saison 1 saison 3

Sherlock Holmes (Jeremy Brett)

Bonus 

1. Livre: The Television Sherlock Holmes

2. Musique : Sherlock Holmes - Music from Granada Television


1.     LIVRE: THE TELEVISION SHERLOCK HOLMES

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Auteur : Peter Haining (1940-2007) est un journaliste, écrivain et compilateur britannique. Il est devenu romancier à temps plein au début des années 1970 et il a participé à un grand nombre d'anthologies, principalement de nouvelles d'horreur et fantastique. Il a écrit des livres non romanesques ainsi que trois romans. Peter Haining a rédigé plusieurs ouvrages de référence sur Doctor Who et  l'étude définitive sur Sherlock Holmes à l’écran,  The Television Sherlock Holmes. Il a contribué à plus de 170 ouvrages.  

Editeur : W.H. Allen, en association avec Granada Television. 

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Paru en 1986, l’ouvrage marque le centenaire du détective et ses différentes adaptations à la télévision. Le livre fait coïncider l’évènement de la série Granada, les cent ans d’existence de Holmes et les cinquante ans depuis la première apparition du détective à la télévision ; toutes les interprétations sont passées en revue. Le livre bénéficie d’une préface de Jeremy Brett et des après-propos des deux acteurs - David Burke et Edward Hardwicke - qui personnifièrent le docteur Watson dans la série Granada.

Brett écrivit la préface en février 1986, avant le tournage du dix-huitième épisode, The Man with the Twisted Lip. Il décrit les circonstances de son engagement quatre ans plus tôt ; son soulagement à l’annulation initiale puis la lecture de l’œuvre complète, une redécouverte depuis ses années scolaires, et il accepta avec joie en septembre 82 lorsque le producteur Michael Cox l’appela pour le rôle. Il considère que ce fut la chance de sa vie.

La série Granada est la plus proche de l’esprit de Sir Arthur Conan Doyle, et le livre est dédié aux ‘Castlefield Irregulars’ (ndlr : Castlefield est le lieu de tournage) : Cox, Brett, Burke, Hardwicke et June Wyndham-Davies, productrice à partir de la seconde saison. Le chapitre intitulé : ‘The Adventure of the Castlefield Triumph : The Making of the Granada Series’ est un des plus intéressants de l’ouvrage. Il est à noter que le livre regorge d’illustrations de Sidney Paget, qui contribua, avec 356 dessins dans le Strand Magazine où parurent de nombreuses nouvelles de Doyle, à donner l’image de Holmes telle que de nombreux fans se le représentent toujours aujourd’hui !

Peter Haining retrace la naissance du détective sous la plume de Doyle et il précise qu’Holmes avait d’abord pour prénom Sherringford ! Le premier roman, Une étude en rouge, écrit début 1886, n’est pas accepté tout de suite et il parait qu’un an plus tard, avec un succès qui lança la légende. Un second roman – Le signe des quatre - suivit puis les nouvelles. Lassé de son héro, Doyle décida de s’en débarrasser aux chutes de Reichenbach qu’il avait visitées avec sa femme.

Holmes apparaît pour la première fois sur écran en 1937 lors de tests pour NBC. Cette même année marque la première apparition télé avec Les Trois Garrideb aux USA. Il y a une confusion entre l’auteur et Holmes pour beaucoup de fans de l’époque. L’anecdote de Doyle concernant des écoliers français qui voulaient absolument voir 221B Baker Street en arrivant à Londres est savoureuse. La question également de savoir de quel côté se trouve le 221B à Baker Street est soulevée. L’ouvrage passe en revue bien évidemment les séries antérieures à celle des studios Granada dans une chronologie de Holmes à la TV de 1937 à 1984. Conan Doyle était emballé par la prestation de Gillette et on découvre aussi une photo intéressante de l’écrivain à Hollywood avec Douglas Fairbanks.

A noter la série américaine de 1954 de 39 épisodes (Holmes est Ronald Howard) où Baker Street est reproduite dans les studios d’Épinay-sur-Seine, et les pavés furent fournis par la ville de Paris ! Peter Cushing était considéré comme le meilleur Holmes avant la série Granada. Il est fait mention de Sherlock Holmes à New York, un téléfilm dans lequel Roger Moore est Holmes et Patrick Macnee, le docteur Watson. Moore déclara qu’il avait plus de dialogues dans le téléfilm que dans les 120 épisodes du Saint et les deux James Bond qu’il avait tournés alors. Le scénario, drôle et original, a permis à l’acteur d’interpréter le détective à sa guise, mais l’ensemble se range du côté des flops. 

