Saison 14Saison 16

Inspecteur Derrick

Saison 15

1. L'oiseau volant (Fliegender Vogel)

2. Sombres rêves (Mordträume)

3. De beaux jours (Eine Reihe von schönen Tagen)

4. Pas de risque (Kein Risiko)

5. Double enquête (Auf Motivsuche)

6. Une affaire énorme (Da läuft eine Riesensache)

7. Aventure au Pirée (Das Piräus-Abenteuer')

8. La voix (Die Stimme)

9. Fin d'une illusion (Das Ende einer Illusion)

10. Y compris le meurtre (Mord inklusive)

11. L'affaire Druse (Die Mordsache Druse)

12. Une sorte de meurtre (Eine Art Mord)

 

1. L'OISEAU VOLANT
(FLIEGENDER VOGEL)



Date de diffusion originale : 08 janvier 1988.

Résumé :

Bettina, une ancienne prostituée vient de sortir de prison après quelques années pour complicité de meurtre. Elle est prise en charge par le docteur Kordes, une psychiatre…

Critique :

Une quinzième saison qui démarre très fort, avec un épisode vraiment psychologique, narrant l’éventuelle réinsertion d’une jeune femme dans la vie active, soutenue par une psychiatre et observée par Derrick qui a besoin d’elle pour coincer un assassin. On verra d’ailleurs notre inspecteur se débattre avec lui-même : se sentant clairement mal de l’utiliser, tout en voulant qu’elle s’en sorte. Mais hélas, son passé incarné par Wilke le rattrape, voulant absolument la faire retourner avec lui, recommencer leurs combines. Elle est Vraiment protégée par le docteur Kordes qui l’héberge et ses enfants, Werner souvent sarcastique rebuté par elle au début avant d’en tomber amoureux désirant la sauver quitte à se faire tabasser et Hilde, qui l’adopte très vite comme une sœur de substitution.

Cet épisode est aussi intéressant par la multiplication des points de vues : comment l’ « adoption » d’une ancienne (?) délinquante est vécue et ressentie par les différents membres d’une famille. Bettina, elle, visage d’enfant, yeux ronds, ne dit pas grand-chose, terrifiée à l’idée de retourner dans son ancienne vie, mais tentée car c’était l’argent facile.

Derrick, lui tentera d’intervenir mais du point de vue de la loi ne pourrait pas faire grand-chose.

Tout l’épisode se tient sur les tiraillements et les choix des personnages. Ainsi la scène dans le parking où Wilke vient chercher Bettina qui est avec le docteur Kordes et ses enfants, est d’un suspense insoutenable : quel choix fera-t-elle ?

L’interprétation est excellente, les acteurs et actrices vraiment impliqué(e)s, les dialogues sont énergiques, crus par moments et une mise en scène parfois originale.

Anecdotes :

  • Il n’y aucun meurtre ni mort dans cet épisode.

  • Casting : Christiane Hörbiger (le docteur Kordes), fait ici sa première apparition dans la série de même que Claude-Oliver Rudolph (Wilke), doublé dans la version française par Patrick Poivey.

  • Stefan Reck (Werner), ici doublé dans la version française par William Coryn, était déjà apparu dans la série, tout comme Roswitha Schreiner (Hilde) et Gert Burckard (Albert Wilke).

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2. SOMBRES RÊVES
(MORDTRÄUME)

Date de diffusion originale : 05 février 1988.

Résumé :

Max Binder est persuadé que sa femme décédée il y a quelques temps a été tuée. Il fait d’ailleurs des rêves où… il la tue ! Dans la réalité, il cherche à retrouver l’assassin.

Critique :

Bon, autant le dire tout de suite : Mathieu Carrière est complètement génial dans cet épisode. Il est un acteur extrêmement talentueux, qui nous a déjà offert quelques jolies préférences dans trois précédents opus, mais là : tout l’épisode est clairement pensé pour lui ! Il est terrifiant par moments.

Son personnage, Max Binder, ne s’est pas remis de la mort de sa femme, renversée par une voiture.

Il rêve qu’il la tue, non seulement elle mais d’autres personnes ! Ces rêves le troublent : seraient-ce des expressions de ses pensées, de ses sentiments ? Lorsqu’il ne dort pas, ne pense qu’à une chose : retrouver la meurtrière : une call-girl blonde, de sa femme, aidé par le seul témoin.

Remuant les boites et autres clubs toutes les nuits. Parfois confronté à un serveur ou un videur pas très coopératif, qu’il tabasse !

