Saison 5 Volume 3Saison 6 Volume 2

Le Virginien

Saison 6 - Volume 1


1. L’HOMME QUI NOUS A DONNÉS
(THE RECKONING)

 




 

 

 

 

 

 

Scénario : Ed Waters. Réalisation : Charles S. Dubin.

Résumé :

Harge Talbot, un bandit qui s’est réfugié au Mexique, veut se venger du virginien dont il pense qu’il est à l’origine de la mort de son frère, tué lors du braquage d’une banque.

Critique :

Clainger, Elizabeth et le virginien ont eu la mauvaise idée d’entreprendre un voyage au Texas près de Mexico. Elizabeth est enlevée par des hommes à la solde de Harge Talbot (Charles Bronson) dont l’épouse Eva (Miriam Colon) est proche d’accoucher.

Le shérif de l’endroit pourchasse un assassin en fuite. Clainger pense que sa fille a fait une fugue.

Le virginien est alors contacté par un des hommes de Talbot. Il lui révèle qu’il détient Elizabeth. Il le conduit au Mexique dans le repaire du bandit où notre héros est fait prisonnier.

Il y a sept ans, Talbot et ses hommes travaillaient à Shiloh et le chef a confié au virginien qu’il voulait attaquer une banque. Le frère de Talbot, Jaimie, a été tué par le shérif. Talbot pense que le virginien est l’homme qui les a donnés.

Le virginien nie. Le shérif Kirby (Kenneth Tobey) refuse d’intervenir au Mexique. Frank Devereaux (Dick Foran), ami de John Clainger, propose une incursion au Mexique.

Le scénario est un peu trop classique pour étonner le spectateur. Charles Bronson est tout à fait dans son emploi de dur.

Le virginien remue Talbot en lui faisant comprendre que c’est un de ses hommes qui l’a donné il y a sept ans, en compensation d’une somme d’argent.

Elizabeth libère le virginien avec un peu trop de facilité. C’est Bennet (Bassett en VO) incarné par Ross Hagen qui est le traître.

Episode à la moralité douteuse, le virginien laisse Talbot s’enfuir, alors que c’est un bandit avéré.

Anecdotes :

  • Episode diffusé sur la 2e chaîne ORTF le 14 juillet 1973.

  • Deuxième et dernière participation de Charles Bronson à la série.

  • Miriam Colon (1936-2017) a joué dans Scarface et Sabrina.

  • Internet Movie data base crédite à la réalisation Abner Biberman, or il s’agit de Charles S. Dubin.

  • Don Mitchell, le Mark de L’homme de fer, apparaît pour la deuxième et dernière fois dans la série dans le rôle d’un des hommes de Talbot.

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2. LA LISTE
(THE DEADLY PAST)

Scénario : Phyllis et Robert White. Réalisation : Abner Biberman.

Résumé :

Trampas reçoit coup sur coup trois lettres avec une liste de sept noms. A chaque fois, un nom est rayé et a été tué. Il en reste quatre en vie. Trampas se lance sur les traces du tueur car son nom figure sur la liste.

Critique :

Episode du genre policier, une liste de noms que reçoit Trampas dont peu à peu chacun est tué. On se croirait dans Sherlock Holmes ou dans une histoire d’Agatha Christie.

Trampas remonte le fil de l’intrigue par la dernière victime en date, en interrogeant sa veuve. Il s’agissait d’un conducteur de diligence en retraite. Il fait la connaissance de Sam Evans (Darren McGavin), encore marié avec Emily Williams (Mary-Robin Redd), la femme du shérif Chris Williams (Linden Chiles). Emily se croyait veuve.

Trampas trouve un point commun entre les victimes et les survivants : la ville de Wicksville. Chacun y est passé.

A tort ou à raison, le réalisateur ne donne pas un ton effrayant à son épisode. La clef de l’énigme est trop rapidement révélée. Malgré cela, par son suspense, cet opus se révèle d’une qualité nettement au-dessus de la moyenne.

Ned Smith (Bing Russell) est lui aussi sur la liste, mais semble suspect. Reste à savoir qui veut les tuer. La piste mène un petit hôtel de Wicksville tenue par un certain Ben Roper (Robert Strauss).  Trampas y a été il y a quatre ans. Il y avait deux mines qui ont cessé d’être exploitées.

Trampas veut découvrir pourquoi on veut le tuer. Il trouve un registre d’hôtel sur lequel figurent les noms de six personnes où manquent seulement les noms d’Emily et du conducteur de la diligence. A partir de là, nous assistons à plusieurs flash back.

