Saison 22Saison 24

Inspecteur Derrick

Saison 23

1. Le secret de la confession (Die zweite Kugel)

2. Réception pour un assassin (Einen schönen Tag noch, Mörder)

3. Un monde à part (Ruth und die Mörderwelt)

4. Rencontre avec un meurtrier (Frühstückt Babette mit einem Mörder ?)

5. Une jeune fille au clair de lune (Mädchen im Mondlicht)

6. L'écho de la mort (Mordecho)

7. La chambre vide (Das leere Zimmer)

8. Appartement quatre cent seize (Riekes trauriger Nachbar)

9. Un bon avocat (Der Verteidiger)

10. Le coucher de soleil (Das dunkle Licht)

11. Un témoin silencieux (Zeuge Karuhn)

12. Soumission (Bleichröder ist tot)

 

1. LE SECRET DE LA CONFESSION
(DIE ZWEITE KUGEL)



Date de diffusion originale : 05 janvier 1996.

Résumé :

Un jeune homme tue un restaurateur italien qu’il devait menacer. Blessé, il demande à un prêtre de pouvoir se confesser…

Critique :

Vers la fin de la série, les références à Dieu sont de plus en plus fréquentes, cet épisode centré sur la confession est donc logique. Nous pouvons être étonnés toutefois que le scénariste ai attendu aussi longtemps pour utiliser cette intrigue, très classique (le coup du prêtre confronté au policier à qui il refuse de dire la confession d’un assassin a été vu mille fois), mais menée très efficacement grâce à, comme souvent, une excellente interprétation : ici Oliver Hasenfratz très ambigu et à la fois perdu.

Plutôt que (ou avant) de voir un médecin, le jeune Konrad engagé pour menacer un restaurateur italien qui refusait la protection de la police, qu’il tue et est blessé par sa victime, décide d’aller voir un prêtre, voulant se confesser avant de mourir. Hélas pour lui, le médecin qui arrive est talentueux et l’arrange. Mais désormais ce sera au prêtre Figges (Philipp Moog touchant) de vivre avec cette confession et surtout de ne pas la dévoiler à la police. La police, c’est Derrick qui est plutôt en forme (voir l’image qui illustre cette chronique) : un homme est mort, il lui doit de rendre justice.

Le rythme de l’épisode est très original, ainsi Derrick qui arrive à près de la moitié de l’épisode a déjà commencé son enquête, mais la résoudra trop facilement (la balle donnée par le médecin et pire, le coup du sosie du restaurateur), rendant le final quelque peu invraisemblable, ce qui est dommage avec une introduction plutôt réaliste et l’évocation de personnes confrontées sinon à leurs morales mais à leurs culpabilités.

Anecdotes :

  • Neuvième épisode réalisé par Horst Tappert.

  • La musique de l’épisode signée par Eberhard Schoener a des airs communs avec le générique de la série « Siska » qui succédera à Derrick.

  • Sixième et dernière apparition d’Ursula Ludwig dans la série, interprétant dans cet épisode la mère du prêtre Figgers.

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2. RÉCEPTION POUR UN ASSASSIN
(EINEN SCHÖNEN TAG NOCH, MÖRDER)

Date de diffusion originale : 02 février 1996.

Résumé :

Walter Kottler, un entrepreneur assassine son comptable. Le fils d’un ouvrier a tout vu, mais si il parle, son père perd son job…

Critique :

Une nouvelle fois, l’introduction est vraiment pas mal et l’excellent Volker Lechtenbrink y est pour beaucoup. Il interprète ici Kottler, un entrepreneur presque ruiné confronté à son comptable qui tente de le rappeler à la réalité, mais qu’il préfère tuer en le poussant dans une fosse à plusieurs mètres d’altitude et ce devant les yeux de plusieurs de ses employés.

