Saison 7 Volume 1Saison 7 Volume 3

Le Virginien

Saison 7 - Volume 2


1. THE MUSTANGERS

 



 

 

 

 

 

Scénario : Norman Jolley. Réalisation : Charles S. Dubin.

Résumé :

Ben Harper, dompteur de mustang, accepte mal que l’âge venant, son fils Dewey prenne sa place, au point qu’il va s’allier à un voleur de chevaux, Cal Hobson.

Critique :

Nous sommes ici dans le pur western, avec des images fabuleuses, la plupart en extérieurs. Ben Harper (James Edwards) a l’habitude de s’occuper des mustangs, ils sont volés, mais on manque de preuve, par Cal Hobson (Don Knight). Jaloux que son fils Dewey (Chuck Daniel) lui prenne sa place, il s’allie avec Hobson.

Episode sans temps morts, et auquel je ferai un seul reproche (un épilogue bâclé), on est captivé devant l’écran. Don Knight joue les méchants comme il en a l’habitude, c’est son emploi dans la plupart des séries des années 60-70 où il a été guest star. Il a le physique de l’emploi.

Pourtant, le comédien le plus intéressant est James Edwards qui a un jeu plus subtil, dans un rôle plus difficile. Il parvient à nous faire croire à son personnage, jusqu’aux dernières images (spoiler), alors que la partie n’était pas gagnée d’avance.

Par son talent, il nous fait croire à cette intrigue. La rivalité père/fils est le fil rouge de l’’épisode. Le film est construit ainsi : une énigme policière pour le virginien et David Sutton (qui est le complice, le traître, qui travaille pour Hobson ?), une action non-stop avec la bataille pour les Mustang entre le virginien et les voleurs, et le nouveau dompteur, Deway Harper, qui réussit rapidement à montrer son talent héréditaire.

James Drury est parfaitement à l’aise dans ce scénario bien huilé et sans failles. Je trouve que la plupart du temps, David Hartman en David Sutton reste au second plan et ne parvient pas à s’imposer comme un Trampas bis, raison pour laquelle il n’a sans doute fait qu’une saison de la série. C’est assez flagrant dans la scène du saloon où il recrute le vacher Roy (William Burns) lors d’une bagarre.

Cette séquence de saloon nous propose un personnage insolite, la tenancière âgée, Soapie, incarnée avec brio par Marjorie Bennett. Ces parties de comédie permettent de souffler entre deux chevauchées.

Les scènes les plus intéressantes montrent le passage de Dewey, qui au début n’a pas la maîtrise de son art, dépasser son père. On peut aussi citer le jeu du chat et de la souris entre Hobson et le virginien. Dans une des scènes du début, où la culpabilité d’Hobson est flagrante, ce dernier nargue notre héros qui lui lance « si je retrouve ce voleur de chevaux, il n’y aura pas de quoi rire ».

On ne voit pas passer les 74 minutes tellement l’épisode est captivant. Parfois, les scénaristes vont chercher des intrigues compliquées alors qu’il est si facile de faire simple comme ici.

Anecdotes :

  • Don Knight (1933-1997) était Fletcher, le poursuivant de Christopher George dans la série L’immortel.

  • James Edwards (1918-1970) tournait là un de ses derniers rôles. On l’a vu au cinéma dans J’ai vécu l’enfer de Corée, L’ultime razzia, Un crime dans la tête, Patton.

  • Marjorie Bennett (1896-1982) a fait une longue carrière (210 rôles). Cette australienne, qui a donné sa voix dans des dessins animés, a tenu des petits rôles dans My Fair Lady et Mary Poppins.

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2. NORA

Scénario : True Boardman. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Le major James Carlton et son épouse Nora rendent visite aux Grainger. Nora est une ancienne amie de Clay, mais déçue que son mari n’ait pas eu la vie qu’elle souhaitait après la guerre contre les indiens est prête à laisser pendre un innocent, l’indien Nakona, accusé à tort du meurtre d’un soldat américain, afin que son mari en tire gloire.

Critique :

Toute la première partie de cet épisode relate les retrouvailles de Nora Carlton (Anne Baxter) avec Clay Grainger. Les vingt premières minutes sont assez homogènes, essentiellement des scènes d’intérieurs, des discussions, de beaux habits.

