Actualité cinéma/critiques de films

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séribibi
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Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar séribibi » jeu. déc. 29, 2016 2:10 am

Quelques anciennes critiques à la sortie des films en salles :

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Jurassic world : 6/10
Agréable surprise et second meilleur opus de la série après l'original. Un juste mix entre cinéma Entertainment, et véritable travail à l'ancienne : photographie, sens du cadre et du grand spectacle, mise en avant des décors naturels, manière de générer le suspense et travail sur la suggestion (comme dans cette séquence en grande partie masquée par la foule, où un dinosaure attaque sa proie), absence de linéarité scénaristique malgré un pitch assez simple... Tout n'est pas parfait, loin de là, mais pour une entreprise qui semblait partie droit dans le mur (une suite très tardive pour une franchise que tout le monde avait plus ou moins mis de côté -et dont tout le monde ou presque se foutait désormais-, un réalisateur quasi-inconnu, des bandes annonces franchement pas terribles...) , Colin Trevorrow s'en tire des plus honorablement, accordant un véritable rythme et une véritable personnalité au film, tout en le bourrant de références (dans le bon sens du terme) aux 2 premiers opus (surtout le premier), et à d'autres films...
On regrettera que l'idée de la mutation génétique n'ait pas davantage été approfondie (on rêve de ce qu'un Cronenberg en aurait fait), et ne serve presqu'uniquement de prétexte aux péripéties,.. Ou encore que l'animatronique -quoique présente- soit largement mise en retrait au profit du "tout numérique" (ce qui faisait la force de la 1ère attaque du T-Rex dans l'opus 1, c'était justement le mélange des 2!), ce qui donne des séquences parfois un peu bâclées, mais, dans l'ensemble, le bestiaire reste de qualité et les scènes d'attaques réservent quelques moments forts en intensité.
Ajoutons à cela un évident sens de la dérision (c'est plein d'humour et se moque gentiment des clichés) et une Bryce Dallas Howard (dont le personnage est hilarant) de plus en plus belle...
(critique du 10/06/15)


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Terminator Genisys : 5/10
Le Terminator nouveau est arrivé, et le retour de Schwarzy après 12 ans et "Le soulèvement des machines"... pour un résultat très moyen.
Le film succombe à la mode du révisionnisme à tout crin des franchises, tout en se la jouant "suite directe".
Un peu comme le dernier XMEN, cet épisode, via un "habile" stratagème, se veut la suite du 1 et du 2, tout en modifiant la ligne conductrice et temporelle depuis le 1er, qui se situait en 1984, et ignorant le n°3 (comme l'aurait souhaité Cameron, pour qui seuls les 2 premiers représentaient "la véritable histoire"). Autant le dire tout de suite, à ce rythme, les épisodes suscités ne servent en soi plus à rien, ou tout au moins n'ont plus aucune valeur intrinsèque...puisque rien ou presque rien de ce qui s'y passe ne s'est jamais produit. Les artifices du voyage dans le temps, il est vrai, permettent ce genre de choses... D'autant plus que Genisys pousse la métamorphose jusqu'à modifier la caractérisation d'un personnage pourtant phare dans la franchise et la guerre contre Skynet...
A force de révisionnisme et d'idée nouvelles, on franchit aisément la frontière qui sépare l'ambitieux du portnawak...
Question psychologie et évolution des personnages c'est plutôt le néant total puisqu'on est pris de cours à l'apparition de chacun d'eux, que ce soit Sarah Connor qui connait dés l'arrivée de Kyle à son époque (1984) la présence des Terminators, de la guerre contre les machine, de Skynet... Du policier déchu (excellemment interprété par JK Simmons) dont on apprend (nous sommes cette fois en 2017) qu'il est depuis 30 ans sur cette affaire alors qu'on ne l'a jamais vu dans les épisodes précédents (du coup l'identification passe mal)... Tout au plus saura-t-on qu'il a eu un passé alcoolique sur lequel on ne s'étendra pas.
Ce personnage n'est d'ailleurs pas sans rappeler le Dr Zilberman qui apparaissait dans chacun des opus précédents (hormis le 4 et pour cause) ; il aurait été de bon goût de faire revenir ce personnage emblématique au passé bien rempli et à l'évolution notable, au fil des évènements auxquels il a assisté.
Ce ne sont pas les seuls personnages survolés, loin de là... Le tempo du film n'en laisse d'ailleurs guère le temps, le metteur en scène préférant enchaîner péripéties sur péripéties oubliant par là-même de créer un véritable climat...
Quant à l'interprétation, elle est pour le moins inégale : si Emilia Clarke (Kaleesi dans GOT) propose un jeu des plus honorables, et que le très décrié Jai Courtney -quoique faisant le minimum syndical- reste somme toute correct, il n'en va pas de même pour Jason Clarke au surjeu appuyé et constant... Celui-là même qui campe John Connor.
La réalisation est moyenne, là-aussi, le réal se contentant d'enchaîner des séquences d'actions et des décors high tech platement filmés, et les effets spéciaux déçoivent souvent (certains sont inesthétiques au possible), ce qui en étonnera plus d'un étant donné le budget alloué (170 millions de dollars tout de même) ! Le choix des plans semble aussi parfois d'un goût douteux puisque l'on comprend difficilement certaines séquences. Enfin, la photographie est terne et affreuse, ce qui n'arrange rien.
Au crédit du film on notera toutefois un rythme constant et nerveux (on ne s'ennuie pratiquement jamais), une certaine noirceur (à certains moments), quelques idées (la confrontation des 2 Terminators : celui de 1984, et celui du futur ; la relation du T800 avec Sarah), quelques pointes d'humour bienvenues, une tension certaine...mais, dans l'ensemble, on sent bien là le film de commande pour redorer la franchise et non fait pour le respect de l'œuvre de Cameron ou ce désir d'apporter une vraie suite à son univers... Non, ici, le scénario est décidemment trop alambiqué pour que ça ne paraisse pas douteux et pour qu'on le prenne véritablement au sérieux (si tant est que l'on puisse prendre au sérieux ce genre d'histoire), sans compter la multitude de paradoxes temporels que ce "Genisys" comporte et induit...
Terminator 3 était davantage une "vraie" suite et apportait une vision plus cohérente aux 2 premiers que ce "Genisys"... Cameron reprocha toutefois au 3ème opus de trop dévier par rapport au thématiques son univers et sa vision, en faisant de John Connor un "looser", en tuant Sarah, etc... C'est oublier que Cameron lui-même changea totalement la donne entre ses 2 "bébés", en transformant le "méchant" Terminator en "gentil" Terminator, en faisant de la douce Sarah une névropathe, du docteur Zilberman le compréhensif, un sceptique, et en passant d'un budget très modeste (6 millions de dollars) au film le plus cher de tous les temps (100 millions) à l'époque !
T1, c'était déjà un peu le pendant négatif du 2 !
(Critique du 06/07/15)


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Love (Gaspar Noé) : 6/10

Chaque film de Gaspar Noé est attendu comme le messie et crée l'évènement. Projet de longue date vendu dés le départ comme une oeuvre pornographique en 3D (chose qui ne s'était encore jamais vue), le film finalement décevra la critique (et une partie du public, parmi lesquels des fans de la 1ère heure) alors que, d'une certaine façon, il dépasse largement la condition à laquelle on l'avait bêtement cantonné, condition par ailleurs amplifiée par cet imbroglio juridique qui l'avait opposé à "Promouvoir" (qui avait tout fait pour que le film écope d'une interdiction aux moins de 18 ans).
C'est que "Love" n'est ni un film trash, ni un film pornographique.... mais reste avant tout un film d'amour et un drame érotique d'une beauté souvent renversante, au tempo modéré (ne vous attendez surtout pas à un rythme frénétique ou saturé, propre au réalisateur), et que transcende la qualité d'interprétation de comédiens jusque-là inconnus.
Gaspar Noé ne va jamais où on l'attend exactement : au travers de scénettes (inégales), et de flashbacks anti-chronologiques, il parle d'une rupture, d'amour, de deuil, colle au plus près de ses personnages pour mieux nous faire ressentir leurs états d'âme (même si cela marche quelquefois mieux que d'autres), et le chaos dans lequel ils se sont progressivement embourbés (l'histoire se reconstitue petit à petit, comme un puzzle)... Le film n'est pas exempt de défauts, et aurait gagné à être raccourci d'une quinzaine de minutes (notamment dans le dernier acte, trop long et redondant -malgré une très belle fin-, la seconde partie accusant par ailleurs quelques problèmes de rythme), certains gimmicks (les affiches ou les citations qui mettent en avant les films références du réalisateur (procédé qui est par essence devenu très "cliché"), son nom donné à 2 protagonistes, sa participation "physique" au film) surprennent par leur manque de subtilité et leur côté appuyé...Mais, tout imparfait qu'il soit, "Love" porte indiscutablement la griffe de son auteur...Sa mélancolie latente et sa richesse émotionnelle, soutenues par des images "fortes", méritent qu'on y jette un petit coup d'œil...
Nota : La 3D ne sert à rien, comme toujours (sensations d'images planes les unes sur les autres...Obscurcissement de la photographie...)
(Critique du 20/07/15)

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séribibi
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Re: Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar séribibi » jeu. déc. 29, 2016 2:21 am

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Mission impossible : Rogue nation : 5/10

