actrice devenant meilleure à mesure qu’elle comprend le personnage. C’est une jolie réflexion sur l’image et le monde du spectacle, plus originale d’autant que Castle s’est justement inspiré de Beckett pour créer Nikki et voilà Natalie copiant Beckett pour comprendre Nikki. Pour une fois, Frankenstein a réussi son œuvre !

En petite musique de fond, l’intrigue mineure du jour prend Kevin Ryan en personnage principal. Il va demander sa petite amie Jenny en mariage. Castle lui donne quelques conseils farfelus qui lancent l’épisode ! Et il se trouve que Natalie est un fantasme du policier ! Seamus Dever est épatant dans cet homme simple, qui s’efforce d’être un bon policier et un amoureux sincère malgré la présence d’une bombe sexuelle à ses côtés. L’épisode se termine sous les applaudissements. Rien de plus normal.

Anecdotes :

  • Nikki Heat est le nom original de l’héroïne créée par Castle. En VF, elle est appelée « Nikki Hard » mais, dans les traductions françaises des romans, c’est bien son nom original qui est utilisé.

  • Après le record d'audience de près de 10 millions de téléspectateurs sur la chaîne ABC, celle-ci a commandé une quatrième saison pour la série.

  • Lorsque Ryan montre sa bague à Castle, celui-ci fait un simulacre de demande à Beckett. C’est la seconde fois qu’il lui présente une bague de fiançailles.

  • Laura Prépon/Natalie Rhodes : actrice américaine, essentiellement présente à la télévision : That 70’Show (1998-2006), How I met your mother (2009-2010), Docteur House (2010), Orange is the new black (depuis 2013).

  • Absence de Tamala Jones et de Ruben Santiago-Hudson.

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12. HUIS CLOS EXPLOSIF 
(HELL ON THE HIGH WATER)

Scénario :Terri Edda Miller

Réalisation : Millicent Shelton

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent sur la mort d’un magicien mais il y a un lapin dans le chapeau !

Critique :

Consacrer un épisode de Castle à la magie relève tellement de l’évidence qu’on se demande comment les scénaristes n’y ont pas pensé plus tôt. Il est aussi agréable que la magie constitue un élément de constitution du « Caskett » par les souvenirs qu’elle évoque à nos duellistes.

Faux semblant. C’est ce qui qualifie le mieux la magie. Tout est différent de ce qu’il paraît être et le scénario parvient à rendre tangible sans gratuité cette évidence. La mort paraît être un suicide mais la lettre laissée par la victime révèle autre chose. Ladite victime paraît soudain vivante mais c’est un frère jumeau (d’où la théorie farfelue du jour de Castle). Un vieil artisan construit un automate mais les enquêteurs ont découvert des traces d’explosif. Pour finir, deux morts sortent de leurs tombes ! Pour résoudre le meurtre et confondre le coupable, la police va devoir avoir recours…à la magie ! C’est brillant, bien joué et ce coup final couronne aussi un épisode où l’humour n’aura pas manqué.

Faux semblant donc. Deux intrigues secondaires utilisent ce procédé. D’abord, Lanie et Esposito qui sont en couple mais le cache aux autres. L’épisode est généreux avec Tamala Jones qui dispose de bien plus de temps de présence et l’utilise à bon escient réussissant en une scène à être à la fois glamour et factuelle. Ensuite, Castle et Gina dont l’histoire prend fin. Ainsi que l’avoue le romancier à sa mère (brève mais utilise présence de Susan Sullivan parfaite en mère attentive et présente), il vivait quelque chose de banal et rêvait de magie. C’est aussi la morale de cette histoire : la magie détourne le réel, elle ne s’y substitue pas.

Anecdotes :

  • « Alakazam » invoque Beckett : c’est une formule contraire au traditionnel « Abracadabra » dont l’origine est moyen-orientale mais l’étymologie contestée. C’est une invocation performative (la prononcer provoque quelque chose) et c’est la formule utilisée pour animer le Golem.

  • Brett Cullen/Christian Dahl : acteur américain, vu au cinéma dans Wyatt Earp (1994), La vie devant ses yeux (2007) mais plus souvent à la télévision : Les oiseaux se cachent pour mourir (1983), Falcon Crest (1986-1988), L’Equipée du Pony Express (1989-1990), Ally McBeal (1997), FBI : Portés Disparus (2002), Desperate Housewifes (2004-2005), A la Maison-Blanche (2005-2006), Lost (2005-2008), Ugly Betty (2006-2007), Person of Interest (2011-2013), Under the Dome (2014-2015).

  • Jeff Hephner/Edmund et Zalman Drake : acteur américain né Jeffrey Lane Hephner. On l’a vu dans les séries Newport Beach (2005), Docteur House (2008), Chicago Fire (2013), Chicago Med (2016).

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson.

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13. LE RETOUR DU PIRATE 
(RETURN OF THE KING)

 

Scénario : Will Beall

Réalisation : Tom Wright

Résumé :

Un ancien policier contacte Kate Beckett pour lui parler du meurtre de sa mère mais il est abattu devant elle.

Critique :

Il y a deux catégories d’épisodes excellents dans Castle : ceux qui poussent l’humour au plus loin en pastichant les films et séries de genre et ceux qui sont des œuvres au noir. Cet épisode est de la seconde catégorie et de la meilleure eau.

