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Le Placard (2001)
Résumé : Pour sauver son poste dans son entreprise, François Pignon doit prétendre être homosexuel. Ce mensonge va créer une profonde métamorphose dans l’homme seul et transparent qu’il était et aura des répercussions bien au-delà de son travail.
Critique : Une première réserve pour commencer, le concept du film fait plus penser à une comédie américaine qu’à une comédie française. Le sujet des minorités et de la discrimination positive, avec les associations et la justice qui s’en mêle, est courant outre-Atlantique. Voir un comptable garder son poste pour sa seule homosexualité paraît nettement moins probable en France. Francis Veber est expatrié aux États-Unis depuis les années 1980, ceci peut donc expliquer ce sujet décalé par rapport aux mœurs de la société française. Au-delà de cette réserve, Le Placard est un bon film, porté par un Daniel Auteuil convaincant. Mais on s’approche plus du drame sociétal et familial que d’une vraie comédie, et les rires se font rares.
Sur un sujet plutôt casse gueule, Francis Veber évite les pièges. L’idée de base qui sert à la tromperie est ingénieuse : pour être le plus convaincant possible comme homosexuel, Francis Pignon ne doit surtout rien changer à ce qu’il est. Francis Veber ne va pas refaire La Cage aux folles et va même inverser son principe. C’est au final la cruauté du monde de l’entreprise qui est ici le sujet du film, bien plus que l’homosexualité. Le film se déroule sans longueurs, ni ennui, mais ne provoque finalement que rarement l’occasion de rire, même si les situations amusent. La mise en scène est simple et efficace. Francis Veber nous avait habituées à plus d’inventions visuelles, et surtout à plus d’audace dans les dialogues. Le film rappelle parfois son personnage principale : sympathique mais transparent ; à l’image de la musique de Vladimir Cosma. Daniel Auteuil a toujours fait partie de nos plus grands acteurs français, mais il n’excelle pas dans le comique. Il est juste sur l’ensemble du film et ne tombe jamais lui aussi dans le grotesque, mais n’apporte aucune dimension comique à son personnage.
Daniel Auteuil est entouré par la crème du cinéma français. On sent que les seconds rôles sont moins travaillés que d’habitude et le trait est plus forçé pour chaque. La performance la plus marquante reste celle de Gérard Depardieu qui provoque les plus grands éclats de rire du film, notamment lors d’une scène mémorable autour de crudités. Il est amusant de constater que sa transition d’homme un peu lourdaud et brutal en homme doux et sensible, amorce sa propre transition dans l’univers de Veber entre le Depardieu des films avec Pierre Richard et le Quentin de Montargis de Tais toi!. Jean Rochefort et Michel Aumont sont remarquables, Alexandra Vandernoot excelle elle aussi dans un rôle difficile. Un des meilleurs moments du film est d’ailleurs sa confrontation finale avec Daniel Auteuil au restaurant. Michèle Laroque convainc moins et son duo avec Daniel Auteuil ne fonctionne pas. Suite au triomphe du Dîner de cons, les résultats ne seront pas aussi spectaculaires pour cette comédie bien ficelée mais sans éclats. Sans atteindre les sommets du Dîner de cons, le film sera tout de même un énorme succès au box-office avec 5 317 858 entrées.
Anecdotes :
Les séquences cultes : J'ai ma sensibilité, comme tout le monde quoi Moi j'ai pris des carottes râpées Laissez moi faire mon boulot On pourrait peut être vivre ensemble? Je découvre à quel point tu es antipathique |










