Saison 1Saison 3

Opération vol

Saison 2



1. ON A VOLÉ LE MORT
(ONE NIGHT ON SOLEDADE)
 



Scénario : Alan Caillou. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Al Mundy doit se faire passer pour un chasseur de trésor afin de voler le cadavre du fils d’un dictateur sud-américain, devant prouver que l’homme a été empoisonné. Mais ce dernier est en réalité encore en vie, dans le coma.

Critique :

Dans le pilote de cette seconde saison, nous constatons qu’Al Mundy a pris davantage d’assurance vis-à-vis de Noah Bain. Il n’est plus menacé de retourner en prison s’il refuse une mission suicide.

Pour les décors en mers, le réalisateur fait illusion, mais dès que nous nous retrouvons à l’île imaginaire de Soledade (un compromis entre Cuba et une dictature d’extrême droite), nous avons des scènes qui semblent sortir du Saint avec Roger Moore, par exemple une jungle de pacotille. Ces tournages «économiques » n’ont sans doute pas favorisé les potentielles rediffusions.

Le nouveau générique plus moderne rappelle un peu celui de Mannix (écran découpé en carrés), avec des scènes tirés des épisodes, et un ensemble moins naïf que dans la première saison.

Il faut avouer que la série a pris un coup de vieux, avec son contexte guerre froide espionnage sixties. Opération vol est une des ultimes productions influencées par la vague Bondomania de Goldfinger. Nous sommes en septembre 1968, quatre ans après le film de 007.

Al Mundy se voit adjoint d’une blonde espionne improbable qui en mission se balade en robe du soir, Jaimie (Nancy Kovak), tandis que la traîtresse locale est incarnée par Madlyn Rhue. On suit l’épisode sans ennui mais aussi sans passion, persuadé d’un happy end et d’un dénouement sans anicroches pour le héros.

Le contact local de la « SIA » se révèle un traître. L’ensemble dégage un parfum de naïveté surannée.

Anecdotes :

  • Nancy Kovak (1935-) qui a arrêté de tourner en 1976 a notamment  joué dans Les envahisseurs, Mannix, Hawaii Police d’état, et au cinéma avec Elvis Presley Une rousse qui porte bonheur.

  • Madlyn Rhue (1935-2003) a notamment joué dans Le Virginien.

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2. FAITES CHANTER CARUSO
(A SOUR NOTE)
 

Histoire de Gene L. Coon et Mort Zarcoff. Adaptation : Gene L.Coon. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Al Mundy doit retrouver un ancien nazi qui se cache près de Rome et a trouvé refuge auprès de Di Montelli, un fasciste italien, toujours escorté d’un certain Boselli. Pour cette mission, il est aidé par une diva, Angela.

Critique :

Après Les oiseaux, Suzanne Pleshette s’est reconvertie dans la télévision (Les envahisseurs, L’homme de fer). La série ne se prend pas au sérieux et distille une ambiance de légereté, un peu à la manière quelques années plus tard de notre Arsène Lupin hexagonal.

Pour les missions en Italie, cette saison 2 nous propose encore des tournages aux studios Universal, ce qui changera avec la saison suivante et des réalisations sur place.

En diva, Suzanne Pleshette, actrice adorable et sympathique, peine à nous convaincre. Elle est ici, pour le compte de la SIA, une complice du héros. En 1968, la véritable CIA (ici à peine rebaptisée par un changement de lettre) n’était pas éclaboussée par la réputation plus réaliste que lui ont fait Les trois jours du Condor. Même Mission Impossible se terminera suite au désenchantement du peuple américain envers ses services spéciaux.

Certains aspects de l’opus sont ridicules : Angela déteste Caruso auquel elle dénie tout talent. La CIA recherche l’ancien nazi non par soucis de justice mais parce qu’il a volé 300 000 dollars en 1945.

En coiffeur, Harvey Lembeck alias Gino Di Roma, en fait des tonnes et devient un personnage un peu pesant.  Il reflète un peu l’ambiance générale qui règne chez les truands qui relèvent tous de la farce, de la commedia dell’arte et semblent bien peu menaçants.

Faites chanter Caruso reste toujours dans le domaine de la légèreté et jamais le suspense ne s’installe. Le méchant, amateur d’opéra, n’est guère convaincant. L’épisode se regarde sans déplaisir, comme une comédie, mais ne laisse pas l’impression d’être un chef d’œuvre télévisuel.

Anecdotes :

 

  • Bruce Gordon, qui incarne Boselli, était Frank Nitti dans Les incorruptibles dont il tourna 28 épisodes.

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3. LE MAGICIEN VOLANT
(THE BILL IS IN COMITTEE)

Scénario d’Elroy Schwartz. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Un membre du congrès est l’objet d’un chantage. Une photo compromettante veut l’obliger à donner un prêt à une principauté imaginaire dirigée par un dictateur. Al Mundy doit se rendre sur place et voler les négatifs. Il se fait passer pour un magicien.

Critique :

Roxanne (Yvonne Craig) et Al Mundy font dès le début de l’histoire un tandem harmonieux. Les dirigeants de la principauté de Parenzia comptent sur l’aide financière des Etats-Unis pour stopper une révolution.

La belle actrice d’origine autrichienne Jocelyn Lane (née en 1937, et qui a tourné de 1954 à 1970), interprète Michelle, la maîtresse du dictateur, elle est un clone de Senta Berger. Elle cherche un joyau précieux et est une rivale de héros dans sa véritable vocation.

Cette-fois, l’intrigue est un peu simpliste. Mundy doit jouer les magiciens alors qu’il n’y connaît rien. Le dictateur est un passionné de magie.

En Paz le dictateur, Roger C. Carmel est peu crédible, voire grotesque.

Heureusement reste les scènes de suspense. C’est le cambriolage rituel fait par Al Mundy. Lequel se fait surprendre par Paz. Il parvient, avec peine, à le duper en lui faisant croire qu’il préparait un tour de magie. Un professeur d’escrime qui fait partie des révolutionnaires « démocrates » aura moins de chance. Par la suite, Mundy se sort de toutes les situations dangereuses de la façon la plus improbable. L’épisode rappelle parfois Mission Impossible.  Vers le milieu de l’histoire, l’intrigue décolle vraiment. En mettant Mundy totalement  en danger, le réalisateur nous passionne. L’opus est vraiment réussi. On se croit presque dans une mission de John Drake. Mettre un peu de côté l’aspect comédie et développer le suspense fait monter l’adrénaline du téléspectateur et sans doute l’audience.

Anecdotes :

  • Yvonne Craig (1937-2015) est surtout connue pour son rôle de Batgirl dans le Batman de 1966.

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4. QUELLE CHALEUR !
(THE THINGAMABOB HEIST)

Scénario : Burt Styler. Réalisation : Jack Arnold.

Résumé :

Al Mundy doit récupérer un métal précieux révolutionnaire, le paléum, auprès d’un certain Nick Grobbo. Pour s’introduire auprès de l’homme, Mundy dérobe une pierre précieuse qu’il propose à Grobbo d’écouler.

Critique :

Un épisode assez typique de la série, avec un Al Mundy macho, et un méchant (Grobbo) incarné à merveille par Riccardo Montalban. George, le maître d’hôtel, est joué par un géant, Bill Russell, un basketteur célèbre.

Mélange de suspense et de comédie, cet opus est un duel Robert Wagner-Riccardo Montalban où les joutes oratoires sont nombreuses.

Il n’empêche par rapport à l’époque de la première diffusion, Quelle chaleur a mal supporté le poids des ans. Les situations semblent caricaturales, et ce qui nous épatait jadis apparaît aujourd’hui bien désuet. Les numéros de passe-passe d’Al Mundy n’étonnent plus personne.

Le basketteur Bill Russell, qui semble ravi de jouer la comédie, reste aussi menaçant qu’à l’origine. Les personnages féminins sont un peu sacrifiés dans cet épisode, Sharon Acker en Edwina, complice du héros, ne révélant sa féminité qu’à l’épilogue. Sorte de compromis entre le James Bond de Sean Connery et le Steve McQueen de L’affaire Thomas Crown, Al Mundy évolue ici avec une aisance peu naturelle mais raffinée. Bien entendu, les acheteurs du Paléum sont des agents soviétiques. Tout cela nous parait aujourd’hui un peu anecdotique. L’affrontement tant attendu entre Mundy et George tourne court. La fin semble un peu téléphonée.

Anecdotes :

  • Lors de la première diffusion française en octobre 1971 sur la Une, c’est le basketteur Bill Russell (1934-) qui fut mit en évidence avec un petit article.