Les survivants se rappellent soudain qu’un jeune homme, Billy Simmons (John Rubinstein) s’est caché dans l’hôtel et que ce dernier a été capturé par un marshal (John Pickard). C’est à cause de cet incident que la liste a été dressée.

L’auteur des lettres serait peut-être Ned Smith mais pourquoi ? Le réalisateur nous laisse dans l’expectative, jusqu’à ce qu’on le retrouve mort. Il est hors de cause.

C’est du seul dont on ne se méfie pas que vient la vérité. Bien entendu, je ne révèlerai pas le spoiler. Cet épisode rappelle furieusement Le joker et Don’t look behind you de la série Chapeau melon et bottes de cuir, dont il emprunte l’atmosphère étouffante, ce qui est très inhabituel pour Le Virginien.

Un grand cru.

Anecdotes :

  • Cet épisode a été diffusé en deuxième partie de soirée le samedi 30 juin 1973 sur la 2e chaîne de l’ORTF.

  • Darren McGavin (1922-2006) était le héros de la série culte Kolchak : The night stalker diffusée en France tardivement sous le titre Dossiers brûlants.

  • Linden Chiles (1933-2013) fait ici sa quatrième et dernière apparition dans la série.

  • Mary-Robin Redd (1939-) a joué au cinéma dans M.A.S.H, Cannonball et Y-a-t-il enfin un pilote dans l’avion ?

  • Le nom du patron de l’hôtel n’est jamais nommé. Il est incarné par Robert Strauss (1913-1975) que l’on a vu au cinéma dans 7 ans de réflexion.

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3. UNE DAME DE WICHITA
(THE LADY FROM WICHITA)

Scénario : True Boardman. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Deux femmes de Wichita, Lorna et Belle, qui y tiennent une maison de jeu, héritent d’un ranch d’un certain  Carl Crandall, amoureux de Lorna. Celle-ci y voit l’occasion de changer de vie jusqu’au jour un homme, Roy Kane, qui connaît le passé de Lorna, arrive et la fait chanter.

Critique :

Cet épisode adopte résolument le ton de la comédie, du moins jusqu’à l’arrivée du maître chanteur Roy Kane. C’est l’histoire de la rédemption d’une fille perdue, Lorna (Joan Collins) qui veut changer d’existence en devenant fermière à la faveur d’un héritage.

En dehors de deux apparitions trop éphémères de Clu Culager en Ryker, c’est essentiellement Trampas, soit Doug McClure, qui tient compagnie au duo vedette Joan Collins et Rose Marie (Belle).

Sans grand suspense mais avec de bons moments d’humour, l’épisode est plaisant à regarder. Le virginien est absent, et la famille Crainger se fait discrète, laissant toute la place à Joan Collins.

Nous ne sommes plus ici dans un western, mais on en a retenu certains ingrédients pour agrémenter la comédie. Les vieilles dames qui s’occupent de l’orphelinat et des œuvres de charité forment un étonnant contraste avec Lorna. Nous sommes souvent en plein quiproquo.

Joan Collins accapare le réalisateur, et domine l’épisode, mêlant candeur et malice. Trampas est prêté par John Grainger pour un temps à Lorna comme contremaître, le temps que Lorna apprenne son métier d’éleveuse. Le scénario parfois un peu naïf permet de faire passer un humour et une détente plutôt inhabituels dans la série.

La menace incarnée par Roy Kane (Harry Lauter) n’ébranle pas l’édifice comique. Elle apporte une touche de gravité vers la partie finale de l’intrigue, mais Lorna apprendra à ses dépens qu’elle n’était pas si inconnue qu’elle le pensait à Medecine Bow.

Stacey et Trampas tentent de faire le joli cœur auprès de Lorna, mais l’on n’y croit jamais vraiment. Ce qui apporte un plus à l’opus est le changement de vie radical de Lorna, parfaitement crédible, alors que l’ensemble aurait pu sombrer dans la parodie.

Un très bon épisode.

Anecdotes :

  • Joan Collins (1933-) est surtout connue pour Dynastie. Elle a aussi joué dans La terre des pharaons, Les Bravados, et l’épisode de Amicalement vôtre : Minuit moins huit kilomètres.

