Saison 4Saison 6

Le Virginien

Saison 8



1. THE LONG RIDE HOME



Scénario : Richard Fielder. Réalisation : Charles S. Dubin.

Résumé :

Alors qu’Holly Grainger circule dans Medecine Bow à bord de sa calèche, deux tireurs affolent le cheval. Ben Stratton réussit à reprendre les commandes et calmer l’animal. Holly l’engage à Shiloh avec le jeune Jim Horn.

Critique :

Nouvelle saison. David Hartman a disparu et est remplacé par Tim Matheson dans le rôle de Jim Horn. Il s’appelle en fait James Joseph Horn. A peine arrivé à Shiloh, Ben Stratton (Leslie Nielsen) sème la confusion dans les dortoirs. Il fait un concours de papillon enfermé dans des bocaux avec Jim Horn. Stratton est turbulent et truculent. Il veut ensuite dompter un cheval sauvage et fait du rodéo. Bien qu’il y parvienne, tout cela commence à agacer le virginien qui lui fait la leçon.

Jim paraît encore un enfant, comparé à Stacey Grainger ou Dave Sutton, ses plus récents prédécesseurs. Lors de la scène de la cuisine, on a du mal à réaliser que Sara Lane/Elizabeth (née en 1949) est sa cadette de deux ans tant elle fait plus mûre. Faisant un tour, Grainger et le virginien surprennent deux cavaliers en train d’espionner, mais ne parviennent pas à les rattraper. Je trouve que, trop juvénile, le petit nouveau, Jim, a du mal à trouver ses marques à Shiloh. Le virginien essaie de l’aider de ses conseils. Jim évoque son enfance.

Nous avons affaire au Leslie Nielsen première manière, d’avant ses films comiques, la plupart des amateurs préfèrent cette période de sa carrière. Stratton exerce une mauvaise influence sur le crédule Jim. Il n’a pas eu de père et en cherche un en Stratton, alors que le virginien lui paraît être un rabat joie. On retrouve avec plaisir Trampas, jouant aux cartes dans le dortoir. Ecorché vif, Jim est prêt à se battre avec un vacher, mais Stratton intervient. Doug McClure n’a que deux scènes dans l’épisode. Des chasseurs de buffles rôdent autour de Shiloh prêts à faire un mauvais coup.

Le réalisateur Charles S. Dubin nous régale de scènes de la vie du ranch, du travail des vachers avec le bétail. Charlie (Patrick Tovatt) fait une chute dans un ravin menant à une rivière et il faut l’aide de Trampas avec des cordes, et de plusieurs hommes, pour le tirer de là. Jim et Trampas sympathisent à cette occasion.

Il s’agit d’un épisode d’exposition destiné à présenter le nouveau venu à Shiloh. Vient le moment des confidences de Stratton au virginien. L’opus perd un peu de son rythme et devient bavard.

Au saloon, Stratton entraîne Jim. L’homme y retrouve la belle Millie (Joyce Jameson) ainsi que les deux chasseurs de buffle qui rôdaient à Shiloh dont Weasel Wille Burr (Lonnie Chapman). Jim est perplexe, et surtout effarouché dès qu’une entraîneuse l’approche ! Susceptible, Jim est déjà prêt à faire ses bagages, mais du mauvais temps est annoncé dans la région. Cela va vite le faire renoncer à son projet de départ. Le virginien est sceptique devant ce jeune freluquet, tandis que Stratton est resté dans une chambre du saloon avec Millie.

La neige arrive. Elle va inciter Jim à se fixer à Shiloh tandis que Ben a envie de partir. Il vient de se disputer avec Wille Burr et sa bande. Ce qui frappe dans cet épisode est la trop grande importance accordée à Stratton qui vole la vedette au virginien. Les scènes d’intempéries ne sont pas convaincantes, visiblement tout est fait en studio.

La dernière partie de l’épisode est consacrée à l’action. Les scènes sont spectaculaires comme la destruction du camp de Wille Burr et des chasseurs de buffles par un troupeau. Le virginien vient en aide à Stratton qui a été blessé par Burr, et notre homme se retrouve choyé par Elizabeth et Holly dans une chambre du ranch. La scène du départ de Stratton nous vaut un trop long bavardage avec le virginien.

Néanmoins, on repart pour une nouvelle saison avec plaisir et une jeune recrue pour Shiloh. L’opus aurait la note maximale sans quelques scènes trop longues de discussions.

Anecdotes :

  • Tim Matheson (1947-) remplace David Hartman.qui incarnait Dave Sutton. Son personnage s’appelle Jim Horn. Ce comédien comme Hartman ne passera pas la saison. Avant Le Virginien , il avait commencé à l’âge de 13 ans en faisant des voix pour des dessins animés. Après la série, on l’a revu dans Bonanza, tenant un rôle récurrent pendant la saison 1972-73.  En 1976, il sera avec Kurt Russel la covedette de la série Sur la piste des cheyennes, que nous avons vu sur Antenne 2. En 1978, il a connu le succès au cinéma avec American College.

  • Leslie Nielsen (1926-2010) a connu une seconde carrière à partir de 1980 avec la série cinématographique Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

  • Lonnie Chapman (1920-2007) fait sa 4e et dernière apparition dans la série, à chaque fois dans un rôle différent.

  • Joyce Jameson (1932-1987) souffrait de dépression et s’est suicidée. On l’a vue notamment dans Josey Wales, hors la loi.

  • Patrick Tovatt (1940-) a peu tourné après cet épisode et le 18e de cette saison 8, soit quasiment plus rien pendant les années 70. On l’a revu dans New York Police Judiciaire et New York Unité Spéciale.

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2. A FLASH OF DARKNESS

Scénario : Edward J. Lasko. Réalisation : Joseph Pevney.

Résumé :

Le virginien congédie trois vachers, Carl Kabe et ses fils George et Tom, qui refusent d’obéir. Peu après, il est victime d’une chute de cheval et devient aveugle. Il est recueilli par Ginny, la fille Kabe.

Critique :

Les épisodes où le héros devient provisoirement aveugle sont souvent passionnants, on se souvient du Tigre aveugle (Hawaii Police d’état), ou Les Bruits de la nuit (Mannix), ou encore La Seconde vue (Le Fugitif) entre autres. L’accident du virginien survient alors qu’il vient de congédier le vacher Carl Kabe (James Whitmore) et ses fils George (Bekerley Harris) et Tom (Richard Evans). Après un périple dans la montagne où il échappe à un crotale, notre héros se retrouve chez Ginny (Pamela McMyler), la fille de George.

Au début, Ginny a peur et se montre inamicale, menaçant l’homme avant de se rendre compte qu’il est vraiment aveugle. Trampas et Jim le recherchent. Mais le virginien s’est éloigné des sentiers battus. La cabane de Kabe est perdue dans la montagne. Ginny n’a que 17 ans mais déjà de l’assurance. Elle soigne le virginien. L’épisode est passionnant et l’on ne s’ennuie pas une seconde. Jim Horn commence à trouver ses marques il est vrai aidé par Trampas.

Drury joue avec conviction un blessé tourmenté par ses cauchemars. Le tête à tête avec Pamela McMyler est une belle réussite. On se doute que tout va se gâter lorsque le père et les frères vont rentrer. Véritable infirmière, Ginny Kabe, fait manger le blessé. A la 43e minute, la famille Kabe rentre. Carl se moque de sa fille qui s’est bien habillée. Les frères eux sont outrés et railleurs qu’elle se soit fait belle pour un aveugle. Ginny s’était habillée en regardant un portrait de sa défunte mère. La jeune femme se rend compte que ni son père ni ses frères ne veulent appeler un docteur. Bien au contraire, l’un des fils emmène le virginien.

Bien que toujours aveugle, le contremaître de Shiloh comprend que le fils Kabe veut le tuer et le met KO, arrivant à l’attacher avec un ceinturon. Mais il n’est pas allé loin et le père et l’autre fils veulent le tuer. James Whitmore sait ici dépeindre comme il l’a souvent fait un homme cruel et sans pitié. L’aveugle est contraint de courir pour échapper à la mort. Alors que la partie semble perdue, avec une carabine, Ginny le défend et le sauve. Elle est toutefois désarmée mais Trampas et Jim arrivent au bon moment. Il était temps, le virginien allait être piétiné par les chevaux de Kabe.

Ginny viendra rendre visite à John Grainger pour voir son protégé, après avoir fait la paix avec son père. Consternation, le virginien est toujours aveugle, dans une chambre, un bandeau sur les yeux. Ce n’est en fait qu’une duperie. Le convalescent se remet et peut voir enfin la belle Ginny. Elle en est amoureuse mais bien trop jeune pour lui.

Je n’ai pas compris pourquoi dans cet opus, le scénariste n’a pas prévu l’arrestation du père et des fils Kabe, qui ont fait une tentative de meurtre.

Néanmoins, c’est un sans-faute.

Anecdotes :

  • James Whitmore (1921-2009) fait sa troisième apparition dans la série. Il reviendra dans un autre personnage dans l’épisode 8 de cette saison en shérif.

  • Pamela McMyler (1943-) a joué au cinéma dans L’étrangleur de Boston, Chisum, Halloween 2. Elle a arrêté de tourner en 1989.

  • Bekerley Harris (1933-1984) est connu au cinéma pour La patrouille de la violence, Les prairies de l’honneur.

  • Richard Evans (1935-) a tourné de 1958 à 1994, souvent en guest star de séries comme Chaparral, Star Trek, Mannix, La Nouvelle Equipe.

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3. HALFWAY BACK FROM HELL

Histoire de James Duff McAdams et Alvin Sapinsley. Adaptation : Alvin Sapinsley. Réalisation : Michael Caffey.

Résumé :

En Arizona, Trampas est injustement fait prisonnier par le propriétaire d’un ranch, Joss Cardine, complice du despotique marshall Teague, qui fait travailler des prisonniers en période de probation. Il est obligé de devenir, contre son gré, contremaître.

Critique :

Je revois sans plaisir le comédien John Dehner qui incarnait Morgan Starr sans conviction après le départ du juge Garth/Lee J. Cobb. Il a changé de rôle et incarne ici le shérif Teague. On pourra lui préférer sa fille, Rebecca, la belle Susan Howard de Dallas. William Windom, un familier de la télévision américaine et de la série, incarne Joss Cardine Une autre belle actrice vient égayer cette histoire sombre, Anna Navarro dans le rôle d’une jeune veuve, Maria Ortiz.

La population voit d’un mauvais œil ces prisonniers sur parole, en probation, travaillant à l’air libre. J’ai trouvé que Window est une erreur de casting. Ce bon comédien manque de conviction dans le rôle. Il n’y a que Trampas pour se fourrer dans des galères pareilles. Il est arrêté arbitrairement par le Marshall Teague et livré à Cardine pour être contremaître et surveiller les hommes en probation.

Il faut avouer que l’on peine à se passionner pour cette histoire, assez rapidement pesante. Les scènes sont répétitives. Incohérence du scénario, Trampas aurait mille occasions de s’échapper et il ne le fait pas, face au très mou Joss Cardine. Il y a bien trop de scènes d’intérieurs, dans le ranch de Maria Ortiz, le directeur de la photo nous a habitué à mieux.

Au bout de 40 minutes, Susan Howard n’a fait qu’une brève apparition au début. Les comédiens qui donnent la réplique à McClure, William Windom et Anna Navarro jouent assez faux. C’est une histoire qui tourne en rond, mal inspirée.