Le contraste est saisissant avec la suite. On voit davantage Holly/Jeanette Nolan que d’habitude. Son personnage et celui de Nora sont faits prisonniers par Plume Blanche (Ken Renard), le père de Nakona, accusé de meurtre et jugé en cour martiale. On ne donne pas cher de son sort au début de l’histoire.

La série prenant en compte une nouvelle fois l’évolution de la mentalité des téléspectateurs américains envers les indiens les présente ici comme des victimes. Ainsi en est-il de Nakona (Carlos Rivas), faussement accusé, tandis que son bébé gravement malade sera confié par Plume Blanche à Holly et Nora pour être sauvé par un médecin.

J’ai trouvé que Pilar Seurat qui incarne Tela, la mère de l’enfant et épouse de Nakona qui pour Plume Blanche devait être délivré en échange des otages Holly et Nora, tire son épingle du jeu.

Habituellement excellente, la comédienne Anne Baxter en fait trop et rend son rôle caricatural. Elle est assez à l’aise en femme ambitieuse dans la première partie de l’histoire, lors des mondanités au ranch. Elle joue cependant mieux qu’un Carlos Rivas peu inspiré qui peine à nous faire croire à ce guerrier indien Nakona qui la paix retrouvée aurait assassiné un soldat.

Le discours sociétal et les bons sentiments prennent le pas sur le récit, et on peine à croire à cette histoire. Le scénariste True Boardman a imaginé une intrigue et des mobiles aux agissements de Nora qui ne tiennent pas la route. Sans doute cela a-t-il compliqué les choses pour Anne Baxter qui n’est pas crédible.

J’ai eu le sentiment qu’avec cet épisode, on a voulu forcer le trait, ainsi Plume Blanche qui laisse partir les otages. Il sera rappelé par Nora que Nakona était un guerrier cruel, mais on lui rétorque que c’était « pendant la guerre ».

Un épisode du Virginien doit rester un spectacle (comme l’opus précédent). En en faisant un pamphlet pacifique, une leçon d’histoire, une tentative d’aller à l’encontre des codes habituels du western, on tombe vite dans l’ennui.

J’ai mis deux étoiles car la réalisation sauve souvent un script faible, mais en dehors de Pilar Seurat, l’interprétation, Anne Baxter en tête, n’est pas ce que l’on a vu de mieux dans la série. Il demeure toutefois un suspense, mais il faut attendre la dernière partie de l’épisode, et je crains que le téléspectateur impatient ait zappé sur une autre chaîne à l’époque.

Anecdotes :

  • Anne Baxter (1923-1985) est connue pour La splendeur des Amberson, Le fil du rasoir, Eve, Les dix commandements.

  • Hugh Beaumont (1909-1982) a joué dans Le peuple de l’enfer, le survivant des monts lointains. A la fin des années 60, il a quitté le métier pour devenir fermier, mais a dû renoncer à toute activité à la suite d’une crise cardiaque en 1972.

  • Originaire de Manille aux Philippines, Pilar Seurat (1938-2001) est partie à Los Angeles dans les années 50 où elle a commencé une carrière de danseuse. Actrice, on la retrouve en vedette invitée dans des séries comme Hawaii Police d’état. Elle a cessé toute activité en 1972 en se mariant, avant de mourir d’un cancer des poumons à 62 ans en 2001.

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3. BIG TINY

Histoire de Joy Dexter. Adaptation : Joy Dexter et Norman Katkov. Réalisation : James Sheldon.

Résumé :

Parti avec Trampas à Durango au Colorado pour acheter un taureau, David Sutton se retrouve dans les ennuis en voulant rendre service à la fantasque Martha Carson qui veut le faire passer pour son fiancé afin d’échapper à un prétendant dont elle ne veut pas, Tiny Morgan, un vieil ami de Trampas.

Critique :

Dès le début, le ton est donné : la comédie. Julie Sommars est bien jolie et drôle, et donne du tonus à son personnage de Martha. David Sutton est pour Martha l’homme idéal pour donner le change à l’embarrassant Tiny (Roger Torrey).

Notons que dans la série, David est le plus souvent appelé « Dave », et au cours d’une discussion, on apprend que son surnom est « Dave le fiable ». Cependant, Clay Grainger ne lui fait pas encore entièrement confiance. Le virginien, en l’envoyant au Colorado avec Trampas pour une affaire, tente de lui donner sa chance.

