saison  saison

Kojak (1973-1978)

Saison 3

 


1. LE RÉSULTAT QUI COMPTE : PREMIÈRE PARTIE
(A QUESTION OF ANSWERS : PART 1)



Kojak et les fédéraux obtiennent la coopération d’un petit trafiquant de manteaux de fourrure afin de piéger un usurier sans scrupule.

 

Comme l’ouverture de la seconde saison, également un double opus, la première partie de cet épisode est moins réussie que la seconde, aussi bien en action qu’en intensité dramatique. Le premier volet présente l’intrigue et les différents personnages, tous excellemment interprétés. Lee Curtin, joué par Eli Wallach, est un petit commerçant qui accepte de devenir l’appât de Kojak pour se racheter, et les deux hommes finiront par se vouer un respect mutuel. C’est le rôle le plus intéressant, mais les truands sont également bien représentés ;  Adrian, l’usurier malfaisant, est Michael V. Gazzo, dans un registre similaire à celui qui a fait sa renommée, et Solly, l’homme de main, est souvent en évidence. Il faut citer deux autres personnages moins captivants à mon avis : l’agent Brubaker (comme le film avec Redford) et l’avocate Eloise Geach, aux abords antipathiques. Le jeu juste des acteurs donne une bonne répartie à Kojak/Savalas, excellent comme d’habitude, et permet d’oublier que l’épisode n’a que l’ouverture comme scène d’action ; une descente de police dans un atelier clandestin de manteaux de fourrure. La poursuite, filmée sur les toits, est longue et palpitante et elle se conclut par l’arrestation du voyou au marcel rouge coincé par Crocker sur une cuvette de toilettes et de Curtin à qui Kojak tire l’oreille. Ensuite, de longs bavardages posent l’intrigue et situent l’ambigüité de certains personnages, comme Brubaker dans la dernière réplique.

 

Il n’y a pas d’enquête car Kojak remonte immédiatement par Brubaker au redouté Adrian dont les agissements ont provoqué le suicide d’un homme d’affaires. Contre l’abandon des charges à son encontre, Curtin accepte de servir d’appât et il persuade Adrian de lui prêter une forte somme d‘argent. Placé sous surveillance, le commerçant n’est néanmoins pas à l’abri du courroux de l’usurier et de Solly (F. Murray Abraham). Cet épisode vaut surtout par la performance des acteurs, particulièrement Eli Wallach, les répliques de Telly Savalas et l’ambiance pluvieuse new-yorkaise, mais il y a trop de passages bavards et de scènes inutiles (à la fête foraine par exemple). Le décor est bien planté pour une seconde partie plus palpitante.

 

o C’est le troisième des quatre épisodes de la série réalisés par Jerry London (après Nursemaid et Night of the Piraeus de la seconde saison). Il a mis en scène la minisérie Shogun en 1980.

 

o Albert Ruben a écrit une autre histoire pour la série : You Can’t Tell a Hurt Man How to Holler, saison 2.

o John Cacavas (1930-2014) a composé la musique de la série mais le thème du générique des quatre premières saisons est de Billy Goldenberg. Cacavas écrivit le thème modifié de la cinquième (le générique est aussi différent). Cacavas fut nominé pour un Emmy pour la musique de cet épisode.

o Sol Negrin, directeur de photographie,  fut nominé pour un Emmy en 1976  pour cet épisode  dans la catégorie ‘Outstanding Achievement in Cinematography for Entertainment Programming for a Series’.

o Eli Wallach (1915-2014), Lee Curtin, a travaillé pendant plus de 50 ans à coté des grandes stars du cinéma. Il fit ses débuts dans La poupée de chair en 1956, mais ses rôles les plus connus sont dans Les sept mercenaires, La conquête de l’Ouest, Lord Jim et, bien entendu, Le bon, la brute et le truand. Il tourna ensuite dans des films renommés jusqu’en 2010 (Le chasseur, Le parrain 3, Mystic River).  En 2005, il écrivit ses mémoires, The Good, The Bad And Me: In My Anecdotage.

 

o Michael V. Gazzo (1923-1995), Joel Adrian, est surtout connu pour le rôle du parrain Pentangeli dans Le parrain 2, tourné juste avant cet épisode.

o F. Murray Abraham (1939), Solly Nurse, a débuté sa carrière en 1971 avec quelques apparitions dans Serpico et Les hommes du président. Il a un rôle plus conséquent dans Scarface (avec Pacino) en 1983. Il a remporté l'Oscar du meilleur acteur pour Amadeus (1984) dans le rôle d'Antonio Salieri. Dans Le nom de la rose, il incarne l'inquisiteur Bernardo Gui. Il enseigne l'art dramatique à l'Off-Theater de Broadway depuis de nombreuses années.

o Jennifer Warren (1941), Eloise Geach, est actrice mais aussi metteur en scène. Elle fut acceptée comme Directing Workshop for Women at the American Film Institute.  

 

o Jerry Orbach (1935-2004), l’agent fédéral Brubaker, est le détective Lennie Briscoe dans 274 épisodes de New York, police judiciaire. Il décéda après le tournage de deux épisodes du spin-off, New York, cour de justice.

 

o L’épisode fut diffusé le 14 septembre 1975 sur CBS.

 

o Pour la première fois, George Savalas apparaît à l’écran. Jusqu’à présent, pour éviter toute confusion avec Telly, c’était sous le nom de Demosthenes que l’acteur figurait au générique.


o La réplique de Kojak à son informateur qui craint pour sa vie (première scène) :’You know what’s going to kill you : the booze and the broads !’.
Puis à Joel Adrian en lui tirant la cravate: "You're pullin' my chain, baby―just watch out you don't get flushed down the toilet"

 

o Le parking de Joel Adrian se trouve non loin des tours du World Trade Center, mises en évidence dès l’arrivée de la Buick de Kojak par un gros plan.

 

o Les fourrures ont été fournies par Flemington Furs.

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2. LE RÉSULTAT QUI COMPTE : SECONDE PARTIE
(A QUESTION OF ANSWERS : PART 2)



Alors que le plan semble fonctionner, une indiscrétion de Brubaker dramatise le processus et oblige Kojak à employer des moyens peu orthodoxes pour arriver à ses fins.

 

La première scène, l’entrevue Kojak/Curtin sur la jetée déserte, renseigne sur la dangerosité de Joel Adrian, qui semble avoir plusieurs personnalités dans sa poche (en fait, cela va du gardien de prison au politicien). Kojak ne peut donc pas soustraire Curtin, pour en savoir davantage, et prolonge sa couverture de deux semaines…Ce passage, agrémenté d’une belle musique, dépeint une vraie amitié entre Kojak et Curtin, un grec et ami d’enfance du lieutenant, qui veut se racheter aux yeux de son fils. Toute l’entreprise est sabordée par les indiscrétions de Brubaker, district attorney arriviste, qui se confie à un politicien noir en cheville avec Adrian (à l’époque, il n’y avait pas de crainte de faire jouer les méchants par des Noirs et les gentils par des Blancs). Ignorant les dangers encourus dorénavant par Curtin, Kojak continue la surveillance et les écoutes, mais le pire est à venir, car le commerçant magouilleur mais sympathique tombe dans un piège. La séquence du fourgon en flammes après l’explosion d’une bombe est d’une intensité d’autant plus incroyable qu’elle est inattendue.

 

Comme Kojak, on ne s’attend pas à ce que le commerçant disparaisse aussi vite et la rage du lieutenant pour tenter de sauver Curtin du brasier est la première séquence dramatique de la troisième saison. A vrai dire, le décès subit de Curtin prive la suite de la présence de Wallach, et on doit se farcir les plans vaseux de Brubaker, qui voulait déjà étouffer l’opération avant la tragédie pour protéger des huiles, et les jérémiades de l’avocate. Néanmoins, Kojak, secoué par ce meurtre (excellente voix-off), joue alors superbement son va-tout. Certifiant avoir vu Solly déposer la bombe, le lieutenant se parjure pour faire incarcérer l’homme de main et le pousser à dénoncer son patron (d’où le titre français).

 

Le policier n’aura plus ensuite qu’à attendre que le fauve traqué sorte de son trou. L’agent Brubaker s’est désavoué mais Kojak retrouve finalement son aura auprès d’Eloise Geach. La seconde partie monte en intensité et les temps forts de l’épisode sont l’explosion du fourgon avec Kojak bouleversé par cet acte imprévisible, et le final dans lequel le policier poursuit impitoyablement Adrian.

 

o Le résumé de la première partie est fait en images, après le générique. Il reprend les scènes avec la distribution en incrustations (la voix de l’indic en off est ajoutée) et quelques passages importants. Le tout dure trois minutes, générique compris.

 

o Lors de la poursuite finale en voitures, la doublure de Telly Savalas est très apparente dans les plans éloignés. Par exemple, lorsque la Buick longe le trottoir et tourne à droite en passant devant la caméra. En fait, Telly Savalas est seulement en voiture dans les gros plans.

 

o La première scène de la saison tournée dans le precinct n’a lieu qu’après un quart d’heure de cette seconde partie. 

 

o Pendant la surveillance, Kojak pense que l’équipement ne fonctionne pas et qu’ils auraient dû prendre du japonais !

 

o Adrian en sortant du bureau au policier: ‘Do you want to pull my chain again, Kojak?’ Kojak: ‘Punk, get out of here.’

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3. UNE OMBRE AU TABLEAU
(MY BROTHER, MY ENEMY)

Un détective tue accidentellement un jeune garçon alors qu’il pourchassait un meurtrier. Son témoignage fait passer le drame pour de la légitime défense, mais Kojak, qui protège le policier, découvre petit à petit la triste réalité, malgré des pressions internes.

 

L’épisode est célèbre parmi les fans pour être celui avec Sylvester Stallone, encore débutant. C’est un atout bien que la star actuelle ait peu de répliques et un rôle détestable. Il incarne le détective Daley, un rapide de la gâchette, qui abat un jeune garçon de dix ans, le méprenant dans l’ombre pour Marty Vaughan, l’assassin qui vient de poignarder un homme dans l’immeuble un étage plus bas. Daley déclare qu’il y a eu échanges de coups de feu avec le tueur sur les toits pour masquer sa bévue. Dès le départ, l’audience sait que le policier a commis une bavure. Kojak couvre Daley, qui est reconnu innocent, mais l’enquête va démontrer que la légitime défense n’est pas recevable.

 

Cet excellent drame dépeint un jeune policier, avide de bien faire, pris dans un engrenage sans retour. L’arme, avec laquelle Daley prétend avoir essuyé des coups de feu, permet à Kojak de démêler la vérité (‘I want evidence’). Servie par de bons acteurs, l’histoire comporte des moments forts, comme la mère devant le corps de son petit garçon, et montre le lieutenant Kojak déterminé à découvrir la vérité quelle qu’elle soit (‘All I can promise you is the truth, whatever it is’). Le traçage de l’arme est un peu épique (la scène dans la boutique de Mrs Desmond) et Kojak subit la pression du capitaine Nolan, qui est persuadé dès le début de l’affaire de la culpabilité de Daley, ce qui installe l’atmosphère de l’intrigue.

 

Le climax se situe lors d’une sorte de reconstitution sur les toits : Daley laisse aller son émotion mais Kojak rejette toute excuse et conclut par : "You're no good! That's the end of the story." A noter qu’on se rend compte que Stallone est très petit, car Telly Savalas a l’air d’un géant à côté de lui, et, parmi les seconds rôles, Ahna Capri (Carol, amie du cambrioleur meurtrier) est charmante. Quant à Stavros, il s’occupe toujours à quelques tâches comme fouiller les tiroirs et les soutiens-gorge de l’appart, attendre la femme et faire la quête pour la famille de la victime !

 

o Russ Mayberry (1925-2012), metteur en scène écossais, a réalisé neuf épisodes de la série. Il a travaillé sur de nombreuses autres séries dont Le virginien (3 ép.), L’homme de fer (11), Un shérif à New York (7), Magnum (12), Equalizer (12), In the Heat of the Night (18)…

 

o Sylvester Stallone (1946), le détective Rick Daley, était aux balbutiements de sa carrière et pas encore la star planétaire de maintenant. Avant cet épisode, il avait fait quelques apparitions, entre autres dans Klute (patron de discothèque), Capone (Frank Nitti), Adieu ma jolie (avec Mitchum) et la série Police Story. Un an après ce passage à Kojak, Stallone tourna le premier chapitre de Rocky, et son statut de star alla crescendo avec la série des Rambo débutée en 1982.

 

o Alan Manson (1918-2002), l’inspecteur Nicola, a joué dans six épisodes (dont le pilote). Il sera le lieutenant Steve Nicola lors de ses deux dernières apparitions.