  • Jack Arnold (1916-1992)  a réalisé au cinéma « L’étrange créature du lac noir » (Un des premiers films en relief) et « L’homme qui rétrécit ».

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5. VOL EN RÉVOLUTION
(GET ME TO THE REVOLUTION TIME) 

Scénario : Paul Tuckahoe et Glen A. Larson. Réalisation : Leonard J. Horn.

Résumé :

Al Mundy doit dérober dans un coffre un accord entre un industriel et un révolutionnaire, le premier étant prêt à faire passer dans le bloc communiste une petite dictature des Caraïbes en échange de l’exploitation de la bauxite.

Critique :

Gene L. Coon, producteur de cette saison, est l’auteur du meilleur script de la série L’homme de Vienne : Double jeu. Il n’applique pas cette recette d’intrigue d’espionnage réaliste ici. Les images du pays imaginaire convoité, Santo Tomas, rappellent Haïti.

Al Mundy doit se faire passer pour un maître d’œuvre de cocktails, un britannique, Cormack Shannon. Il se débrouille mal. Cette mise en danger du héros renforce le suspense, car trop souvent dans la série, les choses sont trop aisées pour Al Mundy. On peut trouver que par rapport aux autres opus d’Opération vol l’épisode soit trop politique. Nous avons affaire à un Fidel Castro black.

Sur place, Al rencontre un agent féminin à la solde du dictateur en place, Jasmin (Ena Hartman). Le méchant, Ivor Phillips, manque de charisme, l’acteur Morgan Woodward (Dallas, Luke la main froide) se prenant trop au sérieux.

Regarder Opération vol en 2015 nous laisse dubitatifs sur les envies de revoir L’immortel ou Match contre la vie. C’est très daté, par rapport à Mission Impossible ou Les mystères de l’ouest. Pour une fois, la couverture d’Al Mundy est loin d’être parfaite. Mise en scène académique et conventionnelle, Robert Wagner totalement improbable en sujet de Sa Majesté, scénario qui semble avoir livré toutes ses clés à mi-parcours. On trouve le temps long jusqu’à l’épilogue.

L’interprétation laisse à désirer, faute de vraies invitées vedettes connues. On ne comprend pas pourquoi Mundy est si maladroit dans l’identité qu’il a prise, Shannon (il ne parvient pas à réaliser les cocktails), et le ton dramatique et sérieux de l’ensemble tranche avec les épisodes comme Le magicien volant.

Un épisode vraiment faible.

Anecdotes :

  • Le titre original est une allusion à Get me to the church in time, chanson du film My Fair Lady.

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6. DANGER ! RADIATIONS
(THE PACKAGER)

Scénario : Leonard Stadd. Réalisation : Leonard J. Horn.

Résumé :

Un milliardaire, Ambrose Billington, fait chanter Al Mundy en voulant l’obliger à dérober un carburant atomique.

Critique :

Ce qui surprend dans cet épisode, c’est le fait que le générique n’intervient qu’à la 6e minute, et les crédits (présentation du titre, vedettes invitées, scénariste, réalisateur) à la 16e, chose inhabituelle pour un métrage de 49 minutes. Notons qu’il ne se passe rien de spectaculaire dans ce long pré-générique, ce qui rend la chose d’autant plus injustifiée.

Robert Wagner se faisant passer pour le représentant de Valdere, un état limitrophe des Etats-Unis, a recours à nouveau comme dans la première saison à une postiche (moustaches, lunettes épaisses). Le décor de l’usine atomique n’est guère glamour. On se croit parfois dans l’usine du Docteur No.

Le directeur de l’usine, Aiken (William Smithers) montre de façon un peu trop complaisante et pas réaliste les installations aux visiteurs. Smithers est nettement plus convaincant que l’interprète de Billington, le fade Alex Dreier. La fille de l’histoire, Helen, est jouée par la très jolie Lee Meredith qui semble assez limitée comme actrice.

La question que le téléspectateur devrait se poser est « Si un milliardaire américain veut s’emparer de carburant atomique, pourquoi les services secrets ne le neutralisent pas ? ». Les nombreux allers et retours dans l’usine sont vite répétitifs. Quel plaisir trouve-t-on aujourd’hui à regarder Opération vol ? C’est mieux filmé que L’homme de fer. Mais il y a un aspect désuet qui rappelle L’homme qui valait trois milliards.

Un épisode en demi-teinte.

Anecdotes :

  • Il est fait allusion au passé de cambrioleur d’Al Mundy dont les exploits ont duré de 1962 à 1966.

  • William Smithers (1927-) a joué dans L’homme de fer, Peyton Place, Dallas, Haine et passion, et au cinéma dans Papillon.

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7.  OPÉRATION CENTAURE - 1RE PARTIE
(HANS ACROSS THE BORDER - PART 1)

Scénario : Glen A. Larson. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Un agent double, Schiller,  est capturé au mur de Berlin. La SIA doit démasquer un traître nommé Centaure. Pour cela, Mundy doit se faire passer pour un aviateur qui a tenté de pénétrer derrière le rideau de fer et dont l’avion s’est écrasé.

Critique :

C’est le premier épisode double de la série. Cheikpoint Charlie, soit le mur de Berlin, est reconstitué aux studios Universal de façon un peu trop évidente, le tout alterné avec des stock-shots. On touche à la catastrophe lorsque Mundy est pendu à un arbre en tant que parachutiste. Tout cela a été tourné en studios. C’est dommageable pour la crédibilité. On comprend que, loin d’être à Berlin, nous sommes au cœur de l’Amérique. Le budget n’a rien de comparable avec ce que les producteurs mettront en œuvre pour la saison 3.

Joseph Cotten est trop américain (il est né en Virginie) pour être crédible en général est-allemand. Quel curieux choix, là où un Anton Diffring aurait mieux convenu.

Dans toute la première partie, Mundy censé être pilote abandonne le costume de cambrioleur. Robert Wagner joue les agents secrets. Il doit quitter le côté décontracté du personnage de Mundy. On se retrouve en pleine guerre froide. En dehors du yankee Cotten, les autres comédiens personnifient assez ce que l’on peut imaginer de l’Allemagne de l’Est de l’époque. L’opus par ses aspects prouesses techniques rappelle Mission Impossible.

Le reste de l’épisode, censé se passer en RDA, n’est pas toujours des plus passionnants. Disposant de deux parties, le réalisateur prend tout son temps pour raconter l’histoire, ce qui nuit au rythme.

L’épisode se termine sur un cliffhanger.

Anecdotes :

  • Joseph Cotten (1905-1994) incarne dans ce double épisode le colonel Heinrich. Dans la saison 3, il interprétera trois fois le personnage de Mr. Jack.

  • On voit un portrait de Lénine dans le bureau du colonel Heinrich.

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8.  OPÉRATION CENTAURE - 2E PARTIE
(HANS ACROSS THE BORDER - PART 2)

Scénario : Glen A. Larson. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Al Mundy doit retourner à Berlin Est dans la tanière du colonel Heinrich. Selon Noah Bain, Schiller n’est autre que le traître Centaure à la solde des américains et doit retrouver la confiance du bloc de l’Est.

Critique :

Bonne surprise, on nous épargne un long résumé de la première partie, tout au plus l’action reprend elle environ une minute avant la fin de celle-ci.

On noie le téléspectateur dans une foule de détails sur l’intrigue d’espionnage. Tout ceci au détriment de l’action. Déguisé une deuxième fois en infirmière, Wagner, qui nous arrachait un sourire, nous lasse un peu.

Les décors immuables (des studios Universal) ne font pas plus illusion que les missions de Simon Templar-Roger Moore dans de semblables circonstances.

La SIA veut faire croire à Heinrich que le général Tashkov, un héros de guerre,  est Centaure. On se demande bien pourquoi la production a étiré en deux parties cet épisode dont l’intrigue n’en demandait pas tant.

Mundy dans son rôle de pilote espion est rejoint par son « épouse » Corey (Pamela Austin). On est habitué à moins de bavardages dans la série. Nous avons droit à une scène savoureuse au cours de laquelle Al Mundy découvre un coffre-fort… dans un buste de Lénine.

Cet épisode nous permet d’en apprendre plus sur la SIA : l’agent Bates, un sous fifre, est autorisé à tuer Noah Bain si ce dernier ne se plie pas aux ordres reçus avant la mission. Cela nous donne un aperçu de ce service secret dans la saison 3 (De la part d’Alexandre).

Le téléspectateur d’aujourd’hui ne se laisse pas abuser par les raccords approximatifs entre les scènes d’archives filmées du mur de Berlin et les plans fait en studio.