Après ce crime, il faut faire absolument comme si de rien n’était, car si Kottler est arrêté, c’est pas mal d’ouvriers qui se retrouveront au chômage. Pour ne pas perdre leur job plus que par la fidélité pour leur patron, ils accepteront de se taire… sauf Rudolf, le fils d’un ouvrier qui lui rendait visite : lui a vu exactement ce qui s’est passé, que Kottler a poussé le comptable dans le vide, mais devra se raviser mais hélas pour Kottler, Derrick l’a cru.

Provocateur, heureux de s’en être sorti, il décide de faire une réception pour fêter soi-disant un nouveau contrat mais pour en vérité : c’est le meurtre qu’il fête. Comment le coincer ? Et bien notre inspecteur va décider de l’humilier (ce qui est aussi, je pense, un message pour les détracteurs de la série qui fut beaucoup critiquée sur ses dernières années), à ce titre : on peut saluer un beau numéro d’Horst Tappert, démontrant une énergie impressionnante compte tenu de son âge (alors 72 ans).

Les dialogues ciselés dans le final sont formidables. Un excellent épisode.

Anecdotes :

  • Dans la version française, Volker Lechtenbrink est génialement doublé par Joël Martineau.

  • Musique : « Guantanamera » de Julian Orbon, José Fernandez Diaz, Hector Angulo, José Marti et Pete Seeger.

  • Stefan Kolosko (Rudolf) reviendra dans l’épisode « La bonne décision »(saison 24, épisode 02) où il croisera de nouveau la route de Volker Lechtenbrick.

  • Natali Seelig (Erika) reviendra dans l’épisode « Justice aveugle » (saison 24, épisode 03).

  • Sixième et dernière apparition de Philipp Brammer dans la série, interprétant dans cet épisode Albert Dannhof.

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3. UN MONDE À PART
(RUTH UND DIE MÖRDERWELT)

Date de diffusion originale : 08 mars 1996.

Résumé :

Un jeune homme complice du meurtre d’un propriétaire d’une maison qu’il devait cambrioler est confronté à la veuve de ce dernier...

Critique :

Le jeune Ullrich Bonte se retrouve dans une situation qui le dépasse complètement : devant faire le gai devant la maison d’un couple âgé que son complice doit cambrioler, il entend soudainement des coups de feu, alors qu’un voisin approche… et se retrouve, non pas complice mais témoin indirect du crime ! Il devra donc jouer le jeu, broder une histoire de toutes pièces : pourquoi pas tiens essayer une voiture qu’il comptait acheter et s’est retrouvé perdu, afin de justifier sa présence.

Mais hélas, madame Mommsen, la veuve de l’homme que son complice a assassiné, ressent chez lui, une peur, la non-envie de sa présence lors de son témoignage : elle devient persuadée qu’il est lié au crime et demande à Derrick de le prendre en charge. Avec ce duo improbable : jeune homme encore innocent et vieille dame qui a tout vécue, on pense immédiatement au fameux « Harold et Maude » d’autant que madame Mommsen, comme Maude, a survécue aux camps de concentration.

Car Ullrich et madame Mommsen vivent dans deux mondes différents : celui du premier est commun et celui de la deuxième est comme un cocon, une bulle que rien ne peut plus atteindre tant elle et son mari avaient vécus de choses. Mais le jeune homme doit comprendre ce que sait pour la vieille dame d’avoir perdu l’être avec qui elle a tout vécu et se permet de longues diatribes philosophiques, afin qu’il craque. Mais malgré eux, ils vont devoir se souder car ses patrons à lui décident de le tuer.

On se fiche un peu de l’intrigue policière qui est une compilation de détails menant à la révélation d’une bande de criminels, pour se concentrer sur la relation entre ces deux êtres que tout oppose : deux mondes, mais, au fond le même : celui du meurtre.

Anecdotes :

  • Musique : « Black Betty » de Ram Jam.

  • Septième et dernière apparition de Peter Kuiper dans la série, jouant dans cet épisode le barman.

