saison 5 saison 1

Club des Cinq

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Posted by Le Monde des Avengers on Monday, October 19, 2015

Le Club des Cinq est une série anglaise comportant deux saisons de treize épisodes de 24 minutes, basée sur les célèbres romans pour la jeunesse écrits par Enid Blyton.

Cette première série des années 70 présente des adaptations se déroulant à l'époque du tournage, au contraire de la seconde série des années 90, où a été reconstituée l'atmosphère de l'époque des romans, soit les années 40 et 50. Tout ceci est fort logique : les changements n'avaient pas été si importants entre les années 50 et les années 70, tant et si bien que les histoires pouvaient être transposées sans problème aux années 70. Par la suite, cela devenait impossible. Avec l'informatisation, l'urbanisation galopante et l'arrivée des téléphones portables, la seule solution pour la seconde série a été de situer l'action à l'époque de l'écriture des romans. On peut remarquer qu'en France, il a été procédé de la même manière pour les romans de Maigret : adaptation aux années 70 pour la série avec Jean Richard, reconstitution d'époque pour la série des années 90 et 2000 avec Bruno Crémer.

François, Michel (dit Mick) et Annie Gauthier sont trois frères et sœur âgés respectivement de 13, 12 et 11 ans. Ils partent en vacances à Kernach, en Bretagne, chez leur oncle et leur tante Henri et Cécile Dorsel. Les Dorsel ont une fille Claudine, du même âge que Mick. La cousine des Gauthier est un véritable garçon manqué, et d'ailleurs elle refuse de répondre si on la nomme Claudine, préférant se faire appeler Claude.

Claude n'est pas d'un caractère facile. Enfant unique, elle n'a pas été habituée à partager et voit d'un mauvais œil l'arrivée de ses cousins. De plus, elle cache un secret : elle a un chien appelé Dagobert, donné en pension chez des voisins car le père de Claude ne veut pas de lui à la Villa des Mouettes. Henri Dorsel est un savant qui mène des expériences scientifiques à son domicile, et n'aime pas être dérangé. La venue d'un groupe d'enfants ne va pas lui être forcément plus agréable que la présence de Dagobert...

Les Gauthier vont, non sans mal, finir par apprivoiser leur rebelle cousine, et adopter le bon Dagobert. A la fin leur première aventure, Claude et ses cousins obtiendront de M. Dorsel le retour du brave chien à la Villa des Mouettes.

Claude possède une petite île dans la baie de Kernach. L'île appartient en fait à sa mère, qui compte la lui offrir à sa majorité, mais elle considère déjà cette île comme son domaine. La famille de Cécile Dorsel fut propriétaire de la plupart des terres du village, mais les revers de fortune ne lui ont laissé, outre la maison familiale, que cette île et une petite ferme. Enid Blyton a reconnu avoir donné à Claude un certain nombre de ses propres traits de caractère.

L'île de Kernach et les travaux de l'oncle Henri vont engendrer une série d'aventures pour le petit groupe, qui s'est autoproclamé « Club des Cinq », Dagobert étant considéré comme une personne à part entière. Les inventions et découvertes de M. Dorsel attirent les espions et voleurs, et les premières enquêtes des Cinq vont souvent relever de ce domaine, avant de se diversifier.

L'atout majeur de la série, c'est l'excellent choix des acteurs, du moins en ce qui concerne les enfants. Physiquement, ils ressemblent beaucoup aux descriptions d'Enid Blyton, mais aussi aux personnages dessinés par Jean Sidobre, l'illustrateur des adaptations françaises des années 70 à la Bibliothèque Rose, et dont les dessins, ancrés dans la mode de l'époque tout comme la série, ont marqué les esprits d'une génération de lecteurs français. Quant au caractère des différents personnages, il est également respecté, et bien dans l'esprit des romans d'Enid Blyton. A cet égard, la série est mieux réussie que les piteuses histoires écrites en France par Claude Voilier après la mort de Blyton.

