Saison 19Saison 21

Inspecteur Derrick

Saison 20

1. Le cœur a ses raisons (Ein sehr trauriger Vorgang)

2. Soif de vérité (Mann im Regen)

3. La valse lente (Langsamer Walzer)

4. À cœur perdu (Geschlossene Wände)

5. Un papa modèle (Nach acht langen Jahren)

6. La compagne (Die Lebensgefährtin)

7. Doris (Die seltsame Sache Liebe)

8. Une vie bradée (Zwei Tage, zwei Nächte)

9. Séance de nuit (Nachtvorstellung)

10. Requiem pour un destin (Melodie des Todes)

11. La cabane au bord du lac (Die Nacht mit Ariane)

12. Un objet de désir (Ein Objekt der Begierde)

 

1. LE CŒUR A SES RAISONS
(EIN SEHR TRAURIGER VORGANG)



Date de diffusion originale : 22 janvier 1993.

Résumé :

Après avoir été dans un bordel pour fêter l’anniversaire de son ami Horst, le jeune Albert est assassiné. La police suspecte la prof d’Horst chez qui il vit…

Critique :

L’amour pousse à la mort. C’est récurrent dans la série et ici, c’est une professeure assez âgée Ricarda Hohner (Christiane Hörbiger, formidable), qui va en faire l’expérience, folle amoureuse d’Horst (Holger Handtke, parfait), l’un de ses élèves résidant chez elle, si jeune, si pur, si innocent, si enfantin encore et devrait le rester. Mais malheureusement pour elle, Albert et sa bande qui sont son opposé (Albert se ventant même que sa tante l’ai dépucelé à l’âge de douze ans) décident de faire un joli cadeau d’anniversaire au jeune homme, l’incluant dans leur club : l’emmener dans un bordel pour qu’il perde sa virginité avec une fille de joie. Après cela, Albert, toujours, contacte Inge, l’une de leurs camarades qui est aussi éprise de lui, qui appelle à son tour, la professeur (mais cela le spectateur ne le saura que tardivement dans l’épisode).

Ne pouvant supporter que presque de force, on ai pu lui enlever son innocence, Madame Hohner va donc condamner le responsable. Se retenant tellement de tenter quoi que ce soit envers le jeune homme, espérant être la femme qui lui aurait faite découvrir le bonheur, le plaisir charnel. Mais celui-ci continue de se laisser porter par ses fréquentations, un peu benêt, ne voyant pas ce dont tout le monde s’est rendu compte : des sentiments de son enseignante.

Comme à son habitude, Derrick s’intéresse à la principale suspecte, refusant de la juger, de condamner son acte, la comprenant peut-être, lui célibataire endurci, ayant du voir passer beaucoup trop de femmes, trop de désir. Le final, où la bande de jeunes viendra squatter chez elle avant son suicide laisse sans voix. « C’est l’amour qui l’a tuée. ». Un cœur brisé. Cupidon fait beaucoup de malheureuses.

Outre ce regard sur les sentiments et la frustration amoureuse, nous apprécions également le reflet très réaliste d’une jeunesse au début des années quatre-vingt-dix, formidablement bien captée par le scénariste qui avait pourtant déjà 78 ans lors de l’écriture du scénario.

Anecdotes :

  • Musique : « Thunder road » de Bruce Springsteen.
  • Bien que les jeunes personnages principaux soient en terminal, les acteurs ont environ trente ans.

  • Philipp Brammer signe sa première de ses six (dont quatre dans cette saison) apparitions dans la série.

  • Dans la version française, Wilfried Hochholdinger (Albert) est doublé par Thierry Wermuth, Robinson Reichel (Bertram) par Ludovic Baugin, Holger Handtke (Horst) par Fabrice Josso, Dorothée Hartinger (Inge) par Odile Schmidt.

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2. SOIF DE VÉRITÉ
(MANN IM REGEN)

Date de diffusion originale : 05 février 1993.

Résumé :

Ilse Lohmann, une jeune femme travaillant chez deux frères aisés est assassinée. Son frère, ayant des soucis mentaux, prétend qu’elle l’a contactée peu après sa mort…

Critique :

Un nouvel épisode torturé et bien mystérieux dont la résolution n’apporte pas toutes les clés, qui nous offre de très jolies scènes et une interprétation intense d’Ulrich Matthes en jeune homme perturbé mentalement, aimant, jusqu’à l’inceste, sa sœur, broyée par deux jeunes hommes aisés, se servant de son corps (peut-être consentante ?) comme punching-ball sexuel, conséquence sans doute d’une mère prostituée les ayant négligés complètement.