  • Rose Marie (1923-2017) a commencé sa carrière à l’âge de dix ans. Elle fut également chanteuse pour des comédies musicales. Sa carrière au cinéma dans les années 30 lui a valu un rôle important dans International House.

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4. L’HOMME DE L’OKLAHOMA
(STAR CROSSED)

Scénario : Don Tait. Réalisation : Abner Biberman.

Résumé :

Emmett Ryker croit reconnaître un vieil ami en la personne d’un fermier qui vient de s’installer avec sa famille à Medecine Bow, Andrew Hiller. Il est en fait bel et bien Cliff Darrow auteur recherché d’un cambriolage.

Critique :

Ryker doit faire face à sa conscience. Il a reconnu un vieil ami, Cliff Darrow, qui a refait sa vie sous le nom d’Andrew Hiller (Tom Tryon). L’homme vient le trouver en le suppliant d’oublier le passé, alors qu’il veut l’arrêter.

La femme est veuve, Judith (Lisabeth Hush) et a un enfant, Brian (Brian Nash).

Ryker s’invite chez les Hiller. Il les aide à parquer un bœuf. Deux hommes de Shiloh dont Stacey viennent aussi lui rendre visite.

Darrow/Hiller est sans arrêt sous la menace d’être reconnu. L’homme qui accompagnait Stacey, Tony Barnes (Kiel Martin) vient de l’Oklahoma, et reconnaît Darrow. Il va voir le shérif Mark Abbott dont Ryker est toujours le suppléant.

On comprend dès lors que l’épisode va basculer dans le drame. Ayant perdu au jeu, Barnes fait chanter Darrow. Après lui avoir soutiré 50 dollars, il revient à la charge.

Ryker comprend que son ami Darrow est dans de gros ennuis. Il a remarqué le manège de Barnes. Ryker apprend du virginien que Barnes a été chassé de Shiloh.

Chez Abbott, Ryker apprend que Barnes a été tué. Le shérif a des soupçons envers Ryker. Il l’accuse d’avoir par son silence laissé faire le meurtre de Barnes.

Ryker apprend la vérité à Judith. Jusque-là, il pensait que Darrow était recherché pour cambriolage, et l’était en fait pour meurtre. Il était un bon camarade de Ryker.

A cause de Darrow, Ryker perd son travail. Il a bien tué Barnes.

Le jugement de Darrow commence. Emmett Ryker dépose en sa faveur. Mais son ami est condamné à la pendaison.

Après l’opus précédent comique, nous sommes en pleine tragédie.

Ryker essaie de faire fléchir le shérif Abbott. Clu Gulager fait une performance éblouissante d’acteur.

L’ex shérif adjoint vient rendre visite à Judith. Il a surpris des confidences de Brian. Il a des doutes à présent sur la culpabilité de Darrow. Le suspense est intense. Le coup de théâtre final disculpe le condamné. Judith a tué Barnes alors qu’il essayait de la violer.

Emmett obtient la révision du procès devant la cour de l’Oklahoma. L’ultime scène entre le père et le beau-fils est bouleversante.

Ryker récupère dans les dernières secondes de l’épisode son étoile de shérif adjoint.

Un opus majeur.

Anecdotes :

  • Episode diffusé en France le samedi 7 juillet 1973 sur la 2e chaîne ORTF.

  • Tom Tryon (1926-1991) fait ici la troisième de ses quatre participations à la série.

  • Lisabeth Hush (1934-) a joué dans L’homme de fer, Mission Impossible, Perry Mason, Bonanza. Elle a arrêté de tourner en 1973.

  • Kiel Martin (1944-1990) était l’une des vedettes de Capitaine Furillo/Hill street blues.

  • Emmett Ryker dit qu’il est arrivé depuis trois ans à Medecine Bow.

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5. JOHNNY MOON
(JOHNNY MOON)

Scénario : Stanford Whitmore. Réalisation : Abner Biberman.

Résumé :

Un anglais, Johnny Moon, est laissé pour mort par une bande de cavaliers et recueilli au ranch Shiloh où les soins du docteur le sauvent. Le virginien découvre que Moon est un déserteur de la police montée canadienne et a le grade de caporal. Un détective privé de Chicago le cherche.

Critique :

J’ai eu du mal à accrocher à cet épisode tant le personnage de Johnny Moon (Tom Bell) est déconcertant, refusant que l’on tue les corneilles et les scorpions, et dont on se demande au détour d’un discours s’il a toute sa raison. Sauvé par les hommes de Shiloh, il refuse du travail que lui propose Stacey, se bat avec un homme sous prétexte qu’il a tué une corneille.

