Kojak - Bilan + Bonus La Brigade des Maléfices - Guide des épisodes

La Brigade des maléfices

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Posted by Le Monde des Avengers on Monday, November 30, 2015

La Brigade des Maléfices ne figure sur aucun document officiel de la Préfecture de police. Personne dans le public ne soupçonne son existence et pourtant chaque jour s’étend le champ de son activité. Bien des enquêtes menées par les plus fins limiers de la police judiciaire s’arrêtent soudain devant l’impossible, l’incroyable ou le surnaturel. C’est alors qu’intervient Guillaume-Martin Paumier, chef de la Brigade des Maléfices. Sherlock Holmes de la Féérie, Maigret de la sorcellerie moderne, expert en sciences occultes, familier de l'invisible, l'inspecteur Paumier ne refuse aucune des voies ouvertes sur l'Inconnu. Il a accepté d'ouvrir pour nous quelques dossiers, de nous faire participer à quelques-unes de ses étranges enquêtes.

S’il est vrai que le cinéma français, malgré quelques œuvres marquantes, n’a que peu exploré les étranges contrées du Fantastique, les séries ou téléfilms  hexagonaux se sont jadis montrés davantage amateurs du genre que ce que l’on croit généralement. Parmi les hauts faits de notre production en la matière, sans même aborder la Science-fiction, on peut ainsi citer : Belphégor (1965), La Redevance du Fantôme (1965), L'invention de Morel (1967), l’anthologie Le Tribunal de l'impossible (1967-1974), Les Compagnons de Baal (1968), La Duchesse d'Avila (1973), La poupée sanglante (1976), L'Ile aux trente cercueils (1979), La Peau de Chagrin (1980), etc.

Œuvre de Claude Guillemot et Claude-Jean Philippe, La Brigade des Maléfices (1971) occupe une place singulière au sein de ce panorama, car elle va lier deux grandes familles des productions dites de genre : le Fantastique et le Policier. En ce sens, elle préfigure d’ailleurs de manière amusante le grand succès des X-Files (mais aussi de la britannique Torchwood). Tout comme le Service des Affaires Non Classées se voit relégué dans les sous-sols du J. Edgar Hoover Building, la Brigade des Maléfices occupe les combles de la Préfecture de police de Paris et est considérée avec le même dédain amusé par les autres policiers.

Elle n’emploie également que deux agents, l’Inspecteur Paumier, grand amateur d’ésotérisme, et Albert son fidèle adjoint. Evidemment, les thèses paranormales de Paumier s’opposent souvent au bon sens cartésien d’Albert. Tous deux parcourent Paris et ses environs à bord de leur side-car jaune et rouge, afin de résoudre les affaires empreintes de surnaturel. Ils doivent aussi faire face au scepticisme de leur supérieur, le Commissaire Principal et à l’hostilité déclarée de son bras-droit, Muselier. En définitive la série saura conjuguer ses deux versants, avec des sujets surnaturels traités en enquête policière.

Toutefois, au lieu d’un Fantastique anglo-saxon, La Brigade des Maléfices se caractérise pur un merveilleux empreint d’insolite et d’humour, aux confins parfois du Surréalisme poétique. S’ils affrontent deux fois le Diable en personne, celui-ci s’avèrera surtout empreint d’un pittoresque goguenard et madré. Répondront également à l’appel un Fantôme anti HLM, une Fée, un Vampire associé à de faux prêtres moustachus, une sémillante Vénusienne  au Bois de Boulogne... La série vaut pour ce ton décalé très singulier, à une époque où l’ORTF ne saurait évidemment produire une série relevant réellement de l’épouvante ou de l’horreur. Aucune scène ne sera vraiment violente. De plus, les épisodes sont longs (près de 60 min), alors que la mise en scène, comme souvent pour les séries des années 70, s’avère moins dynamique que les canons contemporains.

Nantie de moyens limités, La Brigade des Maléfices pourra toutefois s’appuyer sur une distribution de qualité. Léo Campion, chansonnier, caricaturiste et Régent de l'Institut de Pataphysique, apportera toute sa personnalité hors normes et son bagout au savoureux et passablement allumé Inspecteur Guillaume Martin Paumier. Il sera effacement secondé par Marc Lamole (Albert), tandis que Jacques François et Jean-Claude Balard apporteront tout leur métier au Commissaire Principal et à Muselier. Le Diable sera incarné par nul autre que Pierre Brasseur, tandis que seront croisés au fil des épisodes son fils Claude, Anny Duperey, Philippe Clay, Virginie Vignon, Pierre Vernier, Gérard Séty…

Si ces six épisodes se montrent parfois inégaux, La Brigade des Maléfices se situe au-delà d’une aimable curiosité, assez décalée au sein des productions de l’ORTF. A coté d’une ouverture sur les France des années 70, elle aborde à travers la fantaisie et l’humour des thèmes toujours d’actualité aujourd’hui : la société de consommation de masse, l'urbanisation déshumanisée, la femme considérée comme un objet, l’importance déjà présente de l’informatique, la puissance de l’Etrange Lucarne… La Brigade des Maléfices montre en définitive qu’un Fantastique original et finalement très français, dans la lignée d’un Gaston Leroux, peut très bien s’inscrire dans nos grilles de programmes, à-côté des séries américaines ou britanniques.

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