Et les morts et les vivants se mélangent dans son esprit : sa sœur est toujours en vie alors qu’elle a été assassinée il y a quelques jours déjà, prétendant même qu’elle l’a contactée la veille en affirmant en avoir marre de vivre « ainsi » et leur mère est morte, pourtant (et hélas) toujours en vie, mais n’éprouvant aucun amour envers eux.

Ce soir, sous la pluie, le jeune homme perdu est pris en charge par Hannelore Hoss (Krista Posch, touchante) le conduisant à sa boutique où il résidera quelques temps. Leur rencontre est d’une sensibilité à fleur de peau, les dialogues, regards et le jeu des deux interprètes sont extrêmement justes, pleins de douceur et de tact. Le lendemain, il décide de se rendre là où sa sœur est morte pour la voir (!) et surtout rencontrer ceux qui sont, pour lui (et Derrick), les deux meurtriers : deux frères sans aucune once d’émotion humaine, vantards et le prenant pour un fou mais notre inspecteur, rien que pour les énerver, accepte de l’écouter et finalement de le prendre en charge – contre l’avis de Klein. Malgré ses incohérences et soutenu par Hannelore, il va conduire l’inspecteur à la vérité, la plus foudroyante : lui-même le meurtrier, par la demande de la victime elle-même. Une forme d’euthanasie, lasse de subir l’existence, ne supportant plus de vivre, écorchée.

Anecdotes :

  • « Avedana » de Frank Duval et « Strangers in the night ».

  • Dans la version française, Ulrich Matthes est doublé par Denis Laustriat.

  • Hans Korte (Röder) signe sa septième et dernière apparition dans la série.

  • Burkhard Heyle (Hans Röder) reviendra dans l’épisode suivant, dans un autre rôle.

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3. LA VALSE LENTE
(LANGSAMER WALZER)

Date de diffusion originale : 05 mars 1993.

Résumé :

La jeune employée d’une laverie est assassinée dans le parc. Son patron, monsieur Kubeck est un homme broyé par une femme étouffante : un parfait coupable donc…

Critique :

Cela faisait un bail que nous n’avions pas eu de meurtres de jeunes femmes isolées. Et un nouveau regard sur les pulsions sexuelles d’un homme frustré par une femme étouffante, oui, car dans le registre épouse casse-couilles pourrissant la vie de son mari, celle de Kubeck se distingue.

A ce titre, nous pouvons reprocher quelque chose de régulier dans la série : des personnages stéréotypés : ici la femme bien chiante « face » à des jolies jeunes employées, dont le physique importe nettement plus que leurs personnalités dont nous ne savons pratiquement rien.

Quoi qu’il en soit, grâce à une très bonne interprétation, à commencer par Gerd Baltus (qui plus est doublé dans la version française par l’immense Roger Carel, ce qui colle plutôt bien, même si personnellement la voix de Carel me fait immédiatement penser à Hercule Poirot) un suspense bien entretenu, un véritable propos et un dénouement très surprenant mais un peu cousu de fil blanc, cet épisode se suit avec plaisir.

Nous rencontrons aussi différents personnages et leurs connexions : la relation sado-masochiste entre monsieur qui rêve d’étriper son épouse mais ne peut s’empêcher de l’aimer et cette dernière qui prend un plaisir sadique à pourrir sa vie ; les deux frères encadreurs, dont l’un semble avoir un penchant pour les filles nues et leur toutou qui malheureusement pour Derrick ne peut pas parler ; l’ami de Kubeck (Dirk Galuba, pour une fois, dans un rôle positif) et dans le final, un chercheur (Peter Fricke, pour une fois lui aussi, dans un rôle positif) qui aidera Derrick et lui conduira vers l’assassin. Tout cela grâce à une valse lente : la musique adoucit les êtres et sert de clef pour résoudre une enquête.

Anecdotes :

  • La version française de cet épisode est vraiment liée à celle de la série « Hercule Poirot », outre Roger Carel, nous entendons également Jean Roche, qui double ici Peter Fricke, qui prête sa voix à Hastings dans la série avec David Suchet.