Exceptionnellement, il ne débute pas par la découverte d’un corps ; ce qui est déjà une indication que ce n’est pas un épisode ordinaire. John Raglan est mourant et veut tout raconter à Beckett (venue en compagnie de Castle) mais il est tué. Il a tout de même eu le temps d’apporter un élément nouveau qui, dans un premier temps, complexifie l’histoire. A rebours de l’épisode type, aucune des personnes interrogées n’est innocente à un degré ou à un autre mais toute sont des pièces d’un sinistre puzzle qui prend sens dans une époque pas si lointaine où New York vivait sous la coupe de la Mafia. Presque tous les interrogatoires sont des confrontations ; celle avec Vulcan Simmons est la plus violente psychologiquement. Jonathan Adam est prodigieux dans l’incarnation d’un véritable serpent, malveillant, à la fausse élégance, mais fin renard et sachant pousser à bout Kate Beckett. Sans faute de Stana Katic qui fait ressentir toutes les émotions par lesquelles passent son personnage. Il faut la voir complètement livide par exemple. On est avec elle du début à la fin sans la lâcher et on apprécie que Richard Castle vienne la soutenir. Le romancier, à qui sa mère a demandé d’être honnête sur la raison qui le fait aller au poste de police tous les jours, ne se dérobe pas. Il apportera une aide importante et il sera déterminant dans le final éprouvant.

Le grand mérite de cet épisode est de replacer un fait – le meurtre de Johanna Beckett – dans un contexte plus large ; lui donnant une profondeur et une consistance et partant un intérêt. Intérêt renouvelé puisque l’épisode ne résout pas le crime originel tout en faisant avancer l’histoire générale. Les nouveaux personnages impliqués sont importants chacun à leur manière, ce qui construit une narration riche et passionnante à suivre et qui rend crédible la présence du « dragon » ; le puissant commanditaire in fine. Avec une réalisation alerte qui joue à fond la carte du mouvement, tout en réussissant à placer de courts mais précieux moments plus intimes, c’est un des sommets de la saison.

Anecdotes :

  • Jonathan Adam/Vulcan Simmons : acteur américain, très peu de films à son actif mais plusieurs séries : Bones, Nikita, NCIS : Los Angeles.

  • Max Martini/Hal Lockwood : acteur américain présent sur les deux écrans. Au cinéma, on a pu le voir dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998), Colombiana (2011), Captain Phillips (2013), Cinquante nuances de Grey (2015), Cinquante nuances plus sombres (2017). A la télévision : Le Caméléon (1997), Les Experts (2002), Les Experts : Miami (2003), The Unit (2006-2009), Mentalist (2012).

  • Absence de Molly C. Quinn et de Tamala Jones.

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14. PANDORA'S BOX, PART 2 
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : Émile Levisetti

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent sur la mort d’un ancien gagnant de la loterie.

Critique :

Un épisode sympathique mais un peu banal. Le thème de « l’argent ne fait pas le bonheur » est par trop cliché pour être un moteur d’intrigue satisfaisant.

De fait, si l’histoire se suit sans déplaisir et avec un certain nombre de rebondissements intéressants voire amusants, elle n’a pas d’éléments de fantaisie qui font le sel de cette série. Elle reprend un certain nombre de clichés (enfant toxico, passé qui ne passe pas) ou de figures rituelles (dealer jouisseur, gagnant qui culpabilise, majordome guindé). Il y a cependant un bon rebondissement pour relancer l’intrigue dans la dernière partie de l’épisode, ce qui donne un coupable convainquant et qu’on avait trop facilement laissé passer. On appréciera aussi l’astuce de Castle pour résoudre l’énigme. Le fil rouge de ce que ferait les personnages principaux avec le gros lot est plaisant mais sans plus. Sauf le final qui est réellement touchant parce qu’il concerne nos héros.

L’intrigue secondaire du jour concerne Martha désemparée par l’héritage fabuleux que lui a laissé Chet. Il est agréable que ce soit Beckett qui lui souffle le moyen d’en user sans mal agir et sans remords.

Anecdotes :

  • Pour Castle, le coupable c’est le majordome ! Un classique du roman policier dont Chapeau melon avait su faire son miel (Les espions font le service).

  • « La richesse ne fait qu’accentuer tous les aspects de notre personnalité » philosophe Castle…qui avoue que c’est son côté enfantin qui en a profité.

  • Castle s’est acheté un cratère de la Lune ! Depuis le traité sur l’espace de 1967, la Lune est considérée comme un espace international (comme les mers). En revanche, l’appropriation dans des buts commerciaux et économiques reste juridiquement floue.

  • Ned Bellamy/Logan Meech : acteur américain, vu dans Les enquêtes de Remington Steele (1986), Arabesque (1993), Les Experts : Miami (2004), The Unit (2006-2007), Terminator : les chroniques de Sarah Connors (2008-2009), Treme (2011-2013), Resurrection (2014).il a aussi joué au cinéma : Ed Wood (1994), Dans la peau de John Malkovitch (1999), Saw (2004), Twilight chapitre I-Fascination (2008), Django Unchained (2012).

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15. TERMINUS 
(END OF THE LINE)

Scénario : Moira Kirland

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

La mort de l’épouse d’un vieil ami de Richard Castle provoque une crise avec Kate Beckett.