L’opération de discrédit du colonel Heinrich rappelle vraiment les missions de Jim Phelps un peu plagiées dans cet épisode. La fin est verbeuse et Wagner semble s’ennuyer. Opération Centaure se termine par un échange de prisonniers. Cette séquence est trop longue sans véritable suspense.

Cet opus très moyen n’augure rien de bon pour les épisodes en deux parties à venir.

Anecdotes :

  • Pamela Austin (1941-) a joué dans La quatrième dimension, Le fugitif, Les mystères de l’ouest, Le Virginien, Columbo, et au cinéma dans Sous le ciel bleu d’Hawaii.

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9.  FESTIVAL
(A CASE OF RED TURNIPS)

Scénario : Mort Zarcoff. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

Al Mundy doit en 48 heures récupérer un film qui va être projeté en public au festival du court métrage de La Palma, et dans lequel apparaissent dix agents de la SIA. Les soviétiques et les chinois convoitent le film.

Critique :

En metteur en scène underground Lester V. Griffin, l’acteur Noel Harrison semble très à l’aise. L’épisode reprend un peu tous les clichés que les américains ont du festival de Cannes. Bien que Palma évoque Palma de Majorque. D’ailleurs, il est précisé à la 19e minute lors d’une conversation entre le héros et la belle Iris que nous sommes en Espagne.

Plus qu’un cambrioleur-espion, Al Mundy nous apparaît dans cet épisode comme un dandy. L’intrigue est légère et le spectateur ne prend pas tout cela au sérieux, même sans doute lors de la première diffusion. C’est dû en grande partie au cadre enchanteur, même si l’on se doute qu’il est reconstitué en studios. Harrison adopte la même posture décontractée.

L’élément de tension est la capture de Noah Bain par un agent soviétique, Malchek. Mais la belle Iris est bien improbable en espionne du KGB, elle est plutôt prête pour un défilé de mode. Wagner évoque irrésistiblement Roger Moore dans Le Saint et l’humour celui des James Bond à venir de la décennie suivante. La recette est sea, sex and sun à la façon d’un Amicalement vôtre avant l’heure.

L’ambiance est radicalement différente du double épisode précédent. La guerre froide vue sous cet angle ne peut être prise au sérieux, c’est une comédie. Le personnage de Griffin qu’incarne Noel Harrison serait aujourd’hui considéré comme plutôt efféminé, mais en 1968, le téléspectateur n’y voyait aucune malice. Harrison ne doit pas être trop dépaysé car l’ambiance décalée rappelle parfois Annie, agent très spécial.

La baie en fond de décor est de toute évidence un tableau, mais tout le monde s’en moque. On n’a pas lésiné sur les jolies filles à divers stades du déshabillage tout en respectant les conventions de l’époque : la chinoise Joy Sung (Miko Mayama) nous fait un topless, mais nous ne la verrons que de dos, tandis qu’Amy Thompson en Iris rappelle Diana Rigg dans Du miel pour le prince (saison 4 des Avengers) en tenue de danseuse orientale. Elle a la bonne idée de garder cette tenue les trois quarts de l’épisode.

On passe un moment de détente agréable, appréciant que personne ne se prenne au sérieux, ce qui est en osmose parfaite avec le scénario. Nombre de choses paraîtront désuètes aux générations d’aujourd’hui comme la cabine téléphonique devant laquelle Mundy est obligé d’attendre. A l’heure du téléphone portable, c’est presque un témoignage d’un passé révolu. Intéressante pour la nostalgie, la série aurait tout de même du mal à se trouver un public aujourd’hui. Les féministes n’apprécieraient pas le machisme de Mundy et le portrait fait des espionnes, belles, soumises et sans cervelle.

Le twist final est du plus haut comique, satire féroce du cinéma d’art et d’essai. Il faut que les cinéphiles aient de l’humour pour apprécier.

Anecdotes :

  • Noel Harrison (1934-2013) est la co-vedette avec Stéphanie Powers de Annie, agent très spécial.

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10.  LE DIAMANT DE LA BARONNE
(THE GALLOPING SKIN GAME)
 

Histoire de Leigh Chapman et Gene L. Coon. Adaptation : Gene L. Coon. Réalisation : Michael Caffey.

Résumé :

Devant récupérer un traité volé, Al Mundy doit affronter à nouveau Nick Grobbo.

Critique :

Cet épisode est la suite de Quelle chaleur ! Mais pas pour les téléspectateurs français qui ont vu sur  la 2 Le diamant de la baronne en juillet 1970 et Quelle chaleur ! en octobre 1971 sur la Une.

C’est la seconde manche du match entre Nick Grobbo/Riccardo Montalban et Mundy. Il est fait de nombreuses allusions à ce qui s’est passé dans Quelle chaleur ! Tout cela a dû passer inaperçu du spectateur français de 1970.

On comprend d’emblée que le combat Grobbo-Mundy est nettement mieux travaillé que la première fois.

Riccardo Montalban, gentleman altier et majestueux, semble bien plus sympathique que son personnage et ne parvient jamais à être vraiment menaçant, arborant un air sympathique Dans un échange entre Mundy et Bain, le voleur dit qu’il n’aimerait pas devoir tuer son adversaire. On retrouve Martine Beswick (Bons baisers de Russie et Opération Tonnerre) belle à damner à saint, ou inspirant des sentiments moins avouables aux mâles, tandis que Richard Kiel, alors connu comme Voltaire dans Les mystères de l’ouest a les mêmes attitudes que le futur Requin de L’espion qui m’aimait et Moonraker.

Champagne, luxe de la haute société, jeux de casino, jolies filles, nous sommes dans une atmosphère bondienne et de détente totale.

On est à des lieues du réalisme de De la part d’Alexandre dans la saison 3. Ce ton de comédie sied à merveille à la série, et en empruntant cette voie, cette saison 2 se poursuit mieux qu’elle a commencé. Richard Kiel est savoureux en Willy même si il joue un peu toujours le même rôle, de Voltaire à Requin.

Les joutes verbales entre Montalban et Wagner (ou leurs personnages) sont un régal. Le numéro de charme de Martine Beswick à Richard Kiel est du plus haut comique. Comme dans Quelle chaleur !, il est question d’un diamant davantage que du macguffin (un métal précieux dans la première partie, un traité dans la seconde).

L’intrigue est censée se dérouler à Rome. La majeure partie des plans se déroule en intérieurs, le manque de moyens n’est donc pas un handicap.

Montalban semble réellement s’amuser en jouant son personnage, sans altérer la crédibilité de Nick Grobbo.  Vers la fin, en recourant aux postiches (fausses moustaches et barbes, épaisses lunettes), Wagner ne tombe pas dans le ridicule.

Le twist final se fait au détriment de Mundy de la part de Noah Bain, et l’on apprécie pour une fois que ce soit notre héros, plein d’humanité envers Nick Grobbo qu’il apprécie et dont il veut empêcher la mort, qui soit le pigeon. Un excellent opus, à ne pas prendre au sérieux, avec des comédiens au sommet de leur art et un humour sans failles.

Anecdotes :

  • Deuxième et dernière apparition de Riccardo Montalban dans la série.

  • Martine Beswick (1941-) retrouvera Robert Wagner dans Switch et Riccardo Montalban dans L’île fantastique.

  • Montalban tient en mains un quotidien italien, Il popolo d’Italia, où les articles sont en anglais, et sur lequel nous voyons la date du 30 octobre 1968, l’épisode a été diffusé aux usa la même année le 3 décembre.

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11.  UN MUR EN OR
(GLASS RIDDLE)

Scénario : B.W. Sandefur. Réalisation : George Tyne.

Résumé :

Al Mundy cambriole un coffre-fort et veut voler des actions d’un groupe qui veut apporter son soutien à des actions de guerre. Mais il est capturé et rossé.

Critique :

Après deux épisodes remplis d’humour, cet opus très sérieux est moins enthousiasmant. Un homme se fait piéger par un groupe dirigé par le cynique Roper (Roy Poole), il s’agit d’un certain Lathum (Jason Evers) dont l’épouse plaide la cause auprès d’Al Mundy pour qu’il obtienne l’immunité.

L’épisode commence de façon assez violente et inhabituelle pour la série, puis alternent des scènes de comédie où Robert Wagner est déguisé en peintre farfelu.

Beaucoup de scènes sont consacrées à la démarche de Myrna, l’épouse de Lathum, auprès de Mundy. Le scénario se perd parfois dans les méandres d’une intrigue mal ficelée. Mundy, avec postiches, en peintre, est amusant cinq minutes mais lasse à la longue.