Marcus Harris est bien adapté au rôle de François. L'aîné des Gauthier est le chef et le responsable du groupe, dès lors que les enfants se retrouvent seuls, ce qui est le cas dans la plupart de leurs aventures. Calme et pondéré, il prend son rôle très au sérieux et est apprécié pour cela, mais ne rechigne pas à suivre Mick et Claude dans leurs velléités d'aventures. Fort heureusement, les scénaristes ne sont pas tombés dans une caricature de type Claude Voilier, qui a transformé François en maladroit et en poule mouillée par exagération de son côté prudent. François est le seul capable de calmer les ardeurs de sa turbulente cousine, sur qui il possède un certain ascendant, fait remarquable lorsqu'on connaît le caractère farouchement indépendant de Claude. Cependant, Marcus Harris reste l'acteur le moins convaincant du groupe d'enfants, son relatif manque de naturel étant aggravé par un doublage français exécrable. On remarquera qu'il n'a pas fait carrière par la suite, et que ce n'est probablement pas dû au hasard...

Gary Russel est tout aussi conforme au personnage de Mick. Aussi brun (enfin, plutôt châtain...) que François est blond, Mick est courageux et intrépide. C'est souvent lui qui propose de se lancer dans l'aventure sans demander l'aide de la police, et qui parvient à convaincre son frère.

Gary Russel, après une carrière d'acteur de télévision, de cinéma et de théâtre pendant son enfance, est devenu auteur à l'âge adulte, et a travaillé notamment sur la série télévisée Docteur Who.

Michelle Gallagher est véritablement excellente dans le rôle de Claude. Avec son allure de garçon manqué et ses cheveux noirs bouclés, elle ressemble étonnamment au personnage décrit par Blyton et dessiné par Sidobre. Seuls ses yeux noirs ne cadrent pas avec la « vraie Claude », connue pour la clarté de ses yeux bleus. Claude est un personnage entier, d'un caractère peu facile, mais dotée d'un cœur d'or, d'une franchise et d'un courage à toute épreuve. On remarquera que son tempérament abrupt a été largement aseptisé par les scénaristes.

Si François est le responsable-organisateur du Club,  Mick le franc-tireur et Annie l'intendante, Claude en serait plutôt le moteur, le catalyseur. Atteinte d'une grave maladie génétique, Michelle Gallagher n'a guère fait parler d'elle après la série, jusqu'à l'annonce de son suicide en l'an 2000.

Annie Gauthier est le double inversé de Claude, aussi féminine que sa cousine est masculine. Douce et craintive, elle n'apprécie pas forcément la succession d'aventures qui se présentent, mais la série a  atténué son côté timoré, et la présente presque à égalité avec les autres membres. Dans les romans, elle demeurait trop confinée à un rôle de petite ménagère un peu « cruche », à l'opposé des valeurs féministes en vogue depuis les années 70.

Le choix de Jennifer Thanisch ne pouvait être meilleur tellement la ressemblance physique avec le personnage d'Annie, telle que vue par Jean Sidobre, est frappante.

Jennifer Thanisch a laissé tomber sa carrière d'actrice dans les années 80 pour devenir enseignante en école primaire.

Concernant Dagobert et les autres personnages, les choix sont beaucoup moins judicieux. Si Dago ne ressemble guère au gros chien bâtard à la tête énorme et à la queue interminable décrit par Blyton ou dessiné par Sidobre, l'oncle Henri et la tante Cécile sont encore moins conformes. Maria, la cuisinière, a disparu, remplacée par Roger, un jardinier interprété par Friedrich Von Thun, d’ailleurs pas toujours aimable avec les enfants.

En revanche, le générique est une réussite incontestable. Non pas pour le visuel, assez banal et maladroit avec ses arrêts sur images des Cinq très tremblotants, d'aspect amateur prononcé. C'est la musique qui donne tout son charme à ce générique. Il s'agit d'une chanson extrêmement entraînante, interprétée par des adolescents. Elle reste dans la tête et l'on se surprend à la fredonner avant ou après avoir visionné un épisode : n'est-ce pas la marque d'un générique réussi ?

On saluera évidemment le choix d'adapter les histoires aux années 70, qui permet une identification facile aux personnages. La série ratée des années 90 confirmera cette opinion...