Critique :

Moira Kirland a brillamment mis en forme cette idée géniale que de mettre à l’épreuve la solidité du « Caskett » sur un autre terrain que celui des sentiments ; en plaçant cette opposition sur le terrain qui les réunit : le crime.

La victime était l’épouse de Damian Weslake, ami de Castle. Les explications que donne celui-ci à sa défense acharnée sont très convaincantes ; en plus, Nathan Fillion donne beaucoup de chaleur à celles-ci. L’acteur est impeccable, tant dans son obstruction initiale que dans son repentir et sa soif de justice. « Écoute ton cœur » lui dit Martha, toujours de bon conseil. Le scénario est véritablement habile puisqu’il charge Damian mais indirectement. L’élément le plus lourd étant la « coïncidence » entre ce crime et la mort du père de Damian, 20 ans auparavant. Or, que dit-on des coïncidences dans les séries policières ?

La série joue sur ses habitudes, comme le « bon » suspect initial mais innocent. Le fait qu’il soit relativement vite expédié signifie que le scénario va appuyer ailleurs et, de fait, il multiplie les suspects. Ils sont relativement bien dessinés même si un peu schématiques. Par contre, Jason Wiles n’est pas tout à fait le bon choix pour Damian. Emprunté, peu à l’aise et sans beaucoup d’expression, il ne crée que partiellement une connexion avec Nathan Fillion. Mais il y a beaucoup de rebondissements, tous crédibles et la rivalité entre Castle et Beckett rajoute un allant et pas mal de suspense. L’enquête à double hélice accouche d’une double résolution absolument stupéfiante et d’un final doux-amer.

Anecdotes :

  • « Chez les riches, les meurtres sont toujours bizarres » affirme Esposito

  • L’épisode se passe aux alentours de la Saint Valentin.

  • Alicia Coppola/Amber Patinelli : actrice américaine diplômée d’anthropologie et ancien mannequin n’a aucun lien de parenté avec Francis Ford Coppola. Vue au cinéma dans Benjamin Gates et le trésor des Templiers (2008) mais plus souvent à la télévision, notamment Another World (1991-1993), Trinity (1998-1999), Cold Feet (1999-2000), JAG (2003), Preuves à l’appui (2003-2005), NCIS (2004-2005, 3 épisodes), Mon oncle Charlie (2005-2013), NCIS : Los Angeles (2010, 2015), Esprits criminels (2014), Shameless (2016).

  • Tom Irwing/Simon Campbell : acteur américain, vu dans les séries Angela, 15 ans (1998-1999), Les Experts (2002), Related (2005-2006), Saving Grace (2007-2010), Grey’s Anatomy (2010-2011), Devious Maids (2013-2016).

  • Jason Wiles/Damian Westlake : acteur américain, surtout actif à la télévision : New York 911 (1999-2005), American Wives (2007), Esprits criminels (2010), Scream (2015).

  • Absence de Tamala Jones.

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16. ENVERS ET CONTRE TOUT 
(THE LAST STAND)

Scénario : David Amann

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Croyant enquêter sur la mort d’un simple chauffeur de taxi, Castle et Beckett se retrouvent à chercher une arme de destruction massive !

Critique :

L’excellent épisode par nature : partir d’un fait banal et amener doucement à quelque chose de beaucoup plus gros, mettre de l’humour au départ puis le réduire progressivement tout en faisant monter la pression, doubler l’enquête habituelle du soupçon de la manipulation, et vous obtenez 40 minutes  (quasiment) sans faute qui vous scotchent à votre fauteuil.

D’entrée de jeu, Rob Bowman – sûrement le meilleur réalisateur de la série et un très bon réalisateur tout court – installe une tension, un rythme rapide marqué par une musique forte, qui scande les secondes et que l’on retrouvera plus tard. Tout commence donc par la mort d’Amir, un chauffeur de taxi dans un entrepôt abandonné. Ainsi que le souligne Lanie, tout pourrait faire paraître à un vol qui aurait mal tourné mais pourquoi avoir brisé les doigts du défunt ? David Amann, une des meilleures plumes du staff, nous invite ainsi à ne pas prendre ce que nous allons voir comme allant de soi, plus que d’habitude. La présence d’un diplomate syrien semble convenue mais c’est efficace pour troubler l’onde et cela nous vaut l’habituelle mais toujours réjouissante théorie de Castle ! Lequel devant un garde-meuble nous régalera une dernière fois d’une référence cinématographique amusante.

Une dernière fois parce que voilà que des traces de radioactivité sont détectées. Avant que l’enquête n’atteigne un climax de tension, le scénario s’est accordé une pause pour que Beckett évoque ses états d’âme, dise son amertume devant la tournure de sa vie amoureuse et trace le portrait du compagnon idéal. Intéressant que, sur ce passage, Nathan Fillion n’ait aucune ligne de texte. L’arrivée de Mark Fallon, de la Sécurité Intérieure, n’apaise pas vraiment les esprits ; d’autant qu’Adrian Pasdar est diablement convainquant en homme d’autorité. L’enquête suit un rythme trépidant car il y a urgence et ce moteur, pour être classique, n’en reste pas moins efficace. Tout comme le procédé un brin éculé d’éjecter les héros de l’enquête, histoire de dramatiser encore un peu les enjeux. Alors, certes, du coup, il n’y a plus de surprise désormais mais cela n’enlève rien à la qualité de l’ensemble car David Amann a su doser les révélations, amener chaque élément à temps et s’il ne surprend pas, c’est qu’il avait gardé une terrible carte dans son jeu qu’il abat à la dernière minute nous laissant tétanisé !

