Le Virginien (1962-1971)

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Re: Le Virginien (1962-1971)

Messagepar Patricks » sam. juin 08, 2019 12:00 pm

06. Un homme à tout faire (The handy man) ****


Scénario : Mel Tromé. Réalisation : Abner Biberman.

Résumé

Ward Borden dispute aux Grainger une parcelle de terre. Il s’agit d’un terrain en commun dont la possession ne posait pas problème jusqu’ici. Mais le fils Borden, Ward, en compagnie d’un certain Roy Havens, agresse Trampas qui ne doit la vie sauve qu’à un nommé Jim.


La critique

Le chanteur Mel Tormé incarne Jim, l’homme qui a sauvé Trampas des Borden. Ward Borden (Tom Simcox) fait pression auprès de son père Arnold (William Bramley) pour qu’il s’empare de la parcelle. Il lui dit que la justice donnera raison à John Grainger qui est riche.

Tout se passe comme si le ranch Shiloh avait toujours appartenu à ce dernier, il n’est jamais fait allusion au juge Garth.

Un procès de voisinage va avoir lieu dans une semaine. Le virginien vient jouer les ambassadeurs. Les Borden accusent notre héros d’avoir engagé un tueur à gages milicien.

Trampas a offert un emploi à Jim. Or, le virginien révèle à son ami que les Borden disent qu’il s’agit de Ned Mullins de Virginia City.

Il faut avouer que Mel Tormé ne fait guère impression en célèbre tueur à gages Ned Mullins. Sa carrure, son âge, son physique ne se prêtent pas au rôle.

Sara Grainger et Ward Borden ont des projets ensemble. Ils sont amoureux. Le litige sur la parcelle les sépare. Couple mal assorti, le comédien Tom Simcox n’a pas trop la tête du fiancé que l’on imagine à Sara.

Malgré ces imperfections, nous avons un scénario solide, ce qui n’était pas le cas du précédent opus. Tous les ingrédients du western sont au rendez-vous. Bagarres, poursuites, luttes pour un terrain.

Le shérif Mark Abbott (Ross Elliott) a repris du service et l’on regrette bien le départ d’Emmett Ryker. Il vient demander des comptes au virginien au sujet du tueur à gages, Ned Mullins. Mais en voyant Jim, petit homme frêle, il n’y croit pas.

Mel Tormé joue son personnage tout en finesse et subtilité, feignant d’être un agneau.

Trampas et Jim se lient d’amitié et le cowboy lui parle de ses aventures passées, notamment de ses amours déçues. Le ton est bon enfant et à la plaisanterie. Il cherche à percer le secret de l’identité de Jim.

Ward apprend dans un saloon que Ned Mullins a été pendu il y a un mois. Son orgueil l’a fait rompre avec Elizabeth car il ne veut pas être l’obligé des Grainger.

Ward complote pour causer des ennuis à Shiloh, et va se plaindre au shérif : feu dans une grange, clôture sectionnée et vaches mortes dans une mare. Or c’est Ward qui a tout manigancé lui-même.

Ward et Roy Havens (Paul Mantee) paradent en ville et mettent la population de Medecine Bow de leur côté. Roy attaque Jim qui ne se défend pas. Il ne doit la vie sauve qu’à Trampas et au shérif Abbott.

Les Borden perdent leur procès. Roy est tué et Jim révèle être Ned Mullins. Il met en évidence la culpabilité de Ward dans le meurtre de Roy. Ce coup de théâtre est le dernier acte de la tragédie. Le père de Ward se montre compréhensif après la mort de son fils tué par Jim/Ned en état de légitime défense.

Une partie n’est pas convaincante dans l’épisode, l’amour d’Elizabeth pour Ward. Quant au tueur à gages à l’air bien innocent, au grand dépit de Trampas, il reprend son chemin, le bras blessé par le shérif Abbott.

Un excellent épisode. Excellente interprétation de Mel Tormé.


Anecdotes


Mel Tormé (1925-1999) est à la fois le scénariste et la vedette invitée de cet épisode. Il est chanteur, batteur, producteur, réalisateur, acteur. Il a tenu 41 rôles comme comédien. Il est davantage connu comme chanteur de jazz et compositeur de la musique de The Christmas song. Il a travaillé avec Chico Marx des Marx Brothers. Il a dû mettre un terme à sa carrière en 1996 à la suite d’une crise cardiaque. Une seconde lui fut fatale.