Tout homme normalement constitué ne ferait pas la fine bouche si une femme comme Martha lui demandait d’être son fiancé. David Sutton lui est réticent, croit à un canular, et prend des allures de grand dadais pas très malin. Le comédien n’a pas le physique de James Drury ou Doug McClure et son personnage devrait être flatté de la proposition de Martha.

Visiblement à l’aise dans son rôle, Julie Sommars nous fait un numéro drôle et éblouissant de comédie. Sutton n’écoute pas Trampas qui le met en garde contre Martha. A laquelle, bien maladroit, il s’empresse de raconter les réticences de son ami.

Certes, l’histoire est absurde, mais terriblement drôle. Il suffirait à Martha d’un peu de fermeté pour envoyer sur les roses Tiny. Il ne faut pas chercher trop de crédibilité dans cette histoire et y entrer comme dans une bonne farce. Roger Torrey, dont le personnage de Tiny s’évanouit à la vue du sang et ne semble pas très malin, a un physique avantageux, bien supérieur à David Hartman/Sutton.

Impossible à prendre au sérieux, l’intrigue évoque parfois celle de Amicalement vôtre qui arrivera trois ans plus tard. Les quiproquos dans le scénario sont semblables à certaines aventures de Brett Sinclair et Danny Wilde. Bien sûr, l’époque ici est différente, ainsi que les mœurs.

On a rarement vu Trampas s’occuper du courrier du cœur auprès d’un autre cowboy. La scène où Tiny lui avoue que son rival est David Sutton permet à McClure de jouer à fond dans le registre de la comédie, et il est doué. La même scène avec le trop sérieux James Drury n’est pas envisageable.

Comme souvent dans la série, le scénario aurait pu s’intégrer à une autre qui ne soit pas du genre western. La même situation dans une série familiale, romantique, policière, ne nous aurait pas choqué.

La musique d’ailleurs, sautillante et gaie, accompagne un récit plein de fraîcheur. Les comédiens sont tous au diapason, de McClure à Hartman, de Julie Sommars à Torrey, et en évitant de sombrer jamais dans le ridicule, la mayonnaise prend. Ces 74 minutes, certes peu représentatives de ce qu’est la série habituellement, sont un régal.

Arrive la scène de la vente aux enchères du taureau. Elle est assez brève alors qu’elle était le canevas de départ. J’ai trouvé moins réussi l’histoire du vol de la bague par Sutton qui l’entraîne en prison. Tout simplement distrait, il l’a gardée avec lui tandis que Martha choisissait et que Tiny veillait au grain. C’est en fait un coup monté de ce dernier qui se retrouve en prison.

La fin tente de nous faire quitter le terrain de la comédie pour revenir à l’action et au western, mais c’est peine perdue. Il n’y a pas de violence et l’atmosphère reste malgré une prise d’otages à la bonne humeur. Il est bien regrettable que cet épisode n’ait pas été doublé en France.

Anecdotes :

  • Julie Sommars (1942-) était Grace, la belle-sœur de David Vincent dans Les Envahisseurs. Elle fut Julie March dans la série Matlock. Elle a arrêté sa carrière en 1994.

  • Roger Torrey (1938-1985) a joué dans Ma sorcière bien aimée, Mannix, Bonanza, Gunsmoke, Shérif fais moi peur.

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4. STOPOVER

Scénario : John Kneubuhl. Réalisation : Joel Rogosin.

Résumé :

Un tueur à gages, Frank Hammer, arrive en ville, alors que le shérif est absent. Il y a dix ans, il a sauvé la vie du virginien. Il prétend être venu pour une étape et repartir mais le virginien n’en croit rien et pense qu’il recherche quelqu’un. Les habitants en ville ont tous peur.

Critique :

Après le très comique épisode précédent, nous passons à l’excès contraire, avec une atmosphère sombre et sinistre dès les premières images. Frank Hammer (Herb Jeffries) n’a pourtant pas la tête de l’emploi. L’homme semble paisible, un ami du virginien. Ce dernier ne l’a pas vu depuis dix ans.

Plusieurs personnes ont des cadavres dans le placard et pensent que quelqu’un a engagé Hammer pour les descendre. Ils ne se sentent pas la conscience tranquille.

