PrésentationSaison 2

Castle

Saison 1


1. DES FLEURS POUR TA TOMBE
(FLOWERS FOR YOUR GRAVE)



Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Un assassin s’inspire des romans policiers écrits par Richard Castle pour commettre ses crimes. L’enquête conduit le lieutenant Kate Beckett à faire équipe avec l’écrivain.

Critique :

Un démarrage de toute beauté ! Une histoire bien écrite et surtout bien conduite, beaucoup d’humour et un couple vedette qui fait déjà des étincelles !

La double scène d’ouverture ne pouvait pas présenter plus les héros de manière différente : d’un côté une ambiance festive, bruyante pour la sortie du dernier roman de Richard Castle et de l’autre une ambiance glacée pour la scène de crime savamment agencée découverte par Kate Beckett. Laquelle, grande lectrice des œuvres de Castle (mais elle se ferait écarteler plutôt que de l’avouer), fait le lien avec l’écrivain et l’interroge. Déjà, sa venue à la fête fait sourire grâce à la mine ahurie que prend Nathan Fillion découvrant l’insigne ! D’emblée, l’interprète du personnage principal s’empare du rôle avec aisance. Sa puissance comique est magnifique et l’acteur montre également la sensibilité et la profondeur de son personnage. Les scènes avec sa fille Alexis sont de cette eau et elles deviendront des moments d’émotions dans la série. Stana Katic n’avait pas encore eu de grands rôles à ce moment-là mais elle tient bon et l’actrice parviendra à exprimer toute la gamme ressentie par Beckett ; de la concentration à la colère, de la sensibilité à l’humour et surtout l’exaspération ! Le visage de Stana Katic est un livre ouvert !

Sur cet épisode, les autres personnages sont relativement discrets surtout les policiers. Par contre, la famille Castle s’annonce hautement excentrique avec Martha Rodgers à laquelle Susan Sullivan prête brillamment son grain de folie ! Excentrique aussi à sa façon, Alexis Castle : qui révise ses cours lors d’une soirée !? Molly C. Quinn lui donne beaucoup de fraîcheur, une fine espièglerie mais aussi une certaine maturité.

L’interrogatoire a lieu dans une salle qui ne sera plus réutilisée dans la suite de la série (comme beaucoup de décors dans ce pilote d’ailleurs) mais il donne lieu à de beaux moments de rire. Le casier judiciaire de Castle est bien remplie et ses délits des merveilles de drôleries ! S’il ne donne rien de concret pour l’enquête même, il est un moment important car la curiosité de Castle (actuellement en manque totale d’inspiration) est piquée et notamment par le choix des œuvres. Il va donc carrément s’imposer dans l’enquête ! Après tout, Beckett lui a fourni un biais : les lettres des fans. Leur lecture sera déterminante, pour l’enquête soit mais surtout pour la relation Castle/Beckett. A la question « pourquoi êtes-vous là ? », il répond « Je suis là pour l’histoire » et ce sera une constante dans la série : trouver une histoire. On rejoint quelque part Hercule Poirot par la mise de côté des indices matériels : l’important ce n’est pas tel ou tel indice, c’est ce qu’ils racontent. En outre, Castle fait montre d’une acuité psychologique qui pourrait surprendre chez un personnage défini comme « imbu de lui-même ». C’est déjà l’ouverture d’un arc narratif qui se révèlera très fécond, le passé de Kate Beckett.

La découverte d’une 3ème corps apporte de l’eau au moulin des enquêteurs et un suspect est arrêté. L’appartement de ce dernier, psychotique, est rendu glauque par l’omniprésence des œuvres de Castle et la sensation d’enfermement culmine avec la découverte du suspect dans un placard. Le passage est dur et montre que Castle n’est pas une pure comédie. L’arrestation devrait clore l’enquête mais Castle trouve que c’est trop facile ! Il va la présenter sous la forme d’un synopsis de roman à ses compères de poker (d’où la fine psychologie). Là, le scénario touche au sublime car ce qui aurait pu passer pour un brillant mais vain exercice de style (réunir deux écrivains de polars bien réels) est brillamment inséré dans l’histoire générale et va se révéler décisif ! En outre, la mise en scène est excellente : la pénombre autour des joueurs dont seuls les bustes émergent dramatisent la scène et la caméra passe la parole avec dynamisme.

La suite est plus classique certes mais demeure drôle et d’un bon rythme. D’abord la façon dont Castle consulte le dossier de l’enquête (la découverte par Beckett est soulignée par un brusque changement de musique ; la partition est un régal tout du long). Ensuite, le cheminement parallèle des duettistes qui arrivent à la même conclusion, rendu tonique par un excellent montage. Enfin, les retrouvailles au même endroit au même moment pour parler à la même personne ; improbable mais tellement drôle ! L’identité du coupable sera dès lors facile à trouver mais le scénario nous ménage un effet de suspense avec le coup du passeport. Évidemment, notre écrivain préféré sera incapable de se tenir tranquille au moment de l’arrestation mais il jouera cependant un rôle déterminant ! Et l’échange entre Castle et Beckett juste après reste un des moments les plus drôles de la série.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, d’autant que Beckett refuse poliment mais fermement l’invitation à dîner de Castle : « Dommage, on se serait bien amusé » dit-il faisant contre mauvaise fortune bon cœur. « Vous n’en avez pas idée » lui murmure-t-elle alors à l’oreille.

Oh que si, lieutenant Beckett !

Anecdotes :

  • Première partie de poker  avec d’autres écrivains de romans policiers dont Stephen J. Cannell (série des Shan Scully) et James Patterson (série des Alex Cross et du Women Murder Club).

  • Rob Bowman a été lancé par Stephen J. Cannell en réalisant l’épisode « Fleur d’oranger » de la série Agence Tout risque. Dans les bonus de la saison, il se dit impressionné d’avoir faire tourner Cannell.

  • Stephen J. Cannell (1941-2010) fut scénariste et producteur de séries TV : Chase (1973-1974), 200 dollars plus les frais (1974-1980), Agence tous risques (1983-1987), Rick Hunter (1984-1991), Les Dessous de Palm Beach (1991-1999), Profit (1996).

  • Dans une « Séance d’écriture avec Nathan Fillion » proposée en bonus, Cannell affirme que c’est le désir d’être parfait qui cause la page blanche.

  • « pomme » est le « mot de sécurité » de Castle : l’auteur est donc amateur de jeux de rôles érotiques.

  • Martha a joué dans La Souricière. Pièce de théâtre écrite par Agatha Christie, c’était à la base un mystère radiophonique composé pour les 80 ans de la reine Mary, veuve du roi George V, et diffusée le 30 mai 1947. La pièce fut jouée la première fois le 6 octobre 1952 et n’a jamais cessé de l’être depuis totalisant 25 000 représentations en 2012.

  • Œuvres de Castle citées dans cet épisode : Des fleurs pour ta tombe, Pas de furies en Enfer, Mort d’une reine de promo et Tempête d’automne, dernière enquête de Derek Storm.

  • Monet Mazur/Gina : actrice américaine, on a pu la voir dans Torque (2004).

  • Brian Avers/Harrison Tisdale : cet acteur américain a joué dans les séries NCIS (2008), NCIS : Los Angeles (2009)

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2. JEUNES FILLES AU PÈRE
(NANNY MCDEAD)

Scénario : Barry Schindel

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Une baby-sitter est retrouvée morte dans une machine à laver. Castle se souvient de ses années de jeune papa.

Critique :

A l’homme qui lui demande s’il ne veut pas faire lire à son avocat la décharge de responsabilité qu’il doit signer pour accompagner Beckett sur le terrain, Castle rétorque : « Vous voulez rire ? Il m’interdirait de le signer ! ». A côté de lui, Beckett a la mine sombre du forçat à qui on vient d’attacher un boulet. Les voilà officiellement partenaires ! Dès le départ, Nathan Fillion nous mets en joie avec une mine réjouie absolument réjouissante : son personnage vient de signer un papier pas anodin et il est content ! Un enfant dans un magasin de jouets !