On se situe dans le pur espionnage et l’action, assez réaliste, ce qui démontre qu’au cours d’une même saison, Opération vol évolue. Mais on copie ici un peu trop Mission Impossible avec une abondance de gadgets et de situations improbables. Roy Poole impulse au méchant une totalité menaçante et dangereuse et domine la distribution.

Cependant, les comédiens ne parviennent pas à combler les lacunes d’un script laissant vraiment à désirer. Le réalisateur compense en meublant par des scènes montrant Mundy en pleine action. La plus grande part de l’opus se déroule dans une banque. On regrette l’absence totale d’humour.

La fin heureusement rattrape beaucoup  les faiblesses de l’intrigue. Elle compense en suspense ce qui manque en comédie.

Anecdotes :

  • Jason Evers (1922-2005) fut une guest star des séries des années 60 à 90, citons Les envahisseurs, Mannix, Hawaii Police d’état, Cannon, Les rues de San Francisco, Banacek, L’homme qui tombe à pic.

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12.  CASSE-TÊTE CHINOIS
(TO CATCH A ROARING LION)

Scénario : Robert Malcolm Young. Réalisation : Marc Daniels.

Résumé :

Les chinois veulent déstabiliser un petit état d’Afrique Centrale en volant un précieux document, la déclaration d’indépendance, que chaque année, lors d’une cérémonie, le président doit montrer à la foule.

Critique :

Si tous les épisodes de la série étaient de cette qualité, Opération vol serait toujours programmée ou du moins aurait été rediffusée pendant des décennies comme plusieurs séries culte. Nous sommes là dans la qualité la plus parfaite, et l’opus a toute sa place parmi les meilleurs de la série (La famille, Le scorpion, De la part d’Alexandre, Le diamant de la baronne et quelques autres).

En effet, tout y est : un scénario en or, illustré par une mise en scène qui ne permet à aucun moment de se rendre compte que nous ne sommes pas réellement en Afrique (La caméra est vraiment bien placée), une actrice belle et sexy pleine de talent qui sert de Mundy girl, un méchant sorti tout droit de Hawaii Police d’état (il s’agit de l’interprète de Wo Fat) composant un ennemi menaçant et crédible.

On ne s’ennuie pas une seconde. L’Afrique, à travers un pays imaginaire, nous y est présentée à travers une vision de carte postale, chose courante dans les séries de l’époque (Daktari, Tarzan, Match contre la vie avec Ben Gazzara qui comporte des voyages africains dans Le guide, le dernier safari, etc). Khigh Dhiegh en Fu Cheng reprend quasi à l’identique son personnage de cruel mandarin ennemi de Steve Mc Garrett, mais s’intègre fort bien à l’histoire. Qu’il brandisse le petit livre rouge de Mao ou se délecte des tortures ancestrales chinoises qu’il pratique, il est un méchant à la hauteur de ce réclamait Sir Alfred Hitchcock.

On regrette simplement que l’opus soit un peu pudibond par rapport à ce que l’on a vu dans la série, la délicieuse Denise Nicholas en Toosdhi ne succombant pas au charme de Mundy (le couple est interrompu au moment où il va aller plus loin).

Première dans la série, c’est Mundy qui décide de partir en mission, le pays menacé étant celui d’un de ses amis voleurs devenu agent secret, même si à postériori, Noah Bain le conforte dans sa position. La mission semble tellement impossible que notre héros devra utiliser la technologie moderne – de l’époque – ses doigts et talents de voleurs n’étant pas suffisants pour l’occasion.

Les rebondissements sont nombreux, chaque personnage est à sa place, et l’on ne voit pas défiler les cinquante minutes, scotché à son fauteuil. En dire davantage serait dévoiler des spoiler, mais l’on peut conseiller à un néophyte cet épisode pour commencer la série, il est bien meilleur que le pilote et donne envie de connaître d’autres missions d’Alexandre. Un pur joyau télévisuel.

Anecdotes :

  • Khigh Dhiegh (1910-1991) est mondialement connu pour son personnage de Wo-Fat dans Hawaii Police d’état. Rôle qui l’a sans doute limité pour le reste de sa carrière.

  • Denise Nicholas (1944-) ne tourne plus depuis 2004. Cet épisode d’Opération vol était son tout premier rôle. On l’a vue au cinéma dans Le vampire noir, Capricorn One, et à la télévision dans Room 222, Night Gallery, Dans la chaleur de la nuit, La croisière s’amuse, Magnum, Arnold et Willy. Elle est aussi écrivain et militante des droits civiques.

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13. VACANCES À RIO
(GUESS WHO'S COMING TO RIO?) 

Scénario : Glen A. Larson. Réalisation : Bruce Kessler.

Résumé :

Al Mundy bénéficie de deux jours de permission exceptionnelle à Rio. Il compte roucouler avec une comtesse, mais tombe en pleine chasse à une espionne soviétique en fuite.

Critique :

Episode inédit totalement atypique puisqu’il ne s’agit pas d’une mission de Mundy mais d’une permission (des vacances de deux jours à Rio de Janeiro). Ce qui explique peut-être que la France ne l’ait pas doublé. Il est question d’une comédie débridée, dans laquelle on ne s’ennuie pas.

La distribution est brillante : véritable ersatz de Peter Lorre qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, Aram Katcher incarne Quiggs, un lâche et sournois agent brésilien. En nymphomane assez naïve, Teri Gar compose un personnage savoureux et domine la distribution féminine, Dana Wynter ne faisant elle que des apparitions en pointillé en comtesse convoitée par le héros mais que les circonstances vont empêcher à chaque fois de rencontrer. Michael Ansara, alias Sergio, chef des services spéciaux brésiliens, disparaît trop vite, son personnage étant tué. Alejandro Rey qui incarne son second, Mendoza, acteur au physique avantageux, joue ici à fond la carte de la comédie, scénario oblige. Deux fausses notes : John Russell peu crédible en Dover contact local de la SIA (il serait plus à sa place en mafioso) et surtout Arlene Martel, improbable transfuge soviétique.

Raconter l’épisode serait fastidieux tant les rebondissements sont nombreux. Il s’agit plus d’une vaste farce que d’une mission sérieuse pour Mundy, lequel ne peut décidemment pas prendre de vacances sans être rejoint par son statut de gentleman espion de la SIA.

On rit beaucoup à cette comédie qui réussit à ne pas être hors sujet dans le cadre de la série, c’était un peu le risque à partir d’un script aussi débridé. Robert Wagner retrouve le costume de voleur dans la seconde partie de l’opus.

C’est de la bonne télévision, assurant cinquante minutes de détente, sans tomber dans le genre trop décalé (Batman, Annie agent très spécial).

Anecdotes :

  • Teri Garr (1947-) a fait une belle carrière au cinéma. Citons Frankenstein Junior, Rencontres du troisième type, Tootsie,  Dumb et Dumber.

  • Aram Katcher (1921-1998) est un comédien et réalisateur turc. On l’a vu au cinéma dans Ultra Vixens, Ne pas déranger et Invasion USA. Il s’est aussi consacré aux métiers de producteur et scénariste. A la télévision, on l’a vu dans deux épisodes de Mannix, mais aussi dans Jeannie de mes rêves et Daniel Boone.

  • Malachi Throne/Noah Bain n’apparaît que quelques secondes dans cet épisode.

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14. COPIE CONFORME
(THE ARTIST IS FOR FRAMING)

Scénario : Marty Roth et Glen A. Larson. Réalisation : Don Weis.

Résumé :

A Lucerne, le commissaire Berman, un as de la police réussit avant de prendre sa prochaine retraite à confondre Al Mundy pour plusieurs vols. Alexandre pense que quelqu’un a imité ses méthodes et soupçonne un de ses confrères Vic Torres et son amie Angel.

Critique :

Cet épisode est le chant du cygne d’un ange d’Hollywood, Gia Scala. Ce sont en effet ses toutes dernières images tournées. Il rend d’autant plus triste un opus déjà pas porté sur l’optimisme. Ici, aucun humour ou pirouette, aucun flirt, Mundy est confronté à la trahison mais le coupable n’est pas celui que l’on croit.

Rarement, la série aura joué la carte du réalisme et du pessimisme comme elle le fait ici. L’intrigue est censée se dérouler en Suisse mais plusieurs plans montrent que d’évidence, tout à été bouclé aux studios Universal.

Outre Gia Scala, l’interprétation est poignante : Paul Heinreid incarne un policier amer, qui a toute sa vie permis de coffrer des voleurs de renom et de récupérer des fortunes, pourtant il va vivre bientôt d’une retraite maigrichonne. Il a certes la gloire, mais cela ne nourrit pas son homme.

