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Comédies françaises Années 80

Le bourreau des coeurs (1983) par Sébastien Raymond


LE BOURREAU DES COEURS (1983)

Résumé :

Un figurant qui rêve de devenir une star de cinéma a bien du mal à faire son trou dans le milieu cinématographique. Par un concours télévisé (aussi bien que de circonstances), il va parvenir à ses fins : il embarque pour Tahiti y tourner un film dont il va devenir la vedette. Mais des mafiosis bien décidés à mettre la main sur le budget du film vont essayer de lui mettre des bâtons dans les roues.

Critique :

Mon dieu… ce film a connu un certain succès ! C’est à peine croyable, tellement il est nul ! Ce qui est pour moi le plus grand mystère, c’est qu’il a été écrit et réalisé par Christian Gion, un cinéaste qui a auparavant signé quelques jolies comédies (C’est dur pour tout le monde, Le pion), des films autrement mieux écrits et mis en scène. Comment est-il possible de tomber si bas ? Parce que dans tous les domaines, Le bourreau des coeurs est en faillite.

Le scénario tient sur un papier cigarette. Mais la mise en scène réussit la gageure de rendre l’histoire encore plus insipide. Des scènes entières sans aucune espèce de début de commencement d’intérêt sont là pour je ne sais quel motif, pour passer le temps, pour décorer… pendant ce temps… on s’ennuie. On passe son temps à s’ennuyer. Et c’est une comédie ! Les gags sont éculés, de foutus éculés, qui font penser à ce qu’il y a de pire dans l’humour français. Non, je n’ai pas le droit d’évoquer l’humour français. Ce film n’a strictement rien à voir avec l’humour français. J’ai peut-être souri à un gag, un seul, de tout le film.

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Le rythme est d’une lenteur incroyable. Maccione semble complètement laissé à l’abandon. Vas-y Aldo, dis n’importe quoi, fais ton numéro, ça tourne, quand tu as fini, on coupera. Et Maccione de débiter des dialogues qu’on croirait improvisés et on s’ennuie.

Autour de lui, les autres comédiens sont tout aussi pathétiques. On a beau être à Tahiti sur la deuxième partie du film, on a tout de même l’impression que la production manque de moyens. 

Pour résumer, Le bourreau des coeurs est un assemblage de gags pas drôles pour les plus de 7 ans, très lourds, accumulés sans logique, sans direction d’acteurs, joués par des comédiens pas vraiment concernés. C’est le film le plus cheap que j’ai vu depuis belle lurette. Il m’a tout l’air d’un nanar force 10 sur l’échelle de Pécas.

Anecdotes :

  • Le film a été tourné sur l‘atoll polynésien Tetiaroa qui appartenait à Marlon Brando. Philippe Gion, le frère du réalisateur, était propriétaire du restaurant L’auberge landaise à Papeete où Marlon Brando était devenu un habitué, puis un ami. L’acteur américain imposa une condition au tournage sur son île : que des travaux d’aménagement soient faits aux frais de la production. L’hotel de l’ile fut en effet remis en fonction. Marlon Brando refusa d'apparaître dans le film. Bien lui en a pris.

  • Le film eut un succès mitigé, 24e au box-office de l’année 1983 avec 1.65 millions d’entrées.

  • Celui qui joue le réalisateur, un peu à la Melville, avec ses grosses lunettes de soleil et son Stetson, n’est autre que Christian Gion lui-même.

Séquences cultes :

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