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Messagepar Patricks » sam. juin 08, 2019 5:56 pm

07. La décision (The decision) **


Scénario : Richard Carr. Réalisation : Darrell Hallenbeck.

Résumé

Le shérif Dan Porter quitte son poste à Mason City pour suivre sa femme à Medecine Bow. Il se fait engager à Shiloh pour devenir éleveur et commencer une nouvelle vie.


La critique


L’épisode commence par une rixe dans un bar où deux hommes font les malins en tirant sur les bouteilles. Ils sont arrêtés par le shérif Dan Porter (Kenneth Tobey), qui a été délaissé par son adjoint Frank (Steve Carlson), qui préfère faire le joli cœur sans porter d’armes.

Wesley Manning (Ben Murphy) se fait engager à Shiloh en même temps que Porter arrivé à Medecine Bow après avoir reçu un mystérieux télégramme. Trampas reconnaît immédiatement Porter. Trampas lui voue une rancune tenace. Il a été emprisonné par Porter après avoir été se plaindre d’avoir été floué à un jeu de cartes.

En l’obligeant à travailler durement, Trampas, que l’on n’avait pas connu si sadique, trouve une forme de revanche.

Cela ne lui suffit pas et lors d’une sortie en ville, Trampas et Porter se bagarrent. Le virginien y met un terme.

A Medecine Bow, le shérif ou ex-shérif a retrouvé sa femme Emily (Monica Lewis). Cette femme est malheureuse car son mari est shérif et elle le quitte, ayant rejoint sa sœur. Pour renouer avec Emily, Porter apprend le métier de fermier à Shiloh.

On se serait passés d’une longue scène d’explications entre Emily et Dan Porter. Au bout de dix ans de mariage, elle ne s’est pas faite à la dangerosité du métier de son mari. Elle vit dans la peur.

Ce qui paraît invraisemblable dans cette intrigue est le fait qu’un homme abandonne après tant d’années son métier de shérif simplement par amour. Comme il le fait remarquer à son épouse, elle savait qui elle épousait.

Autre invraisemblance : Monica Lewis (1922-2015) avait 46 ans en 1968, elle fait d’ailleurs son âge, et interprète une femme avec laquelle son mari envisage de « fonder une famille ». Kenneth Tobey avait 51 ans et on l’imagine mal s’improvisant père d’une famille nombreuse.

Le virginien et ses hommes doivent se rendre à Mason City, mais l’eau sur le chemin est polluée. Le shérif Porter dit avoir été shérif à Mason City durant huit ans, mais l’on ignore s’il a exercé ailleurs. Il va y retourner en tant que simple vacher avec Trampas et le virginien.

Porter confesse à Trampas qu’il n’aime pas tuer, et n’aurait pas dû faire ce travail. Il a tué un jeune armé d’une carabine. Mais s’il avait si peu de dispositions pour cette fonction, pourquoi Porter l’a-t-il exercée tant d’années ?

L’épisode est parfois trop bavard, on redit des choses que le téléspectateur sait déjà. Les affaires que le virginien fait pour le compte de Shiloh à Mason City ne sont pas du goût de tout le monde, notamment des concurrents de ceux avec lesquels Grainger ne vend pas son bétail, dont un certain Tasker.

Frank, le successeur et ancien adjoint de Porter, est tué. Ce dernier on le comprend tout de suite va vouloir redevenir shérif au risque de perdre sa femme.

En effet, Mason City devient une ville sans shérif et Porter remet l’étoile à sa chemise. Il arrête l’assassin Barney (John Breen), le chef vacher de Tasker (Lawrence Dane). Ce dernier jure de se venger. En attendant, Barney (Barfly en VO) risque la pendaison.

L’épisode accumule trop de retournements de situations et de contorsions du script qui rendent l’ensemble peu crédible.

Trampas tente de plaider la cause de Porter auprès d’Emily. Il lui fait la leçon on se demande au nom de quel droit. On en vient à détester cette femme égoïste qui ne pense qu’à elle et pas aux déchirements auxquels est soumis son mari.

Le virginien et Trampas décident de prêter main forte à Porter contre Tasker et ses hommes.

Lawrence Dane en méchant rappelle parfois Henry Silva. L’acteur joue merveilleusement bien les ordures. Son personnage aura le destin qu’il mérite.

Le happy end final est assez tiré par les cheveux, on peut dire qu’Emily ne sait pas ce qu’elle veut. Monica Lewis a du talent pour nous faire croire à son personnage.

