Saison 1Saison 3

Night Gallery

Saison 2 - Partie 1



1-A. THE BOY WHO PREDICTED EARTHQUAKES



Date de diffusion : 15 septembre 1971

Scénario : Rod Serling, d'après une nouvelle de Margaret St Clair

Mise en scène : John Badham

Durée : 21’35’’

Résumé : 

Herbie, un jeune garçon de dix ans, a la faculté de prévoir les événements survenant le lendemain. Après qu’il ait prédit un tremblement de terre, cela lui vaut de devenir une vedette de la télévision, grâce à un producteur tentant d’exploiter au maximum son talent. Un jour, Herbie annonce que le lendemain verra le début d’un âge d’or universel, mais une universitaire l’étudiant demeure sceptique. Comment peut-il être aussi catégorique, alors que son pourvoir de prédiction ne dépasse pas 48 heures ?

Critique :

Rod Serling débute en fanfare cette nouvelle saison, avec un bref récit à chute typique ce qu’il proposait dans La Quatrième Dimension. Le format court, à peine plus de  vingt minutes, convient idéalement à ce forma, d’autant que Serling le maîtrise à merveille. Toute la première partie exprime ainsi une satire féroce des mœurs télévisuelles à Los Angeles, où rien n’a réellement changé depuis les années 70. Le passage se montre aussi décapant que drôles, grâce à la présence d’acteurs chevronnés, comme l’irremplaçable Bernie Kopell. La rapidité des événements et le contraste soudain avec l’horreur de la révélation finale produit un effet réellement effrayant.

Le véritable atout de l’opus reste toutefois l’extraordinaire maestria de la mise en scène de John Badham, qui assure un tempo d’enfer grâce un montage tonique et une profusion d’idées aussi variées au suggestives. Il parvient ainsi à rendre profondément étrange les paroles d’Herbie (parfait Clint Howard) et participe pleinement au succès par contraste de la chute. En effet à son maelstrom visuel succède la chambre d’hôtel quasiment située dans le néant, parfait décor pour une révélation finale glaçante.

Anecdotes :

  • John Badham effectue ici l’une de ses toutes premières réalisations professionnelles. Jusque-là il faisait visiter les studios Universal aux touristes, tout en se créant des contacts auprès des producteurs. Il va participer six fois à l’anthologie, avant de devenir le metteur en scènes de plusieurs films à succès (La fièvre du samedi soir, Wargames, Short Circuit…). Se consacrant de nouveau à la télévision depuis la fin des années 90, il demeure encore actif aujourd’hui, réalisant plusieurs épisodes de la série Supernatural.

  • La voix du pilote de l’hélicoptère est assurée par l’acteur Mike Road, qui lit également les noms des artistes invités durant le générique.

  • L’épisode adapte la nouvelle The Boy Who Predicted Earthquakes, de Margaret St. Clair. Le texte fut initialement dans le journal canadien Maclean's, en 1950.
  • Clint Howard (Herbie) est le frère du réalisateur Ron Howard. Il participe à de nombreuses séries des années 60 et 70, ainsi qu’à divers films de son frère.

  • Le peintre Thomas Wright s’est inspiré de son propre fils pour réaliser le tableau représentant l’épisode.

  • Le film que regarde Wellman est L’île du docteur Moreau (1932).

  • Le tremblement de terre prédit par Herbie est celui survenu dans la vallée de San Fernando, quelques mois avant la diffusion de l’épisode. Le 9 février 1971, il coûta la vie la vie à 64 personnes, notamment dans la ville de Sylmar, à proximité de Los Angeles. 

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1-B. MISS LOVECRAFT SENT ME

Date de diffusion : 15 septembre 1971

Scénario : Jack Laird

Mise en scène : Gene Kearney

Durée : 3’32’’

Résumé :

Envoyée par l’agence de baby-sitters de Miss Lovecraft, la jeune Betsy frappe à la porte d’un superbe manoir gothique. Elle est reçue par le père de famille, mais les événements étranges se multiplient. Son hôte ne se reflète pas dans un miroir et la bibliothèque contient d’inquiétants grimoires de magie noire. 

Critique :

Ce très court métrage introduit les vignettes le plus souvent écrites par le show-runner Jack Laird. Celui-ci les percevait comme une amusante spécificité de son anthologie, en plus d’un gage de modernité. Malheureusement l’humour détonne surtout par sa naïveté, l’unique ressort humoristique étant l’accumulation des preuves  de la nature vampirique de l’hôte non compris par une jeune fille guère intuitive. La modernité visée par Leard devient simplement une scène peu relevée de La Famille Addams, série de la décennie précédente. La chute n’apporte aucune valeur ajoutée et l’on se demande bien ce que Lovecraft vient faire dans cette histoire, Bram Stoker aurait été bien davantage indiqué. Outre la sympathique fraîcheur de Sue Lyon, on s’amuse toutefois de la divertissante caricature du Vampire des vieux films hollywoodiens, effectuée par l’impeccable Joseph Campanella.

Anecdotes :

  • Joseph Campanella (Father) apparut dans d’innombrables séries télévisées. Son rôle le plus connu reste celui du patron de Jo Mannix, en première saison des aventures du détective privé, avant que celui-ci n’ouvre sa propre agence.

  • Sue Lyon (Betsy) est restée dans l’histoire du cinéma comme étant la Lolita de Stanley Kubrick, en 1962. Malgré ce remarquable lancement, sa carrière souffrit de ses troubles bipolaires récurrents  et se limita à quelques apparitions durant les années 60 et 70.

  • Le Vampire Father représente clairement une parodie du Dracula de Bela Lugosi, dans le célèbre film de 1931. 

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1-C. THE HAND OF BORGUS WEEMS

Date de diffusion : 15 septembre 1971

Scénario : Alvin Sapinsley, d'après une nouvelle de George Langelaan

Mise en scène : John M. Lucas

Durée : 20’59’’

Résumé :

La main droite de Peter Lacland semble désormais habitée par un esprit maléfique, qui incite son propriétaire à commettre des meurtres. Lacland résiste désespérément et finit par se faire amputer pour éviter de devenir un assassin. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Critique :

Le franco-britannique George Langelaan (198-1972) fut avant tout un auteur à succès de récits d’espionnage, où il mit à profit son passé d’agent secret durant la Seconde Guerre Mondiale. Mais il eut également la marotte du surnaturel, se consacrant notamment durent des décennies à la chasse à la preuve de l’existence des revenants. Cette passion se retrouva dans plusieurs écrits se découvrant comme autant de variations autour du thème des fantômes et autres entités spectrales. Malheureusement, l’ambiance souvent très évocatrice de ces ouvrages ne va que fugacement se retrouver au cours de l’épisode.

En effet l’adaptation échoue totalement à susciter l’élément clef de ce type de récit horrifique que représente une tension allant crescendo. Les manifestations de la main ne font que se répéter encore et encore, sur un mode venant progressivement très répétitif. La mise en scène suit le même chemin, les premiers gros plans, réellement suggestifs, sur la main possédée, ne font ensuite que ressasser. Peut-être pour gagner du temps de narration, le récit a recours à la forme narrative du flash-back, le héros racontant son histoire au chirurgien. Mais la technique n’est guère maîtrisée, avec notamment le doublon sans intérêt de la scène d’ouverture. La chute reste également très prévisible. L’interprétation demeure toutefois de qualité et le mélange d’un environnement très 70’s avec un thème ancien du Fantastique suscite en soi une curiosité.

Anecdotes :

  • Gorge Maharis (Peter Lacland), d’ascendance grecque, joua de nombreux rôles de beaux ténébreux au cinéma comme à la télévision. Son rôle le plus connu demeure celui de Buz Murdock, l’un des deux protagonistes de la série itinérante à grand succès Route 66 (1960-1964). Il connut également une belle carrière de chanteur.

  • L’épisode s’inspire de la nouvelle The Other Hand, de George Langelaan, initialement publiée dans  The Magazine of Fantasy and Science Fiction (octobre 1961). Publié sans discontinuité depuis 1949, ce magazine est célèbre pour avoir accueilli régulièrement de grands auteurs de Science-fiction, ainsi que plusieurs publications initiales de nouvelles parmi les plus fameuses du genre (Un Cantique pour Leibowitz, de Walter M. Miller ou La Tour Sombre, début de la grande œuvre de Stephen King) 

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1-D. PHANTOM OF WHAT OPERA ?

Date de diffusion : 15 septembre 1971

Scénario : Gene Kearney

Mise en scène : Gene Kearney

Durée :  ‘3’38’’

Résumé :

Le Fantôme de l’opéra, au visage dissimulé par un masque, entraîne une jeune femme dans son repaire souterrain. Il lui ordonne de ne pas tenter de découvrir ce que dissimule le masque, ce à quoi elle s’empresse de désobéir. Cette action va avoir une conséquence inattendue.

Critique :

Le dénouement a pour lui de résulter quelque peu étonnant. Par contre l’objectif poétique qu’il semble viser échoue de par la brièveté de la narration et de son non développement au-delà du simple effet choc.  Par ailleurs l’omniprésence du masque et l’accumulation de maquillage fait que Leslie Nielsen demeure méconnaissable de bout en bout. L’épisode se prive ainsi de l’essentiel de sa présence et se limite de ce fait à un exercice de style assez creux. Cette formule en vignette continue à ne pas convaincre, d’autant que l’on se dit que les quelques minutes gaspillées de la sorte auraient pu aider l’opus précédent a susciter une vraie atmosphère.