  • Anja Kling (Monika) reviendra dans l’épisode « Le coucher de soleil » (saison 23, épisode 10).

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4. À CŒUR PERDU
(GESCHLOSSENE WÄNDE)

Date de diffusion originale : 16 avril 1993.

Résumé :

Gaston Riemann est assassiné après avoir été victime de menaces suite à un article dans la presse dénonçant son comportement envers l’actrice has-been Irene Solm.

Critique :

Un épisode efficace et plus léger qu’à l’habitude, nous entraînant du monde des people.

Faisons les présentations tout d’abord : Rob Simon (Heiner Lauterbach très en forme) est un journaliste sans scrupules qui fait tout pour avoir un scoop (« une bonne histoire » selon ses termes) : sa cible du moment est l’actrice Irene Solm, toute droit sortir de six mois en hôpital psychiatrique après une tentative de suicide, elle-même causée par la fin de sa relation brutale avec Gaston Riemann. Simon devine que l’actrice va rendre visite à son ex, qui a déjà tiré un trait sur elle. En bon terme avec le journaliste, Riemann le reçoit mais avec véhémence (lorsqu’il frappe à la porte).

Simon a alors l’idée parfaite : demander au public ce qu’il pense du comportement de Riemann envers l’actrice, donnant même son numéro personnel ! Ce qui conduit au meurtre, devant les yeux de cette dernière qui ne dira pas un mot : protéger celui qui a tué l’être qui lui avait brisé le cœur. Mais Simon, bien que culpabilisant doit faire son job, ce qui entraînera des conséquences toujours plus lourdes…

Comme il l’aide dans son enquête, Derrick apprécie sa présence, on note bien entendu le fait rarissime que notre inspecteur accepte sans le regretter le soutien d’une tierce personne.

Cet épisode est à la fois le portrait d’une jeune femme fragile, extrêmement sensible en amour et un regard sur une presse à scandales, faisant absolument tout pour avoir son scoop… : un propos prémonitoire, quatre ans alors avant la mort de Lady Di, et toujours d’actualité, qui plus est à l’heure des réseaux sociaux.

Anecdotes :

  • Musiques : « Dance on fire » et « Love what’s your face » de Frank Duval et Ingrid Kup.

  • Heiner Lauterbach signe ici sa quatrième et dernière apparition dans la série. Comédien très prolifique, aussi bien à la télévision, au cinéma que dans le doublage. Dans cet épisode, il est doublé dans la version française par l’excellent Edgar Givry.

  • Erich Hallhuber (Viktor) et Gerlinde Locker (Madame Weissauer) signent leurs troisièmes et dernières apparitions dans la série.

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5.  UN PAPA MODÈLE
(NACH ACHT LANGEN JAHREN)

Date de diffusion originale : 07 mai 1993.

Résumé :

Un restaurateur est assassiné froidement : il était victime de racket. Le commanditaire du meurtre : un certain Andreas Heine, vient de rentrer en Allemagne après huit ans d’exil en Italie…

Critique :

C’est à croire qu’Andreas Heine n’éprouve aucun sentiment humain ! En effet, cet homme, ayant sa place dans sa mafia italienne, commandite les meurtres de restaurateurs qui ne veulent pas accepter une protection en échange d’argent, qui, pour justifier sa présence à Munich auprès de la police, compte se servir de sa famille, qu’il n’a pas vu depuis huit ans !

Mais son épouse n’est pas dupe, ne lui pardonnant pas son départ brutal, de n’avoir donné aucune nouvelle, ni à elle, ni à leurs enfants, alors encore adolescents, ayant grandis depuis. Ces derniers, malgré les avertissements de leur mère, sont tellement heureux de retrouver leur père, qui les « aveugle » avec ses récits de souvenirs italiens et ses promesses de les emmener avec lui là-bas.

Il faut reconnaître son talent pour duper les gens et ne pas se salir les mains. Mais malheureusement, sur son chemin, il est tombé sur Derrick à qui on ne la fait plus après plus de trente ans de métier, recevant la visite et les propos de madame.

Donnant l’image d’un père idéal et une fois, retourné dans sa chambre d’hôtel, reçoit la visite de son larbin à qui il donne des instructions précises pour faire exécuter des restaurateurs. Une fois les contrats achevés, il pourra retourner en Italie. Mais, outre Derrick, son problème, vient justement du tueur qu’il engage, pas vraiment une flèche, enchaînant les bourdes.

