Saison 17Saison 19

Inspecteur Derrick

Saison 18

1. Renata (Caprese in der Stadt)

2. Passage dangereux (Gefährlicher Weg durch die Nacht)

3. Une affaire banale (Das Penthaus)

4. Tendresse fugitive (Wer bist du, Vater?)

5. Le cercle infernal (Verlorene Würde)

6. Le virus de l'argent (Offener Fall)

7. Un mort sans importance (Der Tote spielt fast keine Rolle)

8. Des vies bouleversées (Störungen in der Lust zu leben)

9. La fin d'un beau roman (Ein Tod auf dem Hinterhof)

10. Le cri (Der Schrei)

11. Le sourire du Docteur Bloch (Das Lächeln des Dr. Bloch)

12. Le génie en danger (Isoldes tote Freunde)

 

1. RENATA
(CAPRESE IN DER STADT)



Date de diffusion originale : 04 janvier 1991.

Résumé :

Caprese, un mafieux italien cherche absolument à récupérer sa petite fille, la jeune Renata vivant à Munich. Quitte à rendre paranoïaque sa belle-fille et son entourage…

Critique :

Cette dix-huitième saison démarre de manière tonitruante avec deux courses-poursuites en voiture dont une s’achevant par un accident spectaculaire, un kidnapping, des explosions de camions… tout cela pour une petite fille innocente, victime d’un grand-père criminel, cherchant à obtenir son droit sur sa vie.

L’épisode débute par une introduction originale : nous voyons une famille rentrée chez elle, allumant machinalement la télévision où Derrick est invité à une émission et donne son avis sur la criminalité, disant – pour résumer - que c’est aux gens de faire un effort pour retenir leurs pulsions criminelles mais que sans cela, le monde n’irait pas mieux. Ce qui énerve Carl le père qui contacte l’inspecteur pour lui dire sa façon de penser et en profite pour lui raconter ce qui arrive à sa famille depuis quelques temps : recevant des menaces téléphoniques provenant de ce qui semble être un homme de main de l’ex-beau-père de sa femme Inge. En effet l’ex-mari d’Inge est mort six mois plus tôt et le papy cherche à avoir des droits sur Renata, la fille qu’ils avaient eue ensemble.

Faisant parti de la mafia italienne, il est prêt à tout. Mais soucis : pour l’instant, rien de concret, jusqu’à ce que quelques jours plus tard, Alfred, l’oncle se fasse poursuivre et finisse dans une caravane, le bras cassé. Et à partir de là, c’est crescendo.

Derrick et Klein les mettent sous surveillance, tandis que Carl, Alfred et leurs parents se pensent prêt à céder la petite pour ne pas être tuer, contre l’avis d’Inge.

Mais les méthodes extrêmes de Caprese ne sont vraiment pas une solution et finiront par coûter la vie à la petite, peu avant, alors qu’elle est sur le chemin de l’ambulance, Derrick pugnace jure de s’en prendre à lui, ce qu’il ne fera pas, le laissant constater le décès de l’enfant, sans un mot, car il n’y en a plus besoin. Ce vieux mafieux a voulu sa petite fille et bien, il l’a eue… en la tuant…

Au final, si cet épisode est très efficace – on aura peu vu aussi spectaculaire dans la série – il dispose d’un rythme étrange, se calmant à un moment laissant de longues scènes dialoguées, en digressions, comme pour combler un vide.

Anecdotes :

  • Renata est interprétée par Sophie Wepper, la fille de Fritz Wepper (Klein).

  • Dirk Dautzenberg (le père d’Inge) signe sa onzième et dernière apparition dans la série.

  • En version française, Gerd Anthoff (Carl) est doublé par Jean Roche et Wolf Roth (Gaug) par Joël Martineau.

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2. PASSAGE DANGEREUX
(GEFÄHRLICHER WEG DURCH DIE NACHT)

Date de diffusion originale : 01er février 1991.