L’introduction de la première véritable enquête de Castle et Beckett est une des meilleures : sur du Pink, la caméra descend les étages d’un immeuble jusqu’à la laverie où une jeune femme nommée Sarah a été tuée et son corps jeté dans une machine à laver. Ça aurait pu être glauque mais la discussion entre les policiers désamorcent ce côté-là. Cet épisode permet à Seamus Dever et Jon Huertas d’approfondir leurs personnages de Ryan et Esposito, même s’ils demeurent encore confinés aux marges de l’enquête. Néanmoins, le cadre des futurs épisodes est posé : un crime est commis, ils sont les premiers sur place et briefent Castle et Beckett.

Plusieurs scènes mettent progressivement en scène le partenariat entre les duettistes, comme l’interrogatoire des employeurs de Sarah où leurs désaccords se lisent à travers les questions qu’ils posent ou lorsqu’au commissariat, Castle improvise un portrait du « voisin du 8B » absolument magnifique. Ce long monologue, souligné par une superbe petite musique, permet de découvrir la « méthode Castle » : trouver quelle serait la meilleure histoire à raconter. Cette scène fait penser à la série Remington Steele où les dissertations cinématographiques de Steele (Pierce Brosnan était génial dans ce rôle) permettait à Laura Holt (Stéphanie Zimbalist) de comprendre et de résoudre le mystère. Voilà le genre de scène où Nathan Fillion gagne la sympathie du public : il tient son personnage, il en a compris les ressorts et sa maîtrise nous accroche. D’autant qu’il y a un côté exagéré délectable : l’acteur campe un personnage pénétré comme s’il récitait des versets bibliques alors qu’il raconte juste une histoire ! Mais il la raconte bien, c’est certain.

Cet épisode pose également les décors définitifs de la série : le poste est peu exploité mais le tableau blanc est déjà là. On découvre la nouvelle salle d’interrogatoire plus blanche et lumineuse que celle du premier épisode. L’interrogatoire qui s’y déroulera permettra de découvrir un élément important pour l’enquête. On visite aussi la morgue du docteur Parish dont on apprécie l’ambiance bleutée. Les passages y deviendront des moments obligés. Si ici, il est uniquement fonctionnel, il n’en sera pas toujours ainsi !

L’enquête amène Castle et Beckett au parc (bel extérieur même si peu original) où ils parlent à Chloé, une amie de Sarah, baby-sitter comme elle. Très classiquement, mais avec réussite, le réalisateur va progressivement zoomer sur le trio a mesure que les informations deviennent importantes. Ce passage est aussi un joli moment où Castle raconte qu’il s’est occupé seul de sa fille après son divorce mais qu’il adorait aller au parc…pas que pour des raisons louables, ce qui est très drôle. Sur ce passage, les mimiques de Stana Katic sont à croquer ! Plus tard, Alexis fera à son père un des plus beaux compliments qu’un enfant puisse faire. Malgré tout, malgré des piques et de jolis dialogues, l’épisode est trop sérieux pour convaincre pleinement.

Mais c’est dans son bureau que Castle, assisté de Martha et d’Alexis, découvrent un élément déterminant. Un bureau que l’on découvre réellement pour la première fois. L’écrivain trône au centre de la pièce (normal, me direz-vous) entouré de sa création. Moins modeste tu meurs ! Reconnaissons tout de même le bon goût du maître de maison avec cette dominante marron sombre. Et le tableau derrière lui est saisissant : il attire l’œil, sûrement parce que c’est un trompe-l’œil ! C’est là qu’il écrit bien sûr mais c’est ici aussi qu’il réfléchit aux enquêtes avec Beckett. Il est alors accompagné soit de sa mère soit d’Alexis (voire les deux comme ici) et la scène fonctionne un peu comme Holmes et Watson puisque c’est de ces échanges que jaillit la lumière. Ces moments deviendront des passages obligés. Non seulement ; ils servent aux enquêtes mais ils permettent aussi au spectateur d’entrer dans l’intimité des Castle.

L’avancée décisive amènera une autre scène cocasse quand, dans un appartement du 15ème étage, Castle demande à se servir des toilettes. C’est un cliché absolu de toute la fiction policière mais elle est amenée ici avec drôlerie – et en plus il ne se fera même pas prendre ! – et c’est encore l’écrivain qui va précipiter l’action en faisant à nouveau retentir Pink. Par contre, c’est à la policière qu’il reviendra d’appréhender l’assassin au terme d’une scène noire, très tendue, jouissant d’une lumière de très basse intensité et où la musique souligne la douleur ressentie.

Anecdotes :

  • Le titre original se rapporte au conte Nanny McPhee.

  • Esposito ne porte jamais de slip en été.

  • Martha a joué dans New York Police Blue.

  • L’intrigue de son premier roman a été inspire à Castle par Les Feux de l’Amour !

  • Castle a été marié deux fois, Beckett jamais. C’est une romantique qui ne veut se marier que pour la vie !

  • Melinda Page Hamilton/Diana Harris : actrice américaine vue dans Star Trek : Entreprise (2003), Cold Case (2005), Esprits criminels (2008), Mad Men (2008-2010), Devious Maids (depuis 2013)

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3. AMIS À LA VIE, À LA MORT
(HEDGE FUND HOMEBOYS)

Scénario : David Grae

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Le corps du jeune Donald Kendall est découvert dans une barque à Central Park. Castle et Beckett s’intéressent aux amis du défunt.

Critique :

Un épisode décevant parce que trop sérieux, trop bavard et manquant d’humour.

Le scénario de David Grae a le mérite de poser quasiment toutes les bases de « l’épisode-type » de la série. On démarre avec le crime puis on enchaîne avec une scène d’appartement chez Castle avec parfois, comme ici, une réplique d’humour noire ; Beckett appelle et le duo se retrouve sur la scène de crime où Ryan et Esposito font le topo et Lanie Parish donne ses premières constatations. Vient l’enquête et un final qui reprend ce dont il a été question dans l’intro. Le spectateur attend aussi avec impatience la théorie farfelue du jour de Castle mais ici, si elle est plaisante elle ne débouche sur rien. 

La victime fréquentait un groupe d’ados très soudés. Ils se connaissaient depuis le primaire et fréquentaient tous l’université privé de Reading mais, là où eux sont riches, la famille de Donnie avait été ruiné par la chute de Lehman Brothers. Malgré la présence d’un dealer (d’ailleurs plus minable que redoutable), le spectateur peine à y croire et, en effet, la bande de jeunes fait bien plus crédible. L’adjonction de la fausse piste était inévitable mais n’est cependant pas dénué de tout intérêt. En effet, derrière la vitre sans teint, Montgomery (très bien incarné par Ruben Santiago-Hudson) décrypte pour Castle (et pour nous aussi par la même occasion) la méthode d’interrogatoire de Beckett. Le dealer va aussi incriminer les jeunes. Les interprètes de ceux-ci sont très inégaux dans leur jeu ce qui donne un effet peu enthousiasmant. Les personnages de Spencer et d’Amanda sont sans beaucoup d’intérêt ; celui de Max ne fait que passer. Mais, pour ce dernier, lorsque Beckett les confronte à leurs mensonges la première fois, la caméra a un mouvement étrange vers lui, comme pour souligner sa fragilité. Ce sont Romy (Jamie Chung) et Brandon (Nolan Gerald Funk) qui sont bien plus intéressants. La première joue relativement bien la jeune écervelée qui prend peu à peu conscience de la gravité de ses actes. Le second incarne l’arrogance insouciante, égocentrique, amorale et décomplexée d’une certaine jeunesse dorée.  Le soucis c’est que pour mener son enquête, la police doit accumuler les interrogatoires et que, malgré les efforts de Rob Bowman, cela empèse l’épisode. En outre, qu’une fois la découverte d’un mensonge fasse avancer l’histoire, c’est normal mais cela vire au procédé ! 

La méthode est aussi au point entre Castle et Beckett : l’écrivain soulève les lièvres et l’enquêtrice conclut. Petit changement ici ; c’est Castle qui fera avouer le coupable. La dernière partie de l’épisode est plus intéressante car elle s’inspire de Columbo : on connaît l’assassin et on se demande comment la police va le coincer. Bonne idée que de mêler nouvelles technologies et vieille manière. En effet, c’est par la parole que Castle va amener l’arrogant criminel à se piéger. Un conseil prodigué par Hercule Poirot à de nombreuses reprises. Il est en effet plus facile de dire la vérité à la longue alors qu’il faut réfléchir pour mentir et se souvenir de son mensonge. L’atmosphère pesante et tendue à ce moment est très bien rendue. L’interrogatoire commence comme une farce avec l’assassin qui se moque des enquêteurs mais se laisse enferrer par l’histoire racontée volontairement sur un ton monocorde, quasi hypnotique par Castle (Nathan Fillion est absolument fabuleux et il nous captive rien qu’à la voix) qui brode d’abord sur un sujet léger avant d’amener la réalité dans son récit et de laisser le charme agir ! C’est brillant ! 