Anecdotes :

  • Leslie Nielsen (le Fantôme de l’Opéra) se fit connaître pour des rôles sérieux, parfois même sombres (Planète interdite, 1956. L’aventure du Poséidon, 1972), avant d’opter pour la comédie à la fin des années 70 à travers les productions du trio .Z.A.Z. (Y a-t-il un  pilote ?et Y a-t-il un flic ?, Police Squad, Scary Movie...). Il participa également à de nombreux jeux télévisés. Nielsen fut aussi un passionné de golf, et ses vidéos d’apprentissage de ce sport, réalisées avec beaucoup d’humour, connurent un grand succès aux USA. 

  • L’épisode s’inspire du célèbre film Le fantôme de l’Opéra (1925), dont le rôle principal fut tenu par Lon Chaney.

  • Le tableau introduisant l’épisode représente également le Fantôme alors incarné par Chaney.  

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2-A. A DEATH IN THE FAMILY

Date de diffusion : 22 septembre 1971

Scénario : Rod Serling, d'après une nouvelle de Miriam Allen deFord

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 22’23’’

Résumé :

 Jared Soames, un entrepreneur de pompes funèbres, se montre scandalisé quand les autorités lui amènent la dépouille d’un vieillard pauvre et sans famille, pour un enterrement expéditif. Il promet alors au défunt de lui offrir bien mieux qu’une tombe anonyme. Quand un jeune bandit, évadé de prison et grièvement blessé, s’introduit chez Soames, il découvre à ses dépens ce que signifie réellement cette promesse.

Critique :

Si la chute du récit se laisse trop facilement deviner, la découverte savamment progressive de la folie de Soames apporte une réelle atmosphère intrigante, puis horrifique, au récit. Habilement soutenue par une mise en scène claustrophobe à souhait, l’idée de base résulte très efficace, aussi bien par son cheminement que par sa conclusion choc, qui sait apporter un surcroît d’humour noir à l’ensemble. D’ailleurs, trois ans plus tard, le téléfilm Kolchak : The Night Strangler développera en substance le même thème, certes dans un environnement totalement différent. Contrairement à l’adversaire de Carl Kolchak, Jared Soames a l’habileté de se montrer fondamentalement bienveillant, ce qui, en définitive, le rend plus troublant encore. L’interprétation de l’acteur vétéran E. G. Marshall joue d’ailleurs admirablement de cette originalité, valant à l’opus un beau mélange d’émotion humaine et de comique morbide. 

Anecdotes :

  • E. G. Marshall est avant tout connu pour ses rôles à la télévision (notamment le chirurgien vedette de The New Doctors, 1969-1973), mais il apparut aussi au cinéma ; il faut ainsi le Président des USA dans Superman II (1980).

  • L’épisode s’inspire de la nouvelle A Death in the Family, de Miriam Allen DeFord. Elle fut initialement publiée dans The Dude (Novembre 1961), un magazine masculin des années 50.

  • Clef de voute du récit, le monologue final de Soames fut en partie coupé lors de la diffusion originelle de l’épisode, du fait de contraintes de durée. Il fut heureusement rétabli lors de la syndication et il figure dans la version en DVD. 

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2-B. THE MERCIFUL

Date de diffusion : 22 septembre 1971

Scénario : Jack Laird, d'après une nouvelle de Charles L. Sweeney, Jr

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 3’27’’

Résumé :

La scène représente un couple d’un certain age. La dame semble en train d’emmurer son mari dans la cave, tout en conversant paisiblement avec lui. Mais qu’est-il donc en train de se passer ?

Critique :

Cette nouvelle vignette de Jack Laird s’avère meilleure que bien d’autres. La conclusion crée un vrai choc, couronnant parfaitement la tonalité surréaliste et intrigante de la scène. La brièveté même de la scène devient ici un atout, puisque le spectateur est stupéfié avant d’avoir pu réellement tenter de deviner la réalité de ce qu’il considère. Par ailleurs tout temps mort aurait ici gravement pénalisé l’ensemble. La mise en scène de Jeannot Swarc se montre efficace par sa révélation progressive de la scène. Très complices, Imogene Coca et  King Donovan apportent une précieuse touche insolite à cette fable insolite évoquant en arrière-plan l’usure de la vie de couple.

Anecdotes :

  • Imogene Coca et  King Donovan jouent le mari et l’épouse, ils étaient réellement mariés lors du tournage de l’épisode.

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2-C. CLASS OF '99

Date de diffusion : 22 septembre 1971

Scénario : Rod Serling

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 18’47’’

Résumé :

En 1999, l’amphithéâtre d’une université accueille des étudiants venus passer leur examen oral final. Glacial, le Professeur leur pose plusieurs questions de connaissances, puis passe vite à des mises en situation psychologiques. Il incite ainsi les étudiants à se révéler de plus en plus détestables, racistes et agressifs les uns envers les autres. Tous vont dans son sens, sauf un qui se rebelle quand il lui est demandé d’en abattre un autre. Quand le Professeur ordonne à un autre étudiant d’exécuter le récalcitrant, il est aussitôt obéi. Il faut dire que ces étudiants s’avèrent très particuliers, de même que le diplôme qu’ils sont en train d’obtenir.

Critique :

L’épisode et sa chute prodigieuse apportent un vrai choc au spectateur. Par son sombre prophétisme, il synthétise toutes les préoccupations de Rod Serling concernant l’évolution négative de nos sociétés, voire de l’Humanité en tant qu’espèce, incapable de s’affranchir de ses démons avant qu’il ne soit trop tard. Ici directement à l’écriture, et non adaptateur d’un texte préexistant, Serling nous délivre un message d’alerte d’une force rare. Mais aussi un conte parfaitement maîtrisé, intriguant toujours davantage son public par une réalité basculant progressivement dans une horreur aussi éprouvante qu’absurde à première vue, idéal prologue à la détonante révélation finale.

 L’opus aurait aisément trouvé sa place parmi les meilleurs de La Quatrième Dimension, d’autant que la mise en scène de Jeannot Szwarc se montre à la hauteur, dynamisant le huis clos et nous régalant d’une excellente direction d’acteurs. Ainsi le jeu apparemment désincarné des jeunes acteurs jouant les étudiants (hormis pour le déviant) indique subtilement la véritable nature des personnages. Le voit se voit surplombé par un Vincent Price impérial dans un rôle lui allant comme un gant. L’un des chefs-d’œuvre de la Galerie de Nuit proposée par Rod Serling.

Anecdotes :

  • L’insert représentant l’université est en fait un panorama de la  Simon Fraser University. Celle-ci a alors récemment inauguré, en 1965, et son design futuriste convient effectivement à une société futuriste. Elle servira d’ailleurs également de décor à la planète Tollana, dans Stargate SG-1.

  • Les jeunes acteurs interprétant les étudiants ont déclaré avoir beaucoup apprécié leurs échanges avec Vincent Price. Celui-ci s’était montré aussi aimable et disponible que son personnage était glacial et détestable.

  • Rod Serling fut ravi de la mise en scène du presque débutant Jeannot Swarc. Par la suite il obtint que celui-ci fut associé à plusieurs autres épisodes dont il assura l’écriture. Swarc devint l’un des meilleurs réalisateurs de l’anthologie et totalisa 19 épisodes à son actif, ce qui allait propulser une très belle carrière télévisuelle. En 1984, il sera également le réalisateur du film Supergirl.

  • Vincent Price (Le Professeur) fut l’une des plus grandes figures du cinéma d’épouvante, genre qu’il marqua par sa présence élégante, son rire diabolique et son timbre de voix particulier, à la fois inquiétant et caressant. Il devient ainsi un acteur fétiche de Roger Corman et participe à de nombreux classiques du genre : La Chute de la Maison Usher, Le Corbeau, la Mouche, L'Abominable Docteur Phibes ? Je suis une légende... . Il se parodie dans Batman 1966 avec l’inénarrable Crâne d’œuf, mais aussi dans Le théâtre de sang aux côtés de Diana Rigg (1973). Egalement un important acteur de voix, il assura celle du clip Thriller de Michael Jackson, mais aussi celle de l’attraction Phantom Manor, à Disneyland Paris. 

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2-D. WITCHES FEAST

Date de diffusion : 22 septembre 1971

Scénario : Gene Kearney

Mise en scène : Jerrold Freedman

Durée : 5’04’’

Résumé :

Lors d’un convent trois sorcières affamées prépare un infâme brouet en plongeant toute une palanquée de substances dégoutantes. Furieuses, elles doivent en attendre une quatrième, en retard alor s qu’elle apporte l’élément principal. Celui-ci va se révéler surprenant. 

Critique :

Quel dommage de conclure un épisode aussi relevé par une telle pochade. On retrouve ici l’une de ces vignettes promues par le showrunner Jack Leard, destinées à apporter un traitement se voulant original et décapant à des figures classiques du fantastique. Une fois de plus rien ne fonctionne, l’exercice de style se résumant en tout et pour tout à deux actrices et un évident travesti grimés en caricatures de sorcières à pustule se trémousser autour d’un chaudron, tout en énumérant une interminable liste de victuailles et d’incantations grotesques, écrite en vers de mirliton. Le procédé se révèle aussi lourd qu’indigeste, et ce n’est la chute ridicule qui sauve la situation. L’ensemble ne dure que cinq minutes mais parvient néanmoins à ennuyer jusqu’à l’irritation. L’unique curiosité demeure la présence d’Agnes Moorehead en méchante sorcière, très différente d’Endora, mais l’actrice ne tient pas ici son meilleur rôle, loin s’en faut.