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La série est fidèle à l’œuvre car les producteurs avaient constitué The Baker Street File, une véritable Bible. Tous les détails des histoires de Doyle y sont recensés, mais les écrits couvrent trente années et souffrent parfois d’incohérences. Il y eut un investissement de cinq millions de livres pour les treize premiers épisodes et la série fut acclamée aux USA. Tournée à Castlefield, une région historique de Manchester, la série est marquée par la reconstitution de Baker Street. Longue de 60 yards, elle coûta £250, 000 et elle était délimitée d’un côté par des entrepôts et de l’autre par les décors d’une autre célèbre série britannique, Coronation Street. Il n’y avait pas la possibilité de rendre la rue interminable : Regent’s Park est de ce fait au bout de la rue. La période choisie par les producteurs fut 1890 et il s’ensuit une recherche de plans de rues, d’illustrations dans des magasins comme Harrod’s… Pour savoir si la rue était pavée ou goudronnée, la production eut recours aux archives. La façade de Baker Street était composée de deux cent sections en acier, et tout au niveau de la rue - ‘street level detail’ - suintait la perfection. Elle fut construite en cinq mois, de janvier à mai 1982. Le souci de détails allait jusqu’à rechercher des meubles d’époque et les propriétaires voulaient ensuite les racheter car ils prenaient de la valeur après avoir servi à une série de Sherlock Holmes. Des journaux d’époque étaient imprimés et l’intérieur du 221B fut fidèlement reconstitué, mais sans miroir, car cela dérangeait l’équipe de tournage. Néanmoins, on peut remarquer une image des chutes de Reichenbach au-dessus de la cheminée. Cette entorse était ‘a great joke’ [un superbe clin d’œil] pour Jeremy Brett.

La volonté de la production était en effet de coller à l’atmosphère et aux histoires au plus près, avec l’utilisation des dessins de Sidney Paget, illustrateur pour le Strand Magazine des premières illustrations du détective.

L’un des passages les plus intéressants du livre est l’interview de Jeremy Brett pendant le tournage de l’épisode A Second Stain. Le chapitre s’intitule: ‘A Baker Street Day with Sherlock Holmes: in conversation with the great detective’. La description, en début de chapitre, de Baker Street version 1890 pendant le tournage en décembre 1985 est grandiose. L’entretien eut lieu dans l’appartement fidèlement reconstitué. Brett déclare travailler plus vite dans ce studio qu’en extérieurs ou dans un autre endroit. L’acteur s’absorbe dans le rôle et il fait même parfois la sieste dans la chambre de ce studio pendant la pause-déjeuner. Brett précise qu’il eut une première sollicitation pour le rôle en 1982 mais il était, au début, anxieux et inquiet d’accepter. Pourquoi lui ? Il n’avait rien à ajouter aux autres prestations, et cela constituait un arrêt à sa carrière. Il joua au Canada et il lut l’œuvre deux fois ; il marinait dans Sherlock Holmes. C’est un personnage très arrogant qu’il n’appréciait pas beaucoup, qu’il considérait comme une machine. Il ne trouvait pas non plus qu’il ressemblait aux dessins de Paget. Après un make-up test, il devint de plus en plus fasciné par le rôle. Brett perdit six kilos et il se fit teindre les cheveux en noir. Il rechercha la perfection et la fidélité à l’œuvre. Brett possédait une édition richement annotée à laquelle il se référait continuellement pendant le tournage. Lorsque les scénaristes s’y écartaient, il la prenait et allait les trouver : ‘Isn’t the original better ?’. David Burke déclara que Brett conservait l’œuvre de Doyle comme une bible et le livre était en piteux état à la fin de la saison tellement il avait été consulté et annoté. 

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Sur le tournage des Hêtres Rouges avec Natascha Richardson à droite. 

L’acteur se levait à trois heures du matin pour apprendre les dialogues et se fondre dans le personnage. Après une discussion avec Michael Cox, les répétions furent augmentées d’une semaine passant à deux et le tournage d’un épisode durait de trois semaines à trois semaines et demie. Pour Jeremy Brett, le changement de Watson a été comme un bol d’air frais ; trois ans ont passé après le hiatus et c’était le meilleur moment pour le remplacement. Le Retour est pour l’acteur meilleur que la première saison : nouvelles choses, nouveaux metteurs en scène, cameramen…Brett ne bénéficiait pas de traitement de star et il déjeunait à la cantine où il avait créé une atmosphère familiale.