Notons que la fin arrive trop brutalement, sans un épilogue que l’on aurait souhaité pour mieux conclure cette histoire assez tortueuse.




Anecdotes


Kenneth Tobey (1917-2002) a joué dans La chose d’un autre monde, Le monstre vient de la mer, L’aventure intérieure, Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?


Ben Murphy (1942-) est connu pour avoir été le héros des séries Opération danger et Gemini Man, le nouvel homme invisible.


Monica Lewis (1922-2015) fut d’abord la partenaire de Frank Sinatra dans une série d’émissions de radio, The Chesterfield radio séries. Elle est surtout connue comme chanteuse de jazz et voix d’un personnage de dessins animés, Chiquita Banana. Au cinéma, on la vue dans Tuez Charley Varrick, Tremblement de terre, Les naufragés du 747, Airport 80 Concorde.



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Messagepar Patricks » dim. juin 09, 2019 12:01 pm

08.La chasse au cougar (Seth) **

Scénario : Reuben Bercovich. Réalisation : Joel Rogosin.

Résumé

Le virginien et Trampas trouvent les restes d’une vache dévorée par un puma. En faisant des recherches, Trampas rencontre un jeune vagabond de quinze ans, Seth. Il lui prête un poney et lui donne des provisions.


La critique

On parle de cougar dans le titre français, mais il s’agit d’un puma. La vraie vedette de l’épisode est un adolescent, Seth (Michael Burns), et l’on pense que le titre original est bien plus approprié que le français. La chasse au puma s’arrête vite lorsque Trampas le tue. Or, nous n’en sommes qu’à la 31e minute sur 73.

On pense que ce n’est qu’un répit, qu’un puma va prendre le relais, en se fiant au titre français, mais durant tout l’épisode, il n’est plus jamais question d’attaque de fauve, et dans ces conditions, il aurait convenu de garder le titre original.

Le shérif Mark Abbott reçoit un télégramme provenant de la ville de Horlins d’un oncle qui réclame qu’on lui rende son neveu, Seth. Trampas trouve la démarche étrange, d’autant que Seth n’en a pas parlé. Le fameux oncle est recherché par la police, de même qu’un comparse, Cally (Richard LePore), et l’oncle semble bien être un imposteur.

En fait, le téléspectateur est dans la confidence, puisque l’on assiste à des scènes avec l’oncle qui veut récupérer son neveu, et parle de l’attaque d’une banque à Platt City.

L’oncle Judd Hadlock (Kevin Hagen) prétend que le père de Seth est mort. Le jeune homme le savait malade mais ignorait sa mort. Il n’aime pas son oncle et souhaite rester à Shiloh. Le virginien estime que le ranch n’est pas un refuge pour enfants abandonnés.

Judd dit à Trampas qu’il ne veut pas retourner chez son oncle.

Si le scénario est bon, on ne peut en dire autant des décors. Tout semble tourné en studios, c’est évident lors des scènes d’extérieur la nuit, ce qui donne un coup de vieux à l’ensemble. Il est regrettable que NBC et Universal aient choisi de tourner à l’économie.

Trop rapidement, le shérif Abbott et Trampas apprennent que Hadlock et le père de Seth (qui a été tué) ont dévalisé une banque. Il aurait fallu faire durer le suspense. En dévoilant toute l’intrigue, il ne reste pas grand-chose pour surprendre le téléspectateur. Judd Hadlock a été suspecté et relâché par manque de preuves pour l’attaque de la banque à Platt City.

En tout cas, celui qui veut assister à une chasse au grand fauve (puma ou cougar) en sera pour ses frais. Preuve que le titre français est inapproprié.

La fin est assez terne, Hadlock révélant rapidement sa vraie nature et menaçant nos héros. En fait, l’épisode se concentre sur autre chose, la volonté de Trampas envers le virginien de donner sa chance comme employé de Shiloh à Seth. Trampas se reconnaît dans le jeune homme lorsqu’il se rappelle sa propre adolescence.

On entre alors dans le registre de la série familiale, quittant l’atmosphère western.


Anecdotes

Michael Burns (1947-) a fait carrière jusqu’en 1977. On l’a vu dans Alfred Hitchcock présente, La quatrième dimension, La grande caravane, Lassie, Bonanza, Tarzan, La grande vallée, Les bannis, Hawaii Police d’état, La nouvelle équipe, Les rues de San Francisco, Super Jaimie, Sergent Anderson.