Anecdotes :

  • Agnes Moorehead (la principale sorcière) reste bien entendu dans les mémoires pour la terrible Endora de Ma sorcière bien-aimée (1964-1972). Précédemment, elle connut une très belle carrière à Broadway et Hollywood. À l'écran comme sur les planches, elle travailla souvent avec Orson Welles (Citizen Kane, La Splendeur des Anderson…). Elle fut sélectionnée quatre fois à l'Oscar du second rôle féminin mais ne parvint jamais à le remporter.

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3-A. SINCE AUNT ADA CAME TO STAY

Date de diffusion : 29 septembre 1971

Scénario : Alvin Sapinsley, d'après une nouvelle d'A.E. van Vogt

Mise en scène : William Hale

Durée : 30’38’’

Résumé :

Craig Lowell, professeur de logique, est étonné par le comportement manifestement excentrique d’Ada, tante de son épouse Joanna, lorsque celle-ci leur rend visite. D’après plusieurs indices, il en arrive à la conclusion étonnante que non seulement Tante Ada est une sorcière, mais aussi qu’elle prépare un sortilège pour échanger son corps défaillant avec celui de Joanna ! Dès lors, il va tenter de sauver son épouse.

Critique :

L’adaptation télévisuelle proposée par Night Gallery d’une célèbre nouvelle du géant de la Science-fiction américaine qu’est A. E. van Vogt apparaît plus sage et plus classiquement ordonnancée que son modèle. Le texte original constituait une terriblement déstabilisante évocation de la folie submergeant la raison, tandis qu’ici l’on retrouve un récit de fantastique horrifique assez standard. Par ailleurs, si l’épisode demeure de bonne facture, il commet quelques maladresses. Ainsi, l’intrigue joue d’une ambigüité concernant l’identité de Tante Ada, ainsi qu’une révélation progressive. Or, l’actrice Jeannette Nolan interprète d’emblée Ada comme un cliché total de sorcière, ce qui ôte pas mal de son suspense à l’histoire

Par ailleurs si James Farentino (Craig) se montre convaincant lors des scènes de couple tournées avec son épouse Michele Lee, son interprétation globale de Craig reste si caricaturale que l’on avoisine une parodie involontaire. L’adaptation télévisuelle regagne toutefois des couleurs grâce à son traitement de l’image. Le metteur en scène William Hale propose ainsi un destin beaucoup plus spectaculaire pour Tante Ada que chez van Vogt. D’autre part les scènes de magie bénéficient d’étonnants effets visuels, grâce à un travail très soigné sur les lentilles de la caméra.

Anecdotes :

  • James Farentino (Craig Lowell) et Michele Lee (Joanna Lowell) étaient réellement mariés lors du tournage de l’épisode.

  • L’épisode s’inspire de la nouvelle The Witch, d’A. E. van Vogt, publiée initialement dans Unknown Worlds, en février 1943. Ce Pulp hybride entremêlant Fantasy et Science-fiction fut publié de 1939  à 1943.Il est resté fameux pour ses spectaculaires couvertures et illustrations.

  • William Hale rapporte que l’actrice Jeannette Nolan apporta ses propres vêtements et maquillages pour jouer Tante Ada, refusant les accessoires fournis par le studio.

  • Son traitement spectaculaire de l’image valut, non pas des félicitations, mais un licenciement à William Hale. En effet le showrunner Jack Leard était toujours impitoyable avec ses metteurs en scène concernant la tenue des délais. Or le travail complexe entrepris par Hale sur les lentilles de la caméra l’amena à dépasser de quelques heures la durée impartie de quatre jours pour le tournage. Transmettre l’épisode à quatre heures du matin et non pas avant minuit lui valut de ne plus jamais travailler pour Night Gallery. Toutefois les deux hommes se réconcilièrent par la suite et travaillèrent ensemble sur Kojak.

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3-B. WITH APOLOGIES TO MR. HYDE

Date de diffusion : 29 septembre 1971

Scénario : Jack Laird

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 1’56’’

Résumé :

Alors qu’il s’apprête à sortir pour la nuit, le Dr. Jekyll boit son fameux élixir, concocté par son fidèle assistant de laboratoire. Il entreprend de se transformer, mais encore faut-il que le breuvage ait été bien dosé !

Critique :

Voici un nouveau court sketch de Jack Laird destiné à aborder de manière décapante les classiques de l’épouvante gothique. Le procédé se révèle une nouvelle fois navrant par son inanité et la lourdeur de sa chute. Toutefois la distribution vaut le coup d’œil, avec le plaisir toujours renouvelé de retrouver Adam West et le caméo amusant de Laird en assistant de laboratoire en mode « Igor ». Il manifeste une belle énergie et semble bien s’amuser, c’est toujours ça de prix. Le talent de Jeannot Szwarc derrière la caméra sauve également les meubles, avec une parodie joliment troussée de la fameuse de la transformation Jekyll/Hyde.

Anecdotes :

  • L’épisode est écrit par Jack Laird, showrunner de la série. Il joue également ici le rôle de l’assistant de laboratoire. Laird effectuera deux autres caméos au cours de l’anthologie.

  • Adam West (Mr. Hyde) a participé à de très nombreuses séries, mais reste avant tout connu comme l’interprète de Batman dans la fameuse série Batman 1966 (1966-1968). Il est également un grand acteur de voix.

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3-C. THE FLIP SIDE OF SATAN

Date de diffusion : 29 septembre 1971

Scénario : Malcolm Marmorstein & Gerald Sanford d'après une nouvelle d'Hal Dresner

Mise en scène : Jerrold Freedman

Durée : 17’03’’

Résumé :

Le disc-jockey J.J. Wilson est envoyé par son agent prendre en charge une petite radio située au milieu de nulle part et émettant seulement de nuit. Wilson à la surprise de constater que les seuls disques présents contiennent une musique funèbre accompagnant une invocation de Satan. Un appel à son agent lui révèle que celui-ci le met en cause dans le suicide de son épouse. Wilson se rend compte qu’il est enfermé et incapable d’arrêter l’invocation.

Critique :

L’épisode s’appuie sur la mise en scène très inventive du jeune réalisateur Jerrold Freedman (30 ans), qui connaîtra par la suite une belle carrière télévisuelle. Il sait rendre le huis clos de plus en plus inquiétant, alors que le piège se referme toujours davantage sur le protagoniste et que le récit verse dans le Fantastique horrifique, avec une judicieuse exploitation des potentialisés visuelles et sonores d’un studio de radio d’époque. Malheureusement cet effort se voit contre carré par un scénario confus (quel est le rôle exact de l’agent ?), une conclusion qui détonne par son manque de substance et surtout le jeu du sympathique Arte Johnson. Cet artiste comique fut sans doute engagé du fait de sa grande popularité  en tant que pilier du Rowan & Martin's Laugh-In , mais il échoue  totalement à retranscrire l’effroi vécu par le disc jockey. Celui-ci reste avant tout une caricature distrayante jusqu’au terme de l’histoire, ce qui s’avère contreproductif jusqu’à faire tourner l’ensemble à vide.

Anecdotes :

  • Jerrold Freedman va tourner en tout six épisodes de l’anthologie. Il va également réaliser bien plus tard, entre autres, le pilote de MacGyver et deux épisodes des débuts des X-Files, Ghost in the Machine et Born Again. De 1970 à 1975, il fut le mari de Katherine Woodville, elle-même l’épouse de Patrick Macnee de 1965 à 1969.

  • Arte Johnson (J.J. Wilson) est l’unique acteur apparaissant durant tout l’épisode. Il s‘agit de la seule fois où ce procédé sera employé dans l’anthologie.

  • Cet humoriste fut très populaire pour ses participations à l’émission humoristique Rowan & Martin's Laugh-In et ses caricatures d’accent germanique. 

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4-A. A FEAR OF SPIDERS

Date de diffusion : 06 octobre 1971

Scénario : Rod Serling, d'après une nouvelle d'Elizabeth Walter

Mise en scène : John Astin

Durée : 21’48’’

Résumé :

Justus, écrivain brillant mais très imbu de lui-même, traite avec mépris sa voisine Elizabeth qui s’est éprise de lui.  Mais Justus souffre d’une violente arachnophobie et quand il aperçoit une araignée de la taille d’un chien dans sa chambre, il se réfugie chez Elizabeth. Mais l’amoureuse éconduite lui réserve un tour cruel face à ce qu’elle pense être une hallucination. Mais Justus est-il oui ou non dans le vrai ?

Critique :

L’épisode joue joliment de l’arachnophobie, une peur servant d’efficace outil à nombre de films d’épouvante, tels Tarentula, Arachnophobia, Arac Attack Spiders, etc.  Au cœur de nombre de ces récits, on trouve ainsi le thème de l’araignée géante, dont l’apparition fugace est ici rendue particulièrement saisissante grâce au talent de John Astin. L’ancien interprète de Gomez Addams démontre une nouvelle fois qu’il constitue l’un des metteurs en scènes majeurs de l’anthologie, un instillant par ailleurs des plans en vue plongeante parfaitement anxiogènes, évoquant un cauchemar éveillé, mais aussi en installant toute une élégante théâtralisation de la confrontation entre Elizabeth et Justus (remarquable Patrick O’Neal).