Les derniers "Mission impossible" se suivent.. et se ressemblent.
Le quatrième volet paraissait être la copie-carbone de certains moments de l'épisode d'Abrams... "Rogue Nation" -quant à lui- semble piocher dans chacun des volets précédents, pour un résultat très inégal, et finalement décevant au vue de la critique dithyrambique.
Ses points forts : Un superbe portrait de femme brillamment interprété par Rebecca Ferguson ; Une ambiance feutrée (toute proportion gardée) empruntée au film initial de Brian de Palma, et renvoyant, à certains moments -et sur certains points- à l'univers Hitchcockien... D'ailleurs le film rend au Maître un bel hommage, l'espace d'une scène (la séquence de l'Opéra de Vienne, un des points culminants du film), et qui ravira sûrement les fans du gros Hitch ; Une première heure 15 des plus soutenue et nous offrant quelques passages savoureux ( une poursuite en motos totalement immersive, la mission d'infiltration à la centrale au Maroc (mal filmée mais tendue), la scène suscitée de l'Opéra...), même si rien qui n'aurait déjà été vu ailleurs...
Hélas, "Rogue nation" s'achève sur un dernier acte interminable, anticlimatix en diable (la scène du bar est assez ridicule), et faisant bêtement retomber le soufflet, d'autant plus que la mission impliquant le 1er ministre, n'implique, quant à elle, aucunement le spectateur, et semble bien besogneuse...
Ajoutons à cela un Simon Pegg (une des plus grosses erreurs de casting dans un film, à mon humble avis) qui en fait souvent trop et semble surgir à chacune de ses apparitions d'un autre film (il faut voir sa première scène avec son risible camouflage, dédramatisant une séquence post-générique stressante, quoiqu'hélas bien trop courte) et des seconds rôles qui ne sont que survolés (Ving Rhames, Jeremy Renner...).
Bref, un épisode qui souffle le chaud et le froid...
(Critique du 15/08/15)


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KNOCK KNOCK : 4,5/10

Eli Roth change quelque peu son fusil d'épaule en refusant d'en remettre une couche dans le gore craspec, et les ambiances putrides qui caractérisait ses films précédents.
Cette réorientation est en soi louable, puisqu'il cherchait à viser un plus large public, tout en tentant de garder sa verve et son cynisme. A viser, c'est une chose...à atteindre, c'en est une autre!
Comme pour inverser les rôles par rapport à son dernier film (Hostel II), qui fut taxé parfois de misogyne, il fait cette fois-ci des héroïnes les bourreaux, et du héros la victime. Renversement des valeurs qui amène ce féminisme au cœur de son sujet, mais féminisme de pacotille tout de même tant la donne est faussée dés le départ. L'auteur cherche aussi à écorner la famille modèle et d'une façon générale le puritanisme made in USA, ainsi que pas mal d'institutions, tels les réseaux sociaux...

Tout ceci est amené si superficiellement que l'on n'espère plus que l'auteur fera montre de son humour noir dont il a le secret pour maintenir l'intérêt, humour à froid qui n'apparaîtra qu'à de trop rares occasions.
Le film fait donc la part belle à la gente féminine et cherche à démontrer que "tous les hommes sont des salauds", que sous le verni d'une famille idéale/idéalisée se cache la bête qui sommeille en chacun de nous, plus particulièrement chez l'homme. Morale plus ou moins vaseuse (dans le film en tous cas) qui va néanmoins déboucher sur un suspense en vase-clos, ou plutôt en huis-clos (on ne sort pratiquement jamais de la villa des Webber).
Le principal problème est que ce "home invasion" reste dans les grandes lignes anecdotique, répétitif et sans la moindre imagination (la bande annonce résume une partie du film), la gestion du temps est alarmante (la manière avec laquelle passent les 45 minutes d' "attente" :lol: ) les ressorts scénaristiques ont déjà été vus 100 fois auparavant, le spectateur a toujours une longueur d'avance (le coup de l'aérosol :lol: ), les clichés sont légions, et Keanu Reeves est bien en deca de ses capacités (il joue ici totalement faux!)... Seul le final corrosif (quoique prévisible), le rythme finalement enlevé et l' interprétation brillante de Ana de Armas sauvent un peu la mise. Néanmoins l'absence de véritables enjeux n'aide nullement à rehausser l'ensemble.
Reste donc un petit film sans surprise, trop classique, et pas très digne du réal des Hostel.
(Critique du 28/09/15. A noter que j'ai depuis changé d'avis sur ce film)



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THE VISIT : 6/10


[justify]Difficile de se forger un avis précis et immédiat à propos du dernier film de Shyamalan, tant on ne sait au premier abord sous quel angle l'appréhender.
Film d'horreur utilisant tous les poncifs du genre ? Parodie réussie ? Comédie ? Audace des mélanges de genre ? Found footage malicieux ? Faux found footage ? Subtile mise en abime du cinéma de son auteur ? Epouvante grotesque et risible ? Vrai film de flippe ?...
Humour déplacé ou petite perle d'humour noir ?... Interprétation insupportable ou bien décalée et jouissive ?... Véritable film d'auteur ou bien vague fumisterie ?...
En fait, "The visit", c'est un peu la plupart de ces choses, et c'est ce qui en fait la force mais aussi la faiblesse...
L'auteur de "Sixième sens", avec un budget minimaliste, revient ici à une forme d'épure afin de retrouver l'essence de certaines de ses premières oeuvres, mais à l'intérieur-même du film (en partie autobiographique), ses intentions sont claires et il fait en quelque sorte une proposition au spectateur, qui y sera réceptif ou, au contraire, totalement hermétique. Libre à chacun d'y voir ainsi une œuvre singulière ponctuée de moments touchants, ou la réalisation d'un auteur incapable de se renouveler et de convoquer la moindre peur ; ou bien encore d'y discerner un renouveau dans sa filmographie ou -à contrario- un petit film insignifiant, banal et ennuyeux au possible...
Il faut reconnaître en tout cas que l'humour (presque plus présent que les instants de flippe : fallait oser pour un film d'épouvante!) est parfois cinglant et fait mouche, que "l'horreur" a rarement été abordée sous un angle aussi... insolite et original, que le "grotesque" n'a jamais été aussi judicieusement assumé, que les détournements et la déconstruction du genre apportent une vraie nouveauté, et que l'ensemble bénéficie d'une évidente liberté de ton communicative et salutaire, dénuée de toute contrainte financière...
Dommage toutefois que cette comédie noire au multi-niveaux de lectures - dont le malaise né aussi de cette juxtaposition de moments humoristique et inquiétants et de ses instants de nonsens - mette un peu trop de temps à démarrer, que le procédé du found footage soit présenté de façon un peu malhonnête et que l'épilogue gâche tout.
Bref, je ne saurai trop prendre le risque de vous le conseiller ou non.
Le mieux serait d'aller vous-même le voir pour vous faire votre propre opinion.
Et si, en définitive, "The visit" était un film qui se bonifiait avec le temps et au fil des visions ?[/justify]
(Critique du 9/10/15)

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Re: Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar séribibi » jeu. déc. 29, 2016 2:36 am

CRIMSON PEAK : 4/10
Deuxième bon gros loupé consécutif du réalisateur après "Pacific Rim".

On sent vraiment la sincérité du produit mais, malheureusement, presque rien ne fonctionne dans "Crimson peak", film-somme de toutes les productions gothiques vues jusqu'alors, hommage à l'âge d'or de la Hammer, et recyclant ses contemporains (que ce soit le Burton de "Tweeney Todd" ou le Coppola de "Dracula", pour ne citer qu'eux...). On remarque même des analogies évidentes avec le Rebecca de Daphne du Maurier. On n'aura certes pas trop de mal à trouver moins prestigieuses références mais pour l'originalité, on repassera !
Le film a la bonne idée de mêler l'Histoire (cela prend pour cadre la Révolution industrielle) à la fiction, mais, très vite, on sent que quelque chose ne va pas ; le début de style "victorien" (tout ce qui se passe avant le manoir), intéressant, joliment filmé, se trouve amoindrit par le jeu exagérément maniéré et théatral de la plupart des personnages.
Dés lors que l'on se trouve au chateau, l'ensemble est plombé par des facilités narratives étonnantes qui laissent pantois (l'arrivée [spoiler]de l'amoureux transit au moment opportun, pour ne citer que celle-là)[/spoiler], et des incohérences scénaristiques (d'étranges élipses , des coïncidences bienheureuses...). L'histoire, prévisible de bout en bout (certains aspects de l'histoire, en tout cas), est une accumulation de clichés inhérents au genre, les dialogues sont d'une pauvreté affligeante, et Jessica Chastain (pourtant d'ordinaire talentueuse) mériterait le Razzie de la pire actrice de l'année.
Impossible dés lors de partager les états d'âmes de personnages-pantins perdus dans les méandres d'une histoire dont la finalité s'avère fort décevante, ou d'éprouver quelque empathie que ce soit pour eux , à l'exception peut-être du personnage d'Edith, interprété assez justement et très sobrement par Mia Wasikowska, la seule qui ne soit pas dans la confidence, et à qui l'on parvient à certains moments à s'identifier...
Impossible non plus de se sentir impliqué dans cette romance...
L'émotion ne passe décidemment pas, ou que très rarement, dans "Crimson Peak"...

