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Le Retour du Saint

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Posted by Le Monde des Avengers on Monday, September 7, 2015

En 1978, neuf années après la conclusion de la série de Roger Moore, son producteur Robert S. Baker va lancer de nouvelles aventures du Saint. Avec Ian Ogilvy, Baker estime disposer de l’acteur capable de relever le défi du remplacement de Roger Moore, alors en pleine gloire cinématographique dans le smoking de 007. Agé de quelques 35 ans, ancien d’Eton et de la prestigieuse Royal Academy of Dramatical Arts, Ogilvy s’était fait connaître au cours des années 60 et70, notamment à travers des films en costume (Waterloo, 1970). Il participe également à diverses séries télévisées, dont Chapeau Melon, où il est le Baron Von Curt de l’épisode Mais qui est Steed ?.  

Ian Ogilvy va se révéler un choix heureux. Certes moins charismatique et tonique que Roger Moore, son élégance naturelle toute britannique va maintenir la dimension anglaise du personnage, un élément essentiel, en même temps qu’il demeure convaincant dans les scènes d’action. Le Saint va d’ailleurs désormais conduire une ST1 devenue un Jaguar tout à fait britannique. Une première idée selon laquelle il jouerait le fils de Simon Templar est heureusement repoussée, la Saint va revenir en sautant, sans discontinuité ni explication, d’une décennie à l’autre. Après tout James Bond a confirmé que différents acteurs pouvaient se succéder dans l’interprétation d’un même protagoniste.

Si la nouvelle série conserve le modus operandi de la première (dont la présentation de l’épisode du jour narrée par Simon, hélas en voix off), un changement de taille survient néanmoins. Le Saint va dire adieu à ses fameuses  aventures en décors et enfin voyager pour de bon, un grand nombre d’épisodes étant effectivement tournés à l’étranger. Evidemment l’éventail géographique s’en ressent : de mondiales, les pérégrinations du chevalier errant anglais vont devenir essentiellement européennes, notamment françaises (inévitablement sur la Riviera) et italiennes. Pas moins de neuf épisodes sur vingt-quatre seront ainsi réalisés dans la Botte, du fait d’une coproduction de la RAI, afin de répartir des couts conséquents. La distribution se composera d’acteurs locaux et anglais, souvent vus dans la première série. Cette élévation des coûts de production va d’ailleurs avoir de grandes conséquences sur l’écriture de la série.

Echaudé par l’expérience d’Amicalement vôtre, Lew Grade veut cette fois vendre au préalable sa série internationale aux Etats-Unis, avant d’engager les frais (le programme sera finalement diffusé sur CBS). Dès le départ Simon va donc se voir partiellement réécrit afin de pleinement correspondre aux normes des networks américains. Déjà passablement édulcoré à l’époque de Moore, vis-à-vis des sombres romans de Charteris, Simon va ici devenir un vrai Saint de vitrail, sans qu’il soit désormais fait référence à une réputation  scandaleuse ou à l’origine trouble de ses revenus. Il va désormais représenter un collaborateur zélé des autorités et non plus un concurrent sarcastique de la police. Dès lors devenu inutile, le personnage trait d’union qu’était l’Inspecteur Teal ne réapparaîtra pas. Relayé par Charteris lui-même, qui a conservé un droit de regard sur les scénarios, Ogilgy devra régulièrement intervenir pour que son personnage conserve un minimum d’aspérité.

Malgré des critiques initiales pas toujours flatteuses et le souvenir insurpassable de Roger Moore, la série va connaître un certain succès en Europe (elle est initialement diffusée en France en 1979, sur Antenne 2), Les résultats s’avèrent plus décevants aux Etats-Unis, handicapés par une programmation nocturne. Les coûts de production demeurent structurellement élevés, avec 300 000 dollars d’époque par épisode, contre 75 000 pour un de la première série. Lew Grade préfère donc jeter l’éponge dès la fin de la première saison, alors que six étaient prévues à l’origine. Ian Ogilvy n’aura pas eu véritablement le temps de s’imposer. Demeure néanmoins le souvenir d’un Simon Templar attachant, moins démesuré et ironique envers ses contemporains, en un mot plus humain.

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