 Ce dernier point résulte d’autant plus crucial, que Rod Serling a l’intelligence de se servir de l’arachnophobie comme prétexte pour instiller un effroi bien supérieur encore, né du spectacle de la cruauté que s’assènent tout à tour les deux protagonistes. On regrettera toutefois la présence trop envahissante du propriétaire des lieux, M. Boucher, qui n’apporte rien à l’action et dont l’humour bon enfant apparaît au rebours de tout le reste de l’épisode. Par ailleurs si la référence faite à Kafka se justifie par le ton surréaliste de la narration et un lointain écho de La Métamorphose, les dialogues recèlent trop de références littéraires pour ne pas, parfois, avoisiner la préciosité.

Anecdotes :

  • Patrick O'Neal (Justus) fut avant tout un comédien de théâtre, issu de l'Actor's Studio. Il accomplit quelques apparitions au cinéma et à la télévision. Il fit finalement fortune dans la restauration, possédant à New York plusieurs établissements de grand standing.

  • Steven Spielberg devait initialement diriger l’épisode, mais, ayant eu un empêchement, il fut remplacé à la dernière minute par John Astin.

  • Kim Stanley (Elizabeth) et Tom Pedi (Mr. Boucher) connurent de grandes difficultés à se souvenir de leur texte. Kim Stanley en improvisa une large part, à la vive irritation de Rod Serling. Tom Pedi mémorisa une phrase après l’autre, étant filmé par John Astin via plusieurs très brèves scènes en gros plan.

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4-B. JUNIOR

Date de diffusion :  06 octobre 1971

Scénario : Gene Kearney

Mise en scène : Theodore J. Flicker

Durée : 1’49’’

Résumé :

Un couple endormi est réveillé par son enfant, qui réclame qu’on lui apporte un verre d’eau. Le père est réticent, mais finit par s’exécuter. On s’aperçoit alors que son fils n’est pas un charmant bambin.

Critique :

Nous découvrons ici un nouveau sketch conçu par Leard comme une revue humoristique et novatrice des grandes figures de l’épouvante gothique, le tout se dégageant le même sentiment d’inutilité qu’à l’accoutumée. Le prétexte est inepte et représente de plus un doublon partiel de l’enfant monstrueux suggéré dans Miss Lovecraft Sent Me, en début de saison. La révélation est efficacement amenée par la mise en scène et la reconstitution du maquillage d’un des grands classiques du cinéma demeure de qualité, mais tout ceci résulte bien trop fugace pour réellement marquer. Il en va de même du jeu plutôt réussi des comédiens. L’épisode se montre d’autant plus irritant qu’il constitue un véritable trou d’air après le très relevé A Fear of Spiders. La seule satisfaction est que Rod Serling continue à ne pas assurer de présentation pour ces sketchs, cela limite le gâchis de talent.

Anecdotes :

  • Wally Cox (Father) fut un acteur populaire des premiers temps de la télévision, au début des années 50. Il accéda à la célébrité avec Mr. Peppers (1952-1955); par la suite il participa à de nombreux sitcoms et jeux télévisés, ainsi qu'au pilote de Mission Impossible. Il était un proche de Marlon Brando, son ami d'enfance. 

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4-C. MARMALADE WINE

Date de diffusion : 06 octobre 1971

Scénario : Jerrold Freedman, d'après une nouvelle de Joan Aiken

Mise en scène : Jerrold Freedman

Durée : 11’45’’

Résumé :

Alors qu’il photographiait des couguars, le journaliste Roger Blacker se perd en forêt, sous une pluie battante. Il est recueilli dans la résidence secondaire d’un célèbre chirurgien. Afin d’impressionner celui-ci, il affirme être capable de prédire l’avenir. Or le hasard fait que ses premières révélations s’avèrent exactes, ce qui impressionne grandement son hôte.

Critique :

A côté de nombreux écrits pour la jeunesse, régulièrement adaptés à l’écran, Joan Aitken écrivit plusieurs nouvelles fantastiques ou policières à l’atmosphère délicieusement angoissante. A la fois scénariste et réalisateur, Jerrold Freedman réussit ici une adaptation particulièrement ambitieuse. Le récit respecte à la lettre le thriller original et sait mettre en avant ses qualités de nouvelle à chute horrifique parfaitement choquante. Les amateurs de Stephen King pourront y voir comme une très efficace préfiguration de Misery. Jerrold Freedman a par ailleurs indiqué avoir déjà en tête les deux comédiens retenus quand il écrivit les dialogues et leur choix s’avère effectivement parfait, d’autant que leur complicité demeure évidente de bout en bout.

Mais c’est la mise en scène qui assure en définitive l’enthousiasmante spécificité de l’opus, avec un univers quasi expérimental, en rupture totale avec la tonalité gothique globalement développée par l’anthologie. La photographie, surréaliste et ultra soignée, ainsi que les décors oniriques nous entrainent dans un Etrange proche du théâtre de Beckett ou Ionesco. La forêt stylisée évoquera ainsi aux amateurs des Avengers celle du rêve de Steed dans Too Many Christmas Trees. Tout ceci ne demeure pas gratuit et apporte tout un impact supplémentaire à une conclusion achevant de basculer dans un cauchemar éveillé.  

Anecdotes :

  • L’épisode est basé sur la nouvelle Marmalade Wine, de Joan Aiken. Le texte a été initialement publié en  septembre 1958, dans la revue Suspense.

  • Robert Morse (Roger Blacker), acteur et chanteur, a participé à de nombreuses séries, dont récemment Mad Men et American Crime Story.

  • Rudy Vallée (le chirurgien) fut lui aussi un acteur et chanteur très populaire. Il est considéré comme l’un des premiers Crooners référencés, anticipant à la naissance de ce style durant les années 30. Dans la fameuse série télévisée Batman 1966, il incarne Lord Marmaduke Ffogg, l’ennemi tellement anglais du Duo dynamique. Avec sa sœur, Lady Penelope Peasoup, Lord Marmaduke affrontera Batman, mais aussi Sted et Mrs Peel, dans le Comics réalisant un crossover entre les deux séries, en 2016.

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4-D. THE ACADEMY

Date de diffusion :  06 octobre 1971

Scénario : Rod Serling, d'après une nouvelle de David Ely

Mise en scène : Jeff Corey

Durée : 14’15’’

Résumé :

M. Holston, riche homme d’affaires, vient visiter une académie militaire où il entend placer son fils turbulent. Le directeur lui fait découvrir les différentes parties d’un établissement qui, au fur et à mesure de la visite, se révèle de plus en plus intrigant et sinsitre.

Critique :

L’épisode souffre d’une comparaison avec ce chef d’œuvre de Night Gallery qu’est Class of '99. On y part pareillement de la peinture de prime abord normale d’une enceinte de formation de la jeunesse, pour ensuite évoluer progressivement vers une situation de plus en plus délirante, servant à dénoncer les travers de la société et de l’âme humaine. Le propos de Serling apparaît ici moins universel et, si les deux acteurs principaux s’avèrent convaincants, ils n’ont pas la formidable aura de Vincent Prince. Toutefois l’institution très américaine qu’est l’académie militaire, destinée à remettre un jeune dans le droit chemin (ou dans le moule, selon la perception que l’on en aura) se voit ici critiquée de manière particulièrement acérée. Serling mène de main de maître l’évolution vers la conclusion choc, tirant aussi bien profit des dialogues que des décors, le tout constituant autant d’indices sur la nature réelle de l’endroit. Hoston apporte une habileté supplémentaire, alors qu’il compose tout au long du récit le témoin extérieur à travers lequel le spectateur découvre la situation, son retournement final accroit encore l’effroi final.

Anecdotes :

  • Pat Boone (Holston) est avant tout connu comme chanteur aux USA. Il connut de nombreux succès comme Crooner, mis contribua également à populariser le Rock’n’roll. Durant les années 50, il fut ainsi l’un des principaux rivaux d’Elvis. Il est aussi un animateur de jeux télévisés.

  • L’épisode est basé sur la nouvelle The Academy, de David Fly. Le texte a été initialement publié en  juin 1965, dans la revue Playboy.

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5-A. THE PHANTOM FARMHOUSE

Date de diffusion : 20 octobre 1971

Scénario : Halsted Welles, d'après une nouvelle de Seabury Quinn

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée :

Résumé :

Un sanatorium situé dans une compagne isolée abrite plusieurs dépressifs profonds. L’un d’entre eux déclare voir depuis sa fenêtre qu’une maison en ruines a été inexplicablement remise en état et qu’une charmante jeune femme y vit, avec ses deux parents. Le psychiatre demeure incrédule, mais d’autres patients sont découverts morts, comme agressés et déchiquetés par des bêtes sauvages. Il décide alors de mener l’enquête et rencontre la jeune femme en forêt, avant d’en tomber amoureux.

Critique :

L’épisode a le mérite de tenter de dépoussiérer le mythe du Loup-garou, en s’affranchissant des approches gothiques de la Lycanthropie et en l’entremêlant dans un charmant mélodrame amoureux, quoi qu’un peu daté. Bien que l’histoire se développe sur un rythme très lent l’ensemble fonctionne grâce à la superbe mise en scène de Jeannot Szwarc. Celui-ci tire le meilleur parti de l’environnement bucolique d’un épisode tourné en grande partie dans de superbes décors naturels, tout en laissant libre court à ce romantisme qui animera souvent ses futurs films où il s’associera pareillement à des thèmes revenant du Fantastique ou de la Science-fiction (Supergirl, Quelque part dans le Temps, Santa Claus…).