Résumé :

En rentrant chez lui, Benno est témoin d’un crime, la victime lui donne une valise remplie d’argent venant de vente de drogue. Ne sachant trop quoi en faire, il se confie à sa mère…

Critique :

Un épisode relativement jusqu’au boutiste et casse-gueule pour un jeune homme ordinaire, entraîné bien malgré lui dans une affaire qui le dépasse complètement.

Autant se le dire maintenant : le coup de la valise avec pas mal de pognon, on l’a déjà vu quelques fois quand même. Mais ici le personnage, Benno, a une vie ordinaire, serveur, ayant une mère et une petite amie aimantes, qui se retrouve avec un million de marks en poche de quoi faire des folies.

Sa sœur est décédée d’une overdose un an auparavant donc pour lui et sa mère, c’est « son » argent, en un premier temps, ils décident de le garder et peut être de le dépenser, mais après réflexions, ils en parlent à la police, mais en donnant pas totalement toutes les pièces (affirmant qu’il n’a pas la valise) mais songe comment coincer le meurtrier en lui donnant rendez-vous et la police pourra alors l’arrêter. Derrick trouve ce plan vraiment inconscient, une prise de risque énorme où le jeune homme risque d’y laisser sa peau : Klein lui dira son admiration, « courageux ».

Et c’est là, qu’arrive la dernière partie de l’épisode – très longue et (un peu trop) pleine de suspense où les inspecteurs surveillent le restaurant dans lequel travaille Benno en attendant que les assassins se pointent. Sont-ils peut-être déjà là ? Ces deux clients assis à une table ou l’autre accro au jeu : non, fausse piste. Mais après un retournement de situations, quelques coups de feu, happy-end et ainsi Benno pourra reprendre sa vie ordinaire, après ces quelques jours qui l’auront bien secoué, mais qu’à tout prix, il ne voudrait jamais revivre.

L’interprétation de Rufus Beck est vraiment excellente et c’est toujours un plaisir de voir Roswitha Schreiner qui joue sa petite amie.

Anecdotes :

  • En version française, Rufus Beck (Benno) est doublé par Jérôme Rebbot.

  • Ute Christensen (Isabel Lanz) signe sa cinquième et dernière apparition dans la série.

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3. UNE AFFAIRE BANALE
(DAS PENTHAUS)

Date de diffusion originale : 15 mars 1991.

Résumé :

Une jeune femme a été étranglée dans un ascenseur de sa résidence. L’un des habitants : le docteur Schönfelder, passionné par le meurtre en tant qu’acte avait proposé pour cinq milles marks à tous les habitants de le faire…

Critique :

Une nouvelle réflexion philosophique sur le meurtre. Une des questions récurrentes de la série est : est-ce que tout le monde peut tuer ? Est-ce que chaque être peut en tuer un autre ? En anticipant et préparant son acte ou de manière impulsive et parfois sans le vouloir réellement ?

Qu’est-ce que cela fait de tuer ?

Le docteur Schönfelder (sorte de double du scénariste) réalise une expérience : motivant ses voisins à tuer l’un d’entre eux : au hasard, n’importe quand, n’importe où avec cinq milles marks en récompense. Qui accepterait de tuer pour de l’argent ? Après tout, tout le monde à besoin d’argent : ce qui n’aide pas à retrouver le coupable.

Mais qui en avait le plus besoin ? Derrick et Klein fouillent tout l’immeuble, font connaissance avec, pêle-mêle, un ancien soldat, un jeune homme, le coiffeur, le concierge…

Et se dessinent petit à petit des portraits de personnes banales, mais les investigations reviennent encore et toujours au fameux docteur Schönfelder dont tous les habitants ne cessent de parler de son obsession pour le meurtre… : si obsédé que ce puisse être lui l’assassin ?

Après tout, aucun autre résident de l’immeuble n’est plus obsédé par cela que lui : et si, puisque personne ne s’est décidé, ne s’est motivé : pourquoi ne pas le faire lui-même ? Juste pour savoir ce que cela fait : l’expérience de tuer : serrer ses mains très fort contre le cou de cette jeune femme quelques instants, une poussée d’adrénaline, d’enlever une vie. Il aura bien l’occasion de continuer à réfléchir au meurtre en passant le restant de sa vie en prison, à moins que l’hôpital psychiatrique ne préfère s’occuper de lui. Terrifiant mais pas si stupide, car comme nous le montre la série depuis le début : nous pouvons tous tuer, ôter une vie, parfois sans le faire exprès. Et que reste t-il après ?