Patrick Horgan est pour sa part Vic Torres, condamné à se faire passer pour un infirme en fauteuil roulant après être tombé du toit du musée du Louvre, l’épisode nous apprendra qu’il marche très bien sur ses jambes.

Dès le début, on comprend que l’ambiance ne va pas être à la fête. Mundy est en fâcheuse posture, accusé de vol et risquant des années de prison avec des preuves accablantes à son encontre, ce qui étonne jusqu’à Noah Bain.

L’histoire se termine sur un registre dramatique, où même Wagner ne pense plus à sourire. Il est un peu étrange que cet épisode soit si triste dans une série qui manie souvent l’humour alors qu’à l’époque personne ne savait que c’était les adieux de la belle Gia.

Anecdotes :

  • Gia Scala (1934-1972) faisait là son dernier tournage. Elle avait été un grand espoir d’Hollywood avec Tout ce que le ciel permet, Prenez garde à la flotte, L’étoile brisée, Le père malgré lui, Les canons de Navarone. Malgré son succès, elle était dépressive et fit une première tentative de suicide en 1958. Sa dépendance à l’alcool lui coûta sa carrière. A la télévision, on la voit dans Alfred Hitchcock présente,Voyage au fond des mers, Match contre la vie, Tarzan, Les règles du jeu et enfin cet Opération vol en 1969.

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15.  LA CICATRICE
(THE NAKED BILLIONAIRE) 

Scénario : Stephen Kandel. Réalisation : Norman Foster.

Résumé :

Al Mundy doit s’assurer qu’un milliardaire qui vit en reclus, Daniel Ryder, n’a pas été remplacé par un imposteur. Or, Ryder doit signer un contrat avec le Pentagone.

Critique :

Cette histoire fait immédiatement penser au milliardaire Howard Hugues qui vivait reclus, et dont l’histoire a été contée (de façon romancée) dans le James Bond Les diamants sont éternels. Cet épisode a été tourné deux ans avant, on y voit des scènes similaires (Mundy escaladant un ascenseur pour percer le mystère). Le thème a été aussi abordé de façon détournée dans Amicalement vôtre : la danseuse et Banacek : Souffler n’est pas jouer.

Encore une talentueuse beauté pour donner la réplique à Wagner : Sally Kellerman, lèvres en feu dans Mash. Mundy se montre ici très sentimental avec Nina/Sally Kellerman, une ancienne conquête.

Bien entendu, le spoiler de l’épisode est l’identité de Ryder. Le vrai serait mort, et pour l’identifier, il faut que Mundy photographie un détail, une cicatrice que l’homme possède à sa cuisse gauche.

Pas d’humour et beaucoup de suspense dans cet épisode. A mi-chemin, on craint un dénouement dramatique. Ce n’est pas une fausse impression, mais la fin est étonnamment bâclée et nous prive de toute émotion.

On peut reprocher à cet épisode d’oublier un peu le thème de la série (Al Mundy le voleur) pour voir un ersatz de James Bond. Dans la distribution, Peter Mark Richman se révèle assez brillant. Il est le méchant qui tire les ficelles en coulisses.

C’est un très bon épisode, mais la sortie de scène de Sally Kellerman est éludée, ce qui nous prive sans aucun doute d’une belle conclusion. On ne s’ennuie pas malgré plusieurs séquences dans les mêmes endroits, essentiellement la demeure de Ryder, l’ascenseur. Robert Wagner sait donner de l’épaisseur à son personnage en le rendant vulnérable. L’intrigue est solide et aurait mérité une conclusion moins hâtive, ce qui coûte la quatrième étoile à l’opus, excellent le reste du temps.

Anecdotes :

  • Sally Kellerman (1937-) a joué au cinéma dans Mash et l’étrangleur de Boston, à la télévision dans Les envahisseurs, Hawaii police d’état, Mannix.

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16. CHASSÉ-CROISÉ - 1RE PARTIE
(A MATTER OF GREY MATTER - PART 1)) 

Scénario : Tony Barrett. Réalisation : Jack Arnold.

Résumé :

Le pygmalion d’une starlette serait un dangereux ennemi à la solde de l’Est. La SIA s’associe aux services britanniques et français pour le mettre en échec.

Critique :

Nous sommes sur un plateau de tournage un peu caricatural, avec la starlette, Dodie, sans cervelle, le metteur en scène qui s’énerve, et des situations vues cent fois ailleurs. D’ailleurs, au premier abord, cela rappelle l’épisode du Saint Dalila a disparu.

Après la fade Opération Centaure, on a tendance à se méfier des épisodes en deux parties dans cette série. L’impression que le réalisateur « meuble » par de nombreuses scènes creuses destinées à rallonger le métrage est flagrante dès le premier quart d’heure.

D’ailleurs, sans doute conscient de la faiblesse du script, Robert Wagner a l’air de s’ennuyer. Don Knight retrouve le rôle de Bertie Turner qu’il tenait dans l’épisode 15 de la saison 1 Une affaire royale.

Joey Heatherton est certes fort jolie et sexy en Dodie DuBois, mais l’on trouve vite le temps long. L’ennemi est un certain Wolfgang (Paul Lukas), un vieil homme mécène de Dodie.

Don Knight est plus à l’aise dans les rôles de méchant. Malachi Throne en chapeau melon (l’épisode est censé se dérouler à Londres) frôle le ridicule. On espère un sursaut dans la seconde partie, car ce début est soporifique. Le téléspectateur est noyé de détails sur ce que détient Wolfgang, d’un intérêt très relatif. Il y a très peu d’action et beaucoup de bavardages. Les rebondissements sont téléphonés. Tout cela est bien décevant alors que Gene L. Coon est à la production, et qu’il a montré, quelques années plus tard, son talent dans L’homme de Vienne. Le scénariste Tony Barrett est en panne totale d’inspiration. Les quelques scènes d’action semblent artificiellement collées au reste pour sortir le spectateur de sa torpeur, mais s’intègrent mal au récit.

Avec le recul des ans, Opération Vol se révèle une série inégale. Quant aux épisodes en deux parties, le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas une réussite.

Anecdotes :

  • Joey Heatherton (1944-) est surtout chanteuse, et a tourné 23 rôles pour le cinéma et la télévision. Au cinéma, elle a joué dans Le motel du crime, Rivalités, The ballad of Andy Crocker, Cry Baby, et a participé aux séries Le Virginien et Les espions.

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17.  CHASSÉ-CROISÉ - 2E PARTIE
(A MATTER OF GREY MATTER - PART 2)

Histoire de Tony Barrett. Adaptation : Gene L. Coon. Réalisation : Jack Arnold.

Résumé :

Le metteur en scène du film de Dodie a disparu et un certain Boris Bolchoi vient prendre la relève, tandis qu’Al Mundy recherche toujours Wolfgang.

Critique :

Il s’agit vraiment de deux épisodes distincts, puisque cette-fois, Gene L. Coon adapte l’idée de Tony Barrett, changement d’équipe rare dans les doubles épisodes. Un peu comme si le producteur s’était rendu compte du désastre et essayait de sauver l’entreprise du naufrage.

Le personnage de Runyon, un mafieux (Anthony Caruso) est mis en valeur dans ce second volet.

Le metteur en scène change dans l’histoire pour diriger la peu talentueuse Dodie. Boris Bolchoi – quel nom original ! – incarné par Leon Askin remplace Whitaker (Alan Caillou). Il y a un film dans le film, et ce nouveau metteur en scène venant sauver un film mal engagé nous renvoie à l’épisode lui-même.

Avec l’arrivée de Boris, un zeste d’humour vient se distiller dans l’histoire, nous arrachant quelques sourires. Londres reconstituée aux studios Universal est un désastre, et l’on comprend la production lorsqu’elle a décidé des tournages en Europe pour la saison 3.

Coon essaie de donner un peu de cohérence au script dans cette seconde partie, notamment en incluant les scènes d’action aux moments opportuns.

Joey Heatherton est moins présente dans son rôle de starlette idiote. On ne s’en plaint pas tant elle joue mal. Le scénario nous propose un nouveau méchant qui n’est autre que l’ex metteur en scène Whitaker. Pour épicer l’histoire, un traître est à découvrir dans les rangs de la SIA.

Jill Donohue, qui était plutôt transparente dans la première partie, remplace en agent américain la starlette comme personnage principal féminin.