Il y a par contre un véritable travail d'orfèvre apporté sur l'impressionnant décorum. Car oui, il y a quand même ça à sauver dans CP...mais on en savait le réalisateur du "Labyrinthe de Pan" capable depuis longtemps... Encore que cette réussite soit à relativiser, puisque l'imposant travail entrepris sur les décors est contrecarré par une totale sous-exploitation de ceux-ci (on voit toujours les mêmes pièces du manoir, sous les mêmes angles...Jamais un manoir aussi grand de l'extérieur... n'aura semblé aussi petit de l'intérieur !).
Cette élégante esthétique est aussi gâchée par des représentations spectrales en CGI du plus mauvais effet, et qui jurent avec le travail "en dur" fait sur les décors et l'imagerie gothique, et, d'une façon plus générale, sur une réal qui se veut "à l'ancienne".
Reste également une très belle photographie, et de -bien trop rares- moments inquiétants où le réalisateur parvient à insuffler une véritable ambiance qui transporte malgré tout, et l'espace de quelques secondes, le spectateur. Des moments que l'on aurait aimé plus nombreux, à l'image de cette violence sèche qui surgit sur l'écran lors de fugaces instants.
Bien peu de choses en définitive.
Une déception.
(Critique du 15/10/15)



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SICARIO : 6/10

Nous offrant une belle leçon de mise en scène (images et photographie magnifiques, plans et montage totalement maîtrisés), Dennis Villeneuve (réalisateur de "Prisoners" et "Enemy"), on se doute, s'intéresse ici moins aux thématiques du classique film de cartels qu'à la psychologie des personnages (la nature humaine et ses dérives, le point de rupture de l'homme face à une situation désespérée et/ou qu'il ne contrôle plus.. et qui sont les sujets de la plupart de ses films), et l'opposition entre 2 méthodes d'investigation et d'intervention radicalement différentes (ici un agent du FBI d'un grand sens moral et un peu idéaliste faisant alliance/confrontée à une nouvelle unité d'élite aux intentions plus ou moins obscures).
Le film se veut donc avant tout cérébral (ça n'est pas un actioner), visceral, tendu, glacial, et offre une image peu reluisante du Mexique, à tel point que ça a valu au réalisateur quelques problèmes avec la communauté de Ciudad Juárez. Quoiqu'il en soit, l'image qu'il en donne, notamment cette zone frontalière de non-droit, fait froid dans le dos.
La direction d'acteurs est quant à elle irréprochable, et si Josh Brolin -parfait- campe un personnage un peu unilatéral, Benicio del Toro et, surtout, Emily Blunt sont en tout point exceptionnels. Le premier en personnage introverti, ambigu, taciturne et imprévisible, ancien procureur et conseiller sur l'opération (on ne compte plus le nombre de personnages en relation avec le milieu de la drogue que l'acteur a pu interpréter), la seconde en agent reclassée, participante (et témoin) d'une manœuvre d'extraction et de démantèlement d'un réseau, responsables de crimes abominables.
Emily Blunt est en quelque sorte le personnage-pivot du film, perpétuellement dépassée par les évènements, que l'on ne met que peu dans la confidence, et par qui le spectateur s'identifie tout naturellement.
On pourra trouver des similitudes évidentes avec "Zero Dark Thirty", et le "Traffic" de Soderbergh...néanmoins, le film sait parfaitement s'en démarquer pour garder son identité propre.
On retrouve aussi dans cette approche un peu clinique et cette ambiance si particulière, ce qui faisait le sel du cinéma des années 70s.
La séquence d'ouverture et la traversée de Juarez sont de grands moments cinématographiques.
(Critique du 15/10/15)




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Star Wars, épisode VII, Le réveil de la force : 4,5/10

Belle déception pour ma part d'autant plus que, n'attendant à la base rien de cet opus, l'alléchante bande-annonce, les critiques prometteuses, le désir -semble-t-il total- d'Abrams de vouloir fortement conserver cet esprit et cette patine si chères à la 1ère trilogie et aux années 80s -revenant ainsi aux sources de la mythologie et à un certain état d'esprit du cinéma fantastique d'alors- , m'avaient redonné confiance et une véritable envie de le découvrir...
Hélas, si revisiter/apporter un souffle neuf à la trilogie initiale (c'est à 50% un remake de "La guerre des étoiles" avec des références notables à ESB, auxquels se greffe une trame originale), était judicieux (bon compromis entre l'hommage et la nouveauté), si la 1ère partie (tout ce qui se passe sur Jakku) est agréable, nous offre de beaux moments (magnifiques plans sur les vestiges de l'Empire, prises de vues superbes...) et semble augurer quelque chose de bien sympa, tout le reste (à partir du moment où le Falcon Millenium entre en jeu - d'ailleurs est-il nécessaire de préciser que les batailles spatiales -platement filmées en full numérique- sont réduites à la portion congrue) s'avérera un monument d'ennui, que ne transcendera en rien la réalisation extrêmement quelconque, sans idée et sans magie aucune du créateur de "Lost", qui plus est constamment plombée par une photographie froide et sombre...
Alors oui -et même si cela reste un film de fan service-, la sincérité d'Abrams et de l'entreprise ne font aucun doute, oui, c'est meilleur que "La menace fantôme" et "L'attaque de clones" (mais était-ce difficile ?), oui, Daisy Ridley est excellente, oui, le score de John Williams est toujours éblouissant, oui, une ou deux séquences sont émotionnellement fortes, et oui, retrouver Han Solo et Chewbacca provoque toujours son petit effet,...mais NON, cela n'en fait pas un bon film pour autant, torpillé par des facilités scénaristiques et des concessions impardonnables, une dramaturgie globalement faible, une méconnaissance des éléments fondateurs de la 1ère trilogie, et un manque d'inventivité flagrant.
Un film donc au final fort décevant, sans identité, sans "vision", doté de partis-pris discutables (transformer les piliers en loosers, [spoiler]oser la mort du personnage préféré des fans, certes au détour d'une séquence particulièrement intense...mais quand même![/spoiler]), offrant d'étonnants raccourcis narratifs [spoiler](l'apprentissage de la Force par Rey)[/spoiler] faisant se côtoyer des personnages forts ou -à défauts- originaux (Rey, BB8, Kylo Ren en méchant "non typique", mais qui plagie malheureusement trop Dark Vador) parmi d'autres absolument survolés voire carrément ratés (Dameron ; Snoke ; Finn, sans aucun charisme ; Leia (qu'a fait Carrie Fisher à son visage ???? :shock: )[spoiler], qui d'ailleurs semble se fiche éperdument de Han, et du destin de ce dernier ; Luke, qui n'apparaît que 15 secondes)[/spoiler], au milieu d'un univers où sont très mal exploités décors et extérieurs.
Pour moi, la saga s'arrête donc bel et bien avec "Le retour du Jedi", conclusion magnifique à la trilogie initiale, et qui n'aurait jamais dû avoir ni préquel ni suite, car ce qui la rendait justement si unique et intemporelle, c'est que la genèse et l' "après" ne se construisait que dans la tête des gens.
(Critique du 28/12/15)




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PAN : 5/10
Lorsqu'on adapte J.M. Barrie pour le cinéma, le risque de tomber dans la guimauve et le mauvais goût ne sont jamais bien loin. Même Disney n'arrivait pas à éviter totalement cela.
En réussissant globalement sa première partie (l'enfance de Peter et ses toutes premières marques au pays imaginaire) et en loupant en grande partie la seconde (dont un final boursouflé que l'on devine avoir été conçu essentiellement dans le but marketing de la 3D, et non dans un esprit purement cinématographique), le réalisateur foire en partie son film, ce qui est d'autant plus dommage que l'idée d'opter pour la genèse des aventures de Peter (à l'inverse du film de Spielberg), avec des personnages emblématiques à contre-courant de ceux tel que le grand-public les connaissait jusque-là (dont un Crochet ici radicalement différent) - souvent d'ailleurs par le biais du Disney qui leur servait de "repère" -, était assez judicieuse (malgré la fadeur des interprètes). L' évolution notable de ces personnages aurait donc logiquement dû faire l'objet de suites...que nous ne connaitrons pourtant jamais, le film ayant fait un four un peu partout dans le monde, tuant par-là même toute possibilité de franchise.
(Critique du 28/03/16)


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THE REVENANT : 6,5/10

Le réalisateur opte pour une ambiance lourde et un rythme volontairement contemplatif (ce auquel pourront ne pas être réceptifs certains spectateurs), et nous offre ici un véritable travail cinématographique "à l'ancienne" tel qu'on n'en fait plus, et sur lequel plane un parfum de l'authentique. Doté d'une superbe mise en scène (plans, cadrages, photographie sont à tomber) et d'une interprétation remarquable (Di Caprio en tête), disposant de très peu de dialogues afin de mieux faire ressentir les tourmentes de son personnage principal, cette superbe épopée naturaliste -rencontre improbable entre "Danse avec les loups" et "Vorace"- est un des grands films de ce début d'année.
(Critique du 28/03/16)

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REGRESSION : 6/10
Le film, massacré par la critique et le public, mérite mieux que sa triste réputation. Déjà parce que le réalisateur réussi à insuffler une réelle ambiance tout au long avec peu de choses, ensuite parce qu'il traite d'un sujet rarement abordé au cinéma ([spoiler]les phénomènes d'hystérie collective)[/spoiler]. Ce final notamment, objet de toutes les frustrations de la part des spectateurs qui se sont sentis trahis, reste un des atouts de ce thriller pas forcément génial, mais qui mériterait d'être réhabilité. Son appartenance [spoiler]assez lâche au fantastique[/spoiler] en fait -justement- toute sa singularité.
Emma Watson est très bien (mais Ethan Hawke joue parfois faux).
(Critique du 28/03/16)