Avec une conscience : beaucoup de culpabilité.

Anecdotes :

  • Karlheinz Vietsch (Hans Droste) signe sa première de ses cinq apparitions dans la série.

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4. TENDRESSE FUGITIVE
(WER BIST DU, VATER?)

Date de diffusion originale : 26 avril 1991.

Résumé :

Albert Hauser, un collègue de Derrick l’appelle pour lui signaler un meurtre. Peu après, il est tué. Sa fille avec qui il n’avait pas vraiment de bons rapports décide de mener sa propre enquête…

Critique :

Les sentiments envers nos parents sont souvent ambivalents et la jeune Ariane (interprétée avec dynamisme par Birgit Doll) en sait quelque chose : ses relations avec son père n’étaient pas des plus tendres. Il se montrait froid, détaché, violent parfois, absent et trompait sa mère, visiblement avec une prostituée. Mais alors qu’est ce qui la pousse à vouloir enquêter sur son assassinat ? La curiosité : juste pour savoir. Où simplement, au fond, d’amour que, malgré toutes ses imperfections, elle lui portait ? Se mettant en travers de la route de Derrick, errant dans les bars que son père fréquentait, quitte à un moment se faire tabasser.

Et à notre inspecteur, bien sûr, elle niera ressentir la moindre chose positive envers son père, mais il ne la lâchera pas, il veut qu’elle reconnaisse ses sentiments, pour expliquer sa soif de vérité.

Car c’est à lui maintenant de veiller pour qu’elle ne soit pas en danger : il veut la protéger, tout comme la petite fille dont la mère est prostituée qui a vu le meurtrier, mais ne dit rien, car terrifiée. Mais ce sera finalement, elle, la plus jeune, la plus courageuse. Sans doute que plus tard, cette petite en voudra à sa mère pour le métier qu’elle fait mais qui lui aurait permise de la nourrir.

Une tendresse fugitive.

Anecdotes :

  • Birgit Doll (Ariane) et Manfred Spies (Arthur Hauser) signent leurs troisièmes et dernières apparitions dans la série.

  • Robert Meyer (Göring) signe sa quatrième et dernière apparition dans la série.

  • Ingrid van Bergen (Madame Suska) reviendra dans l’épisode « Soif de vérité » (s.20, ép. 2).

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5.  LE CERCLE INFERNAL
(VERLORENE WÜRDE)

Date de diffusion originale : 31 mai 1991.

Résumé :

Gerhard Kuhnert, un jeune policier est assassiné dans les toilettes d’un bar. Le principal suspect est le dealer Soost. Deux junkies : Holger et Dina refusent de témoigner.

Critique :

Rebelote avec le thème de la drogue, vraiment une obsession pour Reinecker.

Ici, c’est deux junkies : Holger et Dina (Ulrich Mattthes et Jessica Kosmalla très bons) qui peuvent témoigner contre Soost… leur fournisseur. Ils ne vont pas trahir celui qui leur permet de se sentir « mieux », enfin ! Mais lorsque Derrick, qui prend cette affaire très à cœur car la victime est un flic, ce qui rend l’épisode - avec le personnage du père insupportable - bien manichéen, se met à leur faire bien la morale (jamais Derrick n’avait été aussi saoulant avec ses leçons de morale) pour tenter de les secouer, afin qu’ils témoignent, se confrontent à leurs consciences.

Mais leur addiction est plus forte que leur conscience : la jeune Dina pour avoir sa dose ne résiste plus aux avances du vieux concierge pervers, mais en vain.

De son côté, Soost se retrouvé collé par le père de la victime, et ses patrons l’incitent à se débarrasser des deux témoins, qui seront sauvés par la présence de Derrick et Klein. Notre inspecteur leur suggère que maintenant qu’ils ont témoignés, il les enverra en cure de désintox’.