  • Troisième et dernière apparition de Lis Verhoeven dans la série, jouant dans cet épisode Madame Bonte.

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4. RENCONTRE AVEC UN MEURTRIER
(FRÜHSTÜCKT BABETTE MIT EINEM MÖRDER ?)

Résumé :

Walter Kamrau a tué l’amant de sa femme. Mais il ne compte absolument pas avouer. L’arrivée d’une jeune femme de ménage va peut-être pourtant changer les choses…

Critique :

La série aurait été décidément un formidable terrain de jeu pour des acteurs et actrices passionné(e)s et passionnant(e)s. Pour cet épisode, c’est Christoph Bantzer qui a la chance de prouver, une nouvelle fois, son immense talent. Il y interprète un homme solitaire, froid, presque indifférent à qui et à quoi que ce soit, ayant tué l’amant de sa femme. C’est ce que cette dernière prétend.
Mais aucun témoin, aucun indice, aucune preuve. Le seul à pouvoir avouer et donc prouver ce crime : c’est lui et il ne le fera pas.

Pourtant Derrick et Klein vont s’y obstiner, s’emportant même après lui, sans succès. L’homme reste parfaitement calme, même hautain et supérieurement intelligent, et peut donc retourner dans son immense (et magnifique) demeure aussi glaçante que lui. Devant vivre avec le crime qu’il a commis, il retrouve avec sa joie une vie solitaire, jusqu’à l’arrivée de Babette, une jeune (et très jolie) femme de ménage avec qui il va entretenir une relation sado-masochiste. Indécis et cassant face à cette intrus, Kamrau va devoir jouer finement sa partition. La jeune femme doit s’habituer aux humeurs de son nouveau patron qui se montre selon le moment, doux ou directif.

Mais assez bizarrement, c’est à elle qu’il confiera avoir commis le meurtre, ce qui, contre toute attente, ne la choque pas. Mais enfin l’homme chez qui elle fait le ménage est un meurtrier, mais non : cela semble la laisser de marbre. De son côté, Derrick s’inquiète pour elle, potentiellement en danger, et l’idée de la tuer lui vient en tête c’est certain : nous voyons dans le final qu’il cherche à absolument tout contrôler.

Et comme le spectateur, cette rencontre avec un meurtrier la laissera physiquement, mais pas psychologiquement indemne.

Anecdotes :

  • Quatrième et dernière apparition de Christoph Bantzer dans la série.

  • Anette Hellwig (Babette) reviendra dans l’épisode « Témoin silencieux » (épisode 11 de cette saison).

  • Troisième et dernière apparition de Michèle Marian (Kirsten Kamrau) dans la série.

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5.  UNE JEUNE FILLE AU CLAIR DE LUNE
(MÄDCHEN IM MONDLICHT)

Date de diffusion originale : 10 mai 1996.

Résumé :

Bossler, le patron d’une boite de nuit a été assassiné. Derrick multiplie les pistes pour coincer le meurtrier, mais ce n’est pas facile…

Critique :

Dans le genre victime détestable, celle de cet épisode tient la dragée haute. Bossler maltraitait psychologiquement ses employé(e)s et, on le découvrira sur le tard, avait violé la fille adolescente de l’une d’entre elles. Le nombre de suspects est donc conséquent puisqu’à peu près tout le monde voulait le tuer.

Pour cette nouvelle enquête, Derrick est aidé par Ingo, le gérant d’un centre d’accueil (ce qui vaut quelques scènes bien lacrymales…) qui est secondé par Linda, la fille d’Anna, une employée de Bossler. Mais notre inspecteur est au final plus fasciné par un dessin de la veuve de Bossler : « la jeune fille au clair de lune »,qui, pense-t-il, pourrait l’aider dans son enquête.

Au gré des différents témoignages, Derrick fait le lien entre les personnages, comprenant les motifs éventuels d’un crime que chacun(e) voulait commettre jusqu’à la résolution du crime, presque ordinaire, compréhensible.