Néanmoins, la série est loin d'être parfaite. On a vu que l'oncle Henri, sous les traits de Michael Hinz, est assez éloigné de l'homme austère des romans. Son caractère distrait, sévère, voire implacable a été trop lissé pour en faire un personnage réellement intéressant. On peut reprocher aussi le fait qu'il apparaisse systématiquement, même dans des aventures où Blyton avait choisi de ne pas le faire intervenir. Ainsi, c'est lui qui emmène les enfants à la gare ou les conduit sur leurs lieux de vacances en voiture, alors que ce n'était jamais le cas dans les romans. Mais du point de vue budgétaire, il était sans doute plus facile d'employer un acteur récurrent...

Je ne voyais pas du tout Tante Cécile en brune typée méditerranéenne, à l'image de son interprète Sue Best. Les producteurs ont sans doute voulu corriger une anomalie présente dans les romans et certaines illustrations : comment une Cécile blonde pourrait-elle avoir une fille aussi brune que Claude ? Pourtant, on peut penser qu'il s'agit d'une femme coquette, et que la blondeur conférée par Jean Sidobre pourrait être l'œuvre d'une teinture. Donc, déception avec cette tante Cécile à l'aspect sudiste peu en rapport avec le cadre des aventures du Club.

Mais les deux plus gros défauts de la série sont son absence d'ambition et une version française de piètre qualité.

Comme souvent avec les séries télévisées pour la jeunesse (voir par exemple en France l'adaptation médiocre de Fantômette), on constate un manque cruel de moyens financiers. Le résultat, c'est l'adoption du format de 24 minutes par épisode. Comment peut-on adapter un Club des Cinq en 24 petites minutes ? On ne peut aboutir qu'à un résumé qui, certes, ne va pas manquer d'action, seuls les éléments les plus marquants de l'aventure étant conservés, mais ne va pas du tout restituer l'atmosphère particulière des romans de Blyton. Or, l'ambiance, l'atmosphère, constituent l'atout principal des romans, alors que les enquêtes sont souvent banales, sans renouvellement, avec toujours les mêmes histoires de passages secrets et de portes dérobées.

Manque de moyens aussi pour les décors, ce qui a conduit à zapper certaines scènes pourtant essentielles, ou a renoncer à adapter certaines histoires comme le premier roman de la série, dont seuls quelques éléments ont été repris dans le premier épisode, greffés sur une autre aventure.

Les épisodes en deux parties seront donc souvent les seuls à surnager, mais on regrettera de mauvais choix en la matière. Certains romans comme Le Club des Cinq, Le Club des Cinq en Randonnée ou Le Club des Cinq aux Sports d'hiver auraient bien mérité un épisode en deux parties. A contrario, pourquoi avoir adapté en double longueur des romans aussi médiocres que La Boussole du Club des Cinq et Le Club des Cinq en embuscade ? Ces histoires ont été écrites à la fin de la vie d'Enid Blyton, alors qu'elle était déjà atteinte de la maladie d'Alzheimer... De plus, le personnage de Pilou n'est guère intéressant, il aurait mieux valu insister sur celui de Jo, la gitane, qui n'apparaît plus que dans une aventure au lieu de trois.

Une série véritablement ambitieuse aurait produit des épisodes d'au moins 48 minutes, et sans doute plus longs pour les aventures les plus réussies. Avec des moyens financiers supplémentaires, synonymes d'histoires plus détaillées et de meilleurs décors, la série aurait eu une toute autre allure.

La version française relève de l'amateurisme pur et simple. Ce qui faisait le charme des romans traduits en langue française, c'est que tous les aspects anglais des romans avaient été totalement expurgés, au point qu'on pouvait croire qu'il s'agissait de romans français. Voilà qui facilitait grandement l'identification aux personnages. Bref, sous l'égide d'excellents traducteurs comme Hélène Commin, le Club des Cinq avait été « républicanisé ». Autant le côté « british » est appréciable dans une série comme Chapeau melon et bottes de cuir, autant il est inopportun dans les aventures de Claude et de ses cousins. Preuve que les romans bénéficiaient d'excellentes versions françaises, à un point tel que j'ai longtemps pensé qu'ils étaient l'œuvre d'un Français, malgré le nom bizarre de l'auteur...