De ce point de vue l’opus constitue une intéressante ouverture sur son œuvre. A côté de la forte présence de David Carradine en patient et de Lynda Marsh en mystérieuse jeune femme (hélas affublée d’une perruque blonde assez ridicule), on regrettera par contre le manque d’expressivité de David McCallum, qui affaiblit considérablement son personnage de psychiatre troublé. De même la conclusion demeure trop prévisible et en revient pour partie à une approche plus usuelle du Loup-garou.

Anecdotes :

  • David McCallum est notamment connu pour ses rôles récurrents dans The Man from U.N.C.L.E., Sapphire & Steel et NCIS : Enquêtes spéciales. David Carradine l’est pour celui du protagoniste de la série  Kung Fu, postérieure de quelques mois à l’épisode

  • Jeannot Szwarc a indiqué qu’il s’agissait de l’un de ses tournages les plus difficiles pour l’anthologie. Les animaux restaient souvent passifs et il fut très malaisé de reconstituer une atmosphère nocturne, le tournage ayant dû se dérouler en plein jour pour des raisons budgétaires.

  • L’épisode est basé sur la nouvelle The Phantom Farmhouse, de Seabury Quinn. Le texte a été initialement publié en  Octobre 1923, dans la revue Weird Tales.

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5-B. SILENT SNOW, SECRET SNOW

Date de diffusion : 20 octobre 1971

Scénario : Gene Kearney, d'après une nouvelle de Conrad Aiken

Mise en scène : Gene Kearney

Durée : 16’18’’

Résumé :

Le jeune Paul a un secret : il a des visions toujours fréquentes d’une merveilleuse neige tombant du ciel, mais qu’il est le seul à percevoir. La neige devient de plus en plus présente et finit même par lui parler amicalement, lui disant qu’elle sera bientôt là. Paul s’immerge de plus en plus dans son univers enneigé, ce qui finit par inquiéter ses parents le voyant toujours davantage silencieux et renfermé sur lui-même.

Critique :

L’épisode parvient à créer un véritable trouble chez le spectateur, grâce à la parfaite ambigüité qu’il sait jusqu’au bout maintenir quant à ce qui est réellement en train de survenir, un phénomène surnaturel, ou un enfant en train de progressivement sombrer dans une forme d’autisme ? Les deux options semblent d’ailleurs tragiques, la subjugation d’un être innocent pour des motifs obscurs, ou un crépuscule de l’éveil au monde, qui n’est pas sans s’assimiler à la remarquable évocation de l’autisme qu’accomplira bien plus tard Joss Whedon dans A la dérive, l’un des épisodes les plus marquants de Buffy contre les Vampires.

Malgré ce soubassement sombre, et inquiétant, l’épisode recrée une atmosphère étrange et parfois merveilleuse, caractéristique du Fantastique. Quand la Science-fiction abord le thème d’une neige consciente et parlante, cela donne le très mouvementé et spectaculaire The Snowmen, chez le Docteur. Sans aucun effet spécial, la mise en scène développe un véritable insolite, s’appuyant sur la narration très évocatrice effectuée par Orson Welles, des angles de vue soigneusement fignolés et l’étonnante prestation du jeune Radames Perra, rendant très crédible sa peinture d’un jeune garçon dérivant entre deux mondes, toujours plus loin du notre.

Anecdotes :

  • L’auteur de la nouvelle originelle, l’écrivain Conrad Aiken est le père de Joan Aiken, similairement à l’origine de l’épisode Marmelade Wine, cette saison.

  • Des extraits du texte originel de Conrad Aiken sont récités par Orson Welles. Ce dernier préféra s’enregistrer par ses propres moyens plutôt que de se rendre aux studios et envoya simplement la bande magnétique par la poste. Elle arriva à la dernière minute et la production l’intégra d’emblée.

  • La peinture introduisant l’épisode est également vue sur un mur de bureau dans l’épisode Jeu d’identité de Columbo (5.03).

  • Radames Perra (Paul) interpréta le jeune Kwai Chang Caine, dans tous les flashbacks de la série Kung-Fu (1972-1975), y compris la fameuse séquence du Petit Scarabée. Il fut également John, qui, fit soupirer Mary Ingalls durant les trois premières saisons de La Petite Maison dans la Prairie (1974-1983). Il abandonna l’interprétation à l’âge adulte, avant de se reconvertir avec succès dans l’électronique. 

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6-A. A QUESTION OF FEAR

Date de diffusion : 27 octobre 1971

Scénario : Theodore J. Flicker, d’après une nouvelle de Bryan Lewis

Mise en scène : Jack Laird

Durée : 38’24’’

Résumé :

Suite à un pari, le Colonel Malloy, célèbre aussi bien pour son courage que pour sa cruauté, accepte de passer la nuit dans une maison hantée, sans en sortir jusqu’au matin. Sur place il est confronté à de nombreuses manifestations surnaturelles épouvantables, mais finit par s’apercevoir qu’il est en fait enfermé dans une maison pleine de dispositifs électroniques très avancés. Il est en fait l’objet d’une vengeance due à son sinistre passé.

Critique :

Cette variation réussie sur l’inépuisable thème de la maison hantée amusera les amateurs des Avengers par son parallèle marqué avec L’Héritage diabolique, l’une des plus mémorables aventures vécues par Emma Peel. Si le décor gothique se substitue au design original et surréaliste des Avengers, les ressorts narratifs demeurent les mêmes, jusqu’à la confrontation explicative avec le Mastermind (certes bien vivant), via un écran. L’objectif reste ainsi de faire sombrer le protagoniste dans la folie. Le fait qu’il s’agisse ici d’une anthologie et non d’une série avec une héroïne récurrente augmente efficacement le suspense quant à la destinée finale du colonel. 

En dehors de ce clin d’œil assez irrésistible l’épisode vaut par toute une première partie magnifiquement mise en scène par Jack Laird et proposant une belle synthèse de tous ls ressorts horrifiques, visuels ou musicaux, que peut proposer un manoir gothique hanté. A peu près tout le catalogue y passe, d’autant qu’être le showrunner du programme a visiblement permis à Leard de disposer d’un budget pour le moins confortable. Nielsen réalise une impressionnante prestation assurant la véracité de la séquence et démontre une nouvelle fois que l’humour déjanté n’est pas la seule corde à son arc. La confrontation télévisée avec son ennemi dure sans doute un peu trop longtemps, notamment concernant l’exposé des causes de la vengeance, mais elle permet de pointer efficacement à quel point le suggéré peut causer un effroi supérieur aux effets visuels directs.

Anecdotes :

  • Leslie Nielsen (Colonel Malloy) se fit connaître pour des rôles sérieux, parfois même sombres (Planète interdite, 1956. L’aventure du Poséidon, 1972), avant d’opter pour la comédie à la fin des années 70 à travers les productions du trio .Z.A.Z. (Y a-t-il un  pilote ?et Y a-t-il un flic ?, Police Squad, Scary Movie...).

  • Alorq qu’il était célèbre pour être impitoyable envers les dépassements de délais des tournages, Laird fut dépassé par le sien et ne put l’achever qu’avec un jour et demi de retard sur le planning, soit un délai considérable.

  • L’extérieur de la maison hantée est en fait représenté par le fameux hôtel du film Psychose (1960). Ce décor est situé dans les Studios Universal, où il figure au programme des visites guidées. 

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6-B. THE DEVIL IS NOT MOCKED

Date de diffusion : 27 octobre 1971

Scénario : Gene Kearney, d'après une nouvelle de Manly Wade Wellman

Mise en scène : Gene Kearney, Francis Lederer et Hank Brandt

Résumé :

A la tête de ses hommes, un général SS traque les maquisards d’une région perdue des Balkans.  Il arrive au château de celui qu’il estime être le chef de la résistance, un noble très respecté (et obéi). Fort courtois, le Comte offre un succulent souper à son hôte allemand, mais ne l’accompagne pas : en effet il a pour coutume de ne dîner qu’à minuit.

Critique :

La chute de l’épisode pâtit bien entendu d’être devinée dès qu’apparaît le Comte. C’est d’autant plus vrai que l’idée centrale du scénario n’est pas quelque peu préfigurer un classique du cinéma fantastique des années 80, La Forteresse Noire, voyant pareillement une garnison SS confrontée à l’horreur que dissimule un château isole de Roumanie. Néanmoins la narration a l’habileté de ne pas être dupe et de plutôt jouer la carte de l’humour d’une savoureuse caricature de Dracula, confrontée à une autre figure du Mal, en définitive bien davantage sinistre. La pétillante rencontre d’un Francis Lederer et d’un Helmut Dantine très à leur affaire participe également au succès de l’ensemble. En prenant le temps de développer une véritable histoire et de soigner ses personnages, l’épisode montre avec netteté ce qu’auraient du devenir les sketchs autrement plus inconsistants de Jack Laird, visant à une relecture humoristique des figures de l’horreur gothique.

Anecdotes :

  • Francis Lederer (Dracula) fut un acteur d’origine autrichienne qui joua de nombreux personnages issus d’Europe de l’Est. Il tient ici son dernier rôle à la télévision, alors qu’il jouait déjà Dracula dans le film Le retour de Dracula (1958).

  • Helmut Dantine (le général SS) est lui aussi d’origine autrichienne et joua pareillement de nombreux rôles d’Europe de l’Est. Il interpréta à plusieurs reprises des officiers nazis.

  • L’épisode est basé sur la nouvelle The Devil Is Not Mocked, de Manly Wade Wellman. Elle fut initialement publiée dans Unknown en Juin 1943.