Je me suis davantage intéressé à cette seconde partie. Il aurait fallu que Gene L. Coon refasse la première, ou condense l’ensemble en un seul épisode. Cela reste quand même un opus mineur. Toute la trame au sujet du frère de Dodie, un jeune garçon doté d’un QI de 192, Herbie (Barry Williams) est assez fastidieuse, c’est le point faible de l’histoire. On n’y croit pas une seconde. Dodie et Herbie ne peuvent être davantage dissemblables.

Dans le script, il y a d’autres incohérences, comme l’improbable « association » entre le dangereux mafioso et le gentleman cambrioleur. Une incursion dans les milieux du cinéma peu réussie pour Al Mundy, avec des personnages qui dégagent une absence totale d’émotions. Même si la seconde partie est meilleure que la première, on reste sur notre faim. Le défilé de méchants successifs à l’épilogue est de trop.

Anecdotes :

  • Al à propos de Dodie : « Moi, je lui trouve une présence »

    • Boris : « La statue de la liberté en a aussi ».
    • Al à Bertie : « Tu t’y connais un peu en trigonométrie ? »
      Bertie : « Je suis peu doué pour les langues ».
  • Jill Donohue (1940-) qui incarne l’agent Gabrielle a arrêté sa carrière après cet épisode, pour revenir en 1995 faire une apparition dans un des téléfilms réunion de Pour l’amour du risque avec Robert Wagner.

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18.  PATTE DE VELOURS
(CATSPAW)

Histoire de Joel Kane. Adaptation : Joel Kane et Glen A. Larson. Réalisation : Jerry Hopper.

Résumé :

Al Mundy doit voler la couronne royale de la Monica, mais après qu’on lui ai saboté les freins de sa voiture, il doit faire appel à un comparse.

Critique :

Deuxième des trois épisodes, après Quelle chaleur  et avant Made in Japan  dans lequel Sharon Acker incarne le docteur Edwina Hopkins.

Cet épisode fut rediffusé dans La Samedi à vous. Fernando Lamas a lui aussi joué trois fois dans la série, L’ange triste 5e de la saison 1, et Le grand tourbillon 16e de la saison 3 vu en 1973 en France, toutefois, à chaque apparition, il incarne un nouveau personnage. Cette-fois, il est Pepe Rouchet.

L’épisode est marquant avec le félin qui protège le joyau. Il hante longuement la mémoire du téléspectateur après vision.

Pourtant Patte de velours a mal vieilli. Lors des premières diffusions, 1971 et le 16 août 1975 dans Samedi est à vous, l’histoire épatait le spectateur. Le tigre qui garde la couronne, les voitures dont les freins sont sabotées façon début du film La mort aux trousses. Sommes-nous devenus moins naïfs, plus exigeants, mais l’épisode illustre a quel point la série est datée aujourd’hui. Voler une couronne dans une forteresse imprenable, avec deux voleurs hauts de gamme en lice, une jolie fille dans les coulisses, tout cela a un goût suranné. Le but de l’histoire est répétitif, c’est le même que celui de Casse tête chinois, la couronne royale de la Monica est la base de l’économie d’un pays menacé de coup d’état.

Le fait que Mundy tire une fléchette hypodermique sur le tigre pour sauver Pepe Rouchet n’étonne plus personne. Sans doute la série suivait elle trop la mode de son époque ce qui a entraîné le constat que nous la trouvions aujourd’hui désuète. C’est un spectacle agréable, mais qui vaut surtout pour la nostalgie, et l’on comprend que les programmateurs n’aient plus rediffusé la série.

Le spectateur devine à l’avance chacun des twists, et n’a donc aucune surprise. Il demeure cependant que c’est un épisode spectaculaire. Mais au vu des critères d’aujourd’hui, la nostalgie ne suffit pas. Dommage.

Anecdotes :

  • Sharon Acker a joué dans Les feux de l’amour et au cinéma dans Le point de non retour.

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19. FEU ROUGE
(BOOM AT THE TOP)

Scénario : Glen A. Larson. Réalisation : Paul Stanley.

Résumé :

La SIA demande à Mundy d’organiser une soirée de présentation de haute couture afin de récupérer un précieux microfilm volé par un pickpocket. Mais les choses prennent une tournure dramatique quand Robert Benjamin, qui transporte pour le gouvernement une mallette précieuse, et retranché dans une chambre de l’hôtel de Mundy, décide d’armer celle-ci. Le compte à rebours avant une explosion qui peut tuer cinquante personnes commence.

Critique :

On peut comprendre que les acheteurs de l’ORTF aient boudé cet épisode dans lequel se déroule un huis clos stressant mais pas toujours convaincant. Trois guest stars prestigieuses sont présentes : Barry Sullivan, Carol Lynley et Roddy McDowall, ce dernier se limitant à des apparitions et à un rôle d’alter égo de Mundy assez inexistant.

Si Barry Sullivan joue à la perfection, on ne peut en dire autant de Robert Wagner qui devant une intrigue censée faire monter l’adrénaline hésite entre décontraction et sérieux. Carol Lynley elle aussi cambrioleuse n’entre jamais vraiment dans son personnage, ce qui étonnant pour une comédienne de son talent.

Episode trop américain, avec dans son propre rôle le créateur de mode Luis Estevez (1930-2014). Un épisode situé dans le milieu de la mode sera autrement mieux réussi dans la saison 3, Haute couture. Celui de ce jour laisse à désirer, alternant de bonnes scènes de suspense avec un manque de cohésion. Il semble que seul Barry Sullivan prenne son rôle au sérieux.

En rat d’hôtel, voulant dérober l’une des créations d’Estevez, Carol Lynley peine à nous convaincre. Le scénario n’est pas foncièrement mauvais, mais elle n’est pas le personnage. Elle joue cependant mieux que MacDowall qui devient vite, malgré la brièveté de son temps de présence, insupportable.

Ce n’est pas un épisode sans humour, mais l’on peut dire que lorsqu’il surgit, il est inaproprié. Les seuls bons moments sont le déminage de la mallette par Mundy, qui tiennent d’un suspense de Sir Alfred.

Anecdotes :

  • Dans la saison 1, Noah Bain se montre souvent menaçant envers Mundy en lui parlant sans cesse d’un retour en prison. Depuis le début de la deuxième saison, Alexandre Mundy s’est émancipé et impose souvent ses quatre volontés. A l’épilogue de cet épisode, Bain signifie à son agent que ce temps-là est révolu.

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20.  LE TROU DANS LE MUR
(THE FUNERAL IS ON MUNDY)

Scénario : Stephen Kandel. Réalisation : Allen Reisner.

Résumé :

Un cambrioleur appelé l’électricien, travaillant pour l’Est, tient en échec la SIA. A Londres, Mundy est chargé de démasquer l’homme en se faisant passer pour lui afin de faire sortir le loup du bois.

Critique :

Nous ne sommes pas dans une série/feuilleton car les menaces de Noah Bain dans l’épisode précédent ne sont guère mises à exécution. Mundy conserve cette « liberté », cette autonomie arrogante qu’il a gagnée au début de la saison 2.

L’épisode se distingue par l’absence d’invités vedettes notables, si l’on excepte une apparition de John Williams, l’inspecteur Hubbard dans Le crime était presque parfait. Le script nous parle de l’Intelligence Service sans préciser s’il s’agit du MI5 (sécurité intérieure) ou MI6 (celui de James Bond). Mundy est chargé par Bain d’y effectuer un cambriolage.

Le ton revient au genre comédie. Alexandre se déguise, imite des voix, et  Robert Wagner semble s’amuser, plus à l’aise que dans des registres graves. Le scénario surfe tout de même sur une certaine naïveté. On prend ici les services secrets britanniques pour des gens pas très sérieux sur les mesures de sécurité, et se laissant facilement abuser. Au point que l’on se croit parfois dans Arsène Lupin.

Au bout d’une vingtaine de minutes, avec la mort de « L’électricien », le scénariste change son fusil d’épaule. Désormais, les russes veulent tuer l’imposteur, soit Mundy.

Une partie de l’opus est censée se dérouler à Liverpool (évidemment, nous voyons des archives filmées). Mundy devient une proie et doit vendre chèrement sa peau.

Un tueur du KGB, Goldman (Reggie Nalder) devient l’homme à abattre. L’épisode se transforme donc en duel entre lui et Al Mundy. Il faut avouer qu’alors, les choses traînent un peu en longueur. On avait un tout autre souvenir de cette série, et il faut constater qu’elle a mal résisté au temps. On a certes bien davantage de plaisir de retrouver Wagner en Al Mundy qu’en Jonathan Hart. Mais les scripts sombrent souvent dans la banalité.

