Saison 2Saison 4

Farscape

Saison 4

1. Ça bouge là-dedans (Crichton Kicks)

2-3. Dans la poussière de l'oubli (What Was Lost)

4. Les Merveilles de la lave (Lava's A Many Splendored Thing)

5. Promesses (Promises)

6. Élection naturelle (Natural Election)

7. Jeu de rôle (John Quixote)

8. On a toujours besoin d'un plus petit que soi (I Shrink Therefore I Am)

9. Crime de préfet (A Prefect Murder)

10. Coup d'État au mollusque (Coup by Clam)

11. Continuum incertum (Unrealized Reality)

12. Kansas (Kansas)

13. Terra Firma (Terra Firma)

14. Absorption spirituelle (Twice Shy)

15. Combat mental (Mental As Anything)

16. Balise à bord (Bringing Home the Beacon)

17. Une constellation de doute (A constellation of doubt)

18. La Prière (Prayer)

19-20-21. La Souricière (We're so screwed)

22. Mauvais Timing (Bad timing)

 

  


1. ÇA BOUGE LÀ-DEDANS
(CRICHTON KICKS)



Date de diffusion : 07 juin 2002

Résumé :

Après la séparation de l'équipage et la disparition de Moya dans un Trou de Ver, Crichton sert désormais sur un Léviathan très âgé et sur le point de mourir. Quand des mercenaires s'en prennent au vaisseau, Crichton va renouer avec ses anciens compagnons, mais aussi rencontrer une nouvelle alliée.

Critique :

Peut-être pour au passage capter de nouveaux venus, cette ultime saison débute par un épisode volontiers léger, accordant une belle place à l'action et à l'humour. De fait les Pirates de l'Espace demeurent avant tout distrayants et autorisent quelques belles séquences parfois proches du Cartoon. Si l’opus résulte (relativement) plus proche qu’à l’accoutumée des standards du Space Opera, il n’en renonce toutefois pas pour autant à la finesse d’écriture. L’exposition de la nouvelle situation de Crichton et du reste de l’équipage du Moya s’effectue ainsi avec une progressivité ménageant le suspense. Le spectateur est ainsi appelé à découvrir le décor de ce début de saison avec l’œil même de Crichton.

Le récit parvient également à mettre en place un relationnel fort entre le héros est le duo formé par le Léviathan vieillissant et son Pilote. Le drone 1812 participe également à la bonne humeur générale, avec son emploi agréablement décalé de la musique de Tchaïkovski. Mais le véritable atout de l’épisode demeure l’arrivée de la flamboyante Sikozu, au caractère bien trempé et au cynisme affirmé. Elle s’impose d’emblée, d’autant que pour le coup on s’éloigne des clichés habituels des personnages féminisme du Space opéra (la damoiselle en détresse ou l’impératrice exotique). Farscape continue à affirmer sa modernité et c’est tant mieux.

Anecdotes :

  • La scientifique Sikozu Svala Shanti Sugaysi Shanu (Sikozu pour lesintimes), grande spécialiste des Léviathans, intègre l'équipage. Elle va demeurer présente jusqu'à la fin de la série. L'actrice Raelee Hill avait d'abord auditionné pour le rôle de Noranti, qui fut attribué à Melissa Jaffer. Mais les producteurs furent si impressionnés par sa prestation, qu'ils créèrent le rôle de Sikozu exprès pour elle.

  • La musique ouvrant et concluant l'épisode est l'Ouverture solennelle 1812 de Tchaïkovski (1880), commémorant la victoire russe sur Napoléon. Le drone est nommé 1812 en référence à cette œuvre.

  • L'équation écrite par Crichton à la fin de l'épisode est "A+C=B". Elle préfigure les événements de la saison : Aeryn et Crichton vont avoir un bébé.

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2-3. DANS LA POUSSIÈRE DE L'OUBLI
(WHAT WAS LOST)

Date de diffusion : 14 et 21 juin 2002

Résumé :

Hormis Aeryn, tout l'équipage se réunit sur la planète Arnesk, où se trouvent les vestiges d'une antique civilisation étudiée par Jool. Quand approche une tempête magnétique, Crichton et les siens doivent partir mais se trouvent alors confrontés à l'arrivée des troupes de Grayza. Celle-ci assume désormais le commandement des Peacekeepers, après la déconfiture de Scorpius.

Critique :

Le double épisode poursuit avec efficacité le déploiement de la nouvelle saison. La réunion de l’équipage (à la notable exception d’Aeryn Sun) s’effectue avec efficacité et émotion, de même que le passage de témoin entre Jool et Shikozu, de nouveau mise en avant avec pertinence. Avec également la Vieille Femme, Farscape réaffirme savoir intégrer ses nouveaux personnages à l’équipe en place, un processus pourtant jamais aisé. Les acteurs continuent à de donner à fond, l’enthousiasme demeure au rendez-vous au sein de la distribution. Entre décors et effets spéciaux spectaculaires, la mise en scène reste également un pont fort du programme, avec ici le renfort d’un magnifique site naturel exploité via des vues extérieures plus nombreuses qu’à l’accoutumée. Environnement marin et tunnels enjolivent réellement l’opus. Le double épisode s’intéresse également au Côté obscur, avec de nombreuses informations relatives à l’évolution des forces au sein du camp Peacekeepers, l’élévation de Grayza et la déchéance de Scorpius.

Un beau panier de crabes assez jouissif, même si cet aspect confirme une certaine convergence de Farscape avec le Space Opera de naguère, de manière assez dommageable si cela se confirmait à long terme. C’est particulièrement le cas avec Grayza campée en quasi-Impératrice exotique ultra sexualisée (sans doute un peu trop à l’époque de MeToo), digne de la Reine Arachnia des Aventures du Capitaine Proton pour les amateurs de Star Trek Voyager, de la Princesse Aura de Flash Gordon, de la Princesse Ardala de Buck Rogers, etc. Son pouvoir sexuel et l''environnement simili égyptien évoquent également l'Hathor de Stargate SG-1. Cette relative perte d'originalité de Farscape s'accompagne également de quelques facilités scénaristiques (les Peacekeepers incapables de discerner que le Léviathan est encore vivant, l'éclipse très pratique de Grayza...). De quoi gâcher quelque peu le plaisir de ce divertissant double épisode.

Anecdotes :

  • Dans la version anglaise, les deux parties du double épisode sont titrées : Sacrifice et Resurrection. Elles n'ont pas de titre dans la version française.

  • La traditionnelle séquence introductive Previously on Farscape montre la promotion de Braca au grade de Capitaine, par Grayza. Il s'agit d'une scène initialement tournée pour l'épisode précédent, mais qui ne fut pas conservée.

  • Dans la vision des prêtres en train de chanter, ceux-ci interprètent une version réorchestrée du thème de la série.

  • Jool quitte ici la série, car elle va demeurer sur Arnesk. L'actrice Tammy MacIntosh venait en fait d'obtenir un rôle récurrent dans la série médicale australienne All Saints (1998-2009).

  • Les extérieurs de l’épisode ont été tournés dans le parc naturel de Sydney Harbour, donnant sur le célèbre port naturel de Sydney.

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4. LES MERVEILLES DE LA LAVE
(LAVA'S A MANY SPLENDORED THING)

 

Date de diffusion : 28 juin 2002

Résumé :

Pilote transmet un message indiquant la position de Moya. En route pour le rendez-vous fixé, l'équipage doit faire halte sur une planète inconnue. Rygel est capturé par des guerriers locaux quand il s'intéresse de trop près à leurs possessions. D'Argo et Crichton vont s'efforcer de le sauver avant qu'il ne soit mis à mort.

Critique :

La mise en place très progressive de la nouvelle saison connaît ici ne digression ne lui apportant guère de valeur ajoutée. Survenant en fin d’épisode, les retrouvailles avec Moya et Pilote ne pèsent guère sur le récit, et il nous presse désormais que l’équipage soit réunifié, fin que la série retrouve son plein potentiel. Certes les aventures ici narrées demeurent suffisamment rythmées pour éviter l’ennui, mais semblent bien en deçà du spectacle habituel. Rygel reproduit son aptitude à plonger ses compagnons dans les problèmes du fait d son avidité, un thème certes toujours amusant, mais désormais particulièrement prévisible.

Les méchants du jour résultent particulièrement oubliables, où se situe loin des antagonistes les plus marquants du programme. Certaines maladresses viennent encore renforcer l’impression de se trouver face à un épisode mineur, comme l’omniprésence du scatologique dans l’humour de l’épisode, entre entrailles et régurgitations diverses et variées. La lave fournit un effet visuel, mais le maque d’effectivité de sa chaleur, au-delà de toute vraisemblance, pénalise un récit qui malgré out relève encore de la Science-fiction et non de la Fantasy. Shikozu reprend avec Chiana les mêmes chamailleries que cette dernière avait avec Jool, ce qui rend le remplacement de personnage un rien mécanique.

Anecdotes :

  • Crichton fait à la fois référence au Magicien d'Oz et à Star Trek, quand il déclare : Mr. Red Shirt, whatever the Tin Man's paying you, we'll double it.

  • Crichton surnomme deux des voleurs "Larry et Moe", et lui-même, "Lou Costello". Il s'agit de référence au The Three Stooges Show et au Abbott and Costello Show, des émissions d'humoristes américains durant les années 50 et 60.  

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5. PROMESSES
(PROMISES)

Date de diffusion : 12 juillet 2002

Résumé :

Toute la bande rejoint enfin Moya et retrouve Aeryn. Or celle-ci a emmené Scorpius avec elle, car il lui aurait sauvé la vie pendant qu'elle était séparée de ses amis. Par ailleurs, elle déclare souffrir d'une grave rechute de sa maladie liée à la chaleur. L'équipage doit également faire face à un mystérieux ennemi d'Aeryn, ainsi qu'à une nouvelle arme des Peacekeepers.

Critique :

Promesses apparaît comme un titre particulièrement bien choisi, tant l’opus apporte un nouveau départ à cette saison 4. Cela est évidemment dû au premier chef à la réunion enfin achevée de Moya et de son équipage au complet, mais le récit sait ne pas se militer à cet aboutissement somme toute assez mécanique, pour au contraire accomplir plusieurs choix ambitieux. Ainsi, après un début de saison où Farscape flirtait avec le Space opéra classique, la série brise à nouveau le moule avec des retrouvailles tout sauf festives ou romantiques entre Aeryn et Crichton. L’intrigue sait conserver une forte part de mystère autour de ce qui est réellement survenu à Aeryn ce qui autorise bien des développements ultérieurs. La survenue de Scorpius au sein de l’équipe sait ne pas établir un doublon avec celle de Crais, jadis, tout en jetant une ombre palpable sur la suite des évènements.

Outre l’excellent jeu des différents comédiens et comédiennes, les visions d’Aeryn grimée en Scorpius s’avèrent aussi particulièrement troublantes, sans doute davantage encore que celles de Crichton naguère. Farscape continue à exploiter au mieux l’inépuisable antagoniste que constitue Scorpius. Il sait ainsi évoluer de saison en saison, non pas sur sa psychologie ou sur ses objectifs, ce qui risquerait de devenir incohérent, mais sur les moyens dont il dispose, désormais en singulière décroissance ! Ceci n’est pas sans rappeler l’irrésistible Schubert de L’Homme de l’Atlantide.  Le récit s’offre encore d’autres belles audaces, comme la sortie de scène du populaire Harvey. De quoi prendre le risque de choquer les fans, mais la présence physique de Scorpius le rendait passablement redondant. Par ailleurs l’épisode apporte toujours un grand soin aux personnages secondaires (on apprécie que Pilote soit sensible au départ de Jool), ainsi qu’aux scènes d’action, très réussies.

Anecdotes :

  • Harvey, le clone neural de Scorpius, est enfin éjecté de l'esprit de Crichton. Mais Harvey fera son retour lors de l'arc La Souricière, en fin de saison.

  • La longue chevelure noire d'Aeryn est désormais due à une perruque, Claudia Black étant davantage bouclée au naturel. La chevelure d'Aeryn va régulièrement s'allonger au fil de la saison.

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6. ÉLECTION NATURELLE
(NATURAL ELECTION)

Date de diffusion : 19 juillet 2002

Résumé :

Avec difficulté, l'équipage tente d’élire un Capitaine en son sein, à la demande de Moya et de Pilote, quand le vaisseau est heurté par une plante géante et toxique surgie à proximité d'un Trou de Ver. Moya est en danger de mort. Le secret d'Aeryn est découvert : elle est en fait enceinte. Crichton tente de se réconcilier avec elle.

Critique :

L’épisode se profile clairement comme un vaste test que doit subir l’équipage récemment réunifié, mettant à l’épreuve la solidité des liens reforgés. L’assaut de la plante en appelle ainsi à l’esprit d’équipe et à la coopération face au danger commun. Mais de son côté, l’élection d’un Capitaine porte parole, quoique que moins périlleuse, n’en comporte pas moins des ferments de zizanie. Le premier paradoxe réussi de cet épisode riche en action est donc de former en définitive un récit très orienté vers le relationnel. La formule fonctionne souvent positivement, grâce à la complicité des comédiens, à l’intérêt porté aux figures de la série et à la curiosité encore suscitée par les deux nouvelles venues. On apprécie particulièrement le lien amical entre Crichton et Chiana, mais aussi le début d’intégration de Scorpius.

Le second paradoxe positif de l’opus est de parvenir à nous faire pleinement ressentir le spleen de la relation Crichton / Aeryn, alors même que celle-ci s’est inscrite au cœur des moments les plus démentiels de Farscape. Cet universel humain, impulsé avec talent par les comédiens, rend très sensibles ces retrouvailles difficiles, encore compliquées par l’identité du père non révélée par Aeryn. De quoi contourner aisément le marronnier que constitue l’arrivée d’un enfant au sein d’un couple télévisuel, nous sommes loin de la mésaventure connue par la saison 11 des X-Files. On applaudit particulièrement la performance de Claudia Black, impeccable dans l’expression d’une farouche Aeryn désormais fragilisée et troublée.

Anecdotes :

  • Crichton surnomme la plante "Audrey", soit le nom de son équivalent dans le film La petite boutique des horreurs (1986)

  • Crichton peut désormais prédire l'ouverture des Trous de Ver. Cela sera important dans la suite de la saison, d'autant que Moya va naviguer dans une zone de l'Espace où ceux-ci seront nombreux.

  • C'est D’Argo qui est finalement élu en tant que capitaine de l'équipage, ce qui signifiera surtout un rôle de porte-parole auprès de Moya. Il reçoit quatre voix, celles d'Aeryn, de Crichton, de Chiana et la sienne propre.

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7. JEU DE RÔLE
(JOHN QUIXOTE)

Date de diffusion : 26 juillet 2002

Résumé :

Crichton et Chiana se retrouvent coincés dans la réalité virtuelle d'un jeu vidéo s'inspirant de manière détournée des exploits de l'équipage. Leur seul moyen de sortir est de parvenir à vaincre le Jeu, mais celui-ci s’efforce de montrer à Crichton à quel point ses sentiments envers Aeryn seraient une faiblesse.

Critique :

A peine l’équipage du Moya est-il enfin pleinement installé que voici que déboule le premier épisode décalé de celle-ci. Peut-être est-ce un peu tôt dans le déroulé de la saison, mais on avouera être toujours friand de l’exercice. Bien avant l’expérience finalement assez similaire de Jumanji : Bienvenue dans la jungle (2017), Jeu de Rôle va se situer dans la meilleure tradition de Farscape : associer une fantaisie de tous les instants à une étude acérée de ses personnages, avant tout concernant Crichton. Le côté farfelu de ce récit sinon onirique, du moins vidéo-ludique, est également du pur Farscape, un feu d’artifices de gags absurdes (fatalement inégaux) et d’amusantes références à la Pop culture. Le summum se voit d’ailleurs atteint avec un Crichton virtuel s’inspirant directement de l’iconique Max Headroom ! Toutefois le succès de l’opus se voit considérablement grevé par un budget manifestement insuffisant. Il reste dommageable qu’un épisode décalé d’une série aussi inventive dans ses décors se déroule longtemps dans ce qui s’assimile à un hangar.

On apprécie que le Jeu se doive à l’esprit aussi imaginatif de Stark, qui n’a pas hésité à vendre la mémoire de Crichton. On comprend mal par contre pourquoi il voudrait s’en prendre à Crichton. Cette visite des personnages passés de la série, dont Zhaan, plaira beaucoup au public. Le fan service ne nous dérange pas quand il n’est pas excessif ou facile. Une fois de plus Aeryn Sun se taille la part de la lionne, à côté de l’alliance toujours renouvelée entre Crichton et Chiana. Une excellente actrice met toujours beaucoup de talent à mal jouer : l’irrésistible caricature de Damoiselle en détresse à laquelle se livre Claudia Black illustre avec saveur à quel point Aeryn la Guerrière n’est pas une Princesse ! Tandis qu’il se cherche davantage lui-même que la sortie du Jeu, Crichton se voit habilement confronté à ses peurs intimes. Un moment terriblement émouvant survient quand on comprend que, lors de son dialogue avec l’Aeryn virtuelle, celle-ci ne lui dise que ce qu’il désespère d’entendre. Les traumas du passé semblent bien condamner leur relation, une conclusion amère au-delà du voile de l’amusement.