Cela peut prêter à rire mais le faisant devant Derrick qui ne dit rien, empêchant même Klein d’intervenir ! Un policier qui laisse un type en massacrer un autre ! Sauf que notre inspecteur sait parfaitement ce qu’il fait : non pas qu’il puisse le comprendre, mais le laisse se défouler, manière de gérer son deuil et a envie de savoir jusqu’où il peut aller ?

Peut-il tuer ? « J’avais le meurtre dans les yeux. ». Et le fera-t-il si il retrouve la meurtrière ?

Cette pulsion de meurtre libère, inspire même une autre personne : Hans, le témoin qui retrouvera l’assassin et tentera de la violer ! Alors au même moment où Max visionne une cassette vidéo de souvenirs avec sa femme, craquant en larmes.

C’est sans doute d’ailleurs, cette nouvelle phase de deuil qui l’empêchera de tuer la responsable de la mort de sa bien-aimée : il ne pourra pas le faire, car il n’est pas comme ça, car il ne peut pas.

Cet épisode offre un regard extrêmement juste sur la manière de gérer un deuil, où plein de sentiments se déchirent en nous : culpabilité, manque, regrets… Et la façon qu’à Derrick ici d’observer le veuf, voulant le protéger, plus que lui-même que des autres – ainsi il trouve l’idée de son frère de lui montrer une vidéo de famille, très mauvaise, est vraiment très intéressante.

Anecdotes :

  • Mathieu Carrière (Max Binder) signe ici sa quatrième et dernière apparition dans la série, de même, avec une de plus que Manfred Seipold (qui joue son frère). Costanze Engelbrecht (Anette) et Karl Renar (Hans) ont déjà joués et reviendront dans la série.

  • Fait vraiment triste, trois des interprètes de cet épisode sont décédés prématurément : Manfred Seipold est décédé en 1989 à l’âge de 48 ans, Costanze Engelbrecht est décédée en 2000 à l’âge de 50 ans et Karl Renar est décédé en 1991 à l’âge de 55 ans.

  • Musique : « After Midnight » de B-Point 2.

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3. DE BEAUX JOURS
(EINE REIHE VON SCHÖNEN TAGEN)

Date de diffusion originale : 04 mars 1988.

Résumé :

Anna et Rudolf Beermann, un couple de personnes âgées à la vie paisible sont témoins d’un meurtre. Payés par les assassins pour se taire, ils vont pouvoir vivre quelques jours de bonheur…

Critique :

Cet épisode m’a beaucoup touché par ce couple de personnes âgées, ayant une vie paisible et routinière (mettre le réveil à sonner le matin à la même heure, penser à éteindre la télé, etc.), s’aiment toujours, après des décennies de mariage. L’introduction les montrant se coucher peut-être triste mais est inspirée par des dialogues ciselés : « Mets le réveil chéri. », « Pourquoi mettre le réveil puisqu’on ne se lève pas ? », « Même si on ne se lève pas, on le fait : c’est comme ça. » puis « J’entends le son de la télé. », « J’entends rien moi. », « Tu deviens sourd. », « Peut être : mes oreilles en ont eu tellement, il y a des choses tellement idiotes que rien ne les intéresse . ».

Sans le savoir bien entendu pour eux, ce sera le début d’une aventure de quelques jours, les sortant de cette vie. Lorsqu’Anna assistera à un meurtre en regardant par la fenêtre de leur salle et qu’elle et Rudolf seront vus, après des menaces téléphoniques, ils recevront de l’argent dans leur boite aux lettres : leur permettant de faire les boutiques, aller dans un restaurant, faire une croisière…

Ces scènes-là, merveilleuses, pleine de bonheur, d’euphorie sont renforcées par la complicité évidente des deux interprètes : l’immense Hans Caninenberg (dont j’ai déjà loué les qualités d’interprétation dans quelques précédentes chroniques) et l’adorable Käthe Gold (dont c’est, hélas, la seule apparition dans la série). Comment ne pas être heureux pour ce couple ? Certes, ils couvrent un assassin et Derrick leur tombera dessus : c’est inévitable. Et avec le caractère qu’il a, on a bien peur qu’il leur fasse la morale… et bien pas du tout ! Au contraire, l’inspecteur se montrera vraiment tendre avec eux, ne les sermonnant pas et ému, avec Klein, de les voir heureux, toujours amoureux ensemble : c’est tellement rare. Ils sont si mignons ces deux petits vieux.

La fin est à ce titre l’une des plus belles et positives de toute la série : Derrick et Klein saluant Anna et Rudolf de leur voiture en reculant, le couple retournant chez eux, après avoir vécu une parenthèse merveilleuse, unique : Inestimable.

