TéléfilmsSaison 1

Amicalement Vôtre

Bonus 

1. DVD/Blu Ray: Amicalement Vôtre Édition Ultime - Les bonus

2. Livre: Amicalement vôtre: l’apologie des contraires


1.     DVD/BLU RAY: AMICALEMENT VOTRE ÉDITION ULTIME - LES BONUS

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10 bonus sont éparpillés sur deux DVDs.  Ils sont en VOST (les sous-titres ne sont pas amovibles).

 

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- The Morning After –Remembering The Persuaders – 49 minutes 

Ce documentaire de 2006 est très complet et il reprend certains faits qui seront exposés dans d’autres bonus. Il y a de nombreux intervenants, à commencer par les deux vedettes, Roger Moore et Tony Curtis. Parmi les autres participants, les témoignages de Robert S. Baker (producteur), Johnny Goodman (exécutif) et Roy Ward Baker (réalisateur) – tous les trois disparus depuis– sont les plus intéressants.

Après une présentation en split-screen, Robert S. Baker retrace les débuts de la série, en particulier le coup d’essai avec l’épisode du Saint. Stuart Damon, dans une brève apparition, avoue avoir été jaloux de ne pas avoir été choisi, mais il fallait un acteur connu pour le marché US. Lew Grade voulait deux têtes d’affiche et, après les indisponibilités de Rock Hudson et Glenn Ford, le choix se porta sur Tony Curtis. 

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Curtis et Moore ne s’étaient jamais rencontrés auparavant. Le titre initial était ‘Friendly Persuaders’ et Brian Clemens écrivit le pilote : Moore ressemblait déjà à un lord pour le scénariste.

Les excentricités de Tony Curtis tiennent une grande part du documentaire. L’arrestation de l’acteur à l’aéroport pour possession de marijuana et d’un pistolet est décrite par Johnny Goodman, à qui Curtis confia discrètement des amphétamines. Si Curtis garde un bon souvenir de l’incident, qui ne lui coûta que 50£ (que Goodman régla car il n’avait pas d’argent sur lui),  Johnny Goodman critique que l’acteur avait donné son adresse et c’est lui qui recevait le volumineux courrier des fans ; il y en avait de jeunes filles qui fumaient du shit et qui prenaient Tony Curtis comme modèle !

Tony Curtis cabotine beaucoup déclarant qu’il était beau gosse lui-même et que la compétition avec Roger Moore ne lui déplaisait pas ; il essayait de séduire toutes les femmes et il a testé son compère anglais lors de la première scène de bagarre pour savoir s’il savait parer les coups. Il avait du mal à prononcer le nom du juge (Naismith) et l’acteur s’en énerva. Curtis lui balança: ‘I know your name: schmuck (ducon)’. Dans le même registre, Curtis revient sur l’épisode Minuit moins huit kilomètres avec Joan Collins et le passage tourné au bord d’une rivière asséchée entre Nice et Cannes (censée être en Italie). Joan Collins était stressée et elle a appelé le coiffeur puis le maquilleur, et, finalement, Curtis lui a dit d’arrêter de jouer les connasses (‘con’ en VO). C’était le premier épisode et il s’est dit qu’il débutait mal ! L’acteur précise qu’il a choisi la Ferrari (Moore concède que ce n’est pas le bon choix car elle était petite et étroite).

Curtis était souvent de mauvaise humeur en arrivant sur le tournage et Robert S. Baker précise que cela allait mieux après qu’il se soit rechargé dans sa loge. En tout cas, Roger Moore apaisait souvent la situation. Roy Ward Baker évoque la séquence du toit (dans Les pièces d’or). Curtis détestait se faire doubler et il a surpris l’acteur au pied des tuyaux qui menaient au toit et il a ordonné de tourner immédiatement. Il est certain que l’acteur voulait le faire passer pour un idiot et il se demande pourquoi Curtis avait choisi le rôle alors que seul le cachet payé le vendredi lui importait !