Comme nous nous en doutions, dans la dernière scène, il rejettera ses enfants qui ont fini par croire leur mère et non à ces semblants d’illusions, d’un père, à jamais, égoïste.

Michael Gwisdek, star en Allemagne (vu notamment dans les excellents « Good bye, Lenin ! » et « Oh Boy »), est impeccable dans ce personnage, parfaitement doublé dans la version française par Jacques Thébault.

Anecdotes :

  • Musiques : « Leggero, leggero » de George Kochbeck, « Io Senza be » et « Bell’amica » de Gianna Nannini et « In certi momenti » d’Eros Ramazzoti.

  • L’inestimable Cornelia Froboess (Martha) signe sa neuvième et dernière apparition dans la série. Et elle a droit pour l’occasion à une scène qui semble avoir été spécialement écrite pour elle : lorsque son personnage prend un truand par le col et le fout à la porte de son restaurant avec un coup de pied au cul. Après ses merveilleuses performances dans notamment « Via Bangkok » (saison 4, épisode 8), « Ute et Manuela » (saison 5, épisode 12) et « La fin d’une illusion » (saison 15, épisode 9). Définitivement une femme forte.

  • Werner Pochath (Zensky) était déjà apparu dans « Vacances à Madeire » (saison 2, épisode 4).

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6. LA COMPAGNE
(DIE LEBENSGEFÄHRTIN)

Date de diffusion originale : 18 juin 1993.

Résumé :

Walter Scholz, vient de mourir empoisonné. Sa très jeune compagne, vient de retrouver des diamants dans un coffre-fort, elle les montre à sa mère : c’est son seul héritage…

Critique :

Un épisode très énergique qui doit beaucoup à l’interprétation de Christoph Bantzer, comme monté sur ressorts, dans son rôle plutôt comique d’Egon, frère d’un homme, prêt à tout pour récupérer son héritage, ne faisant pas de sentiments : heureux du décès, éjectant ce qui a failli être sa jeune belle-sœur. Et aidé dans son plan par son fils Max (Philipp Moog lui aussi en forme),

Dans cette enquête assez classique mais plutôt surprenante (pour une fois, la jeune compagne n’est pas une harpie mais une femme très sensible et déchirée d’avoir perdue son bien aimé), au suspense bien rythmé et un Derrick, lui aussi, bien punchy (ce qui devient rarissime presque vingt ans après le début de la série).

Ce qui fait qu’il n’y a presque aucun temps mort et que les personnages sont tous clairement identifiés : Hilde Lussek, la compagne est gentille et sincère, Egon et Max eux sont les méchants qui ne pensent qu’à l’argent, mais il y a également, Marie, l’ex de Walter dont le divorce fut nourri à coups de procès (qu’elle a tous perdus) et Stein, un comptable, ami de Max et amant de Marie : apparent d’abord neutre et effacé avant que nous lui découvrions une personnalité bien macabre.

Outre Christoph Bantzer, Krista Posch est (après son joli rôle dans « Soif de vérité », épisode 2 de cette saison), une nouvelle fois, très bien, de même que Jutta Kammann.

Anecdotes :

  • Christine Wodetzky (Marie Scholz) signe sa septième et dernière apparition dans la série.

  • Edwin Marian (Möller) signe sa quatrième et dernière apparition dans la série.

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7. DORIS
(DIE SELTSAME SACHE LIEBE)

Date de diffusion originale : 16 juillet 1993.

Résumé :

Doris, une jeune serveuse est retrouvée morte sur les voies ferrées. Elle était en couple avec un certain Ulrich qui la raccompagnait presque tous les soirs chez elle après son service…

Critique :

Doit-on tenter de couvrir un crime par fascination pour une histoire d’amour ? C’est ce questionnement auquel ont été confrontés (mais pas longtemps) une bonne partie des protagonistes de cette nouvelle histoire.

Doris, très belle serveuse formait un couple parfait avec Ulrich (Holger Handtke, décidément doué pour jouer les personnages un peu benêts) : leur amour était réciproque, passionné et surtout pur, que rien, absolument rien ne pouvait entacher. Évidemment, lorsque Doris est assassinée, Ulrich perd la raison, toutefois soutenu par Seidel (Wolf Roth impeccable), un flic alcoolique qui connaît la peine de perdre son âme sœur. Mais pour Derrick, c’est un parcours assez complexe pour arriver à la résolution du crime (montrée de manière très crue : sexe, violence physique).