Anecdotes :

  • Jurgen Schmidt (Holwein), Tobias Hoesl (Harald), Uli Krohm (Ziegler) signent ici leurs premières apparitions dans la série tandis qu’Hans Caninenberg (Rudolf), Dieter Eppler (Schönwald), Paul Neuhaus (Maurer) étaient déjà apparus et reviendront également contrairement à Stefan Behrens (Rolffs) et Wega Jahnke (Madame Flor) qui ne rempileront pas.

  • Katharina Abt (qui joue la fille d’Holwein) est surtout connue en France pour son rôle d’enquêtrice dans la série « Unsolved » diffusé sur France 3 au début des années deux-milles.

  • Musique: « Why can the bodies fly » de Warning.

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4. PAS DE RISQUE
(KEIN RISIKO)

Date de diffusion originale : 25 mars 1988.

Résumé :

Un mystérieux individu demande à une personne handicapée et alcoolique de commettre un meurtre, ce dernier préfère contacter la police. Mais le crime a quand même lieu…

Critique :

Un épisode beaucoup plus fin qu’il n’y paraît au premier abord. L’introduction de l’épisode est très longue : Roland, un jeune homme alcoolique marchant avec une canne voit sa sœur Andrea débarquer chez lui et lui raconte une histoire récemment arrivée : dans un bar, un homme lui a donné un pistolet, lui proposant de tuer quelqu’un pour cinquante milles marks. C’est tentant n’est-ce pas ?

Mais aussi brisé par la vie soit-il, il n’est pas comme ça : pas un meurtrier et va raconter à Derrick et Klein son histoire qui paraît folle, mais lorsqu’un corps est découvert dans un bateau : comment ne pas faire le lien ? Surtout comment le faire : retrouver l’homme qui se révélerait un psychiatre faisant une étude pour savoir qui peut tuer et pourquoi ? Tout le monde peut tuer : c’est le constat de la série depuis le début. On se dit que c’est vraiment malin, mais au final, cela aurait été un plan diabolique d’Harald, l’amant de madame Budde.

Se servir d’un psychiatre, étudiant le comportement humain, pour le convaincre d’engager quelqu’un pour se débarrasser d’un mari encombrant : c’est tellement tarabiscoté, tordu que cela ne présentait aucun risque : faire le lien entre tous ces individus : improbable ? Même Derrick va se creuser la soupière pour y arriver.

L’interprétation, comme souvent, est très bien : Klaus Schwarzkopf est adorable et espiègle dans son personnage de psychiatre, et Hannes Jaenicke – star en Allemagne dont c’est la seule apparition dans la série – est impeccable en Roland, jeune homme écorché vif.

Anecdotes :

  • Musique : « Dirty Game » de Martin Böttcher.

  • Il s’agit du quatrième et dernier épisode auquel Klaus Schwarzkopf décédé en 1991 a participé. Son plus beau rôle dans la série aurait été « Pricker » (saison 7, épisode 11). C’est également le dernier auquel Tilly Lauenstein a participé, elle aussi avec quatre participations au compteur.

  • Les autres interprètes de l’épisode : Irene Clarin (Andrea), Eleonore Weisgerber (Ariane), Volkert Kraeft (Harald), Edwin Noël (Rust), Fee von Reichlin (Anna) et Bernd Herberger (Danecker) avaient déjà joué(e)s et reviendront dans d’autres épisodes.

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5.  DOUBLE ENQUÊTE
(AUF MOTIVSUCHE)

Date de diffusion originale : 22 avril 1988.

Résumé :

Un accessoiriste est assassiné dans un lieu qu’il avait repéré pour un tournage. Son collègue raconte à Derrick avoir surpris des faussaires la veille…

Critique :

Il s’agit du deuxième épisode (après « Le rôle de sa vie », saison 13, épisode 11) évoquant le cinéma, celui-ci s’ouvrant par le tournage d’une scène avant que nous entrions dans les bureaux de la production où le réalisateur exige de ses accessoiristes qui lui trouvent un endroit désert avec une cour, pour créer une atmosphère lugubre raccordant avec celle de son film.

Erich plus que Willy sont motivés : remuant tout Munich pour décoter la perle rare, ce qui arrive à Erich, téléphonant à la production, exprimant sa joie mais il disparaît pendant une journée, niant l’existence de ce fameux endroit et Willy est retrouvé mort.

C’est le récit en un long flash-back (procédé utilisé de plus en plus semble-t-il) qui va éclairer les spectateurs et Derrick : découvrant un endroit où des faux billets sont faits mais sauvés d’un meurtre par Karla : une jeune femme qui semble être un Ange : physique enfantin, lui expliquant ce qui se trame. Elle aidera à son tour notre inspecteur pour résoudre son enquête, cette double enquête : coincer des faussaires et retrouver un meurtrier.