En marge du récit principal, nous assistons à une double séquence touchante mais inégale entre Castle et Alexis. Au père inquiet répondra ensuite une fille angoissée. Mais si la première est vraiment un régal (jouissant en plus d’une belle luminosité rouge et or), la seconde est à la limité du ridicule ! 

Saluons cependant la performance de Molly C. Quinn qui est vraiment impeccable dans ses scènes et qui parvient à donner une crédibilité à son personnage débitant pourtant une absurdité énorme. Tant qu’on est chez les Castle, signalons que Martha va vraiment très bien et que sa dernière idée atterre son digne rejeton ! Susan Sullivan a du métier pour tirer de quelques minutes de jeu une quintessence et une puissance comique. Dommage pour le coup qu’elle soit limitée dans le temps car le sérieux de l’intrigue obère dramatiquement l’humour qui se cantonne dans quelques répliques et quelques moments très courts. 

Anecdotes :

  • Un hedge fund est un fond spéculatif.

  • Lehman Brothers était une banque qui s’est écroulée en 2008 par suite de spéculations. Sa chute a entraîné une panique boursière qui s’est muée en crise financière mondiale.

  • Tragédie veut dire « chant du bouc » en grec. Comme le signale à sa manière Castle, l’origine du mot n’est pas très assurée.

  • Beckett a étudié dans le public. Castle affirme s’être fait renvoyer de (presque) toutes les écoles privées !

  • L’écran de veille de l’ordinateur portable de Castle est un joli conseil pour un écrivain : You should be writing !

  • C’est l’épisode préféré de Molly C. Quinn à cause de la relation père/fille.

  • Drew Van Acker/Donny Kendall : d’abord mannequin, il devient ensuite acteur. On a pu le voir dans Litte Pretty Liars (depuis 2011) et Devious Maids (depuis 2013).

  • Jamie Chung/Romy : actrice américaine d’origine sud-coréenne ; vue dans Very Bad Trip  2 et 3 (2011, 2013) et dans Once upon a time (Mulan).

  • Nolan Gerard Funk/Brandon : acteur américain, vu dans Warehouse 13 (2010), Glee (2012), Arrow (2014)

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4. SEXE, SCANDALE ET POLITIQUE
(HELL HATH NO FURY)

Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Un cadavre est découvert dans un tapis. L’enquête amène Castle et Beckett à s’intéresser à la campagne  d’un conseiller municipal.

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Critique :

Le coup du cadavre roulé dans un tapis, c’est un stéréotype du roman policier mais Castle est une série policière qui reprend et se moque des clichés des séries policières. Le tapis sera un élément important mais trompeur. Il donnera cependant lieu à un échange très drôle entre Ryan et Esposito sur les objets de récup’ ! Cette scène anodine, mais drôle et dynamique, permet aussi à Seamus Dever et Jon Huertas de faire à la fois ressortir ce qui différencie et ce qui rapproche leurs personnages. Leur complicité ne fait pas de doute et cela fait passer la peu ragoûtante traque des indices dans les poubelles ! L’identité du mort est établie très vite puisque Castle la connaît, Jeff Horn, conseiller municipal sortant. L’enquête au QG de campagne de ce dernier (décor correct mais sans originalité) mets Beckett et Castle en contact avec Frank Nesbitt, le directeur de campagne.

Classiquement, il leur parle d’un suspect potentiel. Michael Reilly Burke porte bien le costume et son jeu posé le rend parfaitement crédible en organisateur de campagne. Tout au long de l’épisode, il ne dérogera pas à sa ligne même s’il saura rendre le malaise dans lequel les développements de l’enquête le placeront. Le suspect est un type détestable qui reçoit les policiers dans un décor hideux mais en parfaite adéquation avec sa personnalité. Chapeau donc à l’équipe déco ! Le plus beau reste cependant l’échange entre nos duettistes qui est dynamique, moqueur et bien enlevé. L’interrogatoire qui suivra la découverte faite par Castle est décisif. On appréciera l’idée qu’il soit filmé alternativement devant et derrière le miroir sans teint, ce qui est à la fois tonique et drôle. Cependant, le spectateur ne sera pas surpris de l’innocence du bonhomme ; le premier suspect est toujours innocent. C’est quasiment un dogme de la série policière ! On appréciera néanmoins le commentaire de Castle sur ce fait.

Le plus drôle reste à venir puisque, pour faire avancer l’enquête, Castle prend rendez-vous…avec une prostituée et pendant qu’il se trouve au poste de police ! C’est un des moments les plus hilarants de l’épisode. C’est bref – évidemment puisque Beckett essaye d’arracher son téléphone à Castle – et on félicite nos deux compères pour l’énergie comique qu’ils mettent à jouer cette scène. Beckett d’abord affolée et furibarde, se rendra évidemment à ce rancard pour parler à la fille. Tiffany est superbe et habillée comme on s’y attendrait. Elle révèle que quelqu’un faisait chanter Horn. A partir de ce moment, l’épisode va suivre l’antienne bien connue « Suivez l’argent ». Castle est là encore celui qui trouve l’idée maîtresse qui va mettre Beckett sur la bonne piste. La confrontation qui s’en suivra sera nerveuse et pleine d’émotions, de rancœurs et d’espoirs bafoués. La mise en scène est efficace, se centrant sur les visages avec une alternance de plans serrés et de plans larges. Au final, la révélation finale en sortira.

Parallèlement, deux arcs mineurs animent cet épisode. Le premier est en rapport avec le café au poste que Castle trouve détestable. La description qu’il en fait est proprement dégoûtante ! L’écrivain offre alors une superbe machine à café à tous, obtenant un franc succès…sauf de Beckett mais c’est par principe ! L’échange d’infos (et de potins) devant cette machine deviendra un passage obligé des futurs épisodes. Le second tient à la sortie publique de Tempête d’automne. Quand Martha cite la Critique : (détestable) qu’elle a trouvé, le spectateur se retient de rire. Surtout quand elle fait le parallèle entre son fils et Harper Lee : « Harper Lee n’a sorti qu’un roman mais c’était de la littérature » ! Là, vos côtes commencent à souffrir ! Surtout que Nathan Fillion, sans dire un mot, nous fait bien ressentir le sentiment de solitude de Castle ! Susan Sullivan apporte son grain de folie au personnage de Martha qui est à la fois barré mais plein d’entrain, de chaleur et, aussi, d’amour maternel.  Au final, la lecture publique qu’en fera Castle sera un succès mais Beckett s’invite et ça fait des étincelles !

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Anecdotes :

  • Selon Beckett, Castle est « énervant, agaçant, égocentrique » ; Lanie complète par « craquant ».

  • Ryan lit un roman de Castle sur son lieu de travail. Ce ne sera pas la seule fois.

  • Depuis la diffusion de l’épisode, Harper Lee a sorti un deuxième roman.

  • Le futur personnage de Castle, inspiré du lieutenant Beckett, s’appellera Nikki Hard (Nikki Heat en VO) ; ce qui est un « nom de strip-teaseuse » selon la muse mécontente !

  • Michael Reilly Burke/Frank Nesbit : acteur américain, il commença dans Star Trek : Next Generation (1993). On l’a vu depuis dans New York Police Blue (1995-2003), Ally MacBeal (1998), JAG (2001, 2004), Les Experts (2004), NCIS : Los Angeles (2009), The Vampire Diaries (2012) et quelques autres…

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5. CALCUL GLACIAL
(A CHILL GOES THROUGH HER VEINS)

Scénario : Charles Murray

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

Le corps congelé d’une femme est découvert sur un chantier. La victime avait disparue depuis cinq ans !

Critique :

Un épisode enlevé, rythmé, avec une bonne intrigue et des personnages bien en forme.