Le virginien découvre que c’est un déserteur et qu’un détective le recherche. Ecologiste avant l’heure, Johnny Moon refuse que l’on attente à toute vie animale, tout en étant misanthrope. Pour le virginien, Moon est une énigme.

C’est un épisode bavard, Johnny Moon étant un incorrigible conteur d’histoires. Moon recherche un tueur de loups, Joe Hogan (Ben Johnson). C’est lui qui a manqué de le tuer avec ses hommes au début de l’épisode.

James Drury dépourvu d’action montre ses limites de comédien dans cette intrigue complexe et qui déroute l’habitué de la série. On est à la croisée ici de plusieurs genres, mais le western n’est qu’un prétexte, l’intrigue aurait pu être située dans un autre pays ou à une autre époque.

Tom Bell est parfois caricatural en anglais décidé à tuer des chasseurs de loups. On doute vraiment de l’équilibre mental de Johnny Moon lorsqu’il découvre chez un marchand des peaux d’ours.

Le scénariste a cherché l’originalité, mais on reste sur sa faim et l’ennui nous guette, au point que j’ai failli mettre la note minimale.

Le virginien essaie de dissuader Johnny Moon de tuer Hogan, et voudrait qu’il rejoigne vite son régiment. Le téléspectateur comprend que tout cela finira mal. Il devine même la fin, très prévisible.

Tom Bell est assez crédible dans cet ancêtre des écologistes, et fait une belle prestation, ne sombrant jamais dans le ridicule. Mais cela ne suffit pas à faire un bon épisode. Johnny Moon défend aussi les indiens cheyennes, dont Logan a tué deux des leurs qui étaient ses amis. Les scènes de confidences du déserteur au virginien nous font trouver le temps long.

Anecdotes :

  • Tom Bell (1933-2006) a joué dans La chambre indiscrète, Le froussard héroïque, Out, Suspect numéro 1.

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6. SHÉRIF POUR RIRE
(THE MASQUERADE)

Scénario : Norman Katlov. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

George Foster fait la cour à la belle Laura Messinger. Ryker reçoit une lettre selon laquelle George est shérif à Medecine Bow. Il s’est fait  passer pour shérif auprès de son père alors qu’il est employé de banque.

Critique :

Un épisode avec Ryker-Clu Gulager est toujours réjouissant. Aussi est ce lamentable que cet opus soit une comédie qui tient plus du vaudeville que du western.

George Foster (David Hartman) doit se faire passer pour shérif, car il a toujours prétendu occuper ce poste auprès de son père Tom (Llyod Nolan) qui est un shérif de légende. Or, ce dernier va venir faire une étape à Medecine Bow. Le virginien et Ryker doivent le faire passer pour un personnage auquel il est loin de ressembler, tenant plus de l’homme timoré, couard, que de l’homme de loi courageux.

On se demande qui a eu l’idée de pondre une telle niaiserie dans le cadre de la série. George a autant l’air d’un shérif que du pape, et tout est saugrenu d’un bout à l’autre dans cette histoire.

On s’était rendu compte dans le pré-générique que le grand dadais n’était pas franchement hardi avec sa fiancée Laura Messinger (Diana Muldaur), qui est veuve avec un petit garçon.

Donner le change au père n’est pas partie aisée donc pour George. Le père est fier que son fils prenne sa suite. Au bout de 26 minutes, on pense respirer, puisque le père repart. Hélas, un train a déraillé et la comédie devra durer trois jours !

 Carl Jensen (Ed Prentiss), le patron de George, banquier, est furieux. Il a besoin de son employé et ces trois jours l’indisposent au plus haut point.

David Hartman en rajoute dans le genre niais, et l’on se demande comment son père peut une minute croire à cette duperie.

Toute la population de la ville est dans le coup, Laura comprise. Le patron de la banque est vraiment conciliant pour se prêter au jeu.

Tim, l’enfant de Laura, fait une fugue et sa mère affolée en parle à Tom. C’est George qui le retrouve. Ryker cependant est obligé de lui prêter main forte.

Le père Tom Foster finit par trouver Medecine Bow bien trop calme pour que tout cela ne cache pas quelque chose. La visite d’un vendeur armurier manque faire écrouler l’édifice et dévoiler la farce.

Bien évidemment, George ne sait pas tirer, et il se trouve bien embêté en devant essayer des armes. Ryker le tire de ce mauvais pas.