 

o Ahna Capri (1944-2010), Carol, est d’origine hongroise et elle a joué dans de nombreuses séries cultes comme Au nom de la loi, Les mystères de l’Ouest, Des agents très spéciaux, Les envahisseurs, Mannix…mais c’est son passage dans le Bruce Lee Opération Dragon qui la rendit célèbre. Sa voiture entra en collision avec un camion et elle décéda après plus d’une semaine de coma en août 2010.

o Marty Vaughan achète le New York Chronicle dans sa chambre d’hôtel. Ce journal est fictif.

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4.  AFFAIRE DE FAMILLE
(SWEETER THAN LIFE)

Kojak fait désintoxiquer son neveu, junkie et témoin d’un meurtre, mais l’assassin, trafiquant notoire, est décidé à éliminer le jeune homme à tout prix.

 

Ce genre d’histoire n’a rien d’original dans le domaine des séries policières, mais l’épisode est un excellent plaidoyer contre la drogue, fléau de la jeunesse déjà à cette époque, comme le sera quelques années plus tard Joyride de la seconde saison d’Equalizer. Plus qu’une enquête, l’histoire, sociale et moralisatrice, remplit sa mission, mais sans beaucoup de suspense, ni de tension. Il y a néanmoins de bons moments dans cet épisode qui débute légèrement par le vol de l’appareil-photo de Kojak à sa fête d’anniversaire pour aboutir à un drame sur fond de came et de meurtres. Johnny, le neveu de Kojak, se drogue avec son ami Collins mais, témoins de l’assassinat du receleur à qui ils ont revendu l’appareil contre deux doses, les junkies sont traqués par Bill Wilson, meurtrier et trafiquant d’héroïne sans scrupule.

 

Théo Kojak retrouve Johnny et le confie à Sonny South (excellent Neville Brand, présent que dans la seconde partie), un marginal ancien toxico, adepte de la désintoxication musclée, tandis que Collins meurt d’une overdose préméditée après son chantage sur Wilson. La tentative de Kojak de faire tomber le criminel en alpaguant Davis, l’homme de main, échoue, et le policier sous-estime la capacité de nuisance de Wilson, ce qui sera fatal à South. Un script satisfaisant avec une démarche pédagogique qui montre sans complaisance que les jeunes sont les premières victimes de cette calamité ; ainsi, la séquence où Kojak emmène son neveu dans un squat de drogués est éloquente (‘I’m going to show you your future !’).

 

L’intrigue est, par conséquent, banale et passe au second plan, mais on retiendra le jeu convaincant des acteurs, en particulier de Neville Brand, et quelques scènes intéressantes telles que l’anniversaire, l’intimidation de Kojak envers Davis (les petits sachets et la farine) et la dernière réplique du lieutenant à Johnny devant le corps de South: ''I hope to God you were worth the trade''.

 

o Le scénariste est Burton Armus. Il était détective dans le Bronx lorsque Telly Savalas l’engagea comme conseiller technique sur la série, ce qu’il fit pour 93 épisodes. Il a parfois un petit rôle (‘himself’ au générique), et il écrivit les scénarii de neuf épisodes.  Il fut également scénariste et producteur pour d’autres séries et il fut nominé plusieurs fois pour NYPD Blue.

 

o Neville Brand (1920-1992), Sonny South, est connu pour son interprétation de Capone dans Les Incorruptibles. Il a participé ensuite à de nombreuses séries dans les années 60 et 70 (dont Kojak). Il a rejoint l’armée en 1939 et c’est là qu’il débuta sa carrière d’acteur. Maintes fois décoré pour sa bravoure lors de la guerre dans le Pacifique, il incarna de nombreux durs à l’écran.

 

o Michael Mullins (1951), Johnny, a tourné la même année un épisode des Rues de San Francisco, Merchants of Death.

 

o Tony Giorgio (1923-2012), Wilson, a joué dans Le parrain et Magnum Force (il est le truand Palancio).

 

o Nick Dennis (1904-1980) a joué dans neuf épisodes de la série dont six fois, comme ici, le rôle de l’oncle Constantine.  Il parlait couramment le grec.

 

o Charlie Picerni (1935), le frère de Paul, l’incorruptible, est le coordinateur des cascades sur une soixantaine d’épisodes de la série. Ici, il est le policier Maxwell qui arrête le neveu de Kojak. Il avait été aussi le cambrioleur Lewis Kowalski, abattu par Crocker après une poursuite en voitures, dans Le corrupteur de la première saison. Il est aussi la doublure de Paul Michael Glaser dans la série Starsky & Hutch.

 

o Comme souvent, le World Trade Center est à l’honneur dans les premières images de l’épisode.

 

o George Savalas joue du bouzouki et chante, comme au générique de Night of the Piraeus de la seconde saison. L’anniversaire de Kojak est prétexte à une fête grecque (première séquence) comme lors du mariage de la nièce du lieutenant dans Cop in a Cage de la première saison.

 

o Kojak à Davis: ‘You play cowboys and Indians with me; you have to pay the price.’ Et à Krakauer, l’avoué pourri: ’My intentions are not your business, garbage man!’

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5. PRIÈRES INUTILES
(BE CAREFUL WHAT YOU PRAY FOR)

Alors que Crocker donne une conférence sur le viol dans une école catholique, deux Portoricains dérobent un camion devant les portes de l’institut et blessent un prêtre en civil.

 

L’épisode est pratiquement sans intérêt et on s’ennuie ferme la plupart du temps. Seules, quelques scénettes nous font oublier que l’histoire est fade comme du blanc de poulet sans sauce. Commençons par l’intrigue : deux Portoricains rêvent de s'acheter une ferme et tentent de réunir l'argent nécessaire en détournant une cargaison de plomberie, qui était destinée à une école, avec la complicité interne de leur sœur. Mais ils ignorent que le chargement est lui-même déjà volé et ils se retrouvent impliqués dans une affaire criminelle, dont l’apogée est le vol de plusieurs camions par temps venteux (afin d’éviter le survol d’hélicoptères de la police).

 

Une brochette de magouilleurs et de petits truands dans une histoire bavarde et insipide, et je vous fais grâce des détails car il n’y a rien de folichon, surtout que le tout est joué par des acteurs sans relief ni grande notoriété, contrairement aux quatre épisodes du début de saison. Même Telly Savalas a l’air de s’ennuyer. Parmi les quelques bonnes choses évoquées plus haut ; notons Crocker en conférencier dans l’école catholique à une assistance de demoiselles : ‘How to protect yourself against rape’, la sympathique Mère Supérieure Sister Agnes et sa relation avec McNeil qu’elle appelle ‘Francis’, le type bloqué sous la bouche d’égouts (tous ces passages sont au début) et la visite de Kojak et de ses flics chez le plombier receleur.

 

o Troisième épisode consécutif réalisé par Russ Mayberry et la qualité a décliné fortement mais dans ce cas, il faut peut-être chercher le fautif d’ailleurs…

 

o Troisième des cinq contributions de James M. Miller à la série et on ne peut pas dire que cela soit des réussites. Après le très mauvais Le Corrupteur (saison 1) et le moyen Quiproquo (saison 2), on peut faire… des prières pour que les deux derniers opus soient meilleurs !

 

o George DiCenzo (1940-2010), Harry Ferguson, a joué dans de nombreuses séries policières : L’homme de Fer, Le justicier, Cannon, Baretta, Les rues de San Francisco, Hunter, Police Story, Hawaii Police d’État, Magnum, New York Section Criminelle… Dans Equalizer, il a participé à l’épisode en deux parties, Les mémoires de Manon et il est le mafieux Bruno Dominic dans A Dance on the Dark Side.

 

o Richard Bakalyan (1931), Proctor, a joué dans six épisodes des Incorruptibles, toujours des petits rôles.

 

o Meg Wyllie (1917-2002), Sister Agnes, a participé à deux Incorruptibles : Le roi de l’artichaut et L’histoire d’Eddie O’Gara (avec Mike Connors).

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6. NEIGE SECRÈTE, NEIGE MORTELLE
(SECRET SNOW, DEADLY SNOW)

Kojak enquête sur la mort suspecte d’un chirurgien plasticien renommé, cocaïnomane. Les investigations s’orientent vers le chef de clinique, mais la jalousie est un facteur déterminant.

 

Un gros bonnet de la drogue s’est fait rouler et charge son intermédiaire, Paul Malloy, trafiquant notoire, de récupérer argent et cocaïne auprès de Jefferson Oliver, chirurgien toxicomane de longue date. Cela se passe mal et, alors que Kojak pense pouvoir enfin mettre à l’ombre Malloy pour meurtre, le lieutenant apprend que la victime était en fait déjà morte lorsque le dealer lui a tiré dessus. Pourtant, une infirmière l’avait identifié et l’empreinte de son pouce avait été retrouvée sur la montre du chirurgien. Mais Oliver ne s’est-il pas fait également doubler ? Lorsqu’il s’avère que le praticien a été finalement assassiné d’un empoisonnement, qui peut faire passer un meurtre pour une mort naturelle, Kojak s’évertue à trouver le mobile auprès du directeur de la clinique, le Dr Michael Clossen.

 

C’est finalement deux femmes qui mèneront le policier à la solution : Isabella, l’ex-épouse d’Oliver, lors de la longue séquence au bar, et Robin Clossen, délaissée et maitresse d’Oliver. Si Clossen a tout planifié pour récupérer argent et schnouf, qu’il avait remplacée par du sucre, et éliminer les obstacles que représentent Jefferson Oliver et Paul Malloy, il n’avait pas soupçonné que sa femme, parfaitement ravalée par le chirurgien, le trompait régulièrement avec lui dans tous les hôtels du coin. Ce très bon épisode mélange affaire de drogue et jalousie et l’interprétation y est parfaite. Robert Mandan, qui n’a fait que quelques apparitions dans des séries et soaps, est particulièrement convaincant en médecin rusé et machiavélique, pour qui les collections de soldats de plomb procurent plus de plaisir que son épouse, pourtant resplendissante. Heureusement, Kojak, qui déteste l’arrogance du docteur, est intrigué par le mutisme de sa femme…

 

On devine tôt dans l’épisode que le couple Clossen ne s’entend pas et Kojak a des allusions qui ne trompent pas, dès la première rencontre avec les époux (‘Love letters’ et l’échange de regards soutenus Kojak/Robin) et entre deux réparties sur Napoléon lors de la seconde visite au médecin (superbe scène). Le policier fera le rapprochement tardivement avec Clossen, après que de la peinture rouge ait été trouvée sous les semelles de Malloy. Un drame palpitant au somptueux final singulier, avec le quiproquo entre les époux et le lieutenant qui oblige le sinistre chirurgien à ‘ressusciter’ son épouse.

 

o  Quatrième et dernier épisode réalisé par Jerry London (1947).

 

o Cinquième des six histoires écrites par…Mort Fine (1916-1991), cela ne s’invente pas ! Les quatre précédentes sont également intéressantes : Knockover, Marker to a Dead Bookie et Mojo (saison 1), ces deux derniers épisodes tournent aussi autour de la drogue, et Slay Ride (saison 2).

 

o Elizabeth MacRae (1936), Robin Clossen, est Betsy, une mère maquerelle aguicheuse, dans Night of the Piraeus de la seconde saison. Elle est censée avoir 52 ans dans l’épisode et paraître plus jeune grâce à la chirurgie esthétique. Au moment du tournage, elle est âgée de 39 ans.

 

o Raymond Singer (1948) reviendra dans trois autres épisodes dans le même rôle du médecin légiste Moscowitz. Sa prestation plutôt drôle avec Savalas méritait en effet de réapparaitre !

 

o Kojak, alors que Crocker lui apprend que la victime était chirurgien esthétique dans une clinique privée: ‘Face, lips, breast, bubs’.

 

o Dans cet épisode, Stavros s’est mis au régime.

 

o Le film Baby Face Nelson (L’ennemi public), tourné en 1957  avec Mickey Rooney, est évoqué.

 

o La bataille de Borodino (aussi bataille de la Moskova) fait référence à la rivière qui coule non loin du champ de bataille. Elle s’est déroulée le 7 septembre 1812. Elle fut la plus importante et la plus sanglante confrontation de la campagne de Russie, impliquant plus de 250 000 hommes pour des pertes estimées à 100 000 hommes. La Grande Armée commandée par Napoléon Ier, repoussa l’armée impériale russe sous les ordres de Mikhaïl Koutouzov, près du village de Borodino, à l’ouest de la ville de Mojaïsk (Source : Wikipedia).