Anecdotes :

  • Durant le combat à l'épée dans la tour, la musique entendue est le premier mouvement de la Sonate pour piano n° 21 de Beethoven, dite "Waldstein" (1804).

  • Afin que le retour virtuel de Zhaan dans l'univers du Jeu demeure une surprise pour le spectateur, l'actrice Virginia Hey ne fut pas créditée dans le générique d'ouverture. Elle l'est néanmoins dans celui de fin, en tant qu'artiste invitée.

  • Le John Crichton apparaissant dans la télévision est une parodie de Max Headroom (1987-1989). Cette série cyberpunk culte, très estampillée 80's, met en scène un animateur virtuel, dans un futur dystopique.

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8. ON A TOUJOURS BESOIN D'UN PLUS PETIT QUE SOI
(I SHRINK THEREFORE I AM)

Date de diffusion : 02 août 2002

Résumé :

Alors que Noranti et Crichton sont absents, Moya est capturée par des chasseurs de prime montant à bord. Crichton va devoir s'allier à Scorpius et au Drone 1812 pour sauver ses amis emprisonnés et éviter que les terribles Scarrans ne s'emparent de Moya. La situation se complique quand des membres de l’équipage sont miniaturisés

Critique :

On peut regretter que l’argument de l’épisode soit devenu très passe-partout au sein de la série. Moya a déjà été maintes fois abordée par des mercenaires ou des forces hostiles, on ressent donc fortement une impression de déjà-vu. Toutefois les auteurs vont se montrer suffisamment malins pour renouveler l’intérêt autant qu’il leur était possible. Les méchants du jour s’imposent d’emblée grâce à leur apparence spectaculaire. Ces armures ou exosquelettes constituent une nouvelle performance de Farscape en la matière, avec le détail horrifique de l’incrustation des boites contenant les victimes du rayon réducteur. Les Aliens en eux-mêmes résultent joyeusement abominables, les amateurs de Doctor Who songeront sans doute à des Daleks désormais à l’intérieur d’armures de Cybermen.

Le rayon réducteur apporte une nouvelle attraction, même s’il ne suscite guère de nouveauté là non plus. On reste finalement assez proche de ce que proposait Chapeau Melon il y a déjà longtemps dans Mission très improbable. Néanmoins l'utilisation du procédé s’avère efficace, aussi bien sur le registre de l’humour que sur celui de l’émotion. L’image d’Aeryn chevauchant le Drone 1812 a de l’impact, idem pour Crichton écrasant son ennemi d’un pied vengeur à l’instar de Buffy face au Démon d’Halloween. Comme toujours dans Farscape, le rationnel vient habilement habiller le récit, on s’amuse ainsi de la méfiance toujours bien présente de Crichton envers Scorpius. L’opus sait également présenter le nouveau secteur où navigue Moya, déjà prometteur par la perspective d’une présence accrue des Trous de Ver. Au final de quoi assurer le spectacle, à défaut d’être foncièrement original.

Anecdotes :

  • Le chasseur de primes Axikor est joué par Duncan Young qui par la suite jouera Staleek, l'Empereur des Scarrans.

  • Il est ici révélé que l'Espace Tourmenté, à travers lequel navigue désormais Moya, est un nexus de nombreux Trous de Vers. Ceux-ci vont désormais occuper une place accrue dans les intrigues.

  • Quand Aeryn Sun est réduite et mise dans une boite, ses menottes disparaissent et réapparaissent sans raison logique.

  • L'épisode est le second épisode écrit par Ben Browder pour la série, après Green Eyed Monster (3-08).

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9.  CRIME DE PRÉFET
(A PREFECT MURDER)

Date de diffusion : 09 août 2002

Résumé :

Moya et l'équipage doivent se réapprovisionner sur une planète peuplée de clans guerriers hostiles aux étrangers. Soumise à une mystérieuse influence, Aeryn tue l'un des dirigeants et semble en proie à une frénésie meurtrière. Crichton et les siens sont en fait pris dans une tentative de coup d'état planétaire.

Critique :

A l’issue de l’épisode on reste avec l’impression d’une occasion gâchée. En effet on devine que ce micro-univers de rivalités féodales avait du potentiel. Pour pleinement l’exprimer il aurait toutefois dû bénéficier d’un de ces ces arcs narratifs auxquels Farscape s’adonne parfois. Cela aurait permis de davantage développer ses structures politiques, ses intrigues émaillées de meurtres et ses personnages hauts en couleur, en un mot son agréable saveur à la Game of Thrones (toutes proportions gardées !). Mais le faible temps imparti limite tout ceci à de simples silhouettes suscitant une claire frustration. C’est notamment le cas pour le faible espace imparti au grand acteur australien Bruce Spence, un guesting aussi excellent que sous-exploité.

Trop simpliste, l’opus multiplie également les maladresses. Ainsi il opte pour le Whodunit à la Agatha Christie, au lieu du récit épique. Or, si visionner la scène du meurtre vue selon chacun des témoins se montre d’abord ludique, les répétitions fatiguent vite. Par ailleurs l’épisode déçoit en tant que première aventure se déroulant au sein de l’Espace Tourmenté. Ses étranges propriétés se voient en effet uniquement évoquées en arrière-plan et n’ont aucune conséquence effective sur l’action en cours. Le contraste entre le proclamé et le vu à l’écran détonne singulièrement. Crime de Préfet peut malgré tout s’appuyer sur une excellente interprétation, tandis que leurs shippers apprécieront la scène tendue entre Aeryn et Crichton, où le couple confronte enfin ses frustrations.

Anecdotes :

  • John évoque la mère d'Aeryn, alors qu'il ne l'a jamais connue. C'était l'autre John qui l'avait rencontrée, la saison passée.

  • What if I don't want to, Captain ? demande John, lors d'une claire imitation du Scotty de Star Trek Classic.

  • Le Préfet est interprété par Bruce Spence, acteur australien très populaire dans son pays. Il est notamment connu pour ses participations à la saga MadMax et pour le rôle récurrent du grand mage  Zeddicus Zu'l Zorander (Zedd pour les intimes) dans Legend of the Seeker (2008-2010). C’est également lui qui assure la voix de la Bouche de Sauron dans Le Retour du Roi (2003).

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10. COUP D'ÉTAT AU MOLLUSQUE
(COUP BY CLAM)

Date de diffusion : 16 août 2002

Résumé :

L'équipage fait appel à un médecin alien quand Moya traverse une zone de contagion de folie spatiale. Le docteur propose un repas curatif à base de mollusques, qui s'avèrent empoisonnés. Chacun se retrouve psychiquement lié avec la personne avec laquelle un plat a été partagé. Le médecin propose un antidote, mais à prix fort.

Critique :

Aux frontières du décalé, cet épisode illustre à merveille la propension de Farscape à détourner les codes du Space opera et du Planet Opera. Ici la réussite du procédé est avérée mais pas pour autant complète L’aspect absurde de la quête du mollusque salvateur se montre très amusante, de même que le jeu des connexions psychiques entre membres de l’équipage. On s’amuse beaucoup, d’autant le pittoresque méchant du jour se révèle picaresque à souhait. La côté anti-héros de l’équipage atient un summum lors de la conclusion précipitée de l’opus, quand il se désintéresse totalement de l’issue de la lutte pour la libération menée par les femmes de la planète visitée. Un effet saisissant que sans doute même leurs cousins de Firefly n’auraient pas osé tenter.

On remarquera que les dames en question se montrent d’ailleurs aussi brutales et violentes que les mâles locaux, on se situe loin des tonalités actuelles de l’après Me Too ! Cependant l’on regrettera un emballement de la comédie parodique conduisant à de nouvelles scènes d’humour scatologique à base de divers fluides corporels. Ce n’est honnêtement pas le registre sur lequel on préfère Farscape. Par ailleurs, même si Ben Browder s’en sort honorablement, la scène de travesti féminin ne relève pas non plus de l’humour le plus subtil que l’on puisse imaginer. Reste la belle perspective ouverte sur un Espace Tourmenté encore plus dingue que l’environnement coutumier de la série. Il est assez à Farscape ce que le Wackyland (Zinzinville) est à l’univers des Toons de la Warner.

Anecdotes :

  • Afin de boire leur urine, censée les guérir, D'Argo et Noranti utilisent de curieux verres. Il s'agit en fait de Cuvettes de Coplin. Ces ustensiles de laboratoires servent à superposer des plaquettes de microscopes.

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11.  CONTINUUM INCERTUM
(UNREALIZED REALITY)

Date de diffusion : 23 août 2002

Résumé :

Crichton est aspiré par un Trou de Ver qu'il explorait. Il rencontre alors un être d'un être venu d'une autre dimension. A travers différentes réalités, celui-ci révèle à Crichton les dangers d'utiliser les Trous de Ver pour naviguer dans l'espace. L'être cherche également si les connaissances déjà acquises par Crichton ne représentent pas un danger pour l'univers, auquel cas il devra l'éliminer. 

Critique :

L’épisode porte à son paroxysme la dimension lysergique de Farscape, car pouvant se percevoir comme un trip à l’acide quasiment interrompu pour un Crichton ne cessant de sauter d’une réalité alternative à l’autre. Certes le récit de se contente pas de ce simple jeu et se bâtit un authentique argument grâce à l’être interdimensionnel. Le thème ne fonctionne qu’imparfaitement, car on ne croit jamais vraiment que ce dernier peut aller jusqu’à tuer Crichton, mais il établit une passerelle astucieuse avec les Anciens, supposés créateurs des Trous de Ver.

Cela apporte de la cohérence à l’univers de la série, même s’il est visible que les trous de ver sont désormais devenus autrement plus ludiques que lors de la première saison, l’Espace Tourmenté servant d’alibi à ce glissement conceptuel ne disant pas son nom. Si les Univers Miroirs demeurent un grand classique de la Science-fiction, l’opus sait affiner le concept avec l’idée d’un Réel primordial à défendre contre le ondes alternatifs (les amateurs du Ministère du Temps apprécieront cette défense similaire à celle de la continuité historique).

Mais l’atout premier de l’épisode reste bien la profusion d’imagination présidant à cette farandole d’univers alternatifs, avec plusieurs hauts faits telle la réécriture maligne du pilote de la série, le retour de plusieurs grandes figures de Farscape ou encore la séquence de pur délire ou les acteurs interprètent d’autres personnages, personnalités et apparences incluses sur un mode similaire à l’hommage que proposera l’épisode 200 de Stargate SG-1. Mention spéciale à Claudia Black en Chiana, mais l’enthousiasme de toute la distribution s’avère particulièrement communicatif. Que l’ambiance soit le plus souvent à l’humour n’empêche pas plusieurs scènes choc, comme la Terre conquise par les Scarrans, annonciatrice du final de saison.

Le récit sait rendre palpable le Chaos qu’induirait un usage déréglé des Trous de Ver, ainsi que l’effroi que constituerait un conflit entre deux détenteurs de ce pouvoir, altérant la notion même de Réalit, comme a pu le faire la Guerre du Temps dans Doctor Who. L’ouverture vers la Vraie Terre constitue une destination à la hauteur pour cet étonnant voyage, dont le seul réel défaut tient à son succès même. En effet on aurait volontiers exploré ces mondes parallèles si prometteurs, on trouverait facilement de quoi composer toute une saison à la Sliders dans cet épisode plein à craquer, d où une inévitable, quoique relative, frustration.

Anecdotes :

  • Un arc de trois épisodes débute ici, autour d'un Trou de Ver menant à la Terre. Il s'agit de l'avant-dernier arc de la série.

  • Quand Sikozu passe à travers les fenêtres, on voit clairement qu'il s'agit d'un cascadeur.

  • Les univers parallèles du Trou de Yer permettent le retour éphémère de plusieurs personnages marquants du programme, notamment  Zhaan, Stark et Crais.

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12. KANSAS
(KANSAS)

Date de diffusion : 30 décembre 2002

Résumé :

Crichton et ses amis se retrouvent sur Terre en octobre 1985. Crichton a la surprise de, découvrir que son père Jack doit désormais participer au vol funeste de Challenger, qui n'aura aucun survivant. L'équipage va tout tenter pour sauver la vie de Jack, mais aussi sauvegarder leur continuité temporelle.

Critique :

La tonitruante première partie de l'arc du Trou de Ver s'était achevée sur le cliffhanger voyant Crichton enfin regagner la Terre. Découvrir qu'il est en fait revenu en 1985 ajoute un piment supplémentaire, mais ce déplacement temporel ne va pourtant pas se voir exploité de manière optimale. En effet la dimension aurait pu être bien davantage développée, même si elle n'apparaît pas tout à fait absente. Surtout l'enjeu demeure très personnel à Crichton, il s'agit uniquement de sauver son père, car, même si les conséquences de sa propre absence s'avéreraient catastrophiques pour ces amis, ces derniers demeurent au second plan. De fait cette histoire où l'on remonte dans e temps et où l’on s’efforce de sauver un destin individuel du trépas présente vite comme un air de déjà vu, tant elle ressemble à un épisode de Tru Calling. Une série que l'on adore, mais qui n'a pas grand-chose à voir avec Farscape.

Kansas parvient néanmoins à maintenir l'intérêt. La découverte du jeune Crichton et de sa famille sait ainsi entremêler humour et émotion. Par ailleurs, même si le récit se centre avant tout sur protagoniste, les autres membres de l'équipage ont droit à des scènes souvent amusantes. On apprécie leurs difficultés à maîtriser la langue anglaise, malgré les formations assurées par Crichton, un réalisme tranchant avec ce que développent la plupart des séries de Science-fiction en la matière. Le scénario retombe joliment sur ses pieds vis-à-vis de ce que l'on savait du passé de Crichton. Surtout, l'opus fait considérablement avancer l'intrigue principale de la saison concernant les Peacekeepers, chez qui les masques tombent. Dans un ensemble assez saisissant, les agendas secrets des uns et des autres se voient révélés en pleine lumière. Scorpius, Grayza et Braca forment toujours un beau panier de crabes !

Anecdotes :

  • Un hiatus de quatre mois sépare la diffusion de l'épisode de celle du précédent élément de l'arc narratif.

  • L'épisode fait explicitement référence à la NASA, lors que le pilote de la série évoquait l'imaginaire IASA. La NASA n'avait pas alors donné d'accord à l'utilisation de son image, mais le succès de la série l'a fait changer d'avis.

  • Crichton a perdu sa virginité en 1985 avec une certaine Karen Shaw, un événement plusieurs fois évoqué au cours de la série. Nous découvrons ici qu'il s'agissait en fait de Chiana déguisée.

  • Le 28 janvier 1986, la navette Challenger explosa immédiatement après son décollage, devant les caméras du monde entier. Cette tragédie entraîna la mort des sept membres de l’équipage et un arrêt de trois ans du programme de navettes de la NASA. Les dépouilles reposent au sein d’un mémorial collectif, au Cimetière national d’Arlington.

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13. TERRA FIRMA
(TERRA FIRMA)

 

Date de diffusion : 06 janvier 2003

Résumé :

Crichton et l'équipage parviennent sur la Terre contemporaine, où les aliens se voient fort bien accueillis par Jack et les autorités. Crichton éprouve cependant du mal à se réhabituer à son monde natal et sa relation avec Aeryn se complique. De son côté Grayza a envoyé un assassin surpuissant sur Terre, à sa recherche

Critique :

A l’occasion de cet ultime segment de l’arc du Trou de Ver, Farscape délivre un nouveau pied-de-nez aux standards du Space Opera. En effet, alors que ce genre d’histoire d’aventurier du cosmos loin de son foyer s’achève généralement par le happy ending du retour (Cf. Ulysse 31, au thème en définitive similaire à celui de la série), ici tout continue après un nouveau départ. L’épisode illustre éloquemment à quel point on ne franchit deux fois jamais la même rivière. En effet le récit nous propose un tableau très sensible d’un Crichton prenant pleinement conscience seulement maintenant conscience d’à quel point son Odyssée l’a intimement changé. Le processus s’avère très intime mais aussi en corrélation avec ses amis, davantage mis en avant que lors de l’opus précédent. Le triangle amoureux entre Crichton, son ex-petite amie terrienne et Aeryn s’inscrit heureusement dans cette optique et non dans celle du marivaudage ou du Boulevard. L’épiphanie vécue par Crichton conduit le couple formé avec Aeryn à franchir victorieusement l’épreuve ce qui pourrait bien enfin signifier une deuxième chance pour une relation figée en sinistrose depuis longtemps.

Mais le second véritable atout de Terra Firma demeure bien le large espace consacré au regard porté par les Terriens sur l’équipage de Moya. Car Crichton n’est pas le seul à avoir changé, son monde a été terriblement marqué par la récente tragédie du 11 septembre 2001. L’évocation explicite et sans fards de la chute des Twin Towers se montre particulièrement disruptive au sein de l’univers d’habitude très fantaisiste de Farscape. Le choc est frontal et impulse toute une méfiance double d’une avidité envers les technologies aliens. Mais là aussi Farscape refuse les clichés et s’illustre par le réalisme du portrait des Terriens (singulièrement des Américains), avec un juste milieu entre la volonté de demeurer civilisé et l’attrait tentations. On se situe à mi-chemin de la paranoïa des films des années 50/60 et de la Contre-culture exprime dans ceux des années 70/80, tels Rencontres du troisième type ou E.T., l’extra-terrestre. Une prise en compte du drame refusant mezza voce la peur refus de l’Autre qui pourrait en résulter, sans pour autant virer à l’angélisme.