Vers l’épilogue, des bandits qui viennent de s’échapper, les frères Jamison, constitue une nouvelle épreuve. Le père a des doutes quand Ryker veut prendre la place de George. La comédie risque de virer au drame. C’est à ce moment que George se montre enfin courageux, alors que Laura et Tim tentaient de le dissuader de partir à la poursuite des frères Jamison.

George joue alors les héros. Le téléspectateur est abasourdi lorsque Tom avoue à Ryker et au virginien qu’il sait depuis le début que son fils n’est pas shérif, mais lui-même ne veut pas que son rejeton sache que le secret est éventé.

Un épisode censé faire rire, mais qui est une occasion gâchée pour Clu Gulager de nous montrer son talent (il n’est pas souvent présent dans la série) dans cette farce. George a pris de l’assurance, y compris devant Laura. Le titre original est bien plus parlant que le français, tout cela est une mascarade.

Le spoiler final n’est même pas drôle.

Anecdotes :

  • Llyod Nolan (1902-1985) a joué dans La dame du lac, La dernière rafale, Hannah et ses sœurs.

  • David Hartman (1935-) a été vu notamment dans L’île sur le toit du monde.

  • Diana Muldaur (1938-) fut l’héroïne de la série Vivre libre.

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7. LE PROCÈS DE AH SING
(AH SING VS WYOMING)

Scénario : Irve Tunick. Réalisation : Charles S. Dubin.

Résumé :

Ah Sing quitte Shiloh. C’est un cuisinier chinois. Il veut s’installer à son compte. Mais la loi américaine le lui interdit car il n’est pas citoyen américain.

Critique :

C’est le tout dernier tournage de Charles Bickford puisqu’il est mort subitement après l’épisode.

Ah Sing (Aki Aleong) est à l’aise dans son rôle.

L’avocat Tom Mainstead (Edmond O’Brien) est devenu un alcoolique. Or, Grainger comptait sur lui pour le tirer d’affaire ainsi que les autres éleveurs, car un certain Carter veut fermer une impasse.

Luke Evers (Lloyd Bochner) interpelle le juge de paix Milo Temple (Robert Ellenstein) pour qu’il assigne Carter en justice.

Ryker doit signifier l’ordonnance. Grainger s’indigne lorsqu’il apprend que Milo Temple a refusé l’autorisation du restaurant. Il en fait fi et l’ouvre quand même.

Temple est un raciste, et il fait arrêter Ah Sing, qui représente pour le juge de paix le péril jaune.

Aujourd’hui, l’épisode ne pourrait plus être tourné. Il est question de race, et de sujets délicats. Les éleveurs veulent ménager le juge de paix afin qu’il n’annule pas son ordonnance contre Carter, ils acceptent donc que le chinois reste en prison.

Mainstead l’avocat obtient, mandaté par Grainger, obtient la libération provisoire. Il va être jugé.

Ah Sing rouvre son restaurant et retourne en prison.

L’épisode manque d’action et se concentre sur les conflits d’intérêt. Le racisme de Milo Temple, qui va jusqu’à promettre un poste de procureur à l’avocat Luke Evers s’il passe dans son camp, dépasse l'entendement. Mais alors qu'il se laisser fléchir, ce sera Luke Evers qui se dressera contre le chinois.

Ensuite, c’est un épisode de procès, comme en raffole les américains. Grainger n’est pas dupe de la trahison d’Evers.

Libéré, Ah Sing ouvre une troisième fois son restaurant. On a du mal à comprendre l’obstination de Temple contre les chinois.

Milo Temple peut désormais faire ce qu’il veut à Medecine Bow. Il régnera en despote et fera comme bon lui semble. Mainstead l’avocat pense que c’est une atteinte à la liberté et aux fameux 5e et 14e amendements sur la liberté individuelle.

Ryker, qui garde le chinois, se régale de sa cuisine. « On me donne deux ou trois autres prisonniers dans ton genre et je ne pourrais plus passer les portes ou boucler mon ceinturon ».

Lloyd Bochner et Robert Ellenstein sont odieux à souhait dans leurs rôles. Bochner tout particulièrement dont le personnage s'acharne lorsque l'autre se fait conciliant.

Nous retournons à nouveau au tribunal. Avec un avocat ivre dont on ne donnerait pas un kopeck sur les chances de succès. On se croirait en plein Perry Mason.