Holmes devint ‘the dark side of the moon’ pour Jeremy Brett. Il n’y avait que le détective dans la vie de l’acteur et il ne pouvait même pas quitter le personnage le soir car il était seul dans sa chambre d’hôtel de Manchester. Le tournage commençait à 7h15 pour se terminer à 17h30. Il en rêvait, ‘He was over-Holmsed’ ! C’est devenu dangereux au dixième épisode, The Norwood Builder. Brett avait les cheveux teints en noir, un maquillage qui le rendait blême et des habits de croque-mort, ce qui n’était pas le Brett de la vie de tous les jours. Même dans sa façon de fumer (cigarettes, pipe, tabac…), l’acteur suivait l’œuvre à la lettre. Les gens qui travaillaient au studio connaissaient le script, ce qui aidait beaucoup. A noter néanmoins que Jeremy Brett ne savait pas jouer du violon et Patrick Gowers, le compositeur, mettait de la musique sur les partitions silencieuses de l’acteur. C’est la fille de Gowers qui jouait. 

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L’image de Watson a évolué avec la série, que cela soit Burke ou Hardwicke. Après dix-huit mois de tournage, David Burke quitte la série pour jouer Shakespeare avec sa femme et retrouver son fils de cinq ans qu’il voyait peu. Le hiatus a aidé au départ de Burke pour la Royal Shakespeare Company. La série est diffusée pour la première fois en Grande-Bretagne le 24 avril 1984. Burke révèle que c’était un jeu d’enfants d’interpréter Watson, qu’il fallait seulement changer de vêtements, et il n’apprenait pas les dialogues par cœur. Lors de la seconde saison, ce fut un compliment pour Hardwicke lorsque la maquilleuse l’appela : ‘David’. Après la série, Watson ne sera plus perçu dorénavant comme un benêt, ce qui d’ailleurs n’avait jamais été l’intention de Doyle.

Le rôle au théâtre en Amérique, avant le début de la seconde saison, Le Retour de Sherlock Holmes, fut bénéfique à Jeremy Brett. En effet, le tournage commença à l’automne 85, un mois après le décès de sa femme, dont la maladie s’était déclarée alors que l’acteur était en Suisse pour The Final Problem.

Parmi les autres passages notables du livre, le chapitre très intéressant: ‘The Fall of Moriarty: the most frightening TV sequence ever made’ consacré à la scène du combat Holmes/Moriarty dans The Final Problem. Le passage éprouvant de l’affrontement, réellement tourné au bord du précipice en septembre 84, a nécessité six prises. Brett avait la nausée lorsqu’il regardait en contrebas. Au fur et à mesure des prises, les acteurs, aspergés par des jets d’eau, avaient du mal à se tenir debout sur le sol glissant. Le tournage en Suisse dura plusieurs semaines. De nombreuses photographies illustrent le chapitre. Lors de la chute de 120 mètres, on aperçoit les câbles d'acier qui retiennent les cascadeurs. Alf Joint est le cascadeur qui a doublé Moriarty pour la chute ; il fait une apparition dans Le club de l'enfer (saison 4 des Avengers). Marc Boyle était Holmes et la chute dura 25 secondes. Brett attendait en bas les deux cascadeurs avec une bouteille de champagne. 

L’ouvrage comprend de nombreuses photographies, particulièrement des photos de tournage qui constituent de véritables documents. Par exemples, des clichés (couleur) expliquent la scène finale du ‘bateau’ du Scandale en Bohême et celle du ‘train’ (un wagon sur la remorque d’un camion) de l’épisode Le ruban moucheté. Des exemples qui dévoilent les techniques de production de la série qui utilisait de véritables engins de l’époque, comme le véhicule tracteur dans la fausse Baker Street pour L’entrepreneur de Norwood (photo ci-dessous). Mais le document que je préfère est la photographie  montrant Brett et Hardwicke sur la charrette du Rituel des Musgrave qui se trouve en fait sur une remorque de camion ! A noter aussi les deux cent faits tirés de Baker Street File et le chapitre The Stately Holmes consacré aux somptueux lieux de tournage. 