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Re: Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar séribibi » jeu. déc. 29, 2016 12:32 pm

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TRIPLE 9 : 6/10

Véritable polar urbain et retour au sources d'un cinéma de genre des années 70s auquel il use des fondamentaux, "Triple 9" emprunte aussi bien au film de braquage qu'aux films de ghetto et de cartel. Le réalisateur opte pour une violence sèche et âpre -finalement plus psychologique que démonstrative- , une ambiance pesante, et ne sacrifie jamais ses personnage sur l'autel du spectaculaire (le film contient quelques fulgurances, comme la scène de braquage initiale, mais celles-ci sont généralement vites dissipées)...
Bénéficiant d'un excellent scénario (même si l'idée de la diversion n'est pas en soi nouvelle) et d'un casting soigné, tous les acteurs sont parfaits.
On notera toutefois, parmi les défauts, un manque d'identification ressenti vis-à-vis des personnages -guère attachants- et une caractérisation très superficielle de certains d'entre eux (sans doute y en a-t-il trop).
De même, un petit je ne sais quoi fait que le film, tout en réussissant à maintenir l'attention, ne décolle jamais totalement (ça manque de scène forte, de climax).
On reprochera aussi un final très abrupt qui laisse un goût d'inachevé.

En définitive, et malgré ces réserves, ça reste un bon polar d'ambiance, bien écrit, mais qui repose trop sur son implacable scénario, et auquel manque sans doute un soupçon de vie. Néanmoins, c'est assez supérieur à la moyenne des films de genre actuels.
(Critique du 31/03/16)




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10 CLOVERFIELD LANE : 6,5/10
La surprise de ce début d'année nous vient d'un réalisateur inconnu qui, n'en doutons pas, fera certainement à nouveau parler de lui.
Comme son nom l'indique, "10 Cloverfield Lane" est un démarquage de Cloverfield premier du titre, mais la comparaison s'arrête là, tant l'orientation s'en révèle au final différente.

Etonnant exercice de style et véritable glossaire sur les mécanismes du suspense et de la peur (on sursaute plus d'une fois), ce petit film -certes très roublard- est pourtant la 1ère réalisation de Dan Trachtenberg, ce qui prouve qu'avec un minimum d'intelligence créative et en dépit d'un budget ridicule qu'on ne retrouve plus que dans le cinéma intimiste ou celui d'art et d'essai "de luxe", on peut parfaitement en remontrer à d'autres avec une caméra.

Le pitch est simple : suite à un accident de voiture dans des circonstances mystérieuses, une jeune fille se retrouve prisonnière dans un genre de bunker. Le propriétaire des lieux affirme l'avoir recueillie suite à une attaque chimique. L'air étant devenu vicié, le seul moyen de survivre est de rester un long moment cloitré dans ce "paradis forcé et factice". Au fur et à mesure que les jours passent, et devant le comportement de plus en plus étrange de son "geôlier", le jeune fille se met à douter sur le bien fondé de ses explications.

A partir de là, le réalisateur greffe une histoire à l'ambiance paranoïaque ou le spectateur est constamment malmené et en vient, en même temps que l'héroïne avec qui il s'identifie totalement, à douter successivement de "tout et son contraire".

Toute la partie huis-clos, conçue avec un réel brio, est un modèle du genre et un grand moment de tension psychologique. Il faut dire que tout cela est bien aidé en soi par des acteurs remarquables, à commencer par un John Goodman interprétant à la perfection son rôle de personnage ambigu, imprévisible et versatile, faisant passer toute une palette d'émotions avec un naturel confondant (empathie, joie, colère, tristesse, désespoir, folie). D'ailleurs son imposante silhouette et sa seule présence suffisent à maintenir l'attention.
La magnifique Mary Elisabeth Winstead, quant à elle, n'est pas en reste et excelle aussi dans son rôle de femme victime, combative et forte, loin des clichés de la potiche traditionnelle inhérente au genre. Je dois d'ailleurs bien avouer que j'ai toujours eu un faible pour cette actrice : son jeu très juste, son naturel et sa beauté font mouche à chaque fois et l'on peut s'étonner qu'elle n'ait pas eu une carrière plus prolifique au cinéma et des rôles à sa juste mesure, se contentant d'un titre assez peu glorieux de Scream Queen, qui caractérise assez mal les personnages qu'elle a pu interpréter jusque-là.

Techniquement, le film est -à l'image de sa formidable séquence d'introduction entrelacée au générique- une indéniable réussite (plus encore lorsque l'on connait le budget alloué) et l'on saluera ici le remarquable travail sur la photographie qui, malgré des lieux bien obligatoirement exigus et répétitifs (nature du film oblige), parvient à mettre en valeur les moindres recoins et les moindres éléments du décor.
Trachtenberg et son équipe soignent toutes les images, rendant l'ensemble d'une fluidité parfaite, jouant habilement sur les figures de style et les fulgurances, captant l'attention sur des plans pourtant fixes ou à-priori sans vie, jouant sur les cadres, le choix des angles de vue, le positionnement des éléments du décor ou des personnages, les enchaînements subtils...De fait, même lorsqu'il ne se passe "rien", on est sans cesse happé par un une narration et un montage sans impairs, servis par un travail d'écriture de qualité (les dialogues, malgré une symbolique quelquefois lourdingue, sonnent juste) et de ponctuels retournements de situations et autres fausses pistes. Car c'est bien là la qualité première du film : avoir réussi à attirer notre attention avec des bouts de chandelle : un décor quasi-unique, un scénario fait de bric et de broc (d'autant plus lorsque l'on connaît l'histoire du film depuis sa genèse), 3 comédiens...
Soulignons enfin le remarquable travail apporté sur la bande son, qui, plus d'une fois, permet de nous offrir quelques séquences d'une grande intensité.

En définitive, le réalisateur nous offre-là une belle leçon de mise en scène, et un surprenant autant qu'étrange objet hybride, au climat stressant, oppressant, et noyé dans une envoutante atmosphère post apocalyptique. C'est une sorte d'épisode luxueux de "La quatrième dimension" ou un Shyamalan de la première période (en plus énergique), et qui réussi la prouesse de maintenir de façon ininterrompue l'attention du spectateur du début jusqu'à l'étonnant et audacieux final WTF qui aura tant fait parler de lui (en bien ou en mal).
Un très léger bémol en ce qui concerne la musique, pourtant excellente et joliment flippante, mais un chouïa trop présente, et qui aurait du coup tendance à guider trop facilement nos émotions, notre ressenti. Mais ça reste un détail.

Une petite pépite qui renouvelle habilement le genre et un metteur en scène à suivre de près.
(Critique du 31/03/16)


Critique/Avis de Dearestara à propos de "10, Cloverfield Lane" :
Beaucoup aimé 10 Cloverfield Lane (9/10). Pendant les trois premiers quarts du film, l'unique ressort sur lequel il joue est le huis-clos psychologique, avec la question d'une menace extérieure dont on ne sait si elle est fictive ou non. A défaut de l'originalité, on ne peut qu'apprécier l'efficacité de cet avatar du genre, porté par le trio magique John Goodman-Mary Elisabeth Winstead-John Gallagher Jr. Si l'on suit partout le point de vue de la jeune femme, un focus se développe sur le personnage de Goodman, misanthrope dont la parano maladive s'exprime par de brusques éclats de violence scandant le film, et ne cessant de maintenir un doute sur l'authenticité de la menace ou non. Il est réellement le pilier du film, déclenchant chaque rebondissement de l'histoire, et nous faisant peu à peu voir une atroce vérité, alors même qu'on espère jusqu'au bout à un mauvais rêve, à une erreur monumentale d'interprétation. Sa corpulence de roc massif et son talent en imposent à tous.
La vitalité de l'héroïne (dans une tenue très accorte, mais cependant désexualisée) permet une immersion complète dans le film, l'immense talent de Winstead nous permet d'apercevoir la peur, la gêne, les espoirs délirants, mais aussi l'authentique courage et la détermination discrète de son personnage. 10 Cloverfield Lane est avant tout un film de personnages, leur caractérisation minutieuse permet de ressentir au plus profond la peur ambiante, la volonté à la fois de découvrir le fin de mot de l'histoire et de rester dans le refuge du doute, car chaque fois qu'il se craquèle toujours plus, l'horreur monte d'un cran. Les pointes d'humour apportés par le personnage de Gallagher Jr garnissent l'ensemble. Mais au-delà de cet excellent scénario à six mains, c'est la réalisation enthousiasmante de Dan Trachtenberg qui soulève l'enthousiasme : jouant à merveille des plans fixes à rallonge comme de la caméra à l'épaule ou d'un montage calme subitement frénétique, il filme dans les moindres recoins l'abri anti-nucléaire, écrin confortable et rempli de tas de choses rassurantes pouvant tout à coup devenir une prison mortelle. Un modèle d'animation à huis clos.