La découverte du corps est un moment important dans Castle puisque l’élément d’étrangeté que comporte la scène d’ouverture détermine pour une part la réussite ou non de l’épisode. Ici, c’est réussi. Un chantier plongé dans une quasi-pénombre alternant noir et bleu foncé et nimbant le tout d’une ambiance humide perceptible à travers l’écran. Une noirceur désamorcée par un Castle heureux : pensez-donc, sa première frigide ! Nathan Fillion est excellent réussissant à faire passer une blague d’un goût douteux en élément bon enfant !

Lanie Parish a peu à faire dans cet épisode mais elle donne l’élément qui lance l’enquête : la victime s’appelait Mélanie Cavanaugh, portée disparue depuis cinq ans ! Une victime dont on découvre la vie pas simple. Le premier suspect c’est le mari, même s’il avait une raison plausible pour attendre avant d’appeler la police. Sauf qu’il est mort lui aussi, mais quatre ans après ! A l’époque, l’enquête n’avait pas été sérieusement mené. Soit, mais l’adjonction de cette partie est un peu poussive et tellement prévisible qu’elle désarme l’intérêt qu’elle pourrait avoir. Seule la tension que les acteurs mettent dans leur jeu la sauve. Pendant ce temps, Ryan et Esposito ont découvert comment le corps était arrivé sur le chantier. Ces deux là sont sympathiques mais sont trop souvent confinés aux utilités alors qu’ils ont un réel potentiel. Leurs interprètes sont parfaitement dans le ton. On notera que dans cette saison 1, Esposito porte fréquemment le costume ; ce qu’il fera moins ultérieurement. La découverte débouche sur une réelle avancée, mais le spectateur  a eu le temps de rire devant le chauffeur qui est d’une bêtise crasse. Il a trouvé le corps dans un congélateur dans un appartement qu’il louait à un inconnu qui n’a pas payé son dernier loyer. Bonne idée de la part de la production d’avoir plongé l’appartement nu dans une ambiance mal éclairée. Il n’en est que plus sinistre et la lumière qui vient du congélo ouvert apporte un éclairage cru qui crée un très bel effet visuel.

Pas de réelle surprise avec la piste de l’ex petit ami toxico mais ce que cette scène pourrait avoir de convenue est sauvé par la grande dignité que Channon Roe apporte à son personnage. Sobre, il est l’image même de la douleur. Le discours enflammé qu’il fait sur Mélanie est un très beau moment d’émotion. Et en plus, il apporte un nouvel élément à l’enquête. Que manquait-il à l’histoire pour qu’elle soit complète ? Une maîtresse, bien évidemment. C’est dans ce genre de situation qu’on remarque ce qui distingue Castle d’autres séries policières : ne pas hésiter à prendre des clichés pour les malaxer et les éclairer différemment. La scène a un autre intérêt : celui de voir Richard Castle s’impliquer dans l’interrogatoire, devenant un réel auxiliaire de Beckett. Son goût pour les histoires lui fait remarquer justement les topoï et il contraint la maîtresse à dire la vérité. Stana Katic est elle remarquable quand elle restitue l’incompréhension de son personnage devant ces personnes qui avaient des éléments importants qui auraient pu faire éclater cette histoire depuis des années mais qui ne l’ont pas fait pour des tas de raisons, toutes plus mesquines les unes que les autres. L’épisode présente aussi l’intérêt de nous montrer la première scène d’appartement (celui de Castle en l’occurrence) entre nos héros. A l’instar des Avengers, elles deviendront un élément important des saisons ultérieures. Ce passage est aussi le moment le plus drôle avec Beckett se présentant à la porte et étant accueilli par l’excentrique famille Castle !

Stana Katic la joue timide, genre « je suis chez des fous, soyons prudent ». Nathan Fillion est chaleureux et exubérant et vraiment il dégage un charme fou. Susan Sullivan est toujours aussi folle et Molly C. Quinn montre une facette facétieuse de la sérieuse Alexis. Le jeu entre elle et Nathan Fillion rend parfaitement crédible la profonde relation père/fille en y ajoutant une dimension ludique. Dans les épisodes précédents, nous avons appris que Castle s’est occupé personnellement de sa fille. Nous découvrons ici qu’il a beaucoup joué avec elle et qu’il continue encore. C’est vraiment rassérénant et ça fait chaud au cœur. Castle et Beckett vont aussi avoir une de ces joutes verbales où les répliques fusent et où les duettistes se rapprochent à mesure qu’ils échangent les arguments. Ici, c’est un peu court mais le scénario la prolonge en les amenant dans l’ancien appartement de la victime. Voir Stana Katic et Nathan Fillion rejouer la scène du crime est impayable ! C’est drôle, en plus d’être enlevé et dynamique. Et ils font avancer l’enquête de façon décisive, avec l’aide du locataire qui apporte, façon Watson, une contribution discrète mais pas inutile ! Le final illustre la différence entre la « réalité » et le monde fictionnel. On aurait pu avoir un happy end mais un dernier élément durcit cette fin d’épisode : « Ce n’est pas à un flic de choisir la fin de l’histoire », assène avec une certaine amertume Beckett. Le dernier interrogatoire est, en outre, un moment très émouvant, bouleversant par la douleur exprimée mais, là aussi, par la dignité exposée. La douleur ne disparaît pas avec le temps ; elle change juste d’expression.

Un dernier élément nous est donné par cet épisode et il est déterminant pour la suite : Beckett révèle que c’est la mort impunie de sa mère qui a changé sa vie. Le moment est grave, les interprètes d’une grande sobriété (Nathan Fillion est aussi doué pour jouer sur la corde grave de son personnage), la musique très belle et très douce. Cela aurait pu rester ainsi mais Richard Castle se plonge dans le dossier « Johanna Beckett », ouvrant un arc narratif, un fil rouge, qui s’étalera sur plusieurs saisons.

Anecdotes :

  • Castle compare Beckett à Batman, qui est devenu justicier après avoir perdu ses parents. Elle rétorque que c’est lui le multimillionnaire.

  • Channon Roe/Kevin Henson : acteur américain vu dans X-Files (1997), Rampage (2002), Very bad trip 2 (2011)

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6. LA PISTE DU VAUDOU
(ALWAYS BUY RETAIL)

Scénario : Gabrielle Stanton et Harry Werksman

Réalisation : Jamie Babbit

Résumé :

Un meurtre est commis selon un rituel vaudou. Castle fait face au retour de Meredith, son ex-femme.

Critique :

Un épisode comme on les aime ! Une intrigue rendue originale par sa dose d’étrangeté, beaucoup d’humour et des acteurs qui pétillent !

L’intro est superbe passant d’une ambiance rouge et noire sur fond d’incantations à une scène de sexe débridée sur fond de musique tonique ! Le défoulement des amants semble annoncer une scène encore plus folle entre Johnny Depp et Eva Green dans Dark Shadows avec cette façon de tout casser !! La femme en question est Meredith, la première ex-femme de Castle et la mère d’Alexis. Darby Stanchfield s’impose dès sa première réplique et nous régale avec cette femme délicieusement barrée, une moderne Excentrique. Elle sait rendre comme personne la petite lueur de folie qui habite Meredith avec ce regard intense. Elle veut revenir vivre à New York, ce qui plonge Castle dans l’affolement et la consternation ! Affolement et consternation dont il n’est pas revenu lorsqu’il se rend sur la scène de crime. L’air totalement absent de Nathan Fillion est absolument hilarant ! Avec un parfait sens de l’à-propos caractéristique de la série, l’écrivain déballe sa vie privée à ce moment-là !! Rire garanti, aggravé par la justification faussement cynique donnée à Beckett.

Par contre, c’est lui qui oriente la police sur la piste du vaudou. Nathan Fillion est servi dans cet épisode et il se régale en variant son jeu à merveille. Pour faire progresser l’enquête, Castle invite Beckett et une certaine Michelle, qui fut sa source pour un roman, à déjeuner. Les éléments policiers son importants mais on retiendra surtout un échange hautement comique lorsque Beckett apprend qu’elle déguste un ragoût de pied de vache. « Vous aviez dit que c’était du bœuf » dit-elle à son compère qui rétorque matois : « Techniquement, la vache c’est du bœuf ». L’expression de Stana Katic qui donne vraiment l’impression d’avoir le cœur au bord des lèvres et l’expression pateline de Nathan Fillion achèvent de nous plier.