L’Américain faisait la une des journaux qui le prenaient pour un homosexuel, un coureur de jupons, un joueur ou un déjanté des plateaux, mais il en avait rien à faire (‘I didn’t give a fuck’). Johnny Goodman revient sur l’anecdote de la bouteille de vin (déjà dans les commentaires de Regrets éternels) : à l’époque, à la fin d’un tournage, il était de tradition que les acteurs fassent des cadeaux aux membres de la production. Tony Curtis s’est fendu d’une bouteille de vin rouge à 15 shillings ! Pour les membres de la production, Curtis était un acteur mais la star, c’était Roger Moore. Tony Curtis improvisait tout le temps et il ne refaisait jamais deux scènes de la même façon.

Le tournage se fit principalement à Pinewood et aux alentours, dans Black Park. Beaucoup de vêtements étaient prêtés par des magasins mais Moore fournissait le tissu pour les siens. Curtis changeait de vêtements à chaque séquence car l’apparence était essentielle et, quant aux gants, c’était sa touche d’originalité d’après lui.

Le succès en Australie ne se répercuta pas aux USA, mais Lew Grade était néanmoins prêt pour une seconde saison. Même après le départ annoncé de Roger Moore pour incarner James Bond, Grade avait pensé à Noël Harrison pour le remplacer. Robert S. Baker pense que Tony Curtis l’aurait mangé tout cru et qu’il fallait mieux s’arrêter là. Il a une remarque finale pertinente : ‘On ne fait plus de série divertissante, mais des psychodrames et de l’ambiance’.  

Un bonus indispensable pour tous les fans de la série. 

Interview de Roger Moore – 33 minutes 

Réalisée le 17 septembre 2011 pour les 40 ans de la série, cette interview est menée par Barry Norman, le fils de Leslie Norman, réalisateur d’épisodes du Saint et Amicalement vôtre. Sir Roger Moore pose tout d’abord avec la fameuse Aston Martin.

Moore/Brett Sinclair et l’Aston Martin :

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C’est une longue interview truffée d’humour évoquant la série mais aussi d’autres aspects de la carrière de l’acteur.

Lew Grade ne faisait pas signer de contrat et une poignée de mains suffisait. Rock Hudson était trop semblable de stature à Moore et Glenn Ford aurait été impossible sur le tournage. Tony Curtis s’avéra donc être le bon choix pour Moore. Il se rendit avec Robert S. Baker et Terry Nation au domicile de l’Américain à Beverly Hills. Moore raconte qu’ils ne devaient pas fumer car Curtis était un ardent défenseur de la cause anti-tabac ; d’ailleurs, Roger Moore arrêta la cigarette vingt-quatre heures plus tard !

Sir Roger Moore conçoit qu’il y avait de bons et de mauvais jours avec Tony Curtis. L’Américain ne s’en tenait pas aux scripts, portait des gants afin que ses doigts n’aient pas de trace de haschich et il avait du mal avec son texte car il arrivait souvent défoncé ! Le tournage a duré plus longtemps que prévu car Curtis refusait de faire de la postsynchronisation ou divers extras pendant la pause-déjeuner. A part ça, il était charmant et ils sont restés bons amis. Après la disparition de son fils par overdose, il lui a parlé tous les jours pendant deux mois.  

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Tony Curtis considérait la télévision comme une sorte de régression pour acteurs sur le déclin et il en souffrait. Afin d’illustrer ses propos, Roger Moore cite un exemple qui s’est déroulé devant l’Hôtel de Paris. Des touristes espagnols se sont manifestés et Curtis n’était pas très emballé mais c’est Roger Moore qu’ils avaient reconnu, ‘El Santo’ (Le Saint), et Curtis réalisa que la TV était tout aussi importante. En tout cas, pour le prestige, pas pour l’argent.

Curtis était un excellent gymnaste et escrimeur (des scènes ont été incluses pour lui) et Moore avoue qu’il n’était pas sportif et l’Américain lui apprit comment sauter par-dessus une barrière !