Kevin Hagen (1928-2005) est surtout connu pour une série inédite en France de 1958-59, Yancy Derringer, qui comporte une saison de 34 épisodes de 30 minutes. Il a participé comme vedette invitée à toutes les séries des années 60 à 80 comme Mannix, Des agents très spéciaux, La quatrième dimension, Les incorruptibles, Perry Mason, Au cœur du temps, Mission Impossible, L’homme de fer, l’île fantastique, La petite maison dans la prairie (où il tenait un rôle récurrent, le docteur Hiram Baker).

Richard LePore (1927-1998) a tourné au cinéma dans Première victoire (1965), Stacey (1973) et à la télévision dans L’homme de fer et dans la série Switch (avec Roger Wagner).


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Coffret 3 saison 6 envoyé à Steed.

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Messagepar Patricks » dim. juin 09, 2019 5:04 pm

01.The Saddle Warmer (Inédit) **

Scénario : Robert Van Scoyk. Réalisation : Charles S. Dubin

Résumé

Un inconnu, David Sutton, arrive à Medecine Bown. Il fait par hasard la connaissance de la belle Saranora. Employé au saloon, il blesse accidentellement Trampas qui se casse une jambe.


La critique

Nouvelle saison avec deux acteurs en moins : Clu Gulager et Don Quine. En remplacement, David Hartman incarne David Sutton. Il s’agit d’un comédien qui a fait une carrière d’acteur éphémère avant de devenir journaliste.

On retrouve dans cet épisode Ralph Bellamy, un vétéran vu au cinéma dans La dame du vendredi. Il est aussi le médecin qui découvre le sang miraculeux de Ben Richards/Christopher George dans le pilote de L’immortel et ici Jeremiah, le père tyrannique de Saranora (Quentin Dean).

Après avoir été balayeur au saloon, Sutton se retrouve dresseur de chevaux à Shiloh grâce à Elizabeth Grainger et contre l’avis du virginien chargé d’engager le personnel.

En fait, il devient homme à tout faire et palefrenier en raison de son inexpérience. C’est l’époque de la chasse aux mustang sauvages.

Pendant ce temps, Saranora s’ennuie à mourir avec son père et est prête à s’enfuir avec le premier venu. Il faut dire que l’atmosphère est pesante chez elle.

Grand, dégingandé, l’air de toujours tomber des nues, David Sutton n’est pas conforme aux habituels vachers héros de Shiloh.

Avec sa jambe cassée, Trampas est frustré de ne pas participer à la capture annuelle des Mustang.

C’est plus un épisode d’exposition pour la nouvelle saison qu’autre chose. Saranora a trouvé refuge au ranch Shiloh. Sutton l’aide à s’y faire accepter. Elle semble trouver à son goût le nouvel arrivant de Shiloh.

David a perdu ses parents : sa mère est morte en le mettant au monde et son père en Pennsylvanie d’une infection pulmonaire. Saranora elle a perdu sa mère et son père, jadis gentil, est devenu violent et aigri.

Au ranch, Sutton s’est fait un ennemi mortel en la personne d’un des employés, Coley (Chris Robinson), une véritable peste.

La fin de l’épisode sombre dans le mélodrame avec Sutton tentant de réconcilier Saranora et son père. C’est un peu bavard, et manque de rythme. Une musique sirupeuse accompagne la réconciliation père fille.

Pour meubler les 74 minutes, nous avons droit cette-fois non pas à un mais à deux numéros chantés au ranch, le second pour l’anniversaire d’Elizabeth.

Un épisode où l’on réalise à la fin qu’il ne s’est pas passé grand-chose.



Anecdotes

David Hartman (1935-) n’a tourné qu’une saison du « Virginien », remplaçant Don Quine qui incarnait Stacey Grainger. Ce comédien a fait une courte carrière, de 1967 à 1975. Il est devenu journaliste, présentant Good Morning America de 1975 à 1987.

Morte à 58 ans d’un cancer, la belle Quentin Dean (1944-2003) a joué dans Will Penny le solitaire, Dans la chaleur de la nuit, Mic Mac au Montana avant d’arrêter sa carrière en 1969.

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Messagepar Patricks » lun. juin 10, 2019 11:37 am

02. Silver image (Inédit) ****

Histoire de Joel Rogosin. Adaptation : Don Tait. Réalisation : Don McDougall.