Si un second corps est découvert,  le scénario évite le cliché de l’enfilage de cadavres en se concentrant sur la première victime, clandestin nigérian. En passant, on peut constater que la vie des sans-papiers n’est guère plus rose dans la « Grosse Pomme » qu’en France. La confrontation des clandestins avec Beckett est rendue nerveuse par un cliquetis en arrière-fond sonore qui donne un rythme, une pulsation. Le réalisateur (dont ce sera le seul travail sur la série) ne fera pas aussi bien lors d’une scène de perquisition rendue brouillonne par des mouvements trop rapides et des images qui deviennent soudain floues ! Une perquisition rendue possible grâce à Meredith ! Son passage au commissariat est un grand moment de folie débridée. Meredith est folle mais pas démente comme en témoigne le coup d’œil qu’elle jette à Beckett et cette fine allusion au rôle de la muse ! Entre une Darby Stanchfield en apesanteur, une Molly Quinn en Alexis qui ne sait plus où se mettre et un Nathan Fillion abandonné des Dieux, c’est un grand moment d’humour.

Susan Sullivan aura elle aussi l’occasion de briller et de montrer tout son potentiel comique lorsqu’elle joue une Martha rendue aigre par le retour d’une belle-fille qu’elle n’apprécie pas du tout ! Deux artistes timbrées dans une même famille, c’était sans doute trop ! Sa Critique : acerbe de Meredith est piquante, pleine d’allant et de fiel, le tout nappé dans une grande tirade qui se termine par une déclaration d’amour enflammé pour le théâtre ! On adorera aussi la mine que fait Nathan Fillion lorsque de brefs passages de caméras donnent un contrepoint du plus haut comique à cette envolée lyrique. C’eut pu être héroïque, ça devient du boulevard et on en redemande, tout en demandant grâce en même temps !! Au passage, et pour aggraver l’état de nos côtes, on découvre la « vraie » raison du mariage de Castle et Meredith.

Toute l’histoire est très simple mais l’adjonction du vaudou n’est pas gratuite et on n’apprécie que le scénario fasse l’effort de le présenter comme une véritable religion loin des clichés hollywoodiens du début du vingtième siècle. Il y a eu un vrai travail de recherche et ça se sent. Les passages sur le vaudou sonnent justes. L’épisode comporte deux moments obligés d’une série policière : la perquisition de l’antre du « vilain » du jour et la fusillade avec les héros en mauvaise posture. Dans le premier cas, Nathan Fillion nous fait mourir de rire grâce à son gilet pare-balle et avec une nouvelle illustration de son sens de l’à-propos. Le réalisateur sera peu charitable (mais c’est drôle) avec le personnage en montrant sa solitude peu après ! Dans le second cas, c’est grâce à une idée très « avengeresque » que nos complices préférés s’en sortiront. L’épisode se clos sur une dernière prestation haute en couleur de Meredith. Décidément, la première Mme Castle a été mieux soigné que Gina et on ne s’en plaint pas. La seconde est sérieuse et intéressée quand la première est désarmante de naturel ! « Aide-toi, le Ciel t’aidera » ; c’est fort de cet adage que Castle résout son problème. En tout cas, un tel ouragan de charme, de folie et d’humour, ce serait criminel de ne pas le faire revenir !

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Anecdotes :

  • La scène de sexe entre Castle et Meredith entre dans leur « Top 10 » dont la première place est la nuit où fut conçue Alexis !

  • C’est Meredith qui a demandé le divorce.

  • Très classe, Castle compare son ex-femme à une « brioche au beurre » !!

  • Le sixième roman de Castle s’appelle Storm l’impie ; il traite évidemment du vaudou et Ryan l’a lu.

  • Meredith est un jour allé chercher sa fille à l’école pour l’emmener déjeuner…à Paris !

  • Lorsque Meredith cherche à convaincre Alexis d’appliquer les maths au shopping, on a comme un écho de Confessions d’une accro du shopping. Plus tard, elle fera référence à Sarah Jessica Parker, star de la série Sex and the City dont le personnage de Carrie Bradshaw est une fashion victim de premier ordre.

  • Meredith appelle Castle « chaton » au commissariat…ce qui ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde.

  • Susan Sullivan était d’autant plus fondé à faire une tirade sur le théâtre qu’elle est d’abord une actrice reconnue à Broadway.

  • Darby Stanchfield/Meredith : actrice américaine née en Alaska. Très peu de films à son actif mais une longue présence télévisuelle : Monk (2003), FBI : Portés Disparus (2005), NCIS (2006, elle incarne Shannon Gibbs), Jericho (2006-2007), Mad Men (2007-2008), Ghost whisperer (2009), How I met your mother (2010), Scandal (depuis 2012)

  • Le vaudou est une religion issue de l’Afrique de l’Ouest et qui s’est répandu dans les Caraïbes et en Amérique en étant amené par les esclaves. Il désigne l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance.

  • Absence de Tamala Jones

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7. CRIMES DANS LA HAUTE
(HOME IS WHERE THE HEART STOPS)

>Scénario : Will Beall

>Réalisation : Dean White

Résumé :

Un meurtre violent amène Beckett et Castle à enquêter sur une série de cambriolages audacieux commis dans la haute société.

Critique :

Un crime dans une série de cambriolages, ce n’est pas très original mais l’épisode est bien mené et les seconds rôles pimentent chacun à leur façon cette intrigue. Les premières secondes d’introduction d’un épisode de Castle sont presque toujours de petits bijoux d’inventivité et celle-ci fait partie des plus fortes. À peine entrevue, la scène de crime laisse place à la scène d’appartement version famille Castle. Ici, le père et la fille jouent à l’escrime en pastichant Robin des Bois tandis que Martha joue du piano, un verre à cocktail sur l’instrument ! Surréaliste et tellement dynamique et chaleureux.

La scène du crime est un beau décor complètement saccagé mais qui laisse deviner le luxe, ou du moins l’aisance de la propriétaire retrouvée morte, enfoncée dans son coffre-fort mural. C’est assez original même si Maurice Leblanc y avait pensé avant (« Le coffre-fort de Mme Humbert » dans Les aventures d’Arsène Lupin). Si le meurtre est une première, le cambriolage prend, lui, place dans une série remontant à plusieurs mois. La fille de la victime est choquée par cette longueur mais Beckett est de la Criminelle. Caterina Scorsone incarne avec justesse cette jeune femme profondément attachée à sa mère. Toute en retenue, elle donne corps à sa tristesse, à sa culpabilité et nous touche bien plus qu’avec une crise de larmes. Stana Katic prend ici une belle dimension par la profonde empathie qu’elle sait donner à son personnage. La sincérité de Beckett est tout à fait crédible. Castle est impressionné, nous aussi. C’est avec ce genre de scène que l’actrice monte en gamme. Avec cette série, Stana Katic acquiert en densité dramatique.

C’est ensuite l’heure du premier « élément perturbateur », celui qui relance l’intrigue. Une découverte de la police scientifique amène une première arrestation. Évidemment, il n’est pas coupable mais, dans Castle, ce passage obligé est le plus souvent traité avec humour, ce qui permet de nous intéresser. Ici, c’est un échange de vocabulaire entre les policiers et Castle sur la façon d’appeler un « coupable ». C’est absolument cocasse et, joliment, après ces politesses entre mecs, c’est la seule femme de la bande qui a le dernier mot. La police n’obtiendra rien du dénommé Mitchell (à qui Nick Chinlund prête une gouaille et une certaine suavité plutôt bien vues) mais, plus tard, Castle va le réinterroger et ça marche ! A nouveau, l’écrivain va raconter une histoire reprenant les éléments factuels véridiques mais, variation, il ne cherche pas à piéger son interlocuteur mais justement à obtenir un effet de vérité. Ironiquement, la vérité sort de la vérité. Pour obtenir des infos, Castle a récupéré (à l’issue d’une scène très drôle) les photos des objets volés et il va trouver…un ancien voleur ! La gamme des connaissances que Richard Castle a fait pour ses recherches romanesques ne cessera de nous étonner même si, dans une saison ultérieure, cette virtuosité lui coûtera cher. Mais, on n’en est pas là et les retrouvailles avec Powell sont un joli moment quoique trop court et trop formel

L’antre de Powell est chargée, un peu obscure et très éclectique dans sa « décoration », des bijoux aux statues antiques. En fait, cet appartement est dénué de personnalité par son absolu classicisme. Il correspond trop bien à la description de Powell (raffiné, amateur d’art et voleur de classe) et manque de fantaisie. Par contre, Patrick Bauchau est un bon choix. L’acteur belge a de l’allure et il est parfaitement crédible en ancien cambrioleur de haut vol. Reste que cette scène manque d’humour (sauf sur la fin) et qu’elle manque d’énergie. C’est bien mais ça aurait pu être encore mieux.