Au début, le scénariste semble se chercher et on ne sait pas trop où l’on va. On commence à s’ennuyer quelque peu. L’inventaire des personnes pouvant être concernées (un juge qui a condamné sévèrement, un homme d’affaires qui a grimpé sans pitié) devient fastidieux. James Drury garde une attitude taciturne face aux récits qu’on lui fait.

Le virginien pense que le tueur à gages en a après le menuisier Mel Dover (John Kellogg). L’attitude du couple d’épiciers, les Cooper (Jan Sheppard et Douglas Henderson) l’intrigue aussi.

Dover finit par avouer avoir attaqué une diligence de personnes âgées avec Frank. Et avec d’autres, abandonné Frank mourant sur les lieux. On a contraint Dover à agir ainsi et Hammer le sait. Fausse piste, mais habile.

En l’absence du shérif, le virginien veut boucler en cellule Frank Hammer, mais ce dernier enferme notre héros. On ne va pas dévoiler le spoiler, mais le tueur à gages a une bonne raison de se venger, seulement l’homme qu’il recherche ne sera pas tué. Ceci à cause d’une révélation qu’il aura en le voyant.

Le suspense est constant, mais l’ensemble un peu monotone empêche de donner la note maximale. Frank Hammer repartira tellement apaisé qu’il donnera son arme à un vieil homme, Clem (William Fawcett). Un épisode où l’on s’attendait à une tuerie et qui est un hymne à la paix.

Anecdotes :

  • Herb Jeffries (1913-2014) est un chanteur de jazz qui n’a tourné qu’une dizaine de rôles dont le présent et Hawaii Police d’état, Les règles du jeu, Jeannie de mes rêves. Il est mort centenaire.

  • Douglas Henderson (1919-1978) est un visage familier des amateurs de séries sixties et seventies que l’on reconnaît sans savoir mettre un nom dessus : Perry Mason, Lassie, Les mystères de l’ouest, Mission Impossible, Les Envahisseurs, Opération vol, Le Fugitif, Bonanza, Mannix, Les rues de San Francisco. Il s’est suicidé à 59 ans le 5 avril 1978.

  • Jan Sheppard (1928-) est surtout connue pour avoir été la partenaire d’Elvis Presley dans Paradis Hawaïen.

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5. DEATH WAIT

Scénario : Gerald Sanford. Réalisation : Charles S. Dubin.

Résumé :

Jory Kincaid est obligé de vendre à bas prix sa ferme aux Buchanan, son bétail étant mort et sa terre empoisonnée. Le fils Buchanan défie David Sutton au sujet d’une fille de saloon, Ellen Jones. Sutton le tue en état de légitime défense à l’intérieur de Shiloh, devant un étang où il l’a surpris avec une gourde empoisonnant l’eau.

Critique :

J’ai trouvé que dans un registre dramatique, l’acteur David Hartman montre rapidement ses limites, surtout lorsqu’il est confronté à un comédien du calibre de Harold J. Stone.

La famille Buchanan se comporte en tyrans, le père, Grant (Harold J. Stone) et ses fils Lorne et Case. A tous points de vue, ce sont des personnages détestables. Je ne présente plus Harold J. Stone que les amateurs connaissent bien.

La fausse note de l’épisode est le jeu exécrable du comédien Clyde Ventura qui incarne Case et en fait des tonnes. Il est odieux avec Sutton, comme avec le fermier obligé de vendre, Kincaid. Heureusement, il disparaît après un quart d’heure. Le reste de la distribution relève le niveau, outre Stone, Sheila Larken en Ellen Jones, un beau brin de fille.

Une scène particulièrement illustre les lacunes de Hartman, lorsque son personnage raconte à Elizabeth les circonstances qui l’ont amené à tuer Case Buchanan. L’acteur semble réciter son texte sans conviction. On perd beaucoup de temps avec les monologues de Sutton qui suivent la mort de Case. Ce dernier l’avait provoqué plusieurs fois, le faisant même quitter la route avec son chariot. Cela nous vaut des flash-backs totalement inutiles.

Pour éviter un conflit avec les Buchanan qui veulent sa peau, Sutton s’obstine à rester à Shiloh. Trampas n’est pas dupe. La famille Kincaid vient à Shiloh et raconte comment elle a été obligée de vendre sa propriété à Buchanan. Pendant ce temps, ce dernier, à Medecine Bow, médite sa vengeance, dont il informe Trampas.