En ville, Cardine et ses hommes sont mal accueillis, la population ne veut pas les voir, même le propriétaire du bar local. Heureusement, la belle Susan Howard en fille de Marshall, apporte un peu de fraicheur dans cet enfer. L’ennui s’installe durablement. Manque d’action, de rebondissements, trop de bavardages. On a cependant hâte de voir comment Trampas va se tirer de se mauvais pas.

Le jeune Murray MacLeod en Will Steinbach a visiblement été engagé dans cet épisode pour le public féminin. Il fait plus gravure de mode que comédien. C’est l’un des prisonniers en probation qui se dit innocent, accusé d’un meurtre qui selon lui est un accident.

La scène du repas est particulièrement fastidieuse et longue. On y retrouve Teague, Trampas, Rebecca et Steinbach en profite pour piquer une crise de nerfs jouée sans conviction.

Rebecca a honte de son despote de père. John Dehner fait tout pour rendre son personnage détestable et il y réussit. Steinbach s’enfuit, poursuivi par Teague. Trampas s’en mêle et s’interpose pour que le fuyard, tombé à terre, caché derrière un misérable rocher, ne soit pas abattu comme un chien. Il parvient à raisonner le marshall. Nous avons enfin droit à de beaux extérieurs à cette occasion.

Le juge Jeremiah Pitt (Parley Baer), aussi détestable que Teague, et complice de ce dernier, n’est pas là pour égayer l’atmosphère, tant lors du repas que lors de la capture de Steinbach. La fin est languissante, on s’ennuie, on regarde sa montre. Rebecca réconforte son père et se réconcilie avec lui. Je n’ai jamais vu William Windom jouer aussi mal. Quant à l’épisode, on peut le zapper sans regret.

Anecdotes :

  • Tim Matheson, qui vient d’arriver, est absent de l’épisode.

  • John Dehner était Morgan Starr dans la saison 4, l’alter-ego de Grainger. Il revient ici dans un autre rôle.

  • Susan Howard (1944-) s’est retirée en 1993. Elle est surtout connue pour son rôle dans Dallas.

  • William Windom revient pour la 3e fois dans la série, mais il sera à nouveau présent dans la saison 9, dans l’épisode 15 The Politician.

  • Murray MacLeod (1940-) est acteur et compositeur. Il est surtout connu pour le film Chicanos, chasseur de têtes.

  • Anna Navarro (1933-2006) a joué dans L’étau, Last Action Hero au cinéma, Alfred Hitchcock présente, Rick Hunter à la TV.

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4. THE POWER SEEKERS

Scénario : Robert Van Scyok. Réalisation : Seymour Robbie.

Résumé :

Lors de la cérémonie du 4 juillet, jour de l’indépendance, John Springfield annonce sa démission comme député. Un éleveur, Bennett Poole, pousse John Grainger à se présenter à sa place.

Critique :

J’ai traduit par député, mais il s’agit ici d’un représentant local à la législature territoriale. John Springfield (Barry Sullivan) démissionnant, l’éleveur Bennett Poole (Dana Eclar) pousse Grainger à se présenter contre Tobe Larkin (Andrew Prine), le poulain de l’avocat Lou White (Jonathan Goldsmith). L’épouse de Larkin est Jenny (Davey Davison).

Autant le dire tout de suite, on espère que le téléspectateur, saturé de politique, va pouvoir se distraire au lieu de se prendre la tête à l’occasion de cet épisode. Il faut avouer que les craintes que l’on peut avoir devant l’énoncé qui précède sont justifiées, au lieu d’un western, nous avons des parlottes. Tobe Larkin parade avec sa jolie épouse et Grainger représente les éleveurs. Cet épisode trop américain échappe au téléspectateur français qui attend de la série un spectacle. Pour une fois, on peut comprendre qu’un opus de la série soit resté inédit.

Andrew Prine comme à l’accoutumée a un air assez hautain qui est plutôt déplaisant. C’est un défaut de ce comédien qu’il garde de rôles en rôles. La campagne de Larkin plutôt bien partie prend l’eau lorsque son épouse Jenny le désapprouve. Elle comprend que c’est un menteur. Il est agréable de retrouver Dana Eclar, Barry Sullivan, que les amateurs de séries américaines connaissent bien. Mais bien difficile de se passionner pour l’histoire, que ce soit la campagne électorale ou les déboires conjugaux de Larkin. Il faut un incendie et l’enquête du shérif Abbott pour que l’on sorte de notre torpeur. Lors de la scène opposant les candidats sur une estrade devant la population de Medecine Bow, Jenny Larkin vient dire une vérité qui va laminer la candidature de son mari.

Depuis le début de la série, voilà un épisode navrant ni fait ni à faire. Nous sommes dans Le Virginien et pas dans A la maison blanche. Au fond, ce type d’intrigues passionne peut être outre Atlantique, mais en France, nous sommes totalement hermétiques au genre. Que diable viennent faire Trampas et le virginien dans cette galère ? Dans le cas de l’épisode précédent, on voulait nous divertir, et le réalisateur manquait sa cible, causant un ratage. Celui-ci était une entreprise perdue dès le départ. Quand le générique de fin résonne, on a un peu de mal à croire que l’on était en train de regarder Le Virginien.

Anecdotes :

  • Barry Sullivan (1912-1994) incarnait le milliardaire Jordan Braddock dans la série L’immortel.

  • Dana Eclar (1927-2005) est célèbre pour son rôle de Pete Thornton dans MacGyver.

  • Andrew Prine (1936-) est connu pour Grizzly, le monstre de la forêt.

  • Davey Davison (1943-) a joué dans Mannix, Cannon, Les rues de San Francisco, Dynastie.

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5. FAMILY MAN

Scénario : Arthur Heinemann. Réalisation : Joseph Pevney.

Résumé :

Le virginien vend un cheval à Obbie York, dont l’épouse Annie est enceinte. Jim Horn remarque qu’Obbie et sa femme ont l’air plus jeune que lui. Un voyageur qui arrive à Medecine Bow, Nathan Rigby, accuse Obbie d’avoir volé 8000 dollars à son frère. Obbie s’enfuit.

Critique :

Dans cet épisode, une femme très jeune, enceinte, se retrouve seule à Medecine Bow. Il s’agit d’Annie York, dont le mari serait un voleur sous le nom d’Obbie Moore. Le virginien, Trampas (dont on a remarqué depuis le début de la série qu’il laissait pousser ses cheveux) et Jim Horn vont bien entendu aider Annie. L’ambiance western familial rappelle La petite maison dans la prairie. L’épisode met enfin en valeur le nouvel acteur, Tim Matheson, qui a un rôle intéressant à défendre.

Après l’accouchement, suite à la plainte de Rigby, le shérif Abbott mène son enquête. La mari parti, Jim s’occupe de la jeune mère et de l’enfant et travaille à leur ferme, au détriment de Shiloh, jusqu’au jour où il fait une insolation. Le réalisateur laisse beaucoup de place à Matheson pour s’exprimer. Lorsqu’il rencontre Rigby, et que ce dernier insulte Annie, il faut le shérif Abbott pour les séparer. Mais un jour, par hasard, Jim découvre de l’argent dans une enveloppe au nom d’Annie Moore.

En dehors de Jim, on voit surtout le virginien. L’épisode permet d’approfondir les relations entre le contremaître et Jim, de faire vraiment connaissance. Il était temps au bout de huit épisodes ! Darleen Carr est charmante et s’en sort très bien dans un rôle il est vrai facile à jouer, la jeune mère délaissée. Les relations entre Annie et Jim sont sans ambiguité.

Après l’opus politique, on s’adresse ici à un public familial. Certes, il y a des situations vues mille fois ailleurs, mais l’on ne tombe jamais dans la mièvrerie. Le seul défaut de l’épisode est le manque d’action. Le retour d’Obbie arrive tard dans l’épisode (1h08).

A la différence de sa partenaire Darleen Carr, Frank Webb ne force pas son talent. Par exemple, sa crise de jalousie à son retour, le coup de poing à Jim, sont téléphonés. Ce n’est pas un épisode au scénario ambitieux, mais il tient ses promesses. Il ne dépare pas dans la série. Il permet, ce qui n’est pas rien, à Tim Matheson de s’imposer, et ce n’était pas gagné d’avance.

Anecdotes :

  • Darleen Carr (1950-) a arrêté de tourner en 1999. On a pu la voir dans Les rues de San Francisco, Magnum, Simon et Simon.

  • Frank Webb (1948-1974) a fait une courte carrière : Bonanza, Mission Impossible, Chaparral, Hawaii Police d’état. Après avoir quitté le métier en 1971, il est devenu pasteur et chauffeur de bus. Il a trouvé la mort dans un accident de la route à 26 ans.

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6. THE RUNAWAY

Scénario : Gerard Sanford. Réalisation : Tony Leader.

Résumé :

A Shiloh, on trouve un garçonnet fugueur. Il s’agit du jeune Hoot Callahan, dont on découvre qu’il a été battu. Un directeur d’ophelinat du Colorado le cherche pour le ramener. Le virginien veut retrouver le père de l’enfant dont il pense qu’il est toujours en vie dans le Wyoming, un père alcoolique.

Critique :

On cherche beaucoup ce petit garcon, Hoot (Johnny Whitaker), d’abord le directeur de l’orphelinat, McPherson (Peter Whitney), ensuite le virginien qui mène son enquête, l’enfant a dit s’appeler Sills, mais lorsque le contremaître se présente chez le couple, Jonah (Kay E. Hunter) et sa femme Kate (Dee Carroll), il fait chou blanc. L’enfant a menti. Le père, un alcoolique, Luke Calahan (Guy Stockwell) a quitté depuis longtemps la maison occupée par le couple Sills.

Nous découvrons que l’enfant est adopté par tout le monde à Shiloh, mais le directeur de l’orphelinat, un Peter Whitney qui nous rappelle Charles Laughton, vient semer le trouble. Trampas puis John Grainger protègent l’enfant et chassent l’homme qui promet de revenir.

Hoot réapprend à vivre, à pêcher avec Trampas, Elizabeth le chouchoute, le virginien recherche son père. Tandis que McPherson va faire ses plaintes au shérif Abbott, nous découvrons le père ivrogne, Luke Callahan qui se cache sous l’identité de Bayo et vit avec Claire (Jan Shepard).

L’épisode réussit à ne jamais tomber dans le mélodrame. Le shérif Mark Abbott, bien embêté, vient demander des comptes à John Grainger. Ce dernier obtient un sursis. Claire rencontre le virginien et le supplie d’intervenir. Luke Calahan est veuf et se laisse dépérir dans l’alcool. Elle espère qu’il pourra reprendre son fils Hoot. Mais le virginien a fort à faire avec le père ivrogne qui ne veut rien entendre. Ivre, il rate une marche de l’escalier de sa maison et se tue devant Claire et le virginien.

Les comédiens, à commencer par le tout jeune Johnny Qhitaker, sont tous au diapason. Le talent est au rendez-vous, Whitney est ignoble à souhait en père fouettard directeur d’orphelinat, Jan Sheppard bouleversante en Claire, Guy Stockwell convaincant en épave. Alors que la partie semble perdue, et que Whitney ramène au Colorado l’orphelin, le shérif Abbott avec un mandat du juge vient le mettre en état d’arrestation pour maltraitance et enlèvement. C’est la joie dans le clan Grainger, d’autant que Claire adopte l’enfant.