La police trouve le lien entre les victimes mais ne peut intervenir sauf en infiltration et là, l’épisode nous sort une succession de scènes géniales. Castle invite Beckett et lui adresse une robe. Absolument magnifique, celle-ci met Stana Katic véritablement en valeur (et l’ajout du collier est une excellente idée). Première scène : Beckett n’a rien à se mettre et ce n’est pas une coquetterie de femme mais juste la réalité de quelqu’un qui ne sort pas et jamais à une soirée de la haute. On savait déjà que Lanie était une amie de Beckett mais on la preuve que c’est sa meilleure amie puisqu’elle vient la conseiller. En peu de temps, Tamala Jones donne à voir la chaleur humaine de son personnage mais aussi son humour caustique. Seconde scène, l’arrivée de Castle et Beckett sous les commentaires ironiques de Ryan et Esposito. L’épisode les mets bien en valeur. En plus de leur valeur fonctionnelle, Seamus Dever et Jon Huertas composent un duo de flics dont l’humour est la colonne vertébrale mais leur jeu montre que les commentaires de leurs personnages dévoilent en creux le respect qu’ils ont pour leur supérieur. On appréciera le beau décor de la salle et surtout la scène de danse du couple vedette mais c’était pour échanger des infos ! Un classique mais c’est tellement enlevé !

Cette soirée donnera aux enquêteurs des éléments déterminants pour boucler leur dossier mais elle signe aussi l’adoption définitive de Castle par Beckett. Ce n’est plus le lieutenant qui intime l’ordre au romancier de rester dans la voiture (ce qu’il ne parviendra pas à faire) mais « l’amie » et on a une jolie scène de conclusion.

Anecdotes :

  • Ryan est allergique aux plumes.

  • Pour se détendre, Castle utilise des balles en mousse et le porno.

  • Marta cite Anaïs Nin : « Ceux qui profitent de la vie n’ont pas peur de la mort ». Écrivain, Anaïs Nin (1903-1977) fut notamment la maîtresse d’Henry Miller. Son Journal est son œuvre la plus connue. Elle fut aussi une des premières femmes à écrire des œuvres érotiques.

  • Plusieurs romans de Castle sont cités : Trouble-fête, Énorme casse-tête, Tombe la neige.

  • Powell dit que le cambriolage était autrefois une activité de gentleman, allusion évidente à Arsène Lupin.

  • Quand on leur demande s’ils sont ensembles, Castle répond « Pas encore » et Beckett « ça n’arrivera jamais ».

  • Castle est surnommé « la Baleine Blanche » par ses fans féminines. Allusion à Moby Dick et qui signifie que personne n’a réussi à « attraper » l’écrivain !

  • Patrick Bauchau/Powell : acteur belge, il est surtout connu pour son rôle de Sydney dans Le Caméléon (1996-2000) et pour le James Bond Dangereusement vôtre (1985). On l’a vu aussi dans La collectionneuse (1967), Conseil de famille (1986), Lisbon Story (1994), Panic Room (2001) et, à la télévision, dans La caravane de l’étrange (2003-2005). Il est le beau-frère par alliance de Brigitte Bardot.

  • Nick Chinlund/Evan : acteur américain, vu dans L’arme fatale 3 (1992), X-Files (1995), Les chroniques de Riddick (2004), Mentalist (2009)

  • Katie Lowes/Rachel : actrice américaine, elle obtient son premier rôle dans Rescue Me (2004). Elle a joué ensuite dans Transformers 2 (2009) mais on l’a surtout vu à la télévision : NCIS (2007), Grey’s Anatomy (2011) et Scandal (depuis 2012)

  • Caterina Scorsone/Joanne : actrice canadienne, principalement vue dans les séries Missing : disparus sans laisser de traces (2003-2006) et Private Practice (2010-2013).

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8. MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE
(GHOSTS)

Scénario : Moira Kirland

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

Une femme découverte dans une baignoire pleine d’essence plonge Castle et Beckett dans une affaire vieille de vingt ans.

Critique :

Le passé qui revient est un poncif du récit policier mais ici il n’est pas correctement exploité. Jamais emballant, l’épisode se sauve par ses passages d’humour et un couple vedette en forme.

Pourtant il commence bien : la découverte du corps est ainsi amenée par un bel effet de caméra et le montage permet de passer très vite de cette scène glauque à une soirée poker entre les Castle mère et fils et les policiers du 12ème district. C’est une des plus longues introductions de la série et elle est chaleureuse, dynamique et pleine d’humour. Le poker sera le fil rouge de l’épisode lui donnant de bonnes scènes, notamment la déterminante partie avec la « bande de Gotham ».

L’identité de la victime donne la première surprise : elle n’était pas qui elle prétendait être et se révèle être une fugitive ; une écolo radicale coupable d’avoir posé une bombe qui a fait une victime et un blessé grave. Alex Carter, qui joue le mari, ne se force pas et ne communique pas vraiment la tristesse et la surprise qu’il est censé ressentir. Mais la victime qui ment sur son identité, on a fait plus original. Plus grave, ce n’est tant le manque d’originalité qui pèche dans ce scénario c’est plutôt le manque de recul sur ce fait. Castle utilise les clichés mais la série doit les restituer avec une plus-value pour qu’ils soient intéressants. Ici, on en reste à un premier degré des plus déprimants.

Deuxième rebondissement : la victime écrivait ses mémoires en collaboration avec un écrivain, Lee Wax. Passée la surprise de constater que c’est une femme, le reste est assez prévisible. Joanne Kelly donne pourtant corps à un personnage que son amoralité et sa tentative de séduction de Castle pour obtenir des infos rendent intéressant. Mais cela ne suffit pas. L’enquête progresse avec des interrogatoires tant qu’assez verbeux sans jamais décoller ni nous passionner. Tout cela manque d’allant parce que cet épisode, sérieux, manque cruellement de fantaisie. Ce n’est pas tout d’avoir des scènes drôles, il faut que l’humour soit au cœur de l’épisode. En outre, après son joli coup d’entrée, Bryan Spicer, sans doute pas emballé lui non plus, ne fait aucun effort pour animer l’épisode. Dommage car les personnages secondaires ne manquent pas de dignité et sont plutôt bien joué. On appréciera notamment la prestation de Frederick Koehler. L’acteur rend magnifiquement le dégoût que la victime inspire à son personnage. Il montre la colère, l’émotion quand il évoque la douleur et les épreuves qu’a traversé sa famille. Son interrogatoire par Beckett est un moment important et Castle parvient à y apporter de l’humour.

La découverte du coupable se fait au final au terme d’un processus beaucoup trop prévisible pour être vraiment intéressant. Seul le récit du meurtre apporte une petite surprise. Les aveux sont aussi très émouvants mais c’est à la toute fin. Heureusement l’épisode se termine sur une note brève mais importante lorsque Castle dit ses quatre vérités à Lee Wax. C’est très bien posé et Nathan Fillion, par la dignité qu’il donne à son personnage, confère un poids certain à son réquisitoire. Castle est peut-être un petit plaisantin mais c’est un homme qui a des valeurs et une certaine idée de l’honneur. La sobriété du jeu de l’acteur n’en donne que plus l’effet d’un soufflet. Quasi-muette, Joanne Kelly parle par ses yeux et elle sait y montrer l’humiliation ressentie et la colère éprouvée. Qu’elle parte sans pouvoir vraiment répondre est très bien vu par la scénariste.