Pas une seconde à perdre donc et le final est l’un des plus explosifs de toute la série : fusillade, course-poursuite, prise d’otage, et le début d’une histoire d’amour entre Erich, accessoiriste passionné par son job et Karla, fille d’un vieil homme devenu faussaire presque malgré lui.

Entre action, humour et amour : un épisode bien punchy donc très agréable à suivre.

Anecdotes :

  • Musiques: « Love me, love », « Drive » et « Face to the wind » de Frank Duval.
  • Beate Finckh (Karla) a eue 28 ans le jour de la diffusion de l’épisode.

  • Si Pierre Franckh (Willy) en est à sa neuvième apparition dans la série, il s’agit de la première où il interprète la victime.

  • Tout le casting de cet épisode est composé de visages familiers, outre Beate Finckh et Pierre Franckh déjà cités, Will Danin (Erich), Rudolf Wessely (Wege) et Ute Christensen (Arlene).

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6. UNE AFFAIRE ÉNORME
(DA LÄUFT EINE RIESENSACHE)

Date de diffusion originale : 13 mai 1988.

Résumé :

Un jeune acteur au chômage est engagé pour interpréter Gregor, le neveu d’un homme très riche qui vient de mourir. Derrick et Klein enquêtent sur le meurtre…

Critique :

De nouveau le monde du cinéma est abordé, ici c’est par le personnage d’un acteur sur le déclin, exilé en Italie, beau gosse mais talentueux ? C’est ce que veulent deux hommes qui l’engagent : se faire passer pour le neveu d’un homme aussi riche que détestable. Payé un million de marks : comment refuser ? Sauf que notre acteur si il est très bon, a un très grand défaut : il est humain.

Comment jouer son personnage lorsqu’il se retrouve confronté à des choses qui le dépassent : l’affection de celle qui doit être sa cousine – fort charmante (c’est Sissy Höfferer) – et se plonger dans la vie de quelqu’un qui n’est pas lui : retrouver les dessins d’enfants d’un autre, et surtout peut être hériter une immense fortune : le sentiment atroce et normal de profiter de quelqu’un.

Il a deux options : soit accepter sa situation, de continuer à jouer son personnage ; soit laisser tomber. La culpabilité, les sentiments amoureux qu’il développe pour Ruth, « sa » cousine, l’envahissent, le bouffent psychologiquement. Comment dire à sa cousine que l’on est épris d’elle ?

Et bien : en ayant aucun lien filial : ce n’est plus déplacé. Ce qu’il pousse à lui avouer être un imposteur. Son honnêteté la touche et ils aideront désormais Derrick dans leur enquête, car notre pauvre acteur n’était vraiment pas si sorti du sable : nous spectateurs comprenant que la gouvernante, l’avocat de la famille : tous étaient dans le coup, complices du meurtre !

C’en est vraiment ironique que ce soit un acteur, jouant un personnage qui soit le plus honnête des protagonistes de cette histoire. L’interprétation est impeccable et le doublage français excellent.

Anecdotes :

  • Atteint d’un cancer, expliquant la faiblesse de sa voix depuis quelques épisodes, Michel Gatineau double Derrick ici pour la dernière fois. Il avait adapté, dirigé et doublé la série depuis le premier épisode (à l’exception du numéro 80, doublé bien plus tard). Il est décédé peu après ce doublage.

  • Note : l’auteur des chroniques de cet épisode l’a découvert dans une version amputée de quinze minutes (capture d’une diffusion de France 3, chaîne qui s’est amusée à couper de nombreux épisodes les dernières années de la diffusion en France, rendant certains épisodes incompréhensibles).

  • Musique: « When you were mine » de Frank Duval.
  • Amadeus August (Gregor) était déjà apparu dans le rôle du docteur Klemm (« Facteur L », saison 6, épisode 1). Il est doublé dans cet épisode par Patrick Poivey.

  • Sissy Höfferer (Ruth) Hans Peter Hallwachs (Mario), Gert Burkard (Kolowski) et Wilfred Klaus (Anwalt) ont déjà joué(e)s et reviendront dans la série.

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7. AVENTURE AU PIRÉE
(DAS PIRÄUS-ABENTEUER')

Date de diffusion originale : 01er juillet 1988.