Résumé

Un photographe, Dan Sheppard, arrive à Medecine Bow où il retrouve une ancienne fiancée, Della Price. Cette dernière, veuve, se laisse courtiser. Della possède une propriété dont le sol contient du pétrole. Les fermiers ont peur que l’endroit devienne la ruée vers l’or noir.

La critique

On retrouve ici des visages familiers des amateurs de séries des années 60 : James Daly, l’associé de Roy Thinnes dans le pilote des Envahisseurs en photographe Dan Sheppard, et la belle Geraldine Brooks, vue notamment dans Opération vol : La famille. Et dans un rôle habituel chez lui, William Smith, le Falconetti de Le Riche et le pauvre, en Spector, le régisseur de Della, incarnant un personnage cruel.

L’épisode met en évidence le progrès que représente le photographe venu de la grande ville et la brutalité qui règne à Medecine Bow.

Della deviendra riche en vendant son ranch. Sa propriété est l’objet de toutes les convoitises.

Bizarrement, alors qu’il vient juste de débarquer dans la série, David Hartman est absent de l’épisode.

La réalisation est splendide, utilisant à la fois les extérieurs mais nous proposant aussi de belles scènes d’intérieur qui ne laissent pas deviner les studios. On se croirait vraiment en plein far west.

Spector a des visées sur sa patronne, qui n’a pas réussi à renouer avec son amour d’enfance Dan Sheppard.

L’incendie du puits de pétrole du ranch de Della est spectaculaire. Après une bonne introduction qui a permis de présenter les personnages, on ne perd pas son temps en bavardages.

Un comparse de Spector se fait tuer après avoir mis le feu au puits.

Notons que les scènes nocturnes, habituellement peu réussies, ne semblent pas ici du carton pâte de studio. On a souvent l’impression de voir un film de cinéma à gros budget. S’il s’agissait de redonner un coup de tonus à la série, il aurait été plus habile de mettre cet épisode en premier de la saison.

Le générique de début a bien changé, nouvelle orchestration du thème musical, changement de réalisation des scènes montrant les vedettes, notamment James Drury qui depuis la saison 1 bénéficiait de la même scène certes modifiée (dans les premières saisons, des cavaliers chevauchaient à ses côtés avant de s’écarter pour lui laisser la place en gros plan).

Le shérif Abbott et le virginien trouvent rapidement le coupable de l’incendie Cliff Barber (Red Morgan) qui a perdu la vie et son complice Spector. Mais la belle Della donne un alibi à ce dernier.

Elizabeth n’a d’yeux que pour le beau Jeremy (Bob Random), le photographe qui aide Dan Sheppard.

Est-ce dû à ses cheveux blancs mais James Daly en Dan fait beaucoup plus âgé que sa partenaire Geraldine Brooks ?

On ne voit pas le temps passer, ce qui est bon signe, et la fin arrive un peu trop tôt à notre goût. On est surpris lorsque le générique de fin résonne car des questions restent non résolues. Le méchant Spector par exemple échappe à une arrestation. La scène finale à la gare est très romantique et le talent de Geraldine Brooks et de James Daly l’empêche de tomber dans la mièvrerie.

Avec ce scénario en béton, cette mise en scène sans failles, la photo d’ Enzo A. Martinelli, nous avons là l’un des meilleurs épisodes vus depuis longtemps dans la série. On aurait bien aimé que l’aventure continue encore. La série au bout de sa septième saison a encore de belles histoires à nous offrir.


Anecdotes

James Daly (1918-1978) est le père des comédiens Tyne Daly et Tim Daly.

Geraldine Brooks (1925-1977), fort jolie femme et bonne comédienne, a été fauchée par un cancer à 51 ans. On l’a vue dans Le Fugitif, Mannix, Opération vol, Max la menace, Les rues de San Francisco, Kung Fu, Cannon, Chaparral, Au-delà du réel. Son rôle le plus connu est celui d’Honor Thompson, la femme qui rend Raymond Burr paralysé dans le pilote de L’homme de fer.

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Re: Le Virginien (1962-1971)

Messagepar Patricks » lun. juin 10, 2019 6:05 pm

03.The Orchard (Inédit) **

Histoire de Ken Finley. Adaptation : Andy Lewis. Réalisation : James Sheldon.

