Saison 1Présentation

Firefly

Film - Serenity : L'Ultime Rébellion (2005)


SERENITY : L'ULTIME RÉBELLION 
(SERENITY)

classe 4

Résumé :

A l'issue d'une transe ultra violente, River prononce le mot "Miranda". Cette indication va entrainer l'équipage du Serinity jusqu'à une petite planète en apparence abandonnée, où se cache le secret de la création des Reavers. Mal va devoir aussi faire revenir Inara à bord, tout en échappant à l'Opérateur, nouveau limier surdoué envoyé traquer River par l'Alliance. Après avoir frôlé la destruction, le Serenity va remporter une grande victoire sur ses ennemis, mais à un terrible prix. 

Critique :

Comme tous les autres films issus d’une série télévisée (tels Fight The Future et I Want To Believe pour les X-Files), Serenity doit composer avec deux nécessités contradictoires : satisfaire les fans du programme mais aussi s’ouvrir au grand public. Une dualité que Joss Whedon ne va qu’imparfaitement maîtriser.

Certes les Browncoats se verront ici particulièrement à la fête. Le film continue en effet à développer l’univers complexe de la série, avec des précisions apportées sur la formation de cet immense système solaire de planètes terraformées. Des informations clefs sont révélées, notamment sur la vraie nature de l’Alliance, les motifs de la traque de River, et l’origine jusque-là mystérieuse des Reavers. Si les moyens mis en œuvre par la production demeurent relativement modestes pour un film de Science-fiction de ce type, ils n’en constituent pas moins une sensible amélioration vis-à-vis de la série télévisée. 

De fait le Serenity (images de synthèse comme décors intérieurs) et les effets spéciaux, se voient particulièrement soignés de même que les scènes d’action, volontiers spectaculaires. L’amateur éprouvera un indéniable plaisir à retrouver sa série élevée aux standards du Septième Art, d’autant que ce sentiment sera à l’unisson de Joss Whedon lui-même, très imaginatif derrière la caméra (même si parfois aux lisières de la surchauffe), sachant pleinement tirer parti de cette première expérience de réalisation au cinéma.

Et pourtant la saveur si particulière de Firefly ne se retrouve que partiellement dans Serenity. En effet le film connaît une certaine évolution vers les normes du Space-opera classique, sans doute pour le rendre plus identifiable auprès du grand public. Ainsi, sans que les personnages se voient totalement transformés, ils cessent de former une famille peu conformiste d’antihéros pour se rapprocher des formats classiques. Caractéristiquement, Mal et son équipe de marginaux cessent de se préoccuper de leurs problèmes personnels pour partir sauver le Monde, tandis que l’on renoue avec des poncifs du genre. Il en va ainsi de ces batailles spatiales opposant des myriades de vaisseaux spatiaux ou de cette succession de planètes visitées procédé également destiné à frapper l’imagination du spectateur.

L’humour parfois picaresque de Firefly paraît également en décrue, en particulier chez Mal, tandis que Jayne probablement ce personnage le plus emblématique de cette dimension, résulte ici clairement sous-exploité. Plaisamment ambivalente au cours de la série, l’Alliance devient ici une puissance hostile plus standardisée. Certes Whedon se montre suffisamment pour justifier ces divers éléments au fil de l’aventure et pour éviter de sombrer dans la caricature, mais au total on ressent bien une perte de spécificité comparativement au ton éminemment singulier de la série. Tel quel ce Space-opera demeure distrayant et plaira sans doute aux amateurs n’ayant pas été rebutés par l’étiquette de film adaptant une série, comme ce fut, hélas, trop souvent le cas.

Outre son art des dialogues, Whedon peut également s’appuyer sur une distribution toujours aussi talentueuse et passionnée. Le film se centre sans doute davantage sur River, mais les autres personnages ont également droit à leur quart d’heure de gloire (même si Jayne demeure plus en retrait), une tradition heureusement préservée. On apprécie que le film soit (enfin) l’occasion de la cristallisation pour Simon et Kaylee, mais on reste au statuquo pour Mal et Inara, sans doute en prévision d’un futur film hypothétique, malheureusement. Joss Whedon nous propose ses traditionnelles morts de personnages en guise de conclusion, procédé dans lequel il est passé maître. Et de fait, sans doute plus que pour le décès serein de Books et du fait du lien avec Zoé, les funérailles de Wash se montrent réellement bouleversantes.