Le réalisateur réussit à nous faire croire à cette histoire digne de Rémi sans famille. Le principal intérêt de l’épisode est de ne jamais tomber dans le piège de la guimauve, on le doit à une distribution exceptionnelle, à une bonne direction d’acteurs, à un scénario sans failles. Johnny Whitaker joue l’enfant martyre sans jamais en faire trop, et Jan Sheppard tire également son épingle du jeu dans un rôle pas évident.

On avait l’habitude de voir le virginien rechercher des voyous ou des voleurs, il s’en tire fort bien dans la recherche du père de Hoot. Trampas sait se montrer paternel quand il lui apprend la pêche, ce qui nous vaut de beaux décors. Toute l’équipe est présente ici, mais Tim Matheson est moins visible dans la seconde partie de l’intrigue. J’oubliais Sara Lane, excellente comme de coutume. On peut saluer cette réussite qui n’était pas évidente au départ.

Anecdotes :

  • Guy Stockwell (1933-2002) est le jeune frère de Dean Stockwell. Il est connu pour le film Le seigneur de la guerre.

  • Peter Whitney (1916-1972) a joué dans Convoi vers la Russie, Règlement de comptes, Dans la chaleur de la nuit.

  • Jan Shepard fait sa cinquième et dernière participation à la série.

  • Johnny Whitaker (1965-) tourne toujours. Il a réussi à dépasser le cap de l’enfant star pour devenir acteur. Il fut Tom Sawyer en 1973 et l’une des vedettes de Cher Oncle Bill.

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7. A LOVE TO REMEMBER

Scénario : Benjamin Masselink. Réalisation : Joseph Pevney.

Résumé :

Julie Oakes, une dessinatrice qui a perdu son mari et son fils tragiquement, arrive au ranch Shiloh. Bien qu’elle apprécie beaucoup la compagnie du virginien, elle a des visions liées à son passé et croit voir son mari défunt. Elle est troublée par l’antiquaire Ord Glover tout en tombant amoureuse du virginien.

Critique :

Diane Baker incarne ici l’artiste-dessinatrice Julie Oakes, une femme tourmentée par son passé. Julie a deux visages : en apparence, une jolie fille heureuse, mais dans la solitude, elle regarde la montre où se trouvent les portraits de son mari et de son fils. En visitant Medecine Bow, alors même qu’elle est invitée à Shiloh, elle rencontre l’antiquaire Ord Glover (Fred Beir) qui semble lui rappeler son mari.

Malgré le talent et la beauté de Diane Baker, la première impression que fait cet épisode n’est pas bonne. Une histoire d’amour bateau, vu souvent ailleurs. De la psychologie de bazar. Tantôt au bras du virginien, tantôt à celui de Glover, Julie est instable et les Grainger ne tardent pas à se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond. Son passé tragique a eu lieu à Boston, d’où vient Glover. En allant voire une diseuse de bonne aventure dans une foire, Julie est bouleversée par ce que révèlent les cartes.

A Medecine Bow, c’est la fête. Il y a des courses de sacs, des attractions, Julie s’en donne à cœur joie pour faire des dessins. Le virginien la surprend au bras de Glover et est déçu. Le rythme de l’épisode est trop lent. Certaines scènes se répètent, comme le pique nique avec Glover. C’est un médaillon que porte ce dernier au revers de sa veste qui trouble la dessinatrice. Glover se rend compte du trouble de la jeune femme en voyant des dessins bien obscurs.

Mais l’homme se montre trop pressant avec elle, et se saisissant d’une arme, elle l’abat. Il n’y a pas de témoins, seulement la parole de Julie, qui a vu le corps étendu de son mari au moment où Glover s’effondrait. Elle a visiblement l’esprit quelque peu dérangé.

Après un court séjour en cellule, elle est relâchée. Holly Grainger tente de la comprendre et de percer son secret. Julie disparaît. Barton (George Murdock) qui avait provoqué et failli se battre avec Jim Horn au saloon trouve la jeune femme en train de dessiner dans un pré et tente de la violer, mais le virginien lui donne une bonne rossée. Julie révèle alors son terrible secret au virginien, elle se sent responsable de la mort des siens, tués à Boston par un voleur.

La fin est relativement bâclée, Julie reviendra quand elle aura les idées plus nettes, car elle et le virginien s’aiment. Mais pour avoir vécu plusieurs fois cette situation, nous savons que notre héros restera célibataire.

Le gros problème de cet opus est qu’il nous laisse sur notre faim. Au final, ce n’est ni une histoire d’amour inoubliable, ni une intrigue suffisamment fouillée pour qu’on apprécie vraiment. Le fil rouge (le secret de Julie) rappelle parfois un peu le style utilisé par Hitchcock pour Pas de printemps pour Marnie. Diane Baker joue bien, mais contrairement à son titre, l’épisode n’est pas mémorable.

Anecdotes :

  • Diane Baker (1938-) est connue pour Pas de printemps pour Marnie, le pilote des Envahisseurs, l’épisode de Columbo : La montre témoin.

  • Fred Beir (1927-1980) a joué dans L’homme de l’Atlantide, 200 dollars plus les frais, Dallas.

  • Unique apparition de George Murdock (1930-2012) dans la série, ce que l’on peut trouver étonnant. On l’a vu dans le rôle de Cavanaugh, l’assureur dans la série Banacek. Ainsi que dans L’homme de fer, Les rues de San Francisco, X Files.

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8. THE SUBSTITUTE

Scénario : Gerald Sanford. Réalisation : Tony Leader.

Résumé :

Trampas, parti en vacances avec une entraîneuse, pense passer du bon temps, mais se retrouve accusé du meurtre d’un médecin.

Critique :

Il s’agit et loin d’un des épisodes au suspense le plus angoissant de la série entière. Jamais l’un de nos héros, en la matière Trampas, ne s’est trouvé en pareille situation. Au début, Trampas part passer du bon temps. Il est avec Abby (Beverlee McKinsey) qui va le trahir. En effet, arrêté pour le meurtre d’un médecin, il est bouclé par le shérif Stoddard. Le vrai coupable, Josh Gates (Dennis Cooney) fait pression sur le shérif et la population pour que l’on pende au plus vite Trampas, qui a demandé que l’on prévienne Shiloh.

Le suspense va crescendo. Lorsque l’adjoint du shérif, Lucius fait évader le prisonnier et le dénonce, Stoddard comprend que Trampas est innocent. Il va faire front face à la foule déchaînée pour sauver notre héros. Prise de remords, n’ayant jamais pensé que les choses aillent si loin, elle avoue avoir menti. Mais Gates prétend que c’est à présent qu’elle ment, pour sauver Trampas.

Chacun des comédiens est à sa place et permet à cet engrenage de la terreur de se lancer. Beverlee McKinsey nous montre que sous ses apparences frivoles, elle est une femme pleine de fêlures.

Dennis Cooney incarne jusqu’au bout le salaud intégral. Ken Lynch rend le shérif plus malin qu’on aurait cru. Bien entendu, l’épisode va se terminer de façon dramatique, il était impossible de conclure autrement, mais le réalisateur aura su nous tenir en haleine pendant 74 minutes. Cette petite ville étouffante est le cadre d’un huis clos qui nous prive des grandes scènes d’extérieurs qui font le charme de la série, mais pris dans le feu de l’action, le téléspectateur, cloué à son fauteuil, ne voit pas ni le temps passer ni l’absence de décors exceptionnels.

On regrette vraiment que cet épisode soit resté inédit.

Anecdotes :

  • Dennis Cooney (1938-2002) a joué dans Le cheval de fer, Jeannie de mes rêves, Hawaii Police d’état, L’homme de fer, Haine et Passion.

  • Beverlee McKinsey (1935-2008) est apparue dans Mannix, Hawaii Police d’état, La Nouvelle équipe, Cannon, Les enquêtes de Remington Steele, Haine et Passion, Hôpital central.

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9. THE BUGLER

Histoire de Jed Rosebrook. Adaptation : Jed Rosebrook et Gerry Day . Réalisation : Tony Leader.

Résumé :

Le virginien trouve un soldat attaché et tué, qui est identifié comme le lieutenant Ben Carver. Aux funérailles du soldat, le jeune Toby Hamilton se révolte. Il reçoit dix-huit coups de fouet et se réfugie à Shiloh où il sympathise avec Elizabeth. Très vite, il est porté déserteur.

Critique :

Michael Burns est une énorme erreur de casting en Toby Hamilton. Il fait plus « jeune minet » que soldat héroïque.

L’intrigue en fait le fils du Colonel Hamilton (Morgan Woodward). On n’arrête pas de changer d’ambiance dans l’épisode, l’armée étant présentée comme menaçante (Holly en l’absence de son mari refusera que les militaires entrent à Shiloh). Après le début éprouvant (les coups de fouet, le soldat retrouvé mort par le virginien), cet épisode inhabituellement violent nous offre une trêve avec la convalescence de Toby à Shiloh, son amitié sans arrière-pensée avec Elizabeth à qui il apprend de jouer de la trompette. On a droit à une fin très mélodramatique avec réconciliation du père et du fils à la caserne, alors même que Toby suscite la haine des militaires, le colonel devant presque chasser un sergent pour rester avec son fils et John Grainger.

Ces changements constants d’atmosphère, armée amie, armée ennemie, déstabilisent le téléspectateur. Bien que l’on soit dans le cadre d’une série conventionnelle, j’avoue m’être interrogé, vu l’époque de diffusion (Novembre 1969) et le contexte de la guerre du Vietnam, si la production n’avait pas cherché à être « dans l’air du temps ». Par exemple, le virginien ne porte guère les patrouilles de soldats dans son estime et les évite en protégeant Toby, tandis que John Grainger montre une attitude plus en phase avec son âge.

L’image donnée par l’armée est loin des films de John Wayne, ainsi le personnage peu reluisant du sergent O’Rourke (Alan Hale Jr.), ou la brutalité ambiante à la caserne, sont bien éloignées des canons habituels.

Pour en revenir à l’épisode, j’avoue que l’on s’ennuie souvent. La partie la plus intéressante se situe lorsque Toby se réfugie à Shiloh. On retrouve des situations vues souvent dans la série lorsque l’on soigne des blessés, à ce titre certaines séquences rappellent les deux épisodes avec Pete Duel (The Good-hearted badman, The price of love).

La violence reste assez présente durant tout le métrage, ce n’est pas la réconciliation finale de façade père-fils qui nous ôtera ce sentiment. Michael Burns qui joue mal aggrave les choses. C’est assez flagrant créant un contraste avec John McIntire qui n’est pourtant pas un acteur exceptionnel. Morgan Woodward en raison de son personnage joue dans un registre plus grave.

Vu juste après le périple plein de suspense de Trampas dans The Substitute, cet opus est nettement moins bon. Pourtant l’autre épisode était angoissant, ici les scènes de cruauté (on est vite mis au parfum avec les premières images et la découverte du cadavre de Carver par le virginien) se succèdent sans que jamais l’on entre dans l’histoire.

Anecdotes :

  • Michael Burns (1947-) a joué dans La marine en folie et fait six apparitions dans la série, celle-ci étant la dernière. Sa carrière n’a pas dépassé la décennie 70.

  • Morgan Woodward (1925-2019) a servi comme pilote tant lors de la seconde guerre mondiale que la guerre de Corée. On l’a vu essentiellement à la TV dans des séries comme Hondo, Cimarron, Star Trek, Bonanza, La conquête de l’Ouest, Capitaine Furillo, Dallas.

  • Alan Hale Jr. (1921-1990) est connu pour Pendez-les haut et court.