Malgré un casting bourré de visages familiers de la série (Philipp Moog, Will Danin, Klaus Herm, Peter Ehrlich, Claude-Oliver Rudolph et Holger Petzold totalisent à eux six, soixante-quatorze apparitions dans la série) tous bien distribués, cet épisode flirtant du côté de l’inestimable « Du sang dans les veines » (saison 7, épisode 7) pour la description du quotidien de drogués, est bien trop moralisateur, tout cela, encore une fois, parce que la victime est un policier.
La différence est bien trop faite entre des drogués – qui sont considérés comme des moins que rien et les policiers qui semblent être ici des super héros.

Anecdotes :

  • Musiques : « Painkiller » de Judas Priest et « Psycho holiday » de Pantera.

  • Faux raccord : Gerhard est poignardé dans le ventre comme nous le voyons à la fin de l’épisode, or au début, il est découvert le ventre, suggérant qu’il a été poignardé dans le dos.

  • Dans la version française, Will Danin (Soost) est doublé par Jean Roche, Claude-Oliver Rudolph (Lubich) par Michel Mella, Jessica Kosmalla (Dina) par Odile Schmitt (très active à cette période de la série), Philipp Moog (Gerhard) (comme souvent) par Fabrice Josso.

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6. LE VIRUS DE L'ARGENT
(OFFENER FALL)

Date de diffusion originale : 28 juin 1991.

Résumé :

Kurt Kubian raconte à son ami Walter Bolitz, un poivrot qu’il a été payé dix milles marks pour assassiner un homme habitant dans une maison en forêt. Peu après, il est assassiné.

Critique :

Un scénario bien velu que celui de cet épisode qui démarre par l’errance de Walter, un alcoolique notoire enchaînant une énième cuite dans un bar et rejeté par tout le monde, jusqu’à ce que son ami Kurt – il le connaît depuis peu – arrive. Lui racontant qu’il vient d’être engagé pour assassiner quelqu’un, pour la somme de dix milles marks. Cela perturbe le pauvre Walter, qui en parle à sa fille Manuela et se rendent à la police. A leur retour, Kurt a été assassiné.

Manuela est journaliste, toujours à la recherche d’une bonne histoire et mène son enquête parallèlement à celle de Derrick. L’homme que Kurt devait tuer est un certain docteur Gessler, biochimiste, collaborant avec le docteur Bloss pour un projet de cellules, songeant à le traiter avec deux belges… que, comme par hasard, Gessler évite.

Tandis que Manuela et le fils de Bloss ont eu un coup de foudre, Derrick est confronté à son patron, qui refuse l’arrestation des deux belges, car ce serait des agents secrets.

L’épisode se terminant sur une touche très amère, où – fait rare – les assassins ne sont pas arrêtés.

L’interprétation est impeccable : Maja Maranow est charismatique et séduisante, Daniel Friedrich solide et Thomas Holtzmann, comme toujours, impressionnant.

Anecdotes :

  • Il s’agit du 200 ème épisode de la série.

  • Musique : « Lonesome ways » de Frank Duval.

  • Faux raccord dans le scénario : Kurt est assassiné avant que Gessler ne sache qu’il était engagé pour  le tuer.

  • Günter Mack (Walter Bolitz) signe sa cinquième et dernière apparition dans la série.

  • Daniel Friedrich (Harald Bloss) reviendra dans « Enfance volée » (saison 24, épisode 05).

  • Siegfried Kernen (le docteur Bloss) reviendra dans « La fin d’un beau roman » (épisode 9 de cette saison).

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7. UN MORT SANS IMPORTANCE
(DER TOTE SPIELT FAST KEINE ROLLE)

Date de diffusion originale : 19 juillet 1991.

Résumé :

Dans la chambre d’hôtel de son amant, Madame Zoller découvre le corps d’un homme. Elle prévient son amant et ils mettent le corps dans un chariot pour que ce soit le problème de quelqu’un d’autre…

Critique :

Cette histoire d’amants est très intéressante parce que totalement originale.