Le happy end était inévitable. Un grand moment de la série pour les adieux de Charles Bickford.

Anecdotes :

  • Cet épisode fut diffusé le 25 octobre 1967. Peu de temps après, le 9 novembre, Charles Bickford trouvait la mort d’une infection du sang. Son absence de la série en tant que John Grainger ne fut pas expliquée.

  • Edmond O’Brien (1915-1985) est connu pour La comtesse aux pieds nus, L’homme qui tua Liberty Valance, Sept jours en mai, La horde sauvage.

  • Llyod Bochner (1924-2005) est un habitué des séries télévisées des années 60-70 mais a aussi joué au cinéma Le point de non-retour.

  • Robert Ellenstein (1923-2010) a notamment joué dans La mort aux trousses, mais est apparu aussi dans Les mystères de l’ouest, Stark Trek la nouvelle génération, Magnum, Arabesque, Hawaii Police d’état.

  • Aki Aleong (1934-) tourne toujours. Sa carrière comporte 126 rôles et a commencé en 1956. On se souvient de lui dans Le flic de Shanghaï. Il est en train de tourner Twilight Zodiac pour le cinéma.

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8. AUTOMNE AMER
(BITTER AUTUMN)

Histoire de Ken Finley. Adaptation : David et Andy Lewis. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Un achat de bétail par Shiloh est compromis car Trampas découvre que les bêtes ont une maladie, le charbon. Le troupeau du Texas risque de contaminer les bêtes. Le virginien en parle à Ryker.

Critique :

John McIntire dans le rôle du frère de John Grainger, Clay, remplace Charles Bickford, il nous est dit que John a dû partir à Denver pour affaires. On sait que le comédien est décédé !

On se demande bien pourquoi la production a choisi ce subterfuge. Universal savait que Bickford ne reviendrait pas.

Il y a un peu trop de personnages dans cet opus. Le spectateur s’y perd. Jeannette Nolan est Holly Grainger, épouse de Clay.

Kyle Jackson (Richard X. Slattery) est le propriétaire des bêtes contaminées. Il refuse de l’admettre.

Le drame survient lorsque deux fils de Kyle dont Willy Jackson (Steve Carlson) s’amusent à tirer et tuent accidentellement Hattie McLain (Virginia Cregg), sous les yeux de son fils Johnny. Ryker craint des représailles contre les Jackson. Sam, le mari (John Anderson) est ivre de vengeance.

Au milieu de cette distribution abondante, Clu Gulager tire son épingle du jeu comme d’habitude en Ryker. Il tente de consoler, en vain, Sam McLain, ex shérif.

L’affrontement est imminent entre le clan Jackson et la population que la panique gagne. Le troupeau de Jackson est en quarantaine.

Le mari assiste de loin aux funérailles de son épouse.

John Anderson monopolise la caméra, avec plusieurs plans fixes sur son visage.

Les Jackson, Kyle et son fils Stone (Shelly Novack) décident de libérer Kyle et de s’enfuir. Ils ont vendu une partie du bétail non contaminé.

Sam McLaine blesse Stone. Il est drapé dans sa colère, néglige son fils. Il n’accepte pas le verdict de trois mois de prison pour homicide involontaire envers Willy qu’il veut tuer.

La tension est à son comble. Mais en ancien shérif, Sam admet que c’était bien un accident et enlace son fils. John Anderson est meilleur que de coutume dans son rôle.

Je n’ai pas compris la discussion entre Holly et sa nièce Elizabeth, à propos du prochain retour de son grand-père John, car Charles Bickford est mort et ne reviendra pas.

La fin est grandiose, avec deux comédiens au sommet de leur talent : John Anderson et Clu Gulager.

Anecdotes :

  • John McIntire (1907-1991) est connu pour Winchester 73 et Psychose.

  • John Anderson (1922-1992) connut la popularité en France avec la série Les héritiers, suite de Le riche et le pauvre.

  • Richard X. Slattery (1925-1997) a joué dans L’étrangleur de Boston, Un nouvel amour de coccinelle.

  • Jeanette Nolan (1911-1998) a tourné 200 rôles, mais reste connue pour son rôle de Miss Havergill dans l’épisode des Envahisseurs : Cauchemar.

  • Steve Carlson (1943-) a eu un rôle récurrent dans Santa Barbara et Amour, gloire et beauté.

  • Shelly Novack (1944-1978) était avec Robert Stack la covedette de la série Section contre-enquête (1976-77) diffusée à compter du 24 avril 1978 sur TF1. Il est mort à 34 ans d’une crise cardiaque le 27 mai 1978.