Résumé :

Hanna, une hôtesse de l’air amie de Klein lui raconte avoir acceptée de transporter une valise de drogue qu’elle a jetée. Les propriétaires de cette marchandise sont après elle…

Critique :

Un épisode vraiment palpitant, pratiquement sans temps mort, porté par une interprétation excellente et des personnages dynamiques, à commencer par Derrick et Klein très en forme.

Une nouvelle variante de la valise remplie de drogue, transportée en retour d’un voyage, ici, c’est Hanna, une hôtesse de l’air, qui affirme s’être débarrassée de la marchandise. Recevant plusieurs coups de fils mystérieux, elle prévient Klein, qui l’aide avec Derrick.

Klein est impliqué comme rarement dans cette histoire : amoureux de la jeune femme qu’il cherche à logiquement à protéger, quitte à ne plus avoir de vision objective sur cette histoire : d’ailleurs lorsque Derrick comprendra qu’elle leur a jouée un sale tour : les deux inspecteurs se disputeront.

Et la scène finale, nous montre un Klein en larmes, dévastée devant Hanna, tuée peu avant.

Mais avant tout cela, un suspense qui tourne un peu en rond et nous fait rencontrer quelques personnages atypiques tout d’abord Lydia, la sœur d’Hanna, bisexuelle, droguée, de même que son patron : Sundermann, passant leurs soirées dans un club pour tester de nouvelles expériences.

Regard très frontal sur l’impact de la drogue : dans ce qu’il y a plus planant, de plus inconscient.

Le scénario de cet épisode est l’un des plus jusqu’au-boutistes et ne laisse pas vraiment de chance à ses personnages, les dialogues sont très nerveux, ciselés, le montage et la mise en scène sèches : on notera notamment l’avant-dernière scène où Derrick et Klein s’en prennent physiquement aux deux dealers (Derrick traîne même le corps inerte de l’un d’eux). Nous pouvons avoir le sentiment de confusion par moments tant il se passe de choses, mais cet opus prouve, qu’après près de quinze ans, la série en a encore dans le ventre.

Anecdotes :

  • Pour la version française, à partir de cet épisode et jusqu’au dernier, Jean Michaud double Derrick, succédant à Michel Gatineau. Nous avions déjà entendu Michaud dans quelques précédents épisodes doublant des acteurs comme Peter Pasetti.

  • Musiques : « Sign your name » de Terence Trent d’Arby, « Some people » de Cliff Richard, « Sweet sixteen » de Billy Idol et « San Francisco waitress » de Sting.

  • Côté casting, pratiquement que des visages familiers : Beatrice Richter (Lydia) signe ici sa troisième et dernière apparition dans la série, tandis que Sabi Dorr (Roland) signe sa première et reviendra à quatre reprises.

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8. LA VOIX
(DIE STIMME)

Date de diffusion originale : 22 juillet 1988.

Résumé :

Le docteur Lippert reçoit des coups de fils mystérieux d’une jeune femme lui avertissant que quelqu’un va tenter de le tuer… ce qui arrive. Il finit par être charmée par cette voix…

Critique :

Quel impact une voix peut avoir sur nous ? Une voix féminine, douce, apaisante qui nous appelle : comment ne pas être charmé ? Et en plus lorsque cette voix nous avertit que quelqu’un cherche à attenter à nos jours ? Et bien c’est exactement ce qui arrive au docteur Lippert : un homme solitaire, patron d’une petite entreprise, vivant isolé dans une maison non loin des bois, avec une gouvernante. Il se fait tirer dessus à plusieurs reprises, en avertit assez vite la police, qui peinera à savoir pourquoi quelqu’un veut sa mort. Son frère, peut-être, qu’il ne fréquente plus, alcoolique ruiné, qui vit avec son fils, que l’on découvrira junkie et une nièce : un charme enfantin (c’est Roswitha Schreiner) qui ne laisse pas indifférent Klein.

Bien qu’il ne semble avoir aucun défaut en apparence, Lippert est quelqu’un d’assez passif qui ne s’est jamais vraiment remis de la séparation d’avec sa femme, ne se centrant que sur son petit monde. Un homme qui ne veut que pour lui.

L’égotisme est quelque chose qui peut vous créer des ennemis. La police installe logiquement un magnétophone pour enregistrer les appels reçus et relier la voix aux assaillants, mais Lippert, qui reçoit un coup de fil presque tous les soirs, ne prend pas la peine de les enregistrer, car il est amoureux de cette voix qui lui dit en plus qu’elle l’aime ! Finalement plus d’avertissements : une relation se créer par téléphone : entre cette jeune femme mystérieuse et ce relatif vieux docteur : c’est touchant. Et bien entendu les inspecteurs retrouveront les commanditaires et Lippert, la jeune femme à qui appartient cette fameuse voix : aveugle et lucide.