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10. HOME TO METHUSELAH

Histoire de Paul Freeman. Adaptation : Jack Miller. Réalisation : Abner Biberman.

Résumé :

Seth James est un chasseur de prime. Il vient d’abattre dans la chambre d’un saloon un des hommes qu’il recherchait. Ami du virginien, il l’invite à la chasse sans lui dire qu’il poursuit six hors la loi. Il recherche des hommes qui ont volé et tué dans sa ville.

Critique :

Seth James (John Anderson) ne correspond pas aux habituels amis du virginien. On a peu de mal à croire à cette relation entre notre héros et le vieil homme. Après un début plein d’action, nous avons droit à des bavardages à Shiloh. John Anderson est égal à lui-même : droit, altier, rigide. Seul Clay est absent.

Le virginien paraît bien naïf pour croire à une partie de chasse. Les paysages traversés sont superbes. C’est un des grands atouts de la série. Dans une cabane, dans la montagne, deux des hommes recherchés par Seth décident de l’attitude à suivre.

Le virginien se rend compte que son ami est vieux et fatigué, qu’il n’a plus l’âge pour parcourir les plaines et montagnes. Lorsque Seth abat un premier truand, le virginien comprend qu’il a été dupé. Seth s’excuse. Mais le virginien fait une mauvaise chute. Il a mal à au bras gauche et doit voir un docteur, tandis que Seth capture un troisième bandit.

L’épisode, après un début intéressant, a tendance à s’étirer en longueur. Paradoxalement, Seth est finalement en meilleure forme que le virginien.

Le visage monolithique, John Anderson crée un personnage assez menaçant. On est surpris de le voir danser dans une petite fête avec comme cavalière une indienne (qui dansera également avec le virginien).

Un peu de détente était bien nécessaire au bout de 50 minutes de tension. Par contre, lorsqu’ils s’attablent pour boire un whisky, les deux hommes partent dans des bavardages sans fin. Le prisonnier tente de négocier avec le virginien, disant que Seth va le tuer. Il met le doute dans la tête de notre contremaître. Il demande aussitôt des comptes à Seth et comprend qu’il ne connaît pas son ami.

L’épisode aurait pu être excellent sans ses coupures bavardes qui ont commencé dès la visite à Shiloh. On finit par trouver le temps long. Les tentatives de Seth de se justifier ne convainquent pas le virginien.

Le prisonnier paie l’homme qui a soigné notre héros pour le libérer, ayant surpris la conversation de Seth. Le virginien veut empêcher Seth de tuer le fuyard, mais l’homme le met KO et l’enferme. Le virginien parviendra à se faire ouvrir la porte.

On comprend que l’épisode va se terminer de façon dramatique. Ce ne sera pourtant pas le cas, Seth recevant une leçon de non-violence qui le déstabilise. Finalement, un épisode assez moyen, victime de trop de longueurs.

Anecdotes :

  • John Anderson (1922-1992) est populaire en France pour son rôle de Scotty dans Les héritiers (Rich man, poor man book 2). Il est aussi le vendeur de voiture dans Psychose.

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11. A TOUCH OF HANDS

Scénario : John Dunkel. Réalisation : Tony Leader.

Résumé :

Peg Halstead a fini ses etudes. Son père sait qu’il n’a que peu de temps à vivre. Il voit d’un mauvais œil la romance entre Trampas et sa fille.

Critique :

Cet épisode nous permet de découvrir la ravissante Belinda J. Montgomery quelques années avant L’homme de l’Atlantide. Dès les premières images, nous comprenons que l’intrigue sera une histoire d’amour contrariée. Peg Halstead revient de cinq années d’études en pensionnat, et ses sentiments pour Trampas n’ont pas changé, il est de même pour le cowboy.

Malheureusement, le père, John (Michael Constantine), qui se sait condamné suite à une première crise cardiaque, ne veut rien savoir d’une telle union. Sa fille et Trampas envisagent de se marier et de s’installer dans un ranch de Dove Canyon. Si les deux tourtereaux sont sympathiques, l’ennui s’installe vite. En fait, à part discussions et ballades, il ne se passe pas grand-chose.

On aime la complicité entre Elizabeth et Peg. Doug McClure n’est malheureusement pas toujours très convaincant, loin des cavalcades et des bagarres. Le père estime que la région a tué son épouse et veut qu’elle retourne dans l’Est. La situation semble s’éterniser. Mais un jour, John Halstead prend une grande colère contre Trampas et son cœur lâche.

Elizabeth J. Montgomery croit à son personnage et la dernière scène, seule dans sa maison, est bouleversante. Son jeu domine nettement celui de son partenaire. On sait que les histoires d’amour de Trampas et du Virginien font long feu, ils sont condamnés à rester célibataires.

Sans action, l’épisode pourra paraître long aux habitués de la série. On saluera par contre la performance de Michael Constantine, absolument impeccable. Lorsque la fin arrive, nous avons l’impression d’être passé, à cause de trop de dialogues et de discussions, à côté de l’épisode.

La photo est magnifique, et nous avons de très beaux plans en extérieurs de Belinda avec McClure. Toute l’équipe est présente, et Tim Matheson bénéficie d’une scène intéressante.

Anecdotes :

  • Michael Constantine (1927-) a joué dans L’Arnaqueur.

  • Belinda J. Montgomery (1950-) est célèbre pour son rôle dans L’homme de l’Atlantide.

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12. JOURNEY TO SCATHELOCK

Scénario : Alvin Sapinsley. Réalisation : Seymour Robbie.

Résumé :

Pour finaliser un achat et en raison d’un empêchement du virginien, Jim Horn doit transporter 4000 dollars, prix de l’achat de chevaux à Wellington. En raison de son jeune âge, Jim n’est pas prix au sérieux. Mais surtout, il se fait voler son argent.

Critique :

Anne Helm, pour une génération de téléspectateurs, était la jeune femme sage et rangée que devait épouser Ben Gazzara, ou du moins son personnage, dans Match contre la vie avant que le personnage joué par Gazzara, l’avocat Paul Bryan, n’apprenne qu’il est atteint d’une maladie incurable. Mais cette actrice canadienne a joué aussi dans d’autres registres, comme une entraîneuse de saloon particulièrement sexy dans cet épisode, Karen Mallory.

Son partenaire Burr DeBenning incarne Orrey Hills. Tous deux sont habitués des séries des années 60. DeBenning a d’ailleurs joué dans un épisode de Match contre la vie dans lequel Anne Helm n’était pas. Jim doit attendre au dépôt ferroviaire le vendeur, le capitaine Cornish (Peter Bromilow). Il est absolument furieux de ne pas être pris au sérieux en raison de son jeune âge.

Bien entendu, Jim est émerveillé quand il croit intéresser la belle Karen Mallory. Elle se fait offrir du Champagne. Il s’agit en fait d’un coup monté avec Orrey Hills pour lui voler ses 4000 dollars. Très vite, Hills cherche querelle à Jim, que Karen protège.

Un autre comédien a un rôle intéressant dans l’épisode, Lawrence Dane, qui incarne un français.

La qualité de l’interprétation d’Anne Helm nous fait regretter que sa carrière se soit limitée à la télévision ou à des rôles mineurs au cinéma. Nous n’avons d’yeux que pour elle ! Il faut dire qu’elle crève l’écran. Evidemment, né en 1947, Tim Matheson semble être son petit frère à côté d’elle.

Gouailleur, voyou, rusé,  Orrey Hills provoque un scandale au saloon et se retrouve en prison.

On a de la peine pour ce naïf Jim qui perd toute lucidité en fixant les beaux yeux de Karen. L’épisode sans tomber dans la comédie, reste léger. Une scène en particulier est cocasse : Jim vient dans la chambre de Karen en chemise de nuit, et tandis qu’elle lui parle s’endort sur le canapé !

L’acheteur de Jim n’est pas du genre patient, déjà, il est agacé d’avoir affaire à quelqu’un d’aussi jeune, mais lorsqu’en plus, l’employé d’hôtel ne trouve pas les 4000 dollars dans le coffre pour les lui donner, il perd toute crédibilité.

Le shérif Quatermine (Frank Campanella) reçoit les doléances du volé. Frank est le frère aîné de Joseph Campanella. Malgré le vol, l’épisode n’adopte pas dans un premier temps une tonalité dramatique. Maîtresse de Orrey Hills, Karen fait des cauchemars.

A la recherche de son argent, Jim est capturé par un français (Nous ne saurons pas le nom du personnage). Il se retrouve face à Karen et lui demande de lui rendre son argent. Elle joue les vierges outragées avec délice. Bien entendu, Orrey est là. Le français est enfermé. Karen demande à lui parler. On se doute qu’il ne l’écoute plus et est moins « sous le charme » de la belle.

Mais Karen se rachète et permet à Jim de retrouver la liberté, lui rendant l’argent après avoir fait du charme au français que Jim réussit à enfermer. Jim ramène Karen à Wellington, très vite poursuivi par Orrey.

Karen menacée par son amant doit désarmer Jim et lui reprendre l’argent. Orrey veut tuer Jim, témoin gênant. Karen sauve Jim en tirant sur son amant. Elle l’oblige à rendre l’argent.

Jim va voir Karen en prison. Il l’embrasse tendrement. Le virginien arrive en ville tandis que Jim paie l’acheteur.

Cet épisode nous laisse sans réponse sur le sort réservé à Karen en prison, avec un Orrey en liberté. Il a donc un goût d’inachevé. Le téléspectateur est donc invité à imaginer la fin. C’est le seul bémol qui n’empêche pas de donner la note maximale à l’épisode.

Anecdotes :

  • Anne Helm (1938-) était Molly Pierce,  la fiancée de Ben Gazzara/Paul Bryan dans cinq épisodes de la série Match contre la vie. C’est sa deuxième et dernière apparition dans la série après Ryker dans la saison 3.

  • Burr DeBenning  fait sa deuxième et dernière apparition après l’épisode de la saison 7 The Storm Gate.

  • Lawrence Dane (1937-) est apparu dans Scanners, La fiancée de Chucky.

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13. A WOMAN OF STONE

Scénario : Gerry Day. Réalisation : Abner Biberman.

Résumé :

Une blanche, épouse d’un indien Shoshone, doit à la mort de son mari quitter la réserve avec son fils, qui ne connaît que le mode de vie indien. Malade, elle est trouvée par Trampas et Jim et soignée à Shiloh, tandis que l’enfant rejette la civilisation des blancs.

Critique :

Dès le début, je n’ai pas trop aimé épisode. Mélodramatique, évoquant les problèmes entre indiens et américains, avec la bigame Mrs Cloud (Bethel Leslie) dont le mari blanc toujours vivant est un commerçant prospère veuf à Medecine Bow, qui a une fille, Laurie (Jane Actman). Dans sa première vie, elle s’appelait Catherine Cantrell.

Le mari est Milo Cantrell (Charles Drake) et croit sa femme morte. Le fils indien Wolf Cloud (Jean-Michel Michenaud) est le prétexte à tous les clichés sur l’enfant indien qui n’arrive pas à s’habituer aux coutumes de Shiloh, comme prendre un bain, sauf que cela ne fait pas rire. Les habitants de Medecine Bow sont hostiles aux indiens Showshone, et donc à Wolf Cloud.

Bethel Leslie a du talent, mais doit faire croire à un personnage assez peu vraisemblable, elle a abandonné son mari pour un indien. Quand elle rencontre son premier mari, Milo, il a un malaise cardiaque. Elle lui demande de ne rien dire à leur fille Laurie, fiancée à Ben Foster (Charles Brewer). Dans cette intrigue, le virginien et les habitants de Shiloh se retrouvent mêlés par hasard.