Par contre, là où on ne peut pas la suivre, c’est dans la sous-utilisation du trio Lanie-Ryan-Esposito. Ici, ils sont réduits à une fonction purement utilitaire. Les deux policiers servent de public complaisant lorsque l’écrivain raconte l’histoire du crime. Bryan Spicer a pourtant la bonne idée de filmer la réaction exagérément lassée de Beckett. Cocasse mais limitée. Le capitaine Montgomery n’a pas beaucoup plus de place mais, lors de la première partie de poker, Ruben Santiago-Hudson lui confère une belle énergie, montre son grand sens de l’humour et sa proximité avec ses troupes. 

Anecdotes :

  • Le titre français est meilleur que le titre original.

  • Le strip-poker est le jeu préféré de Martha.

  • Castle parle de sa « bande de Gotham » dans une nouvelle référence à Batman : à savoir le maire, le juge et le chef de la police.

  • Alex Carter/Michael Goldman : cet acteur canadien a joué dans vendredi 13 (1989) mais on l’a surtout vu à la télévision : Le Caméléon (1999), JAG (1999, 2003), Les Experts (35 épisodes dans le rôle du détective Vartann), Bones (2005), Revenge (2011).

  • Joanne Kelly/Lee Wax : actrice canadienne, principalement connu pour Warehouse 13 (2009-2014)

  • Frederick Koehler/Adam Pike : acteur américain, figure connue des séries comme dans Mentalist (2009), Esprits criminels (2013). Cette dernière prestation était particulièrement forte.

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9. OÙ EST ANGELA ?
(LITTLE GIRL LOST)

Scénario : Elizabeth Davis

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Beckett est appelée en renfort sur une enquête du FBI suite à l’enlèvement d’Angela Candela. L’agent responsable de l’enquête est son ancien petit ami !

Critique :

Un épisode plutôt médiocre au scénario moyen, à la réalisation brouillonne mais qui évite le naufrage grâce à son couple vedette et à son casting solide.

Le problème majeur dans cet épisode c’est que, dès le départ, le spectateur sait que l’enlèvement n’est qu’un prétexte pour justifier l’apparition de Sorenson dont la justification première est d’être un rival pour Castle et ainsi susciter une tension entre mâles. C’est tellement cousu de fil blanc qu’il n’y a pas de corps alors que Beckett est de la Criminelle et que donc elle n’a aucune raison d’être là ! Cet épisode commence comme « Le berceau » dans NCIS : Nouvelle-Orléans lorsque Borin s’invite dans une enquête de Pride juste parce qu’ils sont amis. Ici, c’est même encore moins crédible puisque justement les liens passés entre Beckett et Sorenson devraient faire obstacle à une coopération entre eux. Du coup, on ne s’inquiète pas vraiment pour la gamine.

Le déroulement de l’enquête s’avère sans surprise. John Terlesky essaye d’animer ce scénario mais ses efforts s’avèrent contradictoires. Ainsi, pour le premier interrogatoire, sa caméra ne cesse de bouger alors que pour le second elle est beaucoup plus statique. Or, c’est dans ce dernier qu’un élément intéressant pour l’enquête va surgir. Conclusion : pour masquer la vacuité du premier, on distrait le spectateur en bougeant sans arrêt. Très efficace. On fait ça avec les enfants. La palme c’est le troisième interrogatoire, qui survient dans un sous-sol classique après une course-poursuite totalement gratuite mais juste histoire de réveiller le téléspectateur somnolent. Le réalisateur a la « bonne » idée de demander à Stana Katic et Francis Capra de se placer contre une vitre blanche ; bel effet de contre-jour et donc, comme la caméra se rapproche pour voir quelque chose, les silhouettes sont floues ! On touche au sublime !

Comme souvent, c’est Castle qui met les enquêteurs sur la piste par des réflexions qui lui sont souvent inspirés par son entourage. Les échanges Martha-Castle-Alexis sont un moteur essentiel des intrigues dans cette première saison. Toujours variés, dynamiques, ils ne donnent jamais l’impression d’un passage obligé et sont, en plus, des moments d’humour et/ou d’émotions. Castle est aussi chargé de la remise de rançon mais ce passage convenu des épisodes avec enlèvements n’est pas aussi animé qu’on aurait pu s’y attendre, ou plutôt, ce sont les échanges Beckett/Sorenson qui sont intéressants. Par contre, la scène dans l’immeuble où les policiers sont mystifiés est bien réalisée pour le coup : du mouvement à bon escient, de la musique tonique et une brièveté qui installe une tension qu’on n’avait pas vraiment connu jusque là. Le final de l’épisode est bien amené, assez drôle puis devenant sombre et nerveux au moment idoine. On se dit qu’Elizabeth Davis sait écrire mais qu’elle n’a pas choisi le bon sujet ou le bon traitement pour exploiter son sujet.

Le vrai sujet c’est bien sûr la volonté explicite de créer un triangle Beckett-Castle-Sorenson. Cette évidence nuit d’emblée à cette idée qui n’était pas mauvaise en soi. Le prétexte d’écrire un livre inspiré du lieutenant Beckett ne tient pas sur le long terme et on ne croit pas non plus qu’elle soit si contente que leur collaboration tire à sa fin. Une relation de confiance s’est établie entre lui, « homme de plume et du monde » ainsi qu’il se définit et, elle flic. Qu’il n’est pas renoncé à la séduire est probable mais, justement, l’amitié qu’ils ont noué, anesthésie ce désir. Chacun leur tour, ils diront à Sorenson qu’ils ne sont pas ensemble mais ils ne seront jamais ensemble lorsqu’ils aborderont leur relation. Le choix de Bailey Chase était bon. L’acteur a la carrure et l’allure d’un David Boréanaz (pas le charisme mais il se débrouille) et il n’en fait pas trop. Ainsi, l’échange Castle/Sorenson est-il rendu piquant par le choix de sobriété de Chase et de Nathan Fillion. Mais, ce sont les scènes avec Stana Katic qui sont les meilleures. Les deux acteurs rendent parfaitement crédible la relation profonde, pas une simple histoire de coucherie, entre leurs personnages. N’oublions pas non plus de citer la très bonne prestation de Judy Reyes. Elle incarne avec conviction Theresa, mère de famille qui subvient presque seule aux besoins des siens. Abasourdie par le choc au départ, elle donne une profondeur et dégage une vraie émotion. La diatribe qu’elle adresse par la suite à son époux n’en a que plus de force : les reproches sont rendus violents et percutants par ce mélange de colère et de chagrin.

Un autre détail nuit, par contre, aux efforts des comédiens : on est au 9ème épisode d’une saison qui en compte 10. Il faut donc meubler en attendant la fin mais aussi il faut du piment pour densifier la relation Castle/Beckett et suggérer lourdement que, non, elle n’est pas, ne peut être et ne peut pas rester, simplement amicale. Si le téléspectateur reste, on lui promet implicitement qu’il en verra plus. Ce qui est évident puisque, à l’instar de Remington Steele, par exemple, c’est d’abord pour la relation entre les personnages qu’on regarde cette série et, ensuite, pour ses enquêtes mais on exige de celles-ci qu’elles comportent un élément farfelu ou étrange. Ici, c’est tristement banal. Au moins, dans Esprits criminels, on aurait eu peur pour Angela. On passe donc vite cet épisode et on attend beaucoup du dernier.

Anecdotes :

  • Beckett et Sorenson sont restés 6 mois ensembles.

  • Martha est devenue coach personnalisée avec ce slogan : « Si vous n’êtes pas vous, qui êtes-vous ? » Vous avez quatre heures !

  • Juan porte une tenue de travail sur laquelle on peut lire « Terlesky » ; le nom du réalisateur !

  • Selon Sorenson, Beckett était capable d’attendre des heures pour avoir un exemplaire d’un roman de Castle en édition limitée. Comme la première scène l’a rappelé, c’est une vraie fan de l’écrivain !! Par contre, il n’est toujours pas question qu’il le sache.

  • Castel a écrit environ 26 best-sellers.

  • Absence de Tamala Jones.

  • Francis Capra/Juan Estrepo : acteur américain, connu pour avoir joué dans Veronica Mars (2004-2007), The Closer (2007), NCIS (2009). Son physique le cantonne principalement aux rôles de gangster latino.