Anecdotes :

  • Cet épisode et le suivant forment un double épisode.

  • Alon Moni Aboutboul/Fariq Yusef : acteur israélien, vu au cinéma dans Rambo 3 (1988), Munich (2005), The Dark Knight Rises (2012), La chute de Londres (2016). Il travaille aussi pour la télévision : NCIS (2010), Fringe (2011), NCIS : Los Angeles (2013), The Blacklist (2014), The Leftovers (2015).

  • Lochlyn Munro/Kevin McCann : acteur canadien, vu dans Highlander (1994), JAG (1999), Monk (2004), Hawaï Five-0 (2012), Rizzoli & Isles (2015). Au cinéma, dans Dracula 2001 (2000), Freddy contre Jason (2003), Assaut sur Wall Street (2013), A la poursuite de demain (2015).

  • Adrian Pasdar/agent Mark Fallon : acteur américain, vu au cinéma dans Top Gun (1986), Aux frontières de l’aube (1987), L’impasse (1993) mais surtout à la télévision : Profit (1996-1997), Les Chemins de l’étrange (2000-2002), Amy (2003-2005), Heroes (2006-2010), The Lying Game (2011), Agents of SHIELD (2014), Colony (2016).

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17. RAPIDE, SILENCIEUX, MORTEL 
(SWIFT, SILENT, DEADLY)

Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Bill Roe

Résumé :

Les enquêteurs n’ont que quelques heures pour découvrir la bombe.

Critique :

La surprise ne joue plus ici puisque le spectateur sait quels sont les tenants et les aboutissants mais le scénario d’Andrew W. Marlowe sait parfaitement user du contre-la-montre, gérer la tension et garder un peu de temps pour ses personnages. La réalisation est sans faute. L’orchestration est cependant moins présente et moins signifiante que pour le premier volet.

Tout le départ de l’épisode (jusqu’au générique) se joue sur trois fronts qui se renforcent mutuellement générant un effet d’angoisse croissant : Castle et Beckett se congelant à petit feu, Martha et Alexis rentrées inopinément et se demandant où est Richard, les enquêteurs à cran ayant autre chose à faire que les chercher. Évidemment que notre couple préféré s’en sortira mais, par un coup de vice dont on aurait pourtant pu s’attendre de la part de Marlowe, le « Caskett » subit un coup d’arrêt.

Castle va véritablement être le moteur de tout l’épisode. Ce sont ses intuitions, ses suggestions qui vont réellement permettre à l’enquête de progresser. Du grand Nathan Fillion. Pourtant, Mark Fallon ne passe pas au second plan grâce à l’énergie que met Adrian Pasdar dans son personnage. Il ne le rend vraiment pas sympathique mais c’est parfaitement voulu et pleinement réalisé. Juste une anecdote glissée par Ryan éclairera sur les motivations de l’agent Fallon. Après la séquence Dana Delany en saison 2, c’est une autre séquence de haut vol que s’offre la série avec Adrian Pasdar. C’est moins chaleureux mais, du moins, c’est complètement différent et pas moins intéressant. Coup de génie du scénariste que la « méthode Castle » qui sauve New York ! C’est à peine croyable mais c’est tellement bon !!

Anecdotes :

  • Générique différent : il est bleu glacier et l’orchestration n’est pas la même.

  • « On est programmé par la peur » énonce Beckett

  • Approximativement au 3/4 de l’épisode, Esposito cite deux noms, Evan Bauer et Jack Cochran ; en prenant le nom du premier et le prénom du second, il est possible d'obtenir Jack Bauer, le personnage principal de 24 heures chrono. Cochran est sans doute une référence à Robert Cochran, co-créateur de la série (avec Joel Surnow). Quant à Evan peut être une référence à Evan Katz, scénariste/executive producer durant toute la série 24 heures chrono, et co-créateur avec Manny Coto du spin-off 24 : Legacy.

  • Absence de Tamala Jones.

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18. UN PASSÉ ENCOMBRANT 
(SLAY THE DRAGON)

Scénario : Elisabeth Davis

Réalisation : David M. Barrett

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent dans le monde impitoyable du soap-opera.

Critique :

Une fois encore, Castle se paye un genre et c’est le soap qui trinque. L’épisode est amusant, surjoué évidemment mais il aurait pu être meilleur cependant. Les différents éléments donnent plus l’impression d’être juxtaposés que réellement mêlés. On passe donc de l’un à l’autre sans vrai lien. L’écriture d’un soap a peut-être déteint sur Elisabeth Davis. En tout cas, on rit pas mal.