Anecdotes :

  • Crichton a pu revenir sur Terre et à son époque, soit le but qu'il poursuivait depuis le début de la série. Mais cela ne va pas empêcher Farscape de se poursuivre !

  • La discussion entre Olivia et Crichton reste néanmoins la toute dernière scène qui fut tournée pour la série (avant la mini-série conclusive).

  • A l'issue de cette aventure, les Terriens ont accédé aux connaissances et technologies des Aliens, mais la suite de la série ne révélera pas qu'elles en seront les conséquences pour notre planète.    

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14. ABSORPTION SPIRITUELLE
(TWICE SHY)

Date de diffusion : 13 janvier 2003

Résumé :

L'équipage retourne dans la zone de Folie spatiale non cartographiée, afin d'échapper aux Peacekeepers et aux Scarrans. Chacun voit ses traits de caractère principaux fortement s'accentuer. L'ambiance à bord commence à devenir très étrange. Dans le m^me temps temps, une mystérieuse voyageuse nommée Talikaa arrive sur Moya grâce à Chiana.

Critique :

Ce retour très réussi au sein de l’Espace Tourment fait joliment étalage des différents points forts de Farscape. Sa dimension artistique et visuelle se voit ainsi mise en avant par la terrifiante et gigantesque araignée que constitue la véritable forme de Talikaa. L’opus n’est certainement pas à recommander aux arachnophobes ! Le choix de s’en tenir à une créature purement arachnide suscite sans doute davantage un effroi atavique (Cf. La Tour Sombre ou Le seigneur des Anneaux) que si l’on avait opté pour une hybridation, comme pourtant la pourtant spectaculaire Impératrice des Racnoss chez Doctor Who.

Mais ce qui séduit encore davantage demeure la continuelle imagination du bestiaire de Farscape. On apprécie ainsi l’originalité de cette créature accentuant le principal trait de caractère d’un d indiviu, avant de s’en nourrir tel un vampire psychique dépouillant sa victime. Cette excellente idée se serait certainement montrée hilarante autour d’une table de Jeu de Rôles, mais elle convient idéalement à Farscape, série aux nombreux personnages excellemment caractérisés. Cela rend pour le moins ludique d’essayer de deviner comment va évoluer tel ou tel personnage, tant les spectateurs les connaissent par cœur.

Après avoir joué la personnalité d’autres rôles, la distribution accomplit ci un nouvel exploit en montrant admirablement l’hyper dilatation du trait de caractère majeur du personnage (la colère pour D’Argo, la détermination survivaliste pour Crichton, l’assurance minérale pour Aeryn, etc.), puis sa disparition pure et simple. Scénariste nouveau venu, David Peckinpah manifeste une belle connaissance des protagonistes ainsi que de la dynamique d'un groupe, sans doute du fait de son expérience sur Sliders. Sous sa houlette, thriller horrifique l’opus devient un captivant récit basé sur un riche relationnel. Le summum revient sans doute à Aeryn et Crichton, qui, une fois leurs citadelles intimes abattues, peuvent enfin relancer leur relation. Cette très belle histoire d’amour continue décidément à se développer à travers les péripéties les plus folles !

Anecdotes :

  • Talikaa est un clin d'oeil à Polymorph, personnage de la série anglaise Red Dwarf.

  • Au début du récit, D'Argo reproche à Chiana d'avoir déjà fait monter le Vorc à bord. Il fait référence aux événements de l'épisode La Chasse est ouverte (2-14).

  • So we wake him up use him as bait, let her harvest his Mojo, déclare Crichton, faisant référence à Austin Powers.

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15. COMBAT MENTAL
(MENTAL AS ANYTHING)

Date de diffusion : 20 janvier 2003

Résumé :

Scorpius emmène les membres masculins de l’équipage dans un camp d’entraînement où ils apprendront à résister aux Scarrans grâce à de la discipline mentale. D'Argo doit parvenir à dominer ses accès de colère, mais se trouve confronté à Macton, l’assassin de son épouse. Scorpius pousse particulièrement loin l’entraînement de Crichton.

Critique :

L’épisode résulte assez inégal. On apprécie qu’il soit, pour une large part, centré sur D’Argo, ce qui n’était pas advenu depuis longtemps. Le scénario saisit d’ailleurs pleinement l’occasion de mette en selle l’hyper-rage de D’Argo et d’explorer son passe décidément particulièrement tourmenté. L’intrigue autorise ainsi une belle étude de caractère, ce qui vaut également pour Crichton et pour Scorpius lui-même, dont de nouveaux éléments de son parcours personnel se voient également révélés. Son initiative permettant à l’équipage de se prémunir contre les Scarrans porte à son paroxysme le plisir des hypothèses que peut formuler le spectateur quant à son véritable plan caché. L’identification à Crichton, qui continue à se défier farouchement de lui, joue à plein.

Malheureusement la justification de la mise en place de l’intrigue peine à convaincre. A juste titre de l’interdiction du camp d’entraînement aux femmes choquera sans doute plus aujourd’hui que lors de la diffusion de l’épisode. Mais, outre l’aspect sexiste, ce que l’on regrette reste le manque d’explication réelle de ce qui résulte comme une partition artificielle de l’équipage, devant également permettre l’opus suivant, exclusivement féminin. Par ailleurs il résulte assez artificiel de confronter Crichton et d’Argo à des rencontres aussi traumatisantes, pile au moment où ils doivent gagner en sérénité. En outre la maîtrise de soi de Scorpius a toujours formé l’une de ses caractéristiques majeures et l’un de ses atouts maîtres, on s’attend donc à ce que son mentor soit à la hauteur. Il n’en est rien, en simili Maître Jedi Katoya s’avère particulièrement transparent et falot. Idem pour son camp, qui nous propose de vagues clichés à la Mortal Kombat, très en retrait de ce que propose habituellement Farscape comme décors.

Anecdotes :

  • L'air siffloté par Crichton est celui du film Le pont de la rivière Kwaï (1957).

  • Katoya est surnommée "Miss Krabappel" par Crichton. Il s'agit de la professeure de Bart dans les Simpson.

  • Raelee Hill et Melissa Jaffer sont créditées au générique, mais ne participent pas à l'épisode.

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16. BALISE À BORD
(BRINGING HOME THE BEACON)

Date de diffusion : 27 janvier 2003

Résumé :

Les membres féminins de l'équipage se rendent dans une base spatiale située sur un astéroïde, où elles espèrent trouver un appareil permettant de rendre Moya indétectable. Elles ont toutefois la surprise de voir arriver des délégations de Peacekeepers et de Scarrans. Elles vont tenter de remplir leur objectif, tout en se renseignant sur la conférence en cours.

Critique :

Balise à bord se situe comme un épisode essentiellement féminin, autant chez l’équipage que chez ses adversaires (Ahkna pour les Scarrans, Grayza pour les Peacekeepers). Ceci apporte certes un pendant bienvenu au très viril opus antérieur, même s’il faut bien dire que la justification apparaît encore plus inexistante que lors de Combat Mental. Surtout, si ces dames se voient offrir davantage de temps à l’écran qu’à l’ordinaire (surtout pour les rôles dits seconds : Chiana, Sikozu et Noranti), on comprend vite que leur personnalité et leur parcours ne constituent pas le cœur de l’intrigue, contrairement à leurs homologues masculins précédemment. En effet l’épisode se voit avant tout dédié à la mise en place du décor de la fin de la série : marche à la guerre entre Scarrans et Peacekeepers, seulement ralentie par le bluff autour des Trous-de-Ver, et capture d’Aeryn par les Scarrans.

Toutefois cette mise en orbite du dernier acte de Farscape suscite un plaisir certain, tant les scènes d’action et les tonitruants rebondissements se succèdent à un rythme rapide. En ouverture de bal, le joli glissement de l’appareil de camouflage à la cohérence en tant qu’intrigue principale crée déjà une belle surprise. Aidées par des dialogues en verve, les actrices saisissent pleinement cette opportunité de mettre en avant leur personnage, en cabotinant avec panache sur leur registre habituel. Ainsi Aeryn apparaît plus en mode Voie du Guerrier que jamais et Chiana… est particulièrement Chiana. Au sein de ce sémillant aréopage, la terrible Ministre Ahkna effectue une entrée en lice remarquée, dans la meilleure tradition des fourbes et sensuelles princesses exotiques du Space-Opera. Costumes et décors se montrent également bien plus hauts en couleurs que lors de l’opus précédent.

Anecdotes :

  • L'épisode marque l'apparition d'Ahkna, Ministre de la Guerre de l'Empire Scarran. Elle va demeurer une ennemie de l'équipage jusqu'au terme de la série.

  • La Ministre Ahkna est interprétée par Francesca Buller, épouse de Ben Browder. A chaque saison de Farscape, elle aura interprété un antagoniste différent de Crichton (M'Lee, Ro-NA, Raxil et Ahkna).

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17. UNE CONSTELLATION DE DOUTE
(A CONSTELLATION OF DOUBT)

Date de diffusion : 10 février 2003

Résumé :

Crichton regarde un documentaire télévisé réalisé sur Terre, lors de la récente visite de l'équipage de Moya. Il continue aussi à rechercher Aeryn, toujours disparue, n'hésitant pas à houspiller ses amis. Une piste menant à Katratzi, la base spatiale secrète ultra sécurisée des Scarrans est finalement découverte, mais Scorpius a ses propres objectifs.

Critique :

Les nouveautés volontiers iconoclastes apportées par Farscape à la formule traditionnelle du Space-opera télévisuel pimentent souvent le récit, mais il arrive parfois que la tentative tombe à plat, et c'est malheureusement ce dernier point qu'illustre Une constellation de doute. Figer à ce point l'action du fait de l’absence d'information sur la position d'Aeryn s'avère anti climatique au possible. Cela se ressent d'autant plus fortement que la situation demeure quasi inchangée jusqu'à la fin d'un opus ne servant absolument de tremplin à la séquence à venir. Le paroxysme voyant Crichton choisir d'aller regarder la télévision pour passer le temps souligne davantage cette situation frustrante plutôt qu'elle n'apporte un humour décalé.

Par ailleurs le documentaire nous ramène vers le passé, l'expédition sur Terre, alors qu'après la chute de Balise à bord, c'est vers la libération d'Aeryn que nous désirons nous projeter. Ce choix contre-productif aurait pu se voir évité en situant plutôt l'opus immédiatement après la séquence terrienne et en lui accordant toute la durée de l'opus, afin de développer sa spécificité. Ici le parti-pris des auteurs déconcerte tant le documentaire résulte... Banal. Un peu d'humour s'y voit certes inséré, de même que le parallèle entre le rejet des Aliens et celui des étrangers, mais tout ceci demeure assez  peu substantiel. L'art du contre-pied de Farscape se voit sans doute porté a son paroxysme par ce qui ressemble tant à un reportage lambda, mais cela ne passionne guère une fois l'effet de surprise dissipé. On apprécie néanmoins la présence de Nick Tate, en trait d'union avec Cosmos 1999, l'odyssée de Crichton n'étant pas sans évoquer celle des membres de la Base Alpha.

Anecdotes :

  • Le présentateur du documentaire est interprété par Nick Tate, notamment connu pour le rôle d'Alan Carter, l’intrépide et populaire pilote de l'Aigle Noir dans Cosmos 1999 (1975-1978). Il est aussi un important acteur de voix.

  • Les deux créateurs de la série, David Kemper et Brian Henson, effectuent ici un caméo. Kemper est le témoin apparaissant flouté, Henson est le Dr. Edmund Johnston.

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18. LA PRIÈRE
(PRAYER)

Date de diffusion : 17 février 2004

Résumé :

Aeryn est torturée sur Katratzi, où les Scarrans tentent de découvrir le secret des Trous de Ver dans la mémoire génétique de l'enfant qu'elle attend, du moins s'il est bien le fils de Crichton. Pendant ce temps Crichton et Scorpius pénètrent dans un Trou de Ver censé leur révéler où se trouve Katratzi, le secret se trouvant sur un Moya alternatif.

Critique :

Après la parenthèse que constitua Une constellation de doute, La Prière apporte enfin la transition vers le grand affrontement espéré entre l’équipage et l’Empire Scarran, avec comme objet la libération d’Aeryn. Le récit se segmente en deux parties, les tourments subis par la guerrière dramatisant les enjeux, tandis que l’aventure de Crichton et Scorpius achève de conférer une tonalité très sombre à l’opus. Une nouvelle fois Farscape déjoue les clichés en ne montrant pas Aeryn en héroïne d’Epinal, mais en femme sombrant progressivement, certes non par peur pour elle-m^me, mais pour son enfant à venir. Certes, les différentes tactiques utilisées par les Scarrans pour faire parler Aeryn n’apparaissent pas toutes originales (l’autre prisonnière en fait servant d’espionne se voit à des kilomètres) mais l’interprétation une nouvelles fois digne d’éloges de Claudia Black rend l’ensemble très émouvant.

On reste légèrement moins convaincu par l’excursion mouvementée de Scorpius et Crichton dans l’univers parallèle. En effet, même si les comédiens se montrent une nouvelle fois remarquables, les voir s’emparer des rôles de leurs partenaires a déjà été pratiqué auparavant cette saison (Continuum Incertum) et ce la répétition de l’exercice n’apporte rien de vraiment neuf. Par ailleurs les auteurs sollicitent particulièrement notre suspension d’incrédulité, quand ils nous demandent de croire que les Scarrans ont construit leur forteresse exactement au même endroit, dans deux univers par ailleurs tout à fait différents. Le segment rejoint malgré toute la noirceur de l’ensemble, par les exactions commises par les protagonistes pour parvenir à leurs fins, (sauver Aeryn prime sur tout) et aussi par l’ascendant semblant désormais être exercé par Scorpius. 

Anecdotes :

  • La boisson évoquée par Crichton est en fait le mezcal, un alcool mexicain à base d'agave.

  • Noranti est absente de l'épisode, tout comme lors du précédent. Donnée par Sikozu, l'explication en est que Noranti est en train de dormir !

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19-20-21. LA SOURICIÈRE
(WE'RE SO SCREWED)

Date de diffusion : 24 et 25 février, 03 mars 2003

Résumé :

Le raid de l'équipage sur Katratzi permet de libérer Aeryn, mais Scorpius est fait prisonnier par les Scarrans. Crichton décide d'également le sauver, afin que la technologie des Trous de Ver ne tombe pas dans les mains des Scarrans. Mais Scorpius a un plan secret qui va lui permettre de prendre la direction des opérations.

Critique :

Le lancement de ce qui demeurera l’ultime arc de la série revêt la forme bien connue d’un film de casse, même s’il agit davantage d’une exfiltration que d’un cambriolage. L’ensemble s’impose comme une grande réussite, avec toutes les péripéties et les retournements de situation qui conviennent (la capture de Scorpius, le retour d’Harvey !). Toutefois l’opus échappe aux stéréotypes grâce à des moments très Farscape, avec  des passages sans transition de l’humour au drame ou un aspect visuel particulièrement soigné, notamment concernant les vaisseaux spatiaux et l’inventivité des décors. Surtout, le côté anti-héros de l’équipage se voit particulièrement mis en avant, avec l’échec des plans de Crichton débouchant sur une baston générale ou le déclenchement d’une véritable épidémie, là où d’habitude les protagonistes font semblant d’être malades.

La suite demeure particulièrement prenante, l’opération pour sauver un Scorpius aux mains de la terrible Ministre des Scarrans s’avérant aussi haute en couleurs que celle concernant Aeryn. Le panorama se voit néanmoins élargi, avec les ardues négociations entre Scarrans et Peackeepers et l’enjeu crucial de la maîtrise des Trous-de-Vers. De fait l’Arc apparaît réellement comme le point d’intersection de toute la saison, ce que confirme la présence de tous les personnages rencontrés jusqu’ici. Le récit se montre électrique à souhait et sait mettre en œuvre les talents de chacun des membres de l’équipage pour parvenir au succès, avec une Aeryn et un Crichton désormais totalement en phase.  L’impitoyable Ahkhna s’impose en adversaire de haute volée, tandis que l’ambiguïté de la position de  Scorpius, agent non plus double mais triple, vient encore enrichir la partie.

Anecdotes :

  • Dans la version anglaise, les différentes parties de l'épisode triple (et ultime arc de la série) s'intitulent Fetal Attraction, Hot to Katratzi et La Bomba. Elles n'ont pas de titre dans la version française.

  • Quand Sikozu quitte l'ascenseur, Crichton lui adresse le célèbre salut vulcain, popularisé par Star Trek Classic.

  • Crichton déclare I can leap tall galaxies in a single bound. Il s'agit d'un clin d’œil à l'une des citations emblématiques de Superman : I can leap tall buildings in a single bound.