Les coups de théâtre sont téléphonés, le téléspectateur devine tout à l’avance. Julie Newmar, la partenaire de Wagner, n’est pas à la hauteur. A la 30e minute, l’ennui s’installe. Pourtant, Goldman, le tueur, œuvrant dans l’ombre, devrait nous inquiéter, mais aucun climat de tension ne s’installe. Après plusieurs réussites, cette saison 2 se révèle inégale.

Le combat au corps à corps avec Susannah Sutton/Julie Newmar, digne d’une Avenger girl, nous sort de notre torpeur. C’est assez bien filmé. Mais le duel final est bien trop long entre Goldman et Mundy. J’ai vraiment hésité à mettre deux étoiles, la véritable note serait 1.5.

Anecdotes :

  • Les longues scènes de chasse à l’homme entre les deux tueurs sur fond de musique jazzy rappellent parfois Mannix.

  • Depuis le début de la série, c’est l’épisode qui comporte le moins de dialogues (très longue scène d’action sur fond musical).

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21. RAPPORT SECRET
(THE BARANOFF TIME TABLE)

Histoire de Carey Wilber. Adaptation : Carey Wilber et Mort Zarcoff. Réalisation : Michael O’Herlihy.

Résumé :

Avec comme couverture une riche héritière, Lori Brooks, Al voyage dans un pays d’Amérique centrale, Costa de Oro, où il doit dérober un rapport secret. En effet, un coup d’état communiste s’y prépare. Et ce devrait être le début d’une contagion à toute cette partie du continent.

Critique :

On envie ce veinard de Wagner de jouer avec Jessica Walter de Un frisson dans la nuit.

L’épisode est trop politique pour la série, on y parle de Lénine. Opération vol est avant tout un spectacle. On est d’autre part très déçu dans les vingt premières minutes du peu de présence de Jessica Walter.

Le scénario accuse des faiblesses. A trop évoquer la politique, l’ensemble devient lassant. Trop exubérant, le personnage de la fille du président nous exaspère et nous paraît artificiel. Mundy reprend vite ses activités de perceur de coffre-fort. Mais la première demi-heure nous permet déjà de savoir que ce ne sera pas un grand opus.

Les clichés sur l’Amérique centrale abondent. Mundy découvre que le rapport secret est de l’intoxication. Ray Danton incarne Ortega,  l’amant de Lori, dont Al n’est que le fiancé d’apparence. Tous deux sont en fait des ennemis de l’Amérique.

On ne sait plus, en raison des double-jeux, qui est qui. Trop de cartes sont brouillées. Entre réalisme et comédie, le ton juste n’est pas trouvé. Petit handicap, Ray Danton et Nico Minardos, qui incarne le policier Diego, se ressemblent, ce qui n’arrange pas la compréhension.

Aux trois quarts du film, on comprend que rien ne sauvera l’entreprise du ratage total. Kay Cole en fille du président Guttierez, Maria, joue faux. Elle passe de la jeune fille fofolle à une maturité peu crédible. Quand le script est mauvais, on ne peut attendre de miracles.

Une fois de plus, la série se détourne de son canevas pour lorgner vers Mission Impossible. Ce n’est pas du meilleur effet. Rythme lent et absence de suspense achèvent tout espoir de distraction. Jessica Walter, que diable es-tu allée faire dans cette galère ?

Un opus profondément ennuyeux et à zapper. Très mauvais choix de Renzo Cesana en président, car il est loin d’avoir le look de l’emploi.

Anecdotes :

  • C’est malheureusement l’unique apparition (totalement ratée) de Jessica Walter (1941-) dans la série. 

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22.  LE VIEUX
(ROCK-BYE, BYE, BABY)

Scénario : Mort Zarcoff. Réalisation : Seymour Robbie.

Résumé :

Al ne parvient pas à ouvrir un coffre-fort des années 20 et décide de demander de l’aide à un ex co-détenu. La SIA veut voler un registre appartenant à la Mafia.

Critique :

Dans la prude année télévisuelle américaine 1969, nous ne voyons rien lors d’un numéro de strip-tease. Le prégénérique nous propose le numéro sans nous montrer la fin. On le regrette d’autant plus qu’il s’agit de la belle Melody Johnson (vue dans l’épisode de Mannix : Dans les bois). L’épisode nous permet de retrouver des figures familières : Gavin MacLeod, époque où il jouait le cruel Beau sourire dans Hawaii Police d’état , il sera plus tard le capitaine de La croisière s’amuse ; Harold J. Stone célèbre pour ses rôles de gangsters notamment dans Les incorruptibles ou encore Edmond O’Brien célèbre pour L’homme qui tua Liberty Valance.

O’Brien incarne l’ex codétenu, Rocky McCauley, un as de la partie et le premier supérieur à Mundy depuis que la série a commencé. MacLeod interprète un Seymour sadique à souhait, tandis que Harold J. Stone retrouve son costume habituel de gangster en Manny Grayson. Le vieux retrouve ce savoureux mélange de suspense et de comédie qui fait les meilleurs épisodes de la série.

On est surpris que MacLeod ait pu un jour être choisi pour jouer le paisible capitaine Stubing quand on voit les rôles auxquels il était habitué.

Doté d’un très bon scénario, cet opus nous ravit et ne laisse au téléspectateur aucun temps mort. Et puis, cette incursion dans la mafia nous change des missions habituelles qui finissent par toutes se ressembler.

Anecdotes :

  • Dans cet épisode, Noah Bain rappelle à Mundy que leur association remonte à deux ans.

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23.  LA FAMILLE
(THE FAMILY)

Scénario : K.C. Alison. Adaptation : David P. Harmon et K.C. Alison. Réalisation : Joseph Sargent.

Résumé :

Depuis cinq ans, personne n’a pu rencontrer le milliardaire John B. Cannon, roi du pétrole  et dont les transactions au Moyen Orient au profit de l’Est inquiètent la SIA. Al Mundy réussit à s’introduire dans la maison en se faisant passer pour un marin atteint par un virus contagieux et qu’il faut mettre en quarantaine.

Critique :

Cet épisode est sans doute le plus connu des anciens téléspectateurs. Il fut en effet diffusé trois fois à une époque où ce n’était pas la pratique. Après une programmation en 1971, une rediffusion dans La Une est à vous le 29 juin 1974, puis à nouveau la même année un jour de grève.

A son insu, John B. Cannon (Cyril Delevanti)  livre son pétrole à l’URSS. Mais il est trahi par sa propre famille. Celle-ci est pittoresque : il y a la fille aînée, Andrea (Geraldine Brooks), le gendre Gerald (Gordon Pinsent), la cadette Laura (superbe Carla Borelli découverte dans un Mannix : Le talon d’Achille), la petite fille Shirley – qui n’accepte pas son vrai prénom de Charlotte - irrésistible de drôlerie et incarnée par Cindy Eilbacher.

La famille comporte la plus incroyable galerie d’allumés que Mundy ait jamais affrontée : le vieil homme en fauteuil roulant, richissime milliardaire à Howard Hugues mais qui évoque plus le docteur Armstrong des Cybernautes, le valet Miles à qui il suffit d’étendre la main pour vous broyer au choix le larynx ou la main et semble sorti tout droit de Frankenstein, la petite fille excentrique et adorable, enfant gâtée mais gentille qui demande à un adulte de jouer avec elle à des jeux d’enfants car elle est isolée par sa fortune, la fille du vieux qui trahit au profit des soviétiques, le mari mielleux Gerald (Gordon Pinsent ressemble beaucoup à Robert Culp), l’autre fille nymphomane que ce fou de Mundy repousse trop macho pour accepter d’être dragué, sans oublier le frère Paul, à moitié dégénéré et abruti (Michael Quinlivan) et le fameux chien loup Brutus, véritable cerbère qui réussira à véritablement effrayer le gentleman espion.

La maison de Cannon est remplie de dangers : coffre-fort protégé par une protection électrique qui réussit presque à envoyer notre héros ad-patrès, le chien Brutus qui manque le dévorer, le valet Miles qui a deux reprises le torture. Al Mundy va les affronter les uns après les autres et sauver sa vie avec une maestria étonnante. C’est l’antre de tous les dangers, avec un aspect paradisiaque, les bras de la splendide Laura/Carla Borelli, et un autre espace délirant et comique, l’autorité de la petite fille Shirley Charlotte.

On regrette de ne jamais voir la revanche de Mundy sur le valet Miles, auquel le cambrioleur promet de reparler des sévices qu’il lui a infligé.

Al Mundy est vite mis à jour par le vieux Cannon, mais ce dernier est totalement étranger à ce que Noah Bain lui reproche. Il est en fait trahi par quelqu’un de son sang. Cela reste néanmoins un personnage pittoresque, haut en couleurs dans ce scénario en or.

