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La Chèvre (1981)
Résumé : Le patron de l’entreprise Bens a perdu toute trace de sa fille qui a été enlevée au Mexique. Il a mis un des meilleurs détectives privés Campana sur l’affaire mais celui n’a pu pour le moment trouver aucune piste. Il décide alors de l’associer à Francis Perrin qui a la particularité d’être aussi malchanceux que sa fille, en espérant qu’il puisse aider Campana à remonter sa trace.
Critique : C’est le deuxième film de Francis Veber et, contrairement à la critique toujours dithyrambique à son sujet, mon avis sera plus subversif. Je trouve qu’il a aujourd’hui atrocement mal vieilli. Un peu comme le premier Bronzés, cela fait partie de ses films où mieux vaut s’arrêter à quelques bons extraits. En effet, La Chèvre contient suffisamment de scènes mémorables pour maintenir son statut de comédie culte. Mais, plus de trente ans après sa sortie, il souffre de trop nombreuses longueurs et d’une mise en scène plate, à peine fonctionnelle. La photographie est aussi particulièrement terne et ne rend pas hommage au Mexique. Si on peut saluer l’ambition d’une comédie d’aventures à la française dans le style de Gérard Oury, on en est dans l’exécution assez loin tant la pauvreté du rythme et l’absence de toutes audaces visuelles entachent ce projet.
Heureusement, le duo principal exceptionnel sauve le film de la déroute. Pierre Richard excelle et apporte au film ses plus grands moments comiques. La fantaisie et la créativité permanente de l’acteur donnent lieu à des scènes inoubliables. Gérard Depardieu, dans une de ses premières incursions dans la comédie, fait également des merveilles dans un rôle plus mécanique. Le duo d’acteurs sur lequel va reposer complètement le film fonctionne dès les premiers échanges. Même si le seul ressort comique du film (les pitreries de Pierre Richard, les exaspérations de Gérard Depardieu) va sans cesse se répéter, chacun y apporte suffisamment d’invention et de nouveautés à chaque scène pour maintenir un effet comique. Si on n’atteint pas le niveau insurpassable d’un Bourvil/de Funès, on en est pas loin. Si les dialogues sont toujours ciselés et quelques répliques dont le fameux « C’est jamais son jour » font mouche, l’intrigue manque de tonus et s’enlise complètement dans le dernier tiers du film, une dernière partie en roue libre et propice à une succession de gags pas toujours réussis. Même l’utilisation du gorille m’avait paru meilleure dans Octopussy, c’est dire ! La fin poétique, quasiment onirique, paraît complètement hors sujet. On notera aussi quelques approximations regrettables pour une comédie aussi ambitieuse, comme le doublage raté des acteurs mexicains qui fait parfois tomber le film dans une mauvaise série B.
La Chèvre laisse donc l’impression d’être passé à côté d’un grand road movie comique dans la lignée du Corniaud. Le duo Depardieu/Richard et quelques moments saillants sauvent le film de la déroute. On saluera également dans les points positifs le joli thème en flûte de pan de Vladimir Cosma. La plupart de ces défauts seront corrigés dans les deux films suivants avec le duo et Francis Veber deviendra rapidement un des meilleurs artisans de la comédie française. La Chèvre reçut un accueil triomphal au box-office avec plus de 7 millions d’entrées et fut le film le plus populaire au box-office en 1981. La Chèvre reste à ce jour le plus gros succès en salles pour Pierre Richard et le deuxième plus gros succès pour Francis Veber, derrière le Dîner de cons.
Anecdotes :
Les séquences cultes : Je suis arrivé à un contrôle total On arrive en bout de piste, non? 50 dollars et elle se couche tout de suite C'est peut être pas bon que je me couche maintenant Et vous vous enfoncez sans réagir? Ce qu'il est bruyant ce type... |