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22. MAUVAIS TIMING
(BAD TIMING)

 

Date de diffusion : 10 mars 2003

Résumé :

Les Scarrans convergent vers le Trou-de-Ver conduisant à la Terre. Pour sauver son monde de l'invasion imminente, Crichton va s'efforcer de faire s'effondrer le passage, quitte à ce qu'il ne puisse plus revenir chez lui. Aeryn révèle que Crichton est bien le père de l'enfant et le couple s'apprête à se marier. Mais il est frappé par un ultime coup du sort. 

Critique :

Paradoxalement, une série s’étant autant bâtie sur l’art du contrepoint que Farscape s’achève donc par le plus grand cliché du Space-Opéra : la menace d’invasion de la Terre par des Extra-terrestres hostiles. Il faut dire qu’ironiquement cela découle des imprudentes déclarations de Crichton à l’Empereur scarran lors du précédent arc Katratzi. Mais, surtout, l’épisode n’a jamais été pensé comme la conclusion de la série, il s’agit visiblement d’unn transition vers la saison suivante, avec une exploitation somme toute plutôt habile et logique des ultimes conséquences du coup terrible subi par les Scarrans.

On remarquera toutefois que les auteurs commencent à légèrement abuser des nouvelles capacités des Trous-de-Ver, qu’ils continuent à sortir de leur chapeau dès lors que le besoin s’en fait sentir. Par ailleurs la perspective de Crichton demeurant exilé dans l’Espace avait déjà été clairement préfiguirée à l’issue de son retour temporaire sur Terre. L’opus restera surtout remémoré comme un moment de l’histoire télévisuelle, par son cliffhanger initialement tonitruant et finalement désastreux. Puis par la révolte en découlant chez des fans devenus rapidement pétitionnaires. Mauvais Timing reste avant tout la cause de l’une des premières grandes campagnes menées victorieusement sur Internet pour, sinon sauver une série, du moins lui apporter une véritable fin..

Anecdotes :

  • Il s'agit du dernier épisode de la série. L'annonce de l'annulation parvint alors que la conclusion de la saison en forme de cliffhanger avait déjà été tournée. Les auteurs n'eurent pas le temps de la modifier et Farscape s'achève donc sur l'image terrible de la subite désintégration d'Aeryn et Crichton. Le titre original de l'épisode fut choisi en guise d'excuse au public.

  • La traditionnelle séquence Previously on Farscape se compose d'une rapide succession d'images empruntées aux 87 épisodes précédents. Elle s'achève par la phrase And finally, on Farscape.

  • Au lieu de la musique habituelle, le générique final est silencieux, hormis le bruit de la propulsion de Moya.

  • En plus d'un Space Opera particulièrement imaginatif et iconoclaste, Farscape aura toujours été le récit d'une très belle histoire d'amour. Les fans furent scandalisés par le soudain destin fatidique du couple Aeryn & Crichton et se mobilisèrent pour que la série connaisse une conclusion en bonne et due forme. Ils obtinrent satisfaction un an et demi plus tard, avec la mini-série Farscape : Guerre pacificatrice (2004).   

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Saison 2Saison 4

NCIS : Nouvelle Orléans

Saison 3



1. CONTRE-COUPS 
(AFTERSHOCKS)



Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Appelée sur une scène de crime, Kate Beckett y découvre Richard Castle, absent depuis des mois !

Critique :

Un démarrage sur les chapeaux de route ! Déjà, l’épisode s’ouvre par une séquence ultradynamique avec un splendide jeu de miroirs (un travail impeccable de Rob Bowman) qui se termine par Castle et Beckett se mettant respectivement en joue !

La victime, une dénommée Chloé, avait une adresse dans la main. En s’y rendant, le trio Beckett/Esposito/Ryan y découvrent Richard Castle, une arme à la main ! Beckett passe les menottes à son ex-partenaire ; le réalisateur zoome d’abord sur les mains de l’écrivain puis sur le visage de Nathan Fillion. C’est un plaisir de voir le visage si mobile, si ouvert de l’acteur. L’interrogatoire que mène Beckett est très serré. Stana Katic montre avec talent à la fois le professionnalisme de son personnage (questions sur l’affaire) et l’irritation de cette dernière (parce que Castle ne lui a donné de nouvelles depuis qu’il est revenu des Hamptons). On appréciera les vacheries réciproques des duettistes. Innocenté, Castle est sèchement renvoyé chez lui. Nathan Fillion rend parfaitement compte du désarroi de l’écrivain qui ne comprend pas la froideur de ses amis.

Avec sa maestria habituelle, Andrew W. Marlowe fait progresser son intrigue et parvient à replacer Castle sur la route des policiers en une parfaite symétrie de la première scène de crime ! C’est drôle et brillant. Le plus beau c’est la parfaite explication logique qui a amené le tandem au même endroit, la troisième scène de crime, en partant de deux points de départ différents. Comprenant qu’elle ne se débarrasserait jamais de Castle, Beckett l’admet « pour cette enquête » à ses côtés et il parie qu’il trouvera la solution. L’enjeu : sa présence au poste. Il est évident que Castle restera mais ce jeu fait partie de l’ADN du personnage et c’est une série qui joue avec les codes et avec son public. Comment rendre cette évidence plausible ? C’est le réel enjeu. Le spectateur s’amuse de retrouver les passages obligés de sa série : le café apporté le matin (ne manquez pas le visage de Stana Katic ; l’actrice rend parfaitement visible le plaisir qu’éprouve son personnage de retrouver son binôme), les théories farfelues et surtout l’idée qui relance l’enquête. Ici, il prouve le lien entre les victimes. Le scénariste parvient à nous surprendre en plaçant ledit lien dans un cabaret burlesque ! On note une marotte des réalisateurs dans les interrogatoires. Alors que la caméra est statique dans l’interrogatoire dans un cas, elle est très mobile dans un autre ; ce qui signifie qu’un élément important va nous être communiqué. Une réflexion de Beckett fait bingo dans son esprit puis ça fait tilt entre eux. Quelle série aime tant ses fans pour leur présenter tous les passages obligés tout en jouant avec ?

L’arrestation nous ramène à la scène de départ et l’explicite avec une redoutable efficacité. Beckett considère que Castle a gagné. Le duo est reformé. La saison peut commencer !

Anecdotes :

  • Le premier épisode de cette saison a été suivi par près de 12 millions de téléspectateurs sur ABC, aux États-Unis. Face à cette audience, la chaîne a commandé 2 épisodes supplémentaires pour la saison.

  • Stana Katic et Tamala Jones continuent à se laisser pousser les cheveux.

  • Michael Rady/Evan Murphy : acteur américain, surtout présent à la télévision : Greek (2008-2009), Melrose Place : Nouvelle génération (2009-2010), Mentalist (2011-2012), Jane the Virgin (depuis 2014).

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2. COMME CHIEN ET CHAT 
(SUSPICIOUS MINDS)

Scénario : Moira Kirland

Réalisation : John Terleski

Résumé :

L’enquête sur la mort d’une voyante amène Castle et Beckett sur la piste d’un autre meurtre.

Critique :

Castle et la voyante ! Une évidence pour cet amateur de fantastique ! Dommage que l’intrigue avec ses multiples personnages soit un peu confuse. On peut heureusement compter sur notre duo, très Mulder et Scully sur ce coup-là, pour nous distraire. Castle est bien entendu Mulder et Beckett Scully ; d’ailleurs elle reçoit très officiellement ce surnom.

Difficile d’isoler l’intrigue principale de ses sous-intrigues. La victime, Vivienne Marchand, avait déjà collaboré avec la police mais Ryan démonte la réputation de la voyante, mise en cause par un producteur de télé-réalité à qui elle propose de confier la vérité sur un « vrai » meurtre pour qu’il efface des images qui lui nuisent. La victime prétendue aurait fait une crise cardiaque mais pourrait avoir été empoisonné. Cet homme, Emilio, avait une liaison avec la femme d’un de ses employés, une gourde blonde. C’est compliqué de bien suivre et la résolution de l’énigme est un peu tirée par les cheveux. Le plus intéressant, c’est la différence entre un Castle ouvert au mystère et une Beckett matérialiste. La scène où les policiers démontrent comment la voyante aurait pu tout découvrir sur le meurtre d’Emilio est sans doute une des meilleures. Mais c’est Castle qui a la plus belle réplique décochée à son amie : « Si vous ne croyez pas à la possibilité que la magie existe, vous ne la trouverez jamais ».

Là-dessus, la fille de la voyante, Penny, elle aussi médium – Rachel Boston est le meilleur second rôle de l’épisode émouvante dans son deuil, un peu exaltée par ses visions ; d’abord hésitante à dire la première à Beckett puis gagnant en assurance – nous gratifie d’un pronostic sur l’avenir de Beckett.

Comme souvent, la famille de l’écrivain fournit l’intrigue secondaire ; aujourd’hui c’est Martha qui s’y colle. Cette partie de l’épisode est la plus solide et la plus forte, notamment dans l’émotion. Martha – merveilleuse Susan Sullivan éblouissante, la « Castle girl » de l’épisode – s’est vu demandé en mariage par son amant Chet. Elle veut réfléchir mais, en fait, elle pense que leur histoire est finie. Plus de flamme et c’est un moment touchant. Mais voilà que Chet meurt avant qu’elle n’ait rompu ! La scène entre Susan Sullivan, effondrée, et Nathan Fillion, magnifique en fils soutenant sa mère, est très émouvante. Cette sous-intrigue sauve le 3ème melon.

Anecdotes :

  • Absence Ruben Santiago-Hudson

  • Beckett a cessé de croire au Père Noël à l’âge de 3 ans.

  • Castle nous révèle que, si son nom de plume est « Richard Edgar Castle » (en hommage à Edgar Allan Poe), son véritable nom est Richard Alexandre Rodgers.

  • Rachel Boston/Penny Marchand : actrice américaine, vue dans les séries Mes plus belles années (2002-2005), NCIS (2006), The Ex List (2008-2009), US Marshall : protection de témoins  (2011-2012), Witches of the East End (2013-2014).

  • Mercedes Masöhn/Marina Casillas : actrice suédoise, vue dans les séries Entourage (2008), NCIS (2009), Three Rivers (2009-2010), 666 Park Avenue (2012-2013), Californication (2014), NCIS : Los Angeles (2014, 5 épisodes), Fear the walking dead (depuis 2015).

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3. LE JUSTE CHOIX 
(MAN ON FIRE)

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

Le meurtre d’un garant de caution envoie Castle et Beckett à la fois dans le passé de cette dernière et sur la piste d’un trésor

Critique :

A travers une enquête très classique, Castle s’offre un beau moment dans l’approfondissement du personnage de Kate Beckett tout en rendant hommage quelque part au Faucon maltais. Le mort est trouvé dans son bureau et c’est de là que va découler toute l’enquête. Sur son corps, Lanie trouve un papier rempli de traits. Castle pense d’emblée à un (Da Vinci) code quand Beckett le compare à un vulgaire bout de papier. Faute du scénariste puisque rien n’est inutile dans une série policière et que, d’autre part, Beckett ne pourrait jamais considérer un élément quel qu’il soit comme anodin. Dans le bureau, les enquêteurs trouveront un micro qui relie l’épouse de la victime à la scène de crime. Sur le corps, Lanie, à nouveau, découvre une croix faite de baume et d’huile qui amène un prêtre en salle d’interrogatoire ! Enfin, une empreint fait tomber dans l’escarcelle un ancien criminel visiblement complètement décati !! Mais le plus beau, c’est qu’en coursant un suspect, Beckett tombe sur Mike Royce, son ancien instructeur. Jason Beghe est impeccable dans ce rôle de mentor, à la fois distancié par l’âge et l’humour tout en montrant une affection certaine pour son ancienne élève. Stana Katic est tout aussi remarquable car l’actrice rend elle aussi palpable cette affection. Les deux acteurs réussissent à créer et à rendre tangible et partant crédible cette connexion entre leurs personnages.

Evidemment que le papier découvert était important et même qu’il est une carte menant au butin d’un vol de bijoux d’un montant pour lequel on pourrait aisément tuer ! Rien n’étant ce qu’il paraissait être, la seconde partie de l’épisode déconstruit les figures qu’il nous avait précédemment présentées ! C’est très bien écrit et la chasse au trésor amène à une scène d’un cliché absolu qui devient un morceau de bravoure : tout le monde s’y retrouve et se menace réciproquement avec des armes de tous les calibres !!! Castle sauve la mise et résout l’énigme.

L’épisode comporte une intrigue mineure, celle d’Alexis qui veut un scooter. C’est mignonnet surtout avec le charme de Molly C. Quinn mais on n’y croit qu’à moitié et, surtout, c’est clairement ajouté pour donner du temps de jeu à la « famille Castle ». Pas grave, Nathan Fillion et consorts auront réussi à nous amuser quand même !

Anecdotes :

  • « Les filles rêvent d’un deux roues quand on réalise qu’on n’aura jamais de poney » affirme Beckett

  • « J’ai toujours rêvé de faire ça ! » s’exclame hilare Castle en poursuivant un suspect !

  • Castle a écrit « Le tueur n’avait pas le son » ; il a trouvé mieux comme titre !

  • Jason Beghe/Mike Royce : acteur américain vu au cinéma dans The X-Files : le film (1998) mais plus souvent à la télévision : X-Files (1994), Les Experts (2002), Veronica Mars (2006), Californication (2009/2011-2013), Chicago Fire (2012-2015), Chicago Police Department (depuis 2013).

  • Sophina Brown/Gayle Carver :  actrice américaine vue dans les séries New York Unité spéciale (2001), Shark (2006-2008), Numb3rs (2008-2010), NCIS : Los Angeles (2011), Ravenswood (2013-2014), Scream (2015).

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson.

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4. LA GRANDE ÉVASION 
(ESCAPE PLAN)

Scénario : David Grae

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Un homme est retrouvé mort tué par une balle en plomb vieille de 200 ans !

Critique :

Très joli titre français qui, sans vendre la mèche, en allume toutefois une partie. Une des forces de cet épisode c’est son travail visuel. D’entrée de jeu, Rob Bowman nous captive par cette scène dans une lumière bleu-noir mêlant silence autour du cadavre et bruits de chevaux au galop. Un déphasage qui illustre que le temps sera une des données du problème.

La victime, un certain Daniel Goldstein créait des produits financiers complexes. Un de ces produits a justement fait perdre beaucoup d’argent à plein de monde. Suivez l’agent est un poncif du récif policier sauf que nous sommes chez Castle et que ce n’est qu’un aspect de la réponse. Car Lanie apporte plus de questions qu’elle ne donne de réponse : la victime a été tuée par une balle remontant au XVIIIème siècle tirée par une arme de la même époque ! Il n’en faut pas plus à Castle pour imaginer un tueur spatio-temporel venu par un portail dimensionnel ! L’énergie que met Nathan Fillion dans son personnage le préserve du ridicule pour le faire passer dans l’autre dimension des huluberlus sympathiques, un excentrique ! Devinez le modèle de la voiture de Daniel et vous imaginerez les sommets de jubilation de l’écrivain !

Castle et Beckett vont remonter jusqu’à un club de farfelus, éminemment délirants mais bons enfants. Le décor est chargé mais il crée une véritable identité visuelle au club, un décalage entre l’extérieur du XXIème siècle et l’intérieur qui se revendique du Londres victorien (costumes notamment) mais comme si le futur imaginé à l’époque (référence à Jules Verne) s’était justement arrêté là. Rob Bowman, bien aidé par les décorateurs, opère une présentation en deux/trois images, de vrais tableaux d’originaux saisis sur le vif. Mais si le club est original, c’est aussi lui qui donnera la clé de l’énigme. Grâce aussi à une séance de tir devant mesurer la précision des armes du siècle des Lumières ; d’abord sérieuse, cette séance vire au déjanté et on remercie Nathan Fillion à genoux tellement c’est fou !!

L’intrigue mineure du jour, ce sont les premiers émois d’Alexis. C’est très touchant grâce à l’implication de Molly C. Quinn, absolument géniale quand elle entreprend de se demander à voix haute comment on sait qu’on est amoureux. C’est à la fois drôle et touchant et Nathan Fillion n’est pas en reste. Sur cette scène, il est lui aussi attendrissant et nous fait bien sourire. Il a carrément su nous faire rire par la jalousie de Castle, vexé que ce soit à Martha et non à lui, le « papa cool » qu’Alexis se soit confiée la première ! Quant à la première rencontre du père et du petit ami, il n’y a que dans cette série qu’elle pouvait avoir lieu de cette façon !!

Anecdotes :

  • Humour noir toujours pour ouvrir l’épisode lorsque Martha dit à son fils : « Rien de tel qu’un petit meurtre pour te remonter le moral » !

  • Le premier mot de bébé Alexis a été « Dénouement » mais c’est parce que Castle « lui a appris très tôt à structurer sa pensée » !!

  • Première apparition du nouveau compagnon de Kate Beckett.

  • Andrew Leeds/ Adam Murphy : acteur américain vu dans les séries Nip/Tuck (2003-2004), Bones (Pelant, 2012), NCIS : Los Angeles (2013-2014).