La mort de la victime est déjà une satire en soi : c’est un auteur ! L’effet miroir joue et on savoure d’autant que Castle et Beckett la prolonge d’une certaine façon. Néanmoins, ensuite, c’est un déroulement beaucoup plus classique qui survient même si les interrogatoires des comédiens sont très cocasses. Très drôles certes mais on a quand même connu plus désopilant. Elisabeth Davis s’amuse à doter tous les suspects d’alibis et on sourit devant la perplexité croissante des enquêteurs. Le problème c’est que quand Castle trouve la solution, l’impression laissé c’est qu’elle sort de nulle part. On aura une dernière occasion de sourire avec la scène écrite par le romancier pour le soap.

Heureusement, les divas vont sauver le médiocre pour le tirer vers le mieux. Susan Sullivan se déchaîne dans cet épisode qui a dû lui rappeler des souvenirs ! Martha est littéralement dans son élément puisqu’elle a joué dans ce soap…trente ans avant ! Elle veut se la jouer « agent infiltré » et c’est vraiment très drôle. Surtout dans deux moments ne paraissant pas du tout être ce qu’ils sont. Là, on est plié et la complicité entre Susan Sullivan et Nathan Fillion est exquise. Et puis il y a Jane Seymour, en invité de luxe. L’actrice surjoue une grande partie du temps (elle incarne la mère de la victime et il ne faut pas rater le moment où elle est amenée au poste) mais, quand son personnage est fermement interrogé par les enquêteurs, elle se pose et nous montre, à nous et à Castle et Beckett, ce que c’est que le talent. On n’ira pas jusqu’à brûler un cierge mais, dans le contexte de cet épisode, Jane Seymour était l’actrice qu’il fallait et elle ne se rate pas, nous faisant bien rire alors que son personnage n’a rien de reluisant !

Anecdotes :

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson

  • Castle affirme qu’une machine à dérégler le climat a été imaginée dans un soap. Lequel est imaginaire mais la machine a été imaginé, elle, dans le film Chapeau melon et bottes de cuir !

  • Scène rarissime : Castle appelle Beckett « Katherine » mais c’était pour se moquer.

  • Tina Majorino/Reese Harlan : actrice américaine, de son nom complet Harmony Olivia Tina Majorino, elle travaille essentiellement pour la télévision : Veronica Mars (2004-2007), Big Love (2006-2010), Bones (3 épisodes, 2010-2011), Legends (2014).

  • Jane Seymour/Gloria Chambers : née Joyce Frankenberg, cette actrice britannique a été naturalisée américaine en 2005. Elle débute avec Ah ! Dieu ! que la guerre est jolie ! (1969) de Richard Attenborough, qui deviendra son beau-père entre 1971 et 1973 mais c’est son rôle de James Bond Girl dans Vivre et laisser mourir (Solitaire) en 1973 qui la fait connaître. Elle jouera ensuite notamment dans La Révolution française (1989) ou Serial noceurs (2005) mais c’est la télévision qui lui donne ses principaux rôles, en particulier Docteur Quinn, femme médecin (1993-1998). Elle a aussi joué dans les séries Smallville (2004-2005), Miss Marple (2007), Franklin et Bash (2012-2014), Jane the Virgin (2015). Élevée officier dans l’Ordre de l’Empire britannique en 2000. 

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19. ANTIDOTE 
(QUID PRO QUO)

Scénario : Terence Paul Winter

Réalisation : Jeff Blockner

Résumé :

Un juré s’effondre en plein procès : il a été empoisonné !

Critique :

Un honnête épisode même s’il n’a rien de particulièrement original. Son erreur est de ne pas se moquer du genre judiciaire et de l’aborder de façon trop sérieuse. Il est cependant assez bien écrit pour se suivre plaisamment.

L’épisode se base sur l’aphorisme bien connu : « A qui profite le crime ? ». En l’occurrence à l’accusé. Le scénario est assez habile pour ne pas l’écarter de la liste des suspects mais un autre aphorisme veut que le doute lui profite aussi. L’accusé innocent, c’est un cliché des séries et films judiciaires et, sur ce plan, Castle n’innove absolument pas mais, surtout, ne propose pas une fantaisie qui donnerait un second degré à l’épisode. A la place, c’est une enquête sérieuse mais banale qui nous est proposée. Par contre, on appréciera que le personnage de Montgomery soit mis en avant. Voilà un policier consciencieux mis sous pression par le procureur en personne ; difficile de bien faire son métier quand l’affaire concerne un procès médiatisé. C’est grâce à sa ténacité, et au soutien sans faille qu’il apporte à Beckett, que l’affaire sera résolue. Ruben Santiago-Hudson campe solidement son rôle.

Il y a une intrigue secondaire dans cet épisode autour d’un secret d’Alexis et d’une méthode peu scrupuleuse de son père pour savoir ce que fait sa fille. Amusant même si c’est une redite destinée à nous faire comprendre la foncière honnêteté de la jeune fille. Heureusement, la bonne composition de Molly C. Quinn permet à Alexis d’échapper au cliché de la bonne fille un peu bêta. On aura aussi apprécié comment elle remet son père en place mais, ça aussi c’est une redite. Dommage.

Anecdotes :

  • Le titre original de cet épisode est un jeu de mot avec la série Law and Order connue en France sous le nom New York, police judiciaire.

  • Bruce Davison/Louis Arnacki : acteur américain, vu au cinéma dans Fureur apache (1972), Six degrés de séparation (1993), X-Men (2000, 2002), Le maître du jeu (2003). Il a tourné aussi pour la télévision : Les contes de la crypte (1995), Triangle (2005), Les aventures de Flynn Carson : le secret de la coupe maudite (2008).