Le dernier quart du film casse totalement cet aspect par un virage dans un fantastique cette fois plus visuel et plus "testostéroné", ce qui donne l'impression de voir deux films en un, la chasse à l'homme succédant au huis clos. On voit trop que cette longue conclusion n'est là que pour raccorder artificiellement ce film au précédent Cloverfield (il est visible que le projet initial n'avait rien à voir la franchise d'Abrams). Cependant, c'est encore la maîtrise de Trachtenberg qui fait merveille, également à l'aise dans l'horreur visuelle, brute, et délivrant un duel final pas exempt de défauts, mais suffisamment chargé en adrénaline et en suspense pour que l'on doute jusqu'à la dernière seconde de la possibilité qu'il y ait ou non des survivants à la fin. Quelque peu composite, 10 Cloverfield Lane est un modèle de film d'horreur/mystère/suspense. (****)
(Critique du 03/06/16)




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CAPTAIN AMERICA - CIVIL WAR : 4/10


Suite directe de "Captain America 2" et d' "Avengers : l'ère d'Ultron", "Civil war" fait partie de ce qu'on appelle la "phase 3" dans le jargon de la Marvel Cinematic Universe, les différentes phases correspondant à un développement et une évolution précis de l'univers en question.
Le film est un genre de remake de Batman v Superman, reprenant les mêmes thématiques (considération du dommage collatéral, super-héros en proie au doute dont les opinions divergent et qui se bastonnent jusqu'à en entacher leur droiture et leur charisme), thématiques qui finissent à la longue par devenir un "genre" à part entière. Le film reste dans les canons des dernières production ciné Marvel, jusqu'au trop-plein de personnages qui semblent n'avoir été casés là que pour le fan-service, avec tout ce que ça implique (personnages secondaires -et parfois "principaux"- sans épaisseur (à l'image du personnage de Bucky, qui promettait un traitement assez surprenant à la fin de l'épisode 2, et devient ici un simple faire-valoir) - souvent à la limite du caméo- et dont la réelle personnalité ne parlera qu'aux initiés ; impression de "photo de famille" dans le seul but de satisfaire le geek), ce qui marche dans l'univers dessiné décliné sur plusieurs volumes ne pouvant fonctionner sur un film de plus de 2 heures, qui doit avant toute chose s'adresser autant au fan de base qu'au néophyte.
Pour en revenir à cette mode "Dommage collatéral", il est intéressant de constater que tout ceci semble dater de "Man of steel" (même si le comics dont s'inspire "Captain America 3" date, lui, de 2006) avec son final qui aura fait des remous auprès de nombreux spectateurs. Ce revirement de point de vue, intéressant en soi, laisse toutefois dubitatif quant au changement global de vision d'une œuvre à l'autre, et l'honnêteté de la démarche. A ce stade, la plupart des films de Super-Héros des années 70 et 80 ne faisaient pas non plus dans la dentelle, et peu cas de ce genre de considération. Mais ces stéréotypes sont-ils à revoir pour autant dans la mesure où ils ne faisaient qu' obéir aux "lois de genre", avec tout les excès et toute la suspension d'incrédulité que cela comporte et nécessite ?

Je garderai de même un silence poli quant au ridicule du personnage de Spiderman, incroyablement porté aux nues par le public et la critique (jamais vu quelque chose d'aussi grossier et d'éloigné dans la personnification d'un héros de "papier" mondialement connu).
La réalisation des frères Russo oscille entre le correct et le franchement médiocre (certains CGI sont tout bonnement inadmissibles à ce niveau de budget, à l'image de cette poursuite -tant vantée- dans le tunnel autoroutier, avec ses effets d'accéléré perfectibles et ses transparences visibles) et les scènes d'action, trop hachées et sur-découpées, font mal à la tête. Une réalisation pourtant très éloignée de celle, élégante, de leur précédent volet.
On retiendra toutefois une intéressante séquence d'action à l'aéroport, mais qui ne fonctionne surtout que pour son interaction avec le personnage d'Ant-Man, dont le superpouvoir "inversé" reste le clou du spectacle.
Le pitch demeure intéressant dans sa description et son étude d'une agence gouvernementale tentaculaire co-dirigée par le SHIELD, et contrôlant les faits et gestes des super-héros (aspect malheureusement largement sous-exploité dans le film) et, surtout, dans le choix d'un vilain atypique (bien que trop peu présent à l'écran), dont nous ne dirons rien des motivations. Toutefois, son plan, ne fonctionnant que sur des à-priori et autres coïncidences bienheureuses, et qui dépasserait les limites des probabilités dans la réalité, apparaît comme absolument inconcevable et incohérent.

Mal monté, assez mal filmé, pas toujours bien scénarisé (les enjeux sont assez pauvres), film de super-héros bien trop "anti"manichéen pour être honnête, "Civil war" reste une déception dans le moule des films de super-héros actuels, et de loin le moins bon des 3 "Captain America" (ce dernier volet aurait d'ailleurs plutôt dû s'intituler "Avengers 3", puisque, contrairement aux précédents, il ne focalise pas particulièrement sur le personnage-titre et fait la part belle à l'équipe dans son ensemble.
(Critique du 06/05/16)

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séribibi
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Re: Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar séribibi » jeu. déc. 29, 2016 12:42 pm

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ELLE(Paul Verhoeven) : 6,5/10
Verhoeven revient après 10 ans d'absence (si l'on excepte la parenthèse "Tricked", sorte de moyen métrage interactif) pour un film d'aspiration auteurisante et assez Chabrolien dans l'âme, puisqu'il y égratigne la bourgeoisie dans nos provinces, en proposant une étude précise en même temps que conflictuelle des rapports humains. Il faut remonter à sa période pré-US pour trouver une évocation sociale aussi contextualisée, contemporaine, intimiste et prononcée.
Ici, le scénario n'est qu'un vague prétexte (ça n'est pas à proprement parler un thriller - d'ailleurs on se fiche un peu de l'identité de l'assassin, ce qui n'intéresse d'ailleurs pas non plus vraiment Verhoeven) pour proposer une étude de mœurs assez caustique et des relations extrêmes et perverses entre les personnages, et la relation sadomasochiste qu'entretien Isabelle Huppert avec son agresseur n'est pas sans rappeler celle qui unissait déjà Gérard et Christine dans "Le quatrième homme", sa dernière production néerlandaise - précédent la longue parenthèse aux states -, mais aussi "Basic instinct", le film qui fit scandale par le biais de la Gay Pride en 1992 , présenté lui-aussi au festival de Cannes cette année-là.
Comme dans la plupart de ses films, les relations hommes-femmes (que l'on pourrait qualifier de dominant/dominé) se transforment systématiquement en passions destructrices (et ce dés son 2ème, "Turkish délices"), où par ailleurs la femme se montre largement l'égal de l'homme, voire le dépasse à presque tous les niveaux (Catherine contre Nick dans "Basic Instinct", Agnès vs Martin dans "La chair et le sang", "Doug vs Lori dans "Total Recall", Linda vs Sébastien dans "L'homme sans ombre") ; il s'agit presque toujours d'une passion destructrice -et donc totalement malsaine- qui aboutit à la déchéance d'un des 2, et où la femme tire à son avantage une situation, qui peut d'ailleurs être à l'origine le plus souvent désespérée pour elle.
"Elle" ne déroge pas à cette règle, mais de façon encore plus perverse puisque Michelle est carrément victime d'un viol (le film commence d'ailleurs par ce viol, dont on ne verra que la résultante). Viol qui revient à intervalle régulier, soit en flashback, soit en pensée, soit par récidive. A tel point qu'on ne sait plus très bien quand est-ce que cela a vraiment lieu, et quand est-ce qu'elle fantasme...
Rarement le cocon familial s'est montré aussi explosé (voire ravagé) de l'intérieur, rarement des personnages se sont montrés si complexes, pervers, malsains ou torturés, et, si le réalisateur croit bon donner un trauma d'enfance à son héroïne (en laissant cependant un flou sur son implication), il se garde toutefois bien d'en tirer quelle que morale ou conclusion que ce soit vis-à-vis de ses réactions...

Verhoeven profite aussi de brosser une galerie de personnages paumés ou irrécupérables, pour y injecter pas mal de ses obsessions (de façon parfois un rien mécanique), et, comme dans ses films précédents, pas mal d'institutions en prennent pour leur grade.
Isabelle Huppert pouvait à-priori sembler un choix étonnant (surtout dans un film de Verhoeven) mais son jeu assez sec et "déterminé" correspond bien à son personnage de bourgeoise coincée en même temps que libérée.
Comme la plupart des finals des films du réalisateur, qui laissent planer l'ambiguïté sur de nombreux points, "Elle" se termine sans même que l'on sache ce qui a vraiment motivé les actes de l'héroïne, et la morale s'en trouve encore moins sauve.