Résumé

Tim Bradbury veut redémarrer une ferme à Medecine Bow et pense que Clay Grainger se doit de l’aider en raison du passé. Bradbury veut acheter un taureau qui coûte 300 dollars et avoir des bêtes de grande qualité. Seulement, il doit beaucoup d’argent à Clay et lui demande un report pour le payer.

La critique

Quand on voit le comédien Burgess Meredith incarner Tim Bradbury, on ne peut s’empêcher de penser que son personnage est bien trop âgé pour les projets ambitieux qu’il a. Clay accepte de reporter le prêt. Bradbury a deux fils, l’un travaillant à Shiloh, Mike (Ben Murphy), qui n’arrête pas de jouer aux cartes et doit de l’argent à tout le monde, l’autre Walt (Brandon De Wilde) plus prudent, et voyant d’un mauvais œil les projets de son père. Walt est handicapé d’une jambe et boîte.

Au début, je l’avoue, j’ai eu du mal à me passionner pour cette histoire de fermiers et de prêt d’argent. Walt est conscient que son père a fait des emprunts à la fois à la banque et à Grainger.

Ce dernier estime que Walt trahit son père, il lui a demandé de refuser le report du prêt.

Clay se rappelle que Tim et lui étaient associés, mais que son ami n’a pas eu de chance, la sécheresse l’ayant ruiné au Texas. Il s’estime redevable. Le problème est que Tim a bien trop d’ambition (ce dont est conscient son fils Walt).

Mike lui n’est pas fiable, il dépense l’argent qu’il n’a pas, vit au dessus de ses moyens, ne semble guère sérieux. Ben Murphy lui prête à merveille sa candeur juvénile et sa naïveté.

Tyne Daly incarne la femme enceinte de Walt, Faith. Futur chargé de famille, Walt est le plus raisonnable des trois, entre son frère dépensier et son père aux idées de grandeur.

S’il est réaliste, l’épisode est quelque peu ennuyeux. Walt expose son projet de devenir fermier et de faire des profits immédiats avec un semoir que lui prête Clay. Il n’est pas entendu par son père et son frère.

Du début à la fin, Tim Bradbury ne fait que répéter qu’il est éleveur (et son projet d’achat de taureau le hisserait à avoir une exploitation de bétail pouvant rivaliser avec Shiloh) et non fermier. C’est là son drame.

Mike est influencé par un ancien employé de Shiloh qui joue aux cartes, Chick Mead (William Windom). Il perd au jeu l’argent du taureau. Or Mead est un pilleur de bétail. Grainger ne veut pas trop que l’affaire s’ébruite mais il est victime régulièrement de vols.

L’aspect le plus intéressant de ce scénario est la trahison de Mike, chargé de surveiller les bêtes, et qui connaît l’identité du voleur, Chick Mead. A Shiloh, Clay, le virginien et Trampas commencent à avoir des soupçons sur les voleurs.

Et les soupçons se portent sur Walt (Trampas l’ayant surpris dans une cabane attendant Mike sur les terres de Shiloh), un Walt que le shérif a injustement arrêté au saloon alors qu’il se battait avec Mead qu’il voulait rembourser des pertes de son frère au jeu. Cependant, la naissance de la fille de Faith et Walt calme un peu le jeu.

Chick Mead monte un dernier coup pour voler Grainger et s’enfuir, comptant sur la complicité de Mike. Walt les en empêche. Mike paiera de sa vie ses outrances. Mais il sauvera la vie de son frère et fera justice en envoyant ad patrès Mead.

J’ai trouvé que Ben Murphy s’en tirait bien dans un rôle de beau parleur et traître pas facile à jouer, tandis que Brandon De Wilde a la part belle avec un personnage vertueux d’un bout à l’autre de l’intrigue.

Jeanette Nolan et John McIntire tirent aussi leur épingle du jeu avec des scènes pleine de profondeur, difficiles à jouer.



Anecdotes

Burgess Meredith (1907-1997) est surtout connu pour son rôle de Mickey Goldmill dans la série de films Rocky et le pingouin dans la série Batman (1966-68).



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Dernière édition par Patricks le sam. juin 15, 2019 7:35 pm, édité 1 fois.

Gaétan Julien
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Re: Le Virginien (1962-1971)

Messagepar Gaétan Julien » lun. juin 10, 2019 7:16 pm

Burgess Meredith également l'inoubliable Pingouin dans la série Batman !