Sinon, Curtis faisait beaucoup de choses incongrues. Moore se souvient d’un épisode qu’il réalisait (Formule à vendre) et, alors qu’il effectuait quelques réglages, Curtis est venu. Moore lui expliqua la scène à jouer : il devait passer en revue les trophées derrière Fulton, qui avait la goutte, et terminer par déclarer que c’était un abattoir. Comme le pressentait l’Anglais, l’Américain ne fut pas satisfait et le mot ‘abattoir’, qu’il ne connaissait pas, fut remplacé par ‘butchery’. Moore précise que le champagne ingurgité était du vrai et qu’après plusieurs prises, il était un peu saoul, mais ce n’était pas bien grave car Curtis était défoncé !

La série n’eut pas le succès attendu aux USA, car elle fut mise en concurrence avec des séries déjà bien installées. De plus, elle fut changée d’horaire. L’argent américain aurait été indispensable pour une éventuelle seconde saison. La qualité des réalisateurs, qui avaient travaillé pour des longs métrages, est soulignée ; Moore s’amuse lorsque sont évoqués les vêtements qu’il avait créés, comme le manteau en cuir qu’il prétend avoir dessiné pour Joan Collins ! Après le tournage, Curtis a récupéré toutes ses tenues qu’il s’est empressé de refourguer à l’équipe de production (Moore est mort de rire en évoquant cette anecdote).

Pour terminer, Moore est étonné de l’abondance de sa chevelure de l’époque alors qu’il a commencé à perdre ses cheveux à 22 ans, mais il précise qu’il en avait plus que son compère qui portait des moumoutes à la fin du tournage !

Excellent et émouvant de revoir une star évoquer une série quarante ans plus tard. Indispensable.

- Tournage sur la Côte d’Azur -  4 minutes 

Un reportage d’actualité de juin 1970 d’ORTF Nice pendant le tournage de La danseuse. Roger Moore répond en français à un journaliste ; les questions sont souvent ‘légères’ : ‘Avez-vous le temps de voir Le Saint à la TV française ?’. L’acteur répond le cigare à la main et mentionne le titre : ‘Les amis persuasifs’ (le titre français n’était surement pas encore trouvé). Il précise que six épisodes sont tournés en France pour les extérieurs avant de tourner les scènes d’intérieur à Londres et que la série ne sera pas que pour la Grande-Bretagne mais pour tout le monde comme Le Saint ! A voir.

- Rencontre Tony Curtis / Michel Roux – 1 minute 

Très court document tiré d’un JT de 20h de juin 73. En fait, ce n’est pas du tout à cela que je m’attendais. Je me souviens avoir vu à la télévision française une autre rencontre, plus longue et plus intéressante (vor plus bas).

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- L’épisode du Saint, Le roi – 50 minutes

L’épisode Le Roi a servi d’idée pour Amicalement vôtre. Il est considéré comme le pilote de la série. Je n’avais pas revu un épisode du Saint depuis une trentaine d’années. Cela ne donne pas du tout envie de se taper toute la série (surtout qu’il fait partie des derniers, en couleur, donc des meilleurs). Cela a très mal vieilli. C’est du studio presque tout le temps et la confrontation entre Moore et Stuart Damon, le personnage américain, n’a rien à voir avec le duo Sinclair/Wilde. L’idée de départ, deux opposés culturels, a servi de base à la série. Pas le reste. C’est bavard et ennuyeux la plupart du temps, sans étincelle ni répartie humoristique de Persuaders. C’est assez bouffonesque, un peu comme je me remémorais la série. Ce n’est pas un bonus indispensable.

 

- Interview de Robert S. Baker, créateur et producteur – 12 minutes 


Baker commence par évoquer l’épisode Le Roi du Saint qui a servi d’idée pour Amicalement vôtre. Rock Hudson fut pressenti pour incarner l’Américain puis ensuite Glenn Ford. Fort heureusement, j’ose écrire, tout deux étaient indisponibles ; on voit en effet très mal Rock Hudson interpréter un séducteur coureur de jupons. Quant à Glenn Ford, il est empesé au possible dans Sam Cade.  Curtis est intéressé et le millionnaire Texan du Saint devient un enfant des rues new-yorkais qui a fait fortune. Avec deux stars du calibre de Moore et Curtis, la série se devait d’être chère et luxueuse.