Joli retour donc de Paulo, qui, sans l'esbrouffe et le faste visuel de son excellente parenthèse américaine (il a disposé d'un budget riquiqui), revient à un film formellement plus humble et à "hauteur d'hommes", pour continuer à y éjecter ses obsessions et faire son étude des travers de la nature humaine dans ce qu'elle a de plus déviante, prouvant qu'il est toujours bien là et que l'air de notre beau pays ne lui réussi finalement pas si mal.
(Critique du 23/06/16)


La critique de "Elle" par Dearestara sur le lien ci-dessous :
http://marlasmovies.blogspot.fr/2016/06/elle-avec-isabelle-huppert-fais-moi-mal_22.html

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séribibi
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Re: Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar séribibi » jeu. déc. 29, 2016 7:21 pm

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AMERICAN NIGHTMARE 3 : ELECTIONS : 4,5/10


Le premier "The purge" ("American nightmare" en France), film d'anticipation horrifique doublé d'une métaphore sur les dérives de la société américaine, choisissais le home invasion et le huis clos pour illustrer les aléas d'un système totalitaire décadent, et c'est précisément -et paradoxalement- cette approche "intimiste" qui renforçait son propos.
American Nightmare 3 en prend le contrepied total et se lâche en nous montrant, cette fois-ci, non pas l'envers du décor, mais plutôt le "vrai décor", à savoir ce qu'il se passe réellement dans les recoins de la ville pendant ces 12 heures de crime autorisé.
La 1ère heure du film, qui convoque l'univers gothique et l'imagerie horrifique propre aux films de genre, va assez loin dans la démesure : dés l'apparition de la scène de la guillotine (excellente mise en bouche qui donne bien le ton), on sent que l'on se trouve en présence d'un univers délirant sans la moindre limite, qui se veut totalement déviant, et faisant intentionnellement fi de tout réalisme.
Les personnages centraux sont certes fades et stéréotypés mais tout le petit monde décadant qui gravite autour fait froid dans le dos (personnages plus excentriques les uns que les autres) ; l'ambiance nocturne dans le style Carpenter, l'humour noir assez bien dosé (la jeune fille qui veut sa barre chocolatée ; le camion-benne qui ramasse les cadavres pour "une ville propre"), l'imagerie iconique et la gestion du suspense font souvent mouche et donne un cachet "cauchemar éveillé" et surréaliste tout particulier au film qui ne se dément (presque) jamais pendant les 45 premières minutes,.
L'ensemble est par ailleurs rehaussé par un pitch à teneur politique (idéal en ces périodes de pré-campagne électorale) assez malin et très subversif, et dans lequel les grands dirigeants (et d'ailleurs toutes les institutions -Eglise, compagnies d'assurances etc...) en prennent pour leur grade.
Hélas, à la moitié du film (c'est à dire dés l'arrivée au "Refuge", voire un peu avant) le soufflet redescend, la violence s'attenue jusqu'à ne plus être traitée qu'hors-champ, le sujet principal s'évapore au détriment de considérations plus anecdotiques et de moindre intérêt, la mise en scène devient bordélique voire carrément foireuse (scènes d'action parkinsoniennes illisibles, chorégraphies incompréhensibles, éclairages hésitants, faux-raccords et ellipses à gogo...), l'ensemble fait du surplace...avant de s'engouffrer dans un dernier tiers pompier à grand renfort de fanatisme religieux de bas étage -et semblant sorti d'un autre film- où aucun cliché ne nous est épargné (l'acteur qui joue le prêtre en totale roue libre...).
Ajoutons à cela un final bien trop "politiquement correct" en contradiction avec le spectacle régressif que semblait nous promettre le 1er acte, et nous aurons une idée du pétard mouillé que représente cette 3ème Purge.
(critique du 15/08/16)




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LE BGG - LE BON GROS GEANT : 6,5/10

En adaptant Roald Dahl, Spielberg revient aux sources de son cinéma en retrouvant la candeur et la naïveté qui caractérisait certaines de ses premières œuvres.
J'ai trouvé cela vraiment bon -malgré d'évidents défauts- et bien dans l'esprit "artisanal" des films des années 70-80s du réalisateur, ou d'un certain âge d'or du divertissement à l'ancienne. On ne sera d'ailleurs pas étonné de retrouver dans l'équipe le nom de Melissa Mathison (récemment disparu), qui ne fut rien moins que la scénariste d'E.T.

Ici, pas de doutes, en dépit des critiques assassines vues un peu partout sur la teneur de la chose (et en particulier sur sa "laideur esthétique" -on croit rêver!), nous nous trouvons bien devant un film du "maître" et le réalisateur continue de montrer qu'il est, du haut de ses 70 piges, à 100 coudées au-dessus du tout venant hollywoodien en matière de spectacle de divertissement, de poésie pure, de mise en scène, et qu'il sait raconter une histoire mieux que quiconque.
Il filme bien, c'est incontestable... Que ce soit en terme de profondeur de champs, de cadrages, de fluidité narrative, de photographie : tout est ici étudié, millimétré ; on comprend absolument tout ce qui se passe à l'écran ; on entre dans l'univers comme dans du beurre (magnifique séquence d'intro en Angleterre) et on se laisse transporter par cette histoire qui brasse autant de thème que la magie de l'enfance, la famille de substitution, l'amitié, l'exclusion, l'abandon ou la solitude... La rencontre de 2 personnages en marge, perdus et rêveurs... Lui, géant anticonformiste et servant de bouc-émissaire à ses confrères du fait de sa "petite taille" ; elle, par sa condition-même d'orpheline.

Loin de proposer un tempo hystérique qui entre dans les canons cinématographiques actuels (et qui confond souvent précipitation et action), Spielberg, sans jamais ennuyer, prends son temps pour faire évoluer ses personnages et les faire réellement exister dans un univers merveilleux et féérique, et se dégage alors une poésie d'ensemble qu'on ne rencontre guère plus dans le cinéma actuel.

La qualité de réalisation permet -pour une fois- d'élever au dessus du rang de "simple gadget" une 3D immersive et réellement efficace.
D'ailleurs, on ne soulignera jamais assez l'incroyable travail fait sur l'interaction entre le réel et le "non-réel", Spielby ayant le bon goût de faire non seulement évoluer la petite Ruby Barnhill aux côtés du BGG (si l'on peut trouver à redire sur certains aspects du look et de l'animation de celui-ci, le travail de complémentarité entre les 2 personnages reste en revanche une référence) mais aussi parmi de réels décors démesurés ou agrandis en trompe-l'oeil, pour une immersion totale et un gain artistique incontestable (on est loin du "tout numérique" faussement décrié ici et là). Ses évolutions dans la grotte du BGG est un modèle du genre.

Un peu moins aimé en revanche l'irrévérencieuse dernière partie qui s'étale du palais de la reine, jusqu'au final assez expédié... Mais on sent bien que, ce qui a intéressé ici Spielberg n'est pas forcément ce qui tourne autour des 2 personnages principaux (les géants ne servent finalement pas à grand chose) mais bien la relation qui se noue entre eux. Un regard, une expression...des petites touches qui rendent leur complicité touchante, la direction d'acteurs étant excellente, comme souvent chez le réalisateur.
Du reste, ce relatif manque d'enjeu narratif est contrebalancé par des idées de tous les instants, et qui sont autant de gimmicks qui se fondent merveilleusement dans le récit ; on pense bien évidemment à toutes les magnifiques séquences de camouflage de BGG, mais aussi au jeu perpétuel sur l'échelle des grandeurs, à l'élocution déformée du géant, et plein d'autres chose encore...

Techniquement parlant enfin, les géants sont plutôt corrects dans leur représentation synthétique, mais leur rendu/texture fait parfois trop artificiel, tout comme leur déplacement (le BGG notamment quand on le voit évoluer au loin semble atteint d'arthrose), mais le travail sur l'expressivité reste bien au-dessus de la moyenne, surtout en ce qui concerne BGG qui doit en grande partie au travail de comédien de Mark Rylance (n'oublions pas que nous sommes dans de la performance capture).
Des petits défauts qui ne doivent pas entacher le plaisir d'aller découvrir le dernier film d'un cinéaste qui n'a rien perdu de ses qualités de conteur.
(Critique du 16/08/16)





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INSTINCT DE SURVIE : 5/10


Un survival d'attaque animalière assez quelconque, et qui met pas mal de temps à démarrer (au regard de sa faible durée). Rien d'honteux là-dedans mais le film, arrivant après "Les dents de la mer", "The reef" ou "Open water", n'invente rien.
Il n'en a certes pas la prétention mais ici le suspense , qui tourne autour des attaques de la bête, et lié principalement à l'attente, devient vite synonyme d'ennui, même si certains passages très bien filmés méritent le détour.

C'est d'ailleurs, dans son traitement - se voulant minimaliste -, sur "Open water" qu' "Instinct de survie" semble lorgner et puiser ses références et son inspiration.
Cependant, certains gimmicks mal dégrossis (les réguliers split screen sur le cadran téléphonique en médaillon ; les ralentis ; les personnages secondaires qui rythment ponctuellement et artificiellement un scénario relativement pauvre en suspense et faisant office de figuration ) détournent plus l'attention qu'ils ne servent vraiment le récit, et la tension et l'oppression ressentie sur son illustre modèle apparaissent ici comme autant de moments redondants et de remplissage, la prévisibilité de certaines situations n'arrangeant rien.
Le trauma initial de l'héroïne ne sert pas à grand chose si ça n'est de justifier cette espèce de combativité qui l'habite, et le dénouement est raté.

Reste quelques attaques et confrontations bien senties, une très belle photographie, un requin de synthèse par moments plutôt impressionnant, et 2 héroïnes attachantes et au jeu juste (Blake Lively et la mouette).