Les scènes entre Charles Drake et Bethel Leslie sont pathétiques, on sombre dans le mélo, et même pour l’époque, 1969, cela semble daté, dépassé. Le titre par contre reflète bien le visage de pierre que nous offre durant tout l’épisode Bethel Leslie.

Lorsqu’elle sort du domaine de la distraction pour chercher à défendre des causes, la série devient ennuyeuse. Les habitants de Medecine Bow, Abe Landeen (Tim Holt) en tête, sont caricaturaux en racistes anti-indiens. On cherche à adapter en 1969 un contexte du 19e siècle. Rappelons que dans la saison 1, plusieurs indices nous indiquaient que l’on était en 1898. J’ai cherché, mais aucune précision n’est donnée durant la saison 9 sur l’année où l’action se déroule.

Attaqué par un fauve, Milo Cantrell est sauvé par le petit indien (et le virginien). Il en réchappe miraculeusement. Il reçoit à son chevet son ex-femme et devant Laurie avoue qu’elle est sa mère. On nage en pleine guimauve, et surtout dans la plus parfaite invraisemblance.

Le plus dommageable est que le virginien, Elizabeth et Jim sont relégués au second plan (les autres acteurs sont absents). Malgré les suppliques de sa fille Laurie, Catherine Cantrell décide de rester Mrs Cloud et part avec son fils pour toujours. Un épisode fastidieux qui évite de justesse la note minimale pour quelques jolies scènes et de bons acteurs.

Anecdotes :

  • Bethel Leslie (1929-1999) a commencé sa carrière à Broadway en 1944 avec la pièce Snafu. Au cinéma, on l’a vue dans La clé des champs, Le combat du capitaine Newman, A corps perdu, Traître sur commande.

  • Charles Drake (1917-1994) a tourné dans La mort n’était pas au rendez-vous, Harvey, Winchester 73, Le Plongeon.

  • Tim Holt (1919-1973) est connu pour La chevauchée fantastique, La splendeur des Amberson, Le Trésor de la Sierra Madre.

  • Après une carrière de presque trente rôles, Jean-Michel Michenaud (1955-) qui incarne le petit enfant indien, est devenu producteur. Acteur, on l’a vu dans Au cœur du temps, Mission Impossible, Les Bannis. Il est appelé ici Gerald Michenaud.

  • Jane Actman (1948-2018) tournait là son premier rôle. Sa carrière dura dix ans, de 1969 à 1979, comprenant Hawaii Police d’état, Mannix, La planète des singes, L’homme Invisible, Joe Forrester, Wonder Woman.

  • Charles Brewer (1946-1991) tournait là un de ses derniers rôles. Après ce film, il a joué Airport. On perd sa trace ensuite jusqu’à son décès à 46 ans en 1991.

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14. BLACK JADE

Scénario : Herb Meadow. Réalisation : Joseph Pevney.

Résumé :

Le virginien et Trampas sympathisent avec un cowboy, Cobey Jade, qui a l’habitude de chanter. Ce dernier habite une ville minière. Mais le virginien est troublé quand il s’aperçoit que Jade détient une montre qui appartient à l’un de ses amis.

Critique :

Nous sommes dans un pur western. Le virginien est décidé à savoir comment Cobey Jade (James A.Watson Jr.) est entré en possession de la montre d’un de ses amis et mène l’enquête. Trampas se rend dans la petite ville minière que Jade dit posséder. Il y trouve ce dernier jouant du piano. Il n’a pas seulement une jolie voix, c’est un vrai musicien.

Trampas lui demande pour la montre. C’est alors qu’un indien apparaît. Jade explique à Trampas qu’il enseigne la musique aux indiens Arapaho. Les premières trente minutes manquent de rythme. On voit le cowboy noir enseigner le chant à des enfants indiens assis par terre. Ce qui fait sourire Trampas. La ville minière est désertée.

Dans la montagne, Henry Swann (William Shatney) observe avec ses hommes la ville. Jill Towsend en petite amie de Swann, Roseanna, est plus délurée que la prude Dulcey de Cimarron. Elle semble en avoir assez de Swann et jette des pierres à ses hommes.

Trampas n’est guère convaincu par les explications de Cobey Jade au sujet de la montre.

Alors qu’ils dînent tranquillement, Jade et Trampas sont pris en otage par la bande de Swann. En fait, Swann pensait trouver de l’or en ville et est fort déçu. William Shatner est crédible en personnage antipathique, barbu, moustachu et l’air patibulaire.

L’épisode tourne au huis clos dans la maison de Jade. Swann interroge Trampas, il est intrigué et veut savoir qui il est. Swann est blessé et c’est Roseanna qui le soigne. Les hommes de Swann commencent à s’énerver et à tout casser chez Jade.

Prometteur au début, l’épisode déçoit. On note la présence de trop de scènes nocturnes, chose qui ne réussit jamais à la série.

Côté interprétation, James A Watson Jr. semble trop sûr de lui et affiche une arrogance qui colle mal avec la situation d’otage. Passé la surprise pour ceux qui ne l’ont vue que dans Cimarron, Jill Towsend joue assez bien Roseanna. Elle flirte avec Charlie Becker (Charles Maxwell), un des hommes de Swann,  Elle et Swann prennent chacun un bain.

Mais les choses se gâtent, Trampas est blessé, Jade fouetté. Swann veut l’or. Trampas a beau répéter au chef de la bande qu’il n’y en a pas, celui-ci ne veut pas le croire. Pendant ce temps, Charlie Becker disparaît. Swann le fait chercher partout.

Les indiens attaquent, et Cobey Jade prend le dessus sur Swann qu’il désarme avec un arc. Rosaenna a été enlevée par les indiens.

Beaucoup d’action dans la suite de l’épisode, mais trop de huis clos. L’épisode se termine par le chant des enfants indiens. La bande de Swann (Rosaenna a été libérée) est conduite en prison par Jade et Trampas. Un épisode moyen, sans plus, avec un scénario trop linéaire.

Anecdotes :

  • William Shatner (1931-) est célèbre pour le rôle du capitaine Kirk dans Star Trek.

  • James A. Watson Jr (1945-) a joué dans Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

  • Jill Towsend (1945-) était Dulcey dans Cimarron.

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15. YOU CAN LEAD A HORSE TO WATER

Scénario : Lois Hire. Réalisation : James Neilson.

Résumé :

Trampas se trouve nommé shérif adjoint par Mark Abbott. Il doit convoyer un prisonnier à la ville de Clearwater.

Critique :

Episode avec le seul Trampas. Dans le précédent, le virginien ne faisait une apparition qu’au début. On retrouve quand même le shérif Mark Abbott. Il lui demande d’emmener un de ses amis, Luther Watson (Strother Martin). Une jeune femme arrive à la gare de Medecine Bow, Mary Marshall (Elizabeth Hubbard). Elle se montre très vite autoritaire, capricieuse, pénible. Elle prend la même diligence que Trampas et son prisonnier.

En route, la diligence est attaquée par des hors la loi. Mary se montre toujours aussi pénible. Le chef de la bande est Will Baxter (Noah Beery Jr.) et il s’enfuit. Se saisissant d’une arme, Mary veut convoyer les prisonniers mais n’est guère à la hauteur de la tâche. Elle tombe, a peur des serpents, etc. Et finit par renoncer. Le ton de l’épisode est à la comédie. Mais le métrage n’est guère convaincant. Les scènes s’enchaînent sans passion. Au bout de 30 minutes, on a compris que ce ne serait pas un épisode exceptionnel.

Mal écrite, la comédie tourne au désastre. Elizabeth Hubbard est vite insupportable autant que son personnage. Le voyage des trois compères est interminable, avec des scènes vues déjà dans la série à plusieurs reprises. Strother Martin garde cependant un jeu assez sobre, alors que son personnage aurait pu lui permettre tous les excès.

Le tragi-comique ne réussit pas à la série : Mary veut nager et manque se noyer. Et toutes les scènes sont de ce genre. Mary trouve Trampas à son goût. Le trio se retrouve prisonnier et ligoté par Baxter. Comme dans l’opus précédent, il y a bien trop de scènes nocturnes, faites en studio. Mais le gros défaut de l’épisode est un scénario minimal, qui ne permet pas d’empêcher le désastre. L’intrigue est trop mince, et le spectateur regarde sa montre.

De nouveaux personnages arrivent à la 51e minute, c’est trop tard pour redresser la barre. La veuve Krebs (Dorothy Shay) et Tom Kendrik (Anthony Eisley) entrent en scène.

Il n’y a malheureusement rien à sauver dans cet épisode. Le personnage de Trampas sombre dans le ridicule. Beaucoup de téléspectateurs américains de l’époque ont certainement zappé en cours de route, il faut une sacrée patience pour aller jusqu’au bout. Tout l’épisode est basé sur des scènes répétitives. Il faut attendre la 59e minute pour arriver à Clearwater. C’est Baxter que Trampas remet au shérif.

Les dix dernières minutes persistent dans le registre de la comédie. Le jeu se fait désormais à cinq, avec les deux nouveaux comédiens et le trio. J’ai trouvé l’intrigue selon laquelle le shérif de Clearwater est complice de Baxter tirée par les cheveux. Quant au couple qui se forme entre la veuve Krebs et Luther, mieux vaut ne pas en parler. Que diable Doug McClure est-il allé faire dans cette galère ?

Anecdotes :

  • Strother Martin (1919-1980) a joué dans Luke la main froide, La horde sauvage, Butch Cassidy et le kid.

  • Elizabeth Hubbard (1933) est connue pour le film Des gens comme les autres.

  • Noah Beery Jr.(1913-1994) était le père du héros de 200 dollars plus les frais.

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16. NIGHTMARE

Scénario de Gerry Day et Bethel Leslie. Réalisation : Robert Gist.

Résumé :

Le virginien vient en aide à Stephanie White afin de prouver son innocence dans l’accident de son mari, une tentative de meurtre. Elle se trouve en être l’héritière. Or, John, handicapé, meurt dans un incendie.

Critique :

Grosse surprise : Joan Crawford, actrice de cinéma qui a commencé sa carrière en 1925, présente dans une série TV. Elle est apparue quelquefois sur ce média, par exemple dans Des Agents très spéciaux, Le sixième sens mais reste une comédienne du grand écran. On imaginait mal en 1970 une star du cinéma français apparaître dans une série.

Stephanie White (Joan Crawford) a des dons de voyance dont elle ne veut plus se servir. Elle a eu aussi dans le passé des troubles mentaux. Elle est mariée à John (Michael Conrad). A l’aise sur un cheval aux côtés du virginien, elle se promène, tandis que son mari John se fait tirer dessus. Or, la roue de sa diligence a été sabotée et il a un accident. Il est grièvement blessé. Il se retrouve handicapé, en fauteuil roulant. Une nuit, un incendie se déclare et John trouve la mort.

Cette-fois, Stephanie est détruite et le virginien s’occupe d’elle. Elle est révoltée car lors de l’incendie, quelqu’un a dit que cela valait mieux pour son mari que de rester handicapé. James Drury réussit sans démériter à donner la réplique à la grande Joan Crawford. Les rebondissements ne tardent pas à arriver : l’adjoint de son mari, Frank Benteen, demande à voir Stephanie et est tué. Or, il s’avère qu’il ne lui avait pas donné rendez-vous et la veuve est arrêtée pour meurtre par le shérif Abbott. On trouve étrange l’attitude de la bonne indienne, Natawista (Rachel Rosenthal) qui s’occupait de John White depuis son enfance.