Jory Kincaid (Conlan Carter) tente de convaincre Sutton de rester bien tranquille au ranch. Les hommes du ranch découvrent des bêtes mortes empoisonnées. C’est exactement ce qui est arrivé à Kincaid (en plus d’un incendie qui a ravagé son bétail). Le rapprochement se fait vite avec les Buchanan.

Pendant ce temps, le père Buchanan essaie de rallier la population de la ville à sa cause, mais sans grand succès. Niveau scénario, Gerald Sanford a sérieusement manqué d’inspiration.

Grant et Lorne Buchanan provoquent Matt Clayton (Edward Faulkner) alors qu’il est en compagnie d’Ellen. Père et fils sèment la terreur et l’on se demande bien ce que fait le shérif.

Grant Buchanan a sous-estimé son adversaire, et Sutton démontrera son courage, face à l’autre fils, Lorne, une véritable vipère.

Anecdotes :

  • Sheila Larken (1944-) a été vue notamment dans Cannon, Hawaii Police d’état, Starsky et Hutch, Baretta, Sergent Anderson, Dallas, L’incroyable Hulk, X Files.

  • Edward Faulkner (1932-) a joué dans Le grand Mc Lintock, Les bérets vers, Les géants de l’Ouest.

  • Conlan Carter (1934-) est un familier des séries, citons Bonanza, Les mystères de l’ouest, La Quatrième dimension, La Grande vallée, L’homme de fer, Mannix, Le sixième sens, Shérif fais moi peur, La croisière s’amuse.

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6. LAST GRAVE AT SOCORRO CREEK

Histoire de Nathaniel Tanchuck. Adaptation : David Levinson et Stanford Whitmore. Réalisation : Leo Penn.

Résumé :

Le virginien retrouve un vieil ami, Bill Burden. Mais peu après, accusé de vol et de meurtre, il demande à son fils Dan d’aller chercher du secours auprès du virginien.

Critique :

Episode dans lequel on retrouve le fabuleux Steve Inhat disparu prématurément en 1972 dans le rôle de Four Eyes. Il est difficile à reconnaître ici, portant des petites lunettes rondes assez spéciales qui le rendent méconnaissable.

Burden (Larry Ward) tombe dans un piège mené par trois lascars. Il se retrouve accusé d’avoir tué un certain Owens et risque d’être lynché. Sam Blount (Miss Watson) l’accuse. Le virginien doit sortir d’affaire son ami dans cette intrigue qui tient plus du policier que du western.

Mais le virginien, pris par des engagements à Shiloh, ne vient pas aussi vite que l’aurait souhaité le fils de Burden, Dan (Kevin Coughlin, acteur au destin tragique dont j’ai parlé dans la saison 6).

Et lorsque notre héros arrive, c’est pour trouver son ami pendu sans procès.

Le virginien a la douloureuse mission d’annoncer la mort de Burden à sa femme Kate (Ellen Burstyn, à l’époque Ellen MacRae) et au fils Dan qui est furieux. Il met la responsabilité de la mort de son père sur le virginien qui n’est pas venu assez tôt. Cette partie de l’épisode tombe dans le mélodrame et se trouve être la moins intéressante.

Carl Luther (Lonny Chapman) vient en aide au virginien pris à partie par Four Eyes et Withers (James Wainwright). Four Eyes a liquidé son complice Blount en l’éloignant de la ville.

Le virginien commence son enquête en milieu très hostile, chacune des scènes qui opposent le génial Steve Inhat à James Drury est un morceau d’anthologie. Four Eyes et Withers ont peur que notre héros découvrent le pot aux roses en se rendant chez Luther.

Les trois scénaristes nous ont mijoté un mystère superbe. L’argent volé soit-disant par Burden n’a toujours pas été retrouvé.

Pensant trouver une piste chez Luther, le virginien se voit jeter à la face sa responsabilité de ne pas être venu plus tôt, avec le lynchage de son ami. Le contremaître de Shiloh ne se laisse pas impressionner et promet de faire justice, puisqu’il n’y a pas de shérif à Socorro. On devine vite que Kate ne laisse pas indifférent notre héros, mais son veuvage récent empêche toute idylle.