Dans cet épisode par moments brouillon mais passionnant, le casting, pour la énième fois, se distingue : que des visages familiers de la série : Udo Vioff est irrésistible en pianiste ayant une conscience, Diana Körner est impeccable tout en ambiguité, Peter von Strombeck excelle, à la limite du surjeu, dans son personnage de gérant d’un centre d’accueil.

Anecdotes :

  • Diana Körner (Anna) est la mère de Lara-Joy Körner (Linda). La première fait sa cinquième et dernière apparition dans la série tandis que la deuxième reviendra dans l’épisode « Appartement 416 » (épisode huit de cette saison).

  • Peter von Strombeck (Ingo) fait sa sixième et dernière apparition dans la série. Dans la version française de cet épisode, il est doublé par Georges Caudron.

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6. L'ÉCHO DE LA MORT
(MORDECHO)

Date de diffusion originale : 21 juin 1996.

Résumé :

Hugo Droste vient de sortir de prison après quinze ans pour meurtre. Ses patrons de l’époque ont achetés son silence en lui permettant de vivre très confortablement… au grand dam de Derrick.

Critique :

Qu’est-ce qu’un meurtre produit sur un homme enfermé pendant des années dans une cellule ? Songer à ce crime, se demander pourquoi et comment nous en sommes arrivés à le faire ?

Hugo Droste (Martin Benrath formidable) a commis un meurtre pour le compte de plusieurs hommes envers qui il a refusé de témoigner lors d’un procès pour escroquerie. Pourquoi refuse-t-il de les dénoncer ? A-t-il peur ? A-t-il quelque chose à gagner de son silence ?

C’est un mystère et Derrick qui l’avait arrêté à l’époque décide de se lier avec lui, de le surveiller : leur relation en devient pratiquement amicale, car le policier va aider l’ancien truand à ne plus entendre ce qui est appelé « écho de la mort » : l’impact psychique d’un crime.

Ils vont avoir de longues conservations ensemble, mais pour le policier la libération de cet écho, de cette conscience pourrait se faire en dénonçant les commanditaires du meurtre, pour qui il a perdu plusieurs années de sa vie.

Pour Droste, il s’agit d’un travail intense, éprouvant qu’il doit faire sur lui-même et passionnant pour le spectateur.

Anecdotes :

  • Il n’y a aucun meurtre dans cet épisode.

  • Manfred Zapatka (Heinrich) fait sa quatrième et dernière apparition dans la série.

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7. LA CHAMBRE VIDE
(DAS LEERE ZIMMER)

Date de diffusion originale : 12 juillet 1996.

Résumé :

Une prostituée est tuée. Karl Luserke, un homme qui l’avait raccompagnée chez lui est la dernière personne à l’avoir vue en vie…

Critique :

Un épisode vraiment passionnant jusqu’au dénouement, avec une bonne dose de suspense et porté par l’interprétation bluffante de Ralf Schermuly.

C’est une soirée comme les autres pour Karl Luserke, cadre solitaire, vivant dans un appartement ayant vu sa femme le quitter deux ans auparavant et ayant laissé leur fille de cinq ans chez une nourrice. Mais il croise la route de Labrina, une prostituée qui se réfugie dans sa voiture pour s’abriter de la pluie averse. Après un échange, il accepte de l’accompagner chez lui mais refuse, contre toute attente, ses services et après qu’elle ait pu prendre une douche (ce qui était visiblement une lubie du scénariste, le nombre de personnages prenant une douche tout au long de la série est impressionnant), la renvoie dehors. Mais elle est retrouvée morte peu après et il se retrouve donc suspect idéal.