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Re: Le Virginien (1962-1971)

Messagepar Patricks » sam. juin 15, 2019 11:42 am

04. Vision of blindness (Inédit) ***


Histoire de James Menzies. Adaptation : Gerald Sanford et James Menzies. Réalisation : Abner Biberman.

Résumé

Alors qu’un homme, Ben Oakes, veut tuer Trampas, Elizabeth est victime d’un accident de diligence qui la rend aveugle. Elizabeth s’attache à Ben.


La critique

Ce qui surprend dans cet épisode, c’est l’accident de diligence, très mal filmé, entre des raccords évidents entre des gros plans en studio et les scènes en extérieur. Ensuite, tout l’échange entre Elizabeth Grainger et Ben Oakes (John Saxon), qui se déroule dans l’obscurité, a visiblement été fait entièrement en studio, ce qui contraste avec les séquences du début de l’histoire, lorsque Ben méditait sa vengeance.

Sara Lane fait le minimum est n’est guère crédible en aveugle. Les autres passagers de la diligence sont morts et le virginien et David Sutton partent à la recherche d’Elizabeth, tandis que Ben l’a prise avec lui sur son cheval.

Là, nous avons des séquences en extérieurs avec une photo lumineuse et éclatante. Durant tout l’opus, le réalisateur alterne entre les scènes qui sont nettement faites en studio et les extérieurs, ce qui est gênant.

C’est ensuite un long dialogue entre Elizabeth et Ben. Il lui parle de sa vie de fermier pauvre au Kansas. Il évoque son frère cadet de 10 ans, tué à l’âge de 19 ans, mais n’en dit pas plus.

John Saxon est émouvant et fait passer une émotion toute en sobriété dans son personnage. Il ne tombe jamais dans la caricature.

Les jeunes gens sont retrouvés par le virginien. Le diagnostic du médecin concernant la cécité d’Elizabeth est sévère. Ben est hébergé à Shiloh.

C’est un épisode verbeux, avec de longues scènes téléphonées, un peu ce que l’on peut attendre lorsqu’un personnage de feuilleton le temps d’un épisode devient aveugle.

Une réception est organisée au ranch avec tous les amis de la jeune femme pour la réconforter. Nous avons droit à l’inévitable numéro musical.

Si Elizabeth tombe amoureuse de son sauveur, celui-ci ne se départit jamais d’une froideur glaciale.

Trampas est enfin de retour à la 53e minute. Ce dernier ne semble pas connaître Ben, mais le virginien surprend le regard de l’étranger lorsqu’il salue Trampas et comprend qu’il y a anguille sous roche.

Trampas évoque un hold-up qui vient de se dérouler à Hannah, ville dont il revient et où il a été acheter des pièces pour Shiloh. Miraculeusement, Elizabeth retrouve la vue. Mais Ben s’est enfui. Liz tente de la rejoindre. Saxon quitte enfin sa froideur quand il enlace la jeune femme. Nous avons là de très belles scènes en extérieurs.

Le virginien trouve que Ben est beaucoup trop vieux pour Elizabeth. La réussite de l’épisode est de ne pas tomber dans la guimauve.

Le braqueur de banque, Jed Cooper (Ben Johnson) rejoint Ben. Jed veut attaquer Shiloh pour avoir de l’argent et fuir au Canada, tandis que la mémoire revient à Trampas lors d’une discussion avec le virginien : il a vu les deux hommes ensemble à Hannah, dans un saloon.

Ben par amour pour Elizabeth renonce à tuer Trampas, mais il est sous l’emprise de Jed et ne va pas échapper à son destin. Pourtant, l’amour l’a remis sur le droit chemin. La fin nous permet de constater que Sara Lane joue nettement mieux lorsqu’elle n’est pas obligée de simuler les aveugles, et son personnage de femme amoureuse et désespérée est fort bien interprété. Cela rachète des défauts du chef opérateur de l’épisode. La dernière image est poignante.


Anecdotes

John Saxon (1935-) a joué trois fois dans la série, il reviendra en 1971 dans la saison 9.

C’est le groupe The Irish Rovers qui assure le numéro musical.


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Re: Le Virginien (1962-1971)

Messagepar Patricks » sam. juin 15, 2019 7:31 pm

05. The wind of outrage (Inédit) **


Scénario : Alvin Sapinsley. Réalisation : James Sheldon.

Résumé

Le virginien et Trampas sont à la frontière canadienne pour affaires. Trampas est confronté à son passé en raison de la présence d’une ancienne petite amie, Suzanne Mayo, qui lui a volé de l’argent.