Billy (Steve Sandor), jeune frère de John, avait reçu une visite menaçante de Frank Benteen. Le téléspectateur est ainsi mis sur une piste. Le virginien et Jim Horn trouvent Stephanie devant le corps de Benteen. Le mobile du crime est évidemment la possession de la société de John White. Malgré des aspects typiquement western, il s’agit d’une intrigue policière. Parmi les suspects, le frère et Natawista dont le réalisateur montre souvent qu’elle est toujours au bon endroit au bon moment, telle Madame Danvers dans Rebecca.

Le juge prononce la sentence : Non coupable pour démence. Mais le virginien poursuit son enquête. Il vient voir Stephanie en prison. Elle a peur qu’il risque sa vie. Joan Crawford joue alors avec talent une étonnante crise de folie dont le shérif Abbott se souviendra longtemps. J’ai trouvé que la scène du procès était expédiée comme une lettre à la poste.

Le virginien rend visite à Billy White, poursuivant son travail de détective. Peu après, Billy vient chercher avec un avis médical sa belle-sœur en cellule. Il est accompagné d’un comparse, le docteur Sam Kincaid (Peter Marko). Elle dit à Abbott qu’ils vont la tuer. Effectivement, ils la ramènent chez elle et la ligotent.

Une suspense insoutenable s’installe. Le dernier quart d’heure est à la hauteur de ce qui a précédé.

Mais le virginien et Jim comprennent qu’il se mijote quelque chose. A noter que Trampas et John Grainger sont absents de l’épisode. Le virginien vient au secours de Stephanie. C’est pourtant elle qui sauvera notre héros.

Passionnant d’un bout à l’autre, l’épisode est remarquable. Il est bien dommage qu’il n’ait pas été doublé. Ne serait-ce que pour Joan Crawford.

Anecdotes :

  • Joan Crawford (1904-1977) est une grande actrice dont les titres les plus connus sont Le roman de Mildred Pierce, La possédée, Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? La meurtrière diabolique, L’abominable homme des cavernes, Le masque arraché, Johnny Guitare.

  • Deuxième et dernière apparition de Michael Conrad dans la série.

  • Steve Sandor (1937-2017)  fut le héros d’une série inédite en France The Yellow Rose.

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17. HOLOCAUST

Histoire de James Duff Mc Adams. Adaptation : Robert Van Scoyk. Réalisation : Jeannot Szwarc.

Résumé :

Les éleveurs de Medecine Bow sont menacés par la volonté d’un certain Kordik qui veut prendre le contrôle de tout le Wyoming. Un feu, mis à la maison de Shiloh, survient et pourrait bien être l’œuvre de Muirhead, lié à Kordik.

Critique :

Tony Franciosa habitué aux rôles de héros incarne ici l’antipathique Kordik qui veut mettre les éleveurs de bovins à la rue. Nous revenons aux histoires classiques de Shiloh. John Grainger doit faire en sorte que la vente de son bétail reste rentable. Kordik a des moyens bien supérieurs.

Cette histoire d’éleveurs de bovins, de prix par tête de chaque bête, si elle s’inscrit bien dans le cahier des charges de la série, nous paraît très américaine et un peu hermétique pour le téléspectateur français.

Nous avons vu trois hommes portant des torches mettre le feu à la maison de Grainger, le virginien est persuadé que Muirhead (Alex Sharp) est mêlé à l’affaire. Elizabeth et Holly échappent de peu à la mort. Le shérif Abbott commence son enquête. Mais s’il n’est pas dupe, face à Clay et Trampas, il avoue manquer de preuves.

Bien évidemment, le spectacle de la maison de Shiloh brûlée est désolant. Nous y sommes habitués. Clay Grainger au milieu des cendres essaie de retrouver quelques souvenirs, comme une boîte à musique. Holly aussi est bouleversée, de même qu’Elizabeth, devant ce spectacle. Elizabeth s’effondre dans les bras de sa tante. Clay les rejoint, c’est la première fois que nous voyons la famille aussi désarmée.

Le réalisateur insiste et joue sur la corde sensible du spectateur. Jim Horn, blessé, est trop faible pour partir avec Trampas. Nous retrouvons encore une fois Harold J. Stone qui a pris un abonnement à la série, cette-fois il incarne Adam Southcort, un éleveur ami de Grainger.

La visite de Kordik n’est pas la bienvenue à une réunion de fermiers, dans un restaurant. J’avoue préférer ce cher Tony Franciosa en Matt Helm ou en journaliste Jeff Dillon dans Les règles du jeu (série à trois mains où un épisode était consacré à Robert Stack, un à Gene Barry, un à Franciosa) qu’en méchant.

La suite de l’histoire se traîne un peu. Les discussions de fermiers s’éternisent, la volonté de se battre du virginien reste inébranlable. Mais cela peine à nous passionner. Vers le milieu de l’épisode, John Grainger semble résigné. Dans ses scènes, Tim Matheson n’a plus rien à prouver, il a énormément gagné en maturité en Jim.

Enfin, la reconstruction de la maison commence. L’espoir revient. Le virginien et Trampas sont sur les traces de Muirhead, même s’ils prennent un peu trop leur temps. A leur tour, ils vont jouer avec le feu.

Muirhead est blessé durant la fusillade, ses deux complices se rendent. J’avoue préférer la seconde partie de l’épisode. Pour la famille Grainger, la dernière touche à la toiture de la nouvelle maison est l’occasion d’une explosion de joie, même si le banquier refuse tout prêt à John.

L’affrontement final avec Kordik, trop sûr de lui, arrive. Grainger prend la parole face aux éleveurs. Il leur rappelle qu’ils ont tous par le passé connu de mauvais moments, mais ne se sont pas effondrés. Kordik représente le progrès. C’est un véritable duel oral entre les deux hommes.

Muirhead est amené devant Korkik qui perd la face, malgré les billets qu’il agite.

On fait la fête en chansons à Shiloh.

J'avoue avoir beaucoup hésité pour la note, qui serait de 2.5 en raison de passages un peu mous. Néanmoins, la deuxième partie de l'épisode est grandiose.

Anecdotes :

  • Anthony Franciosa (1928-2006) fut le héros de Les règles du jeu, Matt Helm.

  • Né à Paris, Jeannot Szwarc (1939-) a réalisé Les dents de la mer 2e partie, Quelque part dans le temps.

  • Harold J. Stone fait sa 5e et dernière apparition dans la série.

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18. TRAIN OF DARKNESS

Scénario : Robert Van Scyok. Réalisation : James Sheldon.

Résumé :

Clay, Elizabeth et Jim prennent le train de nuit de Cheyenne à Medecine Bow. Il y a peu de passagers mais le trio n’est pas au bout de ses surprises.

Critique :

Il est un peu agaçant que des comédiens reviennent sans cesse dans la série dans des rôles différents, cela nuit à la crédibilité de la continuité. Après Harold J. Stone, un retour de trop de John Larch, et ce n’est pas fini, il reviendra encore !

Je dois dire que dès le début, j’ai compris que ce voyage en train de nuit (soit dans les studios Universal) allait être long et ennuyeux.

Certes, on a le plaisir de retrouver Dennis Weaver en Jed Haines, dont Clay devine qu’il n’est pas un éleveur mais sera en fait un homme traqué par des cavaliers qui veulent le pendre.

Les autres comédiens sont moins intéressants : Barbara Wherle en Evelyn Neely, acrice dont la carrière est en déroute et épouse du personnage joué par John Larch, Kas Garas en Butter Flyod, jeune célibataire ivrogne qui n’a pas payé son billet, enfin Charlotte Stewart en jeune épouse de Jed, Lottie. Elle s’inquiète auprès d’Elizabeth d’être une bonne épouse pour Jed.

Le suspense vient de Luke Dormer, le cavalier qui poursuit le train pour tuer Jed Haines.

Les scènes d’exposition pour montrer chacun des passagers sont détaillées, avec des anecdotes. Mais en fait, ce sont des scènes que l’on retrouve dans chaque épisode relatant un voyage aussi long.

Le prix de la prestation plus insupportable revient à Barbara Wherle, l’épouse de Charles Neely incarné par un John Larch trop vu.

Le problème est que ces longues séquences se font au détriment des héros de la série, sachant que les deux principaux, Trampas et le virginien, ne sont pas de la partie.

Dennis Weaver est la vraie vedette de l’épisode. Son personnage est la clé des problèmes qui vont surgir.

Naturellement, l’image est trop sombre pour que l’on puisse apprécier. On aurait pu éviter ce huis clos. L’épisode ne semble avoir été fait que pour fournir une saison de 24 épisodes (elles étaient au début de 30).

Il faut attendre la 46e minute pour que Luke Dormer monte à bord et veuille tuer Jed, qu’il accuse d’être le juge Harker, responsable de la mort de ses deux frères.

L’épisode, par sa construction, et même s’il n’est pas signé du même scénariste, rappelle furieusement le 11e épisode de la saison 3 de L’homme de fer : Haute Altitude (Five miles high). Une autre production Universal datant de novembre 1969. Celui du Virginien est de février 1970. L’un de passait dans un avion, l’autre dans un train.

Ensuite, c’est une sorte de procès de Jed Haines/juge Harker qui est fait. Même son épouse Lottie le rejette. Il est responsable de la mort de sept hommes. Butter Floyd est ouvertement pour Dormer. Haines revoit son passé défiler, les morts dont on l’accuse. Dennis Weaver a heureusement beaucoup de talent et sauve l’entreprise de l’ennui.

C’est Clay qui va au devant des cavaliers. Bravoure ou folie ? Suite à cela, Haines descend du train. L’histoire du juge condamné par ceux qu’il a envoyé à la mort rappelle aussi l’un des meilleurs épisodes de Haute Tension/The Kraft suspense theatre : Nuit de terreur (A crual and unsual night) de juin 1964. (diffusé en France en juin 1973). Encore une production Universal !

On le voit, les emprunts dans cet épisode sont variés et nombreux. La fin rappelle un peu Nuit de terreur. Elle se termine sans violence, sans que le sang coule. On apprécie la performance de Charlotte Stewart en jeune épouse du juge qui permet le happy end.

Anecdotes :

  • Dennis Weaver (1924-2006) est connu pour le film Duel et la série Un shérif à New York.

  • John Larch fait là la troisième de ses quatre apparitions dans la série.

  • Kas Garas (1940-)  a participé aux séries Les règles du jeu, La Nouvelle équipe, Chaparral, L’homme de fer, Wonder Woman, Sergent Anderson, Cannon, Les rues de San Francisco, Chips, Starsky et Hutch, Hawaii Police d’état, Pour l’amour du risque, Santa Barbara, L’agence tous risques, Docteur Quinn femme médecin, Urgences.

  • Barbara Wherle (1928-2013) est surtout connue pour le film La bataille des Ardennes.

  • Gerard S. O Loughlin (1921-2015) a tourné notamment Un tueur se promène, De sang froid.

  • Charlotte Stewart (1941-) a joué dans La petite maison dans la prairie et Twin Peaks.

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19. A TIME OF TERROR

Scénario : Edward J. Lasko. Réalisation : Joseph Pevney.

Résumé :

Les Grainger vont dîner chez le juge McMasters lorsque la maison est touchée par des coups de feu. Le juge leur dit que ce n’est pas la première fois que cela arrive. Peu après, Les Grainger sont pris en otage.