Nous n’avons pas vu le meurtre et pouvons en douter, d’autant que cet homme volontiers froid apparaît innocent : Derrick remarque vite dans son appartement une chambre vide : celle de l’ex de Luzerke, qui s’était révélée être une prostituée. Mais où est cette femme ? « Parti un jour comme ça et plus rien depuis », il ne s’en inquiète pas plus que cela : après tout, ils vivaient dans des mondes radicalement différents. Qu’une prostituée ait été tuée alors que son ex faisant son métier dans leur appartement et que Luserke pouvait entendre ses ébats sexuels est horrible.

Le mystère autour de son épouse est vraiment bien mené : retournant à Francfort faire son job, mais aucune trace d’elle là-bas. Et si elle n’était plus en vie ? Si Luserke l’avait assassiné ? Tout comme la prostituée qui lui avait rappelé à elle.

Au fond, c’est donc toutes les prostituées, putes, tapineuses, qu’il veut assassiner : le traumatisme d’un homme marqué à vif par l’amour qu’il éprouvait envers sa femme. C’est toujours de cela qu’il s’agit : l’amour…

Anecdotes :

  • Dixième épisode réalisé par Horst Tappert.

  • Septième et dernière apparition de Ralf Schermuly dans la série.

  • Douzième et dernière apparition de Hans Georg Panczak (Zeller) dans la série.

  • Quinzième et dernière apparition de Michael Gahr (Kues) dans la série.

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8. APPARTEMENT QUATRE CENT SEIZE
(RIEKES TRAURIGER NACHBAR)

Date de diffusion originale : 09 août 1996.

Résumé :

Rieke Körner, apprentie comédienne est retrouvée morte dans le parc. Son confident était son voisin : un certain Manfred, handicapé moteur…

Critique :

Un des pires épisodes de la série, plombé pour un sentimentalisme excessif, avec un abus de flash-back faisant le portrait intéressant mais tellement niant-niant d’une jeune femme perdue, désirant devenir comédienne, très attirante physiquement et humainement dégageant une chaleur, une lumière, un talent qui faisait que tous les regards se portaient sur elle, raconté par son voisin, condamné au fauteuil roulant et aux béquilles après un accident, fou amoureux d’elle.

Pour comprendre les victimes : il y a deux solutions dans la série : soit prendre tout le début de l’épisode et nous montrer la victime et souvent son meurtrier dans leur environnement, soit utiliser les flash-backs pour illustrer le récit d’un(e) de ses proches, qui peut être aussi l’assassin. Parfois c’est réussi (voir l’excellent « La faim », saison 7, épisode 2), mais parfois c’est raté comme ici.

Ce qui sauve l’épisode du naufrage total, c’est l’interprétation de qualité de Michael Maertens qui doit composer difficilement avec un personnage d’amoureux transi, que la force de ses sentiments pouvait relever de sa condition physique et de Michaela Merten, comme toujours impeccable et intense dans le rôle de la sœur de la victime, ainsi que le final très beau et très touchant. Dommage que ce soit si mal raconté…

Anecdotes :

  • Michael Maertens (Manfred) reviendra dans l’épisode « S.O.S Solitude » (saison 24, épisode 07). Dans la version française, il est doublé par Mathias Kozlowski.

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9.  UN BON AVOCAT
(DER VERTEIDIGER)

Date de diffusion originale : 06 septembre 1996.

Résumé :

Le jeune et ambitieux avocat Ulrich Steinhoff est engagé pour défendre le magnat de l’immobilier Armin Rohm mais c’est très compliqué…

Critique :

Ulrich Steinhoff est un jeune avocat, se sentant près à défendre sa première affaire : le cas d’Armin Rohm magnat de l’immobilier qui, comme tout homme d’affaires sans scrupules, s’est amusé à mettre des gens à la rue et à faire tuer l’un d’entre eux. C’est un sacré morceau à défendre, mais en fait, le seul témoignage est celui de la veuve : Irmgard Trenk qui peut le faire tomber.

Pour se faire bien voir et prouver qu’il en a dans le pantalon, Steinhoff va mettre la pression le plus possible sur elle : l’appelant, se rendant chez elle, lui posant des questions en affirmant bien entendu qu’il ne lui veut pas du mal.