 

o L’hôtel Barbizon existe vraiment à New-York. Il se trouve à proximité de Central Park et du Museum Miles. Malloy y entre mais il était réservé exclusivement aux femmes jusqu’en 1981…

 

o Lorsque Malloy sème Rizzo et Saperstein, Kojak souligne que les deux policiers ont dix-huit années de détectives derrière eux…

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7. UNE FEMME LIBÉRÉE
(LIFE, LIBERATION AND THE PURSUIT OF DEATH)

Une femme surmenée est témoin d’un homicide, et les assassins vont tenter de la déstabiliser et de la pousser au suicide, en l’aidant au besoin…

Bob Viliano, assisté de son ami Carey Nysrom, étudiant en psychologie comme lui, tue accidentellement un professeur (sujet tristement d’actualité) après avoir essayé de le faire chanter, mais Lorelei Mason, une publicitaire, se trouve sur la jetée au moment où Viliano se débarrasse du corps. Grâce à un portrait-robot convaincant, le voyou est reconnu et appréhendé à l’université, puis l’individu est libéré sous caution faute de preuve tangible, ce qui va bouleverser l’existence de la jeune femme témoin. Tandis que Kojak focalise l’enquête sur la traçabilité d’un morceau d’emballage en carton taïwanais ayant servi à transporter le cadavre, les deux voyous s’introduisent (facilement) dans l’appartement de Lorelei Mason afin d’y dérégler son mode de vie et la pousser au suicide en échangeant ses pilules.

L’intérêt de l’histoire réside dans l’opposition intéressante entre le duo d’étudiants sadiques et calculateurs et la publicitaire stressée et au bord de la rupture. Il y a de bons moments mais le personnage de la femme angoissée à l’extrême, alternant les cigarettes et les cachetons, est caricatural et exaspérant. Les séquences de réalisation du film publicitaire stupide prennent trop de place et la prestation des acteurs n’est seulement qu’acceptable. Néanmoins, l’histoire est solide et bénéficie d’un final à suspense, et les répliques de Kojak font toujours mouche dans les passages ‘vides’. Evidemment, les dialogues peuvent s’apparenter à du sexisme car, ne l’oublions pas, la série date des années 70 et certains ronchons pourraient même essayer de faire du révisionnisme. Ainsi, lorsque Lorelei Mason s’impatiente pour repartir au travail, Kojak déclare à Crocker : ‘That is a lady paying the price for liberation’. 

o Gene Kearney (1930-1979), le scénariste de cette histoire, a participé à 72 épisodes de la série en tant que producteur, scénariste, réalisateur ou ‘story editor’ !

o C’est le premier des sept épisodes réalisés par Nicolas Sgarro (1925).

o Joanna Miles (1940), Lorelei Mason, est née à Nice. Elle immigra aux USA et fut naturalisée en 1941. Elle gagna deux Emmy et elle participa à de nombreuses séries renommées (Mannix, Section contre-enquête, Dallas…).

o Robert Carricart (1917-1993), Mr Viliano, joua des truands notoires, Lucky Luciano et ‘Lepke’, dans la série Les Incorruptibles.

o Catlin Adams (1950), Adelle, la secrétaire, est Theresa Ryan, la femme mariée qui fréquente le suspecté Luis, dans Fausse piste de la seconde saison. Elle reviendra lors de la cinquième et ultime saison. Elle est créditée au générique final sous le nom de Nira Barab.

o Comme souvent, les tours du World Trade Center sont sur les premières images de l’épisode.

o Telly Savalas sait très bien manier la Buick comme on peut le constater lors de la marche-arrière sur la jetée ; l’acteur n’est pas doublé pour cette scène. Par contre, dans le final, lorsque Kojak se dirige vers l’escalier, de dos, pour jeter un coup d’œil sur le carton d’emballage découvert par Crocker, c’est une doublure évidente vu la démarche.

o Lorsque Miss Mason juge que le portrait-robot n’est pas parfait, Kojak avoue qu’il a le même sentiment depuis la première fois qu’il s’est vraiment regardé dans un miroir : ‘I’ve abandoned the notion of absolute perfection.’

o L’entrée de l’université a déjà été filmée à l’identique dans Tais-toi, sinon tu meurs (saison 2).

o Le lieutenant joue aux fléchettes dans le bureau pour se relaxer, mais McNeil est plus adroit que lui : ‘He’s Irish’.

o Kojak au sujet de Viliano : ‘I’m conditioned too to hate creeps like Viliano.’ Et à Viliano directement, comparant le labyrinthe de ses expériences psychologiques sur les souris à celui de la prison où il va aller pour le restant de ses jours : ‘You’ll be a good boy, I’ll come visit you and maybe I bring a piece of cheese.’

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8. APPARTEMENT 2C
(OUT OF THE FRYING PAN…)

Un inspecteur est responsable de la mort d’un ami, abattu par un trio de braqueurs. Destitué et simple agent de police, il va employer des moyens peu orthodoxes pour essayer de retrouver honneur et insigne.

 

C’est un thème éculé que celui du policier alcoolique déchu qui entreprend de se réhabiliter. Néanmoins, cet opus garde de l’originalité par l’interprétation exemplaire d’Eugene Roche, qui est le fonctionnaire de police Beach, et l’histoire qui maintient un certain suspense malgré sa trame convenue. Sortant d’un bar, l’inspecteur Beach, qui n’est pas en service, est éméché, mais il tente de s’interposer dans un cambriolage d’entrepôt ; il se fait subtiliser son arme avec laquelle son ami de beuverie est assassiné. Kojak ne décolère pas, car Beach est un bon flic, mais il est néanmoins rétrogradé en simple agent de patrouille dans un quartier malfamé. C’est un braquage entre truands et le meurtre d’un protagoniste qui permettent à Beach de retrouver la trace du trio responsable de ses malheurs.

 

Grâce à Ozzie, un indic, et surtout Bunky, un clochard témoin, Beach récupère l’arme des homicides et balance aux gangsters plumés les localisations du trio une par une pour qu’il soit liquidé ; sauf pour le second membre qui sera repéré avec le calepin du chauffeur de taxi. Cette prouesse de Beach, qui devance Kojak à chaque fois en le prenant de vitesse, constitue la particularité de l’intrigue, même si parfois la vraisemblance fait défaut ; lorsque Beach quitte l’hôpital par exemple, mais, à sa décharge, l’infirmière n’a pas un physique à se laisser cloitrer.

 

Les meilleures scènes sont celles de la poursuite du taxi, qui se termine tragiquement, et le dénouement dans lequel Beach a finalement tout perdu, sauf la vie. Un drame intéressant avec un personnage principal convaincant qui vole la vedette au lieutenant et dont le sort n’est pas celui qu’on craint car il survit même s’il est retombé dans l’alcoolisme et que sa vie professionnelle est définitivement compromise.

 

o Jack Laird (1923-1991) a écrit quatorze histoires pour la série dont six de la première saison. Il est aussi ‘Supervising Producer’ pour 72 épisodes.

 

o Charles S. Dubin (1919-2011) a réalisé quatorze épisodes de la série sur les cinq saisons.

 

o Eugene Roche (1928-2004), ‘Sandy’ Beach, était connu pour ses nombreux rôles dans des comédies et il joue également un détective dans plusieurs épisodes de la série Magnum. Il est Seymore Haywood, un comptable paumé qui se prend de sympathie pour un ancien soldat devenu justicier, dans l’excellent Acts of Desperate Men de la seconde saison.  

 

o Joseph Stern (1940), Nathan Markowitz, le tueur, est plus connu pour être producteur exécutif que comédien ; sur 65 épisodes de New York, police judiciaire par exemple.

 

o Eddie Firestone (1920-2007), Bunky Ott, le clochard, a joué dans le pilote et trois épisodes des Incorruptibles. Parmi les nombreuses autres séries dans lesquelles il participa, notons trois épisodes des Rues de San Francisco : La légion des épaves, Pas d’insigne pour Benjy et Coup monté.

 

o Jason Wingreen (1920), Max Persky, a joué dans huit épisodes des Incorruptibles.

 

o Le titre anglais est une expression qui trouve son équivalent en français dans ‘Tomber de Charybde en Scylla’. Cette expression remonte à l'Antiquité et signifie qu’on échappe à un danger que pour se frotter à un autre encore plus grave. Les traducteurs français n’ont pas cherché à savoir et ils ont tout bêtement pris comme titre l’appartement du gangster où se déroule le final.

 

o Pas de ‘bon mot’ de Kojak  mais la simple constatation dans la dernière réplique que Beach aurait dû suivre son conseil et patienter deux années: ‘Sandy, why was the hurry ?’

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9. TERRITOIRE INTERDIT
(OVER THE WATER)

Kojak dîne dans une boite du New Jersey en galante compagnie, mais il s’interpose dans un différend et s’attire les foudres du gérant, le fils d’un  gangster connu du lieutenant, qui tient la petite ville sous sa coupe. L’orgueilleux Junior met rapidement un contrat sur la tête de Kojak.

 

Sur une histoire de Burton Armus, Telly Savalas réalise un excellent épisode qui aère le lieutenant du rance de la ‘grosse pomme’. L’action se déplace en effet et quitte les gratte-ciels de Manhattan pour une petite ville du New Jersey. Contrairement aux tentatives de la seconde saison, l’excursion est une réussite, car l’intrigue est palpitante. En dehors des heures de service, Kojak ne peut s’empêcher de défendre un couple importuné par, tout simplement, le patron de la boite, Michael Viggers Junior, le fils de son homonyme senior (pas très facile pour les résumés).

 

Le père, parrain notoire, arrose toute la ville, y compris le chef de la police locale, le capitaine Keene, mais il connaît Kojak et préfère faire profil bas avec le lieutenant. C’est compter sans l’impétuosité et l’arrogance du rejeton qui place un contrat sur Kojak. Le FBI se méprend et met à l’ombre le père, ce qui laisse les coudées franches au fils, qui prend possession du territoire en liquidant le fidèle de son paternel. Cet acte inconsidéré ne sert pas les affaires du fougueux truand qui, petit à petit, se retrouve isolé après les arrestations effectuées par Kojak et Keene. Même son père de la prison ne supporte pas ce manquement à l’honneur et Michael Viggers Junior n’a plus rien sauf sa rage de se venger et d’abattre le lieutenant.

 

Cette excellente histoire renvoie à Cop Land, avec Stallone, pour plusieurs aspects, dont le personnage de Keene qui rappelle le shérif du film. Les meilleurs passages sont l’altercation du début (et la façon avec laquelle Kojak alpague Junior par le colbac), la tentative du capitaine pour se racheter et sauver Kojak (il y perdra la vie), la mise au point de Kojak au parrain (‘You’ve finished, Theo ?’ ‘It’s Lieutenant Kojak, you understand ?’),  et le final inévitable et radical. Un grand moment de la saison.

 

o Troisième des cinq épisodes réalisés par Telly Savalas. Les deux précédents étaient L’indic et Spiritisme, de la seconde saison.

 

o Le titre original fait référence au George Washington Bridge, qui traverse l’Hudson River. Il relie Washington Heights, au  nord de Manhattan, à Fort Lee dans le New Jersey.  Le George Washington Bridge est à deux niveaux; le plus élevé possède quatre voies de circulation à double sens, et le moins élevé trois voies de circulation à double sens, ce qui porte à quatorze le nombre de voies.

 

o Ellisburg, et non pas Ellisberg comme écrit sur le fronton du commissariat, se trouve effectivement dans le New Jersey. 

 

o Michael Cristofer (1945), Michael Viggers Jr., est réellement né dans le New Jersey. Il a gagné le Prix Pulitzer en 1977  pour une pièce, The Shadow Box.  

 

 o Titos Vandis (1917-2003), Michael Viggers Sr, est né et décédé en Grèce, et il était  membre du parti communiste grec. Il fut pressenti et testé pour jouer Auric Goldfinger, rôle qui fut finalement attribué à Gert Fröbe. Il joua dans de nombreuses séries policières US à la fin des années 60 et durant les années 70.

 

o Viggers Junior interpelle Kojak dans sa boite: ‘Why don’t you go back to your hot chocolate? Mind your business, Baldie’.

 

o Un peu d’humour lorsque Rizzo interroge une fille au Precinct. Kojak lui demande cyniquement si c’est sa fiancée. ‘Neighborhood girl’ est la réponse du détective avant de la boucler.

 

o Le capitaine McNeil monopolise tous ses hommes pour protéger Kojak: ‘I can’t afford the loss of a lieutenant in the middle of a busy season!’ Nous non plus….

 

o Kojak à la dame qui s’enquiert de savoir qui est la victime, dans la dernière réplique de l’épisode : ‘Nobody, lady. Nobody at all’.

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10. PIÈGE AUX DIAMANTS
(THE NICEST GUYS ON THE BLOCK)

Gil Weaver constate, avec incrédulité, qu’un ami d’enfance est impliqué dans un recel de diamants volés. Kojak pousse son inspecteur à le piéger pour remonter au commanditaire. 