  • Victor Webster/Josh Davidson : acteur canadien, vu dans les séries Sunset Beach (1998-1999), Mutant X (2001-2004), Related (2005-2006), Esprits criminels (2009), Continuum (2012-2015).

  • Hommage à Stephen J. Cannell. 

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5. LES VRAIS HÉROS NE SE REPOSENT JAMAIS 
(COURSE CORRECTION)

Scénario : Terence Paul Winter

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Lors d’un enterrement un cercueil se renverse libérant deux corps !

Critique :

Au tour des séries hospitalières de passer à la moulinette de Castle ! Humour et ironie à tous les étages mais aussi beaucoup de sentiments voire du sentimentalisme si l’on est peu charitable. La victime, Valérie Monroe, était médecin dans un hôpital et elle a été tuée avec une « précision chirurgicale » selon la formule agréée. Le mode opératoire, et plus largement l’injection de formules médicales, permettent à Tamala Jones de sortir de son registre habituel pour développer une réelle expertise. La mise en scène de John Terlesky permet de donner un aspect fluide à une scène d’explication qui aurait été bavarde et pesante s’il l’avait tourné platement.

L’écriture de la série est bien rodée mais absolument pas mécanique. Ainsi, le premier suspect, Greg McClinctock, est-il bien entendu innocent du crime puisqu’il est le premier justement. Sauf que c’est bien plus subtil ! L’explication finale est stupéfiante par la maîtrise d’écriture et le jeu avec le spectateur qui a toutes les cartes en main mais tombe dans le panneau qu’on lui présente ! Comment faire autrement quand le scénario mêle un baron de la drogue qui employait la victime comme médecin personnel ? Comment passer sous silence le fait qu’elle était une informatrice du ministère de la justice ? Et que vient faire dans tout cela une recherche du docteur Monroe concernant la ville de Katona, État de New York, prototype selon le capitaine Montgomery « de la ville où il ne se passe jamais rien » ? La réponse à la question est fournie par le capitaine Montgomery lui-même ! Ruben Santiago-Hudson a peu de temps de présence mais il l’emploie bien, chaleureux, proche de ses troupes.

Et puis il y a de l’amour dans cet épisode. L’amour d’Alexis pour Ashley (absent bien qu’on parle beaucoup de lui) et le couple qui a « sa » chanson (de Taylor Swift). Celui de Castle pour Gina ; une crise entre eux dû à la jalousie de ce dernier déjà constatée quand on parle de sa fille mais qu’ils parviennent à surmonter grâce à un travail sur soi de cet égotiste de première qu’est Richard Castle. Nathan Fillion est impeccable et l’on sent les efforts que son personnage a fait par amour pour les autres. C’est aussi avec délice que l’on assiste à la lecture entre Castle et Beckett d’une correspondance amoureuse où ils espèrent trouver une piste. Non seulement c’est amusant mais c’est loin d’être purement anecdotique. Quant au mobile du meurtre, il est quelque part lié à l’amour, décidément un grand meurtrier !

Anecdotes :

  • Michael Cassidy/Greg McClinctock : acteur américain vu dans les séries Newport Beach (2004-2005), Smallville (2007-2008), Scandal (2012), Men at Work (2012-2014), The Magicians (2016).

  • L’épisode comprend de multiples références à des séries hospitalières, comme un « docteur Rhonda Shimes » ! Selon Castle, les médecins sont connus pour « leur fornication galopante » et le triolisme serait « courant » !

  • Retour de Monet Mazur (Gina).

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6. AUX AGUETS 
(ONE GOOD MAN)

Scénario : David Amann

Réalisation : Bill Roe

Résumé :

Le meurtre d’une femme blonde indique à la police de New York qu’un tueur en série, le Triple Tueur, est de retour en ville.

Critique :

Un épisode remarquable à l’intrigue complexe mais maîtrisé, aux dialogues froids et à la mise en scène lente et grave ; profondément noir, cet épisode, éclairci par l’intrigue secondaire qui aura son importance sur l’intrigue principale, ce qui est rare, réussit une figure imposée des séries policières : introduire la Némésis du (des) héros.

L’entrée dans l’épisode est déjà un signe de maîtrise narrative, visuelle et sonore. Quand tout va bien, la jeune femme blonde est éclairée par les lumières de la ville et on entend clairement Phil Collins. Puis, progressivement, le silence se fait. Très vite, Lanie relie ce crime à ceux du Triple Tueur. Ruben Santiago-Hudson enfile les habits du commandant Montgomery et, avec autorité, nous donne un topo sur ce meurtrier. Survient une seconde victime et seulement le générique ! Avec efficacité, mais en ayant tout de même pris le temps d’une scène d’émotion, le scénario introduit le héros noir de l’épisode, Marcus Gates incarné avec un talent fou par Lee Tergesen. L’acteur donne un détachement ironique à son personnage (il faut voir le sang-froid qu’il conserve alors qu’une armada de flics surarmés le mettent en joue). Les interrogatoires de Gates par Beckett seule sont des bijoux. Le ton est toujours calme mais la tension est palpable surtout que la froideur de Gates le rend de plus en plus affreux mais, comme il a réponse à tout, c’est une anguille qui se tient devant nous. Le second interrogatoire semble rejouer la même scène mais on notera alors que le réalisateur zoome sur les visages. Quelque chose de nouveau va sortir de tout cela.

Pour coincer Gates, les enquêteurs ont fouillé le passé du roi de Sing Sing et découvert son co-détenu, Jerry Tyson. Autant Gates est glacial, autant Tyson paraît émotif, mal à l’aise. Il faut que la police lui arrache les bribes d’information qui vont lui être utile. Mais, nous sommes dans Castle et c’est chez notre écrivain préféré qu’un détail fait tilt permettant de sauver une femme ! On s’achemine vers le happy end traditionnel mais on aurait dû mieux écouter Castle, insatisfait du dénouement. Parce ce que, cette fois, l’imagination débordante de ce dernier lui fait entrevoir trop tard la vérité. Le final sera éminemment fort et noir, et pourtant, il conservera jusqu’au bout une brindille d’humour.

Ce petit éclat d’humour, pareil à la noisette dans le chocolat noir, provient de la résolution de l’intrigue secondaire du jour : l’admirateur secret d’Alexis. Ce qui est amusant et bien écrit, c’est le caractère évolutif de cette histoire et la manière dont les protagonistes, Alexis mais surtout Castle, la vivent. Cette intrigue et la principale interagissent et se renforcent ou plutôt s’équilibrent ; la noirceur de l’intrigue principale est en partie compensée par la relative légèreté de l’intrigue secondaire. Ensuite, quand Alexis, très insouciante sur ce coup-là, décide de se rendre au rendez-vous fixé, Martha défend à son fils de la surveiller…se réservant ce rôle ! Bonne composition de Susan Sullivan qui rend très convainquant et savoureux le changement de pied de son personnage et donne à voir, mine de rien, l’amour profond que cette famille se porte. C’est le coup de fil qu’elle passera à son fils pour le rassurer qui va jouer un rôle déterminant dans le final de l’épisode.

Anecdotes :

  • Brian Klugman/Paul McCardle : acteur américain, surtout connu pour avoir joué dans Bones (2013).

  • Michael Mosley/Jerry Tyson : acteur américain, vu au cinéma dans La Proposition (2009) mais plus souvent à la télévision : Scrubs (2009-2010), The Closer (2010), Pan Am (2011-2012).

  • Lee Tergesen/Marcus Gates : acteur américain, peu de films notables mais une longue carrière télévisuelle : New York Police Judiciaire (1990), Homicide (1993-1994), Code Lisa (1994-1998), Oz (1997-2003), Desperate Housewives (2006), Dr House (2009), American Wiwes (2010-2011), Longmire (2013-2014), The Strain (2016).

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7. GUERRE DE GANGS 
(OUTLAWS)

Scénario : Elisabeth Davis

Réalisation : Felix Alcala

Résumé :

La mort d’un comédien minable conduit Castle et Beckett dans une histoire de faux-semblants.

Critique :

Un épisode pas déplaisant certes mais extrêmement banal et pour tout dire peu inspiré. L’intrigue est confuse, passant d’une chose à une autre sans s’en fixer sur une seule tout en étant très linéaire. La révélation de l’identité du coupable tombe comme un cheveu sur la soupe.

On avait pourtant commencé par une entrée contrastée comme la série sait si bien les faire. D’un côté, un policier en uniforme disparaît brusquement happé depuis l’intérieur d’un appartement d’où venait des cris. D’un autre côté, Alexis et Martha font des vocalises à 5 heures du matin !

C’est ce policier qui est mort sauf que c’était un comédien ! Un strip-teaser pour être précis. Et l’appartement abrite une colonie de jeunes femmes totalement effondrées quand Castle et Beckett y arrivent : enterrement de vie de jeune fille ! Mais passé cette ouverture hilarante, on va rire beaucoup moins et, dans Castle, c’est quand même plutôt gênant.

Tout le reste de l’épisode va dérouler la pelote que le patron de la boîte qui employait la victime a donné à Ryan et Esposito. Le club de strip-tease (passage assez drôle grâce à nos duettistes) amène à une « cougar » qui était la maîtresse de la victime mais avait rompu parce qu’il lui avait demandé 25 000 $. Argent qui amène à…etc. Tout cela pour nous amener à une histoire d’escroquerie très classique mais que la scénariste (pourtant talentueuse) n’a plus tellement le temps de développer et doit même bâcler la scène où le coupable est confondu. Et le spectateur avec lui.

L’intrigue secondaire est amusante (Alexis veut auditionner pour un rôle dans Grease à son lycée et Martha la coache) mais parfaitement anecdotique et complètement périphérique à notre intrigue. Seule la frimousse mutine de Molly C. Quinn et l’allant que met Susan Sullivan nous font passer un bon moment et, en fait, nous évite l’ennui.

Anecdotes :

  • La victime lisait des bouquins de Donald Trump parlant de finances.

  • Castle trouve que la victime ne valait pas 300$/heure : Lanie, elle, achète tout de suite !

  • Selon le patron qui reçoit Ryan et Esposito, les filles sont « dingues des petits maigrichons genre Twilight ». Ce qui date l’épisode !

  • Sagesse de Martha Rodgers : « Les auditions, c’est comme les hommes. Une de perdue… »

  • Mary Page Keller/Rebecca Dalton : actrice américaine, elle tourne surtout pour la télévision: Providence (1999), JAG (3 épisodes, 2002-2003), New York Police Blue (4 épisodes, 2004), Commander in Chief (4 épisodes, 2005), 24 heures chrono (2 épisodes, 2009), Castle (2010), NCIS : Los Angeles (2011), Supernatural (2011), Pretty Little Liars (4 épisodes, 2012), Chasing Life  (2014-2015).

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8. DOUCE MÉLODIE 
(MUSIC TO MY EARS)

Scénario : Matt Pyken

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

La mort d’un employé municipal emmène Castle et Beckett vers une toute autre affaire.

Critique :

Solide épisode : une première affaire qui ouvre sur une seconde et relance complètement l’intrigue tout en faisant monter la pression. L’humour est bien dosé ; très présent au départ, il se fait plus rare ensuite à la mesure de l’élévation des enjeux. Un parfait tempo empêche tout ennui. Tout juste peut-on regretter que tous les acteurs ne soient pas au top niveau.

C’est à Central Park que nos duettistes préférés se retrouvent autour du cadavre d’un certain « Lenny les bonnes ampoules », un électricien chargé de changer les ampoules dans le métro de New York. D’emblée, le scénariste nous dit que ce n’est pas une affaire simple : la victime a été tuée de trois balles au terme d’une chasse à l’homme. Pourquoi le tuer ? Ryan et Esposito pensent avoir trouvé du matériel d’espionnage chez lui à moins que ce ne soit son peu scrupuleux supérieur ? Matt Pyken nous présente ces pistes avec une parfaite crédibilité mais elles sont fausses ! L’explication de la présence du matériel est absolument hilarante !

Et c’est là que le scénariste nous inflige un rebondissement dramatique : la victime a été tuée pour avoir assisté à un enlèvement d’enfant ! La tension est installée d’emblée puisque les enquêteurs ignorent l’identité de l’enfant et doivent la découvrir. En outre, Nathan Fillion nous permet d’apprécier la partie dramatique de Castle ; un père qui comprend quelle épreuve traverse le père du gamin. Père joué par John Pyper-Ferguson qui est très juste. L’acteur est très impliqué et on croit à sa peine beaucoup plus qu’à celle de la mère, tellement plus fade et dans un rôle extrêmement convenu. Un père qui passe aussi un temps pour le coupable et clame son innocence alors que le temps presse. A ce stade de l’épisode, il pourrait très bien être un kidnappeur. Ça oui mais tueur, cela était plus difficile et les enquêteurs en sont conscients. Leurs interprètes aussi et on est à fond avec eux. Le final, dynamisé par Nathan Fillion dont le personnage a deux éclairs de génie qui décide du succès et Stana Katic, très convaincante dans l’action. Ruben Santiago-Hudson est très bien aussi dans un registre plus dur que d’habitude.

L’intrigue secondaire est amusante quoique résolument mineure : Alexis garde le rat domestique de son petit ami Ashley (Ken Baumann, peu expressif), une bestiole nommée Théodore, et qui disparaît. Elle le cherche en vain et craint la réaction du jeune garçon. Pas vraiment de quoi fouetter un chat. L’intrigue ne passionne pas Molly C. Quinn outre mesure même si l’actrice a déjà suffisamment de talent pour nous garder avec elle.

Anecdotes :

  • Quand Castle parle de Ben par rapport au rat, il fait référence au film d’horreur Ben de Phil Karlson sorti en 1972.

  • Pour Beckett, l’animal de compagnie le plus courant à New York, c’est le cafard ! L’animal le plus étrange qu’elle ait eu ? Castle bien sûr !

  • Castle fait référence à « Flamme d’argent », une nouvelle de Sherlock Holmes où c’est l’absence d’une chose (en l’occurrence un aboiement) qui en révèle une autre.

  • Carmen Argenziano/Marco Rivera : acteur américain actif sur les deux écrans. Au cinéma, on a pu le voir dans Le Parrain II (1974), Le retour de l’inspecteur Harry (1983), Broken Arrow (1996), Anges et Démons (2009). A la télévision dans Columbo (1973), L’Agence tous risques (1983), La loi de Los Angeles (1986-1990), Urgences (1995), Stargate SG-1 (1998-2005), Docteur House (2007), Hawaï Five-0 (2014).

  • John Pyper-Ferguson/Dean Donegal : acteur canadien d’origine australienne, on a pu le voir dans X-Men l’affrontement final (2006) mais plus souvent à la télévision : Brisco County (1993-1994), MilleniuM (1997-1998), Les Experts (2000, 2010), Brothers & Sisters (2006-2007), Terminator : Les chroniques de Sarah Connors (2009), Grimm (2012), Once upon a time (2013), The Last Ship (depuis 2014), Marvel : les agents du SHIELDS (2017).

  • Eve Carradine/Mirielle Lefcourt : Ever Dawn Carradine est la nièce de David Carradine. On a pu la voir essentiellement à la télévision : Les Dessous de Veronica (1998), Les Experts (2004), Supernatural (2009).

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9.  À TOUTE VITESSE 
(OVERDRIVE) 

Scénario : Shalisha Harris

Réalisation : Bethany Rooney

Résumé :

La mort très étrange d’une astrophysicienne amène Castle et Beckett aux frontières du réel.

Critique :

Savoureux hommage à une glorieuse ainée tout autant que passage au tamis de la question extraterrestre, cet épisode est un régal ultra-référencé (Castle est une série « geek » à l’image de son héros) qui insère avec bonheur une enquête policière dans un cadre baignant dans l’étrange. L’on est toutefois plus proche de Jean Ray avec un « fantastique expliqué ».

La victime était une astrophysicienne retrouvée victime d’une « décompression explosive » ; ce qui se produit lorsqu’un corps est situé hors de l’atmosphère ! Tamala Jones rend bien la perplexité de Lanie et la suite de l’autopsie ne va pas lui rendre le sourire ; il y a bien plus de questions que de réponses. Mais si la légiste est perdue, Castle, lui, est tout sourire ! La victime a été enlevée par des aliens ! Lorsque le générique est lancé après 10 minutes d’épisode, cette hypothèse n’a pas pu être démentie par Beckett !

Il est intéressant de revoir nos duellistes dans leurs rôles de sceptique et de convaincu d’autant qu’à la différence de la magie, l’hypothèse d’une vie (et d’une intelligence) extra-terrestre est toujours valable scientifiquement même sans aller jusqu’aux élucubrations de la littérature et du cinéma fantastique. Jusqu’au bout, Beckett refusera d’admettre que les aliens existent même si, un instant, la logique policière semble vaciller. Le scénario donne évidemment un peu de temps à la thèse ufologique et s’offre Lance Henrikssen en invité de luxe ! Certains pourront regretter le temps relativement bref de sa présence mais c’est en fait cohérent avec la série : Castle est une série policière et non une série fantastique. Disons que c’est un témoignage de sympathie et une révérence faite à un acteur reconnu dans ce domaine tout autant qu’un hommage à la célèbre série où la vérité est ailleurs. En tout cas, en peu de minutes, l’acteur est très juste. Très posé, Benny Stryker n’a rien d’un gourou illuminé et il a même des informations pour les enquêteurs. Impossible de ne pas sourire quand il affirme avec un sérieux académique que le Gouvernement est derrière tout cela ! Et ce n’est pas la suite qui va le démentir !! Des « agents fédéraux » enlèvent les affaires de la malheureuse et interrogent dans des conditions ultraclichées nos héros !!!