Le tournage débuta dans le sud de la France en mai 1970 durant six à huit semaines  pour les extérieurs des six premiers épisodes. Les intérieurs furent tournés par la suite en Grande-Bretagne. Ensuite, il y eut deux jours à Paris et le reste fut tourné en Grande-Bretagne. Une seconde équipe se rendait à l’étranger avec des doublures pour tourner des scènes du pays dans lequel se déroulait l’histoire. Il était prévu dix jours par épisode mais souvent le tournage durait deux semaines pour privilégier la qualité.

L’équipe de production encourageait l’improvisation pour les deux acteurs, qu’ils utilisent leurs propres mots. Chaque prise était ainsi différente et on prenait le meilleur des scènes en bricolant au montage. Il existait une sorte de rivalité et de compétition entre Moore et Curtis, comme dans la série. Ce qui était encouragé car ils essayaient de se surpasser.

La série représentait l’atmosphère de l’époque, une période d’abondance. Il n’y a pas eu de seconde saison car Roger Moore fut appelé pour jouer James Bond. La série est devenue culte avec les années mais elle n’eut pas le succès escompté aux Etats-Unis contrairement à l’Australie, qui fut le premier pays à la découvrir. Pour Baker, elle était en avance sur son temps, car les Américains ne comprenaient pas l’humour anglais et le mélange entre la comédie et le sérieux. Cette comédie dramatique est basée sur les différences de cultures et le générique explique parfaitement le passé des deux héros sans qu’il y ait besoin d’un long discours. Pour terminer, Baker compare la superbe mélodie de John Barry à des sonorités russes.

Un excellent complément au bonus principal, The Morning After – Remembering The Persuaders, même si certaines anecdotes font doublon. 

- Reportage de la TV hollandaise – 19 minutes 

Ce reportage fut réalisé en mars 1972 sur le tournage de l’épisode Entre deux feux. Entre plusieurs extraits, Roger Moore, Tony Curtis et Terry-Thomas sont interviewés séparément. Curtis et Moore expliquent qu’ils sont heureux de travailler ensemble.

Tony Curtis accepte de retirer un gant ( !) pour évoquer ses débuts en 1948 et son impression positive sur Billy Wilder (ce qui n’est pas le cas pour Blake Edwards). Tony Curtis se dit incapable d’expliquer ce qu’est la série et qu’il faut la voir.

Roger Moore dit ne pas vouloir décevoir les fans (il faut penser au box-office précise-t-il). Il n’accepterait pas de jouer dans des films pornos ou violents et il justifie la différence entre les séries britanniques et américaines par le fait qu’il n’y a pas d’Ironside en Grande-Bretagne. L’acteur évoque la série sur deux personnages qui aiment les jeux d’argent, les filles… Il y a plus de comédie et moins d’action que dans Le Saint parce qu’il…vieillit. Pas mal d’annoncer cela avant d’interpréter James Bond !

Le rôle d’Archie était écrit pour Terry-Thomas et il avait déjà travaillé sur deux films avec Baker. Terry préfère les seconds rôles (de toute façon, je ne pense pas qu’il est l’envergure d’une tête d’affiche !).

A voir pour les interviews de Moore et Curtis.

- Les spots promotionnels – 7 minutes 

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Roger Moore et Tony Curtis présentent la série sous forme de sketchs en quatre langues dans le décor du restaurant chinois de Regrets éternels. D’abord en français (c’est pas mal) puis en italien, espagnol et allemand. Là, ils s’y reprennent à deux fois et Moore précise : ‘I hate the fucking german’ traduit par ‘J’ai dû mal avec l’allemand’…Puis, il y a des spots anglais inédits mais dont la bande son a été perdue. C’est donc sans parole…

- Les bandes annonces 

Sans intérêt. Plusieurs épisodes sont groupés par deux en vue d’une sortie au cinéma et un titre est donné à l’ensemble. Un exemple : The Switch est donné à la paire improbable composée de L’héritage d’Ozerov et Un ami d’enfance !