Mais malheureusement pour lui, son métier n’efface pas son humanité : comme il le montrera vers la fin (qui est l’une des plus tordues et donc superbes de la série), sa conscience le rattrapera, apprenant de la bouche de son client que celui-ci a réellement tué le mari d’Irmgard. Alors que faire désormais ? Tenter de rattraper le coup ? Hélas pour lui, elle va se donner la mort, il va alors faire quelque chose d’assez magnifique : convoquer Rohm chez elle après avoir effacé toute trace de suicide et ainsi Rohm sera condamné pour son suicide ! C’est sacrément malin et mieux, il ne se fera même pas coincer.

Philipp Moog, grand habitué de la série, est pratiquement de toutes les scènes et il est, sans surprise, excellent, dans ce rôle d’avocat ambitieux, idéaliste et confronté à la réalité des criminels.

Anecdotes :

  • Cinquième et dernière apparition dans la série de Gaby Dohm (Irmgard Trenk).

  • Sixième et dernière apparition dans la série de Walter Renneisen (Gessler).

  • Septième et dernière apparition dans la série d’Udo Vioff (Pabel).

  • Neuvième et dernière apparition dans la série de Willy Schultes (Seibold).

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10. LE COUCHER DE SOLEIL
(DAS DUNKLE LICHT)

Résumé :

Derrick et Klein rouvrent une affaire vieille de dix ans : l’attaque d’un fourgon blindé. L’un des auteurs de ce crime, un certain Lothar Bruns vient tout juste d’être libéré.

Critique :

Un nouvel épisode pour performance d’acteur : c’est le génial Hans Peter Hallwachs qui s’y colle interprétant un ex-taulard aveugle aidé par une policière se faisant passer pour une aide à domicile afin de le surveiller car Derrick a peur qu’il tue de nouveau.

C’est Gabriele (Anja Kling touchante) est une jeune (et belle) fliquette d’apparence ordinaire qui est choisie pour (sur)veiller Lothar Bruns mais entre deux très vite, une relation d’attachement va se nouer. Bien qu’il semble froid et cassant, affaibli par sa cécité, il adopte très vite la jeune femme, sorte d’ange protecteur, qui elle s’attache aussi à lui. Une relation tendre, douce, lumineuse et presque romantique entre ces deux êtres finalement attachants.

Faut pas l’oublier mais il y a une enquête à boucler : Lothar décide de rendre visite à ses anciens complices, nous pensons alors tout comme Derrick qu’il va chercher à les tuer, sauf que son plan sera et deviendra beaucoup plus subtil que cela, après avoir pu assister à un coucher de soleil : lui offrant le plus beau moment de toute sa vie et lui prouvant qu’il y a encore de l’espoir pour lui, il décide de les piéger en se plaçant comme cible pour eux.

La toute dernière scène montre un homme libéré de ses démons, en paix avec lui-même.

Anecdotes :

  • Musique : « Light » de Frank Duval.

  • Franjo et Mario Marincic qui interprètent Karle et Malte Labeck sont frères tous comme leurs personnages.

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11.  UN TÉMOIN SILENCIEUX
(ZEUGE KARUHN)

Date de diffusion originale : 08 novembre 1996.

Résumé :

Un sans domicile fixe est témoin d’un meurtre. Le souci est qu’il ne dit pas un mot. Derrick fait appel à un psy pour tenter de lui faire ouvrir la bouche…

Critique :

Paul Karuhn (Michael Heltau merveilleux) est un sans domicile fixe errant toujours aux mêmes endroits, pas vraiment du genre bavard ni à déranger qui que ce soit. Son allure, vêtements sombres, mal rasé, yeux de chien battu attire volontiers la pitié comme la restauratrice qui lui donne parfois à manger. Ce soir, alors qu’il se rend à son restaurant préféré, il est témoin d’un meurtre ! En effet, Arthur Hanau un businessman vient d’abattre son associé Konrad Paulus. Bon, d’accord…