Anecdotes :

  • Dans la version française, c’est la même comédienne qui prête sa voix à la nièce de Lippert et à la voix du téléphone, car la jeune femme qui appelle le médecin ne prononce, lors de sa seule scène où nous la voyons, aucune réplique. Cela aurait fait tout de même bizarre qu’une nièce appelle son oncle pour le charmer (ce que pense à un moment les inspecteurs).

  • Musiques: « Midnight in Brasilia », « Cheek to cheek with a lovely girl », « Melody for Benny » et « Like a dream » de Martin Böttcher.
  • Il n’y aucun meurtre dans cet épisode.

  • Du côté du casting : Bernd Herberger, après cinq apparitions et Eva Brumby (Madame Wolf), après quatre, ne rempileront pas, contrairement aux autres interprètes de l’épisode dont Sky du Mont qui joue ici étrangement un tout petit rôle.

  • Petit fait amusant : Béatrice Richter, qui était dans le précédent épisode et Bernd Herberger avaient joués ensemble dans « Parfum d’enfer » (saison 9, épisode 01).

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9.  FIN D'UNE ILLUSION
(DAS ENDE EINER ILLUSION)

Date de diffusion originale : 12 août 1988.

Résumé :

Le patron d’un club et d’une boite de jeu clandestins demande à l’une de ses hôtesses de s’occuper d’un des clients, accro au jeu et perdant tout le temps… Peu après, le frère de ce dernier est tué.

Critique :

La longue introduction de plus de vingt minutes précédant le meurtre nous fait demander où est ce que Reinecker veut nous emmener. Car nous n’y voyons pas la trace d’un crime arrivé : qui sera tuer ? Si il y a crime (car il arrive parfois, comme dans le précédent épisode, qu’il n’y en ai pas) ?

Ok : Helga, une femme est chargée de s’occuper, d’amadouer Rieger, client perdant, pour savoir s’il a, lui ou sa famille, une fortune personnelle : parce faut en avoir de l’argent pour en dépenser à un rythme insensé au jeu ! Il faut absolument qu’il continue à le perdre, ici, dans ce club.

Ce pauvre type a perdu sa femme il y a quatre semaines : gérant son deuil en dépensant l’assurance vie de sa bien-aimée et ces types du casino vont, sans scrupules, abuser de lui.

« Pauvre type » : cela, c’est vite dit, avec son air de chien battu, négligeant son appartement et peinant à se nourrir, prêtant à peine attention à Helga, l’ange gardien qui s’occupe de lui (c’est la divine Cornelia Froboess), se fichant même du décès de son frère, avec qui de toute façon il n’avait plus le moindre contact. Qu’est ce qui compte ? De dépenser son fric, attendant patiemment le soir pour aller au club. Helga, hélas pour ses patrons, à une conscience, culpabilisant de profiter d’un homme meurtri par la vie, finit par lui avouer qu’elle a été engagée et entre deux une relation va commencer vraiment à se créer.

Concernant le meurtre, nous spectateurs pensons que ce sont les gérants du club qui l’ont commis, sauf que pour Derrick : c’est une autre histoire, découvrant la somme de l’assurance vie de la femme de Reiger et la fortune de son frère : de quoi dépenser dans son addiction, quelque chose de terrible qui l’aurait poussé à les tuer : une addiction peut-être mener au meurtre ? C’est possible, comme le prouve cet épisode au final tonitruant, où Derrick sauvera de justesse la pauvre Helga avant que Reiger ne la tue à son tour. Faut vraiment se méfier des apparences : Gerd Anthoff, interprétant Reiger, avec son visage épuisé, nous aura bien bluffé.

Anecdotes :

  • Le générique de fin est très particulier : soutenu par la chanson « Lonely Lovers » de Johnny Logan, c’est un plan-séquence montrant Derrick et Helga s’éloigner des lieux de l’arrestation de Reiger qui vient de se suicider et Klein avec des policiers faire des constatations : prendre des notes (l’heure de la mort) et appeler la morgue.

  • Tous les morceaux : « Stranger in the night », « Je t’aime… moi non plus » et « Love story » ont été repris ici par l’orgue de Klaus Abramowsky.

  • Si Cornelia Froboess (Helga), Marion Kracht (Paula) et Klaus Abramowsky (Schröder) sont des visages familiers de la série, Gerd Anthoff (Reiger) et Hanno Pöschol (Schowenke) font ici dans leurs premières apparitions dans la série et deviendront, à leurs tours, des visages familiers.