Le virginien découvre une magouille consistant en une vente forcée de terrain et vient dire ses quatre vérités à Luther. Il a compris les rouages du complot en discutant avec la peu affable veuve d’Owens. Luther avoue que « le binoclard » (Four eyes) savait que Burden et lui voulaient acheter les terres d’Owens, et que Luther était derrière cette vente. Il est dommage que l’on se perde un peu dans les méandres de l’intrigue, mais les scènes d’action compensent notre frustration. En tout cas, le pendu n’était pas si innocent que cela.

Le suspense final est insupportable, avec Dan qui défie en duel Four Eyes, l’homme qui a pendu son père. Le virginien ramène Luther qui avoue sa culpabilité pour le vol avec Burden et Withers, mais le meurtre a été commis par Four Eyes. On s’en doute, le virginien fera justice.

Anecdotes :

  • Dans une scène de l’épisode, Four Eyes admet qu’à terme, il va perdre la vue, d’où son mépris de vie humaine et son absence de crainte de la mort.

  • Steve Inhat (1934-1972) était un des meilleurs comédiens de sa génération. On se souviendra longtemps de sa composition d’ancien soldat de la guerre de Corée devenu fou dans l’épisode de Mannix : Immeuble insalubre.

  • Lonny Chapman (1920-2007) possède à son actif 165 films dont Les Oiseaux, John Wayne et les cowboys, Piège fatal, Traqué.

  • Kevin Coughlin (1945-1976) revient après le 22e épisode de la saison 6.

  • Ellen McRae (1932-) également connue sous le nom d’Ellen Burstyn a joué dans Alice n’est plus ici, L’exorciste, La dernière séance.

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7. CRIME WAVE IN BUFFALO SPRINGS

Scénario : Robert Van Scoyk. Réalisation : Charles S. Dubin.

Résumé :

A la suite d’une bagarre avec Trampas, David Sutton quitte Shiloh, mais il est ensuite pris à tort pour un voleur qui a braqué une banque et jeté en prison. Trampas se rend à Buffalo Springs pour l’innocenter.

Critique :

Il s’agit d’une comédie d’un bout à l’autre des 74 minutes, et impossible à prendre à sérieux. On ne croit pas une seconde au départ de David Sutton pour une dispute futile avec Trampas.

Les braqueurs de banque sont Josie (Carrie Snodgress, une comédienne disparue à 58 ans faute de n’avoir pu bénéficier d’une greffe de foie) et Nel Trumbull (James Brolin), deux jeunes qui se prennent pour Robin des bois. Nel est le fils de Nat Trumbull (Tom Bosley, qui avec sa bonhommie préfigure son rôle de père de famille dans Happy Days).

Les voleurs ne sont pas bien méchants mais en forçant Sutton à échanger ses vêtements, ils vont le faire jeter en prison. Les choses n’iront pas mieux pour Trampas pris pour un bandit dont le shérif à l’avis de recherche, et qui est mort depuis un an !

Il est difficile de prendre au sérieux cette histoire qui vaut surtout pour la présence des comédiens : Yvonne De Carlo est Imogene dont est amoureux Nat Trumbull et qu’il finira par épouser. Ann Prentiss incarne Geraldine, l’une des filles d’Imogene, tenancière de saloon.

On passe donc d’un épisode très dramatique avec Steve Inhat à cette comédie légère. Nat est un banquier dont le fils désapprouve les méthodes, ce qui explique sa vocation de voleur, détroussant les riches pour donner aux pauvres.

Certes, David Sutton se retrouve emprisonné à tort, mais jamais l’atmosphère ne tombe dans le réalisme dramatique. Le shérif Tom Wade (Gary Vinson) commet bourde sur bourde, après l’arrestation de Sutton, c’est celle de Trampas.

Lorsque Trampas veut ramener Sutton après leur bagarre, il le confond avec Nel Trumbull, qui lui a pris ses vêtements, ce qui cause une bagarre au saloon d’Imogene.

Tout le reste est à l’avenant, et l’on passe un moment agréable, atypique dans la série. Concernant James Brolin, dont le jeu est ici approximatif, il fait très américain, est natif de Los Angeles, et nous l’avons échappé belle en 1982 lors de la préparation de Octopussy lorsqu’il a bien failli, on se demande pourquoi, prendre la succession de Roger Moore qui a attendu la date limite pour signer son contrat. Heureusement que j’ai vu James Brolin ailleurs, car ici, incarnant le juvénile et niais Nel, il joue comme un cochon , et représente la seule grosse erreur de casting de l’épisode, qu’il faut prendre au second degré pour l’apprécier.