Que trouve-t-on dans la version française ? Certes, les prénoms des membres du Club sont ceux de la traduction française (encore heureux !). Idem pour l'oncle Henri et pour la tante Cécile (sauf dans certains épisodes de la seconde saison où elle devient tante Fanny...). Mais tous les noms des autres personnages, sans exception, ont été conservés dans leur version anglaise ! On aurait pu comprendre ce choix si l'ensemble des noms étaient restés en version originale, y compris pour les personnages récurrents. Voilà qui aurait été logique. Tout aussi déplorable, mais cohérent. Faire un mélange des deux, c'est totalement incompréhensible.

Cela ne peut s'expliquer que par la paresse des traducteurs, qui connaissaient les noms français des personnages principaux, mais n'ont visiblement jamais lu les romans et ont eu la flemme d'aller chercher les noms français des personnages secondaires et autres « vedettes invitées » d'une seule aventure dans les adaptations en langue française des ouvrages d'Enid Blyton. Par ailleurs, on peut s'étonner que même les noms de méchants à consonance juive aient été conservés, alors qu'ils avaient été éliminés dans les traductions françaises écrites originales, histoire de ne pas créer de polémique avec le prétendu antisémitisme de l'auteur.

Et il n'y a pas que les noms. Bien entendu, au contraire des romans, les téléfilms ne peuvent gommer les aspects visuels qui montrent qu'on est en Angleterre. Mais on aurait très bien pu remplacer le thé par le café dans les conversations, d'autant plus que l'on ne voit pas ce qu'il y a dans les tasses. Et ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres.

L'autre échec de la version française est le manque de naturel. Alors que les enfants-acteurs jouent très convenablement la comédie (sauf peut-être Marcus Harris...), leurs voix françaises semblent réciter un texte, sans la moindre conviction. Voilà qui gâche le plaisir de retrouver de temps à autre les voix de Jean Berger et d'Henri Djanik, attribuées à certaines vedettes invitées.

On peut qualifier la qualité d'ensemble de la série de moyenne, de convenable, écartelée entre les faiblesses induites par le faible budget et la mauvaise version française d'une part, et d'autre part la réussite de l'interprétation des enfants et leur conformité aux personnages des romans. Comme dans la plupart des séries en deux saisons, la première est meilleure que la seconde.

La série gagnerait considérablement si l'on procédait à un nouveau doublage sur la base d'une véritable traduction française de tous les noms des personnages, d'une volonté d'expurger le plus possible les aspects « british », et avec une équipe de doubleurs compétents et convaincus. J'aurais aimé voir ce qu'aurait donné une production française, à condition qu'elle soit réalisée dans l'esprit de la série et avec un budget conséquent.

Quelques lignes enfin au sujet des titres attribués aux épisodes. Il est compréhensible que certains titres français « historiques » n'aient pu être réutilisés. Par exemple, Le Club des Cinq et les Gitans ne pouvait qu'être modifié puisque les gens du voyage ont purement et simplement disparu dans l'adaptation. Les pays anglophones ont toujours été en pointe en ce qui concerne l'idéologie du politiquement correct dont ils sont d'ailleurs les inventeurs, et dans l'Angleterre de James Callaghan il n'était déjà plus possible de montrer des malfaiteurs sous les traits de gitans...

Pour autant, nombre d'autres titres auraient pu être conservés. Le bouleversement total crée une confusion, aggravée par le fait que les deux seuls titres «originaux » réutilisés l'ont été pour des épisodes adaptés de romans différents ! Le Club des Cinq au Bord de la mer est devenu Les Cinq et les Saltimbanques, alors que Le Club des Cinq et les Saltimbanques est devenu Les Cinq en Roulotte et Le Club des Cinq en Roulotte un très banal Les Cinq s'amusent bien...

Par titres français « originaux », il est bien entendu qu'il s'agit des titres attribués lors des premières adaptations littéraires, et conservés en l'état pendant des décennies, jusqu'à ce que les éditions des années 2000 voient leurs traductions « simplifiées » par un vocabulaire appauvri et la disparition du passé simple au profit du présent, donc adaptées à l'époque moderne, et subissent un passage à la moulinette de certains titres jugés « douteux », au profit d'intitulés plus consensuels, plus « convenables ».

Les critiques d'épisodes qui suivent comportent le titre français de l'épisode, ainsi que le titre français original du roman adapté. 

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