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7-A. MIDNIGHT NEVER ENDS

Date de diffusion : 03 novembre 1971

Scénario : Rod Serling

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 20’10’’

Résumé :

Ruth Asquith roule de nuit et prend un auto-stoppeur, un jeune militaire. En discutant, à travers des pressentiments et des sensations de déjà-vu, ils s’aperçoivent progressivement qu’ils ont déjà vécu plusieurs fois cette scène, avec quelques changements. Ils ignorent par contre tout de leur propre identité. Il en va de même pour deux autres individus qu’ils rencontrent, un patron de café et un shérif.

Critique :

Clairement, Bruce Serling cède ici à la tentation de recycler l’un des scénarios de La Quatrième Dimension au profit de sa nouvelle anthologie.  Il met la barre très haute en décidant d’écrire un remake de l’un des meilleurs opus d’alors, Five Characters in Search of an Exit. On retrouve en effet l’idée de personnages ignorant qui ils sont vraiment et pris dans un enfermement, ici temporel au lieu de spatial (on trouve ici un écho partiel du thème du verrou temporel, développé ultérieurement par le film Un jour sans fin) . De fait l’histoire se suit avec intérêt, d’autant que l’interprétation de Susan Strasberg rend Ruth très humaine et sensible, alors que par définition elle ne forme qu’une silhouette.

Mais la narration apparaît moins maitrisée que dans The Twilight Zone. Les quelques indices insérés s’avèrent moins idéalement dosés, ce qui permet au spectateur de comprendre à mi-parcours ce qu’il est en train de se passer. L’imagination se voit bridée, de même que cela enlève une partie de son impact à la chute. Par ailleurs les protagonistes et leurs dialogues se montrent également moins agréablement insolites. On peut y sans doute y percevoir une conséquence néfaste de la récriture du script de Serling décidée par Leard. Heureusement le talent du metteur en scène Jeannot Swarc, aidé par les décorateurs du studio parvient à créer une atmosphère onirique, suppléant en partie aux faiblesses de la narration. De plus cette stylisation du réel résulte parfaitement en phase avec la clef de l’énigme.

Anecdotes :

  • Susan Strasberg (Ruth Asquith), d’origine juive, se fit connaître par l’immense succès de sa représentation d’Anne Franck, dans la version théâtrale du fameux Journal. A 18 ans, elle devint la plus jeune actrice à avoir son nom en haut d’une affiche de Broadway. Elle participe à de très nombreuses séries, des années 60 aux 80 et est l’auteure de deux best-sellers autobiographiques. Elle fut l’une des meilleures amies de Marilyn Monroe.

  • Le décor du restaurant sera réemployé dans l’épisode The Tune in Dan's Cafe, cette saison.

  • Le visage du tableau introduisant l’épisode est inspiré de Rod Serling.

  • Jack Leard fit réécrire le scénario originel de Rod Serling par son superviseur de scénarios, qui l’altéra en grande partie. La relation entre Serling et Leard allait progressivement se détériorer au fil de la série.  

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7-B. BRENDA

Date de diffusion : 03 novembre 1971

Scénario : Matthew Howard, d'après une nouvelle de Margaret St. Clair

Mise en scène : Allen Reisner

Durée : 29’32’’

Résumé :

Brenda, une pré-adolescente que des problèmes relationnels rendent agressive, s’ennuie sur l’île où elle passe des vacances avec ses parents. En forêt elle rencontre une étrange créature humanoïde faite de mousse été feuilles Un lien s’établit entre eux, mais l’être effraie les parents.

Critique :

A travers une fable fantastique, l’épisode voulait sans doute s’efforcer d’explorer la difficulté de communication pouvant exister entre une enfant hyper sensible et son entourage. Une louable intention, mais qui échoue à se concrétiser. Le récit manque totalement du merveilleux nécessaire pour exprimer le mystère et la spécificité de l’enfance, a contrario des futurs films de Spielberg. La créature relève du Nanar et son côté ridicule empêche la narration de relever d’autre chose que d’un comique involontaire tournant rapidement à l’agacement. Peut-être le public des années 70 était-il moins blasé que nous sur cette question, mais, tel quel, l’épisode suscite un tel ennui que sa presque demi-heure de durée résulte interminable. C’est d’autant plus vrai que l’action se limite pour l’essentiel à suivre les agissements stupides ou incohérents d’une jeune héroïne insupportable. A plusieurs reprises, elle change ainsi totalement de sentiment envers l’entité, sans aucune raison perceptible. Le final veut créer une émotion supplémentaire, mais sombre dans le pathos déclamatoire. On admire quelques superbes panoramas californiens, mais c’est insuffisant pour sauver l’opus.

Anecdotes :

  • Le nom « Matthew Howard » est un pseudonyme souvent utilisé par l’auteur Douglas Heyes, quand il n’écrit pas directement un scénario, mais adapte un texte originel.

  • L’épisode se base sur la nouvelle Brenda, Margaret St. Clair , initialement publiée dans Weird Tales en Mars 1954.

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8-A. THE DIARY

Date de diffusion : 10 novembre 1971

Scénario : Rod Serling

Mise en scène: William Hale

Durée : 25’48’’

Résumé :

Redoutable chroniqueuse mondaine, Holly s’acharne contre Carrie, une star déclinante, suite à une rivalité amoureuse. Celle-ci lui offre un journal intime vierge, qu’elle déclare avoir acheté fort cher dans une curieuse boutique. Holly a la surprise de découvrir que le journal se remplit de lui-même, toujours une journée à l’avance. Il annonce ainsi plusieurs morts que Holly ne peut empêcher, mais l’aventure prend un tour encore plus sinistre quand plus rien n’apparaît sur le journal des jours à venir de Carrie.

Critique :

L’amateur de séries télévisées pourra reconnaitre un thème finalement assez similaire, quoique traité de manière autrement sinistre, à celui de l’aimable Demain à la Une (1996-2000), où un chat mystérieux apportait chaque jour au héros le journal du lendemain. Mais l’épisode relève en définitive de La Quatrième Dimension, avec une nouvelle description d’un individu aux prises avec un dérèglement du réel. L’histoire se montre habile, avec un crescendo progressif voyant le piège progressivement se refermer sur Holly. Un suspense est également installé quant à la nature exacte du phénomène en cours, surnaturel ou délitement psychiatrique de l’héroïne, qui remplirait inconsciemment son journal personnel. Par son aspect claustrophobe, la mise en scène accompagne efficacement le sentiment d’enfermement toujours davantage ressenti par Holly. Il est par contre à regretter que la chute de l’histoire, aussi bouleversante soit-elle, demeure assez floue sur ce qui relève du réel ou d’une psychose. Patty Duke réalise une impressionnante prestation, d’autant plus forte que la dérive psychologique d’Holly n’est pas sans donner écho à son parcours personnel. Un autre intérêt de la distribution réside dans la brève apparition d’une Lindsay Wagner pré Super Jaimie, au jeu déjà très plaisamment reconnaissable.

Anecdotes :

  • Virginia Mayo (Carrie) fut repérée par la MGM lors d’une comédie musicale à Broadway et effectua de nombreuses charmantes apparitions dans les Westerns et films d’aventures des années 50 et 60, avec de nombreux rôles de Girl-next-door. Durant les années 70 elle s’oriente vers la télévision (Santa Barbara). Elle soutint activement les campagnes de Nixon et de Ronald Reagan, un ami de longue date avec lequel elle avait plusieurs fois tourné.

  • Patty Duke (Holly) fut une enfant star oscarisée (Miracle en Alabama, 1962). Mais rudement exploitée par les agents à qui ses parents l’avaient confié, elle connut des dépressions et des troubles bipolaires qui s’accrurent avec l’âge. . Sa carrière en fut pénalisée et, à partir des années 70, elle dut se consacrer à la seule télévision, où elle continua toutefois à connaître le succès. Elle fut l’épouse de John Astin et laissa un livre racontant son parcours : Brilliant Madness : Living with Manic Depressive Illness.

  • Très brièvement aperçue, l’infirmière est jouée par Lindsay Wagner. Ils ‘agit de l’un de ses tous premiers rôles recensés à la télévision. La jeune actrice allait accéder à la célébrité en 1975, en devenant Super Jaimie, la Femme bionique. 

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8-B. A MATTER OF SEMANTICS

Date de diffusion : 10 novembre 1971

Scénario : Gene Kearney

Mise en scène : Jack Laird

Durée : 2’23’’

Résumé :

Le Comte Dracula se rend dans une banque du sang. L’infirmière en service croit que son Eminence va faire un dépôt, mais il s’agit plutôt d’un retrait. 

Critique :

Une nouvelle fois la vignette du jour proposée par Jack Laird apparaît davantage indigente qu’amusante. Evidemment le spectateur établit immédiatement l’évident rapport de causalité existant entre la visite de Dracula et la banque de sang, et s’attend dès lors à que la chute apporte un élément nouveau. Ce qui ne sera malheureusement absolument pas le cas. Malgré la vacuité de l’exercice, on apprécie tout de même l’amusant cabotinage du toujours suavement pittoresque Cesar Romero. L’acteur semble bien s’amuser, mais il est hélas le seul.

Anecdotes :

  • Cesar Romero (le Comte Dracula) est resté fameux pour avoir le premier incarné le Joker à l’écran, dans la série Batman 1966 (le Clown diabolique était apparu dans les Comics en 1940), une enthousiasmante création. Des années 30 aux 50, cet acteur d’ascendance cubaine (surnommé The Latin from Manhattan par les échotiers) tint de nombreux rôles de figures historiques espagnoles ou de Latin lover, où sa distinction naturelle et ses manières suaves firent merveille. Chanteur et danseur accompli, il fut également le partenaire à l’écran de la grande Carmen Miranda.