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20. UN MENTOR TRÈS SPÉCIAL 
(NOLA CONFIDENTIAL)

Scénario : Scott Williams

Réalisation : Steve Boyum

Résumé :

Le corps d’un journaliste est retrouvé dans le four d’une pizzéria.

Critique :

Voilà un épisode de Castle comme on les aime, plein d’humour mais un humour au service d’une solide enquête policière.

Avant le générique (donc en moins de dix minutes), le spectateur a eu deux grands éclats de rire ! Rien que les noms des quatre pizzaiolos en guerre sont des bijoux de drôlerie sans oublier les coups pendables qu’ils se sont faits entre eux ! Même Lanie pour une fois sacrifie à l’humour noir !! La théorie fumeuse de Castle est aussi brève qu’hilarante. L’identité de la victime, Gordon Burns, journaliste déchu, lance véritablement l’histoire. Une histoire simple puisqu’elle part de la « guerre des pizzas » pour aboutir à un trafic de drogue. Simple mais en aucun cas linéaire. Chacun des suspects pourrait être lié au crime et au trafic mais leurs interrogatoires distillent également de petites pastilles d’humour. Faire rire en instruisant le spectateur ; c’est bien joué.

L’enquête rebondit avec la découverte de Monica Wyatt, une ex de la victime. Liz Vassey apporte la gravité et la tendresse appropriée faisant un joli contraste avec les hommes jusqu’alors présenté qui avaient tous un côté ridicule ou pathétique. Poursuivre l’enquête va permettre de traquer la « Baleine Blanche » de Burns en lien avec un épisode traumatisant de son passé. Voilà l’élément tragique qui densifie le fond de l’épisode. Très appréciable aussi la révérence, très dans l’ADN de la série, au « film noir » et que ce soit « Boggie » qui apporte un élément déterminant est un bel hommage. Le fin mot de l’histoire, il revient à Castle, grand amateur du genre.

L’intrigue secondaire du jour, liée à Alexis, est différente des habituelles par sa gravité. L’adolescente vit très mal un coup qu’on lui a fait et ne comprend pas bien pourquoi elle réagit comme elle le fait. Molly C. Quinn est ici particulièrement convaincante et la connexion avec Nathan Fillion toujours aussi limpide. Les deux acteurs réalisent un sans-faute dans cette partition et il est bien vu de ne pas dresser de « l’âge ingrat » un portrait caricatural mais bien nuancé.

Anecdotes :

  • Castle a écrit « Ciel de cendres ».

  • En 2003, Ryan était dans la brigade des stups.

  • La « Baleine blanche » fait évidemment référence à Moby Dick, métaphore de l’obsession destructrice, d’après le roman éponyme d’Herman Melville. Il y a plusieurs références dans l’épisode.

  • Gary Basaraba/Ralph Carbone : acteur canadien, vu au cinéma dans La dernière tentation du Christ (1988), Striptease (1996), Suburbicon (2017) et à la télévision dans Brooklyn South (1997-1998), Boomtown (2002-2003), Person of Interest (2013-2014), NCIS : Nouvelle-Orléans (2016).

  • Peter Onorati/Sal Malavolta : acteur américain, surtout actif à la télévision : Walker, Texas Ranger (2000), Mes plus belles années (2002-2004), Ghost Whisperer (2007), Desperate Housewifes (2009).

  • Liz Vassey/Monica Wyatt : actrice américaine, elle tourne principalement pour la télévision : La Force du destin (1990-1992), Code Quantum (1991, 1993), Star Trek : la nouvelle génération (1992), Urgences (1994), Dharma et Greg (2000), Tru Calling (2005), Les Experts (2005-2010), La diva du divan (2011-2012).

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21. REPRÉSAILLES 
(KREWE)

Scénario : Matt Pyken

Réalisation : Paul Holahan

Résumé :

Un champion de natation est retrouvé mort noyé. Parallèlement, Castle s’agace de voir un autre auteur s’intéresser à Beckett.

Critique :

Episode un peu ambivalent. Son intrigue principale ne casse pas trois pattes à un canard mais elle est tout de même suffisamment bien écrite pour rester intéressante. Par contre, une fois n’est pas coutume, l’intrigue secondaire concerne Richard Castle lui-même ! Ces deux segments tendent à se renforcer mutuellement, ce qui est une réussite, et sauve l’épisode.

Lequel commençait mal avec cette histoire d’un nageur venu d’un milieu modeste, désargenté et qui devient un potentiel champion. La question usuelle du « D’où vient l’argent ? » n’est néanmoins pas mal exploitée puisqu’elle permet de développer l’environnement de la victime, fournissant ainsi la crédibilité du mobile du meurtre lorsque les enquêteurs l’auront trouvé. Le dopage dans le sport est aussi devenu un cliché de la série policière. C’est dommage d’y avoir sacrifié.