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9. UN ENDROIT POUR MOURIR
(A BAD PLACE TO DIE)

Scénario : Judith et Robert Guy Barrows. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

A Midsummer, Trampas est condamné à mort pour meurtre par un jury. Il décide de faire appel. Il doit patienter en cellule avec un certain Luke Nichols. Il doit être pendu dans six jours.

Critique :

Jim McIntire remplace feu Charles Bickford toujours présent au générique de début. Il est considéré comme « invité spécial » dans le rôle de Clay Grainger.

Victor Jory incarne Luke Nichols, qui croupit en prison depuis dix-huit ans. Il a tué un homme d’un coup de pieu et a été condamné à perpétuité. Il travaillait dans une mine, où son frère a trouvé la mort.

Le virginien, se faisant passer pour un certain Ed Morgan, se fait engager par John Kiley (John Milford) dans le ranch de Walt Standish (Ken Lynch). Trampas est accusé d’avoir tué le fils de Standish.

Standish a acheté il y a six mois son domaine et l’a clôturé, empêchant le bétail des autres éleveurs de passer. Une dispute à ce sujet aurait éclaté entre Fred Standish et Trampas. Le virginien, de l’endroit où il est, apprend des informations, notamment sur la veuve de la victime, Lila Standish (Susanne Benton).

Le juge rejette l’appel et Clay Grainger qui n’a plus que le gouverneur comme recours. Luke Nichols depuis 18 ans a des plans d’évasion.

Lila tente de séduire John Kiley et aimerait avoir un cheval pour faire des promenades. Elle ne semble pas affectée par la mort de son mari.

Le gouverneur n’a guère envie de s’embarrasser du cas de Trampas, à la grande fureur de Clay.

Stacey lui aussi mène son enquête de son côté en interrogeant un voisin de Fred Standish. Les soupçons se portent sur Lila, la veuve. Mais le virginien lui pense que le coupable est Kiley. Il travaillait pour le précédent propriétaire comme contremaître, et voyait d’un mauvais œil l’arrivée de Fred qui était incapable. Pendant ce temps, Luke Nichols tente de convaincre Trampas de s’évader.

Loin du genre western, nous vivons ici une intrigue policière. Lila est insensible au charme du virginien qui l’interroge sans en avoir l’air. Il comprend qu’elle n’aimait pas son mari qui lui faisait pitié.

Le téléspectateur est scotché sur son fauteuil avec cette intrigue au suspense constant. Kiley découvre que le virginien est un espion. Il rétorque qu’il a découvert l’assassin de Fred : Kiley en personne. Les deux hommes se battent. Kiley nie devant le père Standish.

A la prison, Nichols met le feu pour s’évader. Trampas fuit avec eux. Ils ont pris comme otage le gardien de prison, Corey (Henry Beckman). Ce dernier est blessé et Trampas prend fait et cause pour le défendre alors que les autres veulent le tuer. Le gardien lui est reconnaissant et veut témoigner en faveur de Trampas. Mais il meurt de ses blessures.

Cette partie « action » nous distrait un moment de l’intrigue policière.

Deux prisonniers évadés se font tuer par une patrouille. Le virginien est sur les traces de Trampas qui s’est décidé à fuir au Canada et le retrouve. Son ami lui répond que sa situation n’importe quel endroit est mauvais pour mourir.

Stacey a une piste concernant le meurtrier : un maréchal ferrant (Mark Tapscott)  qui se trouvait sur place deux jours avant le drame. Stacey découvre qu’il faisait des avances à Lila, et Fred les a surpris.

Le twist final concerne le droit de passage pour les éleveurs.

J’ai mis quatre melons car l’épisode est parfait, mais on nous sort un coupable de dernière minute, le maréchal ferrant, en bâclant la fin. C’est le seul défaut de cet opus majeur. Le sort de l’évadé Luke Nichols reste incertain. Il est toujours en fuite vers le Canada.

Anecdotes :

  • 4e des 5 apparitions de Victor Jory (1902-1982) dans la série. Il vient de jouer dans Mélanie, 22e épisode de la saison 5.

  • La belle Susanne Benton (1943-) n’a fait qu’une courte carrière (20 rôles) de 1967 à 1982. Elle trouvait là son deuxième rôle. On l’a vue dans L’homme de fer, Sergent Anderson, Sur la piste du crime, Columbo (le pilote de 1968).