De la part du réalisateur d' "Esther", on s'attendait à quelque chose de plus viscéral et de moins téléphoné.
(Critique du 17/08/16)




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STAR TREK : SANS LIMITES : 3,5/10


Alors que JJAbrams se réapropriait l'univers Star Trek pour le moderniser et en faire une vision personnelle complexe, épique et -en ce qui concerne "Into darkness"- marquée par un climat post- 11/09, Justin Lin préfère faire un retour aux fondamentaux en retenant surtout l'aspect pop-kitsch de la série "classique", la ligne claire de sa narration, son esprit ouvertement naïf, et en mettant plus que jamais en avant toutes les thématiques tournant autour de la tolérance et de l' ouverture vers l'autre. Ce que cette nouvelle aventure de Star Trek perd en subtilité, elle le gagne donc en fidélité.

Le problème n'est pas tant de savoir si cette approche plus terre-à-terre (sans mauvais jeu de mots) semble davantage avisée que celle d'Abrams , mais bien de se rendre à l'évidence : "Sans limites" brille par l'absence totale d'un scénario digne de ce nom et par son manque flagrant d'ambition. L'histoire, qui ne raconte au final pas grand chose, tient sur 5 lignes ; les motivations de Krall (le vilain) sont capillotractrées (la justification de ses agissements est bien vaseuse) et le retournement de situation - arrivant trés tard- ne semble intervenir que pour apporter une pirouette supplémentaire à une histoire qui manque cruellement de mordant.

Justin Lin, qui a réalisé 3 des sept "Fast and Furious", opte ici très logiquement pour une action "non stop" ; approche d'une certaine façon louable puisque, du coup, force est de reconnaître qu'on ne s'ennuie jamais... Le problème est que tout cela s'opère au détriment des personnages qui, à peine esquissés, peinent à exister...

Ainsi, l'amitié naissante entre Scottie et Jaylah ne débouche véritablement sur rien ; son développement est passé à la moulinette ; les motivations de Krall (pas davantage développé) sonnent comme un prétexte ; les passages entre Spock et McCoy finissent par ressembler à du formula show ; l'intéressant dilemme de Kirk sur sa fonction au sein de la Starfleet (éprouvant une lassitude après tant d'années de voyages dans l''espace, il songe à tout arrêter) ne semble qu'un passage obligé (ses états d'âme sont à peine évoqués, puis balayés d'un revers de manche lors du final).

De plus, toute la dualité qui opposait Kirk à Spock dans les volets précédents est ici inexistante.

Cela est d'autant plus dommage que les auteurs, sans doute alarmés par la "froideur" et l' apparente complexité narrative de "Star Trek into darkness" (meilleur épisode de la saga cinématographique soit dit en passant), ont visiblement voulu livrer un produit plus fidèle à l'esprit d'origine, plus simple et surtout plus touchant : l'humour est présent sans être envahissant (à l'exception d'une séquence spaciale musicale un peu déplacée), les personnages sont certes creux mais attachants (pour peu que la caméra se pose et qu'elle leur donne un minimum d'intimité) ; les états d'âme de Spock qui se demande -désireux de préserver sa race et de la perpétuer- s'il doit continuer à fréquenter Uhura, sont bien amenés ...

Bref, des aspects intéressants mais qui, disséminés ça et là, ont bien du mal à donner du relief à une histoire d'une pauvreté affligeante.

L'autre gros point faible du film est son esthétique. Visuellement, "Star Trek beyond" n'est clairement pas à la hauteur, et 10 coudées au-dessous des réalisations de JJAbrams. La mise en scène est brouillonne, la patine d'ensemble fait beaucoup trop numérique, les scènes d'action ou de mouvement sont régulièrement illisibles, plusieurs passages sont beaucoup trop sombres, la composition des plans manque de majesté et ne met que trop peu en valeur l'univers, les séquences spatiales paraissent plates et n'ont aucune ampleur (full CGI oblige), et l'approximation de certains effets laissent perplexe à un tel niveau de budget. Précisons que la 3D, absolument inutile, n'apporte pas la moindre profondeur de champ (en plus d'assombrir plus que de raison l'image), ce qui est un comble pour un film se dérouant dans l'espace ! Star Trek Beyond est quand même réhaussé lors de toutes les scènes se déroulant sur Yorktown (qui ressemble furieusement à la station orbitale d'Elysium) . On regrette qu'il n'y ait pas davantage de séquences qui lui soient dédié, à l'image de cet épatant final qui défie les lois de l'apesanteur....Un point positif est également à signaler pour le travail sur les maquillages, qui sont tous de VRAIS maquillages (Krall, Jaylah, Kalara, Syl...) et non de la numérisation. La qualité s'en ressent.

Accumulant trop de défauts tant dans son scénario que sur le plan esthétique, "Star Tek : Sans limites", malgré la vivacit de son rythme, reste donc globalement le raté de la dernière trilogie, et l'on déplore que JJABrams -trop occupé au nouveau Star Wars- ne soit pas resté aux commandes.

Ce film est dédié à la mémoire de Leonard Nimoy et d'Anton Yelchin.
NOTA : Pour les private jokes, ne connaissant la série originale qu'en périphérie (et pas du tout Enterprise), je laisse le soin aux experts d'en faire une étude approfondie.
(Critique du 23/08/16)


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DERNIER TRAIN POUR BUSAN : 6/10


Enième varation sur le thème des zombies, "Dernier train pour Busan", superbement filmé (quelle gestion de l'espace !), déploie une belle énergie mais, de prime abord, n'a rien de véritablement original ni de notable à offrir ; les personnages très codifiés ont déjà été vus dans moults films de genre (les films catastrophe en particulier), et le scénario (lieu clos dans un train + sous-texte social) rappelle beaucoup "Le transperceneige", même si le traitement est trés différent de ce dernier.

C'est le sempiternel shéma du groupe d'individus de conditions sociales différentes rassemblés et confrontés à une situation inextricable...Comment vont-ils se révéler face au danger ?... Il y a le gros capitaliste trader trop individualiste qui finira par s'ouvrir aux autres, la chieuse de service (ici une groupie "attachiante") qui chaque seconde mettra en péril les passagers par ses interventions déplacées, le gros rustre qui au fond se révèlera être un brave type en plus d'un homme courageux, sa femme enceinte, le patron irrascible et qui deviendra encore plus retors, le clochard au bon coeur, la petite fille innocente... Bref, un beau panel de stéréotypes ! [/justify]
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Les situations sont ici assez répétitives et chaque nouvelle étape semble être la copie-carbonne de la précédente, mais de façon amplifiée, d'où une certaine lassitude sur la durée.

De plus, comme souvent dans les films asiatiques qui jouent sans cesse sur la surexpressivité, l'interprétation est parfois caricaturale (hormis pour les 4 personnages principaux particulièrement justes : le père et sa petite fille ; le prolétaire et sa femme enceinte, et quelques autres personnages) et les figurants-zombies ont souvent tendance à en faire trop (leur délire spasmodique donne surtout l'impression qu'ils sont en train de danser la Maccarena).

Pourtant, passé tout ce fourbi, on peut ne pas rester complètement insensible à cette histoire de "mauvais père" qui cherche à reconquérir sa petite fille, à l'amour évident que porte le réalisateur à ses personnages et au genre, au jeu de la petite Kim Soo An, au final bouleversant, à la dynamique de l'ensemble, et à la véritable sincérité qui se dégage de l'entreprise et qui n'apparaît que trop rarement dans les blockbusters US actuels dotés d'une morale pro-américaine souvent appuyée (pas de tout ça ici,). On pourra même, si on fait un petit effort supplémentaire, trouver l'émergence d'une poésie au milieu de tous ces corps en putréfaction.[/justify]
(Critique du 23/08/16)


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THE NEON DEMON : 6,5/10
Objet filmique aussi audacieux qu'insaisissable, "The neon demon" est une fable surréaliste qui, de part sa nature-même, divisera.
En effet, avec son rythme lancinant (que sa bande-annonce survoltée ne laissait nullement entrevoir), ses images aux limites de l'abstraction, ses digressions inattendues et ses ruptures de ton, cet OFNI pourra dérouter voire provoquer le rejet des esprits les plus cartésiens. Cependant, si l'on accepte de faire l'effort de passer ce cap, on pourra se laisser alors transporter par la douce mélodie de ce "Alice" perverti et happer par l'étrange beauté de ses images. Nicolas Winding Refn, marqué par un désir véritable créatif, a en tout cas le mérite d'offrir quelque chose de singulier et de neuf dans le paysage cinématographique actuel ultra-balisé, et, rien qu'en cela, son film mérite le détour.
L'histoire est celle d'Eve (Elle Fanning, parfaite), jeune ingénue orpheline qui débarque à LA pour se lancer dans le mannequinat. Sa fragilité et son étrange beauté provoqueront la jalousie de toutes ses consoeurs et c'est à partir de là qu'elle découvrira l'envers du décor de ce monde de paillettes où la gloire n'est qu'éphémère.

Le réalisateur de "Drive" innove ici par des plans contemplatifs donnant une impression de "fausse plénitude", cela étant renforcé par une bande musicale admirable, et une photographie de toute beauté. Il cherche progressivement à destabiliser par une ambiance délétère et une constante remise en question des genres qu'il aborde, du rythme et des affects (l'ampathie ressentie pour l'héroïne s'étiole au fur et à mesure que le film avance, parallèlement au narcissisme naissant du personnage), jusqu'à un final délicieusement amoral. Le film utilise d'ailleurs autant de métaphores pour dénoncer le rêve américain, l'arrivisme, l'individualisme et les aléas d'un monde doré où chacun cherche (littérallement) à bouffer l'autre. C'est en quelque sorte une version déformée du "Showgirls" de Verhoeven.
Ici, nous plongeons -en même temps que l'héroïne- dans une espèce de cauchemar éveillé. On ne sait jamais trop la direction que Winding Refn va prendre et on s'embrigade avec lui dans un univers singulier qui commençait pourtant de la manière la plus classique qui soit.