Tout cela va déboucher sur la résolution du crime grâce à…Michael Connelly ! Le célèbre auteur de polars participe à la traditionnelle soirée poker chez Castle (avec Dennis Lehanne) et c’est lui qui pose la question qui va renverser la table et relancer l’intrigue. Cette séance prend place dans l’intrigue secondaire autour d’Alex Conrad, auteur de polar débutant qui a pour mentor Richard Castle. Sauf que Castle Richard prend ombrage de l’intérêt de Conrad pour Beckett. La jalousie du romancier est aussi comique que sincère et Nathan Fillion joue toute la gamme : colère froide, méchanceté de gamin, homme sensé obligé de reconnaître sa mesquinerie. Le plus beau, c’est l’aveu qu’il fait à Beckett qui lui adresse la plus belle des réponses.

Anecdotes :

  • Justin Bruenig/Rob Tredwyck : acteur américain, surtout vu à la télévision : La force du destin (2003-2011), Les Experts : Miami (2008), Knight Rider (2008-2009), Ringer (2011-2012), Grey’s Anatomy (2013-2014), Les Experts : Cyber (2015).

  • Erik Palladino/coach Rome : acteur américain, vu à la télévision dans Murphy Brown (1996-1997), Urgences (1999-2001), Les Experts (2006), Championnes à tout prix (2009-2010), NCIS : Los Angeles (2012-2013), Suits (2015).

  • Brendan Hines/Alex Conrad : acteur et chanteur américain, vu dans les séries Lie to me (2009-2011) et Scorpion (2015).

  • Josie Loren/Bridget McManus : née Josie Lopez, cette actrice américaine d’origine cubaine tourne surtout part la télévision : Veronica Mars (2006), Championnes à tout prix (2009-2012), Mentalist (2014-2015).

  • Quatrième réunion poker entre Castle et ses pairs.

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22. AIE FOI EN LA PAROLE 
(KNOCKOUT)

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Mike Royce, le mentor de Beckett, est assassiné. Pour retrouver le meurtrier, elle n’hésite pas à aller jusqu’à Los Angeles.

Critique :

Un épisode plutôt dur sur le thème bien connu de la vengeance et de la justice. Classique mais bien fait et Nathan Fillion assure la part d’humour.

Classique aussi que le policier « trop » impliqué refuse de lâcher. Beckett doit aller à Los Angeles car le tueur présumé – un certain Ganz -  n’a fait qu’un saut à New York. La série s’offre cependant son originalité grâce à Richard Castle. L’arrivée « discrète » de nos duettistes dans la Cité des Anges puis la brève mais hilarante séquence à l’hôtel sont des moments de légèreté bienvenus. Classique aussi cette enquête en jouant au chat et à la souris avec la police locale mais, là encore, la « Castle touch », c’est le tournage de Vague de chaleur décalé, très drôle et très utile aussi ! Par contre, le coup de la balle qui fond, c’est beaucoup plus original ! On ne manquera pas non plus l’entrée en scène ultra-sexy de Beckett essayant de piéger Ganz.

L’épisode vaut surtout son pesant de cacahuètes pour sa place dans le « Caskett ». Les deux héros ne sont pas dans les positions habituelles ; ils sont dans une autre ville (superbes extérieurs ; l’hôtel de Ganz a un petit côté Les Experts : Miami) et sans tout ce qui fait leur quotidien. Lorsqu’ils parlent ensembles, le soir, à l’hôtel, ils le font à cœur ouvert et on sent que les deux personnages sont sur la corde raide. Tant Nathan Fillion que Stana Katic laissent entrapercevoir la tension qui habitent Castle et Beckett. Le temps paraît suspendu, hésitant. 

Anecdotes :

  • Dominic Purcell/Russell Ganz : acteur anglo-australien, on a pu le voir au cinéma dans Mission : Impossible 2 (2000), Blade Trinity (2004) mais surtout à la télévision : John Doe (2003), Prison Break (2005-2009), The Flash (2014).

  • D.B. Sweeney/Kyle Seeger : Daniel Bernard Sweeney, acteur américain, vu dans Les coulisses du pouvoir (1986), Sons (1989), Visiteurs extraterrestres (1993), Chiraq (2015). A la télévision, Docteur House (2006), The Event (2010).

  • Jason George/Charles Kelvin : acteur américain, surtout vu à la télévision : Roswell (2000), Stargate SG-1 (2005-2006), Les Mystères d’Eatswick (2009-2010), Grey’s Anatomy (depuis 2010), Mistresses (2013-2016).

  • Absence de Susan Sullivan et Molly C. Quinn. 

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23. CHANTIER À HAUT RISQUE 
(DOWN THE RABBIT HOLE)

Scénario : Terri Edda Miller

Réalisation : John Bleckner

Résumé :

La mort d’une candidate amène Castle et Beckett dans le monde glamour des concours de beauté

Critique :

Joli épisode qui se moque des concours de beauté en reprenant tous les codes mais avec le regard moqueur de la série.

C’est un peu meurtre chez Miss Détective dont on retrouve un certain nombre de marqueurs comme le photographe à la réputation sulfureuse, l’organisatrice du concours qui ne jure que par lui, le présentateur star, le conseiller efféminé. Les portraits de tous ceux qui gravitent autour du concours n’a rien de reluisant ! Classique et un peu facile. On pense aussi à cet épisode de Castle, « L’enfer de la mode » (2-3) où les projecteurs diffusaient une lumière crue sur le monde du mannequinat. Néanmoins, l’épisode est plus que cela. A partir du moment où une candidate – une blonde un peu bête et méchante – donne aux enquêteurs le violon qui servait à la victime pour son numéro, elle leur remet également – selon elle – « le mobile du meurtre » ; à savoir des photos de nus. Photos que l’on pourra voir, ce qui n’est pas si fréquent tout de même ! Qui dit photo de nu pour une future Miss dit chantage dit aussi photographe. C’est en examinant soigneusement la photo – mais « que » la photo – que Castle trouve le détail qui relance l’intrigue et l’éloigne du copier-coller et c’est grâce à Beckett que l’écrivain aura la révélation.