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10. Y COMPRIS LE MEURTRE
(MORD INKLUSIVE)

Date de diffusion originale : 19 août 1988.

Résumé :

Breuer, un jeune homme saoul appelle Derrick pour lui signifier avoir reçu des menaces de mort. Le lendemain, il est retrouvé noyé dans sa voiture…

Critique :

Avoir une conscience est quelque chose d’autodestructeur : c’est exactement ce qui a tué Breuer, un jeune homme ordinaire entraîné dans une combine avec quelques-uns de ses amis pour arnaquer une vieille femme mourante. Accident ? Meurtre ?

Derrick rencontre assez vite Kranz dont Breuer a parlé dans son coup de fil insinuant qu’il serait responsable de sa mort. Kranz, grand adepte de squash, tout comme sa sœur Anita, mannequin, se fait coller non-stop par notre inspecteur, tandis que Klein se liera avec cette dernière (et plus si affinités…).

Madame von Wedel est une dame très fortunée recevant la compagnie de jeunes gens régulièrement avec qui elle échange beaucoup d’idées et pense-t-elle, pourrait les aider à améliorer le monde avec son argent, une fois décédée, alors que bien entendu, ils ne tireront qu’un profit personnel de sa fortune. Abuser d’une vieille femme sur le point de mourir : n’ont-ils rien dans le crâne ?

Le seul, justement, à avoir quelque chose dans le crâne : c’est Breuer, qui le soir de sa mort annonce lui dire la vérité, ce que ne supportera pas Kranz, aidé dans son meurtre, par son alcoolisme.

Histoire originale de jeunes gens entubant une vieille femme, mais au dénouement assez classique. L’interprétation est excellente : Philippe Moog très en forme, Alice Treff, parfaite et même Christoph Waltz est savoureux dans un petit rôle, mais Anja Schüte est trop peu expressive…

Cet épisode est plutôt « calme » par rapport au précédent.

Anecdotes :

  • Il s’agit d’une des rares fois où Klein couche avec une témoin. Par ailleurs, il y a clairement un sous-entendu homosexuel entre Diener et Schumann (nous voyons prendre leur douche ensemble et ils ont quelques gestes plutôt équivoques l’un envers l’autre).

  • Musiques: « Smarty », « Don’t lie », « Anja’s melody » de Martin Böttcher, « Whenever you need somebody » de Rick Astley et « On the beach » de Chris Rea.
  • Beate Finckh (Ria) signe sa quatrième et dernière apparition dans la série, de même qu’Alice Treff (Madame von Wedel) avec une de plus au compteur.

  • Christoph Waltz (Schumann) était déjà apparu dans l’épisode « L’aveu » (saison 13, épisode 10).

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11.  L'AFFAIRE DRUSE
(DIE MORDSACHE DRUSE)

Date de diffusion originale : 21 octobre 1988.

Résumé :

Un jeune homme meurt après avoir appelé sa petite amie junkie au téléphone… Cette dernière sait qui l’a tué mais refuse de parler…

Critique :

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu une charge anti-drogue, cet épisode se rapproche vraiment de l’inestimable « Du sang dans les veines » (saison 7, épisode 7) mais en étant toutefois nettement moins cru et pugnace.

On va faire avec ce que l’on peut, car « L’affaire Druse » est une déclaration d’amour d’une mère envers sa fille, regrettant de l’avoir abandonnée plusieurs années et tenter de rattraper cette erreur et ce temps perdu en voulant absolument la guérir de son addiction à la drogue. C’est aussi l’alliance entre deux excellentes actrices : Birgit Doll et Karin Anselm, incarnant Lore et Eva, un duo mère-fille contrariées, refoulées mais aimantes.

Le père alcoolique, très bien interprété par Charles Brauer, ne peut pas faire grand-chose, même si il a été présent pour sa fille depuis trois ans, démuni déjà face à sa propre addiction.

Mais il est aussi dangereux de tenter de sauver une droguée en se mettant en travers de la route de son dealer : Bernd en sait quelque chose, poignardé à mort. Car pour que la drogue arrive dans le bras dans d’une jeune fille, il y a tout un chemin et cet épisode est très intéressant en montrant ce cheminement : dealer lui même fourni par deux types qui sont dirigés par un trafiquant.

Perdre des client(e)s, donc de l’argent : hors de question. L’addiction fait vivre ce marché. Tant que le besoin existe, alors l’argent rentre dans les caisses. C’est du business et qu’importe si cela (auto)détruit des vies : non seulement des drogué(e)s et également de leur entourage.