 

C’est un des meilleurs épisodes de la saison pour le site DVD Talk, alors que je le trouve simplement intéressant, sans plus. Il marque le retour de Gil Weaver, le policier noir, souvent employé à-propos. Dans cette histoire, il retrouve Richie Linden, un ami d’enfance fourvoyé dans des vols de diamants avec deux complices, des hommes d’âge mûr, en apparence rangés et propriétaires d’un club familial (d’où le titre original). Grâce à un tuyau des fédéraux, Kojak et ses inspecteurs se sont saisis de diamants et d’argent dans une église, transformée en brocante (Church Bazaar). Linden propose une grosse somme à Weaver, responsable de la prise, s'il rend les diamants à leurs illégitimes propriétaires. Weaver fait semblant d'accepter tout en tendant un piège à Linden.

 

Pour son dernier scénario, je soupçonne fortement Mort Fine d’avoir recyclé l’idée initiale de La reconnaissance de dette de la première saison. Weaver y était en effet un flic infiltré, reconnu par un ancien camarade de classe qui soudoyait le policier pour récupérer la drogue confisquée. On remplace la drogue par des pierres précieuses.  Néanmoins, la suite est différente, car Weaver consent à contrecœur à participer au plan de Kojak, qui va s’avérer mortel pour Linden. Kojak se fait berner mais, en prétendant que Richie a joué double jeu, le lieutenant oriente les truands partenaires aguerris sur l’ami de Weaver.

 

L’ensemble n’est pas très original et les gangsters-caïds ont plutôt l’air de vieux gros mous, mais l’épisode n’est pas ennuyeux à regarder malgré un final décevant. C’est une inscription sur des t-shirts qui mènera Kojak au club Acacia des deux malfrats amateurs. Les meilleures scènes sont celles de la filature et fusillade dans les sous-sols de l’église (sur une excellente musique), l’exécution du plan qui laisse subsister le doute et Kojak n’avait pas prévu que Richie se débarrasserait des faux diamants dans le cab, sans oublier la prestation de Roger Robinson. Un bon épisode mais la barre est haute et la concurrence excessivement serrée dans cette série, la meilleure à mon avis (allez, c’est écrit !). 

 

o Dernière des six histoires écrites par Mort Fine. Les cinq autres sont : Knockover, Marker to a Dead Bookie et Mojo (saison 1), Slay Ride (saison 2) et Secret Snow, Deadly Snow (saison 3).

 

o Roger Robinson (1940) est Gil Weaver, un policier souvent infiltré, dans onze épisodes de la série. Il est aussi le proxénète Bobby Martin dans le pilote.

 

o Norman Alden (1924-2012), Foster, a tourné pendant plus de cinquante ans, jusqu’en 2006, dont dans trois épisodes des Incorruptibles et quatre des Rues de San Francisco.

 

o Kojak à Weaver, au sujet de son pote Richie : ‘Friends ! How can you call a guy like that your ‘friend’? He’s garbage!’

 

o Kojak et la sucette qu’il donne presque à Stavros : ‘You’re losing weight ?’ et il lui reprend : ‘You don’t need that’.

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11. L'INTOUCHABLE
(NO IMMUNITY FOR MURDER)

Kojak doute d’un crime crapuleux commis dans un hôtel de passe. Rapidement, le lieutenant a la conviction que l’homicide est l’œuvre de professionnels, mais il se heurte au mutisme du FBI.

 

La police découvre le corps d'un homme dans une chambre d’hôtel fréquentée par des prostituées. Fletcher est immédiatement identifié comme étant le comptable chargé d'éplucher les dossiers d'un certain Adrian Marshall, mais personne ne reconnaît la blonde avec qui il est monté. Bien vite, Kojak exclut le crime crapuleux (le portefeuille, la montre et l’alliance de la victime n’ont pas été dérobés), mais il éprouve le plus grand mal à faire avancer l’enquête car ses investigations sont perturbées par des agents du FBI. Il semble que les autorités ne souhaitent pas que l'on retrouve l'assassin du comptable, probablement pour protéger le mystérieux Adrian Marshall. La résolution d’une succession de chiffres permet de débloquer l’enquête, car quatre membres d’une famille ne peuvent avoir des numéros de sécurité sociale qui se suivent !

 

L’intrigue, intéressante et bien construite, débute par une classique impression de film noir, pour se compliquer et se clore finalement sur une simple histoire de chantage ; Kojak a surtout beaucoup de difficultés à découvrir les raisons pour lesquelles Marshall et sa famille bénéficie d’un tel mystère et l’enquête ardue, menée par le lieutenant tenace, est l’attraction de l’épisode (‘I’ve got a woman without a husband and three kids without a father’). Les seconds rôles sont parfaitement joués, aussi bien le couple Marshall que la veuve et Rick Levene, tantôt loquace, tantôt muet comme une carpe sur les conseils de son avocat. L’histoire est tortueuse et bavarde par moments (les explications de Levene dans la première partie et de l’indic au bar), mais la progression des investigations de Kojak est savamment dosée, et la fin n’est pas du tout ce qu’on a imaginé dans les premières minutes.

 

Les meilleurs passages sont le début racoleur dans le bar à putes - le piège, très bien filmé au moment de l’agression-, la visite de Kojak et Stavros à la demeure des Marshall à Long Island (Stavros fait même progresser l’enquête), et le final dramatique dans lequel les Marshall sont rattrapés par leur passé cubain mafieux. A noter, comme dans la plupart des épisodes, les déplacements de Kojak dans Manhattan, au volant de sa Buick toujours immatriculée 383-JDZ, qui offrent de belles vues de New-York sur une musique plaisante, même si ce n’est pas Telly Savalas qui conduit à chaque fois.

 

o C’est le seul épisode réalisé par Andy Sidaris (1931-2007).

o C’est la première des trois histoires écrites par Joseph N. Gores (1931-2011). Ses écrits étaient souvent basés sur son expérience de détective privé qu’il fut pendant douze ans. Son premier roman, A Time of Predators, remporta le prix Mystery Writers of America's Edgar Allan Poe Award en 1969. Il gagna aussi un Edgar en 1976 pour cet épisode dans la catégorie ‘Best Television Episode’.

o Ron Rifkin (1939), Rick Levene, est Arvin Sloane dans 105 épisodes d’Alias.

 

o Gregory Walcott (1928), Malcolm Cane, a souvent joué au côté de Clint Eastwood : Joe Kidd, Le canardeur, La sanction, Doux, dur et dingue.

 

o En VO, Kojak parle de ‘Murphy Game’. En argot, ce terme signifie un échange d’enveloppes entre une chose de valeur, de l’argent par exemple, et quelque chose d’insignifiant. Une prostituée est souvent utilisée comme appât.

 

o Kojak n’hésite pas à fumer dans la demeure des Marshall d’une manière sans-gêne. Il pique même des cigares à l’agent du FBI, Malcolm Cane.

 

o On découvre le ‘chauffe-pizza’ du lieutenant dans son bureau. On remarque également qu’il se rase au rasoir mécanique, alors qu’il était à l’électrique auparavant  (Dead on His Feet), et qu’il trempe sa sucette dans le café !

 

o Le nom complet du capitaine est Franklin Joseph McNeil ; c’est écrit sur sa carte d’assuré.

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12. KOJAK EN PRISON
(A LONG WAY FROM TIMES SQUARE)

Kojak et Crocker se rendent  à Cory, dans le Nevada, pour ramener un témoin.

 

Cet épisode burlesque n’a rien à voir avec les caractéristiques de la série ; la faute en est sûrement à l’auteur de l’histoire, plus habitué à des séries mièvres comme Drôles de dames et Wonder Woman. En fait, l’opus devrait s’intituler Kojak chez les ploucs, tellement il s’apparente à une comédie, parfois bêbête. Kojak a vent qu’un certain Saxler a été arrêté pour conduite en état d’ébriété. Témoin important pour faire tomber un ponte du crime, le lieutenant, accompagné de Crocker, part le chercher au Nevada, où il fait la connaissance des mœurs du monde rural. Dès 4’30, on a l’hors-d’œuvre d’une parodie de western – musique, chanson, désert - et à 10’, on est dedans jusqu’à la fin.

 

L’intrigue est plate et surtout prétexte à des situations qui, certes, amusent mais détonnent pour tout connaisseur de l’univers de Kojak. La musique country accompagne les scènes dignes d’un western (la bagarre dans le saloon à la John Wayne, le duel final de voitures, au lieu de chevaux, comme des cow-boys et des indiens) et les situations plus farfelues les unes que les autres s’enchainent : un colosse pique le stylo à Crocker (Kojak :’Forget it, I’ll buy you another’), Kojak téléphone en marcel devant la mamie (‘I’m with the lovely lady’). Il faut voir le lieutenant à l’épicerie tripotant un poireau, jouant à faire des bulles de savon ou avec un déboucheur de chiottes ! Je garde le meilleur pour la fin car Judith Lowry, un an avant son décès, est excellente en mamie flingueuse, et elle ose même demander un cigarillo au lieutenant, qui a la réplique de la semaine : ‘Take two baby. Lily, who loves ya ?’.

 

Alors que le titre VO explique la distance avec le centre de New-York, le français préfère souligner le bref passage incongru de Kojak en prison. Je suis peut-être sévère avec mon unique melon, car certains fans apprécieront ce dépaysement burlesque (j’ai hésité à en mettre deux pour l’originalité). Par contre, lorsque je lis des critiques qui placent cet épisode parmi les meilleurs, je dis que ceux-là n’ont rien compris à la série et qu’ils feraient mieux de regarder les autres ‘œuvres’ de Brian... Allez, considérons cette aventure comme un intermezzo loufoque, sans plus…

 

o Ernest Pintoff (1931-2002) réalise ici son premier des quatre épisodes de la série. Il gagna un Oscar pour The Critic en 1963. Il a travaillé sur d’autres séries, dont Hawaii, police d’état (cinq épisodes).

 

o L’histoire, adaptée par Gene R. Kearney, est de Brian McKay. C’est la seule collaboration de McKay à la série, et quand on sait que l’auteur a surtout participé à Drôles de dames et Wonder Woman, on comprend pourquoi l’épisode est mauvais et en complet décalage avec la série !

 

o Judith Lowry (1890-1976), Lily Weed, a débuté sa carrière en 1947.

 

o McNeil fait référence à Bad Day at Black Rock (Un homme est passé), film de 1955 avec Spencer Tracy, dans lequel un étranger arrive dans une petite ville au lourd passé.

 

o Lorsque la voiture se rend sur les lieux du meurtre d’O’Brien, Kevin Dobson conduit mais la doublure de Telly Savalas est visible même si Kojak regarde ailleurs et que la copie DVD britannique n’a pas une image nette.

 

o Une des rares scènes new-yorkaises de l’épisode est ratée. Saperstein et Stavros doivent appréhender un suspect, qui a laissé un gant noir sur les lieux du crime. Les deux policiers courent à sa poursuite, mais,  évidemment, l’individu se fait renverser. C’était …couru d’avance ! On voit même Stavros courir et lorsque les deux policiers arrivent sur les lieux de l’accident, le lapse de temps écoulé est trop long vu l’écart poursuivi/poursuivants. De plus, Saperstein a le souffle coupé, alors que Stavros disserte posément. Pour finir, le nombre important de badauds lors du télescopage montre que la scène a dû faire l’objet de plusieurs  prises.

 

o Lors de la bagarre du saloon, aucune précaution n’est prise pour masquer la doublure de Kevin Dobson/Crocker.          

 

o Pour déjouer les écoutes, Kojak et Stavros s’entretiennent en grec au téléphone. 

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13. MAQUILLAGE
(MONEY BACK GUARANTEE)

Le meurtre d'un agent de patrouille oriente Kojak et ses détectives sur un réseau de voleurs de voitures. Le gang semble bénéficier du consentement des victimes et d’une complice dans une banque,  qui finance l'achat à crédit de berlines de luxe.

 

Du classicisme pour cette histoire, mais c’est brillantissime. Une patrouille de police repère un suspect. C’est politiquement incorrect car c’est un Noir, trop poli pour être honnête, au volant d’une belle voiture, avec un dialogue approprié des policiers : ‘What did you see ?’ ‘It’s what I didn’t see !’. Le contrôle banal tourne à la tragédie et Barney Sullivan, le patrouilleur aguerri, est abattu. Lorsqu’on demande au rookie, qui l’accompagnait, s’il peut reconnaître les agresseurs : ‘The black one for sure’. Le ton est donné, car Kojak est affecté et le precinct n’a pas l’intention de laisser ce meurtre de flic impuni ; un touché, tous touchés. L’étrange déposition d’une victime de vol de limousine met les policiers sur la piste d’une gigantesque arnaque aux assurances, ce qui fait dire au lieutenant, qui flaire un gros coup : ‘The only suspect I’ve got so far is the victim !’.