Critique :

Cet épisode raconte une prise d’otages, celle d’Holly et de Clay par les frères Thurman, Joe (Phillip Alford) et Frank (Shelly Novack, déjà de retour !) et leur sœur Emily (Pamela Murphy). Ils sont amis avec le juge McMasters (Joseph Cotten) auquel les Thurman reprochent l’expropriation de leur ranch au profit du chemin de fer et la mort de leur père. L’épouse du juge, Mary, est jouée par Virginia Gregg.

La tension est extrêmement forte. Telle cette scène où Joe Thurman surprend Holly avec un couteau qu’elle n’a pas l’intention d’utiliser. Sous ses airs d’ange, Emily est-elle sincère et la plus raisonnable du Trio ? Joe lui semble carrément fou. C’est le genre d’épisodes vu cent fois dans des tas de séries, avec l’attente insupportable du dénouement. Le scénariste n’a pas cherché l’originalité.

Arrive le moment où McMasters est capturé par les Thurman. Joseph Cotten semble trop garder son calme en juge otage. Le comédien ensuite joue sur le registre de l’émotion. Clay demande à Frank Thurman des preuves de ce qu’il avance. Frank donne au juge une lettre de son père. McMasters proteste : il n’est pour rien dans le meurtre. Au fur et à mesure que l’histoire avance, on ne sait si c’est Frank ou Joe qui est le plus dangereux des frères.

Le renversement de situation final est assez invraisemblable, Emily tirant sur son frère Frank. Le dénouement n’est pas à la hauteur de la tension qui a régné lors de la prise d’otages. Un épisode assez moyen.

Anecdotes :

  • Joseph Cotten (1905-1994) est célèbre pour L’ombre d’un doute, Citizen Kane, Le troisième homme.

  • Phillip Alford (1948-) est connu pour Du silence et des ombres, Les Prairies de l’honneur.

  • Shelly Novack fait la 3e de ses 4 participations à la série.

  • Pamela Murphy ( ?/) est apparu dans Hawaii Police d’état, La petite maison dans la prairie, Dallas.

  • Virginia Cregg (1916-1986) est surtout connue pour le film Opération jupons.

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20. NO WAR FOR THE WARRIOR

Histoire de Robert Earll. Adaptation : Alvin Sapinsley et Robert Earll. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Le virginien fait la connaissance de John Hoods, qui a du sang indien. Ce dernier devient ami avec Jim Horn, or il est recherché pour avoir tué quatre soldats.

Critique :

Le début de l’épisode est assez léger. Le virginien discute beaucoup avec Ned Cochran (Henry Jones). Nous avons droit à de belles scènes d’extérieurs, à des chevauchées. Jim sympathise avec John Hoods (Charles Robinson) que le virginien a engagé. Il ignore que cet homme, au sang indien, est recherché pour le meurtre de quatre soldats.

On peut constater que Charles Robinson ne ressemble en rien à un indien en dehors de ses cheveux bruns mais il n’est pas typé. Jim est fasciné par ce personnage un peu hors du commun, qu’il surprend en train de célébrer un rite indien.

Le virginien et ses hommes vont s’amuser en ville mais sont froidement accueillis par le shérif Charles Gray (Larry Ward). Au bar, on reconnaît, dans le rôle de William Webb, l’acteur Charles Aidman qui avait remplacé Ross Martin dans Les mystères de l’ouest quand ce dernier avait eu des problèmes cardiaques.

L’ambiance est toujours détendue, Webb radotant des histoires d’ivrogne. Mais Hoods se rend compte que le propriétaire du bar a pour servante une squaw, Kgoy-Ma (Patricia Hyland, je n’ai trouvé aucun lien de parenté avec Diana Hyland) qu’il traite en esclave et si ses compagnons n’avaient pas été là, il aurait massacré l’homme.

Ned Cochran arrive au bar et cherche querelle au virginien. En l’absence de Hoods, il lui révèle qu’il s’agit d’un tueur recherché. Le virginien devient perplexe et interroge Jim. C’est le moment où l’épisode passe de la légèreté à la gravité. Cochran qui ne peut s’empêcher de fouiner surprend Hoods chantant un rite indien. Il le capture et veut le livrer au shérif.

La jeune indienne aide Hoods à s’enfuir. Mais le shérif arrête Jim Horn et l’accuse d’avoir fait évader l’homme. Pendant ce temps, l’indienne, Kgoy-Ma, a retrouvé Hoods et lui raconte comment sa famille a été massacrée. L’homme lui révèle qu’il est à moitié indien. En 1970, l’opinion publique américaine changeait sur le sort des indiens, et cela se reflète dans cet épisode.

Dès le début de l’épisode, le shérif s’est montré hostile au virginien, à Trampas et à sa bande. Au bar, le virginien recueille des informations de l’ivrogne Webb. Le virginien va voir Jim en prison (on le voit simplement entrer chez le shérif), mais il raconte ensuite à Trampas que le jeune homme est en danger. Cochran a été retrouvé mort après la fuite de Hoods qui est introuvable. Ce dernier est dans une grotte avec la jeune indienne. Le virginien a peur que Jim Horn soit lynché.

Hoods demande de l’aide à l’indienne. Elle lui dit que Webb le fera sans doute. En arrivant en ville, le virginien ne rencontre que des regards hostiles. Le contremaître de Shiloh retourne voir Webb au bar, qui l’écoute et lui répond tant que notre héros lui paie de l’alcool. Trampas trouve l’indienne Kgoy-Ma et l’informe de ce qui se passe, des ennuis de Jim Horn. Elle le conduit à Hoods. Les deux hommes parlementent. Après sa visite, Kgoy-Ma dit qu’elle désapprouve John Hoods.

Les passages où Hoods chante en indien en dansant sont répétitifs et caricaturaux, et à force deviennent agaçants. La jeune indienne vient en ville voir le virginien et Trampas et leur dit où se cache Hoods. Il est parti. Les habitants veulent lyncher Jim Horn. Le virginien et Trampas arrivent alors que les habitants vont pendre Jim. C’est John Hoods, en costume indien, qui le sauve, mais se fait tuer.

Dans cet épisode, la fin est bâclée, puisque l’apparition de John Hoods se situe dans les dernières minutes. Deux comédiens sortent du lot : Charles Aidman en ivrogne qui incarne un personnage empreint de sagesse, et Patricia Hyland, parfaite en indienne. Les funérailles de Hoods auraient mérité un plus long développement, mais nous en sommes à 74 minutes.

J’ai également trouvé le virginien en petite forme, d’habitude il a plus de ressources et fait preuve de plus d’initiatives. Ce qui fait rater à l’épisode la note maximale. Néanmoins, c’est un bon spectacle, ce que l’on attend de la série.

Anecdotes :

  • Henry Jones (1912-1999) a tourné dans La mauvaise graine, 3h10 pour Yuma, Sueurs froides, Butch Cassidy et le kid.

  • Charles Aidman (1925-1993) était Jeremy Pike dans Les Mystères de l’ouest.

  • Charles Robinson (1932-2006) a joué dans La Cannonière du Yang-Tsé.

  • David Sheiner (1928-) est connu pour Drôle de couple, Le cercle noir, Tonnerre de feu.

  • Patricia Hyland (1944-) a joué dans Haute Tension, Dr Kildare, Ben Casey, Bonanza, Baretta.

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21. A KING'S RANSOM

Scénario : John D.F. Black. Réalisation : Joseph Pevney.

Résumé :

Clay Grainger est kidnappé par un certain Connor qui réclame une rançon de 20 000 dollars.

Critique :

Patrick Macnee dans Le Virginien. Habitué à la télévision américaine, l’interprète de John Steed en février 1970 avait terminé depuis un an Chapeau melon et bottes de cuir. Il interprète ici le personnage du kidnappeur Connor, marié à la belle Mag (Jackie DelShannon). En 1970, après avoir incarné John Steed de 1961 à 1969, son premier rôle fut pour cette série.

Tellement identifié à son personnage de Steed, il a un peu le même problème que Roger Moore dès que ce dernier sortait de ses personnages connus Simon Templar, Lord Brett Sinclair et James Bond, voire Ivanhoé. A l’écran, on voit que c’est Patrick Macnee jouant Connor, quand la plupart des comédiens s’effacent derrière leurs personnages, comme Joseph Cotten dans un récent épisode.

Le téléspectateur doit donc faire un effort pour faire abstraction du personnage habituel du comédien et juger de sa prestation en Connor. Il faut avouer que c’est difficile au début de l’épisode. On voit John Steed dans Le Virginien. A la trentième minute, au moment de la remise de la demande de rançon, qui se fait au virginien en présence de Connor et de sa femme, le réalisateur nous entraîne dans le drame. A part Trampas, tous les habitués sont présents.

Alors, va-t-on y croire ou non ? Ce qui impressionne au départ, c’est le talent de Jeanette Nolan, aidée de la jeune Jackie DelShannon en Maggie. Holly a deviné quelque chose et veut faire parler Maggie. Elle demande l’asile à Holly à Shiloh. Notons que la comédienne est très douée, et il est dommage qu’elle est si peu tourné, au profit d’une autre carrière, chanteuse-compositrice. Il faut dire qu’elle est une pionnière dans ce domaine et a eu beaucoup de succès.

Les comédiens qui entourent Patrick Macnee, Michael Pate et Don Knight, n’ont pas à forcer leur talent, ils jouent dans leur registre habituel. Notre cher « Steed » va devoir nous faire oublier son rôle de gentleman agent secret et mettre tout son talent dans la balance. Macnee choisit une forme d’ironie qui sert à faire donner corps à Conan. Dans la scène où il est confronté à John McIntire, il réussit son pari. C’est un homme menaçant, dangereux, capable de tuer. On respire. La scène de la 43e minute nous fait complètement oublier son rôle habituel.

Conan sait perdre son sourire pour devenir un fauve. Lorsqu’il jette d’un coup de pied Clay dans un puits, on n’a plus de doute. A la 49e minute, Conan menace d’une arme le virginien. L’interprétation de Macnee est pimentée d’une ironie cruelle sur son visage, une expression qui ne laisse place à aucun doute, Conan est un tueur.

L’épisode est d’ailleurs passionnant indépendamment de la présence de Patrick Macnee, car doté d’un scénario impeccable, et le réalisateur fait également un sans faute. Conan veut récupérer sa femme. Il n’y a aucun humour, aucun second degré dans l’épisode. Il est bien dommage que cet opus soit resté inédit en France. Le virginien part avec la rançon et Maggie.

J’ai trouvé que Macnee était parfaitement à l’aise entouré de Pate et Knight. Aucune surprise pour ces deux derniers, le téléspectateur les a vus à longueur d’année jouer les bad boys. Le londonien en revanche a surmonté les difficultés de son image auprès du public pour rendre crédible Conan. Knight et Pate jouent au premier degré, Macnee avec son ironie ajoute un petit quelque chose qui rend son personnage plus terrifiant.

La fin est magistrale. Conan réalise qu’il perd sa femme dans l’aventure. L’arrestation par le virginien se fait en douceur, sans violence, sans que le sang coule. Mais reste à trouver Grainger.

Le virginien joue un coup de poker d’une rare habileté pour savoir la vérité. James Drury s’accapare la dernière scène que l’on n’est pas près d’oublier. Du grand art.