Et nous fait demander : qu’est-ce qui pousse un être à tromper son conjoint / sa conjointe ? Au premier abord, le couple Zoller a un rapport sadomasochiste : le mari cynique sait que sa femme le trompe mais la laisse faire…. avec un homme marié. Et lorsqu’il y aura meurtre – qui aura un lien indirect avec ce couple – les inspecteurs apprendront les raisons tout à fait justifiables de ce cocufiage, en effet, monsieur Zoller a le Sida depuis quelques temps après avoir trompé sa femme lors d’un séjour en Afrique. En le faisant : il s’est condamné lui et son couple : si il n’aura pas été voir ailleurs, ne serait pas malade et sa femme, pour avoir des rapports sexuels, n’aurait pas besoin de le tromper.

Mais pour le couple Kaminski, dont monsieur trompe sa femme avec madame Zoller : il n’y a pas de vraie raison, il se tape à peu près tout ce qui est féminin et son épouse feint d’encaisser le punira d’une manière plus subtile et cruelle que de se trouver un amant.

En effet, des années qu’elle supporte les coucheries de son mari, ramenant même ses maîtresses à la maison, couchant avec elles, dans une chambre en face de celle conjugale. Imaginez cette femme voir ces créatures, entendre leurs ébats. Oh ici, madame n’a aucune maladie qui aurait pu condamner leur relation, non, l’homme est juste un coureur de jupons notoire, mais a une réputation qu’il veut absolument protéger : balancer le corps d’un homme trouvé dans sa chambre dans un panier à linges : c’est se débarrasser de quelque chose qui aurait pu le nuire.

La fin de l’épisode est déchirante, lorsque madame Zoller en viendra à comprendre l’épouse de Kaminski, la poussant à retourner chez elle en courant de toutes ses forces.

Anecdotes :

  • C’est le septième épisode réalisé par Horst Tappert.

  • Michèle Marian (Andrea Zoller) signe sa première de ses trois apparitions dans la série.

  • Andreas Seyferth (Weigand) signe sa quatrième et dernière apparition dans la série.

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8. DES VIES BOULEVERSÉES
(STÖRUNGEN IN DER LUST ZU LEBEN)

Date de diffusion originale : 09 août 1991.

Résumé :

Lors du saccage d’un restaurant, un homme tue accidentellement le vieux propriétaire. En se tirant paniqué, il croise son ex-petit amie, avec qui il décide de renouer… 

Critique :

Ce n’est pas pour l’effet domino que l’on aurait cru plus ambitieux qu’il faut visionner cet épisode mais pour l’interprétation survoltée de Richy Müller, le jusqu’au boutisme du scénario et le  regard touchant sur une femme frustrée par son existence.

Erich et Rosa, un vieux couple refuse, malgré les menaces reçues par Karau un mafieux, de vendre leur restaurant ayant besoin d’argent pour subsister aux besoins de leur petite fille : une enfant dont les parents sont décédés quelques temps plus tôt. Karau qui ne connaît pas (ou veut ignorer) cette dernière raison engage deux hommes : Kinser et Jansen pour le saccager, mais Kinser tue Erich en lui fracassant une bouteille sur le crâne. Alors qu’ils prennent la fuite, ce dernier croise Magda.

Magda est la mère de deux grands enfants, étudiants avec qui elle vit dans un petit appartement. Son leitmotiv : rester indifférente à tout ce qui peut arriver au monde, tant que cela ne la concerne pas directement (rappelant celui du jeune Kurt dans l’épisode « La minute de vérité », saison 17, épisode 10). Ainsi elle jure ne rien dire à la police du meurtre de KInser, ne voulant absolument pas y être mêlée. Ce dernier, pour être sûr qu’elle se taise, décide de se lier de nouveau avec elle : faire des sorties comme ils n’en avaient pas faits depuis des années, mais Magda en parle à ses enfants : le fils ayant hérité le sens du détachement de sa mère, la soutient même dans ses sorties, par contre sa fille Katrin : c’est une autre histoire. Elle agit comme une conscience.