- Extrait de la cérémonie des 7 d’Or – 5 minutes 

Le 7 octobre 1999, Roger Moore reçoit le 7 d'Or pour l'ensemble de sa carrière. A cette occasion, il nous fait le grand honneur de parler français. Il précise, alors que passe le générique, que c’est son fils qui le représente, enfant. Tony Curtis intervient de Toronto dans une apparition très sympathique. A noter la question de la présentatrice plutôt niaise  aux compétences très limitées (Chantal Lauby pour ne pas la nommer) qui demande à Roger Moore si on peut envisager une suite ! L’acteur parait compatissant à son égard.

Deux autres vidéos qui auraient dû figurer dans les bonus :

- Rencontre Moore/ Curtis à Londres en octobre 2008 – 10 minutes 

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C’est la dernière apparition de Curtis et Moore ensemble.

Tony Curtis, coiffé d’un chapeau texan, évoque ses mémoires et, évidemment, il doit s’expliquer d’avoir écrit que Marilyn Monroe embrassait comme Hitler. Curtis dit que c’est sorti du contexte et après quelques réflexions sur cette période, la discussion aborde la série. Alors que Curtis évoque les bagarres pour lesquelles il fallait être prudent, le journaliste fait entrer, à sa grande surprise, Roger Moore. L’anglais demande à l’Américain la raison pour laquelle il est habillé comme John Wayne. Moore souligne que Curtis était inventif avec les dialogues ; une fois, il s’est tourné vers lui et lui a dit : ‘I love you’. Moore évoque certaines choses qu’il redira en 2011 : Curtis est un bon athlète, un gymnaste accompli, sa visite à Beverly Hills qui conduira à son arrêt du tabac. Les deux hommes ne s’étaient pas revus depuis trois ans. Sur un plan, Curtis retire son chapeau et on s’aperçoit qu’il est aussi chauve que Kojak. 

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- Rencontre Tony Curtis/Michel Roux en mars 1995 – 6 minutes 

 

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La rencontre de 1973 est brièvement évoquée, lorsque Curtis pense avoir déjà rencontré sa doublure une fois à Cannes. Michel Roux et Tony Curtis s’entretiennent seulement pendant les deux premières minutes mais c’est excellent et je l’ai vu en direct. Grand souvenir ! A noter, la superbe imitation de Laurent Gerra des voix françaises de la série à la fin de la vidéo. 

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 2. LIVRE: AMICALEMENT VOTRE: L’APOLOGIE DES CONTRAIRES

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Auteur : Didier Liardet

Ce livre a été publié en 2003, par les éditions Yris, dans la collection Télévision en séries, puis réédité en 2012. Il se trouve aisément sur Internet, notamment sur le site des éditions Yris.

http://www.yris.net/

Format 17X24,5 cm, 256 pages,  450 photos n&b et couleurs.

Didier Liardet dirige la collection. Il est l'auteur de nombreux livres consacrés aux séries Les mystères de l'Ouest, Amicalement vôtre, Les Envahisseurs

Contenu :

La couverture représente Dany Wilde et Lord Sinclair, se tenant devant un arrière-fond évoquant le célèbre générique de la série. On remarque aussi leurs voitures respectives, également emblématiques d’Amicalement vôtre.

L’introduction évoque la popularité particulièrement importante et persistante de la série dans l’Hexagone. Liardet impute cet impressionnant succès à la qualité de la production (symbolisée par le superbe générique) et à l’attachement suscité par les protagonistes. Porté par Roger Moore et Tony Curtis, le duo antagoniste mais complémentaire, alors une nouveauté à la télévision, fait merveille.  i son humour souvent irrésistible n’empêche pas d’autres thèmes de s’installer, la série perpétue la tonalité des productions des Sixties, dans une nouvelle décennie devenue beaucoup plus sombre.