 

Des propriétaires de voitures de luxe acceptent les conditions de Mr Roberts, homme distingué, de garer leur véhicule à des endroits précis et de toucher la prime d’assurance trois semaines plus tard. Le lien est vite fait entre les vols des automobiles et la banque qui prête l’argent, mais Kojak doit découvrir laquelle des trois employées, des jeunes femmes séduisantes, trempe dans la combine et fournit les renseignements au gang. Face à un chef malfrat méfiant, Kojak ruse et utilise deux appâts, Saperstein et Stavros, ce dernier censé être fauché et propriétaire d’un superbe véhicule. L’action dans l’épisode occupe une place de choix. La scène d’ouverture et le traquenard dans lequel tombe le policier, ami de McNeil, forment une entame mouvementée. La planque du gang, désertée entretemps, est cernée et deux corps découverts, dont celui de Sam Bernard, une victime de vol. La réplique et le ton cynique du lieutenant sont excellents (‘I told you to call, Sam’). Enfin, les deux séquences de filatures en voitures, du cerveau, puis du tueur, sont longues et prenantes, même si on peste devant l’amateurisme de Rizzo et Tracy au café dans la première et l’explosion prévisible de la voiture dans la seconde (Kojak : ‘We have a dead cop killer’).

 

La poursuite finale à pied de l’employée de banque, qui mène à l’arrestation de Mr Roberts, est accompagnée d’une musique rythmée et agréable. Les quelques passages inintéressants, mais nécessaires pour l’enquête, comme l’interrogatoire de Freddie, sont vite oubliés au milieu de tout ça, surtout que la dernière minute est d’anthologie (‘Miaou, baby’). L’humour de certaines situations - le final bien entendu, un des meilleurs de la série - et répliques constitue un atout supplémentaire ; ainsi, le banquier précisant qu’une des trois employées suspectées avait dû être reprise à l’ordre pour sa tenue : ’She lacked adequate support’ ! Un épisode que je conseille.

 

o C'est le second des cinq épisodes réalisés par Daniel Haller (1926), tous de cette troisième saison, sauf le moyen A Souvenir from Atlantic City de la seconde, mais il est connu surtout pour avoir réalisé 28 épisodes de la série L'homme qui tombe à pic .

 

o C’est la seule histoire écrite par Dallas L. Barnes, qui servit au Vietnam au début des années 60. Ensuite, il devint policier et incorpora la Los Angeles Police Department (LAPD). Il fut détective aux homicides avant de devenir un scénariste à plein temps. Il travailla surtout pour Rick Hunter.

 

o David Ogden Stiers (1942), Mr Roberts, débuta sa carrière en 1971 et il apprit à conduire pour cet épisode de Kojak, un comble vu qu’il joue le chef du gang de voleurs de voitures ! Il est surtout connu pour le rôle du Major Charles Winchester dans 131 épisodes de MASH. A noter qu’il fit son come-out en 2009.

 

o Henry Brown, Mr Forbes, a joué dans deux autres épisodes de la série; le pilote, The Marcus-Nelson Murders, et Marker to a Dead Bookie de la première saison.

 

o C’est la seule apparition dans la troisième saison du sergent Al Vine, interprété par Bruce Kirby. Il est présent dans six épisodes dont trois de la première saison.  Kirby est aussi un sergent dans le pilote, The Marcus-Nelson Murders. Il est aussi le…sergent George Kramer dans six épisodes de Columbo.

 

o Sidney Clute (1916-1985), Barney Sullivan, le patrouilleur abattu, participe pour la seconde fois à la série ; il avait été le détective Cahan dans l’excellent Girl in the River, saison 1. Il est le détective Paul La Guardia dans 68 épisodes de Cagney  & Lacey. Même après son décès, il fut au générique jusqu’à la fin de la série en 1988.

 

o Kojak: ‘You get old early in this job.’

 

o Vu le nombre de spectateurs sur le pont lorsque la ‘voiture de Stavros’ est volée et prise en chasse, on se doute que les tournages en extérieur ne devaient pas être simples.

 

o Il y a une grosse erreur de continuité lors de la seconde filature-poursuite, celle du tueur Forbes. En effet, Kojak, accompagné de Crocker et Marquez, conduit avec des lunettes, mais sur de nombreuses inserts, où il est visiblement seul dans la voiture, il n’en porte pas.

 

o A noter que la version française perd beaucoup de la subtilité originale. Ainsi, le ‘Miaou, baby’ est traduit par : ‘Bonjour Robinson !’.

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14. MAISON DE PRIÈRES, CAVERNE DE VOLEURS
(A HOUSE  OF  PRAYER, A DEN OF THIEVES )

Vince LaGuardia, ancien policier de New York et vieil ami de Kojak, arrête à Las Vegas un faussaire notoire. Alors que Kojak est venu de New York pour le récupérer, l’individu est abattu par un sniper.

 

Sans intérêt. Cet épisode de Kojak, pratiquement sans Telly Savalas, devait vraisemblablement servir de pilote pour une série qui n’a pas vu le jour, et on comprend pourquoi : le détective LaGuardia, joué par Vincent Gardenia, au chapeau mou et cigare scotché aux lèvres, est vraiment horripilant et sans charisme.

 

L’action se déroule à Las Vegas au milieu de roulettes, Black Jack et LaGuardia enquête pour résoudre le meurtre d’un faux monnayeur ; des investigations qui vont trouver leur conclusion lors d’une congrégation ressemblant à une grande secte. Kojak/Savalas est présent dans quelques scènes dont la venue du lieutenant à Vegas, puis dans deux inserts dans son bureau de Manhattan ; une dizaine de minutes en tout et pour tout. A zapper sans scrupule.

 

o Robert Day (1922), le réalisateur de six épisodes de Chapeau melon et bottes de cuir, contribua pour la seule fois à la série avec cet épisode à oublier.

 

o Lonny Chapman (1920-2007), le lieutenant Follmer, est apparu dans plus de 300 épisodes de séries sur cinq décennies. À son décès, Karl Malden, très âgé et ne pouvant se déplacer, a transmis une lettre de condoléances.

 

o Don Calfa (1939), Burgess, est le bookmaker Fidelio Ortez dans Marker to a Dead Bookie, saison 1. Il a joué dans trois Rues de San Francisco, mais il est surtout connu pour le rôle de Kaltenbrunner dans Le retour des morts vivants .

 

o Le titre est une référence à St Matthieu: "It is written," he said to them, "'My house will be called a house of prayer,' but you are making it a 'den of robbers.'"

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15. JOYEUX NOËL
(HOW CRUEL THE FROST, HOW BRIGHT THE STARS)

Noël au precinct n'est pas de tout repos. Tandis que Kojak tente de découvrir pourquoi une prostituée a été la cible d’un tireur, Stavros est amadoué et aide une jeune femme à retrouver son petit ami.

 

Chaque série a ses épisodes festifs, dont l’action se déroule au moment des fêtes de fin d’année. Souvent plus légers que d’ordinaire (une exception est Too Many Christmas Trees des Avengers), ils permettent de découvrir nos héros sous des aspects moins conventionnés.

 

Celui-ci conte le precinct, au soir de Noël, et plusieurs histoires se croisent. Kojak ramène deux prostituées, qui vont participer à une petite fête, trop courte aux goûts des demoiselles. La délurée Loretta Kane, une des deux dames, a été victime d’une tentative d’assassinat dans un bar, tandis que sa copine attendait un marin. Elles sont cantonnées au precinct (Kojak :’They are guests until we find out who shoot at the big mouth here’) ; le lieutenant ne sait pas qu’un mari éconduit s’est résolu au pire et qu’une ressemblance époustouflante l’a fait se tromper de personne (même robe rouge et la fleur blanche dans les cheveux). Pendant ce temps, Stavros s’occupe d’une jeune femme, qui est persuadée que son ami a disparu…pour commettre un larcin et lui offrir un cadeau luxueux ! Cela sort de l’ordinaire, mais Stavros a, pour une fois, une part conséquente dans le récit et exprime avec merveille son humanité.

 

Les atouts de l’épisode sont la séquence assez longue de la petite fête au precinct (et le cadeau que reçoit Kojak : une veste orange et verte à franges !), le personnage effronté de Loretta Kane (superbe Jesse Welles, très peu vue par ailleurs), et la tournée des bars du lieutenant et de la prostituée, qui est incontestablement le meilleur passage, avec la scène du gui. Cet épisode de Noël, qui alterne légèretés et gravité (suicide du mari), est à regarder en décembre pour son ambiance festive et ses jolies actrices, même si les deux histoires démontrent qu’une tragédie peut s’inviter à tout moment.

 

o Cet épisode fut diffusé sur CBS le 21 décembre 1975.

o David Friedkin (1912-1976) fut réalisateur, producteur et scénariste. Cet épisode est le troisième des cinq qu'il réalisa pour la série : l’excellent Cross Your Heart and Hope to Die et le moyen The Trade-Off de la seconde saison ; à venir, le très bon On the Edge et Both Sides of the Law, également de la troisième saison. Il écrivit, en autres, les scénarii de 16 épisodes des Espions (série pour laquelle il était producteur) et de deux épisodes des Rues de San Francisco. Il fut nominé pour la réalisation de cet épisode aux Directors Guild of America en 1976.

o Betsy Slade, Alison DeWitt, fut le premier choix de DePalma pour jouer dans Carrie. A noter quelques apparitions dans des séries comme Sergent Anderson et Les rues de San Francisco. Elle ne tourne plus depuis 1991.

 

o Veronica Hamel, Elenora, que Kojak courtise lors de la fête grecque, faisait pratiquement ses débuts dans cet épisode ; elle n’avait joué que le rôle d’une modèle, non créditée au générique, quatre ans auparavant, dans Klute. Elle refusa d’être une drôle de dame (le rôle alla à Jaclyn Smith). En 1972, elle acquît, avec son époux, l’ancienne demeure de Marilyn Monroe et lors d’une rénovation, un système d’écoutes sophistiqué fut découvert…

 

o Lors de son tête-à-tête avec Elenora, Kojak encense New York et il est fait référence à Dean Martin et Jerry Lewis, lorsqu’ils se sont séparés (en 1956).  Avant de partir, le lieutenant embrasse la jolie jeune femme en lui présentant du gui ; lorsque deux amoureux s'embrassent sous une feuille de gui dans le temps des fêtes, on dit que cela ne pourra que leur être bénéfique, et ils doivent en théorie se marier ou partager une vie de couple longue et heureuse !

 

o Des mélodies célèbres, et de circonstance, sont entendues dans l’épisode : Silent Night, The First Noël, We Wish You a  Merry Christmas, Sleigh Ride, Jingle Bells.

 

o Au début de l’épisode, les images des rues ‘chaudes’ de New York, sans neige, proviennent d’Elegy in an Asphalt Graveyard (seconde saison). Il y a néanmoins aussi des scènes enneigées car l’épisode avait été tourné également en hiver (fin 74/début 75).

 

o Kojak: ‘May I ask a favour?’; Loretta : ‘Well, I’m doing favours, generally!’.

o A noter, le sapin de Noël avec des avis de recherche en guise de décorations, comme dans l’épisode de la saison précédente, The Betrayal.

o Sûrement une erreur de continuité : pourquoi la vue de Kojak en voiture alors qu’il est déjà censé être sur place pour interroger le médecin ?

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16. PAIN, AMOUR ET SIRTAKI
(THE FORGOTTEN ROOM)

Malgré les circonstances, Kojak doute de la culpabilité d’un immigrant grec dans le meurtre d’une prostituée.

 

L’épisode est une tragédie grecque (c’est d’ailleurs le titre allemand), qui a dû être écrite en pensant aux origines des frères Savalas, car la communauté hellénique est à l’honneur. Dans le quartier grec, la police découvre le cadavre d'une prostituée, étranglée, et le témoignage d’un agent de sécurité accuse Trifores, un jeune Grec, qui travaille dans une boulangerie. Le lieutenant Kojak veut croire en l’innocence du suspect et oriente son enquête tout d’abord vers Cooper, un proxénète. Petit à petit, l’étau se resserre inévitablement autour de Trifores, malgré la résistance et la défense de Katrina, une séduisante veuve grecque, amie de Kojak et propriétaire du commerce, qui est tombée sous le charme de son employé. Kojak doit enquêter dans sa propre communauté et il s’attire l’antipathie de Katrina lorsqu’il la questionne sur les fréquentations de Trifores et sa ‘sex life’ (‘You are no longer welcomed in my shop’).