Anecdotes :

  • Patrick Macnee (1922-2015) avant d’être John Steed dans Chapeau melon et bottes de cuir avait tourné pour la télévision américaine dans des anthologies : Suspicion, Alfred Hitchock présente, La quatrième dimension. Après 1969, on l’a vu dans Opération Danger, Night Gallery, Les grands mystères d’Orson Welles, Columbo, Matt Helm, Sherlock Holmes à New York, Galactica, Magnum, Pour l’amour du risque, La croisière s’amuse, Enquêtes à Palm Springs, Arabesque, Kung Fu la légende continue, et au cinéma dans Le commando de Sa Majesté, Hurlements, Dangereusement vôtre.

  • Jackie DeShannon (1941-) a très peu tourné comme actrice : Les règles du jeu, Les mystères de l’ouest. C’est une chanteuse et compositrice de chansons dans plus de cent films, travaillant notamment pour Fantômes en fête, Forrest Gump Le mariage de mon meilleur ami.

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22. THE SINS OF THE FATHERS

Scénario : David P. Harmon. Réalisation : Walter Doniger

Résumé :  

Le virginien est poursuivi par trois hommes qui veulent le pendre par les pieds, le voler et le tuer. Il est sauvé par un certain Adam Randall. En récompense, il obtient un emploi à Shiloh.

Critique :

Le jeune Adam Randall (Robert Lipton) sauve le virginien d’une mort certaine. Il est engagé à Shiloh. Très vite, les choses se passent mal cependant. L’homme n’est pas sociable. Les gens du ranch se posent rapidement des questions sur lui.

Le virginien transportait sur lui 40 000 dollars pour acheter du bétail, et il cherche à savoir qui a pu en parler. Il interroge Sam Burns (William Lucking), tandis que Clay se rend chez le shérif. Tant le virginien que son patron pensent à un coup monté.

Clay commence à regretter d’avoir donné asile à Randall. L’homme lui paraît étrange et cachant des secrets. A la ville, les interprètes de Holly et Clay, Jeanette Nolan et John Mc Intire étaient mariés, et leur fils, le comédien Tim McIntire, mort jeune d’une crise cardiaque, interprète ici le rôle de John Wesley Hardin. Randall retrouve Hardin dans un saloon et ils sont visiblement copains comme larrons en foire. Les soupçons envers Randall se confirment.

Hardin et Randall sont surpris au saloon par Clay et le virginien. Peu après, une dispute éclate entre Hardin et Randall et ce dernier blesse son comparse. Clay ne peut pas dormir, il se demande si le loup n’est pas entré dans la bergerie, car il y a 25 ans, il a tué le père d’Adam Randall. Il se confie à sa femme.

On s’ennuie assez vite dans cet épisode bavard. Après un début fracassant, la déception est au rendez-vous. C’est un défaut qui revient souvent dans la série, dont on attend de l’action avant tout, et des intrigues palpitantes.

Au bout de trois quart d’heures, le téléspectateur a compris qu’il n’avait rien à attendre de cet épisode. Holly demande à parler à Randall. C’est un peu le problème de cet épisode, trop de parlottes. Elle lui demande de comprendre qu’elle a confiance en son mari, et qu’il n’a jamais rien fait de mal. Clay prend le relais. Randall lui dit qu’il va le tuer pour la mort de son père.

L’épisode propose beaucoup de jolies scènes en extérieurs. Dès le départ, bien qu’il sauve le virginien, je n’ai pas trouvé Adam Randall sympathique. Robert Lipton a plus l’air d’un tueur que d’un sauveteur. Clay a envoyé Trampas au champ et veut affronter en duel Randall. Holly voudrait le défendre malgré lui en allant chercher un fusil. Clay l’en dissuade.

Le virginien surveille le marquage des bêtes avec Jim quand Trampas surgit. Le virginien comprend que Clay a voulu rester seul pour régler ses comptes avec Adam Randall.

Le moment du duel arrive. Il s’agit d’une scène classique. Randall tire sur un récipient contenant de l’eau et dit qu’il tirera dès que le récipient sera vide. Randall est plus rapide, mais il ne tue pas Clay, lui effleurant d’une balle sa chemise. Le virginien et Trampas sont perplexes, nous aussi.

Clay rejoint Randall dans la grange. L’homme a compris que sa vengeance n’était pas justifiée. A part des retrouvailles en famille pour les comédiens, cet épisode est vraiment d’un faible intérêt.

Anecdotes :

  • Robert Lipton (1949-) a joué dans Bullitt, 58 minutes pour vivre.

  • Tim McIntire (1944-1986) était le fils de Jeanette Nolan et John Mc Intire. On l’a vu dans Poolkie, American Hot Wax, Brubaker, Apocalypse 2024.

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23. RICH MAN, POOR MAN

Scénario : Arthur Heinemann. Réalisation : Tony Leader

Résumé :

Harve Yost, fermier que la chance n’a jamais gâté, trouve une somme importante sur un mort. C’est de l’argent volé. Il reçoit une récompense et décide de construire une ferme qui rivalisera avec Shiloh.

Critique :

La chance a frappé à la porte de Harve Yost (Jack Elam). Il se trouvait en compagnie de Jim Horn quand il a trouvé cet argent sur un mort. Il parle de ses projets à sa fille Ellie (Patricia Morrow) et à son fils Whit (Michael Larrain). Le virginien vient lui annoncer que c’était de l’argent volé et qu’il a doit à une récompense. Sur 58000 dollars, on lui donne 10280. L’argent appartenait à la Laramie Express Company qui décide de cette rétribution.

Un représentant de la compagnie d’assurance remet un chèque à Yost. Il organise une fête où les invités dansent. Yost voudrait engager Trampas. Le virginien accepte une aide provisoire de ce dernier dont il se passera à Shiloh. Petit à petit, Yost se fait à sa nouvelle vie. Il se montre assez doué. Ellie aussi s’habitue. Par contre, les banquiers ne veulent pas lui prêter d’argent. Ce qui met Yost fort en colère.

Peu après, un litige l’oppose à Trampas qu’il renvoie. Il voudrait les services du virginien qui refuse, fidèle à Grainger. On va vers un affrontement. Yost a engagé des hommes armés. En effet, le nouveau riche refuse que les bêtes de Shiloh viennent sur les près qui appartiennent à Grainger.

Mais les hommes de Yost le lâchent. Ce dernier est par la force des choses obligé de revenir à de meilleurs sentiments. La paix se fait autour d’une louche d’eau potable venant du puits de Yost, qu’il offre au virginien pour se rafraîchir.

En révisant ses ambitions à la baisse, l’ex-pauvre trouve la sérénité. Il faut dire qu’on l’imaginait mal rivaliser avec Shiloh.

L’histoire n’est jamais passionnante. C’est un épisode dans la moyenne, dont il ne faut pas trop attendre, jouant surtout sur la pyschologie des personnages. Doté d’un physique ingrat, le comédien Jack Elam est cependant fort crédible dans son rôle.

Anecdotes :

  • Jack Elam (1920-2003) a joué notamment dans En quatrième vitesse, Ne tirez pas sur le sherif.

  • Patricia Morrow (1944-) est connue pour Peyton Place, Return to Peyton Place.

  • Michael Larrain (1947-) est apparu dans Les règles du jeu, Gunsmoke, L’homme de fer.

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24. THE GIFT

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Scénario : Robert Van Scyok. Réalisation : Seymour Robbie

Résumé :

Une ancienne fiancée de Trampas, la chanteuse Sally Anne, est accusée de complicité avec deux braqueurs qui ont dévalisé la gare dont l’un a été tué Jim Horn tombe amoureux de Sally, mais Trampas tente de les séparer car elle n’est pas fiable.

Critique :

Avec cet épisode se termine la saison 8 et la version du Virginien telle qu’on la connaît, puisque la saison 9, The men from Shiloh, va apporter de nombreux changements. Fin de la musique du générique de Percy Faith, départ de nombreux personnages. Mais n’anticipons pas.

Sally Anne (Julie Gregg) n’est pas complice du braquage de la gare, on a vu l’un des deux voleurs s’introduire dans sa chambre, et d’ailleurs, elle avertit aussitôt Trampas.

Mais le fait que l’homme se soit réfugié dans sa chambre va attirer les soupçons sur elle.

Rawlins (Frank Marth) est un agent spécial de la sécurité des chemins de fer. Il demande pourquoi le voleur est venu mourir chez Sally. Rawlins va jusqu’à fouiller et soupçonner Trampas. Il veut retrouver l’argent.

Rawlins se rend chez le shérif Mark Abbott avec des idées très arrêtées. Il est froidement accueilli par ce dernier.

Trampas revient voir Sally. Il soupçonne quelque chose. Il n’a pas oublié la façon dont elle l’a quitté il y a trois ans. Elle lui explique que ses chansons sont toute sa vie.

Tandis qu’elle se produit au saloon, Jim Horn n’a d’yeux que pour elle, tandis que Rawlins la surveille.

Sally et Jim sympathisent, tandis que le détective des chemins de fer interroge un peu tout le monde.

Un homme arrive en ville. Il s’appelle Cart Banner (Tab Hunter). Il pose des questions sur le brigand mort.

A l’enterrement du voleur, Rawlins dit au shérif Abbott qu’il est déterminé à retrouver l’argent volé. Après leur départ, Sally vient déposer des fleurs sur sa tombe. Carl Banner la surveille.

Jim Horn doit être envoyé en mission pour deux semaines, et est furieux contre Trampas car il comprend qu’on veut l’éloigner de Sally.

Sally répète dans la nature, sur un pont  devant une rivière. Sa voix est vraiment claire et très belle à écouter. Jim Horn la rejoint. Que de chemin parcouru depuis l’arrivée de Jim dans la série. Il a mûri. C’est devenu un homme. Sally lui parle de ses rêves. L’ambiance est romantique.

Mais lorsqu’elle revient dans sa chambre, celle-ci a été fouillée. Elle accuse Rawlins de l’avoir fait, il nie. Il lui apprend qu’un homme est venu. Pendant ce temps, Banner joue aux cartes en les écoutant.

Peu après, Jim vient voir Sally et lui fait part des soupçons persistants de Rawlins. Sally semble amoureuse de Jim.

Après son tour de chant, elle trouve Banner dans sa chambre, avec Jim ligoté. Banner est persuadé qu’elle sait où se trouve l’argent. Il menace de tuer Jim si elle ne parle pas, tandis que Rawlins a entendu du bruit venant de la chambre et monte l’escalier.

Il règne une atmosphère de drame soudainement. Rawlins est blessé par par Banner qui s’enfuit, Trampas l’intercepte.

Sally est arrêtée car elle a retrouvé l’argent sur le voleur mort dans sa chambre. Abbott lui reproche d’avoir gardé le butin, mais pour elle, c’est le cadeau d’un homme mourant (d’où le titre de l’épisode). Rawlins s’en va avec l’argent récupéré pour la compagnie de chemins de fer, c’est tout ce qui l’intéresse.

L’épisode se termine nous montrant Sally chantant avec allégresse. Abbott a décidé de l’épargner. Mais Jim Horn, comprenant qu’elle ne vit que pour son public, quitte le saloon. Il retrouve Trampas, au fond, ils ont vécu à trois de distance la même expérience.

Anecdotes :

  • Tab Hunter (1931-2018) a joué dans Collines brûlants, Grease 2.

  • Julie Gregg (1937-2016) est connue pour Le Parrain, L’homme de la Manche.

  • Frank Marth (1922-2014) était réputé pour ses rôles de personnages inquiétants, il a notamment participé aux Envahisseurs.

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