Cet « enlèvement » est le climax de l’hommage. Par la suite, la vérité va se faire jour sous un angle réaliste de plus en plus affirmé. Castle a une idée pour le moins cocasse pour joindre ces mystérieux agents et le fait que ça marche souligne le côté fictionnel de la série. C’est encore l’écrivain qui va comprendre que quelque chose ne va pas du côté de la victime. Bien vu de la part de la scénariste que de ne pas faire de l’écrivain un obstiné. S’il croit en la magie et aux « petits hommes gris » (merci Mulder !), il n’en fait pas l’alpha et l’oméga. Si la prosaïque réalité doit l’emporter, alors tant pis ! Mais on sait qu’il ne renoncera pas à ses convictions. C’est finalement la coopération entre la police et un agent fédéral secret mais bien réel qui permettra à la vérité de se faire jour.

Anecdotes :

  • L’épisode ne compte pas d’accroche. La séquence « Il y a deux catégories de personnes qui réfléchissent à des façons de tuer » est supprimée.

  • « Les parents d’Ashley vous aimeront. Il vous suffit de ne pas être vous-même », assène avec gourmandise Beckett à Castle qui doit dîner avec les parents du petit ami d’Alexis !

  • Le titre original de cet épisode est un jeu de mot avec le titre original du film Rencontres du troisième type à savoir Close Encounters of the Third Kind.

  • Cet épisode multiplie les références à la série X-Files : Aux frontières du réel. Le titre français l’avait déjà annoncé !

  • Un des acteurs invités, Lance Henriksen, a interprété le personnage principal de la série MillenniuM, créée par Chris Carter à l'instar de X-Files.

  • Castle, après avoir parlé chinois, explique qu'il parle chinois parce qu'il adorait une série télévisée. Une autre référence à la série Firefly dans laquelle Nathan Fillion jouait dans un monde où l'anglais et le chinois mandarin sont parlés couramment par tout le monde.

  • Lance Henriksen/Benny Stryker : acteur américain, vu au cinéma dans Rencontre du troisième type (1977), Terminator (1984), Aliens, le retour (1986), Aliens 3 (1992), Mort ou vif (1995), Scream 3 (2000), Appaloosa (2008). Il a également joué pour la télévision où il est surtout connu pour MilléniuM (1996-1999). On l’a vu aussi dans NCIS (2007) et The Blacklist (2015).

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10. MAUVAISE ALLIANCE 
(FOLLOW THE MONEY)

Scénario : Scott Williams

Réalisation : Bryan Spicer

Résumé :

La mort d’un ancien docker fauché, un ancien bar et la Prohibition sont les ingrédients du nouveau cocktail pour Castle et Beckett.

Critique :

Bel hommage au passé sulfureux de l’Amérique mais aussi à une certaine ambiance quand « atmosphère » voulait dire quelque chose de l’esprit d’un lieu.

Tout commence quand le corps d’un certain Donnie est sorti de l’East River. Les enquêteurs trouvent très vite que c’est un ancien docker et Castle fantasme déjà sur l’implication de la Mafia ! Il y a bien un ancien type louche mais il a juste vendu un bar, le Old Haunt à Donnie qui y avait des souvenirs. Castle fait un éloge vibrant du lieu et c’est un régal d’entendre vibrer ces mots d’autant que Nathan Fillion est vraiment excellent dans l’incarnation de son personnage. Sur cet épisode, il vole la vedette à Stana Katic qui se rattrape pour partie dans l’interrogatoire du barman. C’est ultra-sexy et plein d’humour. On a encore l’occasion de rire avec le troisième suspect de l’épisode, complètement « chargé » mais blanc comme neige. C’est sans doute le point faible de cet épisode ; le coupable n’est pas si dur à trouver quand on a éliminé presque tout le monde très vite. A défaut d’un whodunit à la Duchesse de la mort, il reste le whydunit.

Le Old Haunt est au cœur de l’intrigue et le décor a été particulièrement soigné. Il y a un bel effort de reconstitution avec ce souci de lier le beau à l’utile, à savoir donner l’illusion qu’il s’agit d’un lieu lié à la Prohibition. Le tunnel qu’empruntent nos duettistes est un classique de la littérature policière de l’époque (lire Sax Rohmer ou Dashiell Hammett) mais il s’insère avec aisance dans l’histoire et joue un rôle déterminant dans l’explication et la résolution de l’intrigue. Le scénariste s’offre en plus le luxe de se payer la jeunesse branchée par cette confrontation entre un Castle amoureux et respectueux du passé et une tête à claque patron de start-up ; le genre à se gargariser d’avoir inventé la roue et de l’avoir fait breveter. La charge caustique est à déguster sans modération.

Dans une histoire où le passé se rappelle et se confronte au présent, l’intrigue secondaire avec la copine d’Alexis venue du Kansas est certes très mineure mais elle résonne plutôt bien avec l’ensemble.

Anecdotes :

  • Castle a écrit « Pour une poignée de balles » au Old Haunt.

  • L’écrivain multiplie les références au cinéma dont Les Dents de la mer et Alien.

  • Beckett fait référence aux « alligators » dans les égouts. Légende urbaine, elle s’appuie sur un fait véridique : un crocodile est sorti des égouts de New York le 10 février 1935. Dès 1936, la municipalité lança une campagne d’éradication. Il est de toute façon impossible à un reptile de vivre dans un environnement aussi froid.

  • La Prohibition : le terme renvoie à la campagne contre la production, la vente et la consommation d’alcool. Elle fut institutionnalisée par le 18ème amendement en 1919 mais suscita une puissante contrebande. Roosevelt la supprima en 1933 (21ème amendement).

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11. PARI GAGNANT 
(LET IT RIDE)

Scénario : David Grae

Réalisation : Jeff Blekner

Résumé :

Alors que l’équipe enquête sur la mort d’une marieuse, elle accueille l’actrice qui doit incarner Nikki Heat au cinéma et veut s’inspirer de Beckett !

Critique :

Attention ! Idée brillante ! Un scénario signé David Grae est en général gage de qualité mais ici, il fait preuve d’une belle inventivité et d’un grand humour car c’est la série qui se moque d’elle-même ! La mise en abîme est hilarante et nos duettistes interprètent une symphonie en trois temps impeccable. Comme l’intrigue policière n’est nullement sacrifiée à cet exercice de style, le spectateur est à la noce !

A la noce parce que la victime, Stacy Collins, veillait à ce que des couples se rencontrent. « Un petit meurtre te fera du bien » avait dit Alexis à son père affligé par le choix de l’actrice Natalie Rhodes pour interpréter Nikki Heat. C’est vrai que les premières images dont on nous gratifie n’ont rien de gratifiant pour elle et l’énoncé de sa filmographie – qu’Alexis n’a « pas vu » mais qu’elle connaît bien – a de quoi faire fuir en effet !! Or, voilà que ladite Natalie Rhodes débarque sur la scène de crime !!! Beckett avait donné son accord pour qu’elle la suive et prenne des notes (elle a l’habitude !). C’est le premier mouvement de la symphonie : Beckett confiante, collaborant de bonne grâce avec une Natalie à l’écoute, concentrée et un Castle proprement snobé et dont toutes les tentatives pour se rendre intéressant virent au pathétique. Il a des répliques d’une platitude confondante prononcées avec le sérieux qui ne va pas. Même Chuck Norris s’en sortirait mieux ! Nathan Fillion est juste génial ; une mimique suffit pour nous faire comprendre la solitude d’un auteur à qui sa muse et sa création échappent. Que Natalie n’ait pas lu Vague de chaleur, roman justement porté à l’écran, est juste le dernier clou du cercueil de Richard Castle !

Le second mouvement correspond à l’approfondissement de l’enquête. La victime versait beaucoup d’argent à un détective miteux qui se renseignant sur les clients de celle-ci. A ce moment, Natalie avoue à Castle qu’elle trouve le personnage de Nikki « complexe » et qu’elle espère parvenir à lui ressembler un peu. Cela n’a l’air de rien mais ces quelques mots rassénèrent le romancier qui amorce sa « réévaluation » de l’actrice. Laquelle, pour s’immerger dans le personnage, va jusqu’à copier la gestuelle de Beckett et à lui ressembler physiquement ! C’est bluffant ! Du coup, Beckett commence à paniquer. Il faut dire que Laura Prépon en brune ressemble effectivement beaucoup à Stana Katic ! On est aussi obligé de rire devant la mine rêveuse de Nathan Fillion !!! Le réalisateur s’amuse avec des gros plans sur les visages montrant la palette des sentiments des acteurs. Ce mouvement se termine lorsque, pour « rentrer dans le personnage », Natalie « chauffe » Castle puisque celui-ci s’est inspiré de lui-même pour créer le personnage de Jameson Rook, journaliste qui suit Nikki Heat de près (de très près même).

Enfin, le troisième mouvement voit Natalie demander à Beckett si Castle est gay : ce dernier a refusé de coucher avec elle ! Du côté de l’enquête, les policiers se sont concentrés sur la jolie secrétaire du miteux et celle-ci avoue piéger des hommes à la demande de Stacy. Le final baigne dans le mélodramatique mais c’est justement l’effet recherché et c’est vraiment drôle. Natalie Rhodes en est quasiment arrivé à faire plus Beckett que Beckett et celle-ci est soulagée que cela soit fini. Tout au long de l’épisode, Stana Katic et Nathan Fillion auront été à leur meilleur niveau mais Laura Prépon se sera révélée excellente. Qu’elle commence avec un look de bimbo ne fait que renforcer la mue de l’actrice qui joue une actrice devenant meilleure à mesure qu’elle comprend le personnage. C’est une jolie réflexion sur l’image et le monde du spectacle, plus originale d’autant que Castle s’est justement inspiré de Beckett pour créer Nikki et voilà Natalie copiant Beckett pour comprendre Nikki. Pour une fois, Frankenstein a réussi son œuvre !

En petite musique de fond, l’intrigue mineure du jour prend Kevin Ryan en personnage principal. Il va demander sa petite amie Jenny en mariage. Castle lui donne quelques conseils farfelus qui lancent l’épisode ! Et il se trouve que Natalie est un fantasme du policier ! Seamus Dever est épatant dans cet homme simple, qui s’efforce d’être un bon policier et un amoureux sincère malgré la présence d’une bombe sexuelle à ses côtés. L’épisode se termine sous les applaudissements. Rien de plus normal.

Anecdotes :

  • Nikki Heat est le nom original de l’héroïne créée par Castle. En VF, elle est appelée « Nikki Hard » mais, dans les traductions françaises des romans, c’est bien son nom original qui est utilisé.

  • Après le record d'audience de près de 10 millions de téléspectateurs sur la chaîne ABC, celle-ci a commandé une quatrième saison pour la série.

  • Lorsque Ryan montre sa bague à Castle, celui-ci fait un simulacre de demande à Beckett. C’est la seconde fois qu’il lui présente une bague de fiançailles.

  • Laura Prépon/Natalie Rhodes : actrice américaine, essentiellement présente à la télévision : That 70’Show (1998-2006), How I met your mother (2009-2010), Docteur House (2010), Orange is the new black (depuis 2013).

  • Absence de Tamala Jones et de Ruben Santiago-Hudson.

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12. HUIS CLOS EXPLOSIF 
(HELL ON THE HIGH WATER)

Scénario :Terri Edda Miller

Réalisation : Millicent Shelton

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent sur la mort d’un magicien mais il y a un lapin dans le chapeau !

Critique :

Consacrer un épisode de Castle à la magie relève tellement de l’évidence qu’on se demande comment les scénaristes n’y ont pas pensé plus tôt. Il est aussi agréable que la magie constitue un élément de constitution du « Caskett » par les souvenirs qu’elle évoque à nos duellistes.

Faux semblant. C’est ce qui qualifie le mieux la magie. Tout est différent de ce qu’il paraît être et le scénario parvient à rendre tangible sans gratuité cette évidence. La mort paraît être un suicide mais la lettre laissée par la victime révèle autre chose. Ladite victime paraît soudain vivante mais c’est un frère jumeau (d’où la théorie farfelue du jour de Castle). Un vieil artisan construit un automate mais les enquêteurs ont découvert des traces d’explosif. Pour finir, deux morts sortent de leurs tombes ! Pour résoudre le meurtre et confondre le coupable, la police va devoir avoir recours…à la magie ! C’est brillant, bien joué et ce coup final couronne aussi un épisode où l’humour n’aura pas manqué.

Faux semblant donc. Deux intrigues secondaires utilisent ce procédé. D’abord, Lanie et Esposito qui sont en couple mais le cache aux autres. L’épisode est généreux avec Tamala Jones qui dispose de bien plus de temps de présence et l’utilise à bon escient réussissant en une scène à être à la fois glamour et factuelle. Ensuite, Castle et Gina dont l’histoire prend fin. Ainsi que l’avoue le romancier à sa mère (brève mais utilise présence de Susan Sullivan parfaite en mère attentive et présente), il vivait quelque chose de banal et rêvait de magie. C’est aussi la morale de cette histoire : la magie détourne le réel, elle ne s’y substitue pas.

Anecdotes :

  • « Alakazam » invoque Beckett : c’est une formule contraire au traditionnel « Abracadabra » dont l’origine est moyen-orientale mais l’étymologie contestée. C’est une invocation performative (la prononcer provoque quelque chose) et c’est la formule utilisée pour animer le Golem.

  • Brett Cullen/Christian Dahl : acteur américain, vu au cinéma dans Wyatt Earp (1994), La vie devant ses yeux (2007) mais plus souvent à la télévision : Les oiseaux se cachent pour mourir (1983), Falcon Crest (1986-1988), L’Equipée du Pony Express (1989-1990), Ally McBeal (1997), FBI : Portés Disparus (2002), Desperate Housewifes (2004-2005), A la Maison-Blanche (2005-2006), Lost (2005-2008), Ugly Betty (2006-2007), Person of Interest (2011-2013), Under the Dome (2014-2015).

  • Jeff Hephner/Edmund et Zalman Drake : acteur américain né Jeffrey Lane Hephner. On l’a vu dans les séries Newport Beach (2005), Docteur House (2008), Chicago Fire (2013), Chicago Med (2016).

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson.

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13. LE RETOUR DU PIRATE 
(RETURN OF THE KING)

 

Scénario : Will Beall

Réalisation : Tom Wright

Résumé :

Un ancien policier contacte Kate Beckett pour lui parler du meurtre de sa mère mais il est abattu devant elle.

Critique :

Il y a deux catégories d’épisodes excellents dans Castle : ceux qui poussent l’humour au plus loin en pastichant les films et séries de genre et ceux qui sont des œuvres au noir. Cet épisode est de la seconde catégorie et de la meilleure eau.

Exceptionnellement, il ne débute pas par la découverte d’un corps ; ce qui est déjà une indication que ce n’est pas un épisode ordinaire. John Raglan est mourant et veut tout raconter à Beckett (venue en compagnie de Castle) mais il est tué. Il a tout de même eu le temps d’apporter un élément nouveau qui, dans un premier temps, complexifie l’histoire. A rebours de l’épisode type, aucune des personnes interrogées n’est innocente à un degré ou à un autre mais toute sont des pièces d’un sinistre puzzle qui prend sens dans une époque pas si lointaine où New York vivait sous la coupe de la Mafia. Presque tous les interrogatoires sont des confrontations ; celle avec Vulcan Simmons est la plus violente psychologiquement. Jonathan Adam est prodigieux dans l’incarnation d’un véritable serpent, malveillant, à la fausse élégance, mais fin renard et sachant pousser à bout Kate Beckett. Sans faute de Stana Katic qui fait ressentir toutes les émotions par lesquelles passent son personnage. Il faut la voir complètement livide par exemple. On est avec elle du début à la fin sans la lâcher et on apprécie que Richard Castle vienne la soutenir. Le romancier, à qui sa mère a demandé d’être honnête sur la raison qui le fait aller au poste de police tous les jours, ne se dérobe pas. Il apportera une aide importante et il sera déterminant dans le final éprouvant.

Le grand mérite de cet épisode est de replacer un fait – le meurtre de Johanna Beckett – dans un contexte plus large ; lui donnant une profondeur et une consistance et partant un intérêt. Intérêt renouvelé puisque l’épisode ne résout pas le crime originel tout en faisant avancer l’histoire générale. Les nouveaux personnages impliqués sont importants chacun à leur manière, ce qui construit une narration riche et passionnante à suivre et qui rend crédible la présence du « dragon » ; le puissant commanditaire in fine. Avec une réalisation alerte qui joue à fond la carte du mouvement, tout en réussissant à placer de courts mais précieux moments plus intimes, c’est un des sommets de la saison.