 

La veuve ira jusqu’à fournir un alibi sans ambigüité à la police. Malgré les affirmations du jeune homme qui dit se réserver pour sa patronne, Trifores est avant tout un homme (‘I need the company of women’) et la découverte d’une pièce secrète est la clé de l’énigme. Une très bonne histoire, même si la fausse piste ne masque pas l’évidente vérité, et on a le plaisir de voir Kojak/Savalas avec un petit drapeau grec au milieu de sa culture qui lui était si chère : musique, accent des acteurs dans la VO. Sans trop dévoiler l’intrigue, l’enquête se concentre autour d’un pâté de maisons et la découverte d’un collant, dans un sac en papier, puis d’une chaussure de la victime. Il n’y a pas de passage particulier, mais je préfère le début des investigations de Kojak dans la maison du crime aux murs si peu épais et l’interrogatoire du fleuriste aux mœurs suspectes par Crocker et Stavros. Un épisode classique mais solide avec une excellente interprétation des deux seconds rôles principaux (George Pan, Rhoda Gemignani).

 

o Sigmund Neufeld, Jr. a réalisé dix épisodes de la série (celui-ci est le quatrième et premier de la troisième saison), mais il fut editor sur vingt autres dès les premiers épisodes de la première saison.

 

o George Pan, Nico Trifores,  est né en Grèce, à Tripoli, et il fut trapéziste. Il a très peu tourné.

 

o Oscar Beregi Jr. (1918-1976) a joué dans huit épisodes des Incorruptibles, dont sept fois le rôle du gangster Kulak. Fuchs dans cet épisode de Kojak est son dernier rôle, et les fans des Untouchables ne le reconnaitront peut-être pas du premier coup.

 

o C’est le premier épisode diffusé en 1976  aux USA (le 4 janvier).

 

o La scène de l’église fut tournée à la cathédrale orthodoxe grecque Sainte Sophie de Los Angeles. Telly Savalas était un membre de la congrégation et c’est dans cette église que se tint la cérémonie des funérailles de l’acteur le 25 janvier 1994.

http://www.stsophia.org/

 

o La chanson au début et à la fin de l’épisode est interprétée par Telly Savalas comme l’était celle de Elegy in an Asphalt Graveyard, seconde saison.

 

o Que peut valoir $2.49 en 1975 ? C’est le prix indiqué sur le sac en papier qui contenait le bas de la victime. Du retsina pardi. Et le proxénète n’achète pas de vin… Le retsina est un vin produit en Grèce , spécialité typique du pays. C'est un vin blanc ou rosé léger à base de cépage savatiano dans lequel est rajouté de la résine de pin au cours de la fermentation.

 

o Katrina à Kojak, qui dit n’avoir pas bien dormi: ‘Don’t eat so much before you go to bed!’

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17. LA VICTIME
(ON THE EDGE)

Un flic expérimenté mène une croisade obsessive contre le crime, sans se conformer aux règles et au détriment de sa vie personnelle.

 

L'inspecteur Paul Zachary est un fonctionnaire apprécié par ses collègues pour son professionnalisme, mais il montre une telle obsession pour son travail qu'il met en péril sa vie familiale, sa carrière et même une affaire importante impliquant le cerveau d'un vol de bijoux. Cet excellent drame dépeint la personnalité ambiguë de Zachary, bon flic au mental fragile, qui passe son temps à boire et fumer. Il pense avoir tout raté dans sa vie personnelle et affective et il se jette éperdument dans le travail, sacrifiant davantage sa relation avec son épouse.

 

Soupçonneux envers celle-ci (avec raison), il lui passe des coups de fils anonymes, ce qui fait capoter la filature de Delman dans la séquence d’ouverture et entraine le meurtre du diamantaire. Zachary a particulièrement à cœur de résoudre cette enquête pour redorer son blason et, par des méthodes peu orthodoxes, il se retrouve avec un coup d’avance sur Kojak. Négligeant les conseils du lieutenant qui l’envoie au repos, Zachary mène sa propre enquête et trouve un témoin, un jeune épicier, qui se fait renverser peu de temps après. Un indic, un chauffeur de cab, permet au policier de localiser la voiture qui a servi à cette tentative d’homicide. Il fait ainsi sortir Ballantine de sa tanière. Entre-temps, le lieutenant a découvert la gravité de la situation et il a été obligé de retirer l’arme de service à son inspecteur. Forrest Tucker interprète avec justesse ce flic en mal de reconnaissance et il monopolise l’écran avec à-propos, tandis que Malachi Throne, malgré son peu de temps de présence, est, comme toujours, un excellent salopard. Le jusqu’auboutisme de Zachary fait penser à Beach (Out of the Frying Pan...), fonctionnaire de police qui désire également se racheter, même si les motifs sont différents. Dans les deux situations, le policier échoue.

 

Dans cette histoire, Zachary a abouti à ses fins avec l’arrestation de Ballantine, mais son état psychologique va stopper sa carrière, ce qui est dommageable vu ses qualités. La dernière scène est ainsi une des meilleures de l’épisode : alors que McNeil s’enquiert auprès du lieutenant de savoir s’il a récupéré le badge de Zachary, ce dernier, complètement en décalage, se dit prêt à reprendre du service dès que possible (malgré sa blessure). Le long regard dans le vide de Kojak (‘Paul, sure you will’) est poignant et laisse penser que le lieutenant contemple un inévitable destin similaire. Les autres passages clés sont la descente chez Delman, où le truand se plaint à Kojak de la brutalité de Zachary, et l’entretien Kojak/McNeil dans lequel le capitaine demande au lieutenant de stopper les agissements de Zachary immédiatement : ‘Get that man out of action now’.

 

o Alvin Boretz (1919-2010) a écrit aussi l’histoire de My Brother, My Enemy avec Sylvester Stallone.

 

o Forrest Tucker (1919-1986), le détective Paul Zachary, fut une figure du cinéma américain dès 1940, et il tourna dans de nombreuses séries des années 60 à 80.

 

o Verna Bloom (1939), Carrie Zachary, est connue pour ses rôles dans L’homme des hautes plaines (de et avec Clint Eastwood) et La dernière tentation du Christ de Scorsese. Elle a également joué dans deux épisodes d’Equalizer.

 

o Malachi Throne (1928), Mr Ballantine, a souvent joué des rôles de truands au petit écran depuis la fin des années 50. Il est Solly DeChico dans l’épisode Dead on His Feet de la première saison (avec Harry Guardino).  Il fut aussi Noah Bain, le partenaire de Robert Wagner, durant les deux premières saisons d'Opération vol avant d'être viré. Au début de sa carrière, il tourna dans Les Incorruptibles (trois épisodes de la dernière saison) puis dans les années 60 dans Des agents très spéciaux, Le fugitif, La grande vallée, Star Trek, Les mystères de l'Ouest, Police Story, Mannix, Mission impossible. Dans les années 70, on l'a vu, entre autres, dans Chaparral, Cannon, Hawaii, police d'état, L'homme de fer, Les rues de San Francisco, L'homme qui valait trois milliards….Il continuait à tourner jusqu'aux débuts des années 2000.

 

o Joseph R. Sicari (1939), le tueur Delman, est ‘Ferret Face’ dans One for the Morgue, première saison.

 

o Telly Savalas/Kojak a sûrement revêtu son costume le plus horrible de toute la série dans les deux premières séquences de l’épisode (lieu du crime et visite à Ballantine).

 

o Dans une des meilleures scènes de l’épisode, Kojak remarque le diamant à l’oreille de Delman (peu courant pour les hommes dans les années 70) : ‘Oh, darling, does it hurt ?’

 

o Kojak au sujet de Zachary: ‘He’s doing his job like a machine we can’t stop!’.

 

o La dernière réplique est la plus intéressante de l’épisode. Zachary pense à reprendre du service le plus tôt possible malgré une blessure: ‘Nobody’s going to steal my shield. I’ll be back on-duty anytime you need me, captain, even if I have to crawl’. Kojak ne contrarie pas l’inspecteur: ‘Paul, sure you will’.

 

o Dans la VO, Kojak fait référence à Rudolph the Red-Nosed Reindeer ; Rudolphe le renne au nez rouge en français est une histoire populaire américaine écrite en 1939 par Robert L. May. Rudolphe est le neuvième renne du Père Noël qui, grâce à son nez rouge d'une luminosité incroyable, va le guider durant sa distribution de cadeaux la nuit de Noël.

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18. PAROLE
(A WIND FROM CORSICA)

Un homme a promis à son frère, mourant, de le venger, tandis que la police et le service d'hygiène de New York tentent d'éviter la propagation d'une épidémie mortelle. Une vendetta corse sur fond de contagion.

 

Dans un chantier, Dominic Bruno retrouve son frère Victor sur le point de mourir. Evadé de prison et malade, Victor fait promettre à Dominic qu'il tuera Pietro Anthelmo, le responsable de son arrestation. L’homme se procure une arme pour faire justice, mais il va se rendre compte que la version de son frère n’est pas la bonne. Nina, la femme de Victor, devenue la maitresse de Dom, a en effet planifié l’arrestation de son mari pour s’en débarrasser et vivre avec son amant. Nina devient ainsi la cible dans une société où on ne badine pas avec l’honneur.

 

Une histoire classique, mais les Corses devraient plutôt être des Siciliens à New York, et la partie épidémie est prépondérante et donne un coté fantastique inapproprié. Kojak est un peu sur la touche, même s’il est rapidement en contact avec Dominic, car il est le dernier à découvrir le rôle exact de Nina (‘You didn’t know. Neither did Dom’). Sinon, l’intrigue est un peu ‘juste’ : Victor Bruno est volontaire en prison pour un projet médical dans l’optique de s’évader mais il savait que cela le condamnait. Il contamine en définitive son frère qu’il charge d’abattre un truand, soi-disant une balance.

 

Un épisode moyen, avec peu de suspense, des bavardages et quelques longueurs (le petit garçon, témoin et voleur, est présent pour la durée), dans lequel même la fin au terminal de bus est convenue. Une histoire de trahison et d’honneur décevante car la greffe avec le thème épidémique ne prend pas, et la meilleure scène reste l’altercation Dominic/Nina à l’église.

 

o Joseph Hindy (1939), Dominic Bruno, est cambrioleur et tueur dans Knockover de la première saison. Il reviendra une troisième fois. A noter que l’acteur a participé à deux épisodes d'Equalizer (le poignant Christmas Present et Heart of Justice)…avec ou sans barbe !

 

o Suzanne Charny (1944), Nina Bruno, la belle brune presque inconnue, est membre de la Professional Dancers Society. Elle a joué dans quelques séries, dont un épisode des Rues de San Francisco (Underground).

 

o Al Ruscio, Mr Travino, a joué dans deux épisodes de la série Kojak et trois des Incorruptibles. Également vu dans Baretta, Un shérif à New York, Sergent Anderson, L'homme invisible, Joe Forrester, Starsky et Hutch, Mrs Columbo, McGyver, Hunter, NYPD Blue, X Files

 

o Borah Silver (1927) est le docteur Prince dans dix épisodes, dont cinq de la première saison. Sa dernière apparition au générique sera au début de la quatrième saison, mais il apparaît parfois brièvement sans être crédité, comme dans The Forgotten Room.

 

o Cette histoire est un remake d’un épisode de la très courte série (inconnue en France), The Bold Ones: The Protectors (1970).

 

o Lorsque Kojak visite Anthelmo, on voit le lieutenant avec un morceau de fromage (‘good cheese’, un sacré cliché de la Corse !), et Anthelmo déclare ne plus revoir son ‘ami’ car : ‘America isn’t Corsica. Too many streets here.’

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19. LE CHASSEUR DE PRIMES
(BAD DUDE)

Une étrange tentative de meurtre mène Kojak et ses hommes à Harlem pour enquêter sur un trio de Noirs: un commanditaire, un chasseur de primes et un tueur.

 

Salathiel Harms, un détective privé, et chasseur de primes, fraichement débarqué de la côte Ouest, intrigue Kojak et sème le trouble dans le precinct. Un épisode très particulier, qui aurait pu servir de pilote au personnage de Harms, imposant dans tous les sens du terme. Censé se passer à Harlem - en fait tourné à Los Angeles -, le scénario s’appuie sur le genre blaxploitation, typique des années 70, pour conter une histoire loufoque, parfois même, disons-le, ridicule (la dernière scène est guignolesque). Baine, le tueur au fusil, passe rapidement de chasseur à chassé et le lieutenant compte les coups, comme la prostituée Dellia qui renseigne aussi bien Harms que Baine.

 

Cet épisode ne laisse pas indifférent, car certaines critiques US le jugent comme étant le meilleur de la saison, alors que je le place parmi les plus mauvais.  Le ton est léger, les situations lourdingues (comme la plaisanterie de Stavros) et la place de Kojak n’est pas centrale. D’ailleurs, McNeil a raison de s’étonner de l’agitation au precinct vu qu’aucun crime n’a été commis initialement (Crocker :’Watermelon !’). Il y a de plus peu d’enquête, car Gil a simplement l’oreille qui traine au bon moment. Les meilleures scènes sont lorsque Gil veut ‘piquer’ la voiture de Kojak et, surtout, l’altercation du lieutenant avec le maquereau Sylk, individu grotesque, à la voix efféminée et comique, affublé d’un manteau de fourrure et de lunettes de soleil. Une véritable caricature pour qui Kojak dégaine une sucette : ‘Sylky, come here. You’d like to be my Valentine ?’ .