Étrangement, Derrick et Klein d’habitude énervés dans ce genre d’histoires, sont plutôt réservés, laisse pratiquement Eva, la mère de Lore, résoudre l’enquête, remonter la filière, ne reste plus qu’à eux de suivre leurs traces. Bien que Derrick affirme que cette enquête est « la pire » qu’il n’ait jamais eu à traiter. Le final sera plein d’espoir mais nous aurions aimés quand même plus de dureté sur ce thème : un gros plan sur une prise de drogue, l’intensité, relative, des actrices, ne suffit pas : il aurait fallu taper encore plus fort, être plus énergique, plus vrai… comme dans « Du sang dans les veines ».

Anecdotes :

  • Musique : « When colours die » d’Eberhard Schoener.

  • Karin Anselm (Eva) fait ici sa première de ses trois apparitions dans la série.

  • Dirk Galuba (Wedekind), interprétant souvent les méchants dans la série, joue ici un tout petit rôle.

  • Il en est de même pour Sky du Mont : interprète ici le trafiquant de drogue mais n’étant présent que très peu de temps à l’écran.

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12. UNE SORTE DE MEURTRE
(EINE ART MORD)

Date de diffusion originale : 25 novembre 1988.

Résumé : 

Werner Rutger vient de sortir de dix-huit ans de prison pour braquage et meurtre. Il tente de recontacter son fils Karl, devenu entre-temps, un professeur, mais ce dernier refuse catégoriquement de le voir. Werner ne compte pas le lâcher car il a quelque chose à lui demander…

Critique :

Lorsque les actes du père répercutent mortellement sur la vie du fils. Werner Rutger s’est fait arrêté voilà dix-huit ans après un braquage et un meurtre, ayant pris soin de laisser son butin – soit près d’un million de marks – dans une petite boite près d’un arbre qui était alors dans un foret… devenu depuis un quartier d’habitation et l’arbre se trouvant dans le jardin d’une maison.

Werner raconte son histoire à Derrick qui accepte de le croire et fouille le jardin sans rien trouver, pour Werner : c’est son fils Karl – qui refuse de le voir s’étant construit une vie idéale en tant que professeur dans un milieu aisé – trouvant un document lors du décès de sa mère qui a retrouvé l’argent et l’a dépensé pour construire sa maison.

Pour Derrick – qui n’a visiblement aucune enquête en cours pour suivre les élucubrations de ce type – c’est farfelu mais pourquoi pas après tout. Karl, de son côté, tente de faire comme si rien est, continue de fuir son père au possible, mais maintenant la police s’y mets : non il n’a pas récupéré l’argent, il n’y est pour rien… sauf qu’en fait si, mais il ne veut pas voir son petit monde s’effondrer. Il monte alors une combine avec le proprio de la maison en restituant un dixième de l’argent, mais Derrick ne tombe pas dans le panneau. Werner lui veut récupérer son argent, menace d’avertir la presse, poussant son fils au suicide : une fin tragique, sans espoir et laissant le spectateur vraiment pas indemne.

Tentant de refaire l’histoire : et si Werner n’avait pas braqué une banque, son fils n’aurait pas eu l’argent et n’aurait pas pu faire sa maison (quoi qu’il aurait pu la payer à crédit) ? Mais son fils aurait pu rendre l’argent à la police en sachant parfaitement d’où il venait ? Mais personnellement, je pense que Werner est responsable de la mort de son fils, par ses choix : du braquage et du meurtre (qui plus abandonnant sa famille en étant en prison), jusqu’à pousser à bout son fils afin de récupérer l’argent : n’éprouvant visiblement aucun amour paternel pour lui. Où comment l’égoïsme d’un homme en tue un autre et par extension le milieu dans lequel il a vécu : tuer la haute-bourgeoisie, voulant récupérer la vie que son fils a pu avoir grâce à son argent.

Anecdotes :

  • Musique : « Lyin Eyes » de Vision Fields qui passe en fond du générique de fin, voyant Werner s’éloigner des lieux du suicide de son fils.

  • Manfred Zapatka (Karl) était déjà apparu dans l’épisode « Du sang dans les veines » (saison 7, épisode 7). Il reviendra dans deux autres épisodes par la suite.

  • Siegfried Lowitz (Werner) était déjà apparu dans l’épisode « La fête » (saison 1, épisode 3), entre temps, il a été le commissaire Köster dans la série « Le renard » pendant cent épisodes.

  • Ulli Philipp (Amelia) était apparue dans l’épisode « Le chemin de la liberté » (saison 14, épisode 7).

  • Maximilian Held (Toni) reviendra dans l’épisode « L’assassin de Kissler » (saison 16, épisode 2).

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