Anecdotes :

  • Jonathan Adam/Vulcan Simmons : acteur américain, très peu de films à son actif mais plusieurs séries : Bones, Nikita, NCIS : Los Angeles.

  • Max Martini/Hal Lockwood : acteur américain présent sur les deux écrans. Au cinéma, on a pu le voir dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998), Colombiana (2011), Captain Phillips (2013), Cinquante nuances de Grey (2015), Cinquante nuances plus sombres (2017). A la télévision : Le Caméléon (1997), Les Experts (2002), Les Experts : Miami (2003), The Unit (2006-2009), Mentalist (2012).

  • Absence de Molly C. Quinn et de Tamala Jones.

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14. PANDORA'S BOX, PART 2 
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : Émile Levisetti

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent sur la mort d’un ancien gagnant de la loterie.

Critique :

Un épisode sympathique mais un peu banal. Le thème de « l’argent ne fait pas le bonheur » est par trop cliché pour être un moteur d’intrigue satisfaisant.

De fait, si l’histoire se suit sans déplaisir et avec un certain nombre de rebondissements intéressants voire amusants, elle n’a pas d’éléments de fantaisie qui font le sel de cette série. Elle reprend un certain nombre de clichés (enfant toxico, passé qui ne passe pas) ou de figures rituelles (dealer jouisseur, gagnant qui culpabilise, majordome guindé). Il y a cependant un bon rebondissement pour relancer l’intrigue dans la dernière partie de l’épisode, ce qui donne un coupable convainquant et qu’on avait trop facilement laissé passer. On appréciera aussi l’astuce de Castle pour résoudre l’énigme. Le fil rouge de ce que ferait les personnages principaux avec le gros lot est plaisant mais sans plus. Sauf le final qui est réellement touchant parce qu’il concerne nos héros.

L’intrigue secondaire du jour concerne Martha désemparée par l’héritage fabuleux que lui a laissé Chet. Il est agréable que ce soit Beckett qui lui souffle le moyen d’en user sans mal agir et sans remords.

Anecdotes :

  • Pour Castle, le coupable c’est le majordome ! Un classique du roman policier dont Chapeau melon avait su faire son miel (Les espions font le service).

  • « La richesse ne fait qu’accentuer tous les aspects de notre personnalité » philosophe Castle…qui avoue que c’est son côté enfantin qui en a profité.

  • Castle s’est acheté un cratère de la Lune ! Depuis le traité sur l’espace de 1967, la Lune est considérée comme un espace international (comme les mers). En revanche, l’appropriation dans des buts commerciaux et économiques reste juridiquement floue.

  • Ned Bellamy/Logan Meech : acteur américain, vu dans Les enquêtes de Remington Steele (1986), Arabesque (1993), Les Experts : Miami (2004), The Unit (2006-2007), Terminator : les chroniques de Sarah Connors (2008-2009), Treme (2011-2013), Resurrection (2014).il a aussi joué au cinéma : Ed Wood (1994), Dans la peau de John Malkovitch (1999), Saw (2004), Twilight chapitre I-Fascination (2008), Django Unchained (2012).

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15. TERMINUS 
(END OF THE LINE)

Scénario : Moira Kirland

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

La mort de l’épouse d’un vieil ami de Richard Castle provoque une crise avec Kate Beckett.

Critique :

Moira Kirland a brillamment mis en forme cette idée géniale que de mettre à l’épreuve la solidité du « Caskett » sur un autre terrain que celui des sentiments ; en plaçant cette opposition sur le terrain qui les réunit : le crime.

La victime était l’épouse de Damian Weslake, ami de Castle. Les explications que donne celui-ci à sa défense acharnée sont très convaincantes ; en plus, Nathan Fillion donne beaucoup de chaleur à celles-ci. L’acteur est impeccable, tant dans son obstruction initiale que dans son repentir et sa soif de justice. « Écoute ton cœur » lui dit Martha, toujours de bon conseil. Le scénario est véritablement habile puisqu’il charge Damian mais indirectement. L’élément le plus lourd étant la « coïncidence » entre ce crime et la mort du père de Damian, 20 ans auparavant. Or, que dit-on des coïncidences dans les séries policières ?

La série joue sur ses habitudes, comme le « bon » suspect initial mais innocent. Le fait qu’il soit relativement vite expédié signifie que le scénario va appuyer ailleurs et, de fait, il multiplie les suspects. Ils sont relativement bien dessinés même si un peu schématiques. Par contre, Jason Wiles n’est pas tout à fait le bon choix pour Damian. Emprunté, peu à l’aise et sans beaucoup d’expression, il ne crée que partiellement une connexion avec Nathan Fillion. Mais il y a beaucoup de rebondissements, tous crédibles et la rivalité entre Castle et Beckett rajoute un allant et pas mal de suspense. L’enquête à double hélice accouche d’une double résolution absolument stupéfiante et d’un final doux-amer.

Anecdotes :

  • « Chez les riches, les meurtres sont toujours bizarres » affirme Esposito

  • L’épisode se passe aux alentours de la Saint Valentin.

  • Alicia Coppola/Amber Patinelli : actrice américaine diplômée d’anthropologie et ancien mannequin n’a aucun lien de parenté avec Francis Ford Coppola. Vue au cinéma dans Benjamin Gates et le trésor des Templiers (2008) mais plus souvent à la télévision, notamment Another World (1991-1993), Trinity (1998-1999), Cold Feet (1999-2000), JAG (2003), Preuves à l’appui (2003-2005), NCIS (2004-2005, 3 épisodes), Mon oncle Charlie (2005-2013), NCIS : Los Angeles (2010, 2015), Esprits criminels (2014), Shameless (2016).

  • Tom Irwing/Simon Campbell : acteur américain, vu dans les séries Angela, 15 ans (1998-1999), Les Experts (2002), Related (2005-2006), Saving Grace (2007-2010), Grey’s Anatomy (2010-2011), Devious Maids (2013-2016).

  • Jason Wiles/Damian Westlake : acteur américain, surtout actif à la télévision : New York 911 (1999-2005), American Wives (2007), Esprits criminels (2010), Scream (2015).

  • Absence de Tamala Jones.

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16. ENVERS ET CONTRE TOUT 
(THE LAST STAND)

Scénario : David Amann

Réalisation : Rob Bowman

Résumé :

Croyant enquêter sur la mort d’un simple chauffeur de taxi, Castle et Beckett se retrouvent à chercher une arme de destruction massive !

Critique :

L’excellent épisode par nature : partir d’un fait banal et amener doucement à quelque chose de beaucoup plus gros, mettre de l’humour au départ puis le réduire progressivement tout en faisant monter la pression, doubler l’enquête habituelle du soupçon de la manipulation, et vous obtenez 40 minutes  (quasiment) sans faute qui vous scotchent à votre fauteuil.

D’entrée de jeu, Rob Bowman – sûrement le meilleur réalisateur de la série et un très bon réalisateur tout court – installe une tension, un rythme rapide marqué par une musique forte, qui scande les secondes et que l’on retrouvera plus tard. Tout commence donc par la mort d’Amir, un chauffeur de taxi dans un entrepôt abandonné. Ainsi que le souligne Lanie, tout pourrait faire paraître à un vol qui aurait mal tourné mais pourquoi avoir brisé les doigts du défunt ? David Amann, une des meilleures plumes du staff, nous invite ainsi à ne pas prendre ce que nous allons voir comme allant de soi, plus que d’habitude. La présence d’un diplomate syrien semble convenue mais c’est efficace pour troubler l’onde et cela nous vaut l’habituelle mais toujours réjouissante théorie de Castle ! Lequel devant un garde-meuble nous régalera une dernière fois d’une référence cinématographique amusante.

Une dernière fois parce que voilà que des traces de radioactivité sont détectées. Avant que l’enquête n’atteigne un climax de tension, le scénario s’est accordé une pause pour que Beckett évoque ses états d’âme, dise son amertume devant la tournure de sa vie amoureuse et trace le portrait du compagnon idéal. Intéressant que, sur ce passage, Nathan Fillion n’ait aucune ligne de texte. L’arrivée de Mark Fallon, de la Sécurité Intérieure, n’apaise pas vraiment les esprits ; d’autant qu’Adrian Pasdar est diablement convainquant en homme d’autorité. L’enquête suit un rythme trépidant car il y a urgence et ce moteur, pour être classique, n’en reste pas moins efficace. Tout comme le procédé un brin éculé d’éjecter les héros de l’enquête, histoire de dramatiser encore un peu les enjeux. Alors, certes, du coup, il n’y a plus de surprise désormais mais cela n’enlève rien à la qualité de l’ensemble car David Amann a su doser les révélations, amener chaque élément à temps et s’il ne surprend pas, c’est qu’il avait gardé une terrible carte dans son jeu qu’il abat à la dernière minute nous laissant tétanisé !

Anecdotes :

  • Cet épisode et le suivant forment un double épisode.

  • Alon Moni Aboutboul/Fariq Yusef : acteur israélien, vu au cinéma dans Rambo 3 (1988), Munich (2005), The Dark Knight Rises (2012), La chute de Londres (2016). Il travaille aussi pour la télévision : NCIS (2010), Fringe (2011), NCIS : Los Angeles (2013), The Blacklist (2014), The Leftovers (2015).

  • Lochlyn Munro/Kevin McCann : acteur canadien, vu dans Highlander (1994), JAG (1999), Monk (2004), Hawaï Five-0 (2012), Rizzoli & Isles (2015). Au cinéma, dans Dracula 2001 (2000), Freddy contre Jason (2003), Assaut sur Wall Street (2013), A la poursuite de demain (2015).

  • Adrian Pasdar/agent Mark Fallon : acteur américain, vu au cinéma dans Top Gun (1986), Aux frontières de l’aube (1987), L’impasse (1993) mais surtout à la télévision : Profit (1996-1997), Les Chemins de l’étrange (2000-2002), Amy (2003-2005), Heroes (2006-2010), The Lying Game (2011), Agents of SHIELD (2014), Colony (2016).

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17. RAPIDE, SILENCIEUX, MORTEL 
(SWIFT, SILENT, DEADLY)

Scénario : Andrew W. Marlowe

Réalisation : Bill Roe

Résumé :

Les enquêteurs n’ont que quelques heures pour découvrir la bombe.

Critique :

La surprise ne joue plus ici puisque le spectateur sait quels sont les tenants et les aboutissants mais le scénario d’Andrew W. Marlowe sait parfaitement user du contre-la-montre, gérer la tension et garder un peu de temps pour ses personnages. La réalisation est sans faute. L’orchestration est cependant moins présente et moins signifiante que pour le premier volet.

Tout le départ de l’épisode (jusqu’au générique) se joue sur trois fronts qui se renforcent mutuellement générant un effet d’angoisse croissant : Castle et Beckett se congelant à petit feu, Martha et Alexis rentrées inopinément et se demandant où est Richard, les enquêteurs à cran ayant autre chose à faire que les chercher. Évidemment que notre couple préféré s’en sortira mais, par un coup de vice dont on aurait pourtant pu s’attendre de la part de Marlowe, le « Caskett » subit un coup d’arrêt.

Castle va véritablement être le moteur de tout l’épisode. Ce sont ses intuitions, ses suggestions qui vont réellement permettre à l’enquête de progresser. Du grand Nathan Fillion. Pourtant, Mark Fallon ne passe pas au second plan grâce à l’énergie que met Adrian Pasdar dans son personnage. Il ne le rend vraiment pas sympathique mais c’est parfaitement voulu et pleinement réalisé. Juste une anecdote glissée par Ryan éclairera sur les motivations de l’agent Fallon. Après la séquence Dana Delany en saison 2, c’est une autre séquence de haut vol que s’offre la série avec Adrian Pasdar. C’est moins chaleureux mais, du moins, c’est complètement différent et pas moins intéressant. Coup de génie du scénariste que la « méthode Castle » qui sauve New York ! C’est à peine croyable mais c’est tellement bon !!

Anecdotes :

  • Générique différent : il est bleu glacier et l’orchestration n’est pas la même.

  • « On est programmé par la peur » énonce Beckett

  • Approximativement au 3/4 de l’épisode, Esposito cite deux noms, Evan Bauer et Jack Cochran ; en prenant le nom du premier et le prénom du second, il est possible d'obtenir Jack Bauer, le personnage principal de 24 heures chrono. Cochran est sans doute une référence à Robert Cochran, co-créateur de la série (avec Joel Surnow). Quant à Evan peut être une référence à Evan Katz, scénariste/executive producer durant toute la série 24 heures chrono, et co-créateur avec Manny Coto du spin-off 24 : Legacy.

  • Absence de Tamala Jones.

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18. UN PASSÉ ENCOMBRANT 
(SLAY THE DRAGON)

Scénario : Elisabeth Davis

Réalisation : David M. Barrett

Résumé :

Castle et Beckett enquêtent dans le monde impitoyable du soap-opera.

Critique :

Une fois encore, Castle se paye un genre et c’est le soap qui trinque. L’épisode est amusant, surjoué évidemment mais il aurait pu être meilleur cependant. Les différents éléments donnent plus l’impression d’être juxtaposés que réellement mêlés. On passe donc de l’un à l’autre sans vrai lien. L’écriture d’un soap a peut-être déteint sur Elisabeth Davis. En tout cas, on rit pas mal.

La mort de la victime est déjà une satire en soi : c’est un auteur ! L’effet miroir joue et on savoure d’autant que Castle et Beckett la prolonge d’une certaine façon. Néanmoins, ensuite, c’est un déroulement beaucoup plus classique qui survient même si les interrogatoires des comédiens sont très cocasses. Très drôles certes mais on a quand même connu plus désopilant. Elisabeth Davis s’amuse à doter tous les suspects d’alibis et on sourit devant la perplexité croissante des enquêteurs. Le problème c’est que quand Castle trouve la solution, l’impression laissé c’est qu’elle sort de nulle part. On aura une dernière occasion de sourire avec la scène écrite par le romancier pour le soap.

Heureusement, les divas vont sauver le médiocre pour le tirer vers le mieux. Susan Sullivan se déchaîne dans cet épisode qui a dû lui rappeler des souvenirs ! Martha est littéralement dans son élément puisqu’elle a joué dans ce soap…trente ans avant ! Elle veut se la jouer « agent infiltré » et c’est vraiment très drôle. Surtout dans deux moments ne paraissant pas du tout être ce qu’ils sont. Là, on est plié et la complicité entre Susan Sullivan et Nathan Fillion est exquise. Et puis il y a Jane Seymour, en invité de luxe. L’actrice surjoue une grande partie du temps (elle incarne la mère de la victime et il ne faut pas rater le moment où elle est amenée au poste) mais, quand son personnage est fermement interrogé par les enquêteurs, elle se pose et nous montre, à nous et à Castle et Beckett, ce que c’est que le talent. On n’ira pas jusqu’à brûler un cierge mais, dans le contexte de cet épisode, Jane Seymour était l’actrice qu’il fallait et elle ne se rate pas, nous faisant bien rire alors que son personnage n’a rien de reluisant !

Anecdotes :

  • Absence de Ruben Santiago-Hudson

  • Castle affirme qu’une machine à dérégler le climat a été imaginée dans un soap. Lequel est imaginaire mais la machine a été imaginé, elle, dans le film Chapeau melon et bottes de cuir !

  • Scène rarissime : Castle appelle Beckett « Katherine » mais c’était pour se moquer.

  • Tina Majorino/Reese Harlan : actrice américaine, de son nom complet Harmony Olivia Tina Majorino, elle travaille essentiellement pour la télévision : Veronica Mars (2004-2007), Big Love (2006-2010), Bones (3 épisodes, 2010-2011), Legends (2014).

  • Jane Seymour/Gloria Chambers : née Joyce Frankenberg, cette actrice britannique a été naturalisée américaine en 2005. Elle débute avec Ah ! Dieu ! que la guerre est jolie ! (1969) de Richard Attenborough, qui deviendra son beau-père entre 1971 et 1973 mais c’est son rôle de James Bond Girl dans Vivre et laisser mourir (Solitaire) en 1973 qui la fait connaître. Elle jouera ensuite notamment dans La Révolution française (1989) ou Serial noceurs (2005) mais c’est la télévision qui lui donne ses principaux rôles, en particulier Docteur Quinn, femme médecin (1993-1998). Elle a aussi joué dans les séries Smallville (2004-2005), Miss Marple (2007), Franklin et Bash (2012-2014), Jane the Virgin (2015). Élevée officier dans l’Ordre de l’Empire britannique en 2000. 

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19. ANTIDOTE 
(QUID PRO QUO)

Scénario : Terence Paul Winter

Réalisation : Jeff Blockner

Résumé :

Un juré s’effondre en plein procès : il a été empoisonné !

Critique :

Un honnête épisode même s’il n’a rien de particulièrement original. Son erreur est de ne pas se moquer du genre judiciaire et de l’aborder de façon trop sérieuse. Il est cependant assez bien écrit pour se suivre plaisamment.