 

L’épisode est un intéressant témoignage des accoutrements bariolés et des façons de parler des Blacks dans les années 70 aux USA (on ne compte plus les ‘Brother’ !). La succession de plans sur l’horloge dans le bureau de Kojak résume le temps qui passe et l’ennui, que suscite cette intrigue fastidieuse, où les acteurs invités sont tous mauvais. Un premier quart d’heure moyen avant l’arrivée de Harms qui rend l’ensemble dispensable.

 

o Rosey Grier (1932), Salathiel Harms, est un ancien joueur de football américain à la carrure impressionnante…mais aux piètres talents d’acteur. Il fit des apparitions remarquées dans des séries telles que Des agents très spéciaux et Les mystères de l’Ouest. Il reviendra malheureusement dans le même rôle dans un autre épisode de Kojak. A noter qu’il aida à la capture de l’assassin de Robert Kennedy le 6 juin 1968.

 

o C’est le dernier des onze épisodes avec Roger Robinson (1940) dans le rôle de l’inspecteur Gil Weaver. Il est aussi le proxénète Bobby Martin dans le pilote.

 

o Une phrase complètement incorrecte de nos jours, lorsque Kojak s’adresse à Sylk: "When I put the lovin' arms on you, baby, you won't be out till you look like Uncle Remus." L’oncle Remus est un personnage fictif au rôle-titre, et narrateur de contes populaires afro-américains publiés en 1881. C’est un recueil d’histoires animalières et de chansons, qui, à l’époque, n’étaient pas considérées comme racistes, contrairement à l’opinion à partir du milieu du vingtième siècle.

 

o A noter que le tournage ne passait pas inaperçu à en juger les badauds dans la rue lorsque Harms parle avec Dellia May, la prostituée.

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20. SUR LA SELLETTE
(THE FRAME)

Kojak fait l’objet d’une enquête interne après qu’un truand ait prétendu que le lieutenant avait accepté un pot-de-vin.

 

Une histoire à l’entame singulière car dès la première scène, Kojak cuisine Eddie, un indic cambrioleur, et fait un marché afin d’obtenir la localisation d’un truand nommé Dubin, avec lequel le policier a un contentieux. La descente infructueuse chez cet individu est un des meilleurs passages, et il conditionne le reste de cette intrigue intéressante, écrite évidemment par Burton Armus. Dubin prétend à Scroope, son avocat, que Kojak a accepté de lui trois mille dollars. Les rouages de l’administration se mettent alors en marche et gênent considérablement les agissements du lieutenant.

 

Néanmoins, Kojak peut toujours compter sur son informateur, qui l’avertit que Dubin est sur un gros coup. L’entrée en scène, sur dénonciation, du capitaine Rosseau d’Internal Affairs, l’équivalent de la police des polices, entrave l’enquête de Kojak et le place même dans un bureau annexe, bien plus propre que le sien ! Contrairement à Valentin (Les brigades du Tigre) et Mike Stone (Les rues de San Francisco), les ennuis internes du ‘flic chauve’ (Dubin) ne sont pas ‘méchants’, et Rosseau, coincé, accepte même la collaboration du precinct. Le capitaine Henry Rosseau n’est pas un administratif borné et la coopération fonctionne bon an mal an. L’indic est assassiné et le lieutenant s’attache les services de Scroope, l’avocat de Dubin, mais respectueux de la loi, qui met la pression sur son client. Le gros coup en question est un banal vol de la paie des ouvriers d'un chantier de construction, ce qui nous laisse sur notre faim, car le final n’est pas à la hauteur de nos espérances. Les séquences les plus intéressantes sont les premières scènes - l’interrogatoire de l’indic et la descente chez Dubin, alors que celui-ci est en train de prendre une douche - et l’intrusion de Kojak dans le bureau de Scroope (‘I ask you to save a cop’s career’).

 

Les personnages sont tous très bien joués et il n’y a pas de fausse note dans la distribution ; le District Attorney, blanc-bec inquisiteur (Bernheim), l’avocat réfléchi (Scroope), le truand borné, étranglé par les dettes (Dubin), l’homme de main à la mine patibulaire (Colby) et le bookmaker graveleux (Bancroft : ‘Anything bad about Kojak, I love to hear’). L’histoire, singulière et solide, est très bien interprétée, et place cet épisode parmi les meilleurs de la saison, malgré une fin quelconque qui n’est pas en phase avec le reste de l’intrigue.

 

o Michael McGuire (1934), Scroope, est Paul Merchison, un politicien, dans Les jardins de Babylone de la première saison. Dans les deux cas, il est aux cotés de Kojak, malgré les apparences.  

 

o James Luisi (1928-2002), le capitaine Henry Rosseau, est Geno, le coéquipier du flic abattu, dans Requiem pour un flic de la première saison. Le capitaine Rosseau revient brièvement dans l’épisode suivant, Deadly Innocence. Luisi a joué au basket avant de devenir un acteur et il est surtout apparu dans des séries. Citons Bonanza, Cannon, L'homme de fer, Mannix, Les rues de San Francisco et surtout Deux cent dollars plus les frais dans le rôle du lieutenant Doug Chapman dans 25 épisodes.

 

o Kojak est toujours superbement politiquement incorrect, lorsqu’il parle de Harry Dubin : ‘He’s one of my favorite animals, he’s a pig !’. Aucun producteur de série policière contemporaine ne prendrait le risque de faire parler son enquêteur principal comme cela ! Ensuite, au tribunal, il s’entretient avec Bernheim, le District Attorney: ’Sure, I stretch the law. Get back to reality, get back into the street’.

 

o Scroope à Dubin, au sujet de Kojak: ‘Kojak does his job; he doesn’t go any further than the law allows.’

 

o Lorsque Bernheim, le DA, demande au lieutenant de faire une déposition, Kojak répond sarcastiquement: ‘I'll give you a statement: Jack and Jill went up the hill to fetch a pail of... hogwash.’ Intraduisible, car il y a une référence à une comptine anglaise, qui a pour origine la France : Louis XVI fut décapité (lost his crown) suivi par Marie Antoinette (who came tumbling after). Cette comptine fut publiée en 1795, soit deux ans après les exécutions. Dans la version originale: Jack and Jill went up the hill to fetch a pail of water. Ici, Kojak remplace ‘water’ par ‘hogwash’ (foutaise).

 

o Le bus vert passant devant la prison (avec l’inscription ‘Department of Correction’) est un insert déjà vu  quelques fois, dont dans le pilote. 

 

o Ce n’est pas Telly Savalas qui arrive au tribunal dans la Buick mais sa doublure.

 

o Sur certains plans en hauteur dans le final, la camionnette des policiers est bleue, alors qu’elle est grisâtre lors des scènes au sol. En fait, ce sont des inserts d’une camionnette bleue, déjà utilisés dans d’autres épisodes.

 

o Un peu d’humour; Kojak:’Where’s the stuff?’, Dubin : ‘I’ve got some beer in the refrigerator. This is for friends’

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21. COUPABLE D'INNOCENCE
(DEADLY INNOCENCE)

Un chimiste du Département de la police de New York est mortellement renversé. Kojak rouvre une affaire pour laquelle un ancien policier est sous les verrous.

C’est encore une tragédie intense que nous propose la série. L’histoire est complexe, mais tient en haleine jusqu’au dénouement, et la terrible dernière réplique du lieutenant. Kojak éprouve même des difficultés à résoudre cette affaire tortueuse. Aaron Fisk, propriétaire d’un entrepôt de vêtements, a vengé son jeune fils, devenu tétraplégique en échappant à un policier des stups. Fisk a contraint Harry Sentman, un chimiste de la police, à fomenter des preuves, qui accablent le policier, contre l’approvisionnement gratuit en dope de son fils toxicomane, cloué à l’hôpital depuis son retour du Vietnam. Trois années plus tard, au décès imprévu de celui-ci, Sentman, pris de remords, refuse l’enveloppe des Fisk et se condamne à mort. Aaron Fisk charge son fils valide, Max, des sales besognes et on assiste à des dialogues incroyables lorsque Max, blessé, révèle à son père qu’il a réussi à liquider Augie Matthews, qui les faisait chanter (‘It’s done, papa’ ‘Nobody saw you ? Thanks, son’). Une drôle de famille où Max surprend son père en train d’embrasser goulument une femme qui pourrait être sa belle-fille !

Quant à Danny, le fils paralysé comptable de la société, il est ménagé et choyé, mais il découvre peu à peu la vérité. Tous ces personnages sont parfaitement dépeints, y compris les secondaires comme Sentman, Joey Fiorello (le policier incarcéré) et Augie Matthews (le tueur gourmand liquidé), mais c’est évidement Aaron Fisk et Max (Stephen Macht) qu’on remarque. Le père sacrifie son fils valide et dévoué pour venger le handicap du cadet préféré. Convaincu de l’innocence de Fiorello, les investigations balbutiantes de Kojak progressent grâce à l’employée des locations de voitures : elle a accepté une remise sur des fringues de la boutique des Fisk pour son silence sur l’état de la voiture qui a servi à renverser le chimiste ! Quant au portrait-robot de Max, qui a été aperçu dans le bar, il ressemble à une œuvre d’artiste et il n’est donc pas crédible. C’est un des maillons faibles de l’épisode, comme l’arrestation inopinée du brancardier fournisseur d’héroïne à l’hôpital et le fait que Fiorello ne trouve pas plus tôt les raisons du complot. L’assassinat de Matthews est la seule scène d’action, avec l’ouverture, mais malgré ces petits défauts, l’histoire est bien construite et le final, dramatique et inattendu, compense.

o C’est la seconde des trois histoires écrites par Sean Baine pour la série, après Jeu dangereux, épisode moyen de la seconde saison. Il écrivit aussi des scénarii pour Les rues de San Francisco (3), Police Story (6), Sergent Anderson (6).

o Tige Andrews (1920-2007), Aaron Fisk, avait fait une apparition dans l’ouverture de la seconde saison, The Chinatown Murders, et il reviendra dans l’ultime saison.

o James Luisi (1928-2002), le capitaine Henry Rosseau, est Geno, le coéquipier du flic abattu, dans Requiem pour un flic de la première saison. Le capitaine Rosseau est présent plus longuement dans l’épisode précédent, The Frame, et on se demande la raison de cette apparition d’une seule scène dans cette enquête.

o Victor Campos est le détective Gomez dans six épisodes ; trois de la première saison, un de la seconde et un autre de la troisième complètent cette apparition. Ici, il prend la place de Crocker, absent de l’épisode.

o Argentina Brunetti (1907-2005) a fait un site à son nom racontant les histoires passées d'Hollywood peu avant son décès. Son fils le continue. Elle a joué dans deux épisodes de la première saison des Incorruptibles : Le roi de l’artichaut et Tueur sans gages.

o Raquel Welsh, la sex-symbol des années 70, est évoquée par Aaron Fisk, lorsque Danny parle de ‘unrequited love’ (amour sans retour).

o Kojak joue au bon samaritain : il fait retrouver le père du policier emprisonné et promet de lui rendre son insigne et sa solde. ‘Not even God can give you back the past three years’. Rien à voir avec les pourritures décrites dans The Shield, une série qui est pourtant comparée à Kojak !

o Lorsque le capitaine Rosseau parle de coïncidence, Kojak répond : ‘And my father was a Turk !’. Très symbolique lorsqu’on connaît les relations entre les Grecs et les Turcs !

o La publicité retrouvée sur la victime et le tueur (pour différentes raisons) est des plus coquines : ‘Pleasure is Our Business. Unsurpassable Ecstasy. Sensual Exotica.’ C’est d’ailleurs un vieil homme qui les distribue…

o Alors que Aaron Frisk a répondu à Kojak que ‘cela’ en valait la peine, Danny chute mortellement dans l’escalier (d’où le titre). La dernière réplique de Kojak: ’No, Mr Fisk, it wasn’t worth it’.

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22. DIX-SEPT ANS APRÈS
(JUSTICE DEFERRED)

La découverte d’un squelette sur un site en démolition ouvre une enquête sur un meurtre commis dix-huit ans auparavant.