Pourtant durant ces quelques jours, Magda qui doit être la femme si parfaite, peut s’évader : ses instants de bonheur, de complicité, de vie, avec Kinser : qu’importe son acte, qu’importe qui lui ai menti (ayant affirmé au début que l’homme est mort en tombant) : elle semble trouver un nouveau sens à sa vie : pourquoi la priver de cela ? Car son petit ami est un meurtrier ?

Et il y a Derrick et Klein, que nous voyons assez peu de l’épisode, qui remontent petit à petit le fil de leur enquête, Magda refuse d’identifier Kinser, car il lui permet d’exister, sans lui : elle est condamnée à sa vie triste. Mais le jeune truand poussé par plus haut et fort que lui, devra agir contre sa fille, et donc contre elle. Sans doute qu’elle aurait due ne pas en parler à sa fille, faisant simplement la conversation, libérer sa conscience. Avoir une conscience nui parfois au bonheur.

Anecdotes :

  • Musiques : « Samurai », « Factory blues », « Solitude » d’Eberhard Schoener et « Why don’t you answer » d’Hazel O’Connor.

  • En version française : Liane Hielscher (Magda) est doublée par Marion Game, Richy Müller (Kinser) par Guy Chapellier. Ils avaient vingt ans d’écart.

  • C’est le dixième et dernier épisode dans lequel apparaît Horst Sachtleben (Jansen).

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9.  LA FIN D'UN BEAU ROMAN
(EIN TOD AUF DEM HINTERHOF)

Date de diffusion originale : 20 septembre 1991.

Résumé :

Une jeune prostituée est assassinée. Doris Mundt, une écrivaine est particulièrement intéressée par ce crime, intervenant régulièrement dans l’enquête, ce qui énerve Derrick et Klein.

Critique :

L’un des épisodes les plus déjantés de toute la série, nourri au second degré.

Cela arrive assez souvent finalement que quelqu’un perturbe l’enquête de Derrick et Klein, mais là, c’est une écrivaine, auteure de polars (Derrick la surnomme « Miss Marple »), qui trouve « parfait » le meurtre d’une prostituée. Pour cela, elle va coller ou se rendre sur les lieux du crime sans leur approbation ; leur faisant des suggestions qui, contre toute attente, les aideront bien.

En premier temps, ils ne la prendront pas au sérieux, elle qui se sert de ce crime comme source d’inspiration pour son nouveau roman ayant besoin d’écrire pour substituer aux besoins de son jeune mari, qui vient de trouver un travail mais doit payer la location de son bureau (sic). Nous pouvons d’ailleurs remarquer de multiples clins d’œils biographiques de Reinecker, le scénariste : en effet, outre les scénarios de la série et de beaucoup de téléfilms, il a écrit plusieurs livres et le fait que l’écrivaine aie un mari plus jeune est une référence au producteur de la série Helmut Ringelmann qui avait épousé en 1986, l’actrice Evelyn Opela de dix-huit ans sa cadette.

Mais en second temps, les inspecteurs ne pourront que prendre l’écrivaine au sérieux, puisque ses suggestions les conduiront sur de bonnes pistes : la victime avait été photographiée avec un homme que l’on faisait chanter, mais plus aucune image existe, apparemment.

Pour Derrick cela vient évident : Doris Mundt sait trop de choses sur le crime pour ne pas y être impliquée : cela la touche directement, l’homme pris en photo avec la victime serait-ce son compagnon ?

Et après avoir avoué, elle justifiera en disant imaginer la fin de son nouveau roman : devenant complètement folle, ayant perdue toute notion du réel, après des années plongées dans la fiction. C’est schizophrénique.

Anecdotes :

  • C’est l’un des rares épisodes où Derrick et Klein ont un fou rire (ici lorsque Doris leur suggère de lire son livre « Meurtre au presbytère »). Après cette scène, Klein se montrera très à l’aise – comme rarement – en perquisitionnant chez Laduhn, créant ainsi un relâchement dans le déjà relatif sérieux de l’épisode.

  • C’est à partir de cet épisode que Derrick portera systématiquement ses célèbres lunettes aux verres teintés.