Karuhn fait comme si il n’avait rien vu, rien entendu, même envers la police qui aurait pu trouver un bien meilleur témoin. La question n’est pas tant de savoir quand il va parler mais pourquoi ne parle-t-il pas ? Enfermé sur lui-même, ayant vécu tant de galères qui l’ont enfermées dans un mutisme ? Quoi qu’il en soit, il doit parler, et la fille de la victime va le prendre sous son aile, le conduisant dans la petite maison du jardin, le fait se laver, lui mets de beaux vêtements.

Ce qui est très beau et métaphorique : c’est le fait que prendre une douche est un acte de purification, ainsi une fois propre et bien habillé : Karuhn devient nettement plus loquace… mais le meurtrier (génial Sky DuMont en parfait tête à claques) ne le sait pas encore, pensant que cet individu si mutique jusque-là, le restera et que son témoignage ne convaincrait pas un juge mais qu’elle sera sa surprise lors d’un monologue déchirant (qui en émut aussi bien le spectateur que Derrick) expliquant comment il en est venu à perdre son « moi intérieur » et ne lui restant que quelques images comme celles d’un meurtre. Il a pu peut-être le retrouver en aidant la police.

Un très bel épisode, plein de douceur, teinté d’humour et passionnant.

Anecdotes :

  • Troisième et dernière apparition de Michael Heltau dans la série. Dans la version française, il est doublé par Jacques Thébault.

  • Quatorzième et dernière apparition dans la série de Sky du Mont dans la série.

  • Dixième et dernière apparition de Christine Buchegger (Hannelore Paulus) dans la série.

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12. SOUMISSION
(BLEICHRÖDER IST TOT)

Date de diffusion originale : 13 décembre 1996.

Résumé :

Bleichröder, un homme d’affaires a été assassiné devant chez lui. La police apprend qu’il fréquentait une de ses employées…

Critique :

Cet épisode m’a fait beaucoup penser au ratage « Appartement 416 » (épisode 08) à savoir l’évocation d’une jeune femme perdue et brisée intérieurement par un type amoureux d’elle. Reinecker est de nouveau sentimental, mais heureusement, évite cette fois – de justesse – l’excès, car il charge la victime : en effet Bleichröder (Will Danin dans un rôle d’apparition) avait une relation sadique avec Daniela (Sandra Cervik parfaite), une de ses employées qu’il torturait au cours de séances plus sadiques que masochistes puisqu’elle n’en éprouvait pas le moindre plaisir. Depuis quelques temps, la jeune femme fréquentait un comédien : Hans (Dominique Horwitz impeccable) avec qui elle s’était liée dans une boite de nuit, mais il avait l’intuition qu’elle avait quelque chose de brisée en elle, de triste, contrastant avec sa beauté physique lumineuse.

Il l’encouragea à se libérer de ce qui la pesait intérieurement par le théâtre, la fameuse Scène : là où nous pouvons tout exprimer, expurger nos souffrances. Elle s’est donc déshabillée et les quelques personnes présentes ont pues constater les marques physiques (chapeau aux maquilleurs de l’épisode) sur son corps. Dès lors, le nombre de suspects augmente, surtout à savoir qui osait lui faire cela ? Comme souvent, les pièces du puzzle nous sont montrées à coup de flash-backs nous apprenant qu’Hans avait tout révélé à la mère de Bleichröder et que ce dernier faisait chanter Daniela pour pouvoir procurer de la drogue à sa mère.

Un épisode très intéressant, dur par moments, vraiment futé et joliment interprété.

Anecdotes :

  • Musique: « I am a wind » d’Eberhard Schoener, Gianna Nannini et Nidia Palacios.
  • Dans la version française, Dominique Horwitz est doublé par Maurice Decoster et Will Danin par Jean Roche.

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