Tout le monde semble cacher quelque chose mais quoi : le couple de gérants du bar où bossait la victime, le barman, le pianiste : tous, dans le final, seront passés au crible par un Derrick, toujours en pleine forme et son fidèle Klein. Jusqu’au dénouement (moment où l’épisode tourne vraiment en rond).  Oui, par respect pour leur amour, ils auront tous couvert le meurtrier. C’est finalement peut-être égoïste.

Anecdotes :

  • Dans la version française, Wolf Roth est doublé par Michel Paulin, Claus Biederstaedt (Arnold Soske) par Serge Sauvion (dont on ne peut s’empêcher de penser à « Columbo », lorsqu’il présente sa femme : « ma femme »), Holger Handtke par Fabrice Josso, Rudolf Wessely (le pianiste) par Henry Djanik (choix sans doute du à la calvitie de l’acteur, Djanik étant connu pour avoir doublé aussi le chauve « Kojak »).

  • Claus Biederstaedt signe sa quatrième et dernière apparition dans la série.

  • Rudolf Wessely signe sa cinquième et dernière apparition dans la série.

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8. UNE VIE BRADÉE
(ZWEI TAGE, ZWEI NÄCHTE)

Date de diffusion originale : 06 août 1993.

Résumé :

Monsieur Kronau découvre que son fils Achim est un dealer. Il jette beaucoup de drogue dans les toilettes. Plus tard, Achim est assassiné.

Critique :

Cet épisode efficace semblant former un diptyque avec l’épisode suivant « Séance de nuit » par le fait de mettre en scène les meurtres de dealers mais en prenant des points de vue différents : ici spectaculaire et dans le suivant, intime.

Kronau, un homme aisé et plutôt respectable a la visite d’un serrurier qui lui apporte la clef de la nouvelle serrure de l’appartement de son fils. Kronau est surpris : son fils n’a pas d’appartement, enfin, mais allons voir tout de même et il y découvre beaucoup de l’argent et de la drogue. Il jette cette dernière dans les toilettes et demande des comptes à son fils, devant remboursé cent milles marks pour cette drogue. Plus tard, Achim est tué et son père, culpabilisant, se pend. Ne reste plus que Sabine, la sœur et fille, pour tenter de résoudre cette histoire : saine d’esprit elle se confie rapidement à Derrick. Et notre inspecteur va s’employer à remonter la filière, notamment dans un bar qui semble servir de lieu de rendez-vous.

A travers ce récit assez succinct, nous sommes en terrain familier pour la série dont le scénariste avait une véritable obsession contre la drogue. Mais les interprètes sont très bons, il y a de l’action (surtout à la fin, coups de feux, un Derrick énergique), un véritable suspens et un happy-end rempli d’espoir.

Anecdotes :

  • Musiques : « Ways » de Frank Duval, « Love, what’s your face » et « And at the end of every street » de Frank Duval et Ingrid Kup.
  • Peter Ehrlich (Kronau) signe sa sixième et dernière apparition dans la série.

  • Katharina Schubert (Sabine) était déjà apparue dans « Le sourire du docteur Bloch » (saison 18, épisode 11).

  • Ute Willing (Debbie) signe sa neuvième et dernière apparition dans la série.

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9.  SÉANCE DE NUIT
(NACHTVORSTELLUNG)

Date de diffusion originale : 24 septembre 1993.

Résumé :

Pendant une séance de nuit, un caissier se fait assassiner. Les inspecteurs découvrent vite qu’il était un dealer. Leur enquête se centre sur trois adolescents témoins du crime…

Critique :

La drogue toujours, pour ce remake de deux épisodes « La sixième allumette » (saison 8, épisode 07) et « La petite Ahrens » (saison 10, épisode 05) où un dealer qui a détruit une jeune étudiante est assassiné.