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10. UNE DETTE À PAYER
(PAID IN FULL)

 

Scénario : Richard Wendley. Réalisation : Don McDougall.

Résumé :

Frank Hollis sort de prison. Il est le fils d’Ezra, un employé de Shiloh. Clay Grainger estime que Shiloh a une dette envers Frank car le père de ce dernier a jadis sauvé Trampas tombé au milieu du troupeau, mais le virginien voit d’un mauvais œil qu’on l’engage comme employé.

Critique :

L’épisode se situe dans le cadre d’un conflit entre le père, Ezra Hollis (James Whitmore) et le fils qui sort de prison, Frank (Don Stroud, habitué aux rôles antipathiques).

Trampas essaie de venir en aide à Frank, mais a des difficultés. L’homme est rebelle et de caractère difficile. Des truands se sont faits engager à Shiloh et projettent de voler du bétail. Ils nouent donc une amitié avec Frank pour le gagner à leur cause.

Le virginien est à la fois hostile à Frank et aux deux nouveaux employés, qui sont les fameux truands. Selon le virginien, Frank est de caractère irascible et agressif, et il n’a pas confiance en lui.

On est surpris qu’au bout de six saisons, Trampas vouvoie toujours le virginien, et que ce dernier le tutoie. Ce sont pourtant deux héros sur un pied d’égalité, même si Trampas est employé et l’autre contremaître.

Les prises de bec entre père et fils Hollis deviennent vite répétitives. Parfait rebelle, Frank Hollis finit par se battre avec Trampas, il lui en veut de l’accident qui a rendu son père à moitié infirme.

L’épisode n’est guère palpitant, avec nombre de scènes convenues et prévisibles. Les truands, Bert (Hal Baylor) et Aiken (Robert Yuro) proposent à Frank de se joindre à eux pour le vol.

On s’ennuie avec les problèmes financiers de Clay, obligé de vendre du bétail non engraissé, puis refusant de vendre du bois. Il se voit proposer qu’une route soit construite sur la propriété qu’il veut donner à Ezra Hollis et refuse. Cette route obligerait à détruire la tombe de la femme d’Ezra.

Le banquier Jensen (Ed Prentiss) revient d’un épisode à l’autre et nous devient familier. James Whitmore exagère un peu lors de ses scènes de colère. Habituellement excellent, j’ai trouvé qu’il cabotinait dans ce personnage.

Le vol se prépare avec Frank, Bert et Aiken. Ezra le père commence à avoir des soupçons et en fait part à Clay Grainger. Je ne suis pas parvenu à trouver cette intrigue passionnante car les scénaristes sont capables de faire bien mieux, preuve en est donnée dans l’épisode précédent.

Grainger dit à Trampas que les voyous préparent un mauvais coup.

Don Stroud joue mieux habituellement. Il se trouve confronté à un script assez creux. Son revirement face à Bert et Aiken est mal agencé. Il joue les héros après avoir été le bad boy durant tout l’épisode. Catastrophe lorsque le réalisateur nous montre le troupeau, ce sont des images d’archives qui ne collent pas du tout au montage avec le reste de ce que nous voyons. Ce type de faute ne passe plus aujourd’hui aux yeux du téléspectateur averti, et explique peut être l’absence de rediffusions. Les mauvais raccords sont vraiment gênants.

La fin qui bascule dans la comédie (ce que le personnage d’Ezra ignore) permet un happy end inespéré. Mais l’ensemble est moyen et manque de conviction.

Anecdotes :

  • James Whitmore (1921-2009) a tourné quatre épisodes de la série, celui-ci est le deuxième.

  • Don Stroud (1943-) tourne toujours. Il a tenu 163 rôles dont Permis de tuer, Django Unchained, Amityville la maison du diable, et tourne en ce moment Glen Now and then. On se souvient de ses apparitions à la télévision dans L’homme de fer, Banacek, Cannon, Les rues de San Francisco, Kung Fu, Sergent Anderson, Hawaii Police d’état, Drôles de dames, Pour l’amour du risque, L’incroyable Hulk, Chips, K2000, Simon et Simon, L’île fantastique, L’homme qui tombe à pic, L’agence tous risques, MacGyver, Code Quantum, Arabesque.

  • L.Q. Jones (1927-) est toujours présent depuis la saison 2 dans le rôle de Belden. Il restera jusqu’à l’ultime saison en 1971.

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