StaviskyL'Incorrigible

Saga Jean-Paul Belmondo

Peur sur la ville (1975)


1. PEUR SUR LA VILLE

classe 4

Résumé :

Une jeune femme reçoit un coup de téléphone en pleine nuit, c'est un détraqué qui n'arrête pas de la harceler. Il lui dit qu'il va venir la voir, terrorisée, elle prévient le gardien de l'immeuble puis la police de quartier. Mais alors qu'un inconnu sonne chez elle, elle fait une crise cardiaque et tombe par la fenêtre du 17e étage. Nora Elmer est la première victime d'un nouveau tueur qui jette la peur sur la ville : Minos.

L'affaire est confiée au commissaire Letellier et son bras droit l'inspecteur Moissac. Mais Letellier n'est pas intéressé par Minos, il veut Marcucci un dangereux braqueur à qui il doit d'avoir été éjecté de la brigade anti-gang. Mais le commissaire divisionnaire Sabin charge Letellier de l'affaire. Mais lors d'une visite à un témoin, Letellier laisse échapper Minos pour Marcucci qu'il fini par avoir. Dès lors un duel entre Minos et Letellier commence. Par deux fois, Minos échappe à Letellier et Minos fini par prendre en otage une actrice de films X, Letellier fait alors une intervention radicale et élimine Minos.

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Critique :

Peur Sur la Ville au même titre que Le Casse, rentre pour moi dans le top 5 des meilleurs Belmondo réalisés. C'est Henri Verneuil à nouveau (et qui d'ailleurs avait déjà réalisé Le Casse) qui fait équipe en tant que réalisateur avec Belmondo qui est en pleine maturité dans son art. Il sera aidé pour l'adaptation et les dialogues, par Francis Veber. Que dire de Peur sur la Ville ? Qu'on touche ici un autre monument du film français.

Peur Sur la Ville est comme beaucoup trop de films rares qui entrent dans cette catégorie : il possède une ambiance particulière que l'on ne retrouve dans aucun autre film et c'est ce qui fait qu'il se démarque des autres long-métrages, ainsi que des autres films de Belmondo. Et cela commence dès le départ au générique, lorsque l'angoissante musique se met en marche et que nous voyons des vues de Paris la nuit. Le décor est planté ce film sera un film noir. Puis vient la scène avec la magnifique Léa Massari (L'Impossible Objet, Le Souffle au Cœur, Le Silencieux) qui interprète Nora Elmer la première victime de Minos. J'ai toujours trouvé cette actrice magnifique, fabuleusement belle et c'est un vrai plaisir de la voir à l'écran même si ça ne dure que quelques minutes.

C'est Charles Denner qui refait duo avec Belmondo, je ne dirai pas grand-chose sur sa prestation : j'ai déjà dit tout le bien que je pensais de cet acteur pour le film L'Héritier, mon opinion n'a pas changée ! Il a toujours ce charisme et cette présence à l'écran, que Belmondo n'arrive pas à écraser : le duo fonctionne à merveille comme dans leur film précédent ensemble, ça marche à l'écran, c'est juste magique. Vient ensuite Jean Martin (Mon Nom est Personne, Cran d'Arrêt, L'Aile ou la Cuisse) qui campe le supérieur de Belmondo, j'aime énormément cet acteur qui est tout simplement fabuleux, il faut le voir dans Mon Nom est Personne et dans l'épisode de la première série de Commissaire Moulin des années 70, qui est intitulé « Intox » c'était un autre grand acteur français. Il n'y a rien à redire sur sa prestation ici, c'est pro, c'est fabuleux. 

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C'est à Adalberto Maria Merli (Le Professeur, Le Gang, Cent Jours à Palerme) de camper le salaud de service : Minos. L'acteur Italien est tout simplement impressionnant, et il m'est encore difficile personnellement à l'heure actuelle de le détacher de son rôle de pourri dans ce film ! Il suffit de voir la scène dans le vestiaire sous-terrain de l'hôpital lorsqu'il tue sa collègue infirmière Hélène Grammont, tandis que la porte du vestiaire fait un va et vient. Le changement physique juste avant et pendant la scène du crime dans le miroir est simplement à couper le souffle. Il fout les chocottes et pas qu'un peu ! C'est la très jolie Catherine Morin (Médecins de Nuit, Commissaire Moulin, Le Sexe Faible) qui joue Hélène, pas grand-chose à dire, son rôle étant très court.

Viennent ensuite Giovanni Cianfriglia dans le rôle de Marcucci, Jacques Rispal, Roger Riffard, Rosy Varte, etc. pour les autres seconds rôles, nous avons même Jean-François Balmer dans l'un de ses premiers rôles et qui interprète Julien Dallas. Et si vous regardez bien lors de la scène avec le psychologue qui s'exprime à la radio sur le cas de Minos, vous apercevrez même à côté du présentateur : Pierre Douglas.