  • E. J. Peaker, l’actrice incarnant l’infirmière, a indiqué que bien que Laird soit crédité comme réalisateur, la séquence a été mise en scène par Spielberg, alors un jeune talent mis en avant lors du pilote de l’anthologie.

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8-C. BIG SURPRISE

Date de diffusion : 10 novembre 1971

Scénario : Richard Matheson

Mise en scène : Jeannot Szwarc

Durée : 10’33’’

Résumé :

A la campagne, le vieil Hawkins indique à trois jeunes garçons que s’ils creusent sous le chêne qu’il désigne, ils trouveront une grande surprise. Anima par la cupidité, l’un des trois garçons va creuser suffisamment profond pour atteindre la fameuse « surprise ».

Critique :

L’arrivée de Richard Matheson, écrivain talentueux devenu l’un des piliers de La Quatrième Dimension, au sein de la galerie de Nuit créait bien entendu une grande curiosité. Celle-ci résulte en partie déçue, car le texte originel, comme son adaptation télévisuelle, apparaissent assez anodins vis-à-vis des chefs d’œuvre proposés par Matheson dans la première anthologie de Serling. La chute demeure toutefois réellement surprenante et Jeannot Swarc sait déployer une grande inventivité visuelle afin d’animer un récit se limitant essentiellement à creuser un trou ! Surtout, avec le recul l’épisode se montre amusant du fait du contre-pied assez jouissif qu’il représente face aux récits à la Spielberg qui vont marquer la décennie suivante (Les Goonies) et que l’on a récemment retrouvé via le succès de Stranger Things. Les jeunes gens s’y montent ainsi antipathiques au possible, aussi bêtement cupides que leurs ainés et parfaitement désagréables les uns envers les autres, un vrai régal. Evidement la conclusion de l’aventure sera loin d’être euphorisante.

Anecdotes :

  • Plusieurs brefs inserts tirés du film d’Hitchcock Les Oiseaux prennent place en cours d’épisode.

  • John Carradine (Hawkins) fut un célèbre chef de troupe de Broadway, montant notamment des pièces shakespeariennes connaissant un grand retentissement. Au cinéma il fut également un acteur à succès, spécialisé dans les Westerns (L'Homme qui tua Liberty Valence, 1962) et les films d'épouvante (House of Dracula, 1945).  Sa voix profonde et sonore contribue beaucoup à sa popularité. John Carradine était ainsi surnommé The Bard of The Boulevard pour son habitude de déclamer du Shakespeare durant ses promenades. Il est le père de quatre acteurs, dont David, popularisé par la série Kung Fu (1972-1975).

  • L’épisode est basé sur la nouvelle Big Surprise (également intitulée What Was in the Box), de Richard Matheson. La nouvelle fut initialement publiée dans Ellery Queen's Mystery Magazine, en Avril 1959.

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8-D. PROFESSOR PEABODY'S LAST LECTURE

Date de diffusion : 10 novembre 1971

Scénario : Jack Laird

Mise en scène : Jerrold Freedman

Durée : 10’54’’

Résumé :

Spécialiste universitaire des religions comparées, le Pr. Peabody présente à ses étudiants un pittoresque culte local, centré sur la petite ville d’Arkham. Il décrit tout à tour avec ironie les différents dieux de son panthéon, les « Grands Anciens ». A l’extérieur du bâtiment, une grande tempête commence à se lever.

Critique :

Le début de l’épisode suscite la curiosité, avec le clin d’œil bien trouvé du Mythe de Cthulhu et de ramené au rang de petit culte local. Malheureusement la suite échoue à développer le moins du monde cette idée de départ. Le récit se borne à montrer Peabody continuer à présenter chaque dieu, accompagné d’un commentaire ironique à la drôlerie très relative, plus quelques autres concepts de base de l’univers de Lovecraft. On finit par se lasser de l’exercice, malgré l’énergie déployée par Carl Reiner pour animer un exercice de style en soi particulièrement statique. La chute s’avère tellement navrante qu’elle achève de couler l’opus, au lieu de la sauver. L’ensemble laisse transparaître un fort sentiment de paresse. Ainsi l’idée que les étudiants soient des homonymes de Lovecraft et consorts n’est pas du tout exploitée. Les commentaires et questions de ces étudiants auraient pu aisément insérer de petits clins d’œil aux auteurs, et non demeurer tristement interchangeables. En fait, on devine vite que Laird a repris l’une de ses fameuses vignettes pour se borner à la délayer de 3 à 11 minutes, simplement en prolongeant autant que nécessaire la liste des Grands Anciens.

Anecdotes :

  • Carl Reiner (Pr. Peabody) est une grande figure de la comédie américaine à la télévision, dont la carrière remonte aux débuts du genre, dans les années 50. Il totalise 12 Emmy Awards et est la père du réalisateur Rob Reiner.

  • Chaque nom d’étudiant correspond à celui d’une grande plume du Fantastique horrifique, avec notamment Lovecraft et deux de ses principaux disciples, Bloch et Derleth.

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9-A. HOUSE - WITH GHOST



Date de diffusion : 17 novembre 1971

Scénario : Gene Kearney d'après une nouvelle d'August Derleth

Mise en scène : Gene Kearney

Durée : 17’54’’

Résumé :

Un couple d’Américains séjournant en Angleterre s’adresse à une curieuse agence immobilière londonienne, proposant des locations de maison hantée, l’épouse étant en effet passionnée de spiritisme, tandis que le mari cherche une demeure isolée nantie d’un grand escalier, afin d’occire sa moitié et de pouvoir profiter de sa fortune avec sa maîtresse. Mais, à sa grande surprise, le fantôme s’avère bien réel et rien ne va se dérouler comme prévu.

Critique :

Les prémisses de l’épisode se montrent prometteuses, grâce au cachet anglais les caractérisant. Cette saveur s’installe grâce à des décors et à des inserts bien choisis, à défaut de résulter originaux (le Parlement, les Cotswolds). Toute la scène de l’Agence Chischester, Piccadilly, se verra sans doute très appréciée par les amateurs des Avengers, pour constituer un endroit à la fois décalé et très anglais, à la façon de la saison 4, tandis que son pittoresque propriétaire constitue un Excentrique de la plus belle eau, avec sa marotte des fantômes de diverses espèces.

La réussite de ce volet de l’opus sera prolongée grâce aux apparitions d’acteurs bien choisi aux côtés d’un efficace Bob Crane, tels Bernard Fox, grands spécialistes de rôles d’Anglais ou Alan Napier, le so British Alfred de Batman’66. Malheureusement, contrairement au style originel de Derleth, l’épisode décide de développer sa situation initiale sur un ton très porté sur la pure comédie. Or les gags vont s’y révéler très laborieux, relevant parfois de la simple farce, tout au long d’un déroulement bien trop prévisible, y compris lors de la chute.  

Anecdotes :

  • Deux acteurs devenus célèbres grâce à la série Papa Schultz (1965-1971) participent à l’épisode, Bob Crane (le mari) et Bernard Fox (le fantôme).

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9.B. A MIDNIGHT VISIT TO THE NEIGHBORHOOD BLOOD BANK



Date de diffusion : 17 novembre 1971

Scénario : Jack Laird

Mise en scène : William Hale

Durée : 1’35’’

Résumé :

Un Vampire s’introduit dans la chambre d’une jeune femme endormie, afin d’étancher sa soif de sang. Mais une déconvenue l’attend.

Critique :

L’épisode représente une énième vignette pseudo humoristique de Jack Laird, visant une nouvelle fois à représenter de manière décalée les figures classiques de l’horreur gothique. L’indigence de l’humour fait derechef tomber le récit à plat, avec cette fois une circonstance aggravante le quasi doublon opéré de manière assez paresseuse avec le précédent exemple en la matière. A Matter of Semantics. Victor Buono succède ainsi à Cesar Romero comme grand acteur au talent gâché au bénéfice d’une pesante caricature de Vampire. Le plus amusant demeure le soin avec lequel Rod Serling veille encore et toujours à n’effectuer aucune présentation pour ce type de sketch.

Anecdotes :

  • Victor Buono (Le Vampire) a souvent joué des méchants hors normes et flamboyants, à la télévision comme au cinéma. Il est le Comte Manzeppi dans deux épisodes (sur trois participations) des Mystères de l'Ouest, le délirant King Tut dans neuf épisodes de Batman 1966, le Mr Moon des Incorruptibles et le Pr. Schubert dans cinq épisodes de L'homme de l'Atlantide, entre autres nombreux rôles. Acteur, écrivain, poète, chef cuisinier, il succomba à une crise cardiaque à l'âge de 43 ans, le 1er janvier 1982. Il fut l'un des très rares acteurs de son temps à ne jamais faire mystère de son homosexualité.

  • Journey Laird, fille du producteur de la série, joue ici la victime visée par le Vampire. Il s’agit de son unique rôle répertorié.