Ce soixante-dixième épisode a une des intrigues les plus tortueuses de la série. Lentement mais sûrement, Kojak et ses hommes s'efforcent de reconstituer le puzzle d'un meurtre perpétré en mai 1957, à partir d’un squelette pris dans du ciment depuis dix-huit ans. Ce sont les restes de Garry Breden qui sont découverts dans les fondations d'un immeuble (identification réalisée grâce à la dentition et une jambe cassée). Breden était jusqu’alors soupçonné d’avoir détourné des fonds et trouvé la mort dans un accident d'avion qui avait fait quatre-vingt autres victimes. Dès le début, nous savons que Keith McCallum, un entrepreneur fortuné, est responsable et il rassure Monica, la veuve de la victime, qui mène un grand train de vie. McCallum est persuadé qu’après tant d’années, il n’est pas possible de remonter jusqu’à eux, mais il perd peu à peu de sa superbe (‘There was a time when a building can last half a century before anybody tore it down’).

En fait, Monica, en instance de divorce, a commis le meurtre, et Keith McCallum a fait couler le corps dans le béton et s’est servi d’un sosie, Karl Malchek, un réparateur de télé, pour personnifier Breden et faire exploser l'appareil, camouflant ainsi le détournement de trois millions de dollars. McCallum fait rechercher et tue Anton, le fils de Malchek, qui peut le compromettre (alors qu’il n’avait que six ans au moment des faits !), mais c’est un petit pendentif qui le perdra. Ce ‘punk’, terme du lieutenant, est sûrement le meurtrier le plus prolifique de la série avec quatre-vingt deux victimes (et pas une de plus).

A noter quelques scènes particulières, comme Kojak qui distribue à ses hommes les paquets repas offerts par un prisonnier (McNeil: ‘Huh, so he killed his wife. Well, nobody's perfect, right?’), Kojak et le vendeur de bretzels (‘I want a pretzel, not a weapon !), la visite de la vieille secrétaire au precinct (elle est reçue par Stavros) et le petit vieux à la maison de retraite qui veut tirer quelques taffes sur le cigarillo de Kojak ! Sinon, il n’y a pas d’action ; les deux meilleures séquences étant les rencontres de Kojak avec McCallum puis avec Monica. La seconde association Laird/Dubin de la saison est complexe avec moult personnages, qui permettent de nombreux petits rebondissements et qui font de cet épisode un agréable précédent aux séries Cold Case et Bones, mais il est à voir deux fois pour en saisir toutes les subtilités.  

o Michael Ansara (1922), Keith McCallum, fut connu pour son rôle de Cochise dans la série Broken Arrow (1956-58). Il a joué dans deux épisodes des Incorruptibles : Nicky et Le gingembre de la Jamaïque, seconde saison.

o Gail Strickland (1947), Monica Breden, a joué dans Police Story, Hawaii, police d’état, entre autres.

o Deuxième épisode consécutif dans lequel Gomez remplace Crocker ; Kevin Dobson est absent mais au générique. C’est la dernière apparition du détective joué par Victor Campos.

o Ned Glass (1906-1984), Deitz, a joué dans quatre épisodes des Incorruptibles.

o Un titre français ridicule, comme la majorité des résumés français sur la toile. Pourquoi 17 ans, alors qu’il est répété une dizaine de fois dans l’épisode en VO ‘eighteen years’ ! A croire que personne n’a compris l’épisode…

o Stavros demande à Gomez quel est le grand mystère des Pyramides évoqué par Kojak, et le détective hispanique lui répond : ‘They don’t have johns !’.

o Le titre du journal fictif New York Chronicle: ‘NY Police find skeleton remains of murder victim discovered in demolished office building in downtown Manhattan.’

o A noter la scène où Kojak se rase avec un marcel frappé à ses initiales, TK !

o Le café/restaurant du rendez-vous est assez chic, ce que démontre le butler qui parle français en VO !

o Kojak demande à Monica ce qu’elle faisait le 11 mai 1957, la veille du crash….

o Il y a un échange piquant lorsque Kojak se prend pour Sherlock Holmes et qu’il s’adresse à McNeil en l’appelant Watson (Kojak : ’Like the movies, you play Watson, I’ll be Sherlock Holmes.’)

o L’épisode est à voir deux fois, à moins d’aller directement à l’explication des faits à trois : Kojak, McNeil et…Stavros.

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23. POUR ET CONTRE LA LOI
(BOTH SIDES OF THE LAW )

Cinq dessins inestimables de Rembrandt disparaissent d’une exposition et les voleurs sont immédiatement arrêtés. Néanmoins, Kojak, concurrencé par un criminologue de renommée mondiale, ne parvient  pas à retrouver les dessins.

 

L’enquête pour retrouver les œuvres d’art est une concurrence entre le lieutenant Kojak et son mentor, Anton Valentine, un criminologue chevronné devenu détective (très bon jeu de David Opatoshu). Si l’histoire n’est pas désagréable, elle ne fait pas partie des incontournables de la saison. Kojak se fait présenter une exposition par Kelly McCall, une charmante jeune femme qui semble être une ‘très bonne amie’ du lieutenant. Il n’y a pas de temps mort au tout début car Kojak est présent, dans ce qui est un larcin et pas un meurtre pour une fois, et la poursuite de l’intrigue est du coup dans les premières minutes.

 

Le personnage ambigu de Valentine, le titre VO lui fait référence, aurait pu servir de pilote à une série, comme d’autres flics de cette troisième saison. Une fois que l’astuce digne d’un Columbo est dévoilée, le reste est assez banal. En effet, combien d’histoires de vols ont été perpétrées afin d’arnaquer les assurances ? Evidemment, il y a le mystère qui s’apparente à celui de la Chambre jaune : comment les tableaux ont-ils disparu ? C’est Valentine qui met un peu de piquant en préparant un plan pour faciliter l’évasion des prisonniers, qui doivent le mener aux dessins. Le détective international ne se doute pas que des faux ont été brulés et que les originaux sont en sécurité chez Ross, l’arnaqueur. Néanmoins, on se demande comment Kojak peut croire à la fable abracadabrante d’enregistrer un type qui parle en néerlandais pendant son sommeil ! La fin, meilleure scène de l’épisode, renvoie à celle de l’excellent Before the Devil Knows, où Kojak laisse filer le cambrioleur Le Jon (Henry Darrow).

 

Cette fois, il envoie ses inspecteurs sur les toits, alors que Valentine descend en rappel le bâtiment (passage très improbable). Le lieutenant se laisse amadouer par une vieille connaissance en qui il a du respect et de l’admiration. L’autre grand passage de l’épisode est la démonstration de Kojak au musée (‘The suspense, Frank, that’s all the fun’). Les acteurs font de bonnes prestations, avec le retour de Dobson/ Crocker, malgré quelques longueurs comme le cabotinage de Valentine dans la camionnette. N’oublions pas non plus la dernière image, qui laisse imaginer bien des choses…

 

o David Friedkin (1912-1976) fut réalisateur, producteur et scénariste. Cet épisode est le cinquième, et dernier, qu'il réalisa pour la série : il y eut l’excellent Cross Your Heart and Hope to Die et le moyen The Trade-Off de la seconde saison, le particulier et intéressant How Cruel the Frost, How Bright the Stars, et le très bon On the Edge, tous les deux de la troisième saison. Un bon bilan pour Kojak dans l’ensemble.

 

o Susan Sullivan (1942), Kelly McCall, a commencé sa carrière en 1964 et elle tournait en 2009 dans Castle. Au début de sa carrière, elle fut une ‘Bunny’ du magazine Playboy et elle apparut dans de nombreuses séries comme L’homme de fer,  Barnaby Jones, puis dans des soaps. Elle tournera dans un second épisode de Kojak: When You Hear the Beep, Drop Dead. Kelly McCall a 29 ans, alors que l’actrice en a 33 au moment du tournage.

 

o Don Knight (1933-1997), Pourette, un des deux voleurs, est John Hagen dans Before the Devil Knows de la première saison. Il est connu pour des rôles de tueur froid. Il a joué dans de nombreuses séries. Citons des apparitions dans Match contre la vie, Opération vol, Hawaii, police d'état, L'immortel (7 épisodes dans le rôle de Fletcher), Mannix, Mission impossible, Cannon

 

o Il serait intéressant de répertorier tous les épisodes où la camionnette bleue Ford apparaît ; avec à chaque fois, une inscription différente.

 

o Kojak donne une claque sur le museau des deux types saucissonnés dans la camionnette : ‘Relax, you’re in good hands’.

 

o McKee au sujet de Valentine: ‘He works for anybody. He plays both sides of the law these days. Kojak: ‘I can’t believe it’.

 

o Le naphta est un liquide transparent, issu de la distillation du pétrole.

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24. UNE EXÉCUTION PRÉMATURÉE
(A GRAVE TOO SOON )

Lorsqu’un flic infiltré est assassiné, Kojak oriente à tort son enquête vers un parrain de la mafia. 

La troisième saison se conclut sur une bonne note avec cette histoire intéressante dans le milieu de la mafia. Kojak met la pression sur Franco Donatello, membre connu d'une organisation criminelle, lorsqu’un flic est découvert assassiné aux abords d’un des établissements du gangster. Donatello est-il responsable du décès du fils du policier, ‘a living legend’, qui fut impliqué dans la mort de ses deux propres fils neuf ans auparavant? En fait, cette particularité biscornue du scénario est une fausse piste qui masque un adultère, entre Mrs Donatello, bien plus jeune que le gangster, et l’avoué du parrain. Le rythme est soutenu et l’interprétation très efficace, même si la liaison est connue trop tôt. Le flic abattu avait en fait découvert la relation sulfureuse, comme le fera également à ses risques et périls Sutherland, un indic, qui a mis la main sur une pochette d’allumettes révélatrice et des photos compromettantes. Le chantage ne paie pas, car les deux amants tuent à tour de rôle les maitres-chanteurs.

L’action se situe autour d’un restaurant mandarin, mais c’est un parfum français onéreux, retrouvé sur la couverture qui emballait le corps, et le numéro de la plaque d’immatriculation sur la pochette d’allumettes qui mettent Kojak sur la piste de Mrs Donatello. Harold J. Stone, qui a vieilli depuis ses apparitions dans Les Incorruptibles, s’impose en mafieux sur le déclin, tandis que Diana Hyland, dans un de ses derniers rôles, est convaincante en maitresse tueuse.  Il n’y a pas beaucoup de cynisme de Kojak dans cette enquête ; notez néanmoins l’ironie lorsque Mrs Donatello lui demande si son amant est mort (‘Your boyfriend left his brain on the highway’). Malgré quelques imperfections (comme par hasard, la voiture de l’avoué est contrôlée au moment où Kojak et Stavros passent devant), l’épisode se suit sans ennui et se termine par une scène mémorable, avec la fille du mafieux qui remet l’arme du crime au lieutenant (‘She betrayed you with your own gun’). 

o C'est le cinquième, et dernier, épisode réalisé par Daniel Haller (1926), tous dans cette saison, sauf le moyen A Souvenir from Atlantic City de la seconde. On lui doit dans cette troisième saison également Money Back Guarantee, A Wind from Corsica et Deadly Innocence. Un bon bilan pour la série.

o Diana Hyland (1936-1977), Cleo Donatello, a participé à de nombreuses séries des années 60 et 70, comme La quatrième dimension, Des agents très spéciaux (2 ép.), Le fugitif (4), Les envahisseurs (3), Mannix et un rôle récurrent dans Peyton Place. Elle mourut d’un cancer dans les bras de Travolta, son amour de dix-sept ans plus jeune qu’elle.  

o Harold J. Stone (1913-2005), Franco Donatello, a joué dans six épisodes des Incorruptibles, principalement dans des rôles de gangsters toujours particulièrement bien interprétés. Il fut Nitti dans L’affaire Al Capone en 1967, et on le vit dans de nombreuses séries US des années 50 à 80.

o Daniel J. Travanti (1940), le capitaine Badaduchi, est le lieutenant Charles 'Chuck' Danena dans A Souvenir from Atlantic City, saison 2. Il est aussi le Capitaine Furillo dans 132  épisodes de 1981 à 1987  (7 saisons).

o La courte scène, dans laquelle un cab passe de nuit devant l’immeuble du policier assassiné en train d’être fouillé par Sutherland, a été maintes fois vue dans la série.

o L’indic Sutherland au capitaine Badaduchi: ‘You put me in the toilet. Don’t pull the chain.’

o L’adresse de Mrs Donatello correspond à un endroit en Californie, lieu de tournage, et non pas à un lieu autour de New York, comme le scénario le suggère (Willowbrook Road, Garden Grove).

o Il y a un beau plan de New York lorsque la Buick de Kojak arrive dans le parc, sur les lieux du meurtre de Sutherland. On voit les gratte-ciels puis le World Trade Center en arrière-plan. Ensuite, la voiture longe l’Hudson avec au fond la Statue de la Liberté.

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Crédits photo: Universal.

Images capturées par Denis Chauvet.