Toute fois pour ne pas trop que l’épisode ai l’air d’avoir été copié sur d’anciens scripts et bien, le crime est situé dans un cinéma où le bruit du coup de feu est masqué par la fusillade et les explosions du film. Les seuls témoins, semblent bien trop innocents et intéressés par le crime pour être tout à fait blancs, les soupçons se portent logiquement sur eux, d’autant que Derrick et Klein (sans que l’on ne sache comment) découvrent qu’une de leurs camarades est en cure de désintox’ veillé de près par son petit ami qui est aussi son ancien dealer. D’ailleurs pourquoi ce dernier est toujours en vie ? Et bien parce que quelqu’un (la victime) a repris son affaire et donc ses client(e)s : elle aurait pu ne jamais replonger, il avait employé la manière forte, on constate le résultat et il fallait donc le punir.

Mais qui a pu le tuer ? Son ancien dealer, un de ses camarades ? A moins que… Les révélations successives pour mener à l’identité du coupable sont un peu trop nombreuses et l’épisode finit par être un peu interminable mais comme presque à chaque fois lorsqu’il s’agit de drogue, Derrick et Klein se montrent très pugnaces et que les acteurs, comme souvent, sont excellents : on ne peut pas bouder son plaisir.


Anecdotes :

  • Oliver Hasenfratz (Hugo) signe sa première de ses quatre apparitions dans la série.

  • Dans la version française, Christoph Bantzer (Kabusch) est doublé par Michel Paulin, Oliver Hasenfratz (Hugo) par Ludovic Baugin, Nikolaus Gröbe (Werner) par Fabrice Josso, Philipp Brammer (Horst) par David Krüger, Francis Fulton-Smith (Ludwig) par Denis Laustriat, Gerd Anthoff (Rudolf Manauer) par Jean Roche.

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10. REQUIEM POUR UN DESTIN
(MELODIE DES TODES)

Date de diffusion originale : 29 octobre 1993.

Résumé :

Un homme passe la soirée avec une escorte qui est assassinée le lendemain. Il est logiquement considéré comme le principal suspect.

Critique :

Un épisode en apparence très classique et calme : longues scènes de dialogues, performances d’acteurs très fines, cadrage minimaliste. Mais qui mine de rien, traite d’un sujet encore tabou aujourd’hui : le Sida. Et puis il y a la longue introduction (le meurtre n’arrive qu’a plus d’un quart d’heure) de cet homme au nom imprononçable (chapeau aux comédiens du doublage français pour le prononcer) se rendant dans un hôtel, choisissant une hôtesse (autrement dit escorte) pour passer la soirée avec : tout de suite, le spectateur pense qu’ils vont faire l’amour… et contre toute attente, il ne se passe rien : les échanges sont presque à couteaux tirés, très sincères. Il ne se passe rien, rien du tout, peut-être la curiosité de l’homme. Et puis la fille est tuée… alors qu’il se trouvait à une conférence. Lui, venant d’une famille très aisée (ce qui explique son nom à rallonge), ayant une mère très droite, une sœur discrète et un frère invisible divin au piano.

Pour Derrick : cette famille calcule chacune de leurs réactions, cachant quelque chose. Mais quoi ? Notre inspecteur trouvera la solution (un peu trop facilement) en faisant des devinettes avec le médecin du frère, qui est atteint du Sida. Cette terrible maladie, à partir de là : ce n’est pas très compliqué de faire le lien. L’escorte tuée et sa collègue (que va voir l’homme) l’ont contaminé et donc il faut tuer, comme elles l’ont tués. Une mère pleine d’amour vengeresse, faisant sa propre justice. Après tout, la transmission du Sida est un crime seulement pour les proches des personnes atteintes.

Anecdotes :

  • Musiques : « Todesengel » et « Melody of Sadness » de Frank Duval.

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11.  LA CABANE AU BORD DU LAC
(DIE NACHT MIT ARIANE)

Date de diffusion originale : 26 novembre 1993.

Résumé :

Ariane assassine son compagnon : le propriétaire d’un bordel, après avoir été éjectée par lui, remplacée par une rom trouvée quelques heures plus tôt…

Critique :

Un épisode totalement scotchant, récit intense d’une nuit fiévreuse, avec des performances déchaînées d’Esther Hausmann et Philipp Brammer, agrémenté de quelques touches érotiques (deux plans de nues frontaux suites à des douches).

Ariane s’est foutue dans la merde : elle a tué son compagnon, qui engageait des filles roms comme serveuses et escortes dans son bordel. Son associé et son frère cherchent à se débarrasser d’elle, mais à un passage à niveau en profite pour s’enfuir et trouver refuge dans la voiture de Christian, un tout jeune étudiant friqué tout juste bachelier. Pris au dépourvu, encore innocent et ayant bon cœur, il accepte d’aider la jeune femme en l’emmenant chez ses parents, absents.