J’ai reconnu avec tristesse Ann Prentiss, vedette de l’épisode d’Hawaii Police d’état : Pour la paix en 1968 qui a fini ses jours en prison, ce que j’ignorais.

Ce qui gâche un peu l’épisode est le groupe The Irish Rovers qui nous inflige deux numéros chantés pas indispensables. Ce n’est pas la première fois dans la série. C’est heureusement leur troisième et dernière participation à la série après les épisodes The saddle warmer et Vision of blindness.

On se serait passé de leurs chansons lors du triple mariage qui termine cette comédie. J’avais failli mettre trois étoiles, mais entre un James Brolin complètement à côté de la plaque et les chanteurs pesants et difficilement supportables, la note retombe à deux. La grosse erreur de James Brolin, alors que nous sommes dans une comédie, est d’en rajouter et du coup, il est en décalage avec ses partenaires, nous livrant une prestation pitoyable.

Anecdotes :

  • Yvonne De Carlo (1922-2007) est connue pour les films Pour toi j’ai tué, La fille des boucaniers, Les dix commandements.

  • Carrie Snodgress (1945-2004) a joué dans Journal intime d’une femme mariée, Pale Rider le cavalier solitaire, La loi de Murphy, Sexcrimes.

  • Ann Prentiss (1939-2010) était la sœur de l’actrice Paula Prentiss. Elle est connue pour  avoir joué au cinéma et à la télévision entre 1962 et 1984. Citons  Ma sorcière bien aimée, Mannix, Max la menace, Opération vol, Hawaii Police d’état, Les règles du jeu, Bonanza, Un shérif à New York, Baretta, Starsky et Hutch à la TV et au cinéma Escapade à New York. En 1997, elle a été condamnée à 19 ans de prison pour menaces de mort, usage d’arme à feu et avoir tenté de faire tuer son beau-frère. La justice n’a pas tenu compte de ses troubles mentaux. Elle est morte en prison.

  • James Brolin (1940-) bien qu’américain a failli jouer le rôle de James Bond en 1982 dans Octopussy. On peut voir ses essais sur le bonus du DVD de ce film. A l’époque, le producteur Albert Broccoli était las des réticences et exigences financières de Roger Moore. Il est connu pour Amityville la maison du diable, Mondwest, Capricorn One, Traffic.

  • Tom Bosley (1927-2010) est célèbre pour avoir été le père dans Happy Days, les jours heureux. Il a également joué dans Annie, agent très spécial, Max la menace, Bonanza, Ma sorcière bien aimée, Mission Impossible, Le sixième sens, Dossiers brûlants, Les rues de San Francisco, Perry Mason, La croisière s’amuse, Arabesque, Walker Texas Ranger, Urgences, mais c’est son rôle d’Howard Cunningham qu’il incarna de 1974 à 1984 durant 255 épisodes qui est resté dans les mémoires.

  • Gary Vinson (1936-1984) également scénariste est surtout connu pour ses participations à la télévision dans Perry Mason, Gunsmoke, La grande caravane, La nouvelle équipe, Un shérif à New York, Les rues de San Francisco, L’homme qui valait trois milliards, Les têtes brûlées, Galactica, L’homme qui tombe à pic, L’incroyable Hulk.

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8. THE PRICE OF LOVE

Scénario : Richard Carr. Réalisation : Michael Caffey.

Résumé :

Denny Todd, orphelin jadis recueilli par les Grainger dans leur ancien ranch, de l’âge de dix à treize ans, arrive à Medecine Bow et est accueilli à bras ouverts par ceux-ci. Mais ils vont apprendre à leurq dépends qu’il n’est pas celui qu’ils croient. C’est un tueur.

Critique :

Lorsque j’ai vu Pete Duel, disparu en 1971, que l’on vient de voir dans l’épisode 20 de la saison 6, je me suis fait la réflexion que les producteurs avaient vraiment peu d’imagination pour faire leur casting. Après un bandit au cœur tendre façon Billy le kidd, on le retrouve en orphelin. C’est le combat de trop. Surtout aussi vite, sans le temps de l’oubli entre plusieurs saisons, et dans deux personnages importants.