Serenity réalise un carton plein avec ses invités du jour, constituant autant de personnages marquants, interprétés par de talentueux comédiens. Sarah Paulson apporte ainsi une terrible intensité à la scène de l’hologramme, tandis que Chiwetel Ejiofor (récemment revu dans Doctor Strange) confère une vraie densité a l’adversaire grand train que représente l’Operative, même s’il évoque de trop le précédent antagoniste, Jubal Early. L’amusant M. Universe et son fameux Lovebot évoqueront avec le même succès les robots de l’ami Warren, pour les amateurs du Buffyverse. Eux aussi concourent au succès de Space-opera très animé et spectaculaire, mais ne fournissant qu’une image partielle de cette série si à part que fut Firefly.

Anecdotes :

  • Jane Espenson annonça le lancement du projet du film en juin 2003, lors d’une convention britannique de Buffy contre les Vampires, ce qui fut rapidement confirmé par Joss Whedon et la Universal, acquéreuse des droits au cinéma.

  • Le film est sorti en salles le 30 septembre 2005 aux USA, le 19 octobre de cette année en France. Il fut présenté en avant-première au Festival de Deauville, en présence de Nathan Fillion et de Summer Glau.

  • Les recettes mondiales du film ne firent qu’équilibrer ses coûts de productions (hors promotion), soit 39 millions de dollars. En fait le public de Serenity, malgré des critiques globalement positives, ne s’étendit pas au-delà de celui des fans de la série et des diverses productions de Joss Whedon. Ce dernier admis en 2006 que cette contre-performance empêchait un retour de la franchise au cinéma.

  • Détruit après l’annulation de la série, le décor du Serenity dut être entièrement reconstruit, à partir des archives conservées.

  • L’ensemble de la distribution principale répondit immédiatement à l’appel de Joss Whedon, sans tenter de surenchère financière, ce qui facilita grandement la concrétisation du projet.

  • Les scènes représentant Miranda, la colonie détruite, furent en fait tournées à Diamond Ranch High School à Pomona, en Californie. L’établissement est fameux pour son architecteur ultra moderniste, qui lui vaut d’apparaître également dans The Cell, Die Hard 4, The Thinning…Le bâtiment dans lequel s’est écrasé le vaisseau de l’Alliance est en fait la salle de cohcerts de l’institution.

  • Les funérailles de Wash furent filmées au Parc d'État du Désert Anza-Borrego, immense réserve naturelle située dans le sud de la Californie. La beauté de ses paysages lui a valu de représenter le désert dans des films comme Into The Wild ou Le Roi Scorpion, mais aussi dans The Truth, ultime épisode de la saison 9 des X-Files.

  • Le vaisseau de l’Alliance s’étant écrasé porte le matricule C57D, qui est le même que celui de la fusée du film culte Planète interdite.

  • La communication d’Universal autour du film prit pleinement en compte l’internet, via plusieurs vidéos montrant River être interrogée durant son séjour à l’Académie (les R. Tam Sessions). Son interlocuteur, toujours vu de dos, est en fait joué par Joss Whedon.

  • Les événements du film se déroulent six mois après la conclusion de la série. Ecrit pr Jos Whadon, le Comics Those Left Behind, paru durant l’été 2005, permet de combler le hiatus.

  • Joss Whedon a indiqué que, dans la version initiale de son script, Wash et Book ne mourraient pas. Il dut néanmoins en décider ainsi car les interprètes auraient eu des difficultés à se rendre disponibles pour une suite éventuelle au film.

  • En 2006, Serenity fut récompensé par le Prix Saturn de la meilleure actrice dans un second rôle (Summer Glau), le Prix Hugo du meilleur film et le Prix Nebula du meilleur script. Egalement sélectionné pour le Prix Saturn du meilleur film, il fut battu par Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith.

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