Mais cela n'est pas le plus important, Verneuil réussit avec Peur sur la Ville de faire un film à l'action musclée mais aussi d'une noirceur et avec une ambiance pesante du début à la fin de son film qui le rendent tout simplement extraordinaire. Dès le début où l'on voit l'invité dans l'œil de chat et qui s'est trompé de porte et qui sans le vouloir a effrayé Nora Elmer, ça rappelle les meilleurs films de frissons. Il suffit de voir par exemple lorsque Letellier poursuit Minos la première fois juste après que ce dernier ai tué Germaine Doizon, la course à travers les toits parisiens, se termine aux Galerie Lafayettes. Et là, Letellier arrive dans un entrepôt rempli de mannequins de cire : il faut bien observer les mannequins, et pendant ce temps la musique pesante se met en marche. La scène est tout simplement géniale tant elle est oppressante ! 

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Tout comme la trouvaille de visualiser l'œil de verre de Minos, non pas par un cache noir, mais par un dessin d'œil à l'écran : ça renforce cette atmosphère très étrange. Veber n'est pas en reste avec ses dialogues, ainsi il faut voir les duels verbaux entre Letellier et Sabin, lorsque par exemple ce dernier dit à Letellier : que Minos l'a « cafté » et qu'il l'a foutu dans la merde. C'est juste jubilatoire, on en redemande. Bien évidemment, les fans de cascades de Belmondo seront comblés, les deux temps forts étant : la scène sur le toit du métro qui est simplement la plus impressionnante des cascades faites par Belmondo, et bien sûr le final avec la descente avec la corde de l'hélicoptère. Néanmoins, la scène de poursuite sur les toits est elle aussi tout à fait spectaculaire, surtout celle où Belmondo glisse plusieurs fois sur le petit toit en aluminium et où il récupère l'œil de verre de Minos.

Dans les critiques on pourrait juste dire que Belmondo joue un flic un peu trop nonchalant qui ne colle pas trop à la réalité et à son grade, et que justement lorsqu'il se remémore la scène de l'attaque de la banque par Marcucci, celle-ci aurait pu être mieux réalisée car elle ne fait pas trop réaliste. Mais ce n'est vraiment rien de bien méchant. La musique d'Ennio Morricone est à l'image du film : elle vous donnera des frissons. Avec Peur sur la Ville on prend son pied, on ne voit pas du tout passer ses 2H, et le film tient vraiment toutes ses promesses. De plus, pour les parisiens, ce sont plein de lieux connus et qui finalement aujourd'hui n'ont pas trop changés.

C'est du Verneuil, de l'excellent Verneuil. Le public ne s'y d'ailleurs pas trompé, et le film sera le deuxième plus vu de l'année 1975 avec ses plus de 3.9 millions d'entrées. Il fera également 1.1 millions d'entrées en Allemagne et plus de 900 milles entrées en Espagne. Joli carton, et mérité de surcroît. Film atypique, si beaucoup de gens disent qu'il y a eu dans la carrière de Belmondo un avant et un après Stavisky, personnellement, je trouve qu'il y a eu un avant et un après Peur sur la Ville !

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Anecdotes :

  • Jean-Paul Belmondo réalise la cascade lorsqu'il descend à la corde depuis l'hélicoptère, puis nous voyons des gendarmes à leur tour descendre en rappel sur le toit, puis du toit dans l'appartement où se trouvent Minos et Letellier. Ce sont des vrais gendarmes qui ont fait cela pour présenter à l'époque un nouveau corps d'élite de la gendarmerie qui venait juste d'être crée : le GIGN.

  • Alors qu'il venait de réaliser la cascade avec le métro, de nombreuses personnes assistaient au tournage du film, l'une d'elle interpelle Belmondo et lui dit : « Bravo Bébel, pour 100 briques moi je ne l'aurai même pas fait ! ». Belmondo s'est alors retourné vers cette personne avec un sourire en répondant : « Moi, non plus ! ».

  • La scène de poursuite de Minos sur les toits a failli (une fois de plus) coûter très cher à Belmondo, en effet si vous regardez bien la scène, il y a un moment où il glisse et se rattrape à la gouttière et la longe par la force des bras avant de remonter. Or si vous observez bien, une partie de la gouttière cède sous le poids de Belmondo. Cela n'était pas prévu, et une fois de plus Belmondo eut le réflexe de continuer à avancer le long de la gouttière. L'équipe de tournage était présente mais n'aurait pas pu faire grand-chose si Belmondo était tombé !

  • L'acteur qui joue Minos,  Adalberto Maria Merli, portait une prothèse sur son vrai œil pour simuler qu'il avait un œil de verre, il n'était pas borgne. D'ailleurs on arrive à apercevoir son vrai œil sous ses lunettes de soleil, lorsqu'il se rend au commissariat pour raconter à Letellier que toutes les victimes étaient passées dans l'hôpital.

Séquences cultes :

Frapper un policier avec un couteau, est-ce que c'est sérieux ça ?

Ne vous en faites pas, vous serez remboursés !

A tout instant, il se passe quelque chose aux Galeries Lafayette

Le schizo machin à tendance paranoide

Métro 

Assaut final

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