  • Musiques : « Killing me softly » de Roberta Flack ; « Caravan at night » de Frank Duval, « She’s like the wind » de Patrick Swayze et « Je t’aime moi non plus » de Serge Gainsbourg.

  • C’est le premier des trois épisodes dans lesquels Hannelore Hoger (Doris Mundt) joue.

  • Käte Jaenicke (Susi) signe sa onzième et dernière apparition dans la série. C’est le dernier rôle de sa carrière.

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10. LE CRI
(DER SCHREI)

Date de diffusion originale : 18 octobre 1991.

Résumé :

Simon Krüger vient de sortir de prison après y avoir passé dix ans pour un braquage qui a mal tourné. Il avait refusé de donner son complice à l’époque, Klein toujours hanté par cette affaire, le fait surveiller…

Critique :

Pour les fans de Wolf Roth cet épisode est un trésor : il apparaît en effet dans presque toutes les scènes. Il n’y a pas d’enquête a proprement parler, si Klein est mis en avant, Derrick lui ne fait qu’acte de présence, Berger étant même plus présent que lui.

C’est le parcours d’un homme venant de sortir de prison après dix ans, libéré pour bonne conduite alors qu’il devait en passer quinze, mais n’étant pas vraiment fou de joie, n’ayant absolument rien qui l’attend à l’extérieur…. Sauf Klein qui veut coincer son complice, avec qui il a tué un homme, persuadé au fond de lui de son innocence.

Krüger réside dans une pension où il est servi jour et nuit par la très séduisante et pulpeuse Anita (Carin C. Tietze dans un beau numéro) : alcool, téléphone et puis un peu de sexe, recontacte logiquement son ancien complice Schalk, devenu l’un des plus importants mafieux du coin : vivant de multiples clubs et autres affaires louches qui a (et veut) complètement oublier le braquage mais pas Krüger qui entend régulièrement le cri de la femme de l’homme qu’ils ont tué.

S’inquiétant même pour elle, il va la voir, ayant déménagée, vivant de loyers de chambres à louer, avec sa fille, Helga : une adorable étudiante avec qui il passe un bon moment dans un restaurant au bord du lac, évidemment, sans donner son identité.

Parallèlement, Klein continue de le traquer et les deux hommes en viennent même à s’attacher, s’apprivoiser l’un à l’autre, tandis que le cri lui devient de plus en plus insupportable et même après avoir balancer Schalk, il continuera de l’entendre, jusqu’à sa mort.

Cet épisode, remarquablement interprété par Wolf Roth, offre un regard sur la culpabilité qui finit parfois par nous détruire totalement. Ce cri entendu par Krüger est un réveil de sa conscience, une résonance de sa culpabilité. Il sera toujours hanté par son acte, sans avoir tué mais en ayant laissé en liberté un assassin qui, contrairement à lui, ne sera jamais condamné par ses propres sentiments.

Anecdotes :

  • Dans la version française, Wolf Roth est doublé dans cet épisode par Joël Martineau.

  • Muriel Baumeister (Helga) signe sa première de ses trois apparitions dans la série.

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11.  LE SOURIRE DU DOCTEUR BLOCH
(DAS LÄCHELN DES DR. BLOCH)

Date de diffusion originale : 29 novembre 1991.

Résumé :

La femme du docteur Bloch se suicide après avoir été rejetée par son amant. Le mari endeuillé considère l’acte comme un meurtre. Il décide de détruire cet amant.

Critique :

Un excellent épisode aux dialogues et aux situations vraiment très inspirées. Le docteur Bloch (incarné avec puissance et retenue par Hans-Michael Rehberg et parfaitement doublé dans la version française par Jacques Thébault) est un homme plutôt calme, mais sa femme (Evelyn Opela, la spécialiste de ce type de rôle) a un jeune amant Brunner chez qui elle compte résider, laissant son mari démuni.  Mais Brunner, pris de court, refuse qu’elle habite chez lui. Après son départ, elle appelle son mari en narrant ce qui vient de se passer, avant de se suicider.

Coïncidence, le docteur Bloch est le médecin traitant de Derrick (nous apprenons d’ailleurs que ce cher inspecteur a un peu de cholestérol) qui tente de le persuader que Brunner a tué sa femme.