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9-C. DR. STRINGFELLOW'S REJUVENATOR



Date de diffusion : 17 novembre 1971

Scénario : Rod Serling

Mise en scène : Jerrold Freedman

Durée : 21’16’’

Résumé :

Particulièrement cynique et hâbleur, Doc Stringfellow est l’un de ces nombreux charlatans parcourant le Far West pour vendre des élixirs de pacotille à une clientèle crédule. Arrivé dans une petite ville, il va tenter de profiter de l’agonie d’une petite fille atteinte d’une péritonite, afin de se faire de la publicité. L’avènement va scandaliser son serviteur et complice, mais aussi le médecin local, qui de son côté à sombré antialcoolisme. L’avidité de Stringfellow va toutefois connaître un stupéfiant châtiment.

Critique :

L’épisode suscite un retour au Weird West, ce Far West mâtiné de fantastique auquel La Quatrième Dimension aura consacré plusieurs opus. D’ailleurs la figure traditionnelle du charlatan vendeur de mirifiques élixirs s’y voyait évoquée dans des épisodes aussi différents que Mr. Denton on Doomsday ou Mr. Garrity and the Graves. Ce plaisant effet Madeleine se voit encore renforcé par la présence de Murray Hamilton dans le rôle du médecin alcoolique, lui qui incarna Mister Death dans le remarquable One for the Angels, opus dont le récit renvoie un curieux effet miroir à celui-ci. Mais l’opus sait développer un intérêt propre grâce à l’implacable portrait de Stringfellow, savamment dressé par Rod Serling.

Impeccablement interprété par un Forrest Tucker très en verve et maîtrisant à merveille les codes du Western, Stringfellow s’émancipe du simple cliché du charlatan pour acquérir une dimension toute shakespearienne à travers son affirmation de la grandeur inhérente à la vente d’un rêve enchantant un quotidien morne ou tragique. Cette métaphore permet à Serling de fustiger les travers d’une industrie hollywoodien dont il critique la vénalité, l’orgueil démesuré et la perte de repères moraux l’entraînant à confondre enchantement et billevesées mercantiles.

 Des propos n’ayant rien perdu de leur acuité de nos jours, d’autant plus scandaleux lorsqu’ils s’adressent à l’enfance. La talentueuse mise ns cène sait également apporter une vraie force au moment fatidique voyant le fantastique faire brusquement irruption afin de châtier Stringfellow. On regrettera toutefois la grandiloquence de certaines scènes trop démonstratives (comme le bûcher des vanités final), un travers de Serling là-aussi occasionnellement perceptible dans la Zone crépusculaire.

Anecdotes :

  • Forrest Tucker (Dr. Ernest Stringfellow) se fit connaître dans les spectacles de Vaudeville. Outre ses rôles humoristiques, il tourna dans de nombreux Westerns. Sa carrière souffrit d’un alcoolisme s’aggravant durant les années 70. En 1986, il mourut d’un cancer, après s’être effondré en chemin vers la cérémonie d’inauguration de son étoile sur le fameux Walk of Fame.

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9-D. HELL'S BELLS



Date de diffusion : 17 novembre 1971

Scénario : Theodore J. Flicker d'après une nouvelle d'Harry Turner

Mise en scène : Theodore J. Flicker

Durée : 8’55’’

Résumé :

Un Hippie meurt dans un accident de voiture. Après avoir été jugé par trois démons, il se retrouve précipité en Enfer. Mais le domaine de Satan va se révéler très différent de ce qu’il anticipait.

Critique :

Ce bref épisode développe une joyeuse pochade se moquant des aspects les plus caricaturaux du mouvement hippie, alors en pleine actualité mais se ringardisant progressivement. En effet il a l’astuce de reprendre l’idée originelle du huis clos de Sartre (L’Enfer c’est les autres), en plongeant le héros dans un enfer constitué de poncifs de la société américaine traditionnelle, tous dépeints comme particulièrement ennuyeux. L’écriture se montre irrésistiblement féroce, mais pas réactionnaire pour autant, puisque que renvoyant dos à dos ces deux visions de la société quand celles-ci se caricaturent elles-mêmes. La caricature du Hippie permet à John Astin de déployer toute sa fantaisie de grand acteur comique, on se régale. Malheureusement, Theodore J. Flicker se montre moins inspira derrière la caméra qu’à l’écriture, sa mise en scène peu imaginative et très figée entrave réellement le succès d’un épisode toutefois bien plus relevé que les sketchs pseudo gothiques de Jack Leard.

Anecdotes :

  • John Astin (Randy) reste célèbre pour son interprétation de Gomez Addams dans La Famille Addams (1964-1966) et du Professeur Wikwire dans Les Aventures de Brisco County Jr (1993-1994). Tout au long de sa carrière il se spécialisa dans les rôles d'excentriques, souvent humoristiques, parfois menaçants. Il joua dans La Quatrième Dimension Les Mystères de l'Ouest, Bonanza, Le Virginien, Police Woman, L'Île Fantastique, Love Boat, Arabesques, Killer Tomatoes... Menant également une carrière de metteur en scène, il fit ses premières armes avec Night Gallery, en réalisant trois segments d’épisode.

  • Theodore J. Flicker, auteur et réalisateur de l’épisode, joue également le Diable.

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10-A. DARK BOY



Date de diffusion : 24 novembre 1971

Scénario : Halsted Welles, d'après une nouvelle d'August Derleth

Mise en scène : John Astin

Durée : 31’02’’

Résumé :

Judith arrive dans une petite localité du Far West, où elle est a été appelée pour devenir la nouvelle institutrice. Dans sa classe elle remarque un étrange petit garçon isolé des autres, arborant une cicatrice. Elle va progressivement comprendre qu’il s’agit en fait d’un fantôme qu’elle est la seule à voir.

Critique :

L’épisode doit beaucoup à la mise en scène de John Astin, une nouvelle fois très inspirée. Celui-ci sait mettre en valeur les paysages naturels, le récit se montrant riche en scènes en extérieur, tout en sachant rendre parfois étonnamment insolites les manifestations du fantôme (notamment lorsqu’il apparaît à la fenêtre de l’école). Toutefois, même ajouté au talent sensible d’Elizabeth Hartman, cette réalisation ne compense pas la faiblesse de l’intrigue. Ainsi, la mise en place progressive du fantôme prend beaucoup trop de temps, d’autant qu’elle se montre répétitive à souhait au travers de différentes journées très semblables vécues par l’héroïne, et qu’elle occupe la quasi-totalité de l’épisode, l’affaire se résolvant en suite en deux minutes (littéralement). Cette pesanteur s’accompagne aussi d’un ton émollient soulignant que l’épisode s’éternise trop pour son bien (avec plus d’une demi-heure il reste l’un des plus longs de l’anthologie). Cela passe par une sous intrigue romantique se plaquant sur l’ensemble, ou une esthétique de roman photo, avec ces agriculteurs travaillant la terre mais jamais poussiéreux ou en sueur, ou de ses maisons à la joliesse totalement décalées du réel.

Anecdotes :

  • Elizabeth Hartman (Judith) devient en 1965, à l’âge de 22 ans, l’une des plus jeunes actrices à remporter le Golden Globe. Ce rôle de jeune aveugle dans Un coin de ciel bleu lui vaut aussi d’être proposée aux Oscars. Par la suite sa carrière se partage entre cinéma et théâtre. Elle se suicide en 1987, après avoir souffert de dépression chronique durant de nombreuses années.

  • L’épisode est basé sur la nouvelle The Dark Boy, d’August Derleth. Le texte fut initialement publié dans The Magazine of Fantasy and Science-Fiction, en février 1957. Souvent surnommé F&SF par les amateurs du genre, ce magazine, régulièrement publié depuis 1949, est réputé pour la grande qualité littéraire de ses textes. 

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10-B. KEEP IN TOUCH - WE'LL THINK OF SOMETHING



Date de diffusion : 24 novembre 1971

Scénario : Gene Kearney

Mise en scène : Gene Kearney

Durée : 18’41’’

Résumé :

Obsédé par une femme peuplant ses rêves depuis des années, un homme fait appel à la police pour la retrouver, sous le prétexte d’une agression inventée. Claire se révèle être une femme séduisante et très riche, mais aussi malheureuse en mariage. Une étrange romance va naître entre eux. 

Critique :

L’intrigue suit une curieuse trajectoire, partant d’une situation totalement énigmatique et plaisamment révélée par touches successives, mais en fait pour converger vers un trigonale amoureux à la résolution des plus classiques. L’on ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment, pourrait être la morale de cette écriture ne s’extirpant pas d’un certain mélodrame sur le tard. L’épisode vaut néanmoins le coup d’œil pour une première partie très amusante au sein du commissariat, bref mais divertissant pastiche des séries policières en vogue au cours de la décennie. Mais il capitalise surtout sur le charme étrange de Joanna Pettet, dont le côté à la fois énigmatique et évanescent lui apporte ses meilleurs moments. La présence d’Alex Cord au look très daté amusera les amateurs nostalgiques de Supercopter, tant son personnage romantique se situe à l’opposé d’Archangel.

Anecdotes :

  • Joanna Pettet (Claire) se fit connaître dans le cinéma de son Angleterre natale au cours des années 60, ainsi qu’à Broadway. Elle est ainsi la Mata Bond de Casino Royale (1967). A partir des années 70 elle apparaît davantage dans les séries télévisées américaines (Banacek, Mannix, L’Île fantastique, La croisière s’amuse, Arabesque...). Elle va également participer quatre fois à Night Gallery. Elle se retire au début des années 90, après la mort de son unique enfant suite à une overdose.

  • Alex Cord (Sutton) est notamment connu pour le rôle d’Archangel dans la série Supercopter (1984-1986).

  • On voit un plan de New York sur l’un des murs du commissariat, alors que l’action prend place à San Francisco. 

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