saison 7 saison 9

Hercule Poirot

Saison 8

 

  
 

1. LES VACANCES D'HERCULE POIROT
 
 (EVIL UNDER THE SUN)

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Suite à un léger malaise, Poirot, accompagné de son fidèle Hastings, part pour une cure dans un hôtel situé sur une petite île de la côte du Devon. Parmi les vacanciers, la vie scandaleuse de l’actrice Arlena Stuart fait sensation, avant que celle-ci ne soit assassinée. Poirot va vite s’apercevoir que tous les pensionnaires avaient un mobile pour commettre le meurtre. L’aide de ses trois acolytes ne sera pas de trop pour résoudre cette énigme !

Chaque opus de Poirot doit répondre au double défi de l’attente du public et d’une adaptation souvent jaugée de près par les amateurs d’Agatha Christie. Vient ici s’ajouter l’inévitable comparaison avec la fameuse grande production de 1982, portée par Peter Ustinov et tout un aréopage de stars. Or il apparaît que, pour cette fois, la télévision doive être préférée au cinéma. Les très belles vues méditerranéennes, parfois filmées en mode carte postale, ne peuvent rivaliser avec le site de l’hôtel de Bigbury-on-Sea, sur l’île de Burgh. Celui-ci convient idéalement à l’action, fort logiquement puisque que c’est là qu’Agatha a écrit le roman original (tout comme Dix Petits Nègres), en s’inspirant des lieux. Cette passionnante visite anime l’un des plus longs opus de la série. La beauté Art-déco, le sublime panorama et la tonalité si anglaise de l’établissement se savourent également comme il convient. Conjointement, la distribution s’avère ici composée d’acteurs bien davantage choisis en adéquation avec les personnages du roman que ceux du film, avant tout retenus pour leur aura et leur célébrité.

La structure unique d’un film conduit les comédiens à inéluctablement rechercher la performance, quitte à cabotiner, parfois avec infiniment de talent. Ici les comédiens résultent au seul service de l’intrigue, tandis que le quatuor de la bande à Poirot (au rôle accru vis-à-vis du texte originel) bénéficie de toute la sympathie accumulée par des protagonistes de série télé au long cours. Comparer les prestations du génie en roue libre qu’est Ustinov et du grand acteur totalement dédié au Poirot littéraire qu’est Suchet suffit à appréhender la différence de philosophie entre les deux productions. Evidemment, on regrettera certain superbes numéros, dont celui de la propre Diana Rigg, insurpassable dans sa vision d’Arlena Marshall. Au total, localisation, mise en scène et distribution concourent ici à mettre davantage en avant les grands atouts du récit : son intrigue particulièrement diabolique et sa magistrale résolution par Poirot, autant d’éléments certes non trahis, mais minorés par le film. Un succès tombant à pic pour saluer le départ de Miss Lemon et de l’Inspecteur Japp, que l’on ne retrouvera qu’en saison finale.

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2. MEURTRE EN MÉSOPOTAMIE 
(MURDER IN MESOPOTAMIA)

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Poirot se rend à Bagdad, dans l’espoir, hélas déçu, d’y retrouver sa chère Comtesse Rossakoff. En compagnie du fidèle Hastings, il visite un site archéologique mésopotamien, où travaille un neveu de ce dernier. L’épouse du chef de la mission, le Dr. Leidner, est alors assassinée, selon un modus operandi mystérieux. Poirot va découvrir que cette femme avait suscité de fortes inimitiés au sein des différents membres de l’expédition.

 

La saison 8 apparaît comme un moment pivot dans le parcours de la série. A un Evil Under The Sun tourné des années avant sa diffusion et emblématique d’une première période organisée autour de la Bande à Poirot succède un long téléfilm, voyant un Poirot fonctionner presqu’en solitaire. Pour son ultime prestation avant son retour pour la dernière saison, le brave Hastings apparaît en effet limité à sa sympathie (Poirot n’hésite pas à s’en séparer pour aller mener l’enquête à Bagdad), même s’il phagocyte une partie du rôle imparti initialement à l’infirmière, devenue un simple membre de l’expédition. La série inaugure également son cycle de téléfilms événementiels, n’hésitant pas à délocaliser les tournages (ici sur le site archéologique d’Oudna, en Tunisie), grâce à de providentiels investisseurs américains. La première diffusion de l’opus s’effectuera d’ailleurs pour la première fois dans le Nouveau Monde et non plus en Grande-Bretagne. Le fameux thème de Christopher Gunning se voit réduit au générique de fin et à quelques effets amusants, dont une orchestration arabisante.

Malheureusement cet intérêt documentaire demeure le plus substantiel atout de l’épisode. La mise en scène cède au vertige des extérieurs et multiplie jusqu’à plus soif et sans guère d’inventivité les vues du site archéologique, effectivement superbe mais dont on a assez vite fait le tour. Ceci délaye le récit, jusqu’à en étirer la mise en place sur un tiers du parcours, alors que l’ensemble aurait pu résulter autrement plus nerveux et concis. Les événements gagnent quelque peu en intensité quand on en arrive au cœur des débats, mais la conspiration s’avère plus restreinte qu’à l’ordinaire (une simple variation autour du thème de la chambre close) et malmenée par un recours maladroit à un effet mélodramatique vraiment peu crédible (présent dans le roman d’Agatha, il est vrai). Le scénario meuble avec quelques fausses pistes facilement repérables et des personnages secondaires à l’intérêt variable, existant uniquement par rapport à Poirot et insuffisamment relevés par la distribution. Demeure un savoureux Hugh Fraser (Hastings va terriblement manquer à la série) et un Suchet toujours aussi impérial, mais le temps apparaît parfois fort long au cours de ce pensum.

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Images capturées par Estuaire44.

 

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