  • Bailey Chase/Will Sorenson : acteur américain, il fut récurrent sur la saison 4 de Buffy contre les vampires (Graham Miller). Il joua aussi dans Saving Grace (2007-2010).

  • Judy Reyes/Theresa Candela : cette actrice américaine est principalement connue pour son rôle de Carla Espinosa dans Scrubs (2001-2010). Depuis 2013, elle joue dans Devious Maids.

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10. DOUBLE FACE
(A DEATH IN THE FAMILY)

 

  

Scénario : Andrew W. Marlowe ; histoire d’Andrew W. Marlowe et Barry Schindel

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

La mort d’un chirurgien esthétique amène l’équipe à s’intéresser au crime organisé. En même temps, Castle est confronté à des choix difficiles.

Critique :

Un épisode brillant, palpitant, avec à la fois des scènes drôles et des scènes sérieuses bien amenées, bien réalisées et notre couple vedette en forme.

L’enquête du jour concerne le docteur Joshua Leeds, chirurgien esthétique, torturé avant d’être asphyxié avec un sac en plastique collé avec du scotch. L’imagination est au pouvoir ! L’arrivée de nos duellistes à la clinique où travaillait la victime est plaisamment soulignée par une musique guillerette et la sortie d’une bimbo. A la remarque sarcastique de Beckett, Castle répond par un commentaire surréaliste et hilarant ! Une dose de Castle devrait prémunir contre la dépression. Une patiente a menacé le docteur. Elle est innocente bien sûr mais c’eut été dommage de priver le téléspectateur de cette « échappée de l’île du docteur Moreau » comme le dit Castle !! D’autant que, durant l’interrogatoire, l’écrivain est littéralement fasciné par la créature en question et l’alibi de cette dernière absolument cocasse. Surveillez vos côtes !

Pour une fois, c’est le travail de Ryan et Esposito qui permet à l’enquête d’avancer : un patient inconnu. S’ils font un travail de l’ombre, ces deux personnages sont absolument essentiels dans la série. Grâce à leurs interprètes, ils dépassent justement le cadre purement fonctionnel qu’ils pourraient avoir. Ils sont vraiment les seconds de Beckett. Ils ont également adopté Castle et leur sens de l’humour est aiguillonné par celui de l’écrivain. Ryan est d’ailleurs plus sensible aux théories farfelues de l’écrivain mais difficile d’envisager Ryan sans Esposito. Seamus Dever confère à son personnage une sensibilité certaine, on oserait dire une douceur, une certaine gentillesse. Intéressé par la lecture, il montre un Ryan d’une grande ouverture d’esprit. Jon Huertas compose en retour un Esposito bien plus cartésien, plus terre à terre (mais pas bas de plafond), qui aime le concret. Le premier semble intimidé par les femmes quand le second est plus roublard, dans l’expression en tout cas. A les voir jouer, on a l’impression de voir en action les principes du Ying et du Yang.

Mais, comme la série s’appelle Castle, c’est bien notre romancier préféré qui va donner une piste : quelqu’un a forcément payé l’opération de ce patient mystérieux. En l’occurrence, le ministère de la Justice ! Il s’agit donc d’un témoin protégé. La scène avec le substitut Robinson, si elle est bien filmée avec cette jolie descente d’escalier, est très classique et Ion Overman reste dans une interprétation très convenue de ce type de rôle. Pas grave puisque Castle a une relation dans la Mafia ! Au moins, pour faire ses recherches, il ne fait pas semblant ! La discussion, commencée de façon assez musclée, est ensuite là aussi bien filmé : les visages en pleine lumière quand le reste du décor est plongé dans une semi-pénombre. Simple sans doute, important pour l’enquête en tout cas. Et tant qu’on est dans le cliché, la rencontre dans le sous-sol est un modèle du genre mais comme c’est Castle lui-même qui le dit, on apprécie l’ironie. Série policière volontairement classique, Castle sait se jouer des clichés et c’est là qu’on en apprécie la plus-value. Le scénario a l’habileté de bien distribuer les trouvailles ; c’est Beckett qui met le doigt sur la question qui permettra d’identifier l’assassin. En toute fin, elle avouera à Montgomery qu’elle n’aurait pas réussi sans Castle. Jamais ils n’ont paru si proches et pourtant…

Castle est mis en valeur dans cet épisode plus qu’auparavant car c’est trois situations qui le concernent ici. Nathan Fillion est exquis dans toutes et c’est un régal de suivre cet acteur. Charmeur, brillant et sémillant dans l’enquête policière, on le voit tendre et ému dans la partie concernant Alexis. Celle-ci a été invitée au bal de fin d’année par son petit ami Owen. Lorsqu’elle demande la permission en parlant à toute vitesse, le jeu lumineux de Molly C. Quinn nous touche en même temps que l’actrice amène un sourire sur le visage du spectateur. C’eut été facile de trop en faire et justement pas. La scène du choix de la robe est aussi très agréable. On voit le père totalement dépassé ! Heureusement, la grand-mère prend les choses en main. Susan Sullivan est aussi à l’honneur dans cet épisode. Ici, elle nous fait bien rire avec une magnifique envolée sur les complexes des femmes et ce qui les rend belles. La dernière scène de cet arc (qui en compte une autre bien allumée) est superbe de tendresse. Le discours père/fille masque sa douceur sous une fausse ironie mais c’est vraiment très beau. L’alchimie Fillion/Quinn est sans faute.

Mais c’est la troisième situation qui est la plus intéressante parce qu’elle touche un fil rouge de la série : l’enquête sur la mort de Johanna Beckett. Dans les épisodes précédents, Castle a récupéré le dossier. Ici, il le soumet à un ami légiste. Placée juste après l’ouverture de l’épisode, cette scène introduit d’emblée une touche de noirceur mais aussi la sensation de tenir un bâton de dynamite dans la main. Ce n’est qu’à la toute fin que nous aurons son rapport qui apporte un fait nouveau. Cela aurait pu constituer une bonne nouvelle. Seulement, plus tôt dans l’épisode, Beckett a clairement signifié à Castle que s’il touche à ce dossier, il est viré. Stana Katic est douée dans la comédie mais, dans le drame, elle se défend bien. Son jeu est émouvant, tout en sensibilité et on apprécie aussi la sobriété de Nathan Fillion à ce moment. Il nous donne à voir la sensation de froid glacial qui s’est introduit dans tout son corps. La musique douce met particulièrement en relief les paroles dures prononcées par le lieutenant Beckett. Nous voilà donc bien placé pour comprendre l’affreux dilemme de Castle : ne rien dire c’est laisser un meurtre impuni mais parler c’est perdre Beckett. Susan Sullivan, disons-le, montre un côté de son personnage qui n’était pas apparu encore, ou pas à plein : elle donne de la gravité à Martha qui n’est pas que cette actrice sur le retour qui squatte le loft luxueux de son fils. C’est une mère aimante, attentive et une plus fine psychologue qu’on aurait pu le penser. Sans faux suspense, Castle – Nathan Fillion rend très bien le sérieux et le poids que l’écrivain porte sur ses épaules – ira parler à Beckett. Mais nous n’aurons pas la réponse cde cette dernière car l’épisode se termine brusquement !

Anecdotes :

  • Castle cite le roman L’île du docteur Moreau. Écrit en 1896 par H. G. Wells, il décrit les effroyables expériences pratiquées par un savant fou sur une île déserte sur des animaux mais pose aussi la question de l’identité et des relations entre les hommes et les animaux.

  • Beckett a fait un an de thérapie pour pouvoir passer à autre chose qu’au dossier de sa mère.

  • Castle a écrit Tromperie.

  • Retour de Bailey Chase dans le rôle de l’agent Sorenson. Sans grand intérêt.

  • Ion Overman/ Candace Robinson: actrice américaine vue dans Port Charles (2000-2002), The L Word (2004-2005), Desperate Housewifes (2009), NCIS (2012).

  • Kari Coleman/Julia Hammond : actrice américiane, vue dans Veronica Mars, Urgences, JAG.

  • Jackie Geary/Maggie : cette actrice américaine a tenu le rôle récurrent de l’agent Grady dans NCIS. Elle tourne principalement pour la téélvsion : Will et Grace (2003), Esprits criminels (2006), United States of Tara (2009), Rizzoli & Isles (2011).

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