Le premier chapitre, La genèse de la série, narre les origines du programme, illustrant le rôle clé tenu par le duo Robert S. Baker et Lew Grade, formé autour du Saint. Un encart est consacré à l’épisode de cette série annonçant Amicalement vôtre : Le Roi. Le duo sut s’entourer des meilleurs talents, à commencer par Roger Moore et Tony Curtis, essentiel pour une percée américaine visée d’emblée, mais aussi Brian Clemens et Terry Nation à l’écriture, et bien d’autres en tous domaines techniques ou artistiques. La section dépeint ensuite l’aventure du tournage de la série, jusqu’à un abandon du au semi-échec américain et au départ de Moore. Le parcours ultérieur d’Amicalement vôtre est décrit à travers ses successives diffusions, y compris en France. Une biographie de Robert S. Baker conclue cette partie.

S’insère alors le guide des différents épisodes de la série, de Premier contact jusqu’à Une rancune tenace. Pour chacun d’entre eux, on trouve la date de diffusion, le réalisateur, le scénariste, la liste des acteurs invités (et leur biographie) un résumé précis, un avis et des informations supplémentaires.

Le deuxième chapitre, Un compositeur talentueux, retrace le parcours de John Barry, créateur de la célébrissime musique du générique de la série. Les grandes étapes d’une carrière bien davantage dédiée au cinéma (notamment pour pas moins de onze James Bond) qu’à la télévision se voient ainsi décrites. La capacité du compositeur à approcher des style musicaux et cinématographies très divers est également soulignée.  La section se termine par un encart reprenant l’intégralité des œuvres de John Barry.

Le troisième chapitre, Les clés du succès, dépeint plusieurs atouts de la série. Le générique (visuellement et musicalement), la précieuse présence du juge Fulton, l’excellence formelle d’une mise en scène soutenue  par un budget très important, un montage tonique, de beaux décors  et une riche bande son. Les biographies fictives de Danny Wilde puis Lord Sinclair s’insèrent également à l’intérieur de ce chapitre. Chacune débute par une page reprenant les dossiers ouvrant le générique. La section s’achève par une présentation de la famille Sinclair, d’après l’épisode Regrets éternels.

Le quatrième chapitre, Un ensemble emblématique, approfondit le cœur de la série que constitue le tandem Brett/Danny, grâce aux étincelles que produisent leurs différences de personnalité et de parcours. A côté de cette formule de Buddy Movie, les aventures vécues sont analysées comme relevant d’une structure narrative davantage classique, avec des récits policiers ou d‘espionnage. Toutefois, malgré quelques drames, l’humour des dialogues fait que la série se rapproche de la parodie, Les antagonismes entre les cultures anglaise et américaines apportent encore une dimension supplémentaire, d’autant qu’elle s’avèrent complémentaires.

Les chapitres cinq (Un destin d’exception), six (Le dernier des géants) et sept (Une carrière exemplaire) se composent respectivement des biographies détaillées de Roger Moore, Tony Curtis et Laurence Naismith. Un encart décrit à chaque fois leur carrière.

L’ouvrage se conclue par diverses annexes comportant une description des produits dérivés, novélisations et publications existant autour de la série, ainsi que les différents supports vidéo et disques disponibles.

Conclusion :

 

Le livre constitue un excellent guide d’Amicalement vôtre, apportant au lecteur moult informations et analyses, grâce à une authentique compétence et à une écriture précise. L’ensemble se lit avec grand plaisir, l’auteur évitant toujours de pontifier, pour au contraire communiquer pleinement son vif attachement à la série. De superbes photographies, couleurs ou noir et blanc, aèrent encore joliment la lecture, nous valant de précieux instannés. Les annexes se montrent très complètes, apportant de précieuses pistes pour quiconque désirerait approfondir le sujet. L’ouvrage apparaît clairement comme la référence en langue française concernant Amicalement vôtre.

On regrettera toutefois la grande part réservée aux biographies du compositeur et des comédiens principaux, représentant pas moins de quatre chapitres. Autant développées, elles comportent nombre de pages ne concernant que marginalement la série, alors que cet espace aurait pu être utilement employé ailleurs. Ainsi le cœur de l’analyse d’Amicalement vôtre repose sur les chapitres un, trois et quatre, où certains points passionnants auraient pu être encore développés : anecdotes de tournages, causes de l’arrêt de la série, rapport aux cultures latines rencontrées, avis sur les différents épisodes.

 

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