Je n’ai rien contre ce comédien, mais on prend le téléspectateur pour un amnésique, une saison seulement après l’avoir vu dans un épisode marquant. Cette-fois, il est censé être un personnage familier des Grainger, et évidemment, on n’y croit pas une seconde.

Duel dans son précédent rôle avait eu une romance avec Elizabeth, qui bien évidemment ici ne le connaît pas.

J’avoue que sa présence m’a gâché le début de l’épisode. Malheureusement, la coupe déborde lorsque Denny a la même fin dramatique que Jim Dewey dans The Good-hearted badman. Bandit bien aimé la première fois, orphelin tueur à l’esprit un peu dérangé ici, on se moque du téléspectateur puisque c’est presque un remake.

Un véritable manque d’imagination du scénariste Richard Carr qui semble avoir copié le script de Robert Van Scoyk de l’autre épisode.

Est-ce la popularité de Pete Duel qui nous vaut ce doublon ? Universal, qui l’avait sous contrat pour sept ans à partir de 1966, mais il n’a connu qu’une célébrité éphémère avec Opération Danger qui a fait l’objet d’un dossier sur ce site, une série commencée le 5 janvier 1971 et l’on sait que l’acteur a commis un geste irréparable le 31 décembre de la même année. Par conséquent, en février 1969, pour l’épisode du jour, il était encore peu connu, et l’on sent de la part d’Universal la volonté d’imposer un comédien.

Il faut donc juger l’épisode en faisant abstraction de la présence de Pete Duel. Imaginer ce que vaut l’histoire avec un autre acteur.

L’idée de Richard Carr, ici crédité comme Dick Carr, est de développer l’histoire d’un orphelin qui veut être reconnaissant aux Grainger et se met à tuer tous ceux qui leur veulent du mal. Comme il fallait s’y attendre, Elizabeth s’en éprend.

Le personnage de Denny Todd est un écorché vif, un tourmenté. Il porte en lui son destin funeste. Carr malheureusement tombe dans l’excès, c’est mièvre et mélodramatique. L’épisode est bourré de clichés, le jeune orphelin toujours victime, trop poli pour être honnête, qui veut défendre Grainger contre le rival de ce dernier, Kimbro (excellent James Gregory comme d’habitude).

Ross Elliott en shérif Abbott tire son épingle du jeu, et nous donne une interprétation plus convaincante que de coutume. James Drury aussi est en verve, et montre un virginien grave qui tente d’ouvrir les yeux à Grainger, acharné à défendre Denny.

L’histoire est un jeu du chat et de la souris entre Denny, qui tue entre autres intentionnellement Callan (Skip Homeir), ce que le virginien et le téléspectateur ont compris tout de suite, mais que Grainger ne veut pas admettre avant d’être confronté à la réalité, après avoir lancé à son contremaître : « Ce garçon est comme mon fils ».

La scène la  plus intéressante est le procès pour avoir tué deux hommes, Wharton, Jacks, et blessé un troisième,  John Ashe. En témoin, le virginien se montre objectif. Par contre, aveuglé par son amour paternel, Grainger est dans le déni total et fait un véritable plaidoyer. Denny se trouve acquitté par le coroner.

Cela permet un beau numéro de comédien de James Gregory à l’issue de l’audience dont le personnage, Kimbro, pense qu’elle a été truquée et le juge acheté.

Si l’on regarde attentivement l’épisode, le scénariste commet une erreur : Kimbro a parlé au coroner et au shérif du meurtre de Callan, mais à aucun moment, lors du procès, cela n’est imputé à Denny Todd contre toute vraisemblance. Todd ne doit répondre que de l’altercation au saloon.

De justesse, l’épisode évite la note minimale, on se souviendra de la talentueuse prestation de James Gregory au sein d’une intrigue mal ficelée.

Anecdotes :

  • Deuxième et dernière apparition de Pete Duel dans la série.

  • James Gregory (1911-2002) était le gangster Joe Corvin dans l’épisode de Mission Impossible : La fiancée (saison 6).

  • Nous apprenons que le couple Grainger a perdu des jumeaux lors d’une terrible épidémie qui a également emporté les parents de Denny Todd.

  • Skip Homeir (1930-2017) est connu pour La cible humaine, L’homme de l’Arizona.

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