Mais pour lui, ce n’est pas un meurtre, enfin, pas « au sens où nous l’entendons ». Parfait et bien puisque le système ne peut pas le coincer pour meurtre, autant le pousser à commettre l’acte.

Bloch va donc s’employer à détruire sa vie : lui rendant visite et raconte l’appel de sa femme, se rend à une réception où il montre à qui veut l’entendre sa photo tout en, encore, racontant son histoire, de même avec le père de la nouvelle petite amie de Brunner. Provocateur, vengeur : ce petit jeu auquel il joue est assez jouissif. Avec un grand plaisir, nous le voyons pousser à bout, crescendo Brunner. Tandis que Derrick est persuadé, puisqu’il l’affirme, que Bloch va l’assassiner.

Mais le final sera très malin : poussé à bout, Brunner le tuera. Et notre bon docteur mourra en souriant, ayant obtenu exactement ce qu’il voulait : « le faire réfléchir sur ses actes ». Terrifiant.

Anecdotes :

  • Hans-Michael Rehberg (le docteur Bloch) était déjà apparu dans « Un sale caractère » (saison 3, épisode 09).

  • Peter Sattmann (Brunner) était déjà apparu dans « Lissy »  (saison 17, épisode 07).

  • Katharina Schubert (Anette) reviendra dans « Une vie bradée » (saison 20, épisode 08).

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12. LE GÉNIE EN DANGER
(ISOLDES TOTE FREUNDE)

Date de diffusion originale : 20 décembre 1991.

Résumé :

Un étudiant et un jeune professeur d’anglais ayant eus des rapports sexuels consentants avec la jeune Isolde, pianiste surdouée, se font assassiner à quelques jours d’intervalle.

Critique :

Insaisissable Isolde (fascinante Juliane Rautenberg), âgée de dix-neuf ans, pianiste surdouée, vivant dans une famille plutôt modeste, répétant des heures entières chez un professeur ou chez elle, semblant être passionnée par son art. Mais dès qu’elle le peut, elle a des rapports sexuels avec n’importe quel garçon, tous éblouis aussi bien par son talent que par sa beauté frappante, sensuelle.

Isolde est particulièrement désinhibée, refusantnotamment de se changer lorsque Klein doit l’interroger avec Derrick, préférant rester dans sa robe de chambre blanche laissant entrevoir sa poitrine (d’ailleurs le spectateur se rince bien l’œil, puisque son corps est montré frontalement à trois reprises).

Que Berthold avec qui elle a couchée se fasse tuer la laisse indifférente, déjà dépendante de ses rapports charnels avec Georg, son professeur d’anglais, qui se fera à son tour assassiner.

Bien entendu l’assassin se trouve dans sa famille hyper-protectrice influencée par son professeur de piano (qui lui aussi à des vues sur la jeune fille et pas seulement artistiques contrairement à ce qu’il prétend) : voulant protéger à tout prix son immense talent, pour ne pas qu’elle devienne une « prostituée » (oui, car visiblement dans la série : coucher avec plusieurs hommes, c’est de la prostitution (sic)).

Mais que veut-elle, elle ? Et bien elle ne l’exprime pas, elle n’exprime absolument rien, mais nul doute que ses escapades sexuelles lui permettent de s’évader, de ne plus se sentir étouffer par son entourage (alors que paradoxalement, elle semble entretenir des relations incestueuses avec sa sœur et sa mère). A travers le sexe, elle trouve une libération. Elle aime être désirée, mais pas étouffée.

Anecdotes :

  • C’est le premier des cinq épisodes dans lesquels Juliane Rautenberg joue.

  • Holger Handtke (Erwin) signe sa première de ses six apparitions dans la série.

  • Volkert Kraeft (Sudhoff) signe sa cinquième et dernière apparition dans la série.

  • Thomas Astan (Gregor Mannsdorf) signe sa dixième et dernière apparition dans la série. Il s’agit du dernier rôle de sa carrière. S’étant reconverti en prêtre.

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