Formellement, le film s'inspire de quelques oeuvres modernes tels "Suspiria" (pour son style néo-baroque), "Black swan" (pour la métamorphose de son héroïne), ou encore "Under the skin" (pour son aspect expérimental). Mais pas seulement... On pense aussi à David Lynch pour sa narration sinueuse, au cinéma des 80s -caractérisé par les éclairages et la musique-, et à Kubrick pour sa mise en scène géométrique et sa symbolique fortement marquée. Il y est aussi fait une petite référence à "La féline" de Paul Schrader, autre film trés esthétiquement marqué des années 80s.[/justify]
Une oeuvre spéciale, atypique, originale, inclassable, formellement trés belle, et qui travaille longtemps aprés sa vision.
(Critique du 23/08/16)

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camarade totoff
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Re: Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar camarade totoff » mar. janv. 03, 2017 2:18 pm

INSTINCT DE SURVIE
7.5/10
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Un film qui réconcilie avec les films de requins, sous-genre particulièrement malmené.

La première partie pourrait paraître classiquement édenique avec cette belle plage, cette belle mer etc. Sauf que, d'emblée, le réalisateur a l'habileté de nous montrer que cet eden est d'ors et déjà corrompu. Tout ce qui se passe en surface jouit d'une musique tonique - beau travail global de Marco Beltrami - alors que, dès que la caméra filme sous l'eau, c'est le silence.

La transition se fait en un plan particulièrement esthétique : la surfeuse descendant sa vague alors que l'on aperçoit l'ombre du requin derrière cette même vague.

On avait pu sourire jusque là notamment avec ces gros plans inutiles mettant en valeur le physique avantageux de Nancy (Blake Lively). Maintenant, ce corps de rêve se heurte - physiquement - au cauchemar. Les plans larges se font rares (hormis pour montrer le requin de haut) et le réalisateur va cadrer souvent serré sur le corps meurtri -et donc affaibli- de Nancy et sur son visage qui reflète tour à tour la peur et la souffrance. Blake Lively démontre sur ce film, certes mineur, qu'elle est désormais capable de porter un film tout entier sur ses épaules.

Le scénario évite les écueils (sans jeux de mots) du passé de l'héroïne en flashback pour meubler ainsi que le trop plein de personnages pour occuper l'espace. Le premier nous est exposé en deux minutes via une conversation téléphonique et les autres sont présents à titre utilitaire (voire purement alimentaire).

La dernière scène n'est pas un happy end banal mais il montre la force de caractère de Nancy, sa résilience ainsi que la transformation de l'instinct de survie en appétit de vie.



MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS
9/10

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Une réussite magistrale de Tim Burton. C'est en suivant son sillon le plus fécond, l'amour des étrangetés, que le réalisateur retrouve toute sa magie.

Il prend d'abord le temps de poser son histoire. Celle de Jack, jeune adolescent mal dans sa peau et qui aurait tellement voulu que les histoires singulières que lui racontaient son grand-père qu'il adorait soient vrais. Ledit grand-père est soudain frappé à mort et Jack le découvre sans yeux ! Avant de mourir, le vieillard lui demande d'aller trouver Miss Peregrine. Problème, cette femme, directrice d'une orphelinat au Pays de Galles - terre de légendes et de mystères s'il en est - est morte en 1943 ! Qu'à cela ne tienne, Jack fait quand même le voyage et, grâce à une boucle temporelle, retrouve Miss Peregrine et les enfants particuliers. C'est seulement quand les bases de cet univers à la sombre et coloré - du pur Burton - ont été solidement posées et les personnages somptueusement présentés (aucun n'est une simple silhouette et on sent la tendresse du réalisateur pour ces êtres étranges et pourtant attachants) que la seconde partie commence. Certains "Particuliers" sont devenus des monstres qui dévorent les yeux et ils se rapprochent de l'orphelinat. Il faudra que Jack sorte de sa coquille pour les combattre.

Résumé trop court et qui ne rend pas compte de la richesse de cette histoire. Tim Burton arrive à recréer cet équilibre subtil d'humour et de macabre (le combat des monstres et des squelettes sur fond de musique de fête foraine !) qui a fait sa particularité. On retrouve avec joie aussi son goût pour les demeures ayant une âme (un hommage discret à la Hammer?), pour cette préférence marquée pour le rêve plutôt que pour une "normalité" décevante (c'est très lovecraftien mais avec une chaleur et une attention aux autres ignorées du Mage de Providence).

Asa Butterfield (vu dans La Sratégie Ender réussit à nous captiver. S'il est gauche au départ, il n'est jamais montré comme pathétique. S'il paraît manquer de courage parfois c'est davantage un manque de confiance en lui et, au contact des autres - en particulier d'une - il va évoluer. Tim Burton rend aussi hommage au cinéma britannique avec cette grande figure qu'est Terrence Stamp. L'acteur compose un grand-père savoureux et il sait rendre la tendresse de ce dernier pour son petit-fils ainsi que sa force morale, qu'il lui transmettra. Plus contemporain, Samuel L. Jackson s'éclate dans son rôle de méchant à la fois suave et cruel.

Mais le chef d'œuvre du film c'est Miss Peregrine, Eva Green en majesté. Absolument sublime dans sa robe de 1943, l'actrice est une directrice aimante, drôle, pleine de verve et d'allant. Elle manie aussi bien l'humour que l'arbalète et fume la pipe avec élégance. Plus que tout, Eva Green donne à voir une femme qui a de l'amour à donner. Dans un film où ils sont si importants, ses yeux sont un grand atout. Couleur de nuit, ils reflètent la gentillesse (pour accueillir Jack) mais se font autoritaires quand Miss Peregrine donne un ordre.

La famille est un thème puissant chez Tim Burton et ce film le couple avec l'amour pour donner une armature solide à ce film brillant et qu'on a plaisir à avoir vu.
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Re: Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar camarade totoff » dim. janv. 08, 2017 8:10 pm

Assassin'Creed

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5/10

Caleb, un meurtrier, échappe à la peine capitale grâce une fondation privée qu'il intéresse parce qu'il est le descendant d'un membre de la secte des Assassins. Le but du docteur Sophia Rikkin est qu'il se synchronise avec son ancêtre grâce à une machine, l'Animus, pour qu'il révèle où se trouve la pomme d'Eden, un artefact qui contient l'ADN du libre arbitre. Relique convoitée par l'ordre des Templiers, rival des Assassins.

Historiquement, c'est n'importe quoi. Les deux ordres, qui ont réellement existés, avaient disparu depuis longtemps en 1492, époque de l'ancêtre de Caleb. Ensuite, l'histoire ne tient pas debout. l'ADN du libre arbitre, sans rire ? Du coup, les enjeux sont aussi élevés que le ridicule et c'en est risible. Visuellement, les tons ocres de l'Espagne médiévale fatiguent la vue même si les décors sont soignés. Les effets spéciaux sont convaincants et les séquences dans l'Animus sont les meilleures du film.

Côté acteurs, on sera charitable envers cette grande actrice qu'est Marion Cotillard en disant simplement qu'elle est "monolithique". On excuse Jeremy Irons et Charlotte Camping qui ont les frais de leurs maisons de retraite (ou de campagne) à payer. Par contre, Michael Fassbender est phénoménal et sauve ce qui peut l'être de ce film. Impliqué, charismatique en diable, il est épatant dans les combats et met une force dans chacune de ses scènes. Grâce à lui, à défaut d'avoir vu un bon film, on aura échappé au navet.
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Re: Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar RomanticMan22 » lun. janv. 09, 2017 12:37 pm

Je ne suis malheureusement pas d'accord avec toi pour ton avis sur Assassin's Creed, ce film est vraiment très bien et pour comprendre le tout il faut avoir jouer et/ou lire les livres qui parlent de cela. Je suis d'accord sur quelques points comme : Marion Cotillard que je ne supporte pas , le seul film ou elle m'a plus c'est dans les Taxi (j'avoue parce qu'elle est bandante :)) mais sinon le film est génial même si la 3D sert à rien comme je l'ai vu de cette façon :) Cependant je suis content du contenu même si j'aurais aimé plus de scènes dans le passé. Je respecte ton avis bien évidemment mais j'exprime mon désaccord comme on est libre de dire ce qu'on pense :), je lui met 8/10 :)
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Re: Actualité cinéma/critiques de films

Messagepar Dearesttara » mar. janv. 10, 2017 1:16 am

C'est le vrai problème des adaptations de jeux vidéo : il y a le public des fans, et il y a les non-connaisseurs. Comment concilier les deux ? Généralement, les adaptations de jeux vidéo sont presque toujours descendues par les critiques et les fans. Si j'en crois les reviews, Assassin's Creed a l'air cependant de s'en sortir un peu mieux que ses prédécesseurs.
D'après une théorie, le jour où on découvrira à quoi sert l'Univers, ledit Univers disparaîtra pour se voir remplacé par quelque chose d'encore plus bizarre et inexplicable.
Selon une autre théorie, la chose se serait en fait déjà produite (Douglas Adams)


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