L’épisode se base sur l’aphorisme bien connu : « A qui profite le crime ? ». En l’occurrence à l’accusé. Le scénario est assez habile pour ne pas l’écarter de la liste des suspects mais un autre aphorisme veut que le doute lui profite aussi. L’accusé innocent, c’est un cliché des séries et films judiciaires et, sur ce plan, Castle n’innove absolument pas mais, surtout, ne propose pas une fantaisie qui donnerait un second degré à l’épisode. A la place, c’est une enquête sérieuse mais banale qui nous est proposée. Par contre, on appréciera que le personnage de Montgomery soit mis en avant. Voilà un policier consciencieux mis sous pression par le procureur en personne ; difficile de bien faire son métier quand l’affaire concerne un procès médiatisé. C’est grâce à sa ténacité, et au soutien sans faille qu’il apporte à Beckett, que l’affaire sera résolue. Ruben Santiago-Hudson campe solidement son rôle.

Il y a une intrigue secondaire dans cet épisode autour d’un secret d’Alexis et d’une méthode peu scrupuleuse de son père pour savoir ce que fait sa fille. Amusant même si c’est une redite destinée à nous faire comprendre la foncière honnêteté de la jeune fille. Heureusement, la bonne composition de Molly C. Quinn permet à Alexis d’échapper au cliché de la bonne fille un peu bêta. On aura aussi apprécié comment elle remet son père en place mais, ça aussi c’est une redite. Dommage.

Anecdotes :

  • Le titre original de cet épisode est un jeu de mot avec la série Law and Order connue en France sous le nom New York, police judiciaire.

  • Bruce Davison/Louis Arnacki : acteur américain, vu au cinéma dans Fureur apache (1972), Six degrés de séparation (1993), X-Men (2000, 2002), Le maître du jeu (2003). Il a tourné aussi pour la télévision : Les contes de la crypte (1995), Triangle (2005), Les aventures de Flynn Carson : le secret de la coupe maudite (2008).

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20. UN MENTOR TRÈS SPÉCIAL 
(NOLA CONFIDENTIAL)

Scénario : Scott Williams

Réalisation : Steve Boyum

Résumé :

Le corps d’un journaliste est retrouvé dans le four d’une pizzéria.

Critique :

Voilà un épisode de Castle comme on les aime, plein d’humour mais un humour au service d’une solide enquête policière.

Avant le générique (donc en moins de dix minutes), le spectateur a eu deux grands éclats de rire ! Rien que les noms des quatre pizzaiolos en guerre sont des bijoux de drôlerie sans oublier les coups pendables qu’ils se sont faits entre eux ! Même Lanie pour une fois sacrifie à l’humour noir !! La théorie fumeuse de Castle est aussi brève qu’hilarante. L’identité de la victime, Gordon Burns, journaliste déchu, lance véritablement l’histoire. Une histoire simple puisqu’elle part de la « guerre des pizzas » pour aboutir à un trafic de drogue. Simple mais en aucun cas linéaire. Chacun des suspects pourrait être lié au crime et au trafic mais leurs interrogatoires distillent également de petites pastilles d’humour. Faire rire en instruisant le spectateur ; c’est bien joué.

L’enquête rebondit avec la découverte de Monica Wyatt, une ex de la victime. Liz Vassey apporte la gravité et la tendresse appropriée faisant un joli contraste avec les hommes jusqu’alors présenté qui avaient tous un côté ridicule ou pathétique. Poursuivre l’enquête va permettre de traquer la « Baleine Blanche » de Burns en lien avec un épisode traumatisant de son passé. Voilà l’élément tragique qui densifie le fond de l’épisode. Très appréciable aussi la révérence, très dans l’ADN de la série, au « film noir » et que ce soit « Boggie » qui apporte un élément déterminant est un bel hommage. Le fin mot de l’histoire, il revient à Castle, grand amateur du genre.

L’intrigue secondaire du jour, liée à Alexis, est différente des habituelles par sa gravité. L’adolescente vit très mal un coup qu’on lui a fait et ne comprend pas bien pourquoi elle réagit comme elle le fait. Molly C. Quinn est ici particulièrement convaincante et la connexion avec Nathan Fillion toujours aussi limpide. Les deux acteurs réalisent un sans-faute dans cette partition et il est bien vu de ne pas dresser de « l’âge ingrat » un portrait caricatural mais bien nuancé.

Anecdotes :

  • Castle a écrit « Ciel de cendres ».

  • En 2003, Ryan était dans la brigade des stups.

  • La « Baleine blanche » fait évidemment référence à Moby Dick, métaphore de l’obsession destructrice, d’après le roman éponyme d’Herman Melville. Il y a plusieurs références dans l’épisode.

  • Gary Basaraba/Ralph Carbone : acteur canadien, vu au cinéma dans La dernière tentation du Christ (1988), Striptease (1996), Suburbicon (2017) et à la télévision dans Brooklyn South (1997-1998), Boomtown (2002-2003), Person of Interest (2013-2014), NCIS : Nouvelle-Orléans (2016).

  • Peter Onorati/Sal Malavolta : acteur américain, surtout actif à la télévision : Walker, Texas Ranger (2000), Mes plus belles années (2002-2004), Ghost Whisperer (2007), Desperate Housewifes (2009).

  • Liz Vassey/Monica Wyatt : actrice américaine, elle tourne principalement pour la télévision : La Force du destin (1990-1992), Code Quantum (1991, 1993), Star Trek : la nouvelle génération (1992), Urgences (1994), Dharma et Greg (2000), Tru Calling (2005), Les Experts (2005-2010), La diva du divan (2011-2012).

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21. REPRÉSAILLES 
(KREWE)

Scénario : Matt Pyken

Réalisation : Paul Holahan

Résumé :

Un champion de natation est retrouvé mort noyé. Parallèlement, Castle s’agace de voir un autre auteur s’intéresser à Beckett.

Critique :

Episode un peu ambivalent. Son intrigue principale ne casse pas trois pattes à un canard mais elle est tout de même suffisamment bien écrite pour rester intéressante. Par contre, une fois n’est pas coutume, l’intrigue secondaire concerne Richard Castle lui-même ! Ces deux segments tendent à se renforcer mutuellement, ce qui est une réussite, et sauve l’épisode.

Lequel commençait mal avec cette histoire d’un nageur venu d’un milieu modeste, désargenté et qui devient un potentiel champion. La question usuelle du « D’où vient l’argent ? » n’est néanmoins pas mal exploitée puisqu’elle permet de développer l’environnement de la victime, fournissant ainsi la crédibilité du mobile du meurtre lorsque les enquêteurs l’auront trouvé. Le dopage dans le sport est aussi devenu un cliché de la série policière. C’est dommage d’y avoir sacrifié.

Tout cela va déboucher sur la résolution du crime grâce à…Michael Connelly ! Le célèbre auteur de polars participe à la traditionnelle soirée poker chez Castle (avec Dennis Lehanne) et c’est lui qui pose la question qui va renverser la table et relancer l’intrigue. Cette séance prend place dans l’intrigue secondaire autour d’Alex Conrad, auteur de polar débutant qui a pour mentor Richard Castle. Sauf que Castle Richard prend ombrage de l’intérêt de Conrad pour Beckett. La jalousie du romancier est aussi comique que sincère et Nathan Fillion joue toute la gamme : colère froide, méchanceté de gamin, homme sensé obligé de reconnaître sa mesquinerie. Le plus beau, c’est l’aveu qu’il fait à Beckett qui lui adresse la plus belle des réponses.

Anecdotes :

  • Justin Bruenig/Rob Tredwyck : acteur américain, surtout vu à la télévision : La force du destin (2003-2011), Les Experts : Miami (2008), Knight Rider (2008-2009), Ringer (2011-2012), Grey’s Anatomy (2013-2014), Les Experts : Cyber (2015).

  • Erik Palladino/coach Rome : acteur américain, vu à la télévision dans Murphy Brown (1996-1997), Urgences (1999-2001), Les Experts (2006), Championnes à tout prix (2009-2010), NCIS : Los Angeles (2012-2013), Suits (2015).

  • Brendan Hines/Alex Conrad : acteur et chanteur américain, vu dans les séries Lie to me (2009-2011) et Scorpion (2015).

  • Josie Loren/Bridget McManus : née Josie Lopez, cette actrice américaine d’origine cubaine tourne surtout part la télévision : Veronica Mars (2006), Championnes à tout prix (2009-2012), Mentalist (2014-2015).

  • Quatrième réunion poker entre Castle et ses pairs.

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22. AIE FOI EN LA PAROLE 
(KNOCKOUT)

Scénario : Alexi Hawley

Réalisation : John Terlesky

Résumé :

Mike Royce, le mentor de Beckett, est assassiné. Pour retrouver le meurtrier, elle n’hésite pas à aller jusqu’à Los Angeles.

Critique :

Un épisode plutôt dur sur le thème bien connu de la vengeance et de la justice. Classique mais bien fait et Nathan Fillion assure la part d’humour.

Classique aussi que le policier « trop » impliqué refuse de lâcher. Beckett doit aller à Los Angeles car le tueur présumé – un certain Ganz -  n’a fait qu’un saut à New York. La série s’offre cependant son originalité grâce à Richard Castle. L’arrivée « discrète » de nos duettistes dans la Cité des Anges puis la brève mais hilarante séquence à l’hôtel sont des moments de légèreté bienvenus. Classique aussi cette enquête en jouant au chat et à la souris avec la police locale mais, là encore, la « Castle touch », c’est le tournage de Vague de chaleur décalé, très drôle et très utile aussi ! Par contre, le coup de la balle qui fond, c’est beaucoup plus original ! On ne manquera pas non plus l’entrée en scène ultra-sexy de Beckett essayant de piéger Ganz.

L’épisode vaut surtout son pesant de cacahuètes pour sa place dans le « Caskett ». Les deux héros ne sont pas dans les positions habituelles ; ils sont dans une autre ville (superbes extérieurs ; l’hôtel de Ganz a un petit côté Les Experts : Miami) et sans tout ce qui fait leur quotidien. Lorsqu’ils parlent ensembles, le soir, à l’hôtel, ils le font à cœur ouvert et on sent que les deux personnages sont sur la corde raide. Tant Nathan Fillion que Stana Katic laissent entrapercevoir la tension qui habitent Castle et Beckett. Le temps paraît suspendu, hésitant. 

Anecdotes :

  • Dominic Purcell/Russell Ganz : acteur anglo-australien, on a pu le voir au cinéma dans Mission : Impossible 2 (2000), Blade Trinity (2004) mais surtout à la télévision : John Doe (2003), Prison Break (2005-2009), The Flash (2014).

  • D.B. Sweeney/Kyle Seeger : Daniel Bernard Sweeney, acteur américain, vu dans Les coulisses du pouvoir (1986), Sons (1989), Visiteurs extraterrestres (1993), Chiraq (2015). A la télévision, Docteur House (2006), The Event (2010).

  • Jason George/Charles Kelvin : acteur américain, surtout vu à la télévision : Roswell (2000), Stargate SG-1 (2005-2006), Les Mystères d’Eatswick (2009-2010), Grey’s Anatomy (depuis 2010), Mistresses (2013-2016).

  • Absence de Susan Sullivan et Molly C. Quinn. 

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23. CHANTIER À HAUT RISQUE 
(DOWN THE RABBIT HOLE)

Scénario : Terri Edda Miller

Réalisation : John Bleckner

Résumé :

La mort d’une candidate amène Castle et Beckett dans le monde glamour des concours de beauté

Critique :

Joli épisode qui se moque des concours de beauté en reprenant tous les codes mais avec le regard moqueur de la série.

C’est un peu meurtre chez Miss Détective dont on retrouve un certain nombre de marqueurs comme le photographe à la réputation sulfureuse, l’organisatrice du concours qui ne jure que par lui, le présentateur star, le conseiller efféminé. Les portraits de tous ceux qui gravitent autour du concours n’a rien de reluisant ! Classique et un peu facile. On pense aussi à cet épisode de Castle, « L’enfer de la mode » (2-3) où les projecteurs diffusaient une lumière crue sur le monde du mannequinat. Néanmoins, l’épisode est plus que cela. A partir du moment où une candidate – une blonde un peu bête et méchante – donne aux enquêteurs le violon qui servait à la victime pour son numéro, elle leur remet également – selon elle – « le mobile du meurtre » ; à savoir des photos de nus. Photos que l’on pourra voir, ce qui n’est pas si fréquent tout de même ! Qui dit photo de nu pour une future Miss dit chantage dit aussi photographe. C’est en examinant soigneusement la photo – mais « que » la photo – que Castle trouve le détail qui relance l’intrigue et l’éloigne du copier-coller et c’est grâce à Beckett que l’écrivain aura la révélation.

L’épisode comprend deux intrigues secondaires. La moins importante tient dans le choix du cadeau à sa femme par Montgomery pour fêter 30 ans de mariage. C’est Castle qui lui suggère ledit cadeau. Mais, plus fort, il y a l’histoire entre Alexis et Ashley. Les deux adolescents s’apprêtent à quitter le lycée et Alexis craint que l’éloignement ne tue leur amour mais aussi elle refuse qu’il fasse un choix en fonction d’elle et non de ce qu’il veut lui pour son avenir. Entre les deux, papa Castle devra jouer les médiateurs ! C’est tendre et touchant grâce en partie à la connexion Nathan Fillion-Molly C. Quinn.

Anecdotes :

  • Michael McKean/Victor Baron : acteur américain, il joue sur les deux écrans. Au cinéma, on l’a vu dans 1941 (1979), Spinal Tab (1984), Jack (1996), Jugé coupable (1999). A la télévision, il fut récurrent pour X-Files (Morris Fletcher, 3 épisodes, 1998-2002), The Lone Gunmen (2001), Better Call Saul (2015).

  • Sasha Roiz/Bobby Stark : acteur israélo-canadien, vu au cinéma dans Pompéi (2014) et à la télévision dans Missing : disparu sans laisser de traces (2004), NCIS (2007), Lie to me (2009), Docteur House (2011), Grimm (2011-2017).

  • Teri Polo/Kayla Baron : Teresa Elisabeth Polo, actrice et mannequin américaine, vue au cinéma dans La maison aux esprits (1993), Mon beau-père et moi (2000) et vue à la télévision dans Bienvenu en Alaska (1994-1995), Le Damné (1998-1999), The Practice (2003), Les Experts : Miami (2008), The Fosters (depuis 2013).

  • Bellamy Young/Candace Ford : cette actrice américaine, née Amy Maria Young, est principalement connue pour son rôle – magnifique – de Mellie Grant dans Scandal (depuis 2012). Elle incarne aussi la compagne d’Hotchner dans Esprits criminels (7 épisodes 2011-2013). Elle a aussi joué dans Scrubs (2004-2009).

  • Judith Scott/ Evelyn Montgomery : actrice américaine vue dans les séries Robocop (1994), Inspecteur Barnaby (1998), X-Files (2000), FBI : Portés Disparus (2003), Dexter (2007), Docteur House (2008), Les Experts : Miami (2011).

  • Absence de Tamala Jones remplacée par Arye Gross.

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24. LA CHUTE 
(POETIC JUSTICE)

castle 3 24

Résumé :

Hal Lockwood, l’assassin de la mère de Beckett, s’évade de prison. En se lançant à ses trousses, Kate Beckett provoque une série de drames.

Critique :

Épisode très noir, très dur et très amer ; jamais l’arc « Johanna Beckett » n’avait tant ressemblé à la terre brûlée. Le spectateur profite tout juste quelques minutes de légèreté avant d’entrer dans la violence. Elle prend tous les visages, physique (usage de grenade assourdissante, fusillades) et psychologique (peur de Jim Beckett de perdre sa fille ; la rencontre de Scott Paulin et de Nathan Fillion est très émouvante). Stana Katic est éblouissante, volant la vedette à son partenaire (ce qui causera des frictions) : elle donne à voir un flic qui s’obnubile, un supérieur qui confond autorité et autoritarisme mais surtout une femme qui n’écoute plus rien, ni personne. Ce n’est plus une enquête ; c’est une croisade. Sur l’autel de sa vengeance, Kate Beckett sacrifie Richard Castle. Leur tête-à-tête, d’abord très touchant, devient tendu et, à bout – magnifique composition des comédiens incandescents – ils se lancent à la figure quelques vérités blessantes. Cet épisode met aussi en valeur le capitaine Montgomery et Ruben Santiago-Hudson donne toute sa force à ce personnage secondaire mais si attachant. Tour à tour, il est dur, tendre, complice. Un numéro très fort.

Il y aura un autre sacrifice. L’enquête s’est poursuivie et la ténacité de Ryan et Esposito a malheureusement payé. Une visite de Lockwood nous l’avait déjà appris. C’est un moment glaçant. Max Martini est très convainquant : cet homme fait froid dans le dos et quand il sourit, c’est pire encore ! Ce qui rend ce final si fort, c’est que le scénario ne sacrifie aucunement l’émotion à l’action. Il est impossible de garder les yeux secs jusqu’au bout et surtout pas après la dernière réplique de Nathan Fillion. L’aveu de Castle.

Anecdotes :

  • Retour de Max Martini (Hal Lockwood), Scott Paulin (Jim Beckett) et Judith Scott (Evelyn Montgomery).

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