La famille est sans conteste un joyau télévisuel, avec une intrigue qui condense en cinquante minutes son lot de suspense et de folie. C’est toutes saisons confondues, avec De la part d’Alexandre, l’épisode le plus marquant de la série, celui dont on se souvient une fois qu’on a tout oublié d’Opération vol.

Anecdotes :

  • Cindy Eilbacher (1958-) reviendra dans Opération vol dans la saison 3, La petite princesse,  dans un rôle similaire d’enfant mûre avant l’heure.

  • Geraldine Brooks (1925-1977) est Honor Thompson, celle qui tire sur Robert Dacier et le rend paraplégique dans le pilote de L’homme de fer.

  • Laura Cannon à Al alias le marin Al Gregory : « Vous jouez avec les petites filles, il serait temps de jouer un peu aussi avec les grandes ».

  • Laura encore « Je suis étonnée Monsieur Gregory, je n’ai encore vu personne entrer dans une confiserie déserte et ne rien prendre avant de sortir ».

  • Nous apprenons dans cet épisode que Noah Bain servait à l’OSS pendant la seconde guerre mondiale, révélation faite par Cannon à Mundy ! Car malgré son infirmité, le vieil homme – un des plus puissants du monde – connaît tout le monde.

  • Carla Borelli (1942-) qui joue Laura, malgré des talents évidents, n’a pas fait carrière. Les mystères de l’ouest, Mannix, L’homme de fer, Quincy, Drôles de dames, Falcon Crest. Elle méritait une grande carrière, et ses apparitions au cinéma sont restées anecdotiques.

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24.  CONCOURS DE BEAUTÉ
(38-23-36)

Scénario : Elroy Schwartz. Réalisation : Tony Leader.

Résumé :

A la suite de l’assassinat d’un agent de la SIA, Al Mundy doit enquêter au sein du concours de Miss Nation Unies pour retrouver un micropoint volé.

Critique :

On s’attend à un épisode léger et c’est un film noir d’espionnage plutôt réaliste. Mundy flirte peu avec les miss, dont l’une est la voleuse du micropoint. Les filles n’ont pas des allures de miss, pour certaines trop âgées, pas assez belles. La coupable est trop rapidement identifiée (Mercedes Clio, Miss Grèce) pour que le suspense dure. Elle veut vendre à l’Allemagne de l’Est le précieux micropoint.

Les agents ennemis piègent la douche de Mundy, qui se fait passer pour un photographe, Zirco. Cela constitue un moment de tension important, car Mundy est en danger de mort sans le savoir. Mais le stratagème dure trop longtemps et fini par lasser le téléspectateur (à deux reprises, comme par hasard, Mundy doit renoncer à prendre sa douche).

Très loin d’égaler la qualité de La famille, cette terne histoire de vente d’un micropoint ne nous passionne jamais vraiment. La distribution n’est guère enthousiasmante, et les personnages caricaturaux. Noah Bain révèle trop vite son identité mettant son agent en danger.

J’ai trouvé que Nancy Kovack est infiniment moins convaincante en Penny Colbert, directrice du concours, que dans Les envahisseurs : action de commando.

Malachi Throne, qui décidera ne quitter la série à l’issue de la saison refusant de tourner en Europe est omniprésent, mais son personnage fait souvent doublon avec celui de Robert Wagner. Peu d’humour et beaucoup d’ennui, prouvant que cette série est vraiment inégale. On a surtout l’impression que le scénario a été écrit à la va vite.

Anecdotes :

  • C’est la première fois que l’on voit dans cette série Noah Bain se bagarrer.

  • Al Mundy donne un coup de poing à une femme, agent ennemi il est vrai.

  • Nancy Kovack (1935-) revient au sein de la même saison dans un autre rôle. Elle jouait dans On a volé le mort.

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25.  ÉCHEC
(THE GREAT CHESS GAMBIT)

Scénario : Glen A. Larson et Bruce Belland. Réalisation : Jeannot Szwarc.

Résumé :

Un bombardier B52 avec trois bombes à bord disparaît. Très vite, il y a une demande de rançon de la boîte noire.

Critique :

Episode qui lorgne du côté de 007 : la partie d’échecs au début semble sortie de Bons baisers de Russie et le scénario évoque étonnamment Opération Tonnerre. Mais les moyens financiers de la production ne permettent pas à la série de rivaliser avec la saga Bond.

Dernier épisode doublé en français de la saison 2, on trouve l’intrigue vraiment peu originale. Tout est tourné en studios, et la mise en scène ne fait guère illusion. La jolie fille de l’épisode meurt avant la fin du premier quart d’heure, et Nehemiah Persoff est un piètre ersatz de Vladek Sheybal, Kronsteen de Bons baisers de Russie.

On voit beaucoup trop de militaires pour un épisode d’Opération vol. C’est l’occasion de découvrir Robert Wagner en uniforme. Il est peu crédible en colonel, perdant sa malice habituelle. Véritable plagiat de James Bond, Echec aurait sans doute mérité une longueur plus conséquente (c’était là l’occasion de faire un épisode en deux parties).

Stuart Margolin, en alter égo du méchant, et qui deviendra un personnage récurrent de 200 dollars plus les frais rate complètement sa prestation et plus il cherche à ce que l’on prenne au sérieux, plus il est ridicule.

Le téléspectateur s’ennuie ferme. On lui promet monts et merveilles, et la réalisation plate et sans envergure déçoit. Pour remplacer le personnage féminin tué, un autre est introduit à la 25e minute, guère plus convaincant. Robert Wagner en colonel semble mal à l’aise, et souvent on se croit dans une autre série qu’Opération vol.

Absence totale d’humour, on se prend vraiment trop au sérieux dans ce James Bond du pauvre. La partie d’échec est interminable. Au bout de trente minutes, on se sent hors sujet. On a aussi le sentiment que la production a dépensé tout le budget qui lui était alloué. Bref, cette intrigue est un vrai désastre. En colonel Marina, Robert Wagner semble avoir changé de personnage et oublié Al Mundy.

Les scènes de plongée et de batailles sous marines sont vraiment de trop, cette fois c’est un plagiat d’Opération Tonnerre, sans les moyens en conséquence. Cet épisode ne respecte pas le cahier des charges de la série, où est Al Mundy le cambrioleur espion ?

Un épisode dont le titre français était prémonitoire.

Anecdotes :

  • Unique apparition de Nehemiah Persoff (1919-) dans la série.

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26.  MADE IN JAPAN
INÉDIT EN FRANCE

Scénario : Mort Zarcoff. Réalisation : George Tyne.

Résumé :

Al Mundy est envoyé au Japon avec le docteur Edwina Hopkins pour mettre en échec un groupe chinois qui fait un trafic de pistolets laser, et semble responsable de la disparition de deux agents de la SIA.

Critique :

Cet épisode semble avoir été conçu sur le principe du 15e de la saison 5 de L’homme de fer : Sans motif apparent. Japon de carte postale filmé dans les studios Universal, absence totale d’exotisme réel. Des espions chinois mais qui œuvrent au Japon (on se demande bien pourquoi) et préparent la destruction de San Francisco avec des pistolets laser qui contiennent du plutonium, le tout avec la complicité de deux agents en rupture de banc de la SIA.

C’est un miracle qu’ABC ait renouvelé la série, et en plus en lui permettant un tournage en Europe (Comme Madigan et L’homme de Vienne) après plusieurs épisodes vraiment ratés dans la saison 2.

Episode sans surprise, où l’intrigue se traîne sans jamais qu’aucun rebondissement nous tire de notre torpeur. C’est encore un opus où Al Mundy quitte l’habit de voleur pour devenir seulement agent secret. Beaucoup d’effets faciles (des petits robots jouets qui permettent aux héros de se tirer d’un coffre fort géant où ils vont mourir d’asphyxie), un Mundy mécontent que sa partenaire, une scientifique mais sans expérience d’espionne, se soit aventurée en terrain ennemi. Un traître de la SIA pas crédible une seconde, sans compter une foule de clichés (Le théâtre japonais, le méchant qui se fait hara kiri).

Bref, une saison qui se termine laborieusement. Très peu de bons épisodes dont l’excellent La famille. A trop vouloir copier James Bond, Al Mundy a un peu perdu son âme. Toutefois, il nous réserve de bonnes surprises dans la troisième et ultime saison.

Anecdotes :

  • Al Mundy déclare (nous sommes en 1969) que le laser a été découvert depuis cinq ans.

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OPÉRATION CENTAURE - 1RE PARTIE (HANS ACROSS THE BORDER - PART 1)