L’épisode comprend deux intrigues secondaires. La moins importante tient dans le choix du cadeau à sa femme par Montgomery pour fêter 30 ans de mariage. C’est Castle qui lui suggère ledit cadeau. Mais, plus fort, il y a l’histoire entre Alexis et Ashley. Les deux adolescents s’apprêtent à quitter le lycée et Alexis craint que l’éloignement ne tue leur amour mais aussi elle refuse qu’il fasse un choix en fonction d’elle et non de ce qu’il veut lui pour son avenir. Entre les deux, papa Castle devra jouer les médiateurs ! C’est tendre et touchant grâce en partie à la connexion Nathan Fillion-Molly C. Quinn.

Anecdotes :

  • Michael McKean/Victor Baron : acteur américain, il joue sur les deux écrans. Au cinéma, on l’a vu dans 1941 (1979), Spinal Tab (1984), Jack (1996), Jugé coupable (1999). A la télévision, il fut récurrent pour X-Files (Morris Fletcher, 3 épisodes, 1998-2002), The Lone Gunmen (2001), Better Call Saul (2015).

  • Sasha Roiz/Bobby Stark : acteur israélo-canadien, vu au cinéma dans Pompéi (2014) et à la télévision dans Missing : disparu sans laisser de traces (2004), NCIS (2007), Lie to me (2009), Docteur House (2011), Grimm (2011-2017).

  • Teri Polo/Kayla Baron : Teresa Elisabeth Polo, actrice et mannequin américaine, vue au cinéma dans La maison aux esprits (1993), Mon beau-père et moi (2000) et vue à la télévision dans Bienvenu en Alaska (1994-1995), Le Damné (1998-1999), The Practice (2003), Les Experts : Miami (2008), The Fosters (depuis 2013).

  • Bellamy Young/Candace Ford : cette actrice américaine, née Amy Maria Young, est principalement connue pour son rôle – magnifique – de Mellie Grant dans Scandal (depuis 2012). Elle incarne aussi la compagne d’Hotchner dans Esprits criminels (7 épisodes 2011-2013). Elle a aussi joué dans Scrubs (2004-2009).

  • Judith Scott/ Evelyn Montgomery : actrice américaine vue dans les séries Robocop (1994), Inspecteur Barnaby (1998), X-Files (2000), FBI : Portés Disparus (2003), Dexter (2007), Docteur House (2008), Les Experts : Miami (2011).

  • Absence de Tamala Jones remplacée par Arye Gross.

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24. LA CHUTE 
(POETIC JUSTICE)

castle 3 24

Résumé :

Hal Lockwood, l’assassin de la mère de Beckett, s’évade de prison. En se lançant à ses trousses, Kate Beckett provoque une série de drames.

Critique :

Épisode très noir, très dur et très amer ; jamais l’arc « Johanna Beckett » n’avait tant ressemblé à la terre brûlée. Le spectateur profite tout juste quelques minutes de légèreté avant d’entrer dans la violence. Elle prend tous les visages, physique (usage de grenade assourdissante, fusillades) et psychologique (peur de Jim Beckett de perdre sa fille ; la rencontre de Scott Paulin et de Nathan Fillion est très émouvante). Stana Katic est éblouissante, volant la vedette à son partenaire (ce qui causera des frictions) : elle donne à voir un flic qui s’obnubile, un supérieur qui confond autorité et autoritarisme mais surtout une femme qui n’écoute plus rien, ni personne. Ce n’est plus une enquête ; c’est une croisade. Sur l’autel de sa vengeance, Kate Beckett sacrifie Richard Castle. Leur tête-à-tête, d’abord très touchant, devient tendu et, à bout – magnifique composition des comédiens incandescents – ils se lancent à la figure quelques vérités blessantes. Cet épisode met aussi en valeur le capitaine Montgomery et Ruben Santiago-Hudson donne toute sa force à ce personnage secondaire mais si attachant. Tour à tour, il est dur, tendre, complice. Un numéro très fort.

Il y aura un autre sacrifice. L’enquête s’est poursuivie et la ténacité de Ryan et Esposito a malheureusement payé. Une visite de Lockwood nous l’avait déjà appris. C’est un moment glaçant. Max Martini est très convainquant : cet homme fait froid dans le dos et quand il sourit, c’est pire encore ! Ce qui rend ce final si fort, c’est que le scénario ne sacrifie aucunement l’émotion à l’action. Il est impossible de garder les yeux secs jusqu’au bout et surtout pas après la dernière réplique de Nathan Fillion. L’aveu de Castle.

Anecdotes :

  • Retour de Max Martini (Hal Lockwood), Scott Paulin (Jim Beckett) et Judith Scott (Evelyn Montgomery).

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