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Sur le tournage de L’entrepreneur de Norwood

L’annexe comprend le résumé et les distributions des vingt premiers épisodes : The Adventures of Sherlock Holmes (1985) et The Return of Sherlock Holmes (1986-1987). Un des intérêts de cette première édition est qu’elle s’arrête au vingtième épisode, Les six Napoléons, car on sait rétrospectivement qu’à partir de cette période, la santé de l’acteur va commencer à se dégrader inexorablement. Après le tournage des Napoléons, Jeremy Brett a été admis au Mandsley Hopital pendant dix semaines pour soigner une grave dépression nerveuse. 

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Seconde édition février 1991. 

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Jeremy Brett présente une édition du livre

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Edition mars 1994 (paperback). 256 pages

Cette édition présente un nouvel avant-propos  de Jeremy Brett qui date de 1993, une longue introduction de l’auteur et une brève postface de Michael Cox. La liste des épisodes va, bien entendu, jusqu’au terme de la série dans cet ouvrage (fin de tournage en 1994). 

Conclusion :

 

Toutes les éditions de l’ouvrage de Peter Haining sont épuisées mais très intéressantes pour toute personne s’intéressant au tournage de la série. Aucune version n’a été traduite en français, mais elles sont indispensables aux fans de la série Granada, qui constitue pour beaucoup la plus belle transposition sur pellicule de l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle. Quelle édition choisir ? C’est votre porte-monnaie qui décidera car les prix varient d’une poignée de livres – j’ai acquis l’édition de 1986 pour 6€ après conversion – à plusieurs centaines comme l’édition de 1994 qu’on trouve à £450 sur Amazon.

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2. MUSIQUE : SHERLOCK HOLMES - MUSIC FROM GRANADA TELEVISIONS

Ce CD, sorti en janvier 2000 chez Jay Records, est une réédition des albums de 1989 et 1990, devenus assez difficile à trouver à un prix raisonnable. Cet enregistrement de 1987 constitue un excellent complément au livre de Peter Haining. Sous la direction de Patrick Gowers, disparu en décembre 2014, des orchestres prestigieux font revivre dix-neuf compositions (plus de 55 minutes, liste ci-dessous) de la série. Il dirigea The Wren Orchestra, The Gabrieli String Quartet et The St.Paul's Cathedral Choir spécialement pour l’enregistrement qui eut lieu à The Abbey Road Studios.

C’est un plaisir de réécouter les principaux thèmes de la série des épisodes réalisés jusqu’en 1987, ce qui correspond aux Aventures de Sherlock Holmes (13 épisodes), au Retour de Sherlock Holmes (première partie, 7 épisodes) ainsi que Le signe des quatre. Pratiquement le même découpage que le premier livre de Haining qui n’inclut pas le premier film.

Vous retrouverez bien sûr l'excellent générique, ainsi que quelques-unes de ses variations, comme la version chorale de l'épisode The Priory School, ou l'émouvante musique que l'on peut entendre lors de la mort présumée de Sherlock Holmes aux chutes de Reichenbach dans The final Problem. La plupart des thèmes originaux donnent la part belle au violon, interprété par Kenneth Sillito, et au piano.

Ces partitions témoignent d'une grande inspiration et nous transportent dans l’Angleterre victorienne du 221B Baker Street.

La liste des musiques de l’album :

1. 221B Baker Street (00:48) 2. Elsie Cubitt (03:54) 3. Libera Me (04:13) 4. North By Ten And By Ten (02:43) 5. Old Sherman's Dog Toby (01:23) 6. Sutton's Nightmare (03:34) 7. River Chase (05:54) 8. The Death Of Sherlock Holmes (05:25) 9. Irene Adler (04:46) 10. Holmes In Europe (01:25) 11. John Hector McFarlane And His Mother (02:01) 12. Setting Out (02:08) 13. Lucretia Venucci And Her Family (03:44) 14. Mr Henry Baker's Christmas (02:10) 15. The Illustrious Lord Bellinger (02:13) 16. On The Trail (01:19) 17. Neville St. Clair's Nostalgia (02:14) 18. The Bar Of Gold, Upper Swandam Lane (04:07) 19. Baker Street Reunion (01:48). Total Duration: 00:55:52. 

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Les éditions antérieures : 

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L’édition de 1989, Music Heritage Society.

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L’édition de 1990, Varese Sarabande

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