La critique

Cet épisode nous permet de retrouver Riccardo Montalban. Il incarne ici un métis, Louis Boissevain. Lois Nettleton est sa fiancée, Suzanne Mayo, une vieille connaissance de Trampas, qui lui demande de garder le secret sur leur passé.

Dans cet épisode jamais doublé, on entend parfois parler français en raison de la présence des canadiens. Boissevain retrouve des amis trappeurs. Au début, il parle en français avec eux, mais le prétexte que Suzanne ne parle qu’anglais provoque l’arrêt de la discussion dans la langue de Molière.

Les trappeurs veulent ramener Boissevain avec eux afin de mener une guerre contre le gouvernement. Il faut avouer que le début de l’histoire est un peu ennuyeux en raison des doléances des canadiens français.

L’épisode devient intéressant lors des retrouvailles entre Trampas et Suzanne. Notre héros en veut beaucoup à la femme qui lui a volé de l’argent qu’il a mis deux ans à rembourser. Le mari de Suzanne a été tué et son fils placé dans une famille d’accueil, tandis qu’elle a purgé deux ans de prison. Suzanne veut récupérer son fils, Tommy.

On ne comprend pas trop où le scénariste veut en venir. Suzanne décrit son fiancé Boissevain comme jaloux et possessif, il n’accepterait pas qu’elle ait connu un autre homme !

Les trappeurs veulent tuer Trampas, mais Boissevain intercède en sa faveur. Le virginien parvient à se cacher. Jacques Bonnechance (Lawrence Dane) veut faire financer une rébellion en s’alliant à un certain Sturdevant (H.M. Wynant) venu de Saint-Louis dont il va vite se débarrasser.

Episode trop « politique » pour la série, qui est habituellement de la pure distraction, on se concentre aussi trop sur la condition revendiquée de Métis de Boissevain.

On a souvent l’impression de ne pas être dans un épisode du Virginien. Riccardo Montalban a tendance à en faire trop, et Lois Nettleton n’est pas vraiment convaincante dans son rôle.

Jacques Bonnechance se révèle le traître de l’épisode, voulant prendre la place de Boissevin, et prêt pour cela a mettre en place toute une machination, assez hasardeuse.

Le virginien est blessé et Trampas trouve le corps de Sturdevant. Boissevin après le lynchage d’un écossais avait demandé aux trappeurs d’arrêter de faire couler le sang.

Trampas, acculé, tente de convaincre Boissevain que son ami Jacques l’a vendu aux canadiens. Il ne veut pas le croire, mais lorsque c’est Suzanne qui l’affirme, les choses changent. Jacques démasqué sera abattu par l’un des trappeurs.

La grosse critique que je ferais à cet épisode est de mettre trop en vedette Riccardo Montalban par rapport aux héros de la série. On a sans arrêt du mal à raccrocher cette intrigue aux autres, comme si c’était un hors sujet.

Une scène déconcerte : Suzanne est prête à tout révéler à son fiancé sur son passé, mais il lui pardonne en ne voulant rien savoir, tout empreint de sa volonté de partir en rébellion.

A l’épilogue, mais c’est un peu tard, Trampas et le virginien reprennent les rênes de la série. Un épisode totalement atypique. Il ravira les fans de Riccardo Montalban, mais il n’est pas certain que le public de la série ne soit pas déconcerté.

La fin mélodramatique avec les projets de Suzanne de retourner à Fargo pour être près de son fils même si elle ne pourra le récupérer permet à Lois Nettleton et Doug McClure de verser dans l’émotion.

Bien malin qui pourrait dire le sort qui sera celui de Boissevain qui a fort peu de chances de revenir de son périple, pour cela le scénariste laisse le téléspectateur imaginer la fin.



Anecdotes



Boissevain dit avoir 42 ans. A l’époque du tournage, Riccardo Montalban (1920-2009), en avait 48. Notons qu’il parle ici un français excellent.

Cet épisode est souvent non doublé car les protagonistes parlent français à plusieurs reprises.

Lois Nettleton (1927-2008) a tenu un rôle récurrent dans la série Dans la chaleur de la nuit.


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Re: Le Virginien (1962-1971)

Messagepar Patricks » sam. juin 15, 2019 7:31 pm

Gaétan Julien a écrit :Burgess Meredith également l'inoubliable Pingouin dans la série Batman !


Merci, je vais rajouter cette info.


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