On pouvait faire difficilement plus opposé : une prostituée et un gamin de famille riche et pourtant ces deux-là s’apprivoisent très vite. La première séduit facilement (à coups de décolletés plongeants et de sortie de douche) le deuxième : une histoire d’amour déjà ? C’est possible. On ne peut plus les défaire, en oubliant un temps qu’ils ont du monde à leurs trousses. Mais le jeune homme veut contacter la police, qui comprend assez vite qu’elle est la meurtrière, qui le refuse avant d’accepter. Les deux méchants ont trouvé la maison, il faut partir : dans une auberge puis dans une cabane au bord du lac… qu’ils n’atteindront jamais.

Comment aurait-pu se finir leur histoire ? Cela aurait été trop beau : tous les deux, couple improbable s’aimant d’amour et d’eau fraîche, contemplant un magnifique lac dans une cabane, quelque chose de rêveur. Lui ayant cru à l’amour, au vrai (bien qu’il ait une petite amie que l’on aperçoit peu avant sa rencontre avec la jeune femme), alors que sa bien-aimée d’une nuit est une prostituée meurtrière au cœur, à l’âme brisée. La fuite pour lui, peut-être de son univers aisé si cloîtré et elle espérant un meilleur autre chose. Le temps d’une nuit, les espérances de toute une vie.

Anecdotes :

  • Esther Hausmann (Ariane) fait sa quatrième et dernière apparition dans la série.

  • Sven-Eric Berchtolf (Benno) fait sa cinquième et dernière apparition dans la série.

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12. UN OBJET DE DÉSIR
(EIN OBJEKT DER BEGIERDE)

Date de diffusion originale : 17 décembre 1993.

Résumé :

Caroline prend des cours d’anglais dans un immeuble. Elle est repérée depuis quelques temps après les différents habitants. Une nuit, elle y est violée et étranglée.

Critique :

Un huis-clos intense, se déroulant sur à peine quelques heures, très bien interprété (que des acteurs familiers de la série) et peut-être surtout doté d’une mise en scène très inspirée multipliant les plans anguleux et les zooms.

De Caroline finalement, nous n’en saurons pas grand-chose : très attirante (c’est Jeannine Burch, actrice au visage de poupée), aimant la vie, espérant peut-être devenir actrice, est l’objet des désirs de plusieurs résidents d’un immeuble où elle prend des cours d’anglais.

Comment peut-on rester indifférent face à cette créature de rêve : yeux ronds comme des billes, bouche aux lèvres pulpeuses, et peut être aussi, forcément corps de déesse ?

Ni, Kowalski, l’acteur raté alcoolique ; Soost, l’homme d’affaires ; Hans, jeune homme dynamique ; Tuball, photographe qui a pris (à sa demande) des photos érotiques d’elle ; Kieler doté d’une femme (un peu trop) malade ne peut résister. Bleiweg, son prof d’anglais lui fait rendre compte, que tout ceux-là ne pensent qu’à une chose : la mettre dans leurs lits, mais lui n’est pas comme ça, semblant rester indifférent à la jeune femme, qui ne pourrait jamais sortir indemne de cet immeuble.

Derrick, très nerveux, va interroger un à un ces suspects potentiels, chacun ou presque reconnaissant ce qu’il éprouvait pour la jeune femme, presque, sauf Kowalski, qui peine à être cohérent, en plein digestion d’une énième cuite : c’est justement le tueur idéal pour tous les autres, surtout afin de ne pas se rejeter mutuellement le meurtre (en vérité tout le monde se soupçonne) : d’autant qu’il avoue ! Autant le dire, il n’y a pas de suspense dans cet épisode : non pas qu’on connaisse l’assassin dès le début, mais c’est toujours celui qui semble indifférent, aussi bien attentionné, ayant canalisé tant ses pulsions. Oui, lui non plus ce prof d’anglais, n’a pas pu résister.

Et comme, elle s’est logiquement débattue : il l’a tué. Un objet de désir, certes appréciant ces regards, ces gestes tendres, mais rien de plus.

Anecdotes :

  • Musique : « Touch Me » de 49ers et